Tranchecaille ‭:‬ Patrick Pécherot [LC avec Bianca]

Titre : Tranchecaille

Auteur : Patrick Pécherot
Édition : Gallimard Série noire (2008) / Folio Policier (2010/2015)

Résumé :
Chemin des Dames, 1917, l’offensive du général Nivelle tourne à l’hécatombe. Dans l’enfer des combats, un conseil de guerre s’apprête à juger le soldat Jonas, accusé d’avoir assassiné son lieutenant.

Devant l’officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d’un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ?

Le capitaine Duparc n’a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille.

Critique :
Ce polar historique, qui aura pour cadre les tranchées de la Première Guerre Mondiale, commence un peu à la Columbo…

Dès les premières lignes, nous assistons à l’exécution d’un soldat accusé d’avoir planté, non pas le bâton, mais la baïonnette dans le dos de son lieutenant.

Tout ça pour un uniforme trop grand… Tout ça pour une prise de bec qui a eu lieu entre lui et le nouveau lieutenant ? Purée, ça fait cher le tissu en trop et le froc qui descend lorsque l’on charge les tranchées des casques à pointes.

Ce polar historique ne commence pas comme un autre, n’a pas un terrain d’enquête habituel et sa manière de nous narrer l’enquête du capitaine Duparc n’est pas commune du tout.

En effet, la narration de l’enquête, les faits et gestes du capitaine Duparc, du soldat Jonas (l’accusé), ainsi que des autres protagonistes de l’histoire (témoins, gradés, soldats de l’unité et j’en passe) est racontée au travers de chapitres assez courts qui sont en fait des témoignages en direct ou rapportés, des interrogatoires menés par le capitaine (ou son greffier), des discussions qui ont lieu sur place ou ailleurs, a moyen de lettres, de scènes rapportées….

Déstabilisant au départ, ce récit, monté comme un journal de bord. Pourtant, une fois dans le bain, on se sent très vite à l’aise, même si nous sommes dans un endroit où je n’aurais pas aimé traîner à cette époque.

D’ailleurs, l’auteur ne se contente pas de nous conter l’enquête, dans les chapitres, il y a aussi des scènes de la vie quotidienne dans les tranchées, notamment les milliers de morts, pour quelques mètres de pris et dont les quotidiens titreront que c’était une percée importante.

Si je ne me suis attachée à aucun personnage, cela n’a pas entamé mon plaisir de lecture, puisque les 300 pages ont été avalées en une seule journée (sorry ma Bianca).

Cela était sans doute dû au fait que l’on ne sait jamais vraiment qui est le soldat Jonas, l’accusé : un vrai benêt ou un type intelligent qui jouait au con ? Un vrai traumatisé par ce qu’il a vécu durant les 3 années, ou un comédien ? Un soldat qui est vraiment crétin ou un qui se moque des gradés ? Un débile, un âne ? Ou un simulateur de génie ? Cet homme est une énigme à lui tout seul.

En tout cas, c’est addictif, cette enquête et elle n’a rien de banal.

Un polar historique sur fond de Première Guerre Mondiale, sous le régime de la censure, celui de la langue de bois, celui où la justice était arbitraire et inique puisque, pour un galonné assassiné, on veut exécuter un soldat, mais qu’on n’exécutera pas de galonné pour tous les soldats qu’ils ont envoyé à la boucherie.

Une LC avec Bianca réussie et que je ne regrette pas d’avoir faite, ce roman traînait depuis trop longtemps dans mes étagères et il ne méritait pas ça !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°213].

Immortel – Tomás Noronha 10 : José Rodrigues dos Santos

Titre : Immortel – Tomás Noronha 10

Auteur : José Rodrigues dos Santos 🇵🇹
Édition : HC (2020) / Pocket (2021)
Édition Originale : Imortal (2019)
Traduction : Adelino Pereira

Résumé :
L’un des plus grands scientifiques chinois vient d’annoncer la naissance de deux bébés génétiquement modifiés, il disparaît juste après sa conférence.

La presse internationale commence à poser des questions, les services secrets tentent de trouver des réponses, un Américain contacte Tomás Noronha à Lisbonne.

Celui qui se présente comme un scientifique travaillant pour la DARPA, l’agence de recherche avancée de la Défense américaine, est à la recherche du savant disparu. Tomás découvre alors les véritables enjeux du projet chinois…

Critique :
J’ai longuement hésité et puis que je me suis dit que non je ne commencerais pas cette chronique en vous chantant « Immortelle » de Lara Fabian. Ce n’est pas l’envie qui m’a manqué…

Si je n’avais pas lu une critique de Geneviève, jamais je n’aurais ouvert ce roman qui me faisait un peu trop penser à ce qui s’est fait il y a des années, du temps du Da Vinci Code (que j’ai lu et apprécié pour le divertissement qu’il m’avait offert).

Non, non, rien à voir avec le Da Vinci Code où l’on court partout, dans tous les sens, avec la moitié du monde à son cul.

D’ailleurs, durant plus de la moitié du roman, nous avalerons les conversations intéressantes qui ont lieu entre Tomás Noronha (historien et cryptologue) et un scientifique américain de la DARPA, l’agence de recherche avancée de la Défense américaine, au sujet d’un scientifique chinois disparu (le professeur Yao Bai), le tout en alternance avec ce qui se déroule dans le labo de ce scientifique.

Durant tout ce bla-bla, on pourrait penser que l’on va se faire chier, s’ennuyer ferme, et bien non ! J’étais immergé dans leurs conversations et j’ai oublié le temps qui passait, ne ronchonnant que pour le fait que l’Américain foutait le mot « man » toutes les dix phrases (c’était redondant).

Certes, cela pourrait faire un peu cliché que tout ce dont Tomás Noronha a mis en garde le scientifique, fan de nouvelles technologies et d’intelligence artificielle générale, se déroule justement ensuite et donne raison à notre historien.

Oui, si l’on n’y prend pas garde, ce thriller de vulgarisation scientifique pourrait faire penser à un mauvais film de Hollywood où, après avoir causé durant plus de la moitié du film, nos deux protagonistes se mettent tout d’un coup à courir pour sauver leur peau plus de fois que ce pauvre John McClane dans ses films (Die Hard).

En fait, ce roman aurait dû m’horripiler grandement, notamment avec les dialogues qui semblent nous mâcher tout ce qui arrivera ensuite, nous mettant en garde contre la science sans conscience, les technologies nouvelles et leurs dangers, notamment le Net et tous les GAFAM qui nous contrôlent (Google, si tu me lis…).

Oui, il y avait moyen de me perdre, de m’énerver dans cette construction de roman, avec les dialogues entre une personne pro-technologies et une qui s’en méfie, le tout faisant un peu manichéen, durant plus d’une moitié de ce pavé, avant que tout ne s’accélère.

Et pourtant, j’ai apprécié ma lecture, j’ai été plus qu’intéressée par leurs discussions, des plus instructives, qui ne m’a jamais donné la sensation d’être dans un café du commerce en compagnie de types bas de plafond. J’ai même eu la sensation d’aller me coucher moins bête qu’avant.

La partie consacrée à la Chine et à ses millions de caméras permettant de surveiller toute la population m’a fait froid dans le dos, une fois de plus. Le contrôle est total, les chinois possédant un crédit social (système carotte/bâton) dont ils ne peuvent descendre en dessous d’un certain score, sinon ils perdent le droit de prendre le train, de faire des emprunts,…

Orwell nous avait mis en garde, nous ne l’avons pas écouté. Moi, des caméras de sécurité dans les villes, je préfère qu’il y en ai un strict minimum, ça peut toujours être mal utilisé ensuite… 

Il y avait moyen de m’énerver aussi avec la partie course pour rester en vie, où nos deux protagonistes vont devoir échapper à un truc plus fort que tout, capable de tout, juste pour assurer sa survie, ne faisant pas plus attention aux vies humaines que nous n’en aurions pour une colonie de fourmis écrasées par mégarde.

Anybref, ce roman aurait pu finir balancé au milieu de la pièce et pourtant, je l’ai dévoré, ayant bien du mal à la lâcher, malgré ses défauts, comme ce scientifique américain un peu stéréotypé, cette manière de nous prémâcher la seconde partie du roman avec les mises en garde de Tomás et cette sensation d’être dans un mauvais film hollywoodien dans la partie « adrénaline, faut courir pour sauver notre peau ».

À réserver aux lecteurs et lectrices avides d’en savoir plus sur les avancées médicales et technologiques, afin de briller au prochain repas de famille, à la machine à café ou au barbec avec les voisins.

Le récit est fort riche d’apprentissages technologiques, médicales, de morale, de sciences, de conscience et cela pourrait vite devenir indigeste pour ceux ou celles qui préfèrent en manger à petite dose.

À noter aussi que l’épilogue, assez long, concernera la philosophie, l’eugénisme et ce qui est permis ou non, ce qui est moral ou qui ressemble à des pratiques nazies et que les dialogues entre les différents protagonistes pourraient, eux aussi, lasser une partie des lecteurs/trices.

J’ai aimé le fait que tout, dans ces questionnements, ne soient ni tout à fait blancs, ni tout à fait noirs, mais mis en balance avec ce qui se fait déjà et qui aurait sans doute crispé bien des gens il y a quelques années. Ce sera aux lecteurs de se faire leur opinion, la mienne n’étant pas tranchée sur ses sujets hautement sensibles et éthiques.

Une lecture très divertissante, très instructive, un thriller qui reste calme durant plus de la moitié de ses 654 pages (pocket) avant de nous précipiter dans une course-poursuite haletante, digne d’un grand blockbuster. Les chapitres sont courts et nous laisse souvent sur un cliffhanger.

Il faudrait que je me penche sur les autres romans mettant en scène le personnage de Tomás Noronha, car il m’a semblé un peu fade, manquant de profondeur et j’aimerais en savoir plus sur lui.

À noter que les romans peuvent se lire de manière indépendante l’un de l’autre puisque leur parution en français ne suit pas l’ordre de parution portugaise.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°212] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°33).

Le Mois Anglais is bientôt back ! [June 2020 – Season 11]

Oui, il est de retour, il revient toujours aussi beau, toujours aussi attendu : c’est le Mois Anglais, bien entendu ! 🇬🇧🇬🇧🇬🇧🇬🇧

Sans lui, mon mois de juin ne serait pas le même. Un tout grand merci à Titine et à Lou de l’organiser de nouveau !

Dire qu’au départ, je n’étais pas trop chaude pour participer… Le plaisir vous gagne en participant et depuis, on ne m’arrête plus (sauf à me menotter et me jeter un fond d’une cave durant le mois de juin).

Comme les autres années, je suis en vacances durant tout le mois et je vais en profiter à fond les manettes !

La bonne nouvelle, c’est que cette année, nous partons 15 jours en vacances, ce qui me laissera peut-être un peu moins de temps pour faire des chroniques (oups, pas sûr !!).

J’ai tout le début du mois de juin pour prendre de l’avance. Là, pour le moment, je suis toujours à fond sur le Mois Espagnol ! 🇪🇸

Pas trop compliqué de monter ma liste de livres à lire, j’ai repris une partie de l’année dernière (certains livres s’y trouvent depuis des années et attendent toujours d’être lus) et j’ai fait des ajouts, puisqu’en cours d’année, il rentre toujours dans mon écurie des romans parfaits pour le Mois Anglais.

J’ai réussi à faire le plein de bédés aussi. Certains titres non lus en juin 2020 sont de retour et j’en ai découvert d’autres en arpentant les couloirs de Livraddict et les coins sombres des bouquinistes ou autres dealers de livres.

Afin de ne pas encombrer plus que ça mon blog, il se peut que certaines critiques de bédé (ou des romans pas top) passent directement sur Babelio (et rien que là).

Je donnerai mes liens Babelio aux organisatrices (Titine & Lou) et vous y aurez accès lorsque je publierai le Bilan Mensuel de Juin (couplé avec le Bilan Mois Anglais).

Le programme pour le Mois Anglais (je participerai au cosy mystery) :

Voici, comme habituellement, ma trèèèèès longue liste de livre dans laquelle je vais pouvoir piocher allégrement durant les 30 jours que durent le Mois Anglais.

Certains sont des vieux habitués (que je n’ai toujours pas lus, comme par hasard), d’autres font leur entrée, certaines personnages de sagas littéraires s’y retrouvent, une fois de plus (Lizzie Martin, frère Athelstan, Black Butler, Moriarty, Enola Holmes, Hercule Poirot, Harry Potter).

Il y a du polar (historique ou pas), du roman normal, classique, historique, de la romance policière, du fantastique, de la fantasy, de la SF, des bédés et des mangas, autrement dit, je vais piocher large.

Liste de Romans, Bédés ou Mangas :

  1. Enola Holmes – 07 – Et la barouche noire : Springer [Polar Historique]
  2. Lizzie Martin – 08 – L’héritage de Sir Henry : Ann Granger [Polar Historique]
  3. Lady Hardcastle – 02 – Meurtres dans un village anglais : T.E. Kinsey [Polar]
  4. Veronica Speedwell – 01 – Un étrange prélude :  Raybourn [Polar Historique]
  5. Vies et mort de Lucy Loveless : Laura Shepherd-Robinson [Polar Historique]
  6. Bain de minuit à Buckingham – S.M. mène l’enquête 02 : S.J. Bennett [Polar]
  7. Elle n’en pense pas un mot – Alan Grant 03 : Tey Josephine [Polar]
  8. La fille du temps – Alan Grant 05 : Tey Josephine [Polar]
  9. Le Jeu de l’assassin – Frère Athelstan 07 : Doherty Paul [Polar Historique]
  10. La Chambre du diable – Frère Athelstan 08 : Doherty Paul [Polar Historique]
  11. La Malédiction des Baskerville : Gauthier Wendling [Polar – Jeu]
  12. Crime à Black Dudley – Albert Campion 01 : Allingham Margery [Polar]
  13. L’inconnue de Queen’s Gate – Beth Huntly 02 : Beddingfeld Anne [Polar]
  14. Absolution par le meurtre – Soeur Fidelma 01 : Tremayne [Polar Historique]
  15. Le sourire du Diable – Hawkins 01 : Hodgson Antonia [Polar Historique]
  16. La trahison de la reine – Hawkins 02 : Hodgson Antonia [Polar Historique]
  17. Enquêtes d’Hector Krine – 01 – Pilleurs de cercueils : Tamaillon [Polar]
  18. Les fantômes du passé : Perrin-Guillet [Polar Historique]
  19. Quarantaine : May Peter [Polar]
  20. Les anges sans visage – Max Wolfe 02 : Parsons Tony [Polar]
  21. Meurtres à Kingfisher Hill – Poirot 04 : Hannah Sophie [Polar]
  22. Ostland : Thomas David [Polar Historique]
  23. Promenade du crime – Trilogie Brighton 01 : Guttridge Peter [Polar]
  24. UK Serial Killers – Livre noir tueurs en série britanniques : Tibbatts [Polar]
  25. Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia : S Thomas [Polar Historique]
  26. Veuves de Malabar Hill – Perveen Mistry 01 : S. Massey [Polar Historique]
  27. Son espionne royale – 02 – Et le mystère bavarois : Bowen [Polar Historique]
  28. Son espionne royale – 03 – Et la partie de chasse : Bowen [Polar Historique]
  29. Une insolente curiosité – Beatrice Hyde-Clare 01 : Messina [Polar Historique]
  30. Une scandaleuse supercherie – Beatrice Hyde-Clare 02 : Messina [Pol Hist]
  31. Enquêtes Adler/Holmes 02 – Empoisonneur Brooke St: Bourdoncle [Pol Hist]
  32. La Nuit de Berlin : Simon Scarrow [Polar Historique]
  33. Depuis le temps de vos pères – Enquêtes généalogiste 02  : Waddell [Polar]
  34. Les Mortes-Eaux : Hurley Andrew Michael [Polar]
  35. La môme vert-de-gris : Peter Cheyney [Roman Noir]
  36. Quand se lève le brouillard rouge : Robin Cook (UK) [Roman Noir]
  37. Le Mort à vif – Factory 05 : Robin Cook (UK) [Roman Noir]
  38. Le prix de l’hérésie – Giordano Bruno 01 : Parris S. J. [Polar]
  39. Birdman : Hayder Mo [Polar]
  40. Maudit mercredi – Frieda Klein 03 : French Nicci [Polar]
  41. Je suis Pilgrim : Hayes Terry [Thriller]
  42. Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Thorogood [Polar]
  43. Le jour du Diable : Andrew Michael Hurley [Thriller]
  44. William Fawkes – 01 – Ragdoll : Daniel Cole [Thriller]
  45. Une pluie de septembre : Anna Bailey [Thriller]
  46. L’Appel du coucou – 01 – Cormoran Strike : Robert Galbraith [Polar]
  47. 16 : Greg Buchanan [Polar]
  48. Les Thés meurtriers d’Oxford – 01 – Chou à la crim’ : H.Y. Hanna [Polar]
  49. Les Thés meurtriers d’Oxford – 02 – Beau Thé Fatal : H.Y. Hanna [Polar]
  50. Mystères de Tregarrick – 01 – Meurtres à marée haute : Dennison [Polar]
  51. Mystères de Tregarrick – 02 – Meurtres à la crique : Hannah Dennison [Polar]
  52. Tess d’Urberville : Hardy Thomas [Roman Classique]
  53. Mansfield park : Austen Jane [Roman Classique]
  54. Le Roman de Londres : Crnjanski Miloš [Roman]
  55. Avec vue sur l’Arno : Forster E.M [Roman Classique]
  56. Bleak House : Charles Dickens [Roman Classique]
  57. Highland fling : Mitford Nancy [Roman]
  58. Northanger Abbey : Austen Jane [Roman Classique]
  59. Les Filles du manoir Foxcote : Eve Chase [Roman]
  60. Mrs Stafford et le Capitaine Conrad : Elie Grimes [Roman]
  61. La grande peste de Londres : Rosemary Weir [Roman Jeunesse]
  62. Poumon vert : MacLeod Ian R. [SF]
  63. Retour sur Titan : Stephen Baxter [SF]
  64. Sur la route d’Aldébaran : Adrian Tchaikovsky [SF]
  65. La maison des jeux – 01 – Le serpent : Claire North [SF]
  66. H2G2 – 01 – Le guide du voyageur galactique : Adams Douglas [SF]
  67. Au nord du monde : Theroux Marcel [SF]
  68. Les Notes de sang 01 : Vailly Corinne [SF]
  69. Blitz 01 – Black-out : Willis Connie [SF Dystopie]
  70. Dominion : Sansom C. J. [SF Dystopie]
  71. SS-GB : Deighton Len [SF Dystopie]
  72. La séparation : Priest Christopher [SF Dystopie]
  73. Harry Potter ‭–‬ T06 ‭–‬ H.P et le prince de sang-mêlé ‭:‬ Rowling [Fantastique]
  74. L’affaire Baskerville – 02 – Une étude en ombre : Holloway [Fantastique]
  75. Jane Austen contre le Loup-Garou : Ciaudo Marianne [Fantastique]
  76. En fuite vers Bradford : Flanders John [Fantastique]
  77. Hanté – David Ash 01 : Herbert James [Fantastique Horreur]
  78. Le Dernier loup-garou – 01 : Duncan Glen [Fantastique]
  79. En quête de Jake : Miéville China [Fantastique]
  80. Conspiration des fantômes  : Herbert James [Fantastique Horreur]
  81. Merfer : Miéville China [Fantastique]
  82. Gretel and the dark : Granville Eliza [Fantastique]
  83. Étrange cas de l’homme mécanique – Burton & Swinburne 02 : Hodder [Fantastique Steampunk]
  84. De trèfles et de plumes – Sláine Adamson 01 : Arden J. [Fantastique]
  85. Bartiméus – 04 – L’anneau de Salomon : Stroud Jonathan [Fantastique]
  86. Anno Dracula – 01 : Newman Kim [Fantastique]
  87. Roslend – 01 : Somers Nathalie [Fantastique]
  88. Chroniques St Mary’s 04 – Une trace dans le temps : Taylor Jodi [Fantastique]
  89. Chroniques St Mary’s 05 – Hier ou jamais : Taylor Jodi [Fantastique]
  90. Au service de Sa Majesté la Mort 01 – Ordre des revenants : Hervieux [Fantastique]
  91. Le Repaire du Ver Blanc : Stoker Bram [Fantastique]
  92. Au service surnaturel de sa majesté 02 : O’Malley [Fantastique] 
  93. Londinium – 01 – Un lapin sous le Dôme : Mathieu-Daudé [Fantastique]
  94. Annales Disque-Monde 02 – Le Huitième Sortilège : Pratchett Terry [Fantasy]
  95. Lame damnée – Assassini 01 : Grimwood JC [Fantasy]
  96. Lady Helen – 01 – Le club des mauvais jours : Goodman Alison [Fantasy]
  97. Dragon blood – 01 – Le sang du dragon : Ryan Anthony [Fantasy]
  98. Blood song 01 – La voix du sang : Ryan Anthony [Fantasy]
  99. Raven Blade – 01 – L’Appel du loup : Ryan Anthony [Fantasy] 
  100. La première loi – 01 – Premier sang : Abercrombie Joe [Fantasy] 
  101. Terres de sang – 01 – Servir froid : Abercrombie Joe [Fantasy]
  102. L’âge de la folie 01 – Un soupçon de haine : Abercrombie Joe [Fantasy]
  103. Assassin’s Creed – 05 : Forsaken Bowden [Fantasy]
  104. Loup blanc – Drenaï 10 : Gemmell David [Fantasy]
  105. Les épées de la nuit et du jour – Drenaï 11 : Gemmell David [Fantasy]
  106. Terre de héros 01 – Rien que l’acier : Morgan Richard [Fantasy]
  107. Téméraire 05 – La victoire des aigles : Novik Naomi [Fantasy]
  108. L’âge du feu, 04 – L’attaque du dragon : Knight E. E. [Fantasy]
  109. Mage de Bataille 01 : Flannery Peter A. [Fantasy]
  110. La Rune du loup – Craw Trilogy 01 :Lachlan M.D. [Fantasy]
  111. La Messagère des Ombres – 01 – Londres : Morgan Rice [Fantasy]
  112. Vorrh – 01 : Brian Catling [Fantasy]
  113. Darkwood – 01 – La Nuit de la Lune Bleue : Simon R. Green [Fantasy]
  114. Hercule Poirot, une vie : Ruaud et Mauméjean [Étude]
  115. La trahison de la reine – Thomas Hawkins 02 : Hodgson Antonia [Historique]
  116. Diamant de Saint-Pétersbourg : Furnivall Kate [Historique]
  117. L’honneur du samouraï – Musashi Miyamoto 02 : Kirk David [Historique]
  118. Les sorcières de Pendle : Halls Stacey [Historique]
  119. L’Orpheline de Foundling : Halls Stacey [Historique]
  120. La Rose pourpre et le Lys – 01 : Faber Michel [Historique]
  121. L’homme de Berlin – Gregor Reinhardt 01 : McCallin Luke [Historique]
  122. La maison pâle – Gregor Reinhardt 02 : McCallin Luke [Historique]
  123. Deux soeurs pour un roi : Gregory Philippa [Historique]
  124. Livre du Cercle – L’Âme du temple 01 : Young Robyn [Historique]
  125. Insurrection – Maîtres d’Écosse 01 : Young Robyn [Historique]
  126. La Nuit de l’infamie : Cox Michael [Historique]
  127. Prophétie : Sansom C. J. [Historique]
  128. La Quête : Lyndon Robert [Historique]
  129. Les Douze enfants de Paris : Willocks Tim [Historique]
  130. Les Aigles de l’Empire – 01 – L’Aigle de la Légion : Scarrow [Historique]
  131. Zoo station – John Russell 01 : David Downing [Historique]
  132. L’ange de Whitechapel : Jennifer Donnelly [Historique]
  133. Les ombres de Rutherford Park – 01 : Elizabeth Cooke [Historique]
  134. Méridien des brumes – T01 – Aubes pourpres : Parras et Juszezak [Bédé] 🇪🇸
  135. Le choix du Roi – T01 – Première trahison : Bartoll et Marinière [Bédé] 🇪🇸
  136. Le choix du Roi – T02 – Manipulation de boudoir : Bartoll et Marinière [Bédé]
  137. Shi – Cycle 1 – T01 – Au commencement était la colère… : Homs  [Bédé]
  138. Shi – Cycle 1 – T02 – Le roi démon : José Homs et Zidrou [Bédé]
  139. 13 Devil Street – T01 – 1888 : Benoît Vieillard [Bédé]
  140. Miss Endicott – T01  : Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin [Bédé]
  141. Fog – T01 – Le Tumulus : Roger Seiter et Cyril Bonin [Bédé]
  142. Blackwood – T01 : Nicolas Jarry et Kan-J [Bédé]
  143. Blackwood – T02 : Nicolas Jarry et Kan-J [Bédé]
  144. Agatha Christie (BD) – 05 – Mister Brown : Rivière, Leclercq, Christie [Bédé]
  145. Agatha Christie (BD) – 06 – La nuit qui ne finit pas : Rivière et Leclercq [Bédé]
  146. Agatha Christie (BD) – 08 – Le meurtre de Roger Ackroyd : Lachard  [Bédé]
  147. Agatha Christie (BD) – 10 – L’homme au complet marron : Hughot  [Bédé]
  148. Agatha Christie (BD) – 13 – Les Quatre : Alain Paillou et Christie [Bédé]
  149. Agatha Christie (BD) – 17 – Témoin Muet : Marek, Baloo et Christie [Bédé]
  150. Hercule Poirot (BD) – 05 – Mystérieuse affaire de Styles : Vivier  [Bédé]
  151. Harry Dickson (Nolane) – T01 – L’île des possédés : Nolane et Sirvent [Bédé]
  152. Harry Dickson (Nolane) – T02 – Le démon de Whitechapel : Nolane  [Bédé]
  153. Harry Dickson (Nolane) – T06 – Terreur jaune : Nolane et Roman [Bédé]
  154. Harry Dickson (Nolane) – T10 – La Sorcière du Kent : Nolane et Roman [Bédé]
  155. Churchill (BD) – T02 :  Delmas, Regnault, Cammardella et Kersaudy [Bédé]
  156. Aventures de Philip et Francis – T03 – S.O.S. Météo : Barral et Veys [Bédé]
  157. Stonehenge – T01 – Erin : Corbeyran et Pinson [Bédé]
  158. Blake et Mortimer – T23 – Le bâton de Plutarque : Sente et  Juillard [Bédé]
  159. Blake et Mortimer – T27 – Le Cri du Moloch : Dufaux et Cailleaux [Bédé]
  160. Blake et Mortimer – T28 – Le Dernier Espadon : Van Hamme et Berserik [Bédé]
  161. Enola Holmes – 03 – Le mystère des pavots blancs : Blasco et Springer [Bédé]
  162. Enola Holmes – T04 – Le secret de l’éventail : Blasco et Springer [Bédé]
  163. Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Intégrale, T1 : Moore et O’Neill [Bédé]
  164. Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Intégrale, T2 : Moore et O’Neill [Bédé]
  165. Homme de l’année – 09 – 1848, l’homme qui publia le manifeste du Parti Communiste :Jean-Pierre Pécau et Benoît Dellac [Bédé]
  166. Black Butler – Tome 31 : Yana Toboso [Manga]
  167. Moriarty – Tome 09 : Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi [Manga]
  168. Moriarty – Tome 10 : Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi [Manga]

 

À l’ombre du convoi – Tome 2 – L’espoir d’un lendemain : Kid Toussaint et José-Maria Beroy

Titre : À l’ombre du convoi – Tome 2 – L’espoir d’un lendemain

Scénariste : Kid Toussaint
Dessinateur : José-Maria Beroy

Édition : Casterman – Univers d’auteurs (2013)

Résumé :
Destins croisés d’un membre de la Schutzpolizei, de la résistance belge et d’une déportée juive allemande qui se retrouvent tous les trois au même endroit la nuit du 12 au 13 novembre 1943 : une voie ferrée entre Malines et Louvain sur laquelle se trouve un convoi de déportés bientôt attaqué par trois jeunes audacieux.

Critique :
Dans ce dernier album, on va en apprendre un peu plus sur Théo, celui qui avait séduit Olya dans le premier tome.

Il ne m’avait pas laissé une bonne impression, en apprendre un peu plus sur sa jeunesse et sur la participation de son père à la Première Guerre Mondiale allait peut-être éclairer un peu plus ce personnage.

Effectivement, dans cet album, on comprend que tous les personnages ont leur destin lié, que ce soit dans les années 30 et 40, ou bien durant la Première Guerre Mondiale. Tout se tient, tout est relié.

Le scénariste continuera aussi de nous donner un cours accéléré sur ce qui précéda la Seconde Guerre Mondiale, notamment avec la guerre civile en Espagne, le bombardement de Guernica par des avions allemands (Hitler voulait tester ses nouvelles armes), ainsi que sur ce que fit le moustachu après son accession au trône, dont la Shoah par balle et ensuite, les camps…

Une fois de plus, c’est un bref résumé, juste les grandes lignes et, pour plagier le slogan d’un grand hebdomadaire français : « le poids des mots et le chocs des dessins ». Comme quoi, avec peu de mots et quelques dessins, on peut faire passer plus qu’avec de grands discours.

Cet album prend aux tripes aussi. On a beau ne donner que les grandes lignes, elles font mal au coeur, elles sont meurtrières, assassines, génocidaires, ces putains de grandes lignes… Hélas, elles ne toucheront jamais le coeur ou le cerveau de ceux qui pratiquent le négationnisme.

Lorsque je lis une bande dessinée, j’apprécie toujours de voir comment était Bruxelles dans le temps, mais ici, voir la Grand Place envahie de casques allemands et leurs drapeaux au mur de l’hôtel de ville, ça la fout mal. Bravo à Jean de Selys Longchamps qui mitrailla, avenue Louise, l’immeuble de la Gestapo (c’était l’oncle paternel de Sybille, la maman de Delphine – les Belges comprendront).

Je suis contente d’avoir découvert (tardivement), ce diptyque consacré à la Seconde Guerre Mondiale et aux déportations. Il y a toujours à apprendre, afin de ne pas refaire les mêmes horreurs (l’Homme apprend-t-il vraiment de ses erreurs ? J’ai un gros doute). Le personnage de Théo est vu sous un autre éclairage et je suis contente que les auteurs aient répondu aux questions muettes que je me posais.

C’est le coeur en vrac que je termine ce dernier album qui était d’une grande intensité et qui a bouclé la boucle de manière fort tragique.

Ce diptyque va directement dans mes coups de coeur.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°32).

À l’ombre du convoi – Tome 1 – Le poids du passé : Kid Toussaint et José-Maria Beroy

Titre : À l’ombre du convoi – Tome 1 – Le poids du passé

Scénariste : Kid Toussaint
Dessinateur : José-Maria Beroy 🇪🇸

Édition : Casterman – Univers d’auteurs (2012)

Résumé :
Belgique, nuit du 12 au 13 novembre 1943, quelque part entre Malines et Louvain. Un convoi de wagons plombés s’est immobilisé sur la voie ferrée. Il vient de quitter Bruxelles, direction Auschwitz.

À son bord, parmi des milliers d’autres, une jeune femme, Olya Van Horn, juive allemande jusqu’alors réfugiée en Belgique.

Elle se remémore la longue suite d’événements tragiques qui, depuis sa ville natale d’Hambourg, dix ans auparavant, l’a finalement conduite dans ce sinistre convoi…

Critique :
Bien des gens pensent encore que les bédés, ce ne sont que des petits Mickeys, du divertissement pour les enfants, mais en aucun cas des lectures pour adultes.

Si vous saviez le nombre de gens qui m’ont seriné cela, durant ma vie d’adulte (dans ma vie réelle, pas sur le Net)…

Heureusement, certains comprennent un jour que non, les bédés ne sont pas que des trucs avec des dessins pour divertir, mais qu’elles peuvent aussi instruire, parler de choses on ne peut plus sérieuses, comme l’Histoire et quelques unes de ses pages les plus sombres.

Ce premier tome du diptyque est horriblement sombre, non pas à cause de sa palette de couleurs (bien qu’aucune ne soit joyeuse), mais en raison du comportement inhumain de l’Homme.

L’histoire commence dans un train, un convoi de prisonniers, coincé entre Malines et Louvain (Leuven, pour parler correctement).

Ce train, muni de barbelés aux ouvertures d’aération, vient de quitter Bruxelles et sa direction est Auschwitz. Le genre de voyage que personne ne voudrait faire. Hélas, la plupart des occupants ne savent pas ce qu’il va se passer. Le lecteur oui et le cœur se serre.

Ensuite, délaissant le train sur ses rails, le scénariste va faire quelques bons en arrière, remontant le fil du temps, donnant à ses lecteurs les quelques grandes lignes de ce qui eut lieu après 1933, revenant un bref instant sur la Première Guerre Mondiale où bien des Allemands Juifs tombèrent pour la patrie et pour rien puisque ensuite, on effaça leur nom des monuments, on leur retira leurs droits de citoyens allemands, on les brima, on brisa leurs commerces, leurs familles, leurs vies…

L’antisémitisme monte chaque jour dans la population allemande, la répression devient de plus en plus terrible et la population allemande (non juive) a le droit de tout faire aux Juifs, rien n’est sanctionné.

L’État, lui, ne se privera pas de confisquer tous les biens, ainsi que l’argent, aux Juifs qu’il déporte. Comme l’Espagne l’avait déjà fait du temps de Torquemada, s’appauvrissant de la sorte, puisqu’elle envoyait ailleurs des travailleurs, des commerçants, des gens prospères qui enrichissait le trésor de la royauté.

La population change très vite de comportement et ne se prive pas de participer aux pogroms, de vandaliser les établissements juifs, leurs maisons… L’effet de meute est présent et même un modéré comme Wilhem, l’ami d’Olya, frappera son père, à terre.

Les dessins des visages sont fort expressifs. Le scénario prend déjà aux tripes, les dessins achèvent de nous les serrer.

Plusieurs personnages vont se croiser, dans ce premier tome, qu’ils soient juifs allemands, soldats ou sale type habillé de noir avec tête de mort sur le képi, ou gamin dans les jeunesses de qui vous savez.

Les destins se recoupent, se rejoignent, s’entremêlent et on se doute que dans le second album, nous connaîtrons le rôle que chacun jouera dans cette abjection génocidaire.

Un premier album qui m’a mise à terre. Et pourtant, je sais ce qu’il s’est passé, j’ai lu beaucoup, j’ai eu souvent mal au bide et malgré tout, ça me fait toujours le même effet : peine, tristesse, incompréhension.

Je respire un grand coup et je vais de suite lire le second…

Chronique du tome 2 publiée à 14h.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°31).

Bandidos – Diego Martín 03 : Marc Fernandez

Titre : Bandidos – Diego Martín 03

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Préludes (2018)

Résumé :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid (🇪🇸). Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine.

Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.

Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires (🇦🇷), où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…

Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur de l’acclamé Mala Vida, finaliste du Prix des lectrices de Elle, et de Guerilla Social Club, revient avec un nouveau polar aussi trépidant que furieusement engagé, à l’arrière-plan historique fascinant.

Critique :
Dernier volet de la trilogie consacrée aux enquêtes de Diego Martín. Cette fois-ci, nous ferons le grand écart entre l’Espagne et l’Argentine, où ont eu lieu deux crimes similaires, à 20 ans d’intervalle.

Les romans de Marc Fernandez n’hésitent pas à sortir les cadavres des malles de l’Histoire, les squelettes des placards des dictatures sud-américaine ou espagnole.

C’était un véritable plaisir de retrouver les personnages avec lesquels j’ai déjà partagé des aventures dangereuses, mais des plus instructives, notamment avec les bébés volés sous les dictatures.

Ici, on parlera plutôt de liberté de presse, d’assassinats de journalistes, de censure, d’intimidations et de politiciens qui font la pluie et le beau temps. Puisque nous irons en Argentine, l’auteur nous fera repasser par les locaux de l’Asociación Madres de la Plaza de Mayo (Les Mères de la place de Mai). Il ne faut pas les oublier non plus !

Dans les romans de Marc Fernandez, il est toujours question de corruption, de pouvoir absolu, de dictatures, qu’elles soient anciennes ou d’époque.

N’allez pas croire que ses bouquins sont les mêmes, bien qu’ils se ressemblent, qu’il y ait des leitmotiv qui reviennent, qu’ils possèdent des sujets communs, ils ont tous un ADN différent, bien qu’issu de la même origine : les exactions des dictatures. Et on aura toujours à dire sur le sujet.

Diego va devoir fouiller dans un passé sordide que certains ne veulent pas voir remonter à la surface et qui feront tout pour le laisser dormir. D’ailleurs, ce roman réserve quelques surprises de taille. J’en avais vu une venir de loin, par contre, la suivante, elle m’a pris par surprise.

Diego est un journaliste pugnace, il ne lâche jamais rien, il est intrépide, un peu fou, il aime la vérité par-dessus tout et surtout, recouper ses infos !

Dans un monde où il faut aller de plus en plus vite afin d’être la premier et de faire le buzz, se permettre le luxe de vérifier et de recouper ses infos, c’est presque se tirer une balle dans le pied. Heureusement que Diego fait encore son travail, qu’il est libre dans sa tête (♫).

Mon seul léger bémol sera pour la manière dont sont présentés une partie des dialogues… Au lieu de faire parler ses différents personnages, l’auteur a choisi de garder la forme de la narration neutre avec « Il lui demanda » et « elle lui répondit », ce qui casse un peu le rythme et donne l’impression d’avoir des dialogues aseptisés.

Hormis cette petite critique, j’ai apprécié le roman qui s’en va fouiller dans les poubelles pour déterrer les cadavres bien planqués des dictatures.

Dans le roman, rien n’est tout à fait noir, rien n’est tout à fait blanc, c’est nuancé et on sent bien que tout le monde ne fait pas toujours ce qu’il aimerait faire, que les libertés sont contrôlées en Amérique du Sud, obligeant certains à manger à la table du Diable, où la longue fourchette ne sert à rien.

Un roman dont le récit alterne entre l’Espagne et l’Argentine, une enquête dangereuse, un méchant mégalo qui racontera tout à Diego à la fin (un peu cliché, mais bon), des amis qu’il fait bon d’avoir auprès de soi, de la corruption politique (oxymore), des squelettes dans les placards et des personnages que l’on n’a pas envie de quitter à la fin de sa lecture.

Merci à toi, Diego Martín, de m’avoir fait découvrir ton univers de journaliste d’investigation, tes amis fidèles et le petit café où vous vous réunissez tous et toutes. N’oublie pas de rester prudent, mon cher Diego et d’embrasser ton père littéraire qui a fait en sorte que j’aille me coucher moins bête après avoir lu 4 de ses romans.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°211] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°30).

Z comme Don Diégo – Tome 2 – La loi du marché : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : Z comme Don Diégo – Tome 2 – La loi du marché

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dargaud (2012)

Résumé :
Ce 2e épisode de Z comme don Diego voit arriver don Winnero de la Gagna, le nouvel instituteur plutôt beau gosse, dans le village.

Sexoualidad en tombe immédiatement amoureuse, ce qui plonge don Diego dans la déprime.

Cerise sur le gâteau, un nouveau justicier, Wolverino, fait son apparition et, très vite, supplante Zorro dans le coeur du peuple. Bien entendu, Wolverino n’est autre que don Winnero de la Gagna… et pour Zorro, c’est la déprime totale !

Critique :
Après une lecture d’une bédé qui ne m’a pas plu du tout, il me fallait revenir à de la valeur sûre, alors, je me suis précipitée sur le tome 2 des folles aventures de Don Diego.

Au moins, j’avais l’assurance que j’allais rire et oublier l’actualité morose.

L’intro faite par Bouzard m’a déjà fait sourire…

Ensuite, je me suis replongée dans les mésaventures de ce pauvre Don Diego, Le Zorro, qui est bien loin de celui qui fit passer à bien du monde, des soirées télé agréables et en famille. Ici, nous sommes dans la parodie.

Notre justicier masqué est toujours fou amoureux de la belle Sexoualidad, mais il a de la concurrence en la personne du beau et blond nouvel instituteur, sans compter qu’il a aussi de la concurrence avec Wolverino, le nouveau justicier masqué, en tunique jaune et bleue.

Pauvre, pauvre Zorro Don Diego qui ne fait pas le poids…

Les gags sont sous forme de strips en deux bandes de 3 cases, les dessins sont toujours aussi drôles, toujours aussi fous (je ne vous parlerai pas des chevaux), il faut aimer, mais je trouve qu’ils vont bien à ce genre d’humour un peu potache, parsemé de situations où le scénariste pousse ses gags dans le grotesque de situation, sans jamais franchir la ligne rouge et devenir non drôle.

Sans hurler de rire, j’ai passé un bon moment, avec un sourire un peu bête affiché sur ma trogne, durant toute la lecture.

Un plaisir non remboursé par les mutuelles, dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 40 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°29).

Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca : Laurent Moënard et Nicolas Otéro

Titre : Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca

Scénariste : Laurent Moënard
Dessinateur : Nicolas Otéro

Édition : Glénat – Vécu (2008)

Résumé :
Janvier 1917. Pendant que l’Europe se déchire en boucheries guerrières, le Mexique (🇲🇽) entame sa huitième année de révolution, organismes de défense des paysans, comités de soutien aux grands propriétaires terriens, milices pro ou anti-américaines : toutes les sensibilités s’expriment avec violence dans ce pays troublé.

Et c’est cet instant que choisit justement l’État-Major allemand pour débarquer dans le plus grand secret au Mexique afin de proposer à son président une alliance militaire contre la restitution des territoires annexés par les Américains.

Menés par de bas intérêts humains et politiques, les dirigeants des deux pays vont sans le savoir réveiller la lutte millénaire entre Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, et son ennemi juré Tezcatlipoca…

Critique :
En 1917, en Europe, la Première Guerre Mondiale fait rage. Au même moment, un sous-marin allemand débarque 4 hommes en toute discrétion, non loin de Vera Cruz, au Mexique.

Les Allemands ne veulent pas que les américains entrent en guerre et ils magouillent en schmet pour que le Mexique se rallie à la cause allemande et attaque les États-Unis si ceux-ci font mine de vouloir s’engager dans la guerre.

La récompense ? Que le Mexique puisse annexer le Texas, le Nouveau Mexique et l’Arizona…

Pas de bol, la première chose qui foire, dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même ! Voilà nos émissaires prisonniers d’un un groupe de révolutionnaires mexicains. Au Mexique, cela fait 8 ans que la révolution dure.

Pour les dessins, je ne deviendrai pas fan de ceux de Nicolas Otéro. Les traits des visages sont anguleux, moches et peu expressifs.

Si le scénario commence avec des faits historiques comme le Télégramme Zimmermann (*) et la révolution Mexicaine, il y a aussi un autre élément important : la mythologie aztèque. Les dieux Quetzalcóatl et Tezcatlipoca sont ennemis depuis toujours et se sont déjà battus.

Hélas, on a l’impression qu’on force le raccord entre les révolutionnaires mexicains, qui ont fait appel à la cavalerie américaine pour prendre en charge les prisonniers (contre des armes et du fric) et l’arrivée de la grande prêtresse qui voit dans un prisonnier allemand la réincarnation de Quetzalcóatl.

Tout est brutal, violent (oui, je sais, ce n’est pas l’époque des Bisounours) et arrive un peu trop précipitamment, alors que nous ne savons que peu de choses sur les différents protagonistes de l’histoire.

La mise en page de certaines cases rend le récit brouillon et confus à certains moments.

En terminant cette bédé, je me demande bien si je vais poursuivre le carnage ou abandonner pour désintérêt de la chose.

(*) Le télégramme Zimmermann est un télégramme diplomatique qui a été envoyé le 16 janvier 1917 par le ministre des Affaires étrangères de l’Empire allemand, Arthur Zimmermann, à l’ambassadeur allemand au Mexique, Heinrich von Eckardt, au plus fort de la Première Guerre mondiale. Il donnait l’instruction à l’ambassadeur de se mettre en contact avec le gouvernement mexicain pour lui proposer une alliance contre les États-Unis. Intercepté et déchiffré par le Royaume-Uni puis rendu public, son contenu a accéléré l’entrée en guerre des États-Unis.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 44 pages), et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°28).

bande dessinée, historique, western, uchronie, espionnage, croyances, religions, guerre civile, mythologie, mexicains, Mexique

Trois vautours : Henry Trujillo

Titre : Trois vautours

Auteur : Henry Trujillo 🇺🇾
Édition : Actes Sud – Actes noirs (2012)
Édition Originale : Tres buitres (2007)
Traduction : Alexandra Carrasco

Résumé :
Pour gagner de quoi quitter l’Uruguay, un jeune homme accepte de passer une voiture en contrebande en Bolivie. Là-bas, il rencontre une magnifique paumée qui lui vole son passeport.

Pour le récupérer, il devra s’enfoncer encore un peu plus dans la marginalité. Un roman noir plein de misère et d’espoir.

Critique :
Les auteurs Uruguayens ne se battent pas dans mes étagères, Henry Trujillo étant le seul représentant de ce pays d’Amérique du Sud.

C’était donc une bonne occasion de profiter du challenge Mois Lusophone pour le sortir.

C’est un roman noir, indubitablement. La misère est présente, même si elle semble décrite de manière ténue par l’auteur.

Malgré tout, on sent bien sa présence dans les décors, les villages, les villes, les personnages, leurs actions…

Dans l’émission Top Chef, les chefs le disent tous : il faut du goût, du goût, du goût ! De l’audace, mais surtout du goût. Hélas, c’est ce qui a manqué dans ce roman noir : du goût, du peps, du sel, du rythme.

Tout est un peu lent, sans pour autant que le récit devienne intéressant. Le personnage principal manque de relief, de profondeur, est terne et il semble être le spectateur de sa propre vie.

Le tout manquant de cohérence, comme si l’auteur n’avait pas réussi à faire le lien entre ces différents chapitres, comme si personne ne savait vraiment où il allait aller. Le style est sans doute trop dépouillé.

Dommage parce que la description de la misère était bien réalisée, sans en faire de trop, sans sombrer dans le pathos. Avec quelques situations, nous avions déjà compris que nous étions chez les paumés, les miséreux, ceux qui tirent le diable par la queue.

Les décors étant en harmonie avec ces pauvres gens : perdus, arides, secs, poussiéreux.

Le final nous plongera dans une histoire glauque à faire frémir et on se dit que cela ne pouvait finir qu’ainsi pour certaines personnes.

Bon, une lecture à oublier, l’étincelle n’ayant jamais eu lieu (et pourtant, je n’ai sauté aucune pages, ce qui est paradoxal).

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°27) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Uruguay).

La véritable Histoire vraie / Les méchants de l’Histoire – T03 – Torquemada : Bernard Swysen et Marco Paulo

Titre : La véritable Histoire vraie / Les méchants de l’Histoire – T03 – Torquemada

Scénariste : Bernard Swysen
Dessinateur : Marco Paulo

Édition : Dupuis (10/05/2019)

Résumé :
En 1474, Isabelle de Castille devient enfin reine, après bien des péripéties. Elle a épousé quelques années auparavant Ferdinand, héritier de la couronne d’Aragon dont il héritera en 1479.

À eux deux, ils réunifient ainsi l’Espagne et deviennent « les rois catholiques ». À eux deux seulement ? Non. Dans leur ombre agit un moine bénédictin particulièrement austère et dévot : Tomas de Torquemada.

Issu d’une famille de juifs convertis quelques générations auparavant, il est convaincu que les royaumes de Castille et d’Aragon doivent être sauvés des hérétiques. Il y consacrera sa longue vie.

Véritable stratège politique, il va réussir par l’intermédiaire royal à récupérer les pleins pouvoirs de la part de l’Église catholique sur les tribunaux de l’Inquisition. Il les unifiera dès lors et en deviendra le chef suprême durant quinze ans.

Premier Grand Inquisiteur espagnol, ombre noire du pouvoir, il va donner une dimension brutale et violente aux jugements et persécutera les juifs espagnols sans relâche.

Sous sa gouvernance, l’Inquisition aura un pouvoir sans précédent. Il mourra à 77 ans après avoir rédigé le Code de l’inquisiteur qui sera utilisé durant des années. Il serait responsable de 2 000 exécutions et de 100 000 cas examinés au cours de sa carrière.

Cet ouvrage, préfacé par Jean-Pierre Dedieu (historien spécialiste de l’Histoire de l’Espagne et de l’Inquisition espagnole) , propose un regard pimenté et vrai sur ce personnage historique.

Critique :
Cette bédé commence par une introduction, afin d’éclairer un peu le futur lecteur sur ce que fut l’Inquisition et ce n’est pas une chose simple à expliquer, même pour les historiens.

Au départ, elle n’était pas celle que nous pensons connaître, tous et toutes.

Ces informations de départ sont plus que nécessaires afin de remettre l’église au milieu du village et de mettre fin à des légendes, des exagérations et autres calembredaines que l’on raconte.

Attention, l’Inquisition Espagnole n’était pas un ange non plus ! Comme dans les régimes totalitaires, les inquisiteurs avaient les moyens de vous faire parler, de vous condamner pour des broutilles, de vous faire avouer tout et n’importe quoi, ainsi que d’aller dans l’absurde pour condamner encore plus de monde… Ben oui : « si tu ne l’as pas fait, tu aurais pu le faire »… Même les morts ne sont pas à l’abri de la folie religieuse et purificatrice de Torquemada.

La bande dessinée utilise des dessins assez humoristiques pour nous narrer la vie du petit Tomás de Torquemada, né en 1420 à Valladolid ou Torrequemada (la tour brûlée), dans le royaume de Castille.

On ne peut pas dire qu’il nous inspire de la sympathie, ce gamin, même bébé, tant sa tronche donne envie de partir loin de lui. Il fait la gueule, passe son temps à l’église, il ne rit jamais, ne joue jamais avec les autres enfants, il déteste les friandises… Il est tout simplement sinistre !

Il y a de l’humour dans cette bédé historico-biographique, mais pas que… Oui, on sourit souvent, mais dans le fond, on grince aussi des dents devant la foi de Torquemada qui tourne au fanatisme pur et dur, devant les tortures, les illogismes, les exactions…

Le moindre péché devient un péché mortel et il voudrait purifier l’Espagne des Juifs, Musulmans et des conversos, ces convertis à la foi catholique, mais qui continue de pratiquer leur ancienne foi.

Les dialogues sont caustiques, cyniques, l’humour pratiqué est noir. Il est bien dit aussi que le fait de chasser tous les Juifs d’Espagne (par un décret qui ne fut abrogé qu’en 1967) a considérablement appauvri l’Espagne, enrichissant la France, l’Angleterre, Rome, la Turquie, grâce à l’arrivée des migrants Juifs.

Voilà donc une bédé qui allie, avec équilibre, l’humour et l’Histoire, la légèreté de ton et l’indicible, le tout avec du cynisme. J’aime ça. On est tout à fait capable de faire passer des messages importants, de parler de choses graves, tout en les enrobant d’humour noir ou d’ironie. J’ai toujours trouvé cela plus percutant.

Que l’on ne s’y trompe pas : si l’auteur donne l’impression de rire de tout cela, il n’en est rien. La pilule passe juste autrement. Les exactions commises par l’Inquisition Espagnole ne furent ni les premières, ni les dernières, hélas. Ce genre de comportements, totalement iniques, reviennent régulièrement, à d’autres endroits de la planète.

J’ai maintenant envie de découvrir les autres bédés de cette saga, consacrée aux méchants de l’Histoire.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°26).