The Return Of The English Month – June 2018 (Saison 7) : I’m still there

Liste de livres, films, séries qui pourraient se retrouver en lecture pour le Mois Anglais en juin 2018 (et se retrouver après dans le challenge « A Year In England », dès juillet 2017.

J’ai repris quelques titres de l’année dernière, parce qu’il va bien falloir qu’un jour je me décide à les lire (à la longue, ça marche), ainsi que des p’tits nouveaux.

Impossible de lire tout cela, bien entendu, mais je vais piocher et en profiter pour sortir des apocryphes holmésiens, ou en relire.

Attention, durant le Mois Anglais, je joue gros, je joue ma réputation de Cannibal Lecteur et je me dois d’être à la hauteur de ma renommée de grande tarée qui fournit un ou deux liens par jour et ce, durant tout le mois, donnant des scores de malade ou des burn-out aux organisatrices.

Pour rappel :

  • 2013 : 36 billets !! (Titine comprenait son erreur de m’avoir inscrite de force)
  • 2014 : 62 billets !! (Burn-Out pour Titine et moi aussi)
  • 2015 : 41 billets !! (Des vacances pour Titine, quasi)
  • 2016 : 51 billets !! (J’ai fait honneur à ma réputation)
  • 2017 : 47 billets !! (Ok, j’ai failli un peu… shame on me)

Tant que j’y suis, je vais aussi essayer de m’attaquer à des séries qui croupissent dans mes D.D depuis la nuit des temps et que je n’ai pas encore eu le temps de visionner…

  1. Maudit mercredi – Jour où les jeunes filles rencontrent la mort : Nicci French [ROMAN]
  2. Moriarty – Le chien des d’Urberville : Newman [ROMAN]
  3. L’Héritier de Moriarty : Annelie Wendeberg [ROMAN]
  4. La faucheuse – Tome 2 – Thunderhead : Neal Shusterman [ROMAN]
  5. Sherlock & Moria – Tome 2 – L’initiation : Ridley Pearson [ROMAN]
  6. Le détective voléRené Réouven [ROMAN]
  7. Les passes-temps de Sherlock Holmes : Réouven [ROMAN]
  8. Conan Doyle contre Sherlock Holmes : Emmanuel Le Bret [ROMAN]
  9. Dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : James Lovegrove [ROMAN]
  10. Golem, Le tueur de LondresPeter Ackroyd [ROMAN]
  11. Une autre histoire : Sarah J. Naughton [ROMAN]
  12. L’Esprit des morts : Andrew Taylor [ROMAN]
  13. Christmas Pudding : Nancy Mitford [ROMAN]
  14. Cheval de guerre : Michael Morpurgo [ROMAN]
  15. La chambre blanche : Waites [ROMAN]
  16. Ma cousine Rachel : Daphné Du Maurier [ROMAN – LC]
  17. Le bizarre incident du chien : Mark Haddon [ROMAN – LC]
  18. Mycroft Holmes : Kareem Abdul-Jabbar [ROMAN]
  19. La Rose pourpre et le Lys – Tome 1 : Michel Faber [ROMAN]
  20. L’Amant de Lady Chatterley : D.H. Lawrence [ROMAN]
  21. Agatha Raisin – T3 – Pas de pot pour la jardinière : M.C Beaton [ROMAN]
  22. Agatha Raisin – T4 – Randonnée mortelle : M.C Beaton [ROMAN]
  23. L’affaire Mina Morten : Bob Garcia [ROMAN]
  24. La disparue d’Angel Court – Charlotte et Thomas Pitt 30 : Anne Perry [ROMAN]
  25. Malédiction maison Foskett – Middleton et Grice 2 : Kasasian [ROMAN]
  26. Brouillard tombe sur Deptford – Lizzie Martin 6Ann Granger [ROMAN]
  27. Meurtres en majuscules – H. Poirot : Sophie Hannah [ROMAN]
  28. La marque du corbeau : Ed McDonald [ROMAN]
  29. Lady Helen – T01 – Le Club des Mauvais Jours : Goodman [ROMAN]
  30. Watson et Holmes : June Thomson [ROMAN]
  31. Carnets secrets de Sherlock Holmes : June Thomson [ROMAN]
  32. Dossiers secrets de Sherlock Holmes : June Thomson [ROMAN]
  33. Les mortes-eaux : Hurley [ROMAN]
  34. Bas-Fonds Londres – Crime et prostitution sous règne Victoria : Chesney [ROMAN]
  35. Les Triomphes de Sherlock Holmes : Gérard Dôle [ROMAN]
  36. Sherlock Holmes – Le secret de l’ile aux chiens : Yves Varende [ROMAN]
  37. Shelock Holmes – Le Requin De La Tamise : Yves Varende [ROMAN – Relecture]
  38. Sherlock Holmes – L’otage de fraulein Doktor : Yves Varende [ROMAN]
  39. Sherlock Holmes – Le tueur dans le fog : Yves Varende [ROMAN]
  40. Sherlock Holmes et les meurtres du titanic : Yves Varende [ROMAN]
  41. Sherlock Holmes revient : Yves Varende [ROMAN]
  42. Sherlock Holmes revient : André-Paul Duchâteau [ROMAN]
  43. Enquêtes Alfred et Agatha 2 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Anna Campoy [ROMAN]
  44. Les diables de Cardona : Matthew Carr [ROMAN]
  45. La frontière du loup : Sarah Hale [ROMAN]
  46. Les derniers jours de Newgate : Andrew Pepper [ROMAN]
  47. Les détectives du Yorkshire – T1 : Rendez-vous avec le crime : Julia Chapman [ROMAN]
  48. Trilogie de Corfou – T1 – Ma famille et autres animaux : Gerald Durrell [ROMAN]
  49. Steampunk Chronicles – T1 – L’étrange pouvoir de Finley Jayne : Kady Cross [ROMAN]
  50. L’Affaire Jack l’Éventreur : Coudurier  Christian [ROMAN]
  51. Black Butler – Tome 25 : Yana Toboso [MANGA]
  52. Vinland Saga – Tome 3 : Makoto Yukimura [MANGA]
  53. Vinland Saga – Tome 4 : Makoto Yukimura [MANGA]
  54. Vinland Saga – Tome 5 : Makoto Yukimura [MANGA]
  55. Sherlock Holmes – L’héritage [REPORTAGE]
  56. Sherlock Holmes contre Conan Doyle [REPORTAGE]
  57. Sur la piste de Jack L’Éventreur [REPORTAGE]
  58. Jack L’Éventreur – L’invention du serial-killer [REPORTAGE]
  59. Quel jour sommes-nous Watson ? : Jean-Pierre Crauser [ÉTUDE]
  60. Alimentaire mon cher Watson : Anne Martinetti [CUISINE]
  61. The Durrells – Saison 1 – La série qui ensoleille ta journée [SÉRIES]
  62. Broadchurch – Saison 3 – La série qui te scotche à l’écran [SÉRIES]
  63. Grantchester – Saison 2 – La série qui me donne envie de me mettre à genoux devant le beau pasteur [SÉRIES]
  64. Grantchester – Saison 3 – La série qui me donne envie de voir le petit Jésus du beau pasteur [SÉRIES]
  65. Gladiator – Le film qui est descendu dans l’arène (2000) [FILMS]
  66. Le Patient anglais – Le film à regarder avec de la Biafine ? (1996) [FILMS]
  67. Orgueil et Préjugés – Le film avec le beau Darcy ! (2005) [FILMS]
  68. Monty Python : Sacré Graal ! – Le film à côté duquel Ben-Hur ressemble à un documentaire (1975) [FILMS]
  69. La Mort aux trousses – Le film qui… Cours Forest, cours !! (1959) [FILMS]
  70. Sueurs froides – Le film à regarder un jour de canicule ? (1958) [FILMS]
  71. Le Docteur Jivago – Le film qui te dit « J’y va , go » ! (1965) [FILMS]
  72. 4 mariages et un enterrement – Le film qui te fait rire et… pleurer (1994) [FILMS]
  73. Le journal de Bridget Jones – Le film qui te donnera envie de porter des culottes couvrantes (2001) [FILMS]
  74. Love Actualy – Le film qui te dit que l’amour est partout (2003) [FILMS]

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L’homme du lac : Arnaldur Indriðason [Erlendur Sveinsson 4]

Titre : L’homme du lac

Auteur : Arnaldur Indriðason
Édition:  Métailié (2008) / Points (2009)
Édition Originale : Kleifarvatn (2004)
Traducteur : Éric Boury

Résumé :

En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractère cyrillique à demi effacées.

Le commissaire Erlendur et son équipe s’intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l’enquête vers les ambassades des pays de l’ex bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l’Est, pendant la guerre froide.

Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l’absurdité d’un système qui, pour faire le bonheur du peuple,jugeait nécessaire de le surveiller constamment.

Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, s’obstinera à remonter la piste de l’homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.

Petit plus : Indradison nous raconte une magnifique histoire d’amour victime de la cruauté de l’Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos.

L’écriture, tout en retenue, rend la tragédie d’autant plus poignante.

Critique :
Oyez, oyez, braves damoiseaux et demoiselles ! Et souffrez que je vous présente mes confuses…

J’ai omis de vous conter la critique de ce roman que j’ai lu durant mes vacances de juin 2012.

Ce que j’en ai pensé ?

Entre nous, si vous êtes un adepte de la chasse à courre où l’on poursuit le gibier sans relâche, où les chiens, la gueule béante, se ruent sur la proie, la taillant en pièce, et que les chevaux, luisant d’écume, vous offrent une cavalcade endiablée, passez votre chemin.

Ce genre de sensations fortes se retrouvent chez les autres auteurs, par chez Indriðason !

Dans les romans mettant en scène le commissaire Erlendur, on traque à son aise, on suit des pistes incertaines, juste armé d’un quart de poil dont on est même pas sûr qu’il appartient à notre gibier.

Pas de courses-poursuites, pas d’enquêtes qui vont vite, pas d’indices qui se ramassent à la pelle et pas des coupables enfermé dans un lieu clos.

Non, passez votre chemin si c’est après cela que vous courez, la truffe au vent.

Malgré tout, moi qui aime l’exaltation de la traque, j’ai apprécié changer de rythme dans ce polar islandais.

J’aime bien Erlendur et sa carapace qui se lézarde, ses enfants paumés, ses petites prises de becs avec eux, son côté « hors normes ».

Oui, Erlendur va à son aise, il traque sans se presser, poussé par une idée qui lui trotte dans la tête.

Ce que j’ai apprécié aussi, c’est la partie « historique » qui se rapporte à un personnage dont on ne sait pas, au départ, son rapport avec le cadavre du lac.

Puis, tout doucement, on entrevoit une possibilité, une fin tragique et on se surprend à croiser les doigts que « non, pas ça ! »

Une fois de plus, j’avais envie de prendre le coupable dans mes bras, de lui dire que…

Mais qu’auraient-pu apporter mes paroles à une peine aussi grande ?

Sans sombrer dans le pathos, l’auteur m’a mis les larmes aux yeux.

Oui, une aussi grosse brique qui possède un rythme lent m’a émue, entraînée, passionnée et je ne l’ai lâché qu’avec regrets.

Comme quoi, même les fans de chasse à courre peuvent, de temps à autre, lever le pied et traquer à son aise pour finir par se dire qu’on fait parfois plus de dégâts à trouver le coupable qu’à le laisser courir.

Les hommes n’appartiennent pas au ciel : Nuno Camarneiro

Titre : Les hommes n’appartiennent pas au ciel

Auteur : Nuno Camarneiro
Édition : JC Lattès – Littérature étrangère (2014)
Édition Originale : No meu peito não cabem pássaros (2011)
Traducteur : Brigitte Jensen

Résumé :
En 1910, le passage de deux comètes au-dessus de la terre propagea une onde de panique. Partout dans le monde des hommes devinrent fous, se suicidèrent ou simplement observèrent, silencieux et vaincus, ce qu’ils croyaient être la fin du monde.

Les personnages de ce roman vécurent à l’époque où le ciel prit feu, trois hommes trop sensibles et intelligents pour vivre une vie normale et portant en eux un monde imaginaire foisonnant.

En dépit des milliers de kilomètres qui séparent Karl, ce jeune immigré qui nettoie les vitres des gratte-ciels de New York, Jorge, cet enfant argentin qui s’invente des mondes et Fernando, ce jeune homme qui déambule dans Lisbonne sans savoir comment vivre, leurs vies sont liées par leur sensibilité, le regard qu’ils portent sur les hommes qui les entourent, les lieux où ils ont grandi et sont devenus des adultes.

Alors que leurs contemporains se laissèrent emporter par la peur, par une vision tragique des comètes, Karl, Jorge et Fernando furent touchés par le génie.

Cent ans plus tard tous trois demeurent dans nos mémoires.

Un premier roman époustouflant de la nouvelle voix de la littérature portugaise, qui rend hommage à sa manière à trois figures littéraires majeures du XXe siècle : Borges, Pessoa et Kafka.

Critique :
À quoi ça tient, parfois, une lecture… Si je n’avais pas été lire l’interview d’un collègue Babéliote (Le_Bison), jamais je n’aurais entendu parler de ce roman dont il publia un jour la chronique après l’avoir acheté par hasard.

Éveillant la curiosité d’autres membres, ceux-ci l’ont lu à leur tour et apprécié. Puisque je suis curieuse en littérature et que je ne m’étais pas encore faite un Portugais, je me suis dit « soyons folle ! ».

Il m’avait bien prévenue dans le fait que je trouverais pas de cadavre sanglant, mais que c’était bourré de poésie et que je devais le lire avec une bonne bière à mes côtés.

Une pénurie de bière m’a obligé de me tourner vers un café glacé… Cela n’a pas entravé mon plaisir de lecture.

N’ouvrez pas ce livre si vous cherchez un truc trépidant, mais si vous êtes à la recherche d’une écriture que l’on lit doucement pour mieux en profiter, à la recherche de phrases qu’il faut relire deux fois pour bien en saisir le quintessence, ce roman est fait pour vous.

Je suis passée de New-York au sommet des grattes-ciels à la moiteur de l’Argentine et puis, je suis passée à Lisbonne.

Karl, Fernando et Jorge. Trois portraits de personnes simples, mais pas simplistes, trois destins différents, trois vies aux antipodes l’une de l’autre, sauf en ce qui concerne leur sensibilité.

Et puis, au fil du récit, on sent bien que le Karl est Kafka, que Fernando est Pessoa et que Jorge est Borges, même si ce dernier était enfant au début du récit, tout comme Fernando.

C’est un roman que l’on ne dévore pas car il faut en savourer tous les mots, toutes les phrases, faut les relire deux fois, les répéter à haute voix et puis, on s’extasie sur le phrasé de l’auteur.

Une belle découverte ! J’ai eu raison d’écouter Le_Bison qui me conseillait de me faire un portugais !

Un roman spécial mais bourré de poésie.

Un roman qui, sitôt entré dans ma PAL a été lu de suite… Dernier entré, premier lu… Si ma prof de compta apprenait ma gestion désastreuse de mon Stock À Lire, elle me tuerai sur place.

Le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

La vie est un tango : Lorenzo Lunar

Titre : La vie est un tango

Auteur : Lorenzo Lunar
Édition : Asphalte (06/06/2013)
Édition Originale : La vida es un tango (2005)
Traducteur : Morgane Le Roy

Résumé :
« Puchy a toujours dit que le quartier était un monstre. Je l’ai entendu dire tant de fois que j’ai fini par me l’imaginer moi-même ainsi : une pieuvre pourvue d’un million de tentacules. »

Léo Martin est depuis peu commissaire de quartier à Santa Clara, ville de province cubaine. Sa routine : faire face aux business illégaux, aux règlements de comptes et aux coups tordus des petites frappes du coin. Léo enquête sur une contrebande de lunettes de soleil quand un jeune homme se fait assassiner. Quels sont les liens entre ces deux affaires ? Les amis et collègues de Léo sont-ils tous irréprochables ?

Dans La vie est un tango, c’est tout un quartier qui prend vie, peuplé de rumeurs et de faux-semblants.

Critique :
Santa Clara, à Cuba, dans le quartier d’El Condado, nous faisons la connaissance de Léo Martin, le commissaire du quartier qui a grandi dans ce quartier et qui y est revenu après un séjour dans l’armée, à la capitale.

Il s’occupe souvent de petits faits de rien du tout, de querelles de voisinage. N’oublions pas que nous sommes à Cuba et qu’à Cuba, la drogue n’existe pas ! Non, ne dites rien, il en va de votre vie. Il n’y a pas de drogue à Cuba, ni à Santa Clara, point barre.

Pourtant, nous allons avoir un meurtre, un trafic de lunettes de soleil, un autre meurtre… Hé oh, pas moyen de boire son p’tit café du matin tranquille, ici !

Léo va commencer son enquête, mais puisqu’il est du côté des flics, les gens ont moins tendance à lui causer. La solution ? Écouter Radio Ragots et tendre l’oreille à toutes les rumeurs qui bruissent dans le quartier, dans la ville, et on en entend, des rumeurs !

Dans ce petit roman noir, le quartier tient une place importante et l’auteur en parle avec poésie, le comparant à un monstre tentaculaire qui fait bouger les têtes des gens, les éloigne, les ramène… Et j’aime comment l’auteur parle de ce quartier, car il est tout sauf ennuyeux comme d’autres romans lu juste avant…

Le Cuba que nous trouvons dans ces pages n’est pas celui du Routard et encore moins celui de l’agence de voyage du coin ! Les touristes qui visitent le pays ne vont sans doute jamais voir la misère de certains quartiers où règnent la pauvreté, le chômage et les coupures d’électricité !

L’auteur a une technique bien à lui lorsqu’un nouveau personnage apparaît dans son récit  : hop, il fait une petite digression et nous livre le C.V de cette personne, avec ses hauts faits de vie, tout en profitant aussi pour décrire la vie à Cuba.

J’avais déjà découvert sa technique dans un autre de ses romans. Ça surprend au début et puis, on entre dans ce nouveau récit facilement et c’est quand il faut en sortir que l’on fait « oh, déjà fini ».

Sans être un page-turner, ce roman noir se lit assez vite, hélas, et c’est avec regret que l’on quitte le quartier et ses habitants hauts-en-couleurs.

C’est un roman noir qui parle de la vie réelle, avec lyrisme, poésie, même si c’est de la poésie cynique bourré de sarcasmes à l’encontre du pouvoir régnant. C’est sordide, mais on en redemande.

La vie est un tango, je me suis dit en la regardant, plantée là devant moi. « La vie est un tango », disait le vieux Cundo chaque fois qu’il se saoulait la gueule. La vie est un tango, et il nous chantait « Las Cuarenta », « Cuesta Abajo », « Uno » et « Volver » … Il nous emmenait au bar La Concha pour mettre des pièces dans le juke-box et sélectionnait des tangos, toujours plus de tangos. La vie est un tango.

3,99 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

[FILMS] Coco : Studios Disney & Pixar (2017)

Coco est le 139ème long métrage d’animation produit par les studios Disney et le 19e film d’animation en images de synthèse des studios Pixar, réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina et sorti en 2017.

Synopsis :
 
Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel.

Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.

Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts.

Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords.

Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Ce que j’en ai pensé :
Non, je n’ai pas de honte a regarder des dessins animés ! En plus, si ils sont bons, pourquoi avoir z’honte ?

Premièrement, les dessins sont superbes, les couleurs aussi, elles sont chaudes, lumineuses et une fois au pays des morts, vos mirettes ne sauront plus où donner de la tête !

Évidemment, c’est un Disney Pixar, donc, tout est censé bien se terminer !

Entre nous, depuis le traumatisme lié à la mort de Mufasa dans « Le Roi Lion », je ne sais pas si les studios ont encore osé faire mourir un de leur gentil personnage…

Anybref, j’ai tout d’abord adoré la relation qu’à Miguel, jeune garçon de 12 ans, avec Coco, son arrière-grand-mère. Ils sont touchant et c’est assez émouvant de voir un jeune garçon s’occuper de son arrière-grand-mère de la sorte car elle est totalement déconnectée de la vie. Malgré tout, il continue de lui parler.

Miguel voudrait faire de la musique, mais la musique a été bannie par son arrière-arrière-grand-mère, Imelda Rivera, la mère de Coco, après que son mari musicien soit parti et jamais revenu, les laissant seules sans rien.

Notre jeune garçon rêve de devenir un musicien comme Ernesto de la Cruz, star de la chanson et du cinéma, de la même génération qu’Imelda (arrière-arrière-grand-mère).

Bien décidé à aller à la fête de le musique, le concours de talents qui a lieu le Jour des Morts, notre gamin se heurte à sa famille qui le lui interdit et sa grand-mère lui casse même la guitare qu’il s’était construite.

C’est en jouant un accord sur la célèbre guitare d’Ernesto de la Cruz, volé dans son mausolée, que Miguel se retrouve invisible pour les vivants et visibles pour les morts.

Le seul encore capable de le voir est Dante, son chien errant sans poils et qui, de par ses airs, a tout de Ed, une des hyènes du Roi Lion, surtout qu’à un moment donné, Dante se bouffe la patte arrière, comme Ed, mais je n’ai pas trouvé l’image de Dante dans cette position.

Le voyage de Miguel au pays des Morts ne sera pas une sinécure et, même si on n’éclate pas de rire souvent, le tout reste amusant et plaisant à regarder. Si le paradis est ainsi, je signe des deux mains !

Ce doit être assez éprouvant de retrouver toute sa famille décédée, une fois arrivé au Pays des Morts et je ne sais pas comment je réagirais, de mon côté. Ici, les concepteurs ont fait un chouette travail de design et croiser les Morts ne fait pas peur, même pour les plus petits d’entre nous.

Sa famille de l’au-delà ne veut pas non plus qu’il fasse de la musique et notre Miguel va devoir compter sur l’aide d’un pauvre squelette malchanceux, Héctor, qui a autrefois joué avec Ernesto et qui voudrait bien qu’on mette sa photo sur l’autel des morts afin qu’il puisse aller dans le monde des vivants le jour des morts.

Moi, j’ai adoré le personnage d’Héctor.

J’ai trouvé leur conception de l’au-delà plausible, correcte, avec une certaine logique, même si un truc m’a titillé à la fin, mais que je peux pas vous dire quoi sinon je ferais du divlugâchage !

On pourra pinailler sur le fait que c’est toujours la même trame : le jeune qui se retrouve tout seul tombe sur un type sympa qui veut bien l’aider (ou sur un suricate et un phacochère), tout baigne, puis un caillou vient gripper la belle mécanique, ça se dispute, ça ne veut plus se voir et puis, ça se réconcilie, un peu comme dans les Joséphine Ange Gardien et autre série du même acabit.

Mais je m’en fiche, ce dessin animé m’a fait passer un bel après-midi de détente et m’a aussi surprise, ce qui n’est pas négligeable.

À voir ou à revoir en famille, ou en couple, juste pour le plaisir de se faire plaisir.

3,9 Sherlock

Le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Tu te coucheras moins bête ce soir (grâce à moi et à ce site) : 

  1. Certains pavés des rues du monde des ancêtres sont en forme d’os : Gardez l’œil ouvert pour les repérer lors de votre prochain visionnage.
  2. Les roses d’Inde sont les seules plantes vivantes du monde des ancêtres : Le fait que ces plantes soient les seules plantes vivantes du monde des ancêtres induit une différence avec le monde des vivants. Lors de ses recherches préliminaires au Mexique, l’équipe du tournage a appris que les roses d’Inde jouent un rôle important lors du Día de Los Muertos, à savoir celui de ramener l’esprit d’un être aimé chez lui. Et pour ne rien gâcher, elles sont magnifiques.
  3. Dante est un xoloitzcuintle, le chien national du Mexique : Dans le film, Dante est le chien fidèle de Miguel. Les xolos n’ont presque pas de poils et il leur manque souvent des dents, ce qui fait que leur langue pend. Des xolos ont été amenés aux studios de Pixar pour que les animateurs puissent les étudier.
  4. Lorsqu’un personnage joue de la guitare dans le film, il joue les bonnes notes : Pour rendre le jeu de guitare plus réaliste, les animateurs se sont basés sur des vidéos de musiciens qui avaient attaché une caméra à leur guitare.
  5. Ernesto de la Cruz a été animé avec tant de précision que même sa pomme d’Adam se déplace quand il chante : Grâce à la magie des appareils de détection faciale, la gorge et les joues d’Ernesto vibrent également quand il chante.
  6. 500 habits ont été créés pour les divers personnages apparaissant dans le film :  Des habitants de Santa Cecilia aux invités squelettiques de la fête d’Ernesto de la Cruz du monde des ancêtres, les personnages de Coco sont nombreux. Pour que leur apparence soit aussi fidèle que possible, les animateurs ont assisté à des séances de danse folklorique mexicaine pour croquer le portrait des danseurs.
  7. Une fossette est visible sur le menton d’Ernesto de la Cruz, dans sa version vivante et morte : Sa fine moustache est à la mode de l’époque dans laquelle il vivait. Les animateurs de Pixar ont vraiment prêté attention à chaque détail.

L’Affaire Léon Sadorski : Romain Slocombe [LC avec Bianca]

Titre : L’Affaire Léon Sadorski

Auteur : Romain Slocombe
Édition : Robert Laffont (25/08/2016)

Résumé :
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné.

Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy.

De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les « terroristes ».

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police…

De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Critique :
Léon Sadorski est ce qu’on peut appeler un salaud, un pute de fils, le genre de personnage abject avec qui l’on a pas envie d’aller boire un verre, et encore moins de croiser sa route, surtout si dans la famille, on a des prénommés Sarah ou Lévy.

Ça risque de vous foutre la vie en l’air parce que nous sommes en 1942 et que je pense que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Malheureusement, Léon Sadorski n’est pas un cas isolé, il est même un type tout ce qui a de plus normal dans cette France occupée dont les priorités sont de bouffer, faire des risettes à l’ennemi ou du moins, ne pas s’attirer leurs foudres, faire un peu de fric sur le dos des gens qui ont des choses à se reprocher, comme des « origines en désaccord avec l’idéologie des nazis ».

Et pour Léon, on pourra ajouter qu’il est le roi de la moule puisqu’il aime faire le coup du grand cyclope à Madame et visiter d’autres cavernes aux merveilles parce que ce n’est pas parce qu’il est au régime qu’il ne peut pas manger aux autres pelouses. Par contre, si sa femme fait pareil, il l’assommerait à coup d’beignes ♫

Le ton du roman est froid, sans concession, limite au sclapel et rien ne nous est épargné dans ce Paris occupé par les Z’Allemands qui sont encore triomphants. Niveau perversité et mauvaise foi, c’est des champions du monde et l’auteur ne vas pas se priver de nous faire vivre ces jours sombres comme si nous y étions.

D’ailleurs, je ne me suis senti en empathie ou en sympathie avec aucun personnages, et pourtant, ça ne m’a pas empêché de dévorer le roman, tentant de comprendre comme l’Homme peut en arriver à des extrêmes pareilles, à des violences pareilles…

La propagande avait fait son job, elle l’avait bien fait, même. Elle refera le job plus tard, transformant tous ces collabos en parfait petits résistants. Mais ceci est une autre histoire.

Bon, le répétez à personne mais, si j’ai adoré ce roman, il m’a glacé les sangs et certains passages furent lu avec le cerveau déconnecté sinon j’aurais perdu toutes mes couleurs et toute chaleur dans mon corps.

Sans pour autant entrer dans le voyeurisme graveleux ou gratuit, l’auteur nous immergera dans le quotidien de ces braves gars des Renseignements généraux qui ont des méthodes bien à eux pour faire parler les gens et leur faire avouer des choses dont ils ne sont pas coupables.

Je vous le dis, c’est glacé comme la lame d’un scalpel et pour rien au monde je n’aurais voulu vivre à cette période, ni que ce genre d’horreur se reproduise avec moi pour personnage principal. Oui, je fuis !

Mais je ne fuirais pas les autres romans mettant en scène ce pute de fils d’enculé de salopard de sous-merde qu’est Léon Sadorski.

Une LC avec Bianca qui fut partagée : j’ai adoré ce roman, elle, par contre, ne l’a pas terminé tant elle a trouvé le personnage principal détestable. Pas de chronique pour Bianca (on dirait un titre de film ou de roman).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°43 – Les Plans du Bruce-Partington – lire un livre se passant en temps de guerre).

 

La Ballade des misérables : Aníbal Malvar

Titre : La Ballade des misérables

Auteur : Aníbal Malvar
Édition : Asphalte (2014)
Édition Originale : La balada de los miserables (2012)
Traducteur : Hélène Serrano

Résumé :
Madrid, de nos jours. Des enfants gitans disparaissent, sans que les autorités s’en émeuvent. Puis c’est le tour de la petite-fille de Perro, patriarche du Poblao, bidonville en marge de la ville.

Hors de lui, le vieil homme abat un innocent qu’il pensait coupable, ce qui aboutit à l’ouverture d’une enquête. Ou plutôt de deux.

Côté gadjo, c’est l’inspecteur O’Hara qui est sur le coup, accompagné de son perroquet et précédé de sa sale réputation. Il est aidé dans sa tâche par Ximena, jeune fille de bonne famille devenue journaliste idéaliste.

Côté gitan, c’est le ténébreux Tirao qui est chargé de l’investigation par Perro lui-même. Mais le passé de cet ancien toxicomane va bientôt le rattraper…

La Ballade des misérables est un roman choral d’une ironie mordante et d’une poésie sombre, aux accents hugoliens, qui nous plonge dans une Madrid méconnue et baroque.

Critique :
Des narrateurs, j’en ai eu beaucoup de différents, dans ma vie de lectrice, mais des pareils, jamais !

Un mort qui me raconte, ce n’est pas inhabituel, c’est original, mais j’ai déjà lu…

Par contre, me faire raconter une partie du récit par une bite, un billet de 50€, un rat ou par la ville de Madrid himself, ça, j’avais encore jamais découvert.

Être la bite d’un type qu’on appelle Relamío, « Pourléché », a ses bons et ses mauvais côtés. Un des bons côtés, c’est que ta réputation va de bouche en bouche.

Et tu veux que je te dise ? Ça ne dépareillait pas du tout dans ce roman noir, c’était même bien trouvé et bien joué, cette manière originale de nous faire découvrir certains pans du récit.

J’ai été volé quatre fois depuis l’apparition de l’euro, mais jamais comme cette nuit-là sur la Gran Vía.

Nous, les rats, nous ne sommes jamais ni contents ni tristes, c’est le lot de ceux dont la seule préoccupation est de vivre, continuer à respirer, prolonger d’un jour encore leur indigence immonde.

Certes, au début du chapitre, faut réfléchir pour deviner qui nous parle… La première fois, tu tombes des nues, tu as l’impression d’halluciner comme si tu avais bouffé une omelette aux champignons hallucinogènes, mais non… Tes champignons étaient tout ce qu’il y a de plus conventionnels, c’est ton roman qui ne l’était pas.

Si demain on me sacrait ville olympique, vous seriez les premiers à oublier la mort de cette putain de gamine gitane. Pas vrai, monsieur le maire ?

En plus de ne pas être conventionnel dans ses narrateurs, ce roman choral est d’une sombritude à te donner envie soit de te suicider, soit de souhaiter qu’un météore nous tombe sur le coin de la gueule et nous éradique au même titre que les dinosaures.

Ils s’imaginent qu’en contaminant leur voisin, ils vont guérir de leur mal de misère. Si je savais pas qu’ils étaient juste très pauvres, je dirais qu’ils sont surtout cons comme des manches.

Ce roman noir de chez noir m’a fait découvrir le peuple Gitan et la misère crasse dans laquelle la plupart vivait : les bidonvilles dans les alentours de Madrid. Des enfants de chez eux disparaissent sans que cela émeuve l’opinion publique ou que cela fasse bouger les flics.

Quand elle a découvert cette histoire macabre, atroce, la société a exigé des coupables. Plus il y aurait de coupables, mieux ce serait. C’est comme ça que les masses arrivent à oublier qu’elles sont complices de toutes ces atrocités. Des coupables, des coupables et encore des coupables.

Niveau flics, ils sont soit ripoux, drogués, alcoolos, les trois à la fois, aussi… O’Hara est même le pire de tous, pourtant, niveau enquêteur, c’est plutôt un bon, le genre qui, quand il tient une piste, va jusqu’au bout, pas toujours dans la légalité, mais il y va.

— Il dit que plus tu passes de temps dehors, moins tu casses les burnes dans les locaux.
— Texto ?
— Non, excuse l’imprécision. Il a dit couilles, pas burnes.

Pas de Bisounours, dans ces pages, que de la misère sociale, de la misère noire, de la drogue, des enfants disparus, des drogués, des camés, des laissés-pour-compte, des voleurs, des trafiquants, des assassins, qu’ils soient gitans ou cols blancs.

— Ça, c’est les Gitans, a dit Chico, le seul que son imperturbable connerie préservait d’une panique grandissante. Je t’avais bien dit que c’était un ramassis de délinquants. Ils t’ont volé ton portefeuille pendant que tu les tuais. Délinquants jusqu’au bout. Puisque je te le dis. Ils n’ont vraiment aucune pudeur.

C’est violent, c’est trash, c’est sans édulcorant, même si certains personnages sortent un peu du lot niveau humanité. Mais entre nous, vous les croiseriez au coin d’une rue, même éclairée, vous foutriez le camp fissa ! Alors, imaginez la nuit…

Un roman noir dont on sort K.O, groggy, avec une mauvaise idée du genre humain. Ah ben non, de ce côté-là, j’avais déjà une mauvaise opinion de nous, les Humains !

Les riches soupçonnent que l’argent ne fait pas le bonheur ; ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils ne le méritent presque jamais.

Les riches ne peuvent pas s’empêcher d’être méchants et les pauvres ne peuvent pas se payer le luxe d’être gentils.

Tant qu’il y aura des gens pour en payer d’autres à essuyer leur crasse, il y aura des riches et des pauvres, des baiseurs et des baisés, des entubeurs et des entubés. C’est exactement comme si tu payais quelqu’un pour bouffer ta merde. Il y aura toujours quelqu’un d’assez nécessiteux pour le faire. C’est comme payer pour le sexe.

— La vérité en onze mots : on a cinq cent mille Gitans qui se promènent dans Madrid.
— Enfin, Carmelo. Cesse de te moquer de moi. Les gens ne sortent pas se promener par centaines de milliers. Ils sortent en couple, en famille, seuls ou avec le chien.
— Eh bien, je suppose qu’à partir de maintenant, il faudra modifier notre conception de ce qu’est une promenade.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°42 – L’Aventure de Wisteria Lodge – lire un livre dont l’intrigue se passe majoritairement la nui).

Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2] : Francisco González Ledesma

Titre : Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2]

Auteur : Francisco González Ledesma
Édition : Folio Policier (14/02/2013)
Édition Originale : Las calles de nuestros padres (1984)
Traducteur :

Résumé :
S’appeler Amores et avoir si peu de chance en amour, c’est tout de même un comble. Amores est un journaliste plus ou moins raté qui a rencontré une charmante jeune fille dans un bar et l’a suivie dans un hôtel de passe, où l’attendaient deux surprises de taille : premièrement sa conquête est un travesti, deuxièmement sous son lit est caché le cadavre de Maria Teresa, secrétaire de direction dans une banque, baignant dans son sang.

L’avocat de cette banque connaît bien une jeune fille Lauri qui meurt à son tour.

Trois hommes vont mener l’enquête, le journaliste, l’avocat et le vieil inspecteur Mendez.

Mais la véritable héroïne du roman, c’est Barcelone dont on visite tous les bas-fonds sous la conduite de celui qui la connaît le mieux et en incarne l’esprit, l’inspecteur Mendez, malpropre, vulgaire, sarcastique mais plein d’humanité et toujours prêt à défendre les humbles.

Critique :
Non mais allo quoi ? Serais-je sous le coup d’une malédiction littéraire depuis le début de l’année 2018 ?

Parce que là, c’est plus possible… Autant de lectures foireuses, c’est louche ! Surtout que je n’ai pas choisi des auteurs merdiques mais des auteurs policiers et de romans noirs connus et reconnus !

Et je l’ai quand même eu dans le cul (la rime était trop tentante).

Nouvelle déception avec ce roman de Francisco González Ledesma qui avait pourtant eu les honneurs d’un hors-série polar (Marianne mars 2015 ou celui de 2016).

Où je suis maudite, ou je suis dans une mauvaise passe, ou je n’ai pas adhéré au style de l’auteur qui digresse beaucoup dans son récit afin de nous parler de la ville de Barcelone.

Non pas que je n’avais pas envie d’en apprendre plus, mais le style de l’auteur n’est pas passé chez moi. L’art et la manière de faire qu’il utilise pour nous parler de sa ville m’ont donné envie soit de m’endormir, soit de lancer le livre en travers de la pièce.

Bref, c’était la Grouika !

Quoi t’esse ?

C’est George W. Bush qui visite un village en Afrique, et il fait tout un discours.
— Mes amis les africains !.
Alors tous les africains crient en coeur « La Grouika ! La Grouika ! ».
— Mes amis africains, je suis content d’être parmi vous ! continue-t-il en voyant tout le monde lever les bras en l’air.
— La Grouika ! La Grouika !
— Et vous verrez, bientôt à la place de toutes vos petites hutes à la con, vont bientôt pousser de très belles maisons !
— La Grouika ! La Grouika !
— On va prendre vos richesses dans vos sous-sols, mais on va aussi vous construire des écoles !
— La Grouika ! La Grouika ! crie le peuple en délire.
Bon, il fait tout un discours de la même trempe et après, alors qu’il descend les marches, il discute avec un des officiels de là-bas, un Ministre.
— Ils ont aimé mon discours ! fait Bush, tout heureux, se gargarisant de la chose et pensant à tous les bénéfices qu’il va réaliser avec ce petit pays.
— Absolument, monsieur le président ! acquiesce le Ministre.
Puis, tout à coup, le Ministre attrape la manche de Bush et le retire en arrière.
— Attention Monsieur Bush, vous avez failli marcher dans de la Grouika !

Bon, sur ce, je m’en vais chercher un autre roman qui, je l’espère, me passionnera un petit peu plus et ne finira pas abandonné sur le coin d’un meuble (avant de finir sous le meuble si celui-ci devenait bancal).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Agatha Raisin – Tome 10 – Panique au manoir : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin – Tome 10 – Panique au manoir – Quand le conte de fées vire au cauchemar

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (07/03/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 10 – And the Fairies of Fryfam (2000)
Traducteur : Françoise Du Sorbier

Résumé :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk.

Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où  elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir.

Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent tout naturellement sur Agatha, dont le conte de fées vire au cauchemar…

Avec plus de 350 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Critique :
Et oui ! Souvenez-vous si vous avez lu le volume précédent (les autres, circulez il n’y a rien à voir, pas même l’ombre d’un spoiler) : Agatha avait croisé une « sorcière » pour soigner ses cheveux et en avait profité pour se faire lire les lignes de la main…

La sorcière lui avait prédit qu’elle ne trouvera jamais l’amour à Carsely, mais une autre région britannique !

Aussi, de retour à Carsely où le beau James lui fait toujours la tronche depuis leur mariage raté et aussi parce qu’Agatha multiplie les maladresses les empêchant de se rapprocher depuis, Agatha choisi au hasard un petit point sur la carte dans la région où son prince charmant doit la trouver…

Et y loue aussi sec un cottage en attendant de vendre ou pas (elle hésite la bougresse) celui de Carsely.

Bien accueillie par la charmante tenancière du pub du village de Frifam qui d’après son look semble surtout très accueillante aux hommes, c’est avec armes, bagages et ses chats, qu’Agatha prends possession des lieux, regrettant l’absence de chauffage autre que les feux de cheminée.

La société locale des femmes du village lui tombe rapidement sur le paletot pour la recruter… Et la voici initiée aux potins de Fryfam et aux histoires concernant leur châtelain local.

Tiens ? Et si elle faisait venir celui qu’elle connaît histoire de faire son intéressante ?

Et voilà qu’elle invite Sir Charles le Pingre à la rejoindre pour quelques temps… Qu’elle se lance dans l’écriture d’un roman policier pour se donner une contenance… et qu’elle se cherche une femme de ménage tout en semant un peu la zizanie à Fryfam.

Mais quelles sont ces petites lumières qui virevoltent dans le jardin et qui ne peuvent pas être des lucioles vu la saison !

Pourquoi un vase a-t-il disparu de chez elle ? Et qui a donc assassiné le châtelain ? Et volé un précieux tableau dans le Manoir ? Et pourquoi Agatha a-t-elle écrit un roman policier s’inspirant des personnages locaux et… racontant la façon dont le châtelain allait mourir ?

Et pourquoi les policiers du cru ont-ils réussi à mettre la main sur son manuscrit ?

Voilà une fois de plus notre Agatha dans de beaux draps !

On retrouve nos personnages préférés de Carsely avec qui Agatha reste en contact par téléphone ou en pensée… Et en découvre d’autres au hasard des pérégrinations d’Agatha à travers l’Angleterre, fuyant son obsession pour James en espérant lui trouver le remplaçant qui n’arrive jamais à le lui faire oublier…

Quelle femme n’a jamais connu ça ?  C’est bien ce qui la rend si humaine et si proche de nous, non ?

Une enquête sympathique et enlevée où les pistes s’entremêlent et s’entrecroisent et où Agatha stagne dans ses cogitations métaphysiques sur son avenir amoureux…

Et comprenant un rebondissement presque inattendu dont je ne vous parlerai pas dans les dernières pages. Vous m’en voudriez terriblement !

PS : Je jure solenellement n’avoir reçu aucune contrepartie financière ou en nature en contrepartie de ce texte dont je cède bien volontiers les droits au blog « Cannibal Lecteur ».

 

Meurtre au comité central [Pepe Carvalho 5] : Manuel Vázquez Montalbán

Titre : Meurtre au comité central [Pepe Carvalho 5]

Auteur : Manuel Vázquez Montalbán
Édition : 10-18 (1999) / Points Policier (26/09/2013)
Édition Originale : Asesinato en el Comité Central (1981)
Traducteur : Michèle Gazier

Résumé :
Pepe Carvalho va devoir quitter sa chère Barcelone pour… Madrid. Le secrétaire général du Parti communiste y a été assassiné à huis clos.

Le Parti engage le privé pour une contre-enquête, car le gouvernement a mis sur l’affaire un ancien tortionnaire franquiste.

De tabassages en tapas, de souvenirs en menaces, Carvalho se plonge dans ce crime un peu trop politique à son goût.

Critique :
Pepe Carvalho, je l’avais découvert dans « Tatouage » et ce détective amateur de bonne cuisine et brûleur de livres m’avait fait une bonne impression.

Oui, je sais, il allume le feu avec des romans puisés dans sa biblio, il aime ça.

Oui, de mon côté, ça me fait grincer des dents mais bon, puisqu’il cuisine bien et tant qu’il se tient à bonne distance de ma biblio à moi, je passerai l’éponge.

Par contre, là où l’éponge n’est pas passée, c’est sur le livre !

Autant j’avais pris du plaisir dans son précédent roman, autant dans celui-ci j’ai sauté des pages tant le côté politique était ardu et pompant.

Pepe Carvalho s’est retrouvé plongé dans ce crime un peu trop politique à son goût et je suis tout à fait d’accord avec cela : le crime était un peu trop politique, même pour moi qui adore ce genre de contexte, même pour moi qui dévore habituellement la politique dès qu’elle est dans un roman policier.

Là, je viens de bouffer du communisme pour les 30 années à venir et sur certains tronçons de la route, je me suis faite chi** grave à tel point que j’ai sauté allégrement, telle une gazelle gracile, les passages les plus endormants/chiants/ennuyants/casse-pieds (biffez les mots que vous ne voulez pas).

De plus, lors de longs dialogues, sans indication de qui parle, ça devient confus sur la fin et la macédoine nous guette. Comme dans ses placards de textes où viennent se greffer aussi des dialogues, sans mention ni rien, et là, c’est le carambolage dans le cerveau qui ne sait plus qui fait quoi et quoi dit quoi.

Bon, cela n’entache pas le fait que j’apprécie le détective Carvalho, mais cette enquête là ne restera pas dans mes bons souvenirs.

Comme le disait si bien le Grand Jacques « Au suivant » !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).