L’étoile du désert – Tome 3 : Marini, Desberg & Hugues Labiano

Titre : L’étoile du désert – Tome 3

Scénaristes : Marini, Desberg
Dessinateur : Hugues Labiano

Édition : Dargaud (23/09/2016)

Résumé :
À la tombée de la nuit, une bande attaque un convoi de pionniers. Plusieurs années après, Maria, seule survivante du massacre, et son père reviennent s’installer non loin du lieu du drame, à la frontière du territoire des indiens.

Ils se trouvent donc tout proche de la tribu de Souffle du Matin et d’Étoile du Désert, deux jeunes qui se tournent autour.

Leur confrontation avec des cow-boys chassant les bisons va déclencher une série de rencontres et de péripéties qui mènera éventuellement aux évènements des premiers tomes.

Critique :
J’avais découvert le diptyque de l’étoile du désert assez tard, en 2017, pour être précise, c’est-à-dire 20 ans après sa sortie. Oui, je suis à la page, je trouve aussi.

Mais la bonne nouvelle dans l’histoire, c’est que je n’ai pas du poireauter 20 ans pour avoir le plaisir de lire le tome 3, na !

Par contre, moi qui pensais continuer de suivre les aventures de ce diable de sean Connery, enfin, de son sosie, Matthew Montgomery, je suis tombée de haut.

Cet album est en fait le préquel à l’histoire qui se déroulera après, avec notre beau Matthew et cette fameuse étoile du désert.

Exit donc le bellâtre à collier de barbe sexy, et place aux aventures de deux jeunes indiens : Souffle du matin et notre fameuse Étoile du désert.

Adios les cow-boys et bienvenue dans le territoire des indiens Lakolas, qui attendent impatiemment l’arrivée des bisons, mais si ces grosses bébêtes arrivent, les colons sont de la partie aussi, l’Homme Blanc voulant sans cesse agrandir ses possessions territoriales.

Fallait oser, 20 ans après, écrire sur un personnage important des deux premiers tomes, alors que le lecteur sait bien ce qu’il va advenir d’elle.

Oui, mais ce que nous ne savions pas, c’est comment, pourquoi, qu’est-ce qu’il s’était bien passé pour qu’Étoile du Désert en arrive là. Une partie des réponses nous sont données.

Ce qui m’a ennuyé le plus, c’est le changement de dessinateur, alors que Marini dessine les chevaux comme personne, j’ai moins aimé le style de Labiano, même si j’ai adoré l’utilisation des tons sépias, le dessin, ça ne passe pas.

Les auteurs nous offrent là un western qui ne demande qu’à poursuivre sa route, à s’étoffer un peu plus, même si les personnages, avec peu de détails, nous donnent l’impression d’avoir de la profondeur.

Une page importante de l’Histoire des États-Unis se joue sous nos yeux de lecteurs, c’est le conflit entre les cow-boys sans foi ni loi et qui veulent être libres, les colons guidés par Dieu et les Indiens qui aimeraient qu’on leur foutasse la paix sur leur territoires sacrés.

Mais je sens que ça va mal se terminer pour eux…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

 

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Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Ma Dalton est une vieille femme qui de plus est la mère des Dalton, les 4 frères les plus redoutables de l’Ouest. Lorsque Luke arrive à Cactus Juncton, il fait la connaissance de Ma Dalton. Cette femme est prise en pitié par les habitants des environs. En effet, les marchands la laissent attaquer leur commerce.

Mais tout se corse lorsque Ma Dalton écrit à ses enfants, qui sont en prison, qu’elle a rencontré Lucky Luke. Furieux, Joe accompagné de ses frères s’évade pour retrouver Lucky Luke dans l’espoir de le descendre….

La petite ville de Cactus Juncton ne sera plus aussi calme désormais !

Critique :
Ma Dalton a tout de la caricature de la mère castratrice envers l’ainé de ses rejetons (Jo) ou de mère poule pour le cadet (Averell) à qui elle passe toutes les fautes, toutes les erreurs, lui qui est son bébé.

Évidemment, ça ne plait pas aux trois autres frangins, surtout au plus petit taille qui est tout de même l’aîné de la fratrie : Jo Dalton.

Si au départ Ma Dalton a tout de la petite mamy sympathique qui, pour ne pas perdre sa fierté devant les commerçants qui lui font la charité, les braque avec une vieille pétoire déchargée, sous leurs regards goguenards.

— Alors, Ma Dalton, qu’est-ce que ce sera pour aujourd’hui ?
— Un bon steak, et n’oublie pas du mou pour mon chat, ou je te refroidis comme ta viande !

Comme elle veut faire honneur à son nom et qu’elle ne veut pas avoir l’impression de vivre de la charité publique, elle fait semblant d’attaquer les commerçants…

Mais méfions-nous de l’eau qui dort, car si la mère des Dalton a tout de la petite vieille douce et charmante, elle a tout de même l’expérience des chaines limées avec feu son mari et elle ne condamne pas les exploits de ses rejetons, tant que ceux-ci se lavent les mains avant de passer à table et évitent de dire des gros mots.

[Ma Dalton à Joe Dalton] —  Tu aurais dû me demander la permission avant d’attaquer les banques !

[Ma Dalton à Joe Dalton] — Je n’aime pas savoir mes enfants séparés. Tes frères en prison, sans toi, sont livrés à toutes les influences, et je crains qu’ils ne finissent mal…

Ma Dalton est un album plaisant à relire, un petit bijou de situations cocasses, drôles, émouvantes, entre une mère et ses quatre enfants célèbres, sans oublier un cow-boy qui tire plus vite que son ombre, un Jolly Jumper qui pêche et un Rantanplan qui nous offrira quelques belles scènes d’anthologie.

— Ça mord ?
[Jolly Jumper] — Dès que quelqu’un voit un cheval pêcher, il faut qu’il pose des questions idiotes !

[Lucky Luke trouvant Jolly Jumper en train de pêcher] — Que tu enlèves ta selle, passe encore. Mais avec quoi enfiles tu l’asticot sur l’hameçon ?
[Jolly Jumper] — Comme tout le monde : avec dégout…

En fait, on pourrait même dire que les vedettes, dans cet album, sont les frères Dalton car Lucky Luke s’effacera un peu devant cette famille haute en couleur.

[Jack Dalton lisant une lettre de Ma Dalton à ses frères] — Et c’est en voyant ce Monsieur Lucky Luke que j’ai eu l’idée de vous écrire, soyez sages, couvrez-vous si vous vous évadez et je vous … c’est quoi cette lettre ?
[William]  — C’est un « g »
[Jack]  —  Et je vous engrasse gien fort, et Averell mon gégé…

Pas grave, leurs déboires compensent tout le reste et c’est toujours un régal de voir Joe s’énerver, de réaliser que la situation leur échappe, de rire devant ce grand dadais d’Averell, chouchou de môman, déclenchant l’ire de ses frères.

Peut-être pas le meilleur des Lucky Luke, mais dans la collection éditée chez Dargaud, ils ne sont pas nombreux, les albums qui sortent du lot, au contraire de ceux publiés chez Dupuis.

Anybref, un album d’une excellente facture, qui fait plaisir à relire et croyez-moi, ces derniers temps, j’en ai découvert quelques uns publiés chez Dargaud et je n’ai pas toujours été aussi bien servie qu’avec Ma Dalton (que je connaissais car lu il y a… un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !).

Ma Dalton, c’est assurément une bonne pioche et Goscinny, sans se déchaîner, se laisse aller à son talent.

 Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les aventures de Lucky Luke – Tome 6 – Les tontons Dalton : Laurent Gerra, Achdé & Jacques Pessis

Titre : Les aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – T6 – Les tontons Dalton

Scénariste : Laurent Gerra & Jacques Pessis
Dessinateur : Achdé (d’après Morris)

Édition : Lucky Comics (24/10/2014)

Résumé :Nos Dalton préférés végètent en prison quand la main du destin vient frapper d’un grand coup à leur porte !

Les redoutables desperados apprennent qu’ils sont tontons d’un petit garçon dont ils doivent momentanément assurer l’éducation.

Dieu merci ! Lucky Luke est chargé de surveiller les Dalton et l’insupportable bambin qui ne pense qu’à manger.

Mais les habitants de Rupin City ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de tous ces Dalton dans leur paisible bourgade.

Critique : 
Il n’est pas toujours facile de reprendre un personnage de bédé après le décès de son créateur original, pas évident non plus de lui trouver encore et encore de nouvelles aventures quand il en a déjà tellement vécu…

Pas évident non plus de respecter le personnage original tout en lui insufflant ses propres envies de changements.

Si j’ai toujours eu un gros faible pour le Lucky Luke de Morris, scénarisé par le talentueux Goscinny, je me suis dit qu’un jour il me faudrait quand même découvrir sa nouvelle mouture concoctée par l’humoriste Laurent Gerra et le dessinateur Achdé.

Si je râle toujours d’avoir vu Lucky Luke perdre sa manie de fumer et de boire de l’alcool (le personnage s’est lissé, depuis ses débuts), je dois dire que sa reprise est presque comme l’original – je parle par rapport aux derniers albums édités chez Dupuis et de ceux chez Dargaud, ne visant pas les premiers albums où Lucky Luke ne ressemblait pas à cette figure que l’on connait maintenant.

L’album qui met en scène les Dalton obligés de vivre avec Lucky Luke et qui leur invente un neveu est amusant et rempli de références au célèbre film des « Tontons flingueurs » car on y retrouve des personnages du film, caricaturés (Francis Blanche, Jean Lefèbvre, Bernard Blier et Robert Dalban) ainsi que des répliques célèbres.

Mais… ben oui, il y a un « mais » : j’aurais préféré des références plus subtiles, parce que, ma foi, il est assez facile de monter un album en reprenant des répliques célèbres, l’exercice est moins facile quand on doit inventer des répliques drôles sois-même, comme le faisait Goscinny, avec un talent inégalé et inégalable, hélas.

J’ai trouvé que cet album, tout en étant distrayant et rendant hommage au célèbre film, péchait un peu par son manque d’action, d’ambition, qu’il était pourvu qu’un scénario qu’on aurait aimé plus profond, plus travaillé avec une meilleure utilisation des personnages originaux de Morris que j’ai trouvé sous-exploités.

Au niveau des dessins, Achdé a bien fait son boulot, on dirait ceux de Morris et il a un certain talent pour croquer des personnages de la vie courante que l’on reconnaît en étant plus attentif sur les décors de ville car ils gravitent parfois en second plan.

Malgré tout, j’ai pris plaisir à relire cette aventure que j’avais découverte en plusieurs épisodes dans l’hebdomadaire Spirou et je compte bien lire les autres albums publié chez Lucky Comics et que je ne connais pas, tout en relisant mes vieux Lucky Luke pour rire des bons mots du scénariste de l’époque qui nous quitta bien trop tôt…

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Challenge « Mois Américain » Septembre 2017 chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Blueberry – Tome 12 – Le spectre aux balles d’or : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 12 – Le spectre aux balles d’or

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1972)

Résumé :
En 1868, malgré la menace de bandes apaches, Blueberry et MacClure parcourent un désert de l’Ouest américain pour arrêter « Prosit » Luckner, un meurtrier à la recherche d’une fabuleuse mine d’or.

Leur prisonnier Wally Blount, un tueur sans scrupule, forge lui aussi des plans pour mettre la main sur la mine. Tous les quatre s’enfoncent dans la mesa du Cheval mort, ignorant qu’un « spectre aux balles d’or » la protège.

Critique :
La quête de l’or n’est pas terminée, et même si on s’en rapproche tout doucement, on n’est pas sûr d’y arriver en entier !

Dans le tome précédent, on avait tiré l’outre à alcool qu’est Jimmy McClure d’un mauvais pas, dézingué un gros connard d’enfoiré de sa mère et blessé l’autre.

Voilà maintenant Blueberry, Jim McClure et Wally (un des enculé de chasseurs de primes) à la poursuite de Prosit Lückner qui compte bien mettre la main sur l’or et se le garder pour lui tout seul.

Véritable course-poursuite à cheval, le gibier devenant parfois le chasseur ou le chasseur devenant gibier, le tout sous les attaques violentes de Apaches menés par Petite Lune, nos amis progressent dans ce désert toujours aussi impitoyable à la vitesse de rats morts, assoiffés qu’ils sont, épuisés aussi.

— Brrr ! ces mines sont sinistres ! Je suis sûr que c’est plein de fantômes.
— Bah ! ton haleine parfumée au whisky les fera fuir.

Et quand tout ce petit monde retrouve ce salopard de magouilleur de Prosit Lückner (ça rime), faudra toujours garder un oeil sur lui car maintenant, nos deux amis voyagent avec deux serpents à sonnettes (rattlesnake) !

Pour celui ou celle qui aime avoir du texte dans sa bédé, il va être servi car il y a tellement à lire que ces 54 pages donnent l’impression d’en faire 62, tant on met du temps à arriver au bout.

Non pas que c’est compliqué à lire, juste que les auteurs ne se sont pas contentés de dessiner des p’tits Mickeys, mais ils ont ajouté des placards de textes et vous en aurez pour vos sous, croyez-moi !

Bon, parfois, ils auraient pu s’abstenir de mettre du texte à des situations qu’on était tout à fait capable de comprendre de par nous même, sauf si nous ne possédons pas de cerveau, mais bon, je suis une habituée de Blueberry et j’ai toujours ma dose de lecture une fois que j’en termine un.

Du tout bon, du tout grand, de l’excellence faite bédé, tout simplement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

[FILMS] Les Gardiens de la Galaxie II – Guardians of the Galaxy Vol. 2 : James Gunn (2017)

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (Guardians of the Galaxy Vol. 2) est un film de super-héros américain réalisé par James Gunn, sorti en 2017.

Ce film, adapté de la série de comic books du même nom, est le quinzième de l’univers cinématographique Marvel et le troisième de la phase III. Il fait suite au film Les Gardiens de la Galaxie sorti en 2014.

Synopsis : 
Les Gardiens de la Galaxie poursuivent leurs aventures en traversant les confins du cosmos. Ils doivent se battre pour que leur nouvelle famille reste ensemble tandis qu’ils cherchent à percer le mystère de la véritable filiation de Star-Lord.

Fiche technique :

  • Titre original : Guardians of the Galaxy Vol. 2
  • Titre français : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2
  • Réalisation : James Gunn
  • Scénario : James Gunn, d’après la série de comics Gardiens de la Galaxie

Distribution :

  • Chris Pratt : Peter Jason Quill / Star-Lord
  • Zoe Saldana : Gamora
  • David Bautista : Drax le Destructeur
  • Vin Diesel : Groot (voix)
  • Bradley Cooper : Rocket (voix)
  • Kurt Russell : Ego
  • Michael Rooker : Yondu Udonta
  • Karen Gillan : Nébula

Ce que j’en ai pensé :
Bon, d’accord, on n’est pas dans du cinéma d’auteur, mais dans un film d’action, et à ce niveau-là, on est servi dès la première scène !

Ça castagne, ça se bat, ça tire dans tous les sens et on se marre en voyant Baby Groot qui danse sur la musique de « Mr. Blue Sky » de  Electric Light Orchestra.

Intelligent de mettre la scène de castagne en arrière-plan et de se concentrer sur notre brindille qui danse de manière candide sur une chanson qui nous donne envie d’aller nous trémousser avec lui.

On retrouvera cet humour décalé dans le piège tendu par le raton-laveur Rocket, où la scène des explosions a tout du bon vieux cartoonesque, dans les recherches infructueuses de Baby Groot, ainsi que lorsque Yondu nous montrera un superbe aperçu de ce que sa flèche rouge lumineuse est capable d’accomplir.

Les personnages qui composent de cette drôle de bande de mercenaires sont toujours aussi chouettes, avec leurs défauts, leur sales caractères, leur égo, leurs envies, leurs blessures secrètes et Groot qui dans le premier volet avait un caractère de merde, en version « baby », il est touchant et on aurait envie de l’avoir chez soi, même si ses conversations ne sont pas compréhensibles pour tout le monde…

Par contre, je l’ai trouvé sous-exploité, notre Groot ! Il est touchant, amitieux, en recherche de câlins, mais niveau scènes importantes, il n’en a pas des masses… Ce que je trouve dommage alors qu’ils ont donné à certains personnages une plus grande dimension.

Comme par exemple avec les méchants, qui ont vraiment des sales gueules de méchants, mais les scénaristes n’ont pas oubliés de montrer que tous les méchants ne sont pas toujours des salauds et que les gentils ne sont pas toujours ce qu’ils montrent au départ.

Autrement dit, le second volet se concentrant plus sur les personnages, nous donne des belles évolutions pour certains et même s’ils ont un côté badass, ils n’en restent pas moins touchants, même s’ils ne veulent pas montrer leur sentiments ou leur sensibilité. C’est ce qui les rend encore plus touchant, je trouve.

Mais, a contrario, si on développe certains personnages, d’autres restent un peu creux, comme notre Baby Groot, entre autre; Gamora tout pareil, et une des méchante du film, la dorée Ayesha, aurait pu être un peu plus exploitée.

Nous avons un film de 2h10, ce qui fait qu’ils auraient eu largement le temps de les étoffer un peu plus au lieu de faire de l’humour toutes les 30 secondes, avec toujours les mêmes choses qui reviennent sans cesse (ça va, on a compris), rendant cet humour lourd à la fin.

Sans compter que la scène de baston finale est assez vite expédiée.

Niveau scénario, peu de temps mort, pas le temps de s’endormir sur son mojito car on apprendra enfin QUI est le père de Peter Quill et, malheureusement, là, on arrive dans du connu depuis la nuit des temps, mis en scène par tous les grands dramaturges, même que Freud nous en a parlé en long et en large dans une de ses théories (je ne parle pas du stade anal et du stade phallique)…

Je ne vous dirai rien de plus, mais si certains veulent en savoir plus, via MP, je leur dirai tout !

Un peu bête parce que malheureusement, on voit venir le truc d’assez loin… Pas besoin de sortir de l’ENA ou d’avoir ingénieur… Qui n’a pas vu « Star Wars », déjà ?? Même Lucas n’avait rien inventé…

Par contre, au niveau la bande-son, je ne vous dirai qu’une chose : super !

Bon, au final, ce n’est pas du grand film, ils auraient pu faire mieux pour le second volet et approfondir un peu tout le monde, donner plus d’envergues à certains méchants, éviter les redondance dans l’humour et certaines scènes marrantes, éviter le drame freudien connu de tout le monde et nous donner une scène de baston finale un peu plus badass.

Sinon, dans les toutes dernières scènes, on a un grand moment d’émotion, même si c’est du déjà-vu et déjà-vécu car tout le monde a cherché ailleurs ce qu’il avait sous les yeux…

Malgré tout, ça se regarde avec plaisir, ça vous change les idées, ça vous fait passer un bon moment devant votre écran car les effets spéciaux sont de grandes envergues et le temps du film, vous oublierez les soucis ou les emmerdes de la vie quotidienne !

Blueberry – Tome 11 – La mine de l’Allemand perdu : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 11 – La mine de l’Allemand perdu

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1972)

Résumé :
En 1868, en Arizona, le lieutenant Blueberry, qui assure à titre provisoire les fonctions de marshall d’une petite ville frontière, traque dans le désert un escroc et un meurtrier, « Prosit » Luckner, qui recherche une mine d’or légendaire, située au cœur des monts de la Superstition, la montagne sacrée des Apaches.

Il doit tout à la fois venir à la rescousse de son vieux complice, Jimmy MacClure, qui s’est laissé prendre aux rêves de richesse que lui a fait miroiter l’escroc, barrer la route à deux tueurs sans scrupule attirés eux-aussi par la mine d’or et échapper aux pièges du désert comme aux attaques des guerriers apaches.

Petit Plus : La Mine de l’Allemand perdu est le onzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin).

Publié la première fois en 1972, c’est le premier du cycle de l’or de la Sierra (deux tomes).

Cet album et le suivant, « Le Spectre aux balles d’or », ont également été publiés dans le diptyque « Les Monts de la Superstition ».

Il serait inspiré par le western « L’Or de MacKenna » sorti en 1969, ainsi que par la légende américaine de la mine d’or du Hollandais perdu et du roman de James Oliver Curwood « Les Chasseurs d’or. »

Critique :
Cela faisait longtemps que je n’avais plus vidé une bouteille de gnôle avec ce rascal d’outre à alcool qu’est Jimmy MacClure ! J’avais le gosier sec, il était temps que je m’abreuve à une série western plus réaliste que Lucky Luke.

Mike Blueberry a été nommé shérif intérimaire de la petite ville de Palomito et voilà qu’il a un drôle de gugusse qui atterrit dans sa prison : le baron Werner Amadeus von Luckner, digne descendant de l’une des plus illustres familles de la maison de Prusse !

Cet énergumène que l’on surnomme « Prosit » se dit être un ex-élève officier aux cadets de la Garde Impériale, docteur en médecine et en théologie, présentement ingénieur géologue.

Nous comprendrons qu’il est aussi un véritable escroc, une pitoyable enflure, un menteur patenté et pathétique, un roublard, un salaud de première classe et un embobineur de classe mondiale.

Dans ce diptyque qui se poursuivra avec « Le spectre aux balles d’or », les auteurs nous plongent dans une petite ville remplie de sable, de caillasses avant de nous balader dans un désert impitoyable, avec peu d’eau et des serpents à sonnettes humains.

Leur tout de force ? Avoir réussi à créer un personnage de la trempe de Prosit, le genre de type qu’on a envie de frapper, un mec qui se pavane avec une carabine en main, mais qui geint comme une gonzesse lorsque les rôles changent et qu’il se tient du mauvais côté du revolver (ou de Winchester).

Nous y ajouterons deux vautours, des rattlesnake digne de ce nom, des Apaches et une mine d’or qui, si elle existe, se trouverait sur la Mesa du Cheval Mort, dans les Monts de la Superstition, lieu sacré pour les indiens.

Ça va dépoter grave, accrochez-vous au pommeau de votre selle, perdez pas votre eau et gardez votre flingue dressé…

Blueberry est de la veine des westerns réalistes, où le héros souffre, en voit de toutes les couleurs et où tout tourne mal souvent pour lui, à la différence d’un Lucky Luke, mais bon, les deux hommes qui tirent très vite n’évoluent pas dans le même milieu.

Blueberry, c’est sombre, violent, les couleurs oscillent dans des tons jaunes ou très sombre et en lisant un album, croyez-moi, vous en aurez pour votre argent car ça ne se lit en deux coups de cuillère à pot !

C’est 48 pages de concentré du meilleur de ce qui se fait de mieux, ça se déguste, ça se lit en douceur, faut bien mâcher pour ne pas avaler de travers et prendre ensuite le temps de digérer cette grosse pièce car on est face à un scénario travaillé, en béton armé, du lourd, du tout bon.

Et ça se poursuivra dans la suite où là, on monte encore d’un cran dans la densité de ce qui se déroule dans ses pages, à tel point que vous vous croirez dans un 62 pages !

Au fait… s’il vous plaît, oubliez le film de Jan Kounen avec Vincent Cassel dans le rôle de Blueberry, ce film bien que s’inspirant de ce diptyque, ne vaut pas un pet de chien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

L’histoire en Bandes Dessinées – T1 – L’épopée sanglante du Far West * Face aux Peaux-Rouge et aux hors-la-loi : Joly

Titre : L’histoire en Bandes Dessinées – T1 – L’épopée sanglante du Far West * Face aux Peaux-Rouge et aux hors-la-loi

Scénariste : Octave Joly
Dessinateurs : Cicuendez & Hardy

Édition : Dupuis (1974)

Résumé :
Sous-titré « Face aux peaux-rouges et aux hors-la-loi », cet album est le premier d’une magnifique série consacrée aux petites et grandes histoires de l’Histoire.

Ce premier opus est consacré au Far-West en huit histoires :

« Maha contre le cheval de feu ». Les guerres indiennes contre le chemin de fer qui traversent leurs territoires…

« L’indienne mystérieuse ». L’expédition de Lewis, qui traversera les Etats-Unis, de la côte Atlantique à celle du Pacifique en 1804.

« Sous la menace du colt ». La vie de Samuel Colt, l’inventeur du révolver qui allait révolutionner les armes de poing.

« La momie au chameau ». Des chameaux au Texas. Les indiens en parlent encore…

« Le shérif intrépide ». La vie de Wyatt Earp, shérif de Dodge City.

« Duel à O.K. corral ». Ce titre veut tout dire…

« La diligence de la mort ». Tombée dans un précipice, oubliée, une vieille diligence, retrouvée par Buffalo Bill, sera le clou de son spectacle en Europe.

« Astor fonde Astoria ». La vie de John Astor qui, parti de rien, réalisera une immense fortune et une célèbre dynastie.

Critique :
Ceux qui me suivent depuis un certain temps savent que j’ai été biberonné aux bandes dessinées et que j’ai tété les mamelles de l’hebdomadaire Spirou que possédait mon père.

Chez nous, l’Oncle Paul, c’est un sacré personnage et c’était toujours un plaisir de lire ces belles histoires, ces petites histoires qui éclairaient la grande.

On s’instruisait en se divertissant, on apprenait des choses, on engraissait sa culture générale et on découvrait des tas de choses dont on ne soupçonnait même pas l’existence !

Servi par des dessins réalistes et réalisés par les plus grands auteurs de cette génération (Jijé, Piroton, Malik, Sirius, Hubinon) des années 60-70, les plus belles histoires de l’Oncle Paul ont régalé toute une génération de lecteurs de Spirou, dont moi, qui découvrait les vieux magazines conservés précieusement par mon paternel.

Cet album est donc une compilation, une anthologie de ces célèbres « Histoires de l’Oncle Paul » qui paraissaient dans l’hebdomadaire Spirou.

Ici, pas de chose gentillettes, même si nous étions dans un hebdo jeunesse, on n’est pas non plus dans le monde des Bisounours, et bien qu’on ne voit pas de sang dégouliner, on voit tout de même des morts, de l’esclavage, des gens riches donner des ordres à des plus pauvres ou des Blancs s’enfonçant de plus en plus dans les territoires des Indiens.

Ici, la version du duel à O.K Corral est moins tendre que celle parue dans un Lucky Luke, l’histoire des dromadaires est moins drôle que dans Les Tuniques Bleues et la construction du chemin de fer se fit dans le sang et non l’humour comme dans Lucky Luke.

Nous sommes dans de la bédé réaliste, avec des dessins loin des gros nez, et des scénarios qui doivent coller à l’Histoire, même si on la romance et que l’on ne sait jamais tout.

Ce fut un véritable plaisir de remettre la main dessus et de le relire. En plus, les pages sont plus épaisses que dans une bédé traditionnelle, ce qui donne la sensation d’avoir plus que 44 pages.

Mais hélas, on arrive au bout de l’aventure et il nous faut refermer le livre, avec un soupir de tristesse, mais avec la sensation que l’on vient de vire une folle épopée !

Du tout bon. Rien à jeter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 12 – Les Cousins Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 12 – Les Cousins Dalton

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1958)

Résumé :
Les frères Bob, Grat, Bill et Emmet Dalton sont morts. Leurs cousins Joe, Wiliam, Jack et Averell Dalton sont bien vivants et veulent venger la mort de leurs cousins en tuant Lucky Luke. Malheureusement pour eux, ils sont de très mauvais bandits.

Après plusieurs semaines de pratique, ils deviennent de terribles desperados. Ils réussissent à capturer Lucky Luke et vont le convaincre de devenir un criminel.

Critique :
♫ Tagada tagada voilà les Dalton ♪ Y font peur à personne ♪ C’est pas les vrais frères Dalton ♪

Ben non, les cousins Dalton, ils ne font peur à personne !

Leur têtes sont mises à prix pour 5 ou 2,5$, Averell n’est même pas recherché, c’est vous dire leur cote de popularité quand on sait que la tête de Bob Dalton culminait à 50.000$.

De plus, ils sont pitoyables au tir, nullissimes dans l’attaque des diligences et niveau boxe, ce sont des gros loosers !

Ils font sourire tout le monde, sauf Lucky Luke qui comprend, à un moment donné, que les Dalton ont évolués après s’être soumis à un entrainement drastique !

Ici on sent bien la patte de Goscinny dans le festival de gags qui nous est offert à chaque page !

Si Morris s’était tiré une balle dans le pied en faisant mourir les véritables frères Dalton, en créant les cousins Dalton, c’est une mine d’or qu’il a trouvé ! Mine d’or en gags, en humour, en situation cocasse, en personnages hauts en couleur et en rentabilité…

De plus, si l’humour est archi présent et les bons mots aussi, si le scénario est au top, on peut dire aussi que Morris nous sert un album avec des dessins moins grossiers car dans les premiers tomes, c’était pas vraiment la gloire.

Goscinny est aussi un scénariste futé car même s’il ne donnera de la profondeur qu’à seulement deux des Dalton dans tous les albums suivants (Joe et Averell), il a eu aussi la bonne idée d’en faire des types plus bêtes que méchants, des forts en gueule mais rien de plus, des bandits qui, malgré leur défaut, plairont aux lecteurs, à tel point que nous sommes toujours heureux de les voir entrer en scène.

Pire, dans cet album, on dirait même que Lucky Luke est un peu en retrait par rapport à la fratrie Dalton, même s’il leur jouera des tours pendables très drôles.

Notons que pour la première fois, Lucky Luke boit du coca en bouteille, avec une paille et qu’il cite nommément la marque.

Internet me signale que cette habitude ne constitue pas un anachronisme car la boisson gazeuse est apparue en 1886 et les méfaits des frères Dalton datent du début des années 1890, ceux de leurs cousins ne pouvant donc qu’être postérieurs.

Cela permettra aussi au duo de nous démontrer une fois de plus la rapidité au tir de Lucky Luke qui, sans lâcher sa bouteille de coca, dégaine, tire, et reprend sa bouteille qui est toujours au même niveau…

Graphiquement, l’album est une réussite, scénaristiquement aussi, avec une profusion de jolis petits gags, de situations très drôles, avec des Dalton qu’on aime déjà pour leur bêtises, leur méchanceté drôle et leur côté gros looser.

Anybref, je ne me lasse pas de lire et relire les anciens albums de Lucky Luke, ceux publiés chez Dupuis et j’avoue ne pas retrouver cette magie, cette nostalgie, cette ambiance, dans ceux publiés chez Dargaud (que je viens de découvrir mais pas encore chroniqué).
Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 3 – Dalton City : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 3 – Dalton City

Scénariste : Morris
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1969) / Lucky Comics (2000)

Résumé :
Dean Fenton raconte, en prison, comment sa ville, Fenton Town, est devenue le paradis des despérados, juste avant qu’il se fasse arrêter par Lucky Luke et soit mis en prison. Les Dalton sont très intéressés par cette histoire.

Après une erreur du télégraphiste, Joe est libéré pour bonne conduite. Celui-ci fait évader ses frères afin de fonder Dalton City sur les ruines de Fenton Town.

Critique :
Gamine, j’appréciais cet album qui semblait se lâcher un peu car on y trouvait des danseuses un peu plus olé-olé que durant l’ère du terrible éditeur Dupuis, grand catholique devant l’Éternel (qui devait être son berger) et qui avait enserré le duo Morris-Goscinny dans un carcan de moralité (et les autres auteurs de son écurie aussi).

♫ Libérés, délivrés ♪ ont-ils sans doute chanté, nos deux hommes en passant chez Dargaud et en pouvant écrire ENFIN une aventure sans contraintes morales.

Moi, j’ai plutôt envie de chanter une chanson de Bourvil… ♫ Tout ça n’vaut pas, un vieil album des éditions Dupuis ♪ car si Goscinny se sentait entravé par les règles de bonnes morales à respecter et des sujets qui ne pouvaient être abordés (sans compter que les femmes ne pouvaient avoir de fortes poitrines – pas de poitrine du tout, même), on ne peut pas dire qu’une fois avec la bride sur l’encolure, il nous ait sorti un truc de ouf.

En fait, cet album souffre de son format de 44 pages, là où un 62 pages aurait permis de développer un peu plus l’histoire, de l’étoffer, de lui donner de l’épaisseur à défaut de ce fatras de choses qui ont l’air d’être un peu précipitées.

Déjà la victoire de Lucky Luke sur Dean Fenton est rapide, sans devoir trop de battre avec les desperados de Fenton City, et même si le fait que c’était tous des coyote qui ont rendu les armes quand le coyote de Fenton a été battu, je trouve la chose un peu rapide tout de même.

Il en ira de même avec le sabotage de Dalton City qui va un peu trop vite à mon goût et ne permet pas de développer les magouilles des frères Dalton, ni celles de Lucky Luke pour les faire tomber.

Si le scénario est un peu creux et que les personnages ont l’air de ne pas être là, que ce soit le fidèle et stupide Rantanplan ou l’imbécile d’Averell Dalton qui nous offre une prestation en-deçà de celle que nous avons l’habitude, on ne peut pas dire que Morris se soit foulé le poignet avec ses dessins car les expressions faciales de Lucky Luke sont réduites à une peau de chagrin.

Le seul qui remonte un peu dans sa profondeur, c’est William Dalton (un des frangins du milieu), Goscinny ayant voulu lui donner un peu plus de présence, car autant lui que Jack en ont très peu dans les différents albums, les deux les plus emblématiques étant le plus petit (Joe) et le plus grand (Averell).

Une bonne idée qui aurait méritée de continuer à être plus développée ensuite, si de ce fait, les autres n’avaient pas été en retrait ou l’ombre d’eux-mêmes.

Au final, j’étais moins critique lorsque j’étais gosse !!

Si nous avions été face à un album de Lucky Luke scénarisé par un autre que le talentueux Goscinny, je lui aurais accordé un bon 3,5/5, mais devant un tel gâchis de talent, je ne peux que lui donner un pauvre 2,5/5 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Scalped – Tome 1 – Pays indien / Tome 2 – Casino boogie : Jason Aaron & R.M. Guéra

Titre : Scalped – Tome 1 – Pays indien / Tome 2 – Casino boogie

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : R.M. Guéra

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (2012)

Résumé :
Il y a quinze ans, Dashiell « Dash » Bad Horse a quitté une vie misérable et abjecte dans la réserve indienne de Prairie Rose, avec l’espoir de découvrir un monde meilleur.

Aujourd’hui, il revient sur ses pas et constate que rien n’a vraiment changé – sinon l’apparition d’un casino flambant neuf et la victoire du crime organisé et de la drogue sur la fierté d’un peuple.

Au coeur de cette tourmente se tient le leader tribal Lincoln Red Crow, un ancien activiste du mouvement militant « Red Power » devenu patron du crime.

Il estime qu’après 100 ans de spoliations et de massacres des Lakotas par l’homme blanc, le temps est venu de rendre à celui-ci la monnaie de sa pièce.

Armé de son nunchaku, d’une attitude déterminée et d’un sombre secret, Dash doit survivre à un monde de jeux, de combats armés, d’agents du gouvernement, de Dog Soldiers, de massacres, de labos de méthamphétamines, de sexe trash, de pain frit, de fierté amérindienne, d’Êtres du Tonnerre, mais aussi à la beauté rude des Badlands. .. et même à un ou deux scalps.

Critique :
Ami lecteur, ne commence pas ce comics après ta séance chez le coiffeur, car c’est un comics qui décoiffe !

Évite aussi de laisser traîner les albums sur la table du salon, tu pourrais choquer ta belle-mère bigote ou impressionner tes enfants, qui voudraient là-dessus découvrir la saga et de ce fait, t’en priveraient !

Bienvenue à Prairie Rose, une réserve indienne pourrie située dans le Sud Dakota, aux États-Unis.

Ricane déjà devant l’ironie du nom de la réserve : Prairie Rose !

Non, il n’y pas de jolis petits poneys colorés qui s’ébattent dans des arcs-en-ciel de nuages… D’ailleurs, si tu commences à apercevoir des petits poneys, ne change pas de dealer, il t’a refourgué de la toute bonne came !

À Prairie Rose, où survit la communauté des Lakota, tout n’est que magouilles, crimes, prostitution, alcoolisme, drogues…

D’ailleurs, les auteurs te plantent le décor de suite : plus de 80% de chômage, le plus haut taux d’alcoolisme du pays, une espérance de vie de 15 ans inférieure à la moyenne nationale.

Nous sommes ici face à un comics qui s’inspire des codes du roman noir et de son côté hard-boiled (dur-à-cuire), le tout transposé dans l’univers d’une réserve indienne qui est sous le joug de Lincoln Red Crow, sorte de parrain tout puissant qui tient tout le monde sous sa coupe grâce à son casino.

Le héros principal, si on peut appeler ça un héros, est Dashiell Bad Horse (Prénom en référence à Dashiell Hammet, grand auteur de romans noirs), revient dans la réserve 15 ans après l’avoir quitté.

Nous sommes face à un type au crâne rasé, arrogant, têtu, violent, rempli de haine envers sa mère à qui il reproche de s’être plus occupée de ses activités de militante pour la libération amérindienne que de lui, il est sociopathe, borderline, utilise un nunchaku pour se battre ou des flingues.

Imagine un peu, cher lecteur ou chère lectrice, que notre Dashiell Bad Horse est foutu le camp il y a 15 ans, se jurant bien de ne jamais remettre les pieds dans ce nid de cafard et le voici de retour, provoquant moult bagarres et il ne trouve rien de mieux que de se faire engager comme policier tribal par Lincoln Red Crow, ce caïd qui a la main mise sur toute la région et qui se la joue en grand défenseur de son peuple…

Là, il plane un gros mystère sur la présence de notre chauve volcanique, mais pas de soucis, les auteurs ne te laisseront pas mijoter dans ton jus durant 36 albums et tu sauras bien vite le pourquoi du comment notre bagarreur fouteur de merde s’est retrouvé à fouler les herbes sèches de son ancienne réserve.

Cette série noire qui pète le feu se déroule de nos jours, ou dans un passé guère éloigné et se concentre sur la vie d’Indiens oglalas dans cette réserve indienne pourave du Dakota du Sud ravagée par le crime organisé, la drogue, l’alcoolisme et autres joyeusetés, entre ces gens qui ne savent plus qui ils sont, ni quelle est leur place dans cette société qui ne veut pas leur en faire.

Les personnages sont taillés à la serpe, les dialogues aussi, la violence est omniprésente, le sang aussi, le tout baignant dans une atmosphère glauque, et je ne vous parlerai même pas du langage ordurier, qui a tout à fait sa place vu le milieu dans lequel on évolue.

Tout le monde a son importance dans cette série… Même les morts dans les placards, parce que les morts, ça te poursuit, ça revient te hanter la nuit, comme les mauvais souvenirs ou ta haine envers ta culture, ta famille, ta propre mère.

Les auteurs se sont inspiré (merci Wiki) de l’histoire de l’American Indian Movement et en particulier des événements qui ont conduit à la condamnation à perpétuité de Leonard Peltier.

Moi qui adore le roman noir, le hard-boiled, je suis aux anges avec cette série comics qui a fait un énorme tabac aux States, même si je n’aime pas trop les dessins fort sombres et très encrés.

Un rythme haletant qui prend tout de même le temps de planter son décor, ses personnages, à te dévoiler les mystères cachés derrière chaque personnage, ses motivations, ses envies… le tout à l’aide de flashbacks qui peuvent faire perdre un peu le fil de l’histoire au début, mais je vous rassure de suite, on remet vite tout l’ordre.

Exemple : arrivé à la fin du tome 2, on a pas plus avancé dans l’histoire qu’à la fin du tome 1, mais on a un éclairage totalement différent et un complément de ce qu’on vient de nous raconter. Il y a une vraie maitrise chez Aaron de cette technique-là. Et cet usage du flashback fonctionne très bien en comics, parce que le genre l’absorbe parfaitement. 

C’est encore ce sacripant de Actu Du Noir (Jean-Marc) qui m’a fait découvrir cette série de comics et il serait grand temps que je lui garde un chien de ma chienne, à ce vil tentateur, parce que là, ça fait la je-ne-sais-quantième série qu’il me conseille !

“‘Scalped’ de Jason Aaron est la meilleur chose que j’aie lu depuis longtemps. C’est sombre, beau, et pas pour les enfants. La narration graphique est à son apogée.”  (Damon Lindelof, co-créateur de LOST).

Petit plus rien que pour toi, lecteur, lectrice : Le scénariste Jason Aaron admet la référence à « The Wire » et cite volontiers « Deadwood », autre production de la chaîne HBO, dont « le personnage de Al Swearengen a été un modèle, à bien des égards, pour ce qu’il voulait faire avec le personnage de Red Crow dans “Scalped‘ ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.