Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 03 – Crime en toutes lettres : Sophie Hannah

Titre : Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 04 – Crime en toutes lettres

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (2018) / Livre de Poche (2019)
Édition Originale : The Mystery of Three Quarters
Traduction : Valérie Rosier

Résumé :
Hercule Poirot découvre une femme l’attendant devant sa porte, furieuse qu’il l’ait accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Poirot est sous le choc, il ne connaît pas non plus cet homme.

Une deuxième surprise l’attend à son bureau, lorsque John McCrodden lui annonce avoir reçu une lettre signée de Poirot, l’accusant du meurtre de Pandy.

Critique :
Pour les inconditionnels du détective belge, Hercule Poirot, lire ses nouvelles enquêtes écrites par Sophie Hanna, ce n’est pas la même chose.

Ça en a la couleur, ça y ressemble, mais c’est du Canada Dry© mis à côté d’un vieux whisky qui a passé du temps dans son fût de chêne.

N’allez pas croire que ce soit mauvais, le Canada Dry© est d’ailleurs mon soda préféré ! Malgré tout le talent de l’auteure, il lui est impossible de faire comme Agatha Christie.

La première chose qui frappe, se sont les différents personnages qui semblent futiles, guère approfondi, légers. Ceux d’Agatha Christie avaient baignés dans leur jus, les sauces étaient relevées, épicées, vous nappaient le palais, tandis qu’ici, hormis le gamin, Timmy, ils avaient tous l’air d’avoir baigné dans un bouillon Knorr industriel, comme si l’auteur avait manqué de tendresse pour eux.

Les deux premiers personnages étaient même à baffer : invectivant Poirot, à qui ils reprochaient l’envoi d’une lettre horrible, où ce dernier les accusait d’un crime, aucun des deux n’a pris la peine d’écouter le détective leur jurer de ses grands dieux n’avoir jamais écrit pareille lettre.

Ils étaient tellement dans leur trip, versant leur fiel sur le détective et sur tout le monde dans leur entourage, sans écouter un traitre mot de Poirot, que sur le moment, j’ai pensé à deux acteurs de caméras cachées jouant un rôle et je m’attendais presque à voir jaillir monsieur Zygo ou Marcel Béliveau, hilares, d’avoir réussi à piéger Hercule. Loupé.

Dans les critiques lues, certains reprochaient un récit trop long à se mettre en place, je ne leur donnerai pas tort, ça avance lentement, mais je n’ai pas ressenti cette lenteur de mon côté.

J’ai pris plaisir, malgré tout, à suivre Hercule Poirot, même si ce n’était qu’une copie du vrai et qu’il m’a semblé, à certains moments, un peu fadasse aussi, comme s’il lui avait manqué ces fameux jus de cuisson made in Christie et qui lui donnaient un goût hors du commun, irrésistible, celui que David Suchet su lui donner quand il lui prêta ses traits.

Dans ce troisième tome des nouvelles enquêtes, pour la première fois, l’on va parler de la peine de mort, avec d’un côté ses adeptes et de l’autre son détracteur. Comme toujours, dans ces discussions là, c’est tout ou rien et chacun est certain d’avoir raison, là où Poirot mettra plus de tempérance, là où moi je suis souvent le cul entre deux chaises.

Il y aura beaucoup d’hypocrisie ensuite, mais ça, c’est normal face à l’être humain qui n’est pas à une contradiction près et qui nous la joue ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪. L’analyse finale de Poirot sera un joli petit moment car il mettra les mots qu’il faut sur pareille hypocrisie. Il n’y avait, hélas, pas de gorille pour entraîner cette personne dans le maquis…

Une autre chose m’a un peu dérangée, c’est les sentiments amoureux de certains qui étaient un peu trop too much. Que vous gardiez de bons souvenirs d’un amour de vacances, c’est normal, mais que vous restiez amoureux fou, pendant des années, d’une femme que vous n’avez connu que trois jours, là, ça devient plus tiré par les cheveux (ou alors, c’était un super coup au lit), limite ado amouraché qui n’a pas su évoluer et à mis sur un piédestal cette femme.

Contrairement aux originales, cette enquête de Poirot ne m’a pas fait pousser des cris en découvrant la résolution de l’énigme car, sans être banale, elle ne cassera pas la baraque comme ont peu le faire celle de la reine du crime.

Malgré tout, je saluerai tout de même l’ingéniosité de l’auteure qui, si elle n’a pas réussi à nous offrir un vrai Hercule Poirot (mission impossible), a tout de même tenté le tout pour le tout afin de s’en approcher au plus près (mais il manquera toujours les sauces made in Agatha) et pour nous offrir une enquête qui sortait des sentiers battus, sans pour autant révolutionner le polar.

Mitigée je suis. D’un côté, j’ai apprécié ma lecture, sans pour autant qu’elle me transporte et de l’autre, je suis un peu déçue des personnages qui n’avaient pas d’envergure, dont certains étaient exaspérant (je demande qu’on les tue dans le prochain roman) et que mon cher Poirot n’était pas tout à fait tel que je l’ai toujours connu.

Ce n’est pas du polar haut de gamme, mais ce n’est pas la merde littéraire que je pensais, au vu des différents critiques lues (et qui m’ont fait rire, surtout le coup des escargots dans le compost).

Malgré tout, l’auteure aurait pu mieux faire au niveau des personnages qui auraient dû être soignés, surtout les vieilles filles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°290], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°43] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Classiques illustrés – Tome 10 – Les grandes aventures de Sherlock Holmes : Nick Tall et Nestor Redondo

Titre : Classiques illustrés – Tome 10 – Les grandes aventures de Sherlock Holmes

Scénariste : Nick Tall
Dessinateur : Nestor Redondo

Édition : Héritage (1977)

Résumé :
Les aventures illustrées de Sherlock Holmes d’après l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle : Le ruban moucheté.

Critique :
Ah, les vieux brols que l’on déniche au fin fond des stocks obscurs d’une échoppe encore plus obscure ! J’adore.

Un Sherlock Holmes en bédé, en noir et blanc et en plus, cerise sur le gâteau, c’est l’adaptation d’une de mes histoires préférées : Le ruban moucheté (The Adventure of the Speckled Band).

Les dessins de Holmes sont réussis, il est grand, mince, élégant, à la limite sexy. Watson ne fait pas vieux croulant comme on le voit trop souvent dans les adaptations.

Notre docteur semble être entre deux âges (45 ans) alors qu’en principe il devrait être au début de la trentaine puisque nous sommes en 1883 et qu’une estimation de sa date de naissance donne 1852.

Cette adaptation est fidèle à la nouvelle, rien à redire. Tous les détails importants s’y trouvent et les dialogues sont eux aussi dans l’esprit de la nouvelle (que je n’ai pas relue depuis longtemps mais dont je n’ai pas oublié les détails).

Mon seul hurlement digne d’un loup-garou se coinçant la queue dans une porte sera pour le fait que Holmes revienne du palais de Justice en portant un macfarlane et une deerstalker sur la tête !!!

Nom de Zeus, et moi qui me réjouissais que sa pipe soit droite, voilà que les dessinateurs retombent dans leurs vieux travers de foutre cet accoutrement campagnard à Holmes en pleine ville !

Après avoir résolu le mystère de la bande mouchetée durant la moitié de l’album, l’aventure suivante du celle du mystère de Boscombe Valley. Une enquête sordide dans la campagne où un jeune homme est accusé d’avoir assassiné son père.

Les cases sont assez épurées en ce qui concerne les décors, le dessinateur a juste ajouté ce qu’il fallait et rien de plus. Les phylactères prennent assez bien de place dans les cases, ne laissant plus de place pour des détails de décors.

Cette aventure se déroulerait en 1888 (mais personne n’est sûr de la date) et notre Watson est marié (Le signe des quatre se déroule en 1888 aussi), par contre, il paraît beaucoup plus vieux alors que 5 ans sépare les deux affaires traitées dans cette adaptation. Bizarre. Lestrade sera de la partie aussi.

Ces adaptations devaient être faite pour un public jeune puisque certains mots tels que coroner, livre sterling, enquête ou manoir sont définis en bas de page. Bedetheque vous donnera la liste de tous les Classiques illustrés (Éditions Héritage) édités.

Pour une collectionneuse telle que moi, cette bédé devait faire partie de ma collection.

Ces adaptations des enquêtes de Holmes sont fidèles aux originales et c’était plaisant de les relire sous forme de bédé, avec un Holmes conforme au canon : grand, mince, élancé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°288], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°41], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°66], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Columbo – Saison 02 – Épisode 04 – Dagger of the Mind

Ecrit par : Jackson Gillis

Produit par : Dean Hargrove

Casting :

  • Peter Falk : Lieutenant Columbo
  • Richard Basehart : Nicholas Frame
  • Honor Blackman : Lilian Stanhope
  • John Williams : Sir Roger Haversham
  • Wilfrid Hyde-White : Tanner

Résumé : Lillian Stanhope a séduit le producteur Sir Roger Haversham avec la complicité de son mari pour qu’il produise Macbeth, la pièce dans laquelle compte jouer le couple.

Lorsque le producteur s’aperçoit des intentions du couple, il décide de tout arrêter.

Victime d’un mauvais coup durant une dispute, il meurt et le couple va tenter de faire passer cet homicide pour un accident. Columbo, en visite à Scotland Yard (pour y apprendre les techniques de pointe pratiquées par Scotland Yard auprès du très anglais detective chief superintendent Durk) va mener l’enquête.

Columbo pour le Mois Anglais ? Non, non, je n’ai pas fumé mes herbes de Provence ou abusé du café eet non je n’essaie pas d’entuber les organisatrices ! C’est oublier qu’un jour, Columbo a été invité par Scotland Yard et que, pas de bol pour les meurtriers, il les a coincé avec son espièglerie habituelle.

S.O.S. Scotland Yard est le titre V.F de l’épisode, mais pour ajouter du mystère, j’ai décidé de mettre celui en V.O afin de vous faire hausser les sourcils. Dagger of the Mind fait référence à Macbeth.

Columbo en Angleterre, à Londres, plus précisément, ça vaut son pesant de cacahuètes. Déjà que le lieutenant à l’imper froissé détonne dans les maisons chics où il enquête, le voir courir partout pour prendre des photos du folklore anglais pourrait laisser croire que les touristes américains sont ainsi lorsqu’ils visitent un pays à l’Histoire forte : courant partout comme un lapin pour shooter des images.

Une fois de plus, tout le monde pensera que le lieutenant n’est pas un homme intelligent, qu’il est décalé, un peu fou et qu’on leur a envoyé le débile de service. Ben non messieurs les anglais !

J’apprécie tous les anciens épisodes de Columbo, mais lui, c’est un de mes chouchous.

Les ambiances londoniennes sous la pluie changent de celles de Los Angeles sous le soleil étincelant.

Pas de grosses voitures américaines mais de belles anglaises, dont celle du couple formé par Nicholas Frame (Richard Basehart) et Lillian Stanhope (Honor Blackman), sorte de voiture de sport à hauteur d’un basset qui ne comporte pas de vitres latérales à tel point que l’on se demande comment ils n’ont pas froid lorsqu’ils conduisent ou attendent l’autre dans une ruelle mal famée.

Pour une fois, nous enquêterons dans le milieu du théâtre, avec deux acteurs sur le retour qui ont conspirés pour que Sir Roger Haversham (John Williams) leur monte Hamlet et une fois que le vieil homme pété de thunes se rendit compte que l’on jouait avec ses pieds, vitupéra à l’encontre de ces deux acteurs et paf Sir Roger Haversham…

Mort, tué accidentellement par Lillian Stanhope que cet homicide involontaire va hanter, comme dans Macbeth qui nous montre les affres que traversent les meurtriers qui ne peuvent plus jouir d’aucune sérénité jusqu’à ce que leur forfait soit découvert et leur crime puni.

D’ailleurs, nos deux acteurs, Nicholas Frame et Lillian Stanhope, qui jouent respectivement Macbeth et Lady Macbeth, deviennent réellement Macbeth et Lady Macbeth en tuant Sir Roger Haversham, sorte de substitut du roi Duncan qui deviendra ensuite l’équivalent du fantôme de Banquo, lorsque Lillian, dans la réserve du musée, tombera nez à nez avec la tête de cire de Sir Roger, comme s’il était revenu d’outre-tombe pour hanter son esprit.

Ce qui me fait toujours rire dans les Columbo, c’est que personne ne le prend jamais au sérieux, surtout les coupables et quand le couperet tombe, ils sont souvent les premiers étonnés car Columbo était toujours arrivé vers eux avec cette expression de fausse candeur affichée sur le visage. Ce n’est qu’à la fin de l’épisode que les coupables se rendent compte que Columbo a toujours mené le jeu.

Nos deux acteurs sur le retour vont se démener pour le mener sur des fausses pistes mais peine perdue, notre lieutenant connait son métier et à coup de phrases cultes, telles « Juste une dernière chose » ou de « Quand je vais dire ça à ma femme » et petit à petit, à coup de petits détails qui ne collent pas, il va comprendre l’implication de nos deux acteurs dans le mort de Sir Roger Haversham. Mais comment le prouver ?

Columbo n’est pas à une mise en scène près, à un piège tendu au(x) coupable(s), comme simuler une panne pour prouver que de ce point-là, le téléphone de la voiture ne passe pas, ou jouer avec la boite de petit chimiste de son petit neveu face à un dentiste qui avait réussi le crime presque parfait.

Ici, ce sera le coup du parapluie…

Anybref, un excellent épisode de Columbo, comme toujours, où notre lieutenant fera preuve de perspicacités, n’ayant rien à apprendre des Anglais (il pourrait même être leur prof) et n’étant pas gêné d’avouer ses lacunes en théâtre ou en culture, montrant une fois de plus qu’il vient d’un autre milieu social, celui constitué par les petits gens et qu’il en est fier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°287], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°40] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Détectives du Yorkshire ‭-‬ 05 ‭- ‬Rendez-vous avec le danger ‭: ‬Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 05 ‭– ‬Rendez-vous avec le danger

Auteur : ‬Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (28/11/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 5: Date with danger
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
La mort frappe toujours deux fois.

À la suite d’un accident mortel survenu à la foire aux bestiaux de Bruncliffe, le commissaire-priseur Harry Furness engage Samson et Delilah pour mener l’enquête.

Mais ce qui semblait n’être qu’une simple vérification de routine prend vite un tour plus sombre quand les détectives découvrent que cet accident a probablement été provoqué…

Ajoutez à cela des vols de moutons, un dangereux chantage et un fermier amoureux, et vous aurez la recette parfaite pour une enquête explosive !

Critique :
C’est toujours un plaisir que de retourner dans le Yorkshire, à Bruncliffe, retrouver Sansom et Delilah, mes deux détectives adorés, même si tout le village me regardera de travers puisque je suis une offcumden (étrangère au village).

Cette fois-ci, j’ai découvert la foire aux bestiaux de Bruncliffe, qui change de celle de Libramont puisque c’est dans cette foire qu’ont lieu des ventes aux enchères de troupeaux entiers de moutons, gestantes ou suivies. Et bardaf, la mort frappe déjà, sous couvert d’un accident, aux yeux des autres, mais moi, je savais que c’était un meurtre.

Mes deux amis détectives ont été appelés afin de faire la lumière sur cet accident dont d’autres pensent qu’il n’en est pas un et comme toujours, ils vont lever un tas de nœuds de vipères et au fur et à mesure qu’ils remonteront la pelote de laine, ils vont découvrir des choses pas très catholiques !

Comme d’habitude, l’auteure nous a réservée plusieurs mystères, même si le plus gros est celui de la mort accidentelle de Ron Watson et auquel viendra se greffer des vols de moutons la nuit. Dans les plus petites enquêtes, nous aurons des vols dans la caisse et des cacas canins mystérieusement déposés devant la devanture de la boucherie (toujours irrésolu à ce jour).

Le duo fonctionne toujours autant, sans pour autant qu’il y ait eu des déclarations d’amour, chacun restant de son côté de la barrière et pour le moment, tant mieux, je ne voudrais pas qu’une fois mis ensemble, nous nous trouvions avec le syndrome « Clair de Lune » (quand les deux personnages se mettent en couple et que vous n’avez plus du tout cette tension qu’il y avait avant et qui vous faisait regarder la série) ou devant un couple planplan.

C’est frais, c’est relevé, c’est enlevé, on ne s’ennuie pas un seul instant avec toutes ces petites affaires qui se déroulent sous nos yeux, plus celles auxquelles nous avons accès mais pas les autres : la tentative de chantage et la culture de cannabis. Certains points ne sont toujours pas résolus depuis le premier tome, le méchant est toujours dans l’ombre, mais ces derniers temps, il subit des revers, chouette.

Ma connaissance du monde de l’élevage (même si ce n’est pas celui des ovins) m’a fait comprendre un des modus operandi dès que j’ai eu l’objet du délit sous les yeux, alors que nos deux détectives pataugeaient encore. C’était retors mais bien vu.

Alors que je cheminais, fière comme Artaban, de ne pas m’être laissée piéger par l’auteure (et d’avoir laissé le goudron et les plumes au garage) et persuadée que j’étais de tout savoir sur les coupables ou les innocents, je me suis faite tacler d’une manière brutale et imprévue. Joli coup de la part de l’auteure.

Anybref, cette lecture fut un régal sur tous les points, l’équilibre des goûts était maîtrisé (Top Chef, sors de mon corps) et j’ai dévoré les trois-quarts de ce roman en une journée, le terminant goulûment le lendemain matin.

Une fois de plus, j’ai ressenti un vide en finissant ce cinquième roman. Mon plaisir de lecture avait été tel que je suis restée sans avoir envie de lire autre chose pendant un petit moment tant le déchirement était grand de les quitter à nouveau, jusqu’à leur prochaine enquête, que je possède déjà.

Une LC réussie avec Bianca (voir son avis), grandement réussie, même ! J’ai tellement pris mon pied durant cette lecture jubilatoire que je n’ai aucun scrupules à lui coller 4 Sherlock !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°286], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°39], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°65] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blackwing – 03 – La chute du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – 03 – La chute du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne (15/04/2020) / Bragelonne Poche (07/07/2021)
Édition Originale : Crowfall
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Un cataclysme a frappé le Cordon, l’ultime ligne de défense séparant la civilisation des Rois des profondeurs.

Des pluies rouges accablent sans cesse la terre, de nouvelles monstruosités se nourrissent de terreur dans l’ombre et le pouvoir des Sans-Nom, les dieux qui protègent la république, demeure inutilisable.

Les capitaines des Ailes noires qui les servent sont éliminés un par un, et même les immortels ont fini par apprendre ce que mourir signifiait.

Entretemps, le pouvoir des Rois des profondeurs n’a fait que croître ; ils sont sur le point d’assener le coup final.

Critique :
Oui, je l’ai fait ! Non seulement je me suis replongée dans la fantasy avec plaisir mais en plus, j’ai terminé cette saga (je ne suis pas à jour partout, loin de là !).

Avec cette trilogie, on se situe tout de même dans le haut du panier de la fantasy. Dans le haut du panier de la dark fantasy, je dirais même, un univers que je n’ai pas encore exploré vraiment.

Mon domaine de prédilection serait plus celui de l’humour et des pitreries des héros des sagas de David Eddings ou les guerriers flamboyants des sagas de David Gemmel.

Ici, c’est un tout autre univers qui m’a été présenté, plus sombre. Le plaisir fut au rendez-vous durant mes trois lectures et j’ai particulièrement apprécié ce dernier volume qui clôture la trilogie car l’auteur n’a pas foiré son grand final (comme on l’a déjà vu ailleurs).

Depuis le départ, ses personnages sont travaillés, possèdent de la profondeur, on s’attache à eux, on serre les dents s’ils disparaissent… D’autres feront leur apparition et auront eux aussi leur rôle à jouer, même si le rôle principal reste pour Ryhalt Galharrow, le capitaine des Ailes Noires qui a bien changé dans ce dernier tome.

Les décors post-apo sont très bien décrit et personne n’aura envie d’aller passer ses vacances dans la Désolation, ces grandes étendues de terres qui ont encaissées le déferlement de la Machine (l’équivalent de plusieurs bombes atomiques), détruisant tout sur son passage et faisant muter la nature à tel point que nous avons, entre autre, des herbes qui peuvent vous déchiqueter et vous bouffer et un bestiaire totalement dingue de créatures loufoques (et dangereuses).

Pourtant, Ryhalt Galharrow a vécu dans la Désolation qui l’a transformé. Pourquoi a-t-il fait subir ça à son corps ? Se sera pour les révélations finales mais vous en apprendrez un peu plus au fil du récit, l’auteur n’attendant pas l’ultime page pour tout nous révéler.

Dans ce récit de dark fantasy, Noir c’est Noir, il n’y a plus d’espoir… Les Rois des Profondeurs se réveillent et une fois de plus, le combat sera titanesque pour survivre et déséquilibré. Les Sans-Noms tirent les ficelles et il est bien difficile de savoir qui va trahir (ou pas).

Bourré d’action sans que cela vire à Mission Impossible, de l’adrénaline, des combats, du suspense, des aventures qui ont du pep’s, sans jamais sacrifier le fond sur la forme ou l’action pure au détriment de la profondeur du scénario, Ed McDonald signe-là une belle conclusion à sa trilogie.

Sans verser dans l’excès avec des combats qui dureraient des centaines de pages, sans sacrifier le final en l’expédiant en deux coups de cuillère à pot, l’auteur a réussi l’équilibre entre les deux : ni trop, ni trop peu.

Son monde était cohérent et il a réussi à nous le faire visiter sans que le voyage devienne chiant, sans que les accompagnateurs ne deviennent lourds et bien que l’on ne saura jamais tout, ce dernier tome nous en apprend un peu plus sur les Sans-Noms.

De la Dark Fantasy sombre et violente, sans jamais que la lumière ne manque, porté par des personnages hauts en couleur, sympathiques, qui évolueront au fil de leurs aventures, de leur blessures. Une conclusion de la saga à la hauteur.

Cela fait du bien de revenir à des anciens amours (un peu délaissés) avec une trilogie de cette qualité dont le final reste dans la cohérence des tomes précédents, autrement dit, dans le tout bon.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°285], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°39], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°64], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blood and Sugar : Laura Shepherd-Robinson

Titre : Blood and Sugar

Auteur : Laura Shepherd-Robinson
Édition : 10/18 (06/05/2021)
Édition Originale : Blood and Sugar (2019)
Traduction : Pascale Haas

Résumé :
Juin 1781. Un corps est pendu à un crochet sur le quai de Deptford : l’homme a été horriblement torturé et porte la marque des esclaves.

Quelques jours plus tard, le capitaine Harry Corsham – un héros de guerre se lançant dans une carrière parlementaire prometteuse – reçoit la visite de la sœur d’un vieil ami.

Son ami, Tad Archer, un abolitionniste passionné, était sur le point de dévoiler un dangereux secret, lourd de conséquence pour l’industrie de la Traite négrière. Un secret capable d’abolir l’esclavage.

Pour découvrir ce qui est arrivé à Tad, Harry est obligé de remonter les fils de l’enquête de son ami, en fouillant au cœur de la conspiration que Tad avait mise au jour.

Son enquête va menacer ses perspectives politiques, le bonheur de sa famille et l’obliger à affronter son propre passé, à ses risques et périls.

Critique :
C’est l’histoire de l’hypocrisie humaine qui rencontre l’appât du gain à n’importe quel prix.

Nos deux horreurs fusionnant ensemble se transformeront ensuite en un business sans conscience puisque ce sera l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Oh, ne jugez pas trop vite ces Anglais esclavagistes qui voulaient du sucre à bas prix pour mettre dans leur tea time, nous ne valons pas mieux qu’eux de nos jours.

Comme eux, nous souhaitons acheter des biens à bas prix : nous ne regardons pas toujours où nos habits sont fabriqués, ni comment (et par qui) sont extraits les matériaux de nos smartphones, PC, ni si notre huile d’olive, viande, légumes ou fruits ont été collectés par des travailleurs syndiqués, payés aux tarifs en vigueurs dans nos pays ou par des travailleurs immigrés sous-payés, des sans papiers qui touchent des misères,…

Le but du jeu n’a pas changé : de la qualité pas trop cher et pour le reste, comme les Anglais de cette époque, nous faisons ceux qui ne savent pas, qui regardent leurs pieds, ailleurs, qui ont des scrupules qui ne durent que peu de temps.

Ce thriller historique frappe là où ça fait mal : l’esclavagisme, la traite des Noirs, les vaisseaux négriers qui allaient chercher des Noirs en Afrique et les transportaient ensuite dans les Caraïbes pour bosser dans les exploitations de canne à sucre.

Ces esclaves Noirs appelés Nègres sont considérés par la loi comme du mobilier, ce qui fait qu’au même titre que vous pouvez shooter dans vos casseroles ou massacrer votre buffet, sans que cela émeuve personne, vous avez le droit de tuer vos esclaves sans qu’un tribunal ne vous condamne.

Ce polar historique a aussi des airs de roman noir, le contexte social de cette Angleterre étant bien mis en avant et utilisé à bon escient, se mélangeant harmonieusement dans l’enquête (qui ne sera pas de tout repos) que le capitaine Harry Corsham va mener afin de savoir qui a tué aussi abominablement que ça son ancien copain de collège, Tad Archer.

Bourré de fausses-pistes, de chausse-trappes, d’omerta, son enquête se révèlera bien plus dangereuse que l’on ne pourrait penser de prime abord car dans cette histoire, on ne sait jamais à qui se fier, les personnages pouvant cacher une âme sombre ou vous aider sans vous le montrer.

Sans aucun doute, ce roman a demandé des heures, des jours, de travail de recherche historiques et cela a payé car le réalisme est bien présent, autant dans les personnages que dans le récit historique.

Personne n’est tout à fait blanc ni tout a fait noir dans cette histoire et la plupart des personnages sont esclavagistes comme d’autres seraient banquiers ou pécheurs. C’est un métier comme un autre en 1780…

À cette époque, en plus de les considérer, par la loi, comme des biens meubles, la population Blanche considérait les Noirs comme un peuple de dégénérés, des sous-hommes, des animaux. C’était scientifique, même ! (oui, ça me fait mal de l’écrire mais je n’y peu rien, je ne fais que noter la pensée des gens de l’époque).

Si nous avions baigné dans de pareilles inepties, pensées horribles (tous les mots que vous voulez), sans doute n’aurions pas pensé différemment que ceux de cette époque. Harry Corsham qui ne pense pas comme les autres est regardé de travers et c’est mal vu pour une carrière politique de penser que les Nègres (oui, c’est pas ce terme qu’ils sont désignés, je ne l’utilise pas en insulte, par contre) sont des humains comme les autres.

Sera-t-il hypocrite comme les autres, aura-t-il les couilles ou nous fera-t-il un compromis à la Belge ? Non, je ne vous le dirai pas, faudra lire cet excellent polar historique pour le savoir.

Sachez juste que nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours et qu’il n’est pas facile d’avoir raison contre tout le monde dans cette époque qui voulait que les gens ne soient pas ce qu’ils étaient vraiment. Si un Juif pouvait se faire passer pour un catho pour éviter les ennuis, si un homo pouvait donner le change aux autres, un Noir en fuite ne pouvait pas changer sa couleur de peau.

Un polar historique bien documenté, addictif, sans pour autant se la jouer 24H chrono, des personnages réalistes, qui évoluent, une enquête difficile et quelques scènes qui donneront envie de hurler tant c’est inhumain. Un récit brillant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°284], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°37] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Agatha Christie – Tome 9 – L’Affaire Protheroe : Norma et William Maury

Titre : Agatha Christie – Tome 9 – L’Affaire Protheroe

Scénariste : Norma et Agatha Christie
Dessinateur : William Maury

Édition : Proust Éditions (2005)

Résumé :
Meurtre au presbytère ! Le Pasteur à déjà sa petite idée sur l’identité du meurtrier du colonel.

Au fil de l’enquête, le portrait du militaire se dessine : un être odieux qui ne comptait que des ennemis…

À l’heure du thé, les langues se délient. Miss Marple entre en scène pour dénouer les fils de l’intrigue.

Critique :
Comme je n’ai lu qu’un seul Miss Marple de ma vie (alors que j’ai lu tous les Hercule Poirot), je ne connaissais pas du tout cette histoire, si ce n’est son adaptation dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie » où Protheroe était un salopard de chez salopard à tel point qu’on aurait aimé le tuer nous-même.

Il me fut difficile d’entrer dans cette version tant celle de la télé était toujours ancrée dans mon crâne. Notamment la solution du meurtre…

Alors oui, j’ai été troublée dans un premier temps par le fait que l’assassiné, le colonel Protheroe, ne soit pas montré avant son assassinat comme le salopard qu’il était, même si ensuite, les personnages avoueront qu’il était un homme détestable, mais sans jamais trop appuyer sur le fait.

Les décors étaient so british au possible : un petit village, des commères, des bigotes, des querelles de voisinage, un manoir somptueux, bref, toute la vie d’un petit village dans les années 30. Sans oublier les préjugés avec un vieux colonel qui pense que miss Marple, étant vieille fille, sera impressionnée par la police… Bonjour les clichés, mon colon !

Non, non miss Marple, au port de tête royal, sorte de reine Elizabeth II du crime, est loin d’être une vieille mamie rabougrie qui serait impressionnée par la police. Que du contraire, même.

Dommage que l’album mette plus en scène le pasteur que notre détective en jupes. Pour une enquête de miss Marple, elle n’est pas la reine de cette bédé.

Les dessins des personnages étaient bien réalisés, par contre, les couleurs étaient fort sombres lorsqu’il fallait illustrer la fin de soirée et là, il était plus difficile de restituer les visages, sauf à se concentrer. Heureusement, il y en avait peu.

Malheureusement, en 48 pages, il n’est pas possible de développer plus et la conclusion de l’intrigue arrive fort vite, presque comme un cheveu dans la soupe, sans que le lecteur ait eu le temps de rassembler tous les indices. Ah mince alors, on arrive déjà à la fin et il faut conclure.

Une adaptation qui est trop courte et ne permet pas de développer tout le génie d’Agatha Christie, tout les pièges mis en place pour les lecteurs et de ce fait, la résolution tombe rapidement puisque nous arrivons au bout du quota de pages.

Protheroe était plus marqué « salopard que l’on a envie de flinguer » dans l’adaptation télé française que dans cette bédé où son caractère de chien reste suggéré par des témoins, mais sans plus. Il me faudrait vérifier comment l’auteure le présentait dans son roman (que je n’ai pas lu, je rappelle) ainsi que pour comprendre ce qu’il a manqué aussi dans l’enquête.

Malgré tout, l’adaptation n’est pas mauvaise et donne envie de se tourner vers le roman pour combler les lacunes dues au nombre de pages imposées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°283], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°36], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blake et Mortimer – Tome 24 – Le testament de William S. : Yves Sente et André Juillard (Edgar P. Jacobs)

Titre : Blake et Mortimer – Tome 24 – Le testament de William S.

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (2016)

Résumé :
Nos héros les plus british mènent l’enquête sur le plus british des dramaturges : William Shakespeare of course ! Mais qui est-il vraiment ?

Entre l’Angleterre et l’Italie, Philip Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown, résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres.

Entre-temps, Francis Blake enquête sur une bande organisée de Hyde Park. Une course contre la montre et des révélations en série : un très grand Blake et Mortimer signé Yves Sente et André Juillard !

Critique :
Être ou ne pas être, telle est la question… L’autre grosse question concerne la paternité des textes de William Shakespeare.

Est-ce bien lui qui les a écrit ou était-ce un autre ? Comment ce petit campagnard a-t-il pu avoir accès à la culture nécessaire pour écrire toutes ses œuvres ? Mystère !

Cet album portant sur Shakespeare va tenter de résoudre cette énigme au plus vite car le chrono tourne et le délai de 100 ans touche à sa fin.

Le chrono tourne peut-être, mais nos amis n’ont pas l’air d’être speedés plus que ça. Ils auraient plutôt tendance à appliquer le Keep Calm et à rester zen en toutes circonstances…

C’est bien, mais pour le lecteur, l’impression de course contre la montre est loupée, le tout manque de dynamisme, c’est mou, fort mou et pour donner un peu d’action, on ajoute des agressions dans le parc et un évitement d’accident avec un camion. Mouais, peu mieux faire, non ?

Autre problème : la présence d’Olrik ! Nom de Zeus, on ne pouvait pas le laisser à la niche, celui-là ?? Il est en prison mais ce méchant éternel et increvable arrive encore à tirer les ficelles et franchement, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase car il ne sert à rien, il n’apporte rien à l’histoire qui aurait pu se suffire à elle-même sans lui mais avec des nouveaux méchants, comme ceux qui se trouvent déjà dans le récit.

En plus de ne pas servir à grand-chose (si ce n’est nous montrer sa tronche), au niveau de ses expressions, elles sont fades, notamment celle où il est en colère… Tout en retenu, sa colère, on est loin de celles de Joe Dalton.

Les grandes perdantes de cet album sont les femmes. Où sont les femmes ? (comme le chantait si bien Patrick Juvet). Oui, elles sont présentes, mais pas vraiment mises en valeur comme elles auraient pu l’être (même si, à l’époque où est sensé se dérouler l’action, elles n’avaient pas vraiment de visibilité).

L’érudite en Shakespeare se tord la cheville, se déchirant un ligament à Hyde Park et hop, on remplace la vioque de 50 ans par sa fille qui ne servira pas à grand-chose non plus, si ce n’est à accompagner Mortimer dans son enquête.

Oui, elle sert juste l’accompagner. J’ai eu l’impression durant ma lecture que le barbu aurait pu se démerder tout seul comme un grand garçon. Ah pardon, j’allais oublier qu’elle lui servira de moteur de recherche sur Shakespeare ! Google avant l’heure ou Siri (au choix).

Les dessins sont toujours en lignes claires, comme les anciens dessins de Edgar P. Jacobs et les couleurs sont fort claires, elles manquent de peps (je me plaignais dernièrement des couleurs trop criardes de « L’inconnue de Tower Bridge).

À propos de Tower Bridge, il y a un bel anachronisme dans le récit : on voit Tower Bridge, dont le début de la construction date du 21 juin 1886 (et dure 8 ans) pour illustrer le récit qu’un personnage fait de la Grande puanteur de Londres de juillet 1858. Oups.

L’autre chose qui m’ennuie toujours dans les récits, ce sont les méchants qui arrivent à s’introduire partout et à écouter aux portes ou derrière des panneaux amovibles. C’est d’un lassant ! Nos amis racontent tout et les autres écoutent, tranquillement. Vieux comme le monde et trop souvent usité.

Anybref, cet album a tout de même des bons côtés : l’explication du pourquoi du comment William Shake, petit provincial sans culture, a réussi à écrire des pièces aussi brillantes, des textes aussi éclairés. Ne connaissant rien de l’histoire du dramaturge, je ne saurais me prononcer quand à la pertinence des explications présentées, mais vu ainsi, elles me plaisent bien.

L’enquête a l’air assez compliquée, lorsqu’on lit les énigmes, mais nos protagonistes arrivent toujours à tout trouver et ce, assez facilement.

Hélas, le récit manque de dynamisme et peut-être d’un chrono au-dessus de certaines cases afin de mieux illustrer le temps qui passe et l’échéance qui se rapproche afin de ne pas donner cette impression de fausse tranquillité.

Un album qui aurait pu être beaucoup mieux avec plus de rythme, plus de femmes fortes avec un vrai rôle et pas celui d’accompagnatrices. Un album où Blake est fort en retrait puisque c’est Mortimer qui a le beau rôle, où les méchants sont discrets comme un coup de poing dans la gueule (on les repère de suite dans les cases) et manquent de charisme.

Bref, pas le meilleur album, mais pas le pire non plus… À lire sans prise de tête.

PS : notons au passage un petit hommage au capitaine Haddock (qui lui au moins avec de la verve, des colères monumentales et plus qu’une seule expression sur le visage, bref, moins raide que nos Blake & Mortimer).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°282], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°35], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Sacrilège à Blackfriars – Frère Athelstan 03 : Paul C. Doherty

Titre : Sacrilège à Blackfriars – Frère Athelstan 03

Auteur : Paul C. Doherty
Édition : 10/18 Grands détectives (2000 / 2018)
Édition Originale : Murder most holy (1992)
Traduction : Anne Bruneau et Christiane Poussier

Résumé :
Londres, début d’été 1379.
Sir John Cranston, coroner de la ville, est invité à un grand banquet au palais du Savoie, sur la Tamise. Gian Galeazzo, seigneur de Crémone, le met au défi de résoudre en deux semaines, l’énigme des crimes mystérieux autrefois perpétrés dans l’un des manoirs de sa famille.

Cranston, réalisant que sa réputation est en jeu, sollicite l’aide de son fidèle assistant, le jeune frère dominicain Athelstan.

Cette nouvelle enquête sera bien entendu le prétexte à un parcours dans l’Angleterre urbaine et médiévale ainsi que dans les consciences de ces hommes du passé.

Critique :
Fallait tout de même oser inventer pareil duo improbable, aux antipodes l’un de l’autre et pourtant, complémentaires.

Oui, le duo formé par frère Athelstan, le dominicain et Sir John Cranston, le coroner royal est atypique. Autant où le dominicain est réservé (sauf quand il se fâche sur ses ouailles), autant où le coroner est un sanguin qui aime faire ripaille et boire jusqu’à s’endormir sur sa chaise (ou son cheval).

Bizarrement, les deux personnages sont attachants, complémentaires, s’apprécient beaucoup et ça fonctionne très bien, leur équipe.

Ce que j’ai apprécié le plus dans ce polar historique, ce sont les descriptions de la vie en Angleterre en l’an de grâce 1379 (même si je n’ai absolument pas envie d’aller y vivre), sans que cela tourne au cours d’histoire soporifique ou que cela entrave le cours du récit.

C’est au gré des pérégrinations de nos deux acolytes que nous en apprendrons plus sur la société anglaise, que ce soit sur l’Histoire, la gastronomie, les boissons locales ou les jeux de pouvoir.

Pas le temps de s’ennuyer durant leur enquête car nous en aurons trois pour le prix d’une : un squelette retrouvé sous les pavés de l’église de notre frère ; une énigme en chambre close soumise à Cranston par le seigneur de Crémone (et qu’il a intérêt à résoudre) ; des morts à la pelle dans l’ancien monastère de Athelstan.

L’auteur a réussi l’équilibre parfait entre des enquêtes qui prennent leur temps sans toutefois devenir trop lente, mélangeant habillement les pérégrinations de nos deux enquêteurs afin de récolter indices et témoignages, sans pour autant négliger la vie paroissiale qui a lieu à côté ou la vie de famille de Cranston le coroner, sans que tout cela endorme ses lecteurs.

C’est ce dosage subtil entre différents éléments qui fait que ces romans soient toujours aussi intéressants et plaisants à lire et qui fait que je reviens vers eux.

Les enquêtes de frère Athelstan et du coroner Cranston, c’est une gourmandise, un petit chocolat que l’on garde pour certaines occasions (comme le Mois Anglais) parce que l’on sait que l’on ne sera pas déçue.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°281], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°34] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.