Nains – Tome 8 – Sriza du Temple : Nicolas Jarry & Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 8 – Sriza du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (23/08/2017)

Résumé :
Sriza est un exorciste du temple, un cognar ayant fait voeu de combattre les démons et de protéger ses paroissiens.

Mais alors qu’une terrible tempête de neige recouvre la vallée, l’isolant ainsi du reste du monde, une horde de possédés attaque les villages enclavés. Sriza doit découvrir ce que cherchent les démons pour avoir une chance de les arrêter.

Critique :
— Ta mère suce des bites en enfer !

Non, non, rassurez-vous, je n’insulte pas votre mère et je n’insinue rien, mais vu que notre Sriza est un exorciste, il aurait pu tomber une fois dans sa longue vie sur ce genre de démon hurlant des insanités sur sa pauvre mère !

Mais au fait, je connais, moi, Sriza ! Bon sang, mais c’est bien sûr : on avait croisé sa route dans le tome 17 des Elfes ! Quelle bonne surprise.

Après avoir chassé les Démons, notre ami a une vie un peu plus calme en tant que prêtre dans la cité d’Ark’öm. Un prêtre qui n’hésite pas à foutre son poing dans la gueule de ses ouailles qui ne respecteraient pas les règles.

Sriza ne sera pas le seul nain dont j’ai déjà croisé la route avant, car nous retrouverons aussi Aral, celui du tome 3, déclaré Grand Traître de sa Race, et à qui on va faire la chasse car sur son chemin, on retrouve des villages entiers décimés !

Qui a fait ça ? Vous le saurez en lisant cette bédé et en chassant le Démon avec Sriza et sa team de guerriers plus fermiers que combattants, et pas toujours des Sherlock Holmes !

Heureusement que Sriza a un cerveau et un passé qui fait de lui en homme compétent dans la chasse au serial-killer de masse.

Mêlant habillement les moments du présent avec ceux de l’enfance de Sriza, ce tome ne vous laisse que peu de temps pour respirer et vous entraine dans une chasse à l’Homme (au Nain ? Au Démon ?) endiablée où il faudra être le plus rapide si on ne veut pas crever comme une bête dans les montagnes enneigées.

Dans ce tome, il y a l’histoire de deux jeunes enfants, au destin semblable, mais l’un est allé vers la lumière et l’autre vers l’obscurité, l’un sera Yoda et l’autre Dark Vador, jusqu’à l’ultime affrontement.

Les dessins ne sont pas aussi superbes que certains autres albums, mais ils se défendent bien et les décors sont d’une majesté qui donne envie d’aller s’y recueillir, s’il n’y faisait pas aussi froid.

Le final est dantesque, perfide, démoniaque. Bref, j’ai adoré !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

Publicités

Les Voies d’Anubis : Tim Powers

Titre : Les Voies d’Anubis

Auteur : Tim Powers
Édition : Bragelonne (18/02/2015)
Édition Originale : The Anubis Gates (1983)
Traducteur : Gérard Lebec

Résumé :
Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d’imaginer qu’il ne va pas tarder à le rencontrer en personne… en 1810 !

Car après avoir accepté l’offre d’un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain.

Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l’Histoire ?

Mêlant les thèmes du voyage temporel, du mythe du loup-garou et de la magie noire égyptienne dans le Londres victorien, ce roman qui a remporté les prestigieux prix Apollo et Philip K. Dick, est le grand classique à l’origine du steampunk.

Critique :
Les voies d’Anubis sont-elle impénétrables, comme celle de Dieu ?

Et bien non, elles sont totalement pénétrables, dans un sens comme dans l’autre, mais pas à tout moment car les failles ne sont pas ouvertes partout et en même temps…

Ah, quel voyage fantastique je viens de faire, mes amis ! Dans le temps et dans l’espace.

Nous partîmes en 1983 et pas un prompt saut dans le temps, nous arrivâmes en 1810, à Londres.

Oubliez le Londres de Sherlock Holmes, si la misère est bien présente, si les mendiants et leur confrérie sont bien là a agiter leur escarcelle, nous sommes aussi dans un monde où la magie existe, même, si, au fil des époques, elle perd de sa force.

Difficile de s’ennuyer dans ce roman fantastique, sauf peut-être au départ, qui est un peu poussif, mais ensuite, attachez vos ceintures et accrochez à tout ce qui dépasse.

Dans ces pages de l’édition cuivrée (du plus bel effet) il y a moult personnages différents, en plus du principal, Brendan Doyle, sans que pour autant on puisse les mêler et ne plus s’y retrouver.

Niveau action, on n’est pas volé sur la marchandise, ça bouge, ça saute dans le temps et pour le même prix, vous passerez donc de 1983 à 1810, puis dans les années 1660. N’oubliez pas votre passeport, ni votre crème solaire, car en plus de voyager dans le temps et on ira se balader à Alexandrie (♫ Alexandra ♪).

Les voyages dans le temps… Quand je me mets à réfléchir à la chose, j’en attrape des migraines : comment peut-on influencer le passé alors qu’on vient juste se sauter dans le passé ?

On pourrait le changer, mais le passé n’aurait pas pu être changé à l’avance par nous, puisque l’on vient juste d’y sauter !

Un peu comme si Marty McFly, en chantant Johnny Be Good de Chuck Berry au bal de ses futurs parents, devenait en fait Chuck Berry, qui lui, n’aurait tout simplement pas existé, puisque ce serait McFly qui, en chantant la chanson, l’avait crée. Vous suivez ?

Impossible que ce soit McFly qui soit l’auteur originel de la chanson dans le passé, puisqu’il vient seulement d’arriver dans le passé et que moi, je ne comprend plus ce qui a bien pu se passer dans ces foutus voyages temporels (j’ai jamais rien compris, d’ailleurs).

Bref, grosse migraine en tentant de comprendre ces choses rationnellement, mais si je ne cherche pas la petite bête à la quadrature du cercle des voyages temporels, le tout devient foutrement amusant dans l’histoire.

Un roman abracadabrantesque, comme disait l’autre. Sans compter que nous mélangeons plusieurs mythes, dont celui des Dieux Égyptiens, des voyages dans le temps sans voiture, et que l’auteur récrit le mythe du loup-garou de manière totalement éclairée et jubilatoire.

Anybref, si vous aimez le fantastique, un brin de steampunk (léger, on est à ses débuts), la grande Aventure (avec un A majuscule), les voyages en tout genre, Londres, la mythologie égyptienne, la magie, l’action, le mystère, le suspense, la poésie, je vous conseille d’embarquer pour le Grand Voyage !

Prière de laisser tout objets vous rattachant à votre époque à l’accueil, merci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, le Challenge Totem (Loup-Garou) chez Lili Galipette et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

[FILMS] 300 de Zack Snyder (2007)

300 est un péplum américain coécrit et réalisé par Zack Snyder, sorti en 2007.

Tiré du roman graphique 300 de Frank Miller et Lynn Varley, le film donne une vision fantastique de la bataille des Thermopyles en -480 et a été tourné en grande partie à l’aide de la technique d’incrustation afin de restituer l’imagerie de la bande dessinée de Frank Miller.

Zack Snyder a réalisé le film courant 2006.

Le film a recours aux mêmes procédés techniques que le film Sin City (adapté lui aussi d’une bande dessinée de Frank Miller), avec l’utilisation massive d’images de synthèse.

Même si toutes les scènes présentes dans la bande dessinée originale sont fidèlement reconstituées sur grand écran, le scénario a été complété de quelques personnages et scènes supplémentaires :

  • Dans la bande dessinée, Éphialtès, qui finit par trahir les Spartiates (et qui est une sorte de monstre difforme dans le film), tente de se suicider lorsque Léonidas refuse de faire de lui un guerrier. Dans le film, la scène fut tournée, mais coupée au montage.
  • Toutes les scènes se déroulant à Sparte qui impliquent la reine et montrent les intrigues politiques au sein de la cité ont été ajoutées pour renforcer l’unique rôle féminin.
  • Des éléments fantastiques et divers bêtes comme le rhinocéros ont été ajoutés.

Le film a été presque entièrement tourné sur fond bleu et vert, aux Ice Storm Studios de Montréal. Seule la scène de chevauchée des messagers au début du film, impossible à réaliser en studio, a été tournée en extérieur.

Près de 1.300 effets visuels ont été nécessaires, soit une moyenne d’un effet visuel par plan.

Les acteurs ont suivi un entraînement sportif intensif de plus de huit semaines avant le début du tournage.

Dans ce film, les acteurs Gerard Butler et Andrew Pleavin jouent à nouveau ensemble, cinq ans après leur collaboration dans Attila le Hun de Dick Lowry.

Gerard Butler avait là encore le rôle principal, tandis qu’Andrew Pleavin interprétait Flavius Oreste, un fidèle général d’Attila.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, je sais ce que vous aller me dire, que ce film ne reflète pas la réalité historique, que cela ne s’est probablement pas déroulé de la sorte…

Que si ça se trouve, Léonidas, avant d’être une enseigne qui vend des pralines (et pas les meilleures), était peut-être un gros looser, un tyran, qu’il a p’t’être même chié dans son froc aux Thermopyles face aux guerriers de Xerxès.

Que les Perses de l’époque disent que ceux de cette époque là n’étaient pas des barbares…

Je sais tout cela, mais malgré tout, 300 fait partie de mes films préférés.

Que voulez-vous, des mecs constitués de belles tablettes de chocolat, torses nus, se promenant en slip de cuir tout en brandissant des longues lances, moi, ça m’excite !

D’ailleurs, là, je viens de le regarder une fois de plus, sur la toute nouvelle télé (l’ancienne a rendu l’âme après 17 ans de services) et sur BRD, en plus !

L’extase totale à chaque combat filmé au ralentit, à chaque débordement sanguin et devant tout ces beaux mâles montrant leurs belles protubérances musculaires (vous pensiez à quoi ??) lorsqu’ils tuent, décapitent, tranchant l’ennemi qui revenait toujours en surnombre. Mes frères tombaient l’un après l’autre devant mon regard, Sous le poids des armes que possédaient tous ces barbares ♫

On pourra leur reprocher une esthétique plombée par des dialogues pompeux, que c’est un atroce film de propagande, que c’est sans scénario, ni personnages…

Mais rien à faire, je suis ainsi, j’adore regarder ce film, ses images, ses ralentis, ses couleurs, et sur grand écran, c’est encore plus mieux.

C’est beau, ces guerriers qui meurent pour sauver leur liberté, leurs familles, leur pays de l’odieux envahisseur qui voulait que Leonidas courbe l’échine devant lui. Namého, et puis quoi encore !

Oui, ça fait très propagande… ça fait très « héros » alors que ceux d’en face sont de vils envahisseurs, commandé par un type qui se prend pour un Dieu et qui ne respecte aucun de ses guerriers, généraux. Un chef qui pense que les autres sont un torchon sur lesquels s’essuyer les pieds.

manichéen, je vous l’avoue, je vous le concède, mais pas moyen, je ne suis pas partiale, si spartiate, d’ailleurs.

De plus, j’ai reconnu la reine de Leonidas : c’est Cercei Lannister !! La coquine jouait dans le film, mais à l’époque, GOT ne passait pas sur l’écran de mon PC. C’est déjà son regard et niveau intrigues politiques, elle a déjà de qui tenir. Mais je la préfère en blonde.

Donc, ne tenez pas compte de ma note, elle ne reflète sans doute pas la réalité, mais je n’y peu rien, j’aime trop ce film.

On ne me refera plus…

Hortense : Jacques Expert [LC avec Bianca]

Titre : Hortense

Auteur : Jacques Expert
Édition : Sonatine (09/06/2016)

Résumé :
1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.

2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle.

La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.

Critique :
♫ Quand je pense à Hortense, je danse, je danse ♪

Zut, la rime originale ne fonctionne pas !

Vous vous demandez sûrement comment on peut plaisanter avec un sujet aussi poignant que la disparition d’une enfant de même pas 3 ans et comment j’arrive à être guillerette devant la peine et le désarroi de sa mère.

Ben justement, faut que j’évacue la tension que ces quelques 330 pages (en grande édition) viennent de me faire subir. Parce que nom de Dieu, je l’ai marathonée, cette lecture, tant je voulais savoir ce qui était arrivée à la petite Hortense et si le final allait être happy end ou pas.

Comment est-ce possible de faire battre autant le palpitant d’une pauvre lectrice avec un récit, somme toute, assez banal, de la vie de Sophie, la mère éplorée d’Hortense, qui, 22 ans après sa disparition, subit toujours le manque de sa petite fille.

Elle ne vit plus, ou quasi plus, ses journées sont monotones, et, tout en vivant sa vie par procuration, elle nous raconte ce que fut sa vie de femme amoureuse, sa vie de mère, l’enlèvement de la petite, son combat pour la retrouver.

Poignant, je vous le dis, sans pour autant être larmoyant ou faire preuve de voyeurisme.

L’auteur, un peu sadique sur les bords (et pas que sur les bords), en profite aussi pour nous donner les différents points de vue de plusieurs protagonistes de l’enquête, et ce faisant, nous avons une vision plus large de la personnalité de Sophie, de son calvaire, mais aussi de son caractère, qui, au fil des pages et du temps, deviendra franchement agressif et paranoïaque.

Autant j’aurais aimé la consoler, autant j’ai eu parfois envie de lui dire d’y aller mollo dans la manière de répondre aux gens.

Tout le roman m’a tenu en haleine, ne sachant jamais s’il y avait anguille sous roche ou pas, et dans quel pâté j’allais retrouver une couille : je ne suis pas déçue, j’ai adoré l’histoire, le côté psychologique des personnages, le scénario, le découpage de l’histoire, les multiples questions que je me suis posée, ainsi que le suspense.

Pour tout ces ingrédients, je mets une bonne note parce que même si j’avais soupçonné, j’ai tout de même été sur le cul.

De plus, le personnage de Sophie étant ambigu, le voir raconté par d’autres, nous permet de l’éclairer un peu plus et d’arriver à un peu mieux le cerner car elle oscille entre le gris clair et le gris foncé, de par sa manière d’agir avec les autres.

Il en ira de même pour les autres personnages et cette manière de les présenter est toujours positive, car bien souvent, ils ne sont pas toujours ce que l’on pense d’eux au premier abords. Pour certains, il faudra même attendre l’ultime dénouement pour savoir s’ils sont bien ce que l’on pense qu’ils sont, ou pas.

Là où je suis plus mécontente, c’est dans l’abrupt dénouement : on te balance le final et puis c’est terminé, alors que tout un tas de questions restent sans réponses !

Et ce ne sont pas des questions banales, elles sont hyper importantes pour expliquer certains points qui, sans ces explications, resteront obscurs à jamais, et incompréhensibles. Même le plus crétin des flics se les poseraient, ces questions.

Me voici donc mitigée : oui j’ai adoré le récit, oui j’en ai eu pour mes sous niveau palpitations, mystères, suspense, oui j’ai apprécié que l’on joue avec moi, mais j’aurais aimé quelques pages de plus, afin d’expliquer l’inexplicable ou tout du moins, les questions légitimes qu’un lecteur est en droit de se poser…

Un thriller psychologique rudement bien monté, où l’on doutera à toutes les pages, ou les éclairages pourraient nous montrer un personnage sous un autre jour (bon ou moins bon), mais avec un final bâclé dans ses explications et où il reste des mystères qui auraient mérités d’être résolus.

Ma copinaute de LC, Bianca, est restée comme moi avec tout un tas de questions sans réponses, ce qui nous donne une lecture commune super, mais bourrée de points d’interrogation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (Janvier 2018)

Résumé :
Janvier 1861, quelque part au Kansas. Un cavalier, malgré le froid et la neige, s’approche d’une batisse où il sait qu’il pourra avoir à manger et se réchauffer.

Trois hommes l’ont vu arriver, ils prennent position pour mieux le surprendre.

Mais il les abat sans sourciller, il réussit néanmoins à soutirer au dernier, avant son dernier souffle, la direction qu’a prise le Précheur qui s’est rendu à Holton.

Critique :
UN NOUVEAU DURANGO !! me suis-je écriée en voyant la couverture sur une tête de gondole d’une grande enseigne.

Il devrait se couper les cheveux, il serait plus beau, mon Durango, me suis-je dis en plus, in petto.

Puis bardaf, l’embardée en lisant le titre : putain, c’est pas un Durango ! Pourtant, il lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Mince alors, un Canada Dry : ça a la couleur et le style de Durango, mais ce n’en est pas un. Et comme j’ai un gros faible pour les histoires et les dessins de Swolfs, ni une, ni deux, je le fourre sous mon bras. Le grand blond de Lonesome, pas l’auteur !

Verdict ? On sent que c’est du Swolfs, c’est son trait, ce sont ses paysages sous la neige (somptueux, rien à redire), ce sont ses têtes à lui et on reconnaît certains traits caractéristiques du dessinateur car des personnages ont des traits de familles avec ceux des autres séries.

Niveau scénario, on pourrait croire au départ que l’on ne s’écarte pas de l’habituel : un cavalier seul, taciturne, poursuit des salopards de tueurs sanguinaires dans la poudreuse, il sait se servir de ses armes, fait des cartons à faire pâlir de jalousie Lucky Luke (sauf que Luke ne tue pas les gens) et on apprend ensuite que les salopards de tueurs sont à la solde d’un riche homme de la ville voisine.

Oui mais, y’a pas que ça ! Ici, on atteint une profondeur dans la recherche scénaristique en ce sens que l’on va plus loin que les mercenaires à la solde du maire ou gros éleveur richissime du coin.

Plus haut, je dirais même, puisque les ramifications sont autrement plus malsaines et ne se limitent pas à la ville ou à la région.

Nous sommes à quelques années de la Guerre de Sécession, au moment où le Kansas et le Missouri sont mis à feu et à sang par des bandes de fanatiques qui sont soit pour l’abolitionnisme, soit pour l’esclavagisme (les Jayhawkers et les Border Ruffians) mais tous les deux pour le pillage et le boxon.

— Pour Marcus, le prêcheur est un dangereux illuminé appartenant à une ligue qui n’a rien de religieux, dont le but est d’attiser par tous les moyens la haine entre les populations du Kansas et du Missouri afin de provoquer des incidents assez sérieux pour déclencher une guerre ouverte sur la frontière.

Si vis pacem, para bellum… Si tu veux la paix, prépare la guerre, mais dans notre cas, on devrait plutôt dire « Si tu veux la guerre, prépare le bordel et les exactions et fait en sorte que l’on accuse le voisin ».

Parce que si la guerre ne nous rapporte rien, à nous, petites gens, elle rempli les poches des marchands d’armes, des banquiers et autres hyènes qui se repaissent sur les cadavres.

— Mon père nous racontait souvent sa guerre contre les mexicains, au Texas… Il en était revenu avec une jambe en moins et un goût immodéré pour la gnôle, monsieur Harper. Depuis, je me suis juré de ne jamais porter un uniforme ou de me retrouver sur un champ de bataille, à descendre des types que je ne connais pas, ou pire, à me faire couper en deux par un boulet envoyé par d’autres avec qui je n’aurais jamais aucun compte à régler… Tout ça au nom des intérêts d’une poignée de pontes trop bien nourris qui décident d’envoyer à la boucherie des gamins pas encore sortis des jupes de leur mère.

Alors si je me désole de ne plus avoir de nouveau Durango, si je me désole que Légende soit au point mort après un départ tonitruant, je me réjouis de cette nouvelle série western, qui, malgré le fait qu’elle mette de nouveau en avant un grand blond aux yeux bleus et aux pétoires qui visent juste, a tout d’un récit profond et qui explore une autre face sombre des États-Unis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk : Jean-Luc Istin & Diogo Saito

Titre : Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Diogo Saito

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. A l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer.

Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

Critique :
Le sexy XIII serait-il revenu sous les traits imposants d’un Orc ? Parce qu’un mec qui se réveille sans savoir qui il est, ni ce qu’il fait là, ça ressemble vachement à la saga XIII, non ?

En plus, tout comme le plus célèbre amnésique de la bédé, Turuk est plutôt beau gosse pour un Orc !

Tiens, à lui aussi on veut lui faire la peau. Décidément, c’est vraiment XIII en version fantasy.

Nouvelle série pour cette saga qui, après les Elfes et les Nains, s’attaque maintenant aux Orcs et aux Gobelins, tout en faisant tenir leurs histoires dans un Grand Ensemble scénaristique, puisque certains Nains vont chez les Elfes et certains Gobelins des Elfes auront leur Histoire dans cette nouvelle série.

Vous suivez toujours ? Non ? Retenez juste que tout le monde se mélange avec tout le monde et que tout cela reste foutrement cohérent ! Mais pas sexuel…

Une autre référence à l’univers des Elfes, ce sont les zombies, les goules, les morts-vivants qui veulent toujours vous faire des gros poutous puants. Ben oui, ils ont envahi le monde des Elfes, des Nains et des Orcs, puisque c’est le même monde. Élémentaire.

L’amnésie de notre géant vert sera de courte durée et principalement utilisée pour nous présenter la vie et le passé du beau Turuk, comment il est arrivé là, dans ce trou paumé et pendant que le scénariste nous présente son passé, Turuk se rend compte qu’il n’est pas seul dans ce village peuplé de zombies et qu’il n’est pas LE seul non plus à ne pas être infesté.

Va falloir se serrer les coudes pour s’évader.

Turuk, c’est l’Orc dont on aimerait avoir pour ami, un type qui ne vous lâche pas, sauf si sa vie est en danger, alors là, vous irez vous faire pendre ailleurs car Turuk partira sans vous. Turuk, c’est l’immonde salaud qu’on arrive pas à détester vraiment car en nous racontant sa vie et sa survie, il nous rend complice de ses exactions.

Dans ce premier tome, c’est de l’action pure et dure, mêlée à des mystères, une quête, une enquête et une fuite endiablée de nos amis pour tenter d’échapper aux bisous horribles de ces créatures en putréfaction qui sèment des morceaux d’eux un peu partout.

On pourrait croire le scénario éculé (rajoutez pas un « n » mal placé), mais non, car le scénariste arrive à insuffler du mystère et une tension énorme durant le périple des Orcs et de l’Elfe afin d’atteindre une zone où ils ne seront plus mis en danger.

— Cours, Forest, cours !

Sans oublier que, selon le célèbre Docteur House, tout le monde ment !

Le scénario est déjà bien travaillé, mais en plus, les dessins sont à tomber par terre tant ils sont superbes !

Alors, que demander de plus ? La suite, bien entendu ! Se sera avec Myth le voleur, puis avec Gri’im le vieux guerrier Orc en quête de vengeance, Sa’ar le gobelin, Dirty Dozen d’Ayraak, sans oublier l’orkelin La Poisse croisé dans le tome 18 de la série « Elfes ».

Sans être un chef-d’œuvre au niveau scénario, cet album tient toutes ses promesses et je me réjouis à l’idée de découvrir les aventures des Orcs et Gobelins !

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle

Titre : Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle

Auteur : Simon Goodenough
Édition : Ramsay (1983)

Résumé :
Il s’agit d’un dossier composé de 4 objets et de 61 documents (notes de Watson, photos, cartes, télégrammes, etc) qui retrace l’aventure complète : Une étude en rouge (A Study in Scarlet).

Voir sommaire pour la liste complète des éléments.

Critique :
Imaginez que vous teniez entre vos mains le dossier avec toutes les notes dactylographié du docteur Watson, avec les différents télégrammes envoyés, les photos de l’enquête (indices, cadavre,…), la fameuse bague retrouvée…

Le pied, non ?

Évidemment, ce genre d’ouvrage ne s’adresse qu’aux zinzins dans mon genre qui collectionnent TOUS les trucs sur Sherlock Holmes !

Faites pas semblant, je sais qu’il y a des aussi zinzins que moi qui me lisent.

Anybref…

Se situant entre le manuscrit originel de Watson et l’objet de collection, cet ouvrage se lit comme le roman éponyme, puisque Watson, à l’aide de sa machine à écrire, nous raconte son retour de la guerre, sa rencontre avec Stamford, celle avec Holmes, leur enquête, ainsi que des tas de feuillets relatifs à un véritable dossier tel que le docteur l’aurait monté avant de le transmettre à son agent littéraire, Conan Doyle.

La liste est exhaustive, je vous transmet d’ailleurs, en bas de mon article, tout ce qui se trouve dans ce dossier et que je ne me lasse pas de découvrir encore et encore !

Il y a de quoi passer du temps dans la découverte de ce dossier et de se donner l’impression qu’on l’a dérobé en douce dans un des tiroirs du Dr Watson !

Une douce sensation d’euphorie s’insinue en vous et dans mon cas, je ne me sens plus…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

4 éléments dans des petits sachets collés au rabat de la couverture intérieure :
– Une alliance dorée
– Une étiquette de tissu (J. Underwood & Sons – Hatmakers)
– Une carte de visite de Sherlock Holmes
– Un petit comprimé blanc
61 documents papier :
– Feuillet de séparation / introduction (Documents et réminiscences… John H. Watson)
– Lettre de Simon Goodenough aux Editions Ramsay (5 janvier 1893)
– Lettre de John Watson à Conan Doyle (10 janvier 1886)
– États de service de John H. Watson
– Article du Times (29 juillet 1880)
– Carte « The Helmund to Kandahar »
– Article sur les maladies courantes de l’Inde
– Notes du samedi 1er mai au 19 décembre 1880 (8 pages)
– Lettre du gérant du Strand Hotel au Dr. Watson
– Notes de John Watson du lundi 10 janvier 1881 (8 pages)
– Notes de John Watson « Lorsque nous arrivâmes… » (8 pages)
– Notes du mardi 11 au vendredi 14 janvier 1881
– Carte de Londres pliée en deux
– Lettre de John Watson à Stamford (30 janvier 1881)
– Notes de John Watson du samedi 5 février 1881 (8 pages)
– Notes de John Watson du dimanche 6 février (Sherlock Holmes – ses limites)
– Notes de John Watson du mardi 8 février au vendredi 4 mars 1881 (4 pages)
– Extrait de « Le livre de la vie » (pages 87-88)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars 1881 (8 pages)
– Lettre de Tobias Gregson à Sherlock Holmes (4 mars 1881) [dans une enveloppe bleue à l’adresse de SH]
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Le billet de Gregson… »
– 2 photos d’empreintes de pas sur 4 pages
– 1 Photo du corps d’Enoch Drebber
– Lettre de la Guion Line à E.J. Drebber (28 février 1881)
– Compte rendu de police par l’agent Rance du 4 mars 1881 (8 pages)
– 1 photo de l’inscription « RACHE »
– Télégramme de Gregson à la police de Cleveland, Ohio (4 mars)
– Extrait de la monographie sur les empreintes de pas, par Sherlock Holmes : Impressions pedestres, 1879 (4 pages)
– Extrait de la monographie sur les cendres de tabac, par Sherlock Holmes : Cendres aux cendres, 1880 (4 pages)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Nous quittâmes Lauriston… »
– Notes de John Watson (suite) (8 pages) « vers la rue… »
– Circonstances des faits n°250 (page pliée, plus longue que les autres pages)
– Extrait du Manuel d’instruction de la Police Métropolitaine, 1871 (4pages)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Nos efforts du matin… »
– Petite annonce de l’Evening Standard « Trouvé … une alliance en or… » (4 mars 1881)
– Article de l’Evening Standard « Mystérieux assassinat à Brixton » (4 mars 1881)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « L’effet de surprise… »
– Article du Daily Telegraph « Le Mystère de Brixton, un grave danger pour la société » (5 mars 1881)
– Article du Standard « Mystère de Brixton, la loi bafouée » (5 mars 1881)
– Article du Daily News « Le Mystère de Brixton, réglement de comptes politique » (5 mars 1881)
– Notes de John Watson du samedi 5 mars 1881 (8 pages) [dont interrogatoire de Mme Charpentier]
– Reçu de John Underwood & Sons, Hatmakers pour Mr Enoch Drebber
– 1 photo des bagages de Drebber et Strangerson
– Rapport de la Police Métropolitaine des 4 mars (Gregson) et 5 mars (Lestrade) 1881 (8 pages)
– Rapport de la Police Métropolitaine du 5 mars 1881 suite (1 page)
– Télégramme de Lestrade à la police de Liverpool
– 1 photo du cadavre de Strangerson
– Télégramme de Cleveland à Drebber
– Notes de John Watson du samedi 5 mars (suite) (8 pages) « Quand Lestrade eut fini… »
– 1 photo de Jefferson Hope
– 1 page de couleur blanche annocant la retranscription du journal de Jefferson Hope
– Journal de jefferson Hope (8 pages)
– 1 photo de John Ferrier
– 1 notice de la mort de John Ferrier le 4 août 1860
– Notes de John Watson du samedi 5 mars (suite) (1 page) « Quand nous fûmes remis de la lutte… »
– Transcription de la déclaration de Hope (8 pages)
– Notes de John Watson du samedi 5 mars au mardi 8 mars 1881 (4 pages)
– Notes de John Watson du lundi 7 mars 1881 (8 pages) « Discuté de l’affaire avec Holmes… »
– Télégramme de Sherlock Holmes à la police de Cleveland, Ohio (4 mars 1881)
– Télégramme de la police de Cleveland à Sherlock Holmes (4 mars 1881)
– Article de l’Echo « Mystère du double assassinat, Vengeance romantique » (7 mars 1881)

 

Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Nains – Tome 7 – Derdhr du Talion : Nicolas Jarry & Stéphane Créty

Titre : Nains – Tome 7 – Derdhr du Talion

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Stéphane Créty

Édition : Soleil (19/04/2017)

Résumé :
Quinze années se sont écoulées depuis l’incendie qui a ravagé Fort Druz. L’ordre du Talion n’a pas été détruit. Le pouvoir a seulement changé de mains, passant de celles des archivistes à celles des seigneurs de la banque de Pierre.

Pourchassé par les maîtres assassins de la loge Noire, Ordo a renoncé à sa vengeance… Jusqu’au jour où la belle et mystérieuse Derdhr, l’un des plus puissants seigneurs de la banque de Pierre, vient le trouver pour lui proposer de terminer ce qu’il a commencé…

Critique :
Game of thrones chez Goldman Sachs…

Imaginez un monde régit par une seule banque, une banque qui aurait la puissance de toutes les grandes banques de notre monde à nous.

Vous êtes une femme ambitieuse, vous faites déjà partie d’un ordre puissant, mais vous voudriez encore plus : siéger sur un des sièges de la Banque de Pierre.

Calife à la place du calife !

Game of Thrones a sa Banque de Fer, les Nains ont la Banque de Pierre et elle est associée au très puissant Ordre du Talion.

Depuis l’incendie de la forteresse de Fort Draz par Ordo a bouleversé l’ordre des choses et les espions ne sont plus au pouvoir, c’est au tour des banquiers d’avoir leur moment de pouvoir et en plus, ils ont l’argent. Bref, ces banquiers dirigent le monde des Hums (humains) et des Nains. *rires sardoniques des banquiers*

Cet album se déroule 15 ans après le final de Ordo du Talion et nous le retrouvons un peu vieilli, sur la construction d’un barrage, lorsqu’il se fait engager par Derdhr, une jolie bavette (naine) qui n’est rien de moins que la 2ème fortune du monde !

Si chez les Nains qui peuvent vivre 200 ans, 15 ans, c’est une paille, quand on doit sans cesse se cacher des assassins de la Loge Noire et vivre sous de fausses identités, on prend un coup de vieux. C’est le cas de mon cher Ordo.

Mon maître assassin préféré a toujours une dent contre son père, qui lui, n’est ni plus ni moins la première fortune du monde Nain !

Alors, quand la numéro deux veut la place du number one, vous comprenez que ça va intriguer à tous les étages et que tous les coups bas sont permis, sans que l’on sache de prime abord qui manipule qui, qui joue avec les couilles de qui, qui va trahir qui et qui va gagner ce combat rempli de manigances et de manipulations en tout genre…

Qui a dit « Ce sont les banquiers qui gagnent toujours » ? En effet, Don Salustre disait que les pauvres, c’étaient fait pour être très pauvre et les riches, c’étaient fait pour être très riches.

Ce tome fait une fois de plus la part belle à des somptueux dessins dans des tons sombres, foisonnants de détails, de petites choses à admirer une fois le phylactère lu.

Niveau scénario, c’est une leçon d’Histoire du monde que le scénariste nous livre là, transposant les affaires des Hommes dans le monde des Nains. Ici, les banquiers sont courts sur patte et plus teigneux que les nôtres, mais ils veulent toujours la même chose : le pouvoir et l’argent.

Et comme le disait si bien Littlefingers (Petyr Baelish) : Knowledge is power (le savoir, c’est le pouvoir). Ce qui fera dire à Cercei que « Power is power » (le pouvoir c’est le pouvoir), autrement dit, moi j’ai un flingue chargé, et toi, tu creuses ! 

Un album aux couleurs bleues sombres, un album où l’on ne doit faire confiance à personne, et où celui qui tranche une tête, pourrait très bien avoir la sienne qui tombe aussi dans les secondes qui suivent, parce que « Quand on joue aux jeux des trônes, soit on gagne, soit on perd », mais ici, on peut gagner et perdre de suite.

Ce fut un réel plaisir de retrouver Ordo après ses dernières aventures et je me demande bien ce que la suite va nous offrir avec Derdhr la manipulatrice.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Une assemblée de chacals : S. Craig Zahler

Titre : Une assemblée de chacals

Auteur : S. Craig Zahler
Édition : Gallmeister (06/10/2017)

Résumé :
Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du « Gang du grand boxeur » mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif.

Mais un fantôme ressurgi du passé annonce qu’il compte s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes.

La mort dans l’âme, les quatre anciens amis n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer…

Entre La Horde sauvage et les films de Tarantino, un western noir terriblement efficace.

Critique :
Une assemblée de chacals a tout d’un épisode bien connu des fans de GOT : les noces pourpres… En version western, bien entendu.

J’avais lu que certains trouvaient ce western noir fort violent, et, dans mon imagination, je m’attendais à un déchaînement de fureur dès les premières pages.

Mais non, ce n’est pas si violent que ça !

Certes, le final est assez sanglant, avec un happy end disparu sans demander son reste, mais au vu des chacals et des hyènes qui s’invitèrent à la noce, on ne pouvait pas terminer sur une note style « l’île aux enfants » ! Restons sérieux…

La violence ne commence qu’à se faire sentir sur le final, dans les 100 dernières pages, mais malgré l’agressivité de certaines scènes, il ne pouvait en être autrement avec un tel personnage à la tête d’une horde sauvage. Pour les miracles, veuillez vous adresser à Lourdes et prévoir 48h de délai.

Bon, lorsque Oswell écrit une lettre expliquant tout son passé à son épouse, on aura droit à quelques scènes de violences, nous parlons de braquages, aussi. Mais Jim, Oswell, Godfrey et Dicky, nos bandits, sont des anges face à un sadique tel que Quilan.

Moi, j’ai littéralement pris mon pied dans ce western plus sombre que les caleçons des mercenaires, surtout en sentant la tension monter d’un cran et les révolvers sortir de leur gaines. Le point culminant étant le mariage de Béatrice avec Jim, un ancien du gang.

Il y a un peu de « Unforgiven » dans ce roman car nos anciens bandits se sont calmés et ont pris un tournant radical dans leur vie, passant de braqueurs de banques meurtriers à paisibles fermiers, menuisiers, ou dragueur de bonnes femmes riches.

Oui, c’est un western noir, sombre, violent sur le final, prenant et bourré de tensions. Du Sergio Leone qui se serait accouplé avec Quentin Tarantino. C’est vif, c’est précis, tu sens que ça va mal se terminer, tu sens que la poudre va parler, que le sang va couler et mine de rien, tu agrippes un peu plus ton roman.

Les dialogues sont courts, brefs, percutants, sans grands discours, ils vont droit au but et certaines répliques m’ont fait sourire.

Pas de temps mort, même lorsque l’auteur nous présente nos quatre anciens bandits, James « Jim » Lingham, Richard « Dicky » Sterling, Oswell et Godfrey Danford, qui se complaisent dans des petites vies bien rangées.

L’écriture simple, mais non simpliste, va droit au but et pourrait très bien aller pour un scénario de film tant elle est visuelle. Manque plus que la musique d’Ennio pour te croire sur un grand écran ou carrément dans un bled du Montana.

Tout en restant sur la ligne rouge, tout en jouant au funambule entre le sérieux et le grotesque, l’auteur ne tombera jamais du mauvais côté car il maîtrise son récit, et, bien que mené à un bon rythme, il est assez intelligent que pour ménager sa monture et éviter qu’elle ne s’essouffle au bout de quelques chapitres.

C’est cru sur la fin, c’est violent, c’est l’époque, c’est l’Homme. Mais la violence n’est jamais gratuite dans le récit, elle est toujours « justifiée » car nous sommes faces à des chacals (on dit « chacaux » ?) de la pire espèce.

Et pour nous défendre, nous sauver, nous avons quatre anciens bandits…

Génial !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.