Les Aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 2 – Le Cercle des héritières : Laurie R. King

Titre : Les Aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 2 – Le Cercle des héritières

Auteur : Laurie R. King
Édition : Michel Lafon (2004)

Résumé :
Décembre 1920. Mary Russell atteint sa majorité, entre en possession de son héritage, et décide de goûter enfin les plaisirs de la liberté.

Sa première escapade s’impose d’elle-même : Londres et ses rues tentaculaires qu’elle aime sillonner, en pleine nuit, de préférence grimée en homme et affublée de vieilles nippes dépareillées.

Une camarade d’Oxford réussit pourtant à l’entraîner aux réunions d’une secte féministe dont les recrues sont toutes élégantes, riches, et bien nées.

D’emblée, Mary est intriguée par cette église subversive et sa curiosité s’accroît encore lorsque plusieurs adeptes sont assassinées.

Ravalant sa fierté, elle appelle à la rescousse son ami, mentor, partenaire de prises de bec et compagnon d’armes : Sherlock Holmes.

On savait le grand détective misogyne. Cette fois, il est servi.

Critique : 
Tiens, voilà un roman que j’avais lu et dont je n’ai même pas pris la peine de rédiger une chronique en son temps…

Pourtant, je revois encore le bandeau-titre rouge proclamant « Vive la King. Laurie R. King gagne du terrain sur sa rivale Patricia Cornwell ».

Rien qu’avec ma première expérience de lecture du duo improbable qu’était Holmes et Mary Russell, ajouté avec la référence à Patricia Cornwell, j’aurais dû sentir la couille dans le pâté et passer mon chemin, mais que voulez-vous, quand on collectionne les apocryphes holmésiens…

Bon, avant de dire des méchancetés, parlons des bonnes choses qu’il y a quand même à dire sur ce roman : l’ambiance qu’ils règne en Angleterre après la Première Guerre (hommes cassés, drogués, traumatisés, mutilés,…) ainsi que la description de la condition des femmes en 1920.

Une partie du boulot est fait, mais il reste encore tellement à faire pour que nous ayons un peu plus de droits.

Pour les porteurs de service trois-pièces de l’époque (et pas qu’au temps de Victoria), nous sommes faibles intellectuellement, nous devons être soumises à nos maris, sous leur protection…

Encore un peu, on verrai déjà s’agiter le spectre des K.K.K – non pas le Ku-Klux-Klan  cher à Trumpette, mais le tout aussi terrible « Kinder, Küche und Kirche » (enfants, cuisine et église) cher à certains claqueurs de talons et au bras raide tendu devant eux.

En ce temps-là, les femmes foutues à la porte par leur cher et tendre époux sont à la rue, sans revenus, sans droits, sans rien que leurs yeux pour pleurer, mais d’autres femmes sont là pour veiller et aider leurs consœurs à sortir de la misère.

Veronica Beaconsfield fait découvrir ce petit monde à Mary Russel, qui à l’aube de sa majorité, attend toujours de toucher son héritage et s’est, en plus, disputée avec Sherlock Holmes.

Comment ces deux-là vont-ils se retrouver ? Grâce aux crimes ignobles qu’il va y avoir dans ce temple féministe. Qui a dit que le crime ne payait pas ??

Si le premier opus était « passable », le deuxième est plus lourd et moins bon.

On nous présente Mary Russel comme une jeune fille intelligente, débrouillarde, une sorte de Sherlock Holmes en version femme et il y a des moments où je l’ai trouvée peu inspirée, maladroite, lente d’esprit et elle m’a couru sur le haricot à force de nous répéter tout son amour pour le détective, qui, en 1920, à plus de 60 ans, alors qu’elle n’en a que 21 (même pas).

Holmes lui, a perdu de sa superbe et à plus les traits d’une nounou devant s’occuper de sa jeune élève que du détective brillant de Baker Street. À se demander qui va devoir changer les couches de qui…

Il a dû paumer son ton caustique, son ironie grinçante, son excentricité, bref, tout ce qui fait LUI. Je n’ai rien contre un Holmes amoureux, mais pas en version fleur bleue non plus, et là, nous n’en sommes pas loin.

Dois-je vous parler de ce pauvre Watson qui n’a qu’un petit rôle, et c’est tant mieux, parce que le pauvre vieux en a pris un coup niveau intelligence, puisqu’il est décrit comme un crétin… Un peu comme le Watson dans les vieux films avec Basil Rathbone. Honteux et pas canonique un Watson imbécile.

Mais bon, trêve de méchanceté, faut encore nous résoudre cette enquête qui traine un peu en longueur, où il y a trop de blablas insignifiants qui ne font avancer aucune cause, ni celle de la femme ni celle de l’enquête, sans oublier qu’on nous balance des faits sans nous préparer, comme ça, hop, ni vu ni connu j’t’embrouille et je te balance dans les dents que Holmes a eu un fils (avec qui ? Quand ?) et qu’il est mort.

Point à la ligne, merci, on passe à autre chose.

Puisque c’est ainsi, revenons-en à notre société de femmes prêtes à changer la société : ben, une fois la parlotte terminée, ça cause chiffon, ça parle pour ne rien dire, donnant presque raison à ces mâles qui les voient comme des créatures intellectuellement déficiente, sans compter que ces femmes ont plus des airs d’agnelles que de Rambo prête à rejouer une journée en enfer.

Et puis, j’ai parfois eu l’impression que l’auteur traitait ce sujet par-dessus la jambe, comme si, après avoir bien commencé à nous parler de ces sujets brûlants, elle passait à autre chose de moins important.

Quant à Holmes, il ne trouve rien de mieux que de demander la main de celle qu’il considérait un peu comme sa fille, pas parce qu’il l’aime (qu’il dit) mais pour ne pas que ça jase, une jeune fille qui bosse avec un homme d’âge plus que mûr. Et si je crois celle-là, tu m’en racontes une autre ??

Un 4ème de couverture qui m’avait mis l’eau à la bouche en son temps et qui, comme un politicien en campagne électorale, n’a pas tenu ses promesses et a fait un gros PCHIITTT en se diluant dans tous les sens.

Allais-je être assez dingue pour acheter et lire le 3ème tome ?? Le suspense ne sera pas à couper au couteau puisque j’ai été assez dingue que pour relui ce deuxième tome (en diagonale, n’appelez pas l’asile, merci).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver)et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

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[SÉRIE] Ripper Street – Saison 5 – La série qui arrêtera d’éventrer après cette ultime saison

Si Ripper Street n’a pas été renouvelée pour une saison 6, la série de Richard Warlow promet de se terminer sur un bang au vu de la bande-annonce que vient de mettre en ligne Amazon UK.

Le service de vidéo à la demande a confirmé que cette ultime saison raconterait une seule et unique histoire, avec nos héros en fuite, forcés de travailler en dehors de la loi alors qu’ils poursuivent le plus insidieux ennemi qu’ils ont rencontré à ce jour.

La décision de mettre un terme à Ripper Street fut par ailleurs créative, selon les dires du créateur.

Ce dernier a insisté sur le fait que tout le monde était d’accord pour arrêter le show, personne ne voulant voir la Division H passait le cap de 1900.

Ripper Street arrive alors à une fin naturelle, qu’elle n’a par ailleurs pas failli obtenir lorsque BBC One a annulé la série au bout de sa saison 2.

Elle fut donc sauvée par Amazon qui proposera ainsi la cinquième et dernière saison à partir du mercredi 12 octobre 2016.

Ce que j’en ai pensé : 
J’avais pensé que la saison 4 serait la dernière, mais dans les épisodes 5 et 6, j’avais bien senti qu’il était impossible de la clore sans une autre saison en plus.

Surtout que l’épisode final de la saison 4 était horriblement bourré de suspense et de sang.

Mais comment ont-ils osé m’enlever ce personnage que j’adorais, moi ??

Mais bon, revenons à nos moutons égorgés… Ou à nos cadavres boulottés par une mâchoire humaine, qui, tel un vampire, leur arrache la gorge et qui, tel le Golem de la légende juive,  tue selon le bon vouloir de celui qui le commande.

Nous savons qui il est, nous connaissons ses protections, son caractère et nous avons envie de l’abattre.

Oui mais… La force de cette dernière saison est de mettre en avant celui qui est le Golem, cette créature humaine qui a plus d’une bête que d’un humain.

Enfin, c’est ce que je pensais avant de passer quelques épisodes avec lui et de me rendre compte que sous cette bête, il y a un humain, un Homme qui aimerait vivre une vie paisible, mais qui a du mal à juguler ses pulsions meurtrières.

Comment en est-il arrivé là ? À cause de la violence des autres Hommes qui ne savent que tuer ou massacrer ce qui est différent d’eux, notamment au niveau de la religion, de la race et les pogroms ne sont pas des actes qui resteront sans traces sur certains de ceux qui les ont subis.

Le Mal prend ses racines très loin et lorsqu’on analyse le pourquoi du comment tout s’est mis en branle, on se dit aussi que si Long Susan n’avait pas voulu voir son fils, si Bennett Draka avait cru son épouse, si elle n’avait pas parlé à LA personne à laquelle il ne fallait pas parler, si nous avions été dans un quartier chic et pas à Whitechapel, et bien, nous ne serions pas dans cette merde !

Un final rempli de suspense et de moments plus calmes, avant que l’enfer ne se déchaîne de nouveau sur nos amis et que tout ne s’effondre autour d’eux.

Une saison qui m’a fait apprécier un personnage que je n’aurais pas dû apprécier car c’est un tueur, mais il a un fond humain, et ça change tout…

Un dernier épisode qui commence fort et se termine plus lentement, un épisode qui clôt le tout, qui revient en partie sur les évènements de 1888 aux travers des souvenirs de Edmund Reid qui a du mal à tourner la page du nouveau siècle qui commence dans les dernières secondes de cet ultime épisode.

Je maudis les scénaristes, par contre, pour un événement qu’ils sont arriver dans les ultimes minutes de cet épisode final et qui n’apportera rien à l’histoire, si ce n’est de nous priver d’un ultime membre de cette équipe de policiers alors qu’il était parti au loin. Un personnage que j’aimais, bande de salauds !!

Une série que j’ai appréciée, adorée, malgré ses quelques petits défauts et qui me manquera.

Mais on ne pouvait pas continuer les enquêtes de la Division H en 1900, elle était trop emblématique de 1888.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Frank Sinatra dans un mixeur : Matthew McBride

Titre : Frank Sinatra dans un mixeur

Auteur : Matthew McBride
Édition : Gallmeister (04/05/2015)

Résumé :
Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course.

Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot.

Ou de la noyade dans le Missouri.

Critique :
Si vous êtes à la recherche d’un roman noir couillu, déjanté, barré, politiquement incorrect, avec un détective alcoolique devenant diaboliquement efficace après quelques verres d’alcool, alors, munissez-vous de plusieurs Corona, d’une boite d’Oxycontin, de croquettes pour chiens et installez-vous dans un fauteuil confortable.

Un roman noir barré, c’est le cas de le dire !

Les personnages que l’on croise dans ses pages ne sont pas vraiment fréquentables et Nick Valentine, notre détective, a tout du détective des romans noirs car, en plus de boire comme un trou, il flirte aussi dangereusement avec la ligne rouge, qu’il franchi bien souvent.

L’alcool peut être le pire ennemi d’un homme,
Mais la bible nous dit d’aimer nos ennemis. [Frank Sinatra]

Je dirais même qu’il flirte aussi avec la ligne blanche qu’il n’hésite pas à sniffer de temps en temps, quand ce ne sont pas ses médocs qu’il transforme en poudre pour qu’ils fassent plus vite effet.

Je plaçai un OxyContin 20 milligrammes au milieu d’un billet d’un dollar que je repliai serré, et je réduisis le comprimé en poudre avec le bord rond d’un Bic. Je frottai le papier entre mes doigts pour le broyer aussi fin que possible.

On pourrait croire qu’avec pareil cocktail dans les veines, Valentine serait un piètre détective privé, mais loin de là, il a du flair et son ami le commissaire fait souvent appel à lui pour résoudre certaines de leurs enquêtes complexes, comme cet homme retrouvé pendu à une poutre dans sa cave. Poutre tellement solide que Valentine aurait pu la briser avec sa bite (c’est lui qui l’a dit).

Norman Russo avait bien choisi sa journée pour se tuer. Il faisait un temps de merde et il n’y avait rien à la télé. Je ne la regardais pas tant que ça, moi-même. J’avais mieux à faire. Boire, par exemple.

— Et il attache la corde à une planche si mince que je pourrais la casser en deux avec ma bite.

Si du côté de la loi (faut le dire vite) nous avons un détective alcoolo avec la détente facile, de l’autre côté, nous avons des malfrats qui viennent de cambrioler une banque dans une camionnette de boulangerie, mais c’étaient deux branquignoles de première classe !

Par contre, Sid (dit l’Angliche) et Johnny Sans Couille, au service de leur patron, eux, ce sont des vrais méchants qui aiment jouer au puzzle avec certaines personnes qui auraient énervé sévère leur boss, ou joué avec ses pieds.

Johnny Sans Couilles était aussi inutile qu’une paire de nichons sur un poisson. Mais M. Parker l’adorait et lui avait même inventé son surnom. Johnny Sans Couilles était une merde molle, mais en fin de compte, il était marrant. À se pisser dessus de rire. Et c’est pour ça qu’il avait survécu aussi longtemps. C’était un comique.

La plume est drôle, sans être hilarante non plus, le tout dans des bonnes proportions, ce qui nous donne un sourire un peu béat face à l’histoire que nous lisons et face à ses personnages hauts en couleur, dont le plus drôle sera le chien de Nick Valentine.

Parfois les chiens valent mieux que les gens.

Frank se mit à aboyer et à m’emmerder. Je lui demandai s’il avait besoin d’aller chier.
— Aaarp.
Je pris le téléphone sans fil de mon bureau et emmenai Frank chier ses rondins dehors.

J’ai été surprise par les dialogues, car ils se présentent de temps en temps sous forme de narration et non de dialogues dans les formes de l’art. D’habitue, je n’aime pas trop ça, mais dans ce roman, ils sont passés comme un fourgon rempli de fric sur une autoroute déserte.

Big Tony dit que nous n’avions qu’une solution, que nous devions agir vite et bien. Il dit qu’une fois cette ligne franchie, on ne pourrait plus revenir en arrière. Je dis que les seules lignes qui m’intéressaient étaient les lignes tracées à la craie autour de leurs cadavres.

Niveau humour, comme je vous le disais, on ne se pissera pas dessus de rire, mais on a tout de même un joli sourire devant les métaphores, certains dialogues ou certaines des pensées de Valentine.

Une brunette qui sentait le cacao passa et me pressa l’entrejambe en toute simplicité, comme si nous étions au supermarché et que ma bite était un avocat.

Anybref, voilà un roman noir comme je les aime, c’est déjanté, c’est couillu, politiquement incorrect, l’humour y est grinçant et notre détective n’a rien d’un super héros, il boit comme un trou, se shoote, bouffe des médocs comme d’autres du chocolat, mais il a arrêté de fumer et de boire du café, parce que ce n’est pas bon pour la santé…

Jubilatoire, je vous le disais ! En plus, ça se lit d’une traite, comme Nick Valentine fait avec les alcools en tout genre. Mais attention, quand on a une descente telle que lui, faut éviter de manger ensuite.

Je n’avais qu’une règle en matière de boisson. Ne pas manger quand je buvais. Il n’y a rien de pire que de gâcher la torpeur induite par cinquante dollars de bières avec un hamburger à cinq dollars, alors je séparais toujours les deux. Comme devrait le faire tout bon ivrogne.

Il rit encore et me dit qu’ils avaient du café formidable. Le café était encore meilleur que les pains perdus. Il me demanda ce que j’en pensais.
Je dis à Ron que je détestais ça. J’avais renoncé au café depuis un certain temps ; j’apprécierais qu’il n’en reparle plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

 

[TAG] Les Séries

Le Renard Bavard m’ayant tagué, je vais jouer le jeu et répondre aux questions posées.

1. Ta série favorite de tous les temps

  • Friends, assurément ! D’ailleurs, lorsque repasse un épisode de Friends à la télé, je suis devant l’écran, connaissant une partie des répliques par coeur. De temps en temps, je me refais quelques saisons. Sauf la 10 que je ne regarde jamais plus car c’est celle où tout le monde part, et ça me rend trop triste. Dernièrement, je les regarde en V.O et je découvre des dialogues bien plus crus que ceux en V.F, de plus, en V.O, j’évite le changement des doubleurs pour Rachel, Joey et Chandler (à partir de la saison 9) car pour moi, ce fut une erreur et une horreur de virer les doubleurs parce qu’ils demandaient une augmentation salariale. Les nouvelles voix étaient et sont toujours affreuses.

2. La série que tu as un peu honte de regarder

  • Pour le moment, aucune. Toutes les séries que je regarde sont dignes d’être citées.
  • Avant, il fut un temps où j’étais accro de « Navarro », de « Julie Lescaut », de « Derrick » (n’appelez pas l’HP, merci) ou de « Premiers baisers » et « Hélène et les garçons ». J’ai un peu honte pour les séries de chez AB Productions, mais pour ma défense, je dirai que tout le monde regardait ! (oups, ça fait défense foireuse). Maintenant, je fuis devant de telles séries que j’ai adorées.

3. Ton personnage de série préféré

  • Si je vous répond Sherlock Holmes, ça vous étonne ?? Que ce soit celui de la série de la Granada ou celui de la série BBC.

  • J’ai aussi beaucoup de sympathie pour Tyrion Lannister et Jon Snow de « Game of thrones ».

4. Une série que tu as adorée alors que tu ne t’y attendais pas

  • Sherlock BBC ! Je m’entends encore pester contre cette transposition à l’ère moderne de Sherlock Holmes ! J’avais grincé des dents à l’époque, lorsque j’en causais avec une copinaute, Elyon, qui elle aussi voyait cette adaptation d’un très mauvais oeil. La suite nous prouva que non !
  • Elementary, l’adaptation holmésienne de Sherlock à New-York, avec Watson en femme. Je pensais que je détesterais, mais non, j’ai apprécié, j’ai même fini par accepter l’acteur jouant Holmes, c’est vous dire. Le niveau n’est pas aussi haut que la version anglaise de la BBC, mais elle est tout de même bien foutue et m’a fait passer de bon moment.

5. Une série de ton enfance

  • Les Chevaliers du Zodiaque… J’adore ! Même si avec l’âge adulte, je repère beaucoup plus les conneries scénaristiques et les temps morts à faire « argh je me meurs » ou les « aaaaaaaaah, je vais mourir ».

6. Ton crush dans le monde des séries

  • Heureusement que Google était là pour m’expliquer que le mot « Crush » vient de l’anglais « have a crush on someone » qui signifie littéralement craquer sur quelqu’un. À votre avis, sur qui aurais-je bien pu craquer, moi ?? Albator, tout d’abord… Le corsaire de l’espace me rendait toute chose.
  • Puis ce fut aussi Sherlock Holmes joué par Jeremy Brett dans la série de la Granada. Rhâââ lovely.

7. Une série que tu as abandonnée après plusieurs saisons

  • Lost… Je vais faire hurler mon Renard Bavard, mais à un moment, j’ai décroché, j’en avais marre qu’on me rajoute toujours des mystères sans m’en expliquer des plus anciens. Je me dis depuis des lustres que je devrais me la refaire en intégrale, maintenant que je peux tout pomper, mais je manque de temps. Dommage parce que putain, le démarrage de la saison 1 me laissait augurer un truc de folie.
  • 24h chrono : j’adorais, je suivais, je ne manquais pas un épisode, nous étions dans la saison 3 quand le chien de chez mes parents est décédé (la mère du mien). Bardaf, plus d’envie de regarder la télé. J’ai loupé quelques épisodes et je n’ai plus eu envie de suivre, la série me faisant toujours penser au décès de cette chienne que j’adorais.

8. Ta plus grande folie pour l’amour d’une série

  • Lorsque j’étais jeune (12 ans), j’adorais la série « Matt Houston » (je vous ai dit que je voulais la pomper ?? La série, bien entendu). Lorsque la fin des cours arrivaient, je ne me sentais plus et je rentrais à la maison volle gaz (vite) sur mes grandes jambes pour arriver à temps et m’en délecter.
  • Acheter l’intégrale de Friends à l’époque où les DVD coûtaient bonbons… On frôlait les 200€ à l’époque pour les 10 saisons dans un coffret Central Perk.

9. Ton méchant préféré

  • Je n’ai pas de méchant préféré, mais je dirais que j’aime un méchant qui est travaillé, qui n’est pas que méchant, mais qui a des défauts et des points faibles aussi. Ou qui fout la trouille à cause de sa folie ou pire, de son calme absolu et de sa voix douce. Je nominerai donc, à cette catégorie :
    • Joffrey Barathéon : pour son côté méchant détestable, agressif mais peureux et sans couilles quand il n’est pas protégé par sa famille ou ses gardes.
    • Ramsay Snow (Bolton) : pour son côté sadique en puissance, qui n’a peur de rien, lui.
    • Petyr Baelish, dit Littlefingers  : pour son côté retors, qu’on ne sait jamais vers quel côté il penche (le sien, sans aucun doute), ses manipulations, ses manigances, le fait qu’il sache tout sur tout le monde.
    • Moriarty (BBC) : parce que ce Moriarty là m’a trop fait flipper avec son humour grinçant et ses mimiques.
    • Jedediah Shine, le Detective Inspector de la Division K dans Ripper Street : pour ses colères, sa folie, sa haine et le fait qu’il puisse vous menacer des pires choses tout en gardant une voix calme.

10. La série que tout le monde aime, sauf toi

  • Apparemment, des tas de gens aiment Plus belle la vie, ben moi, pas !

11. Une série que tu as déjà revue au moins une fois en entier

  • Friends, bien entendu (3-4 fois) ! Et pareil avec The Big Bang Theory (1 seule fois) qui me fait rire.

12. Les séries que tu suis en ce moment

  • Ripper Street
  • Peaky Blinders
  • Penny Dreadful
  • The Big Bang Theory
  • Breaking bad
  • Capitaine Marleau
  • Grantchester
  • Et je ne vous cite pas toutes celles qui se trouvent dans mes DD et qui n’attendent que d’être vues !

Les nominés sont

Celui ou celle qui voudrait répondre au TAG ! Libre à vous de le faire, ou pas.

La Route au tabac : Erskine Caldwell

Titre : La Route au tabac

Auteur : Erskine Caldwell
Édition : Gallimard (02/06/1937)
Édition Originale : Tobacco Road (1937)

Résumé :
Ada, sa femme, malade, la grand-mère dont personne ne s’occupe, Ella May, la fille nymphomane au bec de lièvre, le fils Dude et la petite soeur âgée de douze ans, déjà mariée au voisin.

Le seul fil conducteur du livre est la faim et tous les stratagèmes imaginés par la famille pour tenter de la combler.

La réalité décrite par Caldwell, à peine déformée, est une vision du Sud très proche de celle de Faulkner, sur fond de modernisation et d’expropriation du monde rural. Mais, chez lui, l’angoisse est diffuse, non dite, comme si les personnages n’avaient aucune conscience de leur état.

Critique :
Dans la masse des sorties de 1937, j’avais ce petit roman de ce grand auteur qu’est Erskine Caldwell !

Petit à petit je comble mon retard dans les rentrées littéraires et donc, aujourd’hui, on met un oldies sous la lumière des projecteurs.

80 ans de retard dans la lecture, une paille ! Je ne fais pas mon âge non plus…

Direction la Georgie très profonde (et pas la Gorge) pendant cette période noire que fut Grande Dépression de 1929.

La famille Lester possède une maison délabrée sur la route au tabac et cette famille est ravagée par la faim et la misère… Le père Lester, son épouse Ada, leurs deux enfants et la grand-mère ne mangent pas à leur faim tous les jours. C’est même rare qu’ils mangent de tout leur soûl.

Là où elle habitait, sur la route au tabac, personne ne riait. Là où elle habitait, les filles devaient sarcler le coton en été, le ramasser en automne, et couper du bois en hiver.

— Quand j’ai bien mal au ventre, j’ai qu’à prendre une petite chique, et j’sens plus la faim de la journée. Le tabac, y a rien de meilleur pour conserver un homme en vie.

Non, ne plaignez pas le père, Jeeter Lester, il est seul responsable de la misère crasse dans laquelle il vit, lui et sa famille, car c’est un grand fainéant devant l’Éternel dont il pense que ce dernier va pourvoir à sa survie et faire pleuvoir de la nourriture sur sa pauvre carcasse.

Jeeter se demandait où Lov avait trouvé les navets. Il ne lui venait pas à l’idée que Lov eût pu les acheter. Jeeter, depuis longtemps, était arrivé à cette conclusion qu’on ne peut se procurer de quoi manger qu’en volant.

— Pourquoi que vous allez pas quelque part voler un sac de navets ? dit Dude. Vous n’êtes plus bon à rien. Vous restez là assis à jurer, parce que vous n’avez rien à manger, pas de navets. Pourquoi qu’vous allez pas voler quelque chose ? Vous n’pensez pas que Dieu va venir vous servir. Il n’va point vous faire tomber des navets du ciel. Il n’a pas de temps à perdre avec vous. Si vous étiez point si fainéant, vous feriez quelque chose au lieu de rester là à jurer.
— Mes enfants rejettent la faute sur moi parce qu’il a plu à Dieu de me réduire à la misère, dit Jeeter.

C’est beau de croire… Bien que chez lui, ce soit plutôt une des excuses dont il se sert à tout bout de champ.

— […] M’est avis, Lov, qu’j’ai qu’à attendre que le bon Dieu veuille bien pourvoir à nos besoins. On dit qu’Il prend soin de Ses créatures. J’attends qu’Il daigne s’apercevoir que je suis là. J’crois point qu’il y ait personne d’aussi mal en point que moi, d’ici à Augusta. Et dans l’autre direction non plus, entre ici et McCoy. Il semblerait que je suis le seul à n’avoir point de vivres ni de crédit. J’sais pas d’où ça vient, parce qu’enfin, j’ai toujours donné Son dû au bon Dieu. Lui et moi, on a toujours été honnêtes en affaires. Il serait temps qu’Il remarque dans quel pétrin je me trouve. J’vois point autre chose à faire que d’attendre qu’Il le remarque.

Il rejette la faute sur les autres : ce n’est pas de sa faute s’il ne sait pas cultiver son champs car personne ne veut lui vendre des semences et du guano à crédit, lui prêter une mule et il ne peut pas aller bosser à l’usine puisque Dieu l’a fait naître sur cette terre et donc, il doit y rester et y faire pousser du coton… mais puisque personne ne lui fait crédit… Le chien se mord la queue.

— […] J’peux pas gagner d’argent puisque y a personne pour me donner du travail. On n’veut plus de métayers. J’vois point où que j’pourrais me placer. J’peux même pas faire pousser ma propre récolte, d’abord parce que j’ai pas de mule, et ensuite parce que personne n’veut me donner de graines et de guano à crédit. Alors, j’peux point m’procurer de vivres ni de tabac, sauf de temps en temps quand j’peux porter une charge de bois à Augusta.

— […] J’ai ça dans le sang : brûler des herbes et labourer à c’t’époque-là de l’année. V’là cinquante ans bientôt que j’le fais, et mon père et son père étaient tout pareils à moi. Nous autres Lester, sûr qu’on aime retourner la terre et y faire pousser des choses. J’peux point m’en aller dans les filatures, comme font les autres. La terre me tient trop fort.

Jeeter Lester, c’est le type même de personne à qui l’on a envie de botter les fesses tant il n’arrête pas de se plaindre, de gémir, d’envier les autres et surtout, de reporter à demain ce qu’il pourrait faire aujourd’hui. Le roi de la procrastination, c’est lui ! Le plus gros poil dans la main, c’est lui qui le possède.

Pour tout ce qu’il voulait faire, Jeeter faisait toujours dans sa tête des plans très détaillés, mais, pour une raison ou une autre, il n’accomplissait jamais rien. Les jours passaient, et il était beaucoup plus facile d’attendre au lendemain. Le lendemain venu, il repoussait invariablement les choses jusqu’à un moment plus propice. Il avait employé cette méthode aisée pendant presque toute sa vie […]

Sur ses douze enfants vivants, dix sont déjà parti sans demander leur reste pour bosser en ville ou dans des usines. Les deux qui restent sont Dude, un garçon de 16 ans un peu simplet et Ellie May, pauvre fille pourvue d’un bec de lièvre et qui a le feu au cul.

— Ellie May s’comporte tout comme votre vieux chien quand ça le démangeait, dit Dude à Jeeter. Regardez-la donc qui se frotte le cul sur le sable. Votre vieux chien, il faisait le même bruit aussi. Comme un petit goret qui couine, pas vrai ?

— Dude n’est pas assez intelligent pour s’en aller. S’il était aussi malin que vos autres enfants il ne resterait pas ici. Il se rendrait compte de l’absurdité d’essayer d’exploiter une ferme étant donné l’état actuel des choses.

Ajoutez à cela que Jeeter est un pitoyable voleur, un faux croyant doublé d’un roublard avec un petit air lubrique, un prometteur des beaux jours qui ne tient jamais ses promesses… Bref, vous avez face à vous le portrait d’un type détestable et minable. Et pourtant, on a du mal à le détester…

— Quand tu n’voudras plus de ta salopette, tu devrais bien me la donner, dit Dude. J’ai jamais eu de combinaison neuve, autant que j’me rappelle. P’pa dit qu’il nous en achètera une à chacun de nous, un de ces jours, quand il aura vendu beaucoup de bois, mais j’ai jamais confiance dans ce qu’il dit. Il ne le vendra jamais son bois, pas plus d’une charge à la fois en tout cas. Il n’y en a pas comme lui pour mentir. M’est avis qu’il aimerait mieux mentir sur cette question du bois plutôt que d’en porter à Augusta. Il est tellement fainéant que, des fois, il n’a pas le courage de se relever quand il s’fout par terre, j’lai vu rester sur place près d’une heure avant de se relever. Le bougre d’enfant de garce ! J’en connais pas de plus fainéant.

On se demande même ce qu’il va nous inventer comme excuses pour ne pas accomplir le travail et le reporter aux calendes grecques !

— J’ai l’intention d’en porter demain ou après-demain, dit Jeeter. J’aime pas qu’on me bouscule. Il faut du temps pour se préparer à faire un voyage comme ça. Faut que je pense à mes intérêts. Mêle-toi de ce qui te regarde.
— T’es qu’un fainéant, t’es pas autre chose que ça.

— J’t’entends dire ça tous les ans, à la même époque, mais j’te vois jamais commencer. V’là bien sept ou huit ans que t’as pas creusé un sillon. Y a si longtemps que je t’entends parler de faire valoir cette ferme que je te crois plus maintenant. C’est que des menteries. Les hommes, vous êtes tous les mêmes. Et il y en a plus de cent comme toi, dans le pays. Parler, c’est tout ce que vous savez faire. Les autres s’en vont mendier, mais toi, t’es même trop fainéant pour ça.
— Écoute-moi, Ada, dit Jeeter. J’commencerai demain matin. Dès que les champs seront brûlés, j’emprunterai des mules. Dude et moi, on peut faire une balle par arpent, si je peux trouver de la graine et du guano.
— Pfff ! dit Ada en quittant la véranda.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous ses dehors de gros looser, de doux rêveur, de « procrastineur » et d’adepte des excuses faites pour s’en servir, Jeeter ne dit pas que des conneries quand il gémit sur le monde ou sur la vie.

Son discours, sur les banquiers qui prêtent des sous à de pauvres fermiers qui veulent de l’argent pour cultiver leurs terres, a tout de la critique et de la satire sociale : ces avides banquiers réclament leurs intérêts, le montant de la dette, et encore des intérêts et il ne reste qu’au pauvre fermier, après la vente de sa récolte, que quelques dollars en poche, ou pire, il se retrouve avec encore des dettes.

Il n’avait jamais traité avec personne d’aussi rapace que les banques de crédit. Une fois, il avait emprunté à l’une d’elles la somme de deux cents dollars […] Tout d’abord, on venait l’inspecter deux ou trois fois par semaine. La banque envoyait des gens à sa ferme pour essayer de lui apprendre comment planter le coton et combien de guano il lui fallait répandre sur chaque arpent. Ensuite, le premier de chaque mois, ils venaient toucher les intérêts de l’emprunt. Il ne pouvait jamais payer, et ils ajoutaient l’intérêt au capital et lui comptaient un intérêt sur le tout. En automne, le jour où il avait vendu sa récolte, il ne lui était resté que sept dollars. Pour commencer, il lui fallait payer trois pour cent par mois pour son emprunt, et, au bout de dix mois, il avait dû payer trente pour cent, sans compter un autre trente pour cent sur les intérêts non payés. […] Quand tous les comptes furent réglés, Jeeter s’aperçut qu’il avait payé plus de trois cents dollars et qu’il en retirait personnellement un profit de sept dollars. Sept dollars au bout d’une année de travail ne lui paraissaient pas une juste rétribution pour la culture du coton, surtout étant donné qu’il avait fait tout le travail et avait, par-dessus le marché, fourni le terrain et la mule. Il était même encore endetté, car il devait dix dollars à celui qui lui avait prêté la mule pour faire pousser son coton.

Un roman court dont la plume d’Erskine Caldwell m’a enchanté ! On dit toujours du bien de Faulkner pour parler du Sud Profond, mais c’est injuste de laisser Caldwell méconnu car il a tout d’un Grand et le portrait qu’il nous brosse du Sud durant la Grande Dépression vaut bien Faulkner et Steinbeck !

C’est cru, c’est trash, c’est la misère sociale, la misère morale, la misère crasse et la crasse absolue car cette famille se lave une fois l’an et a des habits qui partent en couilles.

— Bessie, dit-elle, il faudra que vous veilliez à ce que Dude se lave les pieds de temps en temps, parce que, sans ça, il salira toutes vos couvertures. Des fois, il reste tout l’hiver sans se laver, et les couvertures deviennent si sales qu’on ne sait plus comment faire pour les nettoyer.

Pourtant, j’ai passé un excellent moment de lecture avec cette famille improbable, mais comme il doit encore en exister, celles qui dans « Aide-toi et le Ciel t’aidera » ne retiennent que « Le Ciel t’aidera ».

— Ça ne fait rien, Lov. J’ai pas un sou, et toi, t’en as.
— Que voulez-vous que j’y fasse ? Le Seigneur nous aime tous également, à ce qu’on dit. Il me donne ce qui me revient, s’Il vous oublie, c’est avec Lui qu’faut vous entendre. Ça n’est point mes affaires. J’ai bien assez de mes soucis personnels.

Un grand roman noir…

Ellie May et Dude étaient les deux seuls enfants qui habitaient encore chez les Lester. Tous les autres étaient partis et s’étaient mariés. Quelques-uns étaient partis tout tranquillement, comme lorsqu’ils allaient au dépôt de charbon regarder les trains de marchandise. Quand, au bout de deux ou trois jours, on ne les voyait pas revenir, on comprenait qu’ils avaient quitté la maison pour toujours.

— Dieu a peut-être bien voulu que les choses soient ainsi, dit Jeeter. Il en sait peut-être plus long que nous autres, mortels. Dieu est un vieux malin. On peut pas le rouler, Lui ! Il s’occupe de petits détails que les simples mortels ne remarquent même pas. C’est pour ça que j’veux pas quitter ma terre pour aller à Augusta vivre dans une de leurs sacrées filatures. Il m’a mis ici, et Il ne m’a jamais dit de m’en aller vivre ailleurs. C’est pour ça que je reste sur ma terre. Si j’entreprenais de déménager pour aller dans une filature, ça pourrait peut-être me coûter cher, à la fin du compte. Dieu pourrait bien se fâcher, et me faire tomber raide mort. Ou bien, Il me laisserait peut-être attendre ma mort naturelle, mais Il me harcèlerait tout le temps avec un tas de petites diableries. Des fois, c’est comme ça qu’il punit les gens. Il nous laisse vivre, tout doucettement, mais il nous harcèle à chaque pas, si bien qu’on n’a plus qu’un désir, c’est d’être mort et enterré. C’est pour ça que j’veux point me précipiter dans les usines comme ont fait tous les gens autour de Fuller. Ils sont partis là-bas, et ils ont tous en dedans d’eux-mêmes ce grand regret de la terre, et ils ne peuvent pas revenir. Faut qu’ils restent. Voilà ce que leur a fait le bon Dieu pour leur apprendre à quitter leur terre. Il ne leur laissera point de répit jusqu’à ce qu’ils meurent.

Le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

PS : attention, la cigarette, c’est pas bon pour la santé ! 😆 Même si le tabac de l’époque de la Grande Dépression comportait bien moins de produits toxiques que celui d’après-guerre.

Magic time : Doug Marlette

Titre : Magic time

Auteur : Doug Marlette
Édition : Le Cherche midi (07/01/2016) / 10-18 (06/04/2017)

Résumé :
Quand Histoire et destinées individuelles se croisent…

1965. Alors que le mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi.

Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy.

De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes.

Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais.

Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

Doug Marlette retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques.

Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’œuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.

Critique :
En remontant le Mississippi… En remontant le temps… Le temps où une partie de l’Amérique se complaisait et se vautrait avec délices dans le ségrégationnisme.

« Bah, on ne faisait que suivre la mouvance », vous diraient-ils pour se défendre, un peu comme ceux qui dirent un jour qu’ils n’avaient fait qu’exécuter les ordres.

Autour de lui, il était admis que personne n’était « responsable » des souffrances des Noirs du Mississippi, à part les Noirs eux-mêmes, que la ségrégation faisait partie de l’ordre naturel de choses et qu’il était inutile de tenter d’y remédier.

Bienvenue dans le Sud profond, celui qui accroche encore des drapeau confédérés à ses murs, celui qui ne reconnait pas les droits des Noirs, celui prétend que seule la race Blanche est supérieure.

Jimbo prit joyeusement la place du New-Yorkais et fit remarquer à Bernhardt que l’emblème offensant en question n’était pas le drapeau sudiste à proprement parler, mais le drapeau de bataille des confédérés. « Vous ne reconnaîtriez pas le drapeau sudiste même si on vous torchait le cul avec. Personne n’en serait capable, cela dit. »

Les histoires de race semblent toujours camoufler des histoires d’argent.

Bienvenue en 1965 : alors que le mouvement pour les droits civiques commence à s’étendre dans tous les États-Unis, une partie des états Sudistes luttent encore et toujours contre la Loi qui donne des droits aux Noirs. Le Ku Klux Klan brûle des croix, exècre les Juifs, les communistes ou font disparaître des militants des droits civiques

— […] Mais peut-être que le Klan était le seul environnement social où il se sentait réellement supérieur. Je suis sûr que ton père était persuadé qu’il défendait tout ce pour quoi il avait travaillé dur. Son foyer, sa famille. C’est la duplicité du Sud dans toute sa splendeur : on agit en suivant nos plus bas instincts et on se convainc que ce sont les plus nobles.

La petite ville de Troy n’y fait pas exception et après la saga « Lanfeust de Troy » et celle de « Carter de Mars », voici le mélange des deux : « Carter de Troy », journaliste de son état, qui a vécu les événements de 1965, qui a participé aux mouvements des droits civiques et qui a perdu une personne chère dans l’incendie de l’église de Shiloh.

Plus qu’un retour vers le passé, c’est un retour mouvementé que va effectuer Carter lorsque l’on va ouvrir un procès après qu’un des condamnés pyromane ait dit qu’il connaissait le véritable instigateur de l’incendie. Quand l’un se met à table, se sont les autres qui ont l’indigestion.

Un procès qui ne va pas aller sans mal pour certaines personnes qui pourraient découvrir le passé peu glorieux de leurs géniteurs ou mettre la main sur des secrets pas agréables à découvrir. Personne n’est tout à fait blanc, ici.

Si vous voulez découvrir la mentalité du Sud des États-Unis, ce livre vous ouvrira des portes dont vous ne soupçonniez pas l’existence, car, au travers d’une histoire romancée, c’est tout un pan de l’Histoire sombre des States que ce livre aborde.

C’était la religion officielle de l’État : on était ségrégationniste dans le Mississippi comme on était catholique en Italie.

— Une ville comme Troy n’est pas si différente de la Vienne de Freud, après tout : les familles envahissantes, la culpabilité, le refoulement, l’alcoolisme, les symptômes psychosomatiques…

L’Histoire nous est contée par Carter, passant habilement du présent (1990) au passé (1965), l’auteur, au travers des souvenirs de son narrateur, ou des autres personnages, nous plonge la tête la première dans une eau boueuse et tumultueuse.

Carter lui adressa un sourire tolérant. Il lui aurait fallu lire tout Faulkner si elle avait voulu avoir ne serait-ce qu’une vague idée de la manière dont les choses se passaient dans les familles comme la sienne et celle de Grayson.

Ici, rien n’est blanc et rien n’est vraiment noir. Tout est gris et même les habitants les plus modérés ne sont pas exempts de fautes puisqu’ils ont laissés faire.

Des femmes et des enfants attaqués par des hommes armés à cheval ? Impossible. Pas en Amérique.

Même Carter n’est pas un militant zélé, lui qui s’est retrouvé mêlé à tout ça un peu par hasard et parce qu’il voulait devenir journaliste…

Pour les militants, les Blancs du Sud se divisaient en deux catégories : le plouc raciste et la bonne âme sentimentale. Le copain de Sarah n’appartenant à aucune des deux, ils ne savaient que penser de lui.

— Allons, nous sommes tous le produit de notre milieu.
— Mais toi, tu as eu une véritable prise de conscience. Moi, j’étais horrible. Une sale raciste, souffla-t-elle avec un regard suppliant.
— Tu parles d’une prise de conscience ! Je n’étais qu’un gamin amoureux.

Et puis, l’amour fait parfois des miracles, transformant un petit Blanc en militant, même si ce n’était pas le plus brillant et que lui aussi avait quelques idées préconçues.

Carter n’avait jamais vu une pauvreté aussi crue, même dans le quartier noir de Troy, « Nègreville », comme on disait, dont il avait toujours imputé l’aspect délabré à ses habitants, sans y avoir jamais vraiment réfléchi.

— Oui, monsieur, comme vous le constatez, ma mère vous est dévouée, à vous et à votre famille. Et vous avez toujours été généreux avec nous, là n’est pas la question. Mais pendant toutes ces années où elle a travaillé pour vous, cuisiné pour vous, nettoyé pour vous, où elle s’est occupée de vos enfants alors que nous étions seuls à la maison, pas une fois vous ne l’avez invitée à s’asseoir avec vous à la table qu’elle mettait chaque jour que Dieu a fait !

La plume peut se révéler mordante à certains moments, plus nostalgique à d’autres, notamment lorsque Carter se remémore sa jeunesse, humoristique lorsqu’il est avec ses amis de toujours ou terriblement caustique avec l’État du Mississippi et certains de ses habitants.

— Souviens-toi que tu écris pour le Mississippien moyen. Et le Mississippien moyen est en dessous de la moyenne.

— Nous avons rencontré une opposition partout où nous nous sommes installés.
— Comme le Troisième Reich, intervint Jimbo avec sa délicatesse habituelle. Enfin, je suppose qu’ils n’ont pas vraiment rencontré d’opposition en Autriche et en Finlande… Ah oui, et en France.

Pendant le déjeuner, Jimbo avait fait à Carter un topo sur l’étonnant parcours du shérif, lui expliquant comment le sympathisant du Klan qui appliquait les règles ségrégationnistes avec brutalité était devenu un juste défenseur de la loi. Encore une de ces sagas rédemptrices défiant toute prévision dont le Sud avait le secret. Il apparaissait par ailleurs que sa personnalité despotique dissimulait un sens aigu du bien et du mal et une foi profonde, dont il faisait désormais profiter le comité de gestion de l’Église méthodiste, où il siégeait au côté du Dr Renfro.

Mon seul bémol sera pour les quelques longueurs que possède ce roman de 800 pages (dans sa version grand format). 100 pages de moins auraient rendu la lecture plus fluide à certains moments.

Un grand roman sur le racisme crasse de certains, sur leurs préjugés, sur des gens qui ont dû se battre pour faire respecter leurs droits élémentaires, ceux que le Congrès venait de leur donner et que certains États je voulaient pas faire respecter.

— Le Congrès, l’interrompit Mitchell en secouant la tête. On n’institue pas la moralité par décret. De plus, tu es accusé d’avoir troublé l’ordre public et d’avoir violé une propriété privée. Tu es aussi coupable que ces… que cette vermine qui t’a frappé !
— L’ordre dont vous parlez doit être troublé ! C’est un ordre corrompu, une paix fausse et hypocrite basée sur les mensonges et les contre-vérités de la ségrégation, sur l’inégalité et l’injustice.

— Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Ransom, la discrimination n’a rien d’une bêtise pour tous ceux d’entre nous qui la subissent…

Un grand roman sur des mentalités qui ne changeront jamais tout à fait, hélas… Un roman qui plonge dans le passé pour mieux éclairer le présent. Un roman dont le procès qui s’ouvre dans ses pages va catalyser tous les souvenirs de ces périodes agitées.

Un roman qui m’a remué les tripes.

— Alors, si je comprends bien, les pauvres Blancs qui souffrent, comme Hullender, ils ont une excuse, mais les gens de couleur doivent porter leur croix en silence ?
— Elijah a enfreint la loi, Carter. Et toi, Lige, tu as le droit de ne pas être d’accord avec certaines règles et d’essayer de les faire changer, mais cela reste la législation en vigueur dans ce pays.

Finissons cette chronique sur quelques citations plus coquines ou pleine d’humour :

— Freud a bien dit aussi : « Parfois, un cigare est simplement un cigare. »
— C’est vrai, mais le problème avec toi, c’est qu’un cigare est toujours un cigare.

Ses expériences sexuelles se limitaient au pelotage dans les drive-in avec ces adorables allumeuses du Sud, qui semblaient toutes diplômées d’une même école dont la devise aurait été « tout sauf la pénétration ».

— Oh oui. Et l’eau est toujours aussi froide.
— J’en ai la quéquette qui se recroqueville rien que d’y penser, lança Jimbo qui enfilait un large caleçon de bain jaune vif.
— Comment tu fais la différence ? répliqua Lonnie.
— Elle ressemble à une bite de raton laveur. En plus petit, s’esclaffa Carter.

— Est-ce que vous savez combien d’avocats seraient prêts à donner leur couille gauche pour ce genre de publicité ?
— Jusqu’à nouvel ordre, vous n’avez pas de couille gauche.
— Je sais. C’était une citation du procureur général, qui m’a fortement incitée à participer.

— Inconvenant, répéta Sydney d’un ton appréciateur. Voilà un mot qui semble appartenir à une autre époque et à un autre lieu, comme les guêtres, les tabatières ou la dignité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

[TAG] Tea Book Tag entre le Cannibal Lecteur et Dame Ida

C’est chez Bianca que j’ai déniché ce petit TAG qui parle d’une boisson que j’apprécie, le thé !

Il me semblait que dans mes souvenirs, nous avions fait, ma binômette Stelphique et moi, ce genre de TAG en y ajoutant des références au café

Bingo, c’était déjà il y a deux ans ! Je vais donc le refaire, uniquement avec le thé, et changer les réponses, bien entendu ! En 2 ans, j’ai lu beaucoup plus…

Et pour ne pas faire le TAG seule,comme ma binômette l’a déjà fait avec moi et comme Dame Ida est une experte en thés, je me suis dis « Et pourquoi pas lui proposer un billet commun ? »

English breakfast – Un livre que tout le monde m’a recommandé et que j’ai fini par lire

  • Cannibal : « Et soudain tout change » de Legardinier que Yvan m’avait recommandé et que je ne voulais pas lire car je le pensais trop gnangnan (le roman, pas Yvan)… J’ai bien fait de l’écouter !
  • Dame Ida : « Au revoir là-haut »… Un an après sa sortie… mais bien avant la sortie du film. Je l’ai évidement dégusté pour son humour noir et son cynisme délicieux.

Earl grey – Un livre sombre qui m’a laissé une forte impression même après l’avoir terminé

  • Cannibal : « Le diable tout le temps » de Donald Ray Pollock
  • Dame Ida : toutes les aventures de l’équipe du Département V d’Adler-Olsen

Rooibos – Un livre qui m’a fait découvrir un autre pays

  • Cannibal : Je vais me répéter, mais rien n’a changé et « Yeruldelgger » de Ian Manook est le roman policier qui m’a fait découvrir la Mongolie ! Tout comme « La Tuerie d’Octobre » de Wessel Ebersohn ou « Mélanges de sangs » de Roger Smith m’avaient fait découvrir la triste réalité de l’Afrique du Sud.
  • Dame Ida : Je voyage beaucoup grâce aux livres ! J’ai découvert entre autre la Suède avec les aventures du Commissaire Wallender… L’Angleterre et les USA avec d’autres…

Chaï – Un livre de ma PAL que je suis sûre d’aimer avant même de l’avoir lu

  • Cannibal : « Le gang des rêves » de Luca Di Fulvio
  • Dame Ida :  « La Maison de Soie » d’Horrowitz… Certains auteurs sont très bons pour le pastiches Holmesien… Celui-ci en particulier ! Donc on sait tout de suite qu’on va aimer !

Darjeeling – Une pépite que j’aime tellement que je l’ai recommandé à tout le monde

  • Cannibal : Je recommande peu de livres dans mon entourage réel, pas assez de lecteurs, ou pas du tout, même. Sur mon blog, je recommande peu, je conseille, les gens faisant ensuite comme bon il leur semble. Je recommanderai « Le Village » de Dan Smith, « Canicule » de Jane Harper ou « Le garçon » de Marcus Malte.
  • Dame Ida : « Le Garçon » de Marcus Malte. Une écriture magnifique comme je n’en avais pas lue depuis longtemps !

Oolong – Le genre livresque que je considère comme mon péché mignon

  • Cannibal : Le roman policier et le roman noir
  • Dame Ida : Le policier aussi évidemment… On s’est croisées là-dessus, non ? Mais je ne l’aime pas trop noir… J’aime bien quand il est historique, ou en lien avec des univers culturels que j’apprécie et sur lesquels il me permet d’apprendre des trucs… Connais-tu par exemple la série de Ian Pears sur les aventures du marchand d’art Jonathan Argyll ?

Ginseng – Un livre qui m’a fait sortir d’une panne de lecture

  • Cannibal « Fantasia chez les ploucs » de Charles Williams qui se trouve être un roman noir hilarant ! Réédité chez Gallmeister dans sa traduction littérale et correcte sous le titre du « Bikini en diamant ».
  • Dame Ida : Ben j’en ai tellement souvent que tout livre un peu sympa parvient à l’en faire sortir en fait… Difficile d’en nommer un en ce moment car il faudrait les nommer tous !

Camomille – Un livre qui m’a endormi et que je n’ai pas pu finir

  • Cannibal : « Le messager des sables » de Antoine Audouard et « Le gardien de l’eau » de Franco Sciaglia . Abandonné tous les deux.
  • Dame Ida : « Les Hauts de Hurlevent »… Désolée… J’ai pas réussi avec celui-là ! Le style Brontë a un effet soporiphique fou sur moi !

L’Assam – Un livre qui m’a chamboulé et que je n’ai pas pu reposer avant de l’avoir fini

  • Cannibal : « Dix petits nègres » d’Agatha Christie, « Entre deux mondes » de Olivier Norek ainsi que « Résilience » de Monget qui lui, m’a foutu les chocottes.
  • Dame Ida : « Le Nom de la Rose » du regretté Umberto Ecco ! Le chef d’œuvre qui a bousculé mon adolescence !

Thé vert matcha – Le livre que je considère comme le joyau de ma bibliothèque

  • Cannibal : Le Sherlock Holmes que j’ai fait dédicacer par Conan Doyle ? (je plaisante). Ma collection de Sherlock Holmes et oui, je triche !
  • Dame Ida : Moi aussi je triche ! Je pompe sur toi ! Mon édition complète des aventures de Sherlock Holmes en deux volumes ! Le seul livre que les enfants n’ont pas le droit de toucher.

J’ajouterai en sus du TAG d’origine (j’en ai chipé sur notre article d’il y a deux ans, j’en ai inventé et dame Ida aussi) :

Gunpowder – Un roman de guerre qui t’as particulièrement marqué

  • Cannibal : « À l’ouest rien de nouveau » de Erich Maria Remarque pour la mise en avant des soldats allemands dans leurs tranchées afin de nous montrer que la merde et le bourrage de crâne qu’il y avait chez nous, il y avait le même de l’autre côté, chez les casques à pointes.
  • Dame Ida : Je n’aime pas trop les livres de guerre… Alors je vais ressortir « Au-revoir là-haut »

Lapsang Souchong – Le livre que je cherche depuis des lustres et que je n’arrive pas à trouver (ou que je cherchais depuis longtemps et que j’ai fini par trouver après des années de recherches)

  • Cannibal : « L’Hiver de notre Déplaisir » de Steinbeck avec traduction de Rosenthal, « La police scientifique » de Arnaud Levy et « Les Filles de Whitechapel et Jack l’Éventreur » de Paul West.
  • Dame Ida : « Les abeilles de Monsieur Holmes » que j’ai cherché un bon moment avant qu’une bonne âme ne me l’offre ! Et puis… Il y a les aventures de Nicolas LeFloch que j’attends impatiemment entre deux parutions…

Thé au jasmin – Un livre qui m’a fait voyager vers des contrées lointaines et non explorées

  • Cannibal : « La nuit des temps » de Barjavel, parce qu’au delà de la découverte d’autres êtres vivants, il y a aussi une formidable histoire d’amour. J’ajouterai aussi les romans de Fantasy, comme ceux de Gemmel ou Eddings qui m’ont fait découvrir des mondes inconnus.
  • Dame Ida : une des enquêtes du détective Lee… Il y a longtemps… et je ne sais plus laquelle… Parce que comme le thé au jasmin… ça ne m’a pas laissé une impression mémorable.

Thé à la menthe – Le roman oriental de ta bibliothèque…

  • Cannibal : « Les croisades vues par les Arabes » de Amin Malouf parce que j’ai lu l’Histoire vu par l’autre bout de la lorgnette…
  • Dame Ida : « Le prophète » de Khalil Gibran.

Thé blanc – Un livre léger de ma PAL que je me réserve après une lecture sombre

  • Cannibal : La série des Agatha Raisin, un Legardinier, un Sherlock, Lupin et moi ou un Bourbon Kid.
  • Dame Ida : les aventures de Charlotte Holmes.

Thé Noir – Un roman noir qui m’a fait vibrer

  • Cannibal : « Pottsville, 1280 habitants » et « L’assassin qui est en moi » de Jim Thompson, « Aucune bête aussi féroce » de Edward Bunker, « La nuit du chasseur » de Davis Grubb et « Chiennes de vie » de Franck Bill. Et non, je ne triche pas !!
  • Dame Ida : « Je m’appelle Requiem et je t’emmerde »… Parce que je suis pas fan du polar trop noir et que celui-là est rigolo !

Thé Jaune – Une lecture jeunesse qui m’a faite vibrer

  • Cannibal : À l’époque de mon jeune temps, ce fut « Le club des Cinq » de Ennid Blyton, la saga de « L’Étalon Noir » de Walter Farley. Plus récent, la saga « Sherlock, Lupin et moi » de Irene Adler, « Watership Down » de Richard Adams et j’avais bien aimé aussi « Chroniques des Temps Obscurs » de Michelle Paver.
  • Dame Ida : Les aventures du jeune Wiggins ! Et évidemment les aventures d’Enola Holmes ! Et puis quand même… Pourquoi ne pas nommer Harry Potter ? Je te le mettrai dans plein de catégories celui-là ! Notamment pour surmonter mes pannes de lectures!

Pu-erh – Un livre qui mâture depuis 10-20 ans dans ma PAL

  • Cannibal : Les 5 tomes du « Cycle de Pendragon » de Stephen R. Lawhead, les « Enfants du Graal » de Peter Berling, les 2 tomes restant de la saga « Troie » de David Gemmel, entre autre… La liste complète de la PAL Noire se trouve ICI !
  • Dame Ida : « À la recherche du temps perdu » de Proust… Promis… Un jour je le lirai…

Ceylan – Un grand classique que l’on déguste avec plaisir et gourmandise

  • Cannibal : « Jane Eyre » de Charlotte Brontë et « Orgueil et préjugés » de Jane Austen.
  • Dame Ida : Pfff ! Y en a plein ! « Nana » de Zola… Je l’adore celui-là ! Et puis il y a « Dix Petits Nègres », « Le crime de l’Orient-Express », « Mort sur le Nil », etc… tous les grands livres d’Agatha Christie !

Thé au fruits rouges – Un grand succès d’édition que l’on trouve bien ordinaire voir écœurant de vulgarité (genre 50 nuances de bouses)

  • Cannibal : « Merci pour ce moment » de Rottweiller.
  • Dame Ida : Beurk ! J’aime pas ça… Les Dan Brown… Tous ! Parce qu’ils sont tous construit pareil : un savant, aidé d’une femme qui fuient un psychopathe dans un contexte de complot… Le mec il écrit ses romans comme les japonais font leurs séries de dessins animés : il a le même canevas et il brode autour juste en changeant les fils… Je te jure qu’un jour on pourra faire du Dan Brown par ordinateur en quantité industrielle !

Tilleul – À réserver pour Proust

  • Cannibal : « La vie sexuelle des fourmis en Nouvelle-Zélande, par temps de pluie » par au auteur inconnu (qui a écrit aussi « La vie sexuelle des escargots de Bourgogne en Basse-Provence »).
  • Dame Ida : Ben… Proust ! Toutes les pages de Proust…

Verveine – Un livre qu’on ouvre à l’heure de la sieste et qui nous tient jusqu’au soir

  • Cannibal : Au risque de faire grincer quelques dents, je dirai « Da Vinci Code » de Dan Brown qui est un page turner efficace, même si rempli de conneries et couilles en tout genre. Ce livre que je ne voulais pas lire m’a tenu en haleine et j’avais du mal à le reposer. « Puzzle » de Franck Thilliez m’a fait le même effet (les couilles et les conneries en moins) car je l’ai lu durant toute une après-midi sans savoir le poser. Les romans d’Olivier Norek ont cet effet dévastateur aussi.
  • Dame Ida : les romans de F.R Tallis sur les aventures d’un psychanalyste dans la Vienne de Freud… ou l’Alieniste de Caleb Carr… Les romans de Perrez Reverte comme « Club Dumas » ou « La partie d’échec ».

Thé au citron – Un p’tit roman léger et sans prétention qui se laisse lire avec plaisir mais qu’on niera avoir lu dans les dîners en ville

  • Cannibal : La série des Agatha Raisin ou celle des Wiggins
  • Dame Ida : Oui… Je ne vante pas en public de mon affection pour Agatha Raisin, ou pour le Journal de Bridget Jones ! Et même pour Harry Potter ! Et encore moins pour les livres de cuisine qui m’excitent plus que la pornographie peut en émoustiller certains(e)s ! T’imagines les sites Marmitton et 750g bloqués par Macron pour préserver l’image des femmes !

Première cueillette exclusive – Le livre qu’on a eu en avant première parce que l’éditeur compte le faire relayer sur les blogs de lecteurs

  • Cannibal : « Courir sous la lune avec un chien volé » de Callan Wink que j’ai reçu fin juillet et dont je ne pouvais poster la critique qu’à partir du 1er septembre.
  • Dame Ida : Ben je suis pas concernée moi…

Thé Sencha Ariake – Appellation réservée à la Littérature nippone

  • Cannibal : Un bon « Black Butler » ! J’adore les mangas et je ne rechigne jamais à en lire un. J’ai découvert quelques belles séries avec « Death Note » et « Full Metal Alchimist ».
  • Dame Ida : Pas encore découvert la littérature nippone… Et comme je ne lis pas non plus les mangas…

Thé bleu – Pour un premier roman de l’auteur

  • Cannibal : « Code 93 » de Norek, bien entendu !
  • Dame Ida : Là je sèche car je ne fais jamais attention pour savoir si tel ou tel livre est le premier de l’auteur…

[SÉRIES] La forêt – La série qui ♫ promenons-nous dans les bois, tant que le tueur n’y est pas ♪

La Forêt est une mini-série policière française en 6 épisodes créée par Delinda Jacobs, réalisée par Julius Berg et diffusée, en Belgique, sur La Une du 30 mai au 14 juin 2017 et en France, sur France 3 depuis le 21 novembre 2017.

QUOI ??? Cette série est passée sur une chaîne belge et je l’ai loupée ?? Ok, la téloche et moi, on n’est guère copines depuis quelques années.

Synopsis : 
Quand Jennifer disparaît dans les bois aux alentours du tranquille village de Montfaucon, Océane et Maya, ses deux meilleures amies, semblent d’abord persuadées qu’elle va revenir.

Mais rapidement, les éléments découverts laissent penser qu’il est arrivé quelque chose de grave. Manifestement, Océane et Maya n’ont pas tout dit à propos de la disparition de leur amie. Que savent-elle, qu’elles n’osent pas raconter aux enquêteurs ?

Que penser des indices cryptiques retrouvés dans le cadre des investigations ? Que cache la forêt ?

Pour le lieutenant Musso et le capitaine Decker, le jeu de piste ne fait que commencer…

Distribution : 

  • Suzanne Clément : Virginie Musso
  • Samuel Labarthe : Gaspard Decker
  • Alexia Barlier : Ève Mendel
  • Frédéric Diefenthal : Vincent Musso
  • Patrick Ridremont :  Thierry Rouget
  • Nicolas Marié : Gilles Lopez
  • Martha Canga Antonio : Maya Musso
  • François Neycken : Julien
  • Gilles Vandeweerd : Philippe
  • Mélusine Loveniers : Lola Decker
  • Christian Crahay : Abraham Mendel

Ce que j’en ai pensé : 
♫ Promènes-toi dans les bois, tant que le tueur n’y est pas ♪ Si le tueur y était, il te zigouillerait ♫

Voilà une série que j’ai complètement loupée lors de son passage sur la chaîne Belge de la RTBF et dont j’ai appris l’existence par ma copinaute Anne-Ju la Tordue.

Putain, sa mère, voilà une série qui te tient par la barbichette avec un suspense à couper au couteau et une envie de savoir QUI est le coupable.

Ou comment aller au lit à minuit passé alors que le lendemain, on doit se lever à 6h…

Depuis quelques années, je ne suis plus du tout « séries françaises », hormis quelques unes qui tiennent la route (Capitaine Marleau) et jamais de ma vie je ne vous avouerai que j’ai bouffé avec délices des Julie Lescaut ou des commissaire Navarro !!

Oups ! Revenons à nos moutons, ou à notre forêt des Ardennes françaises qui fleure bon l’endroit où tu n’as pas envie de te balader la nuit.

Par quelques uns de ses côtés, la série m’a fait penser à « Broadcurch », la série anglaise : un nouveau chef qui arrive dans une équipe de gendarmes d’un village ; un village où tout le monde se connait ; tout le monde a ses petits secrets ; la mort d’une ado (un enfant dans la série anglaise).

La comparaison s’arrête là car dans Broadchurch, les petits secrets inavouables des gens étaient plus travaillés et plus pires.

Malgré tout, les personnages de cette série sont tous cohérents, la gendarmette est torturée par la disparition, par le meurtre, les copines de la disparue savent des choses qu’elles ne disent pas, la prof de français est elle aussi tourmentée, et Samuel Labarthe fait du Swan Laurence, mais le rôle de flic lui va comme un gant et il est moins hautain à la fin qu’au début.

Un personnage qui m’a énervé au départ, c’est Virginie Musso, la gendarmette qui ne se préoccupe pas trop lorsqu’on signale que Jennifer a disparu, mais qui frôle l’hystérie lorsque se sera sa fille Maya qui fera le coup du crayon : se tailler ! Ou disparaître, on ne sait pas trop…

Ensuite, elle va nous faire quelques beaux pétages de plombs et je pense que dans la réalité, son supérieur l’aurait renvoyé à la casa pour éviter qu’elle ne fasse tout foirer en sautant sur tout le monde ainsi.

Ma préférée, c’était Ève Mendel, la prof de français, humaine comme prof… Le genre qu’on aurait aimé avoir en classe. Elle, c’est une véritable petite Sherlock Holmes car elle va remonter la piste, enquêter, fouiner, chercher, prendre des risques, pour résoudre l’affaire.

Je me triturée les méninges pour tenter de découvrir qui était le coupable, j’ai suspecté tout le monde, si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais arrêté tout le monde… Pitoyable détective que j’ai été sur ce coup là…

Et je ne me plaindrais pas parce que le plaisir à été total dans l’épisode 6.

Une bonne série remplie de mystères, de suspense, de non-dits, de gens qui se regardent de travers (parce que c’est ainsi dans les petits villages où tout le monde connait tout le monde), des secrets inavouables enfouis, des petits couteaux plantés dans le dos, des rumeurs, qui, comme le sexe d’un homme, enflent de bouche en bouche (oups).

6 épisodes addictifs, 6 épisodes bien fichus, 6 épisodes qu’on dévore.

Quoi ? Vous n’êtes pas encore devant votre écran pour visionner la série ? Mdr

Bilan Livresque Mensuel – Novembre 2017

Quoi de neuf, docteur, pour le Bilan Livresque du Mois de Novembre ? Les feuilles ont bien tombées ? Oui, les feuilles sont bien tombées et la PAL s’est allégée de 9 romans, 11 bédés et 4 comics (plus deux relectures de petits romans).

Ok, la PAL bandes dessinées n’existe pas, ou peu… Avec mon anniversaire, j’ai 8 bédés de plus à lire. Autant dire une paille.

J’ai commencé le mois par un polar noir dont on m’avait dit le plus grand bien lors de cette rentrée littéraire de septembre 2017. Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith (ICI) est un roman noir comme je les aime, avec des personnages brisés, éclatés. Un roman noir avec des émotions fortes, puissantes, celles qui vous tordent le coeur et les tripes, un roman qui vous laisse sans voix.

Toute la blogo en parlait, sauf moi qui ne l’avait pas encore lu ! Comment aie-je osé laisser trainer le dernier Norek, moi ?? Entre deux mondes (ICI) est un roman puissant, émotionnant, où le scénario est rempli d’humanisme et de profondeur et avec des nouveaux personnages qui évitent l’écueil du manichéisme et dont les policiers ont tout des pauvres types désabusés qui ne prennent pas plaisir à faire la chasse aux migrants. Magnifique, à lire.

Après ce genre de lecture, place à la détente avec mes 3 jeunes amis : Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate par Irene Adler (ICI). Ceci est un un roman jeunesse qui se lit avec plaisir, des personnages que l’on se plait à revoir et en le refermant, on songe déjà à ce que leur prochaine aventures va nous réserver !

Lorsque j’étais plus jeune, j’en ai fait assez bien, de Puzzle (ICI), mais je n’avais pas encore tenté celui de Franck Thilliez [LC avec Bianca]. Un huis clos que j’ai dévoré d’une seule traite, même si je me doutais de ce qui se passait, un huis clos qui nous met les nerfs à vifs dans cet hôpital psychiatrique à l’abandon avec des conditions météo à faire frémir.

Depuis le temps qu’il trainait sur mes étagères, lui !! La promesse de l’Ouest de Robert Lautner (ICI) était voisin du puzzle depuis trop longtemps, je l’ai donc enfin sorti en rangeant le Thilliez. Bienvenue en 1837 dans l’Ouest, le vrai, celui qui ne fait pas de cadeau, celui des révolvers à un coup, celui où le révolver de monsieur Colt pourrait changer la donne. Un roman qui raconte une aventure formidable, réaliste, un grand voyage qui se déroulera d’Est en Ouest et repartira dans l’autre sens avant d’avoir pu explorer toutes ces terres sauvages qu’étaient celles au delà de la Frontière.

La spoliation des œuvres d’art par les Nazis ? On en parle dans Inavouable (ICI), le dernier thriller de Zygmunt Miłoszewski ! On pourrait se croire dans une grosse production hollywoodienne et pourtant, l’auteur a soigné son histoire, faisant en sorte que si fiction il y a, elle se glisse adroitement dans la réalité et ne vire pas non plus à du non-sens, même si, les personnages sympathiques qui constitue ce quatuor a tout de même beaucoup de chance en survivant à tout ceux qui sont lancés sur les traces. Au final, une brique qui se lit toute seule, au coin du feu, avec un sourire béat devant les répliques qui fusent, les pensées remplies d’humour cynique.

De temps en temps, je relis des apocryphes holmésiens pour le plaisir d’étoffer un peu mes vieilles chroniques du début. Et comme L’affaire des vierges de glace de Sophie Bellocq-Poulonis (ICI) n’est pas trop épais et qu’il était bien foutu, j’en ai profité pour le relire « en attendant ». Le livre se lit de manière très agréable, les personnages sont fidèles au canon holmésien, Watson est fort présent et on se plaît à suivre leur enquête d’autant plus qu’elle ne s’étirera pas en longueur puisque nous avons 108 pages (écrites en petits caractères). Plus de pages ne m’aurais pas déplu et une résolution de l’affaire moins précipitée aussi car j’ai trouvé les aveux du suspect un peu trop spontanés, trop faciles à extorquer..

Petite madeleine de Proust avec la relecture du Perroquet qui bégayait d’Alfred Hitchcock (ICI). Une lecture jeunesse qui peut se lire de 10 à 100 ans sans problèmes car nos trois jeunes détectives n’ont pas fini de nous faire bouger nos petites cellules grises !

Feuillets de cuivre de Fabien Clavel [LC avec Bianca] (ICI) est un roman qui possède à la fois l’ADN d’un roman policier, un soupçon de SF, un zeste de fantasy, une pincée de fantastique, le tout saupoudré de steampunk. Avec une première partie composée de nouvelles « policières » et une seconde avec le petit côté fantastique et le tout donne, au final, un bon moment de lecture, une lecture rafraichissante, me sortant de mes pantoufles littéraires habituelles.

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture du roman Les harmoniques – Beau Danube Blues de Marcus Malte [Défi CannibElphique] (ICI) mais ça n’a pas duré car la petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages. L’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique et cela donne, au final, un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Magic Time de Doug Marlette (ICI) nous entraine dans le Sud en 1965, lorsque le mouvement pour les droits civiques s’étendait dans tout le pays. Mais aussi dans les années 1990 avec le passé qui va ressurgir dans la petite ville de Troy où Carter Ransom se repose. Un roman qui met en avant une époque trouble et nous montre, une fois de plus, le passé peu reluisant des États-Unis.

Retrouvez les couvertures de toutes mes lectures sur Pinterest (Irene Adler)

Bilan Livresque Mensuel Novembre : 9 romans + 2 relectures

  1. Nulle part sur la terre : Michael Farris Smith
  2. Entre deux mondes : Olivier Norek
  3. Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate : Irene Adler
  4. Puzzle : Franck Thilliez [LC avec Bianca]
  5. La promesse de l’Ouest : Robert Lautner
  6. Inavouable : Zygmunt Miłoszewski
  7. Feuillets de cuivre : Fabien Clavel [LC avec Bianca]
  8. Les harmoniques – Beau Danube Blues : Marcus Malte [Défi CannibElphique]
  9. Magic Time : Doug Marlette
  10. Le perroquet qui bégayait : Alfred Hitchcock [RELECTURE]
  11. L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis [RELECTURE]

Bilan Livresque Mensuel Novembre : 12 bédés et 4 comics

  1. Ekhö Monde miroir – Tome 7 – Swinging London : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci
  2. Les Tuniques Bleues – Tome 23 – Les cousins d’en face : Cauvin & Lambil
  3. Les Tuniques Bleues – Tome 27 – Bull Run : Cauvin & Lambil
  4. Les Tuniques Bleues – Tome 26 – L’or du Québec : Cauvin & Lambil
  5. Les Naufragés d’Ythaq – T1 – Terra incognita : Arleston & Floch
  6. Les Naufragés d’Ythaq – T2 – Ophyde la géminée
  7. Les Naufragés d’Ythaq – T3 – Le Soupir des étoiles
  8. Les Naufragés d’Ythaq – T4 – L’ombre de Khengis
  9. Les Naufragés d’Ythaq – T5 – L’ultime arcane
  10. Les Naufragés d’Ythaq – T6 – La révolte des pions
  11. Nains – Tome 6 – Jorun de la forge : Jarry & Goux
  12. Le casse – La grande escroquerie – Londres 1977 : Duval & Quet
  13. American Vampire – T8 – La 7ème lignée : Snyder & Albuquerque
  14. Scalped – Tome 8 – Le prix du salut : Aaron & Guéra
  15. Scalped – Tome 9 – À couteaux tirés : Aaron & Guéra
  16. Scalped – Tome 10 – Au bout de la piste : Aaron & Guéra

Transfert d’anciennes critiques de mon site à mon blog : 

 

Les harmoniques – Beau Danube Blues : Marcus Malte [Défi CannibElphique]

Titre : Les harmoniques – Beau Danube Blues

Auteur : Marcus Malte
Édition : Gallimard (2013)

Résumé :
Une voiture quitte les rives de l’océan pour Paris à travers la nuit et des nappes de jazz qui s’échappent d’un autoradio.

A son bord, deux hommes. Mister est un pianiste de jazz. Un black amoureux de Trane et de Lady Day. Bob, son complice, son frère de coeur, est un ancien prof de philo reconverti en chauffeur de taxi. Encore plus que Monk ou Getz, lui vénère les classiques grecs et Schopenhauer.

Les deux hommes foncent vers la capitale mus par l’obsession de Mister : Vera, une jeune femme qu’il a récemment rencontrée, vient d’être retrouvée morte, brûlée vive.

Les coupables ont été arrêtés sur le champ, mais Mister ne croit pas à la version officielle. Il décide de mener sa propre enquête. Ses questions et sa curiosité vont les amener à lever le voile sur une histoire qu’il aurait mieux valu garder secrète, et à côtoyer une faune peu recommandable.

Composition virtuose, arpèges narratifs complexes et subtils, envolées lyriques… ce roman éblouissant de Marcus Malte avance, style en avant, sur la corde raide.

Entre l’ombre et la lumière, la violence et la mélancolie, Les harmoniques est un incroyable roman noir – clair-obscur plutôt.

Une mélopée déchirante qui mêle le politique, la passion, la révolte et le sexe. Comme tous les grands standards du blues.

Critique :
On m’avait dit le plus grand bien de ce livre, notamment Domi, la moitié d’Yvan. Collectif Polar aussi. Bref, des gens à qui je fais confiance niveau littérature !

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture et que je me retrouvai face à un meurtre à résoudre…

Heu ? Un simple meurtre à résoudre ? Un banal cas de Whodunit ? Un grand black qui cherche à en savoir plus sur l’assassinat violent d’une gentille fille qui venait s’accouder sur son piano ?

Ça commence ainsi, par un truc banal (si un assassinat par le feu peut être considéré comme banal) : le meurtre de la gentille Vera à qui on a fait le coup de Jeanne d’Arc.

Les flics ont même été super rapides et compétents sur le coup puisque trois jours plus tard (non, elle n’est pas ressuscitée comme l’autre) ils ont arrêté les coupables.

Mais Mister, le grand Black pianiste n’y croit pas du tout et aidé de Bob, son pote chauffeur d’un vieux taxi, il va mener l’enquête.

Oui, on commence avec un truc simple, mais j’avais oublié que nous étions avec Marcus Malte et qu’on n’allait pas se retrouver avec le Colonel Moutarde dans le vieux hangar avec l’essence et le briquet !

La petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages.

De plus, l’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique, ses phrases m’emportent souvent très loin et croyez-moi, c’est le petit Jésus en culotte de velours, sa plume, maniant la philosophie et l’humour, même si elle ne se prive pas d’égratigner.

Oui, sa plume m’enchante, et elle chante car ce roman sent bon les airs de jazz et l’auteur a même inclus la play-list pour le cas où nous voudrions écouter les mêmes chansons que nos deux enquêteurs improbables : le grand noir et le petit blanc.

Les deux personnages que sont Mister et Bob sont des gens comme on aimerait avoir dans nos amis, surtout Bob qui est toujours là pour vous aider, lui, son vieux taxi, sa philosophie et ses cassettes audios remplies de vieux chanteurs de jazz.

Un roman qui commence de manière simple et qui devient plus dense ensuite, de par son scénario et de par l’Histoire qu’il nous conte, une que nous n’entendons pas souvent et dont nous ne savons pas grand-chose : l’ex-Yougoslavie.

Un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Un grand merci à celles qui me l’ont conseillée et à ma binômette de LC qui me l’a fait sortir de mes étagères surchargées !

— Qu’est-ce qu’il raconte, le centenaire ? siffla le barman.
— Lui, il dit que ours craindre le morsure de la belette, intervint Milosav.
— La belette ?… La belette !… La belette…
Renato testa le mot sur tous les modes, comme un acteur cherchant le ton juste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur]  sur le forum de Livraddict (N° 48-  Son dernier coup d’archet – Livre où la musique tient une place importante).

Pourquoi je l’ai choisi :

Avec l’énorme coup de cœur pour Le Garçon du même auteur, j’ai voulu découvrir ses précédents romans… Et, bon, j’adore toujours autant déstabiliser le planning de ma binômette, et lui proposer des « oldies » en Lecture Commune…

Synopsis :

Vera est morte assassinée. Brûlée vive. Mister, le pianiste, l’aimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui l’a tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu à peu le fil de la jeune vie de Vera, jusqu’aux rives lointaines du Danube, jusqu’aux charniers des Balkans… Rythmée par les grands standards du jazz, l’enquête des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler. Plus qu’un roman, c’est une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envoûtant en même temps qu’un poignant chant d’amour et de rage. 

Ce que j’ai ressenti:…Comme le doux son d’un coup de CŒUR….

« Où se niche le génie? Où se niche la sagesse? Où se niche le merveilleux? »

Jazzy, ou comment la musique envahit l’espace d’écriture, fait des Harmoniques derrière le contexte d’un conflit européen, se retrouve entre les lignes d’une poésie noire envolée dans les esquisses d’un corbeau, se mêle au lent ronronnement d’un moteur lancé sur l’asphalte, se perd dans les arpèges d’une passion platonique…

Tu l’entends ce Jazz qui se nourrit de nostalgie, de violence et de beauté ?  Marcus Malte nous ballade sur des notes obscures, réveille des douleurs dissimulées et sublime son polar de lyrisme philosophique.

« Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que des porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en notes, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodies, les sanglots longs en violons- la vie en harmonie. Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. »

Cette enquête atypique menée par deux personnages « Black and White » dans une guimbarde jaune est un moment de lecture intense entre humour et drame.

Le temps d’une playlist enivrante et de quelques jolies références littéraires, on se plaît à démêler une affaire sombre de meurtre impuni, d’une victime qui aurait pu disparaître de la surface de la terre sans bruit, mais la  passion de Vera pour la musique et l’adoration d’un homme  en voyant ses yeux, aura suffit à lui rendre un peu de son identité et mettre en lumière le temps de 400 pages, les accents slaves.

« Nul autre don que le don de soi. »

Plus que tout, j’adore l’écriture de cet auteur ! Je la trouve expressive, sensorielle, magnifique… Elle s’embrase avec panache jusqu’au bouquet final… Encore une fois, je suis totalement conquise…

Au delà de son intrigue menée admirablement jusqu’à la dernière note, on sent une volonté dans le style : la force des mots, le plaisir de rendre hommage à la musique et à l’Art. L’intensité qu’il met dans ses descriptions rend cette lecture bouleversante.

Comme un air de musique, elle tourne dans ta tête, cette poésie, et tu lis et relis les passages, te délectant de tant de beauté d’écriture et tu t’envoles vers des courants de pensées essentielles…

Marcus Malte, en grand géant, orchestre son histoire avec passion,  jouant des basses violentes des canons, d’un tempo plaintif d’un saxophone en mal d’amour, de l’harmonie d’une amitié infaillible…

Flambant Coup de Cœur.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10