Pietà : Daniel Cole

Titre : Pietà

Auteur : Daniel Cole
Édition : Robert Laffont – La bête noire (01/07/2021)
Édition Originale :
Traduction : Magali Duez

Résumé :
Tuer est son art, vous serez son chef-d’œuvre…

Londres, hiver 1989.

Un corps est retrouvé dans Hyde Park par la Metropolitan Police. La victime a gelé dans une position pour le moins inattendue : celle du Penseur de Rodin. Mais quelque chose cloche dans son regard : ce bleu intense, perçant…

Quelques jours plus tard, nouveau crime. Cette fois, ce sont les corps d’une mère et de son fils que l’on découvre, réplique exacte de la Pietà de Michel-Ange.

Londres va bientôt se transformer en musée macabre, mais personne ne le sait encore…

Critique :
Le crime est banal, la logique est rare : voilà ce que disait Holmes. Il est facile de tuer quelqu’un, il est plus difficile de faire en sorte de ne pas se faire attraper ou de donner à ses victimes une exposition digne d’un musée macabre.

Imaginez que vous laissiez votre première victime dans la position du penseur de Rodin… Tout de suite, vous passez d’une catégorie dans l’échelle des serial-killer inventifs et vous laisserez le sergent Benjamin Chambers bien emmerdé face à tel meurtre.

Dans ce récit qui sort des sentiers battus en ce qui concerne les postures des cadavres, j’ai apprécié que l’équipe de flics qui enquêtent ne soient pas des super-flics qui savent tout et à qui tout réussi. Ils ne pourront pas postuler pour un emploi au sein des Experts bien connus. On est loin aussi des équipes soudées et des chefs compétents de ces mêmes séries.

Ils sont assez réalistes, avec leurs problèmes, leurs erreurs, leur naïveté (l’agent Winter) ou leur côté borderline un peu trop poussé (l’inspectrice stagiaire Jordan Marshall). Mais au moins, ils sont persévérants, tenaces et n’hésiteront pas à outrepasser les ordres du grand chef, qui lui mérite la médaille du connard en chef. Pas très réaliste, leur chef.

Pas de côté morbide dans les scènes de crimes, l’auteur ne fera pas de la surenchère ou du voyeurisme, à tel point que vous devrez faire marcher votre imagination pour vous faire une image mentale desdites scènes : gore ou pas gore, vous êtes maître de vos pensées. On appréciera ou pas, c’est au choix.

Le fait de diviser le récit en deux périodes distinctes (1989 et 1996) apportera aussi une autre atmosphère à ces crimes puisque 7 ans plus tard, l’équipe initiale, dispersée, devra bosser avec la nouvelle inspectrice stagiaire, miss Jordan Marshall. Et repartir sur les cold-case de 1989 avec des nouveaux cadavres tout frais de 1996.

Le récit est addictif, les dialogues sont légers, apportant souvent une petite note d’humour, même si la naïveté du l’agent Winter m’a passablement énervée sur la seconde moitié du récit.

Si l’identité du coupable est assez vite connue (à la moitié), le tout sera de savoir s’ils parviendront à le coincer et à mettre fin à cette série de crimes où les victimes terminent en œuvre d’art, mais non montrables dans un musée… Ou alors au musée des horreurs (et des senteurs, parce qu’à un moment donné, ça commence à sentir, un corps mort).

Dans les bonnes choses, je soulignerai que c’est un thriller addictif, avec un modus operandi qui sort de l’ordinaire, trois d’enquêteurs qui n’ont rien des professionnels soudés de la série des Experts (eux, c’est du cinéma) et qui vont devoir bosser en schmet (en douce) de la hiérarchie pour résoudre cette succession de crimes sordides.

Vous ne verrez plus certaines œuvres d’art de la même manière…

Si ce n’est pas le thriller du siècle, il n’en reste pas moins qu’il fait le job et qu’il procure une belle dose d’adrénaline. Hélas, il lui manque un petit je-ne-sais-quoi, un petit supplément d’âme, un petit truc qui le rendrait vraiment génial. Il est bon, mais il y avait moyen de mieux faire encore…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°95], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°76]  et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

 

Sherlock Holmes et le démon de Noël : James Lovegrove

Titre : Sherlock Holmes et le démon de Noël

Auteur : Sherlock Holmes et le démon de Noël
Édition : James Lovegrove
Édition Originale : Sherlock Holmes and the Christmas Demon (2019)
Traduction : Arnaud Demaegd

Résumé :
1890. Peu avant Noël, Sherlock Holmes et John Watson reçoivent à Baker Street la visite d’une nouvelle cliente. Eve Allerthorpe, fille aînée d’une dynastie prestigieuse, mais quelque peu excentrique du Yorkshire, se trouve dans une profonde détresse : elle se croit possédée par un démoniaque esprit de Noël.

Eve doit hériter d’une fortune à condition d’être saine d’esprit, mais il semble que quelque chose – ou quelqu’un – menace son équilibre mental.

Holmes et Watson partent enquêter au château de Fellscar, demeure familiale des Allerthorpe, mais s’aperçoivent vite que l’affaire est plus complexe qu’il y paraît.

Un autre esprit hante la famille ; et lorsque l’on découvre le cadavre d’un membre de la maisonnée, le duo comprend que nul n’est au-dessus de tout soupçon…

Critique :
Sûr et certain, le Père Noël est une ordure ! La preuve s’il en est : Sherlock Holmes est à sa poursuite ! Pas parce que le Père Nowel n’a rien mis dans ses petits souliers, mais parce que c’est un voleur !

Ce polar historique mettant en scène Holmes & Watson commençait déjà bien, avec une petite résolution d’enquête, à quelques jours de Noël.

Cette course poursuite pour attraper le voleur va apporter à Holmes une autre affaire qui semble sentir le fantastique, puisque une jeune se dit poursuivie par la malédiction du Thurrick Noir.

Si vous vous demandez ce que c’est que cette créature, je vous rassure de suite, rien à voir avec les bestioles de Lovecraft ! C’est juste le pendant du Zwart Piet chez les Hollandais ou du Père Fouettard chez les Belges et Français du Nord. C’est celui qui vient punir les enfants pas sages du tout.

Ce que j’ai apprécié, dans ce roman, c’est que pour une fois, on se retrouve avec un Holmes et un Watson sans créatures fantastiques. Oui, ça sent le fantastique, mais y croire ne le fait pas apparaître et Holmes est un esprit terre à terre.

L’enquête, sans être trop courte, évite l’écueil du trop long. C’est juste ce qu’il faut en nombre de pages pour garder du suspense, l’intérêt du lecteur et le récit évite de s’éterniser juste pour ajouter des pages. Le format des nouvelles convenant toujours mieux aux enquêtes de Holmes, si on fait trop long, généralement, on s’enlise et ça n’avance plus.

Les personnages, sans être canoniques à 100%, sont tout de même fort proches des originaux et l’auteur a bien mis en avant l’amitié qui unit Holmes et Watson. Les déductions du maître sont présentes, son caractère assez cynique aussi. Bref, c’est un véritable plaisir que de suivre le duo durant cette enquête, à quelques jours de Noël.

Le scénario est bien ficelé, l’enquête est bien menée et j’avoue n’avoir pas tout vu venir, comme quoi, le Maître dépassera toujours sa pauvre élève.

La plume est tout ce qu’il y a de plus correcte, agréable à suivre, avec des véritables passés simples et même quelques subjonctifs imparfaits ! Non, pas de bol, ce n’était pas les conjugaisons des verbes « savoir » et « recevoir »… Seuls les initiés comprendront et rigolerons un bon coup.

Anybref, c’est un excellent pastiche holmésien, qui relève le niveau de toutes les bouses que l’on a produit et que l’on produit encore. Sans être le policier de l’année, il tire bien son épingle du jeu, ou son fagot de bouleau (les enfants pas sages comprendront) pour rester dans le folklore du Thurrick.

À lire sans nécessairement écouter tomber la neige, impassible manège… Mais à lire bien au chaud sous un plaid, car dans le Yorkshire, ça caille !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°75] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

 

La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther : Christopher Priest & Reginald Hudlin

Titre : La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther

Scénaristes : Christopher Priest & Reginald Hudlin
Dessinateurs : Collectif

Édition : Panini Comics (04/06/2019)

Résumé :
T’Challa, la Panthère Noire, règne sur le Wakanda éternel. Ororo, alias Tornade, est la X-Woman considérée comme une déesse au Kénya.

Les deux héros se connaissent depuis l’adolescence et forment l’un des couples les plus puissants de l’univers Marvel.

Critique :
Black Panther faisant partie de mes chouchous, j’ai profité de l’offre à 2,99€ pour m’offrir cette anthologie regroupant plusieurs aventures de T’Challa.

La première histoire, « Sturm und drang : une histoire d’amour et de guerre » était des plus intéressantes à lire.

Le scénario ne manquait pas de profondeur avec cette guerre qui menaçait, T’Challa qui devait jouer au diplomate (mais ne l’étais pas) et ces complots entre plusieurs puissances pour foutre le chaos.

Mon seul bémol ira pour le narrateur qui avait tendance à m’embrouiller plus qu’autre chose avec ses commentaires.

Les dessins étaient très agréables pour les yeux.

L’autre histoire importante, c’est celle du mariage entre T’Challa et Tornade, dont j’avais déjà lu une partie de l’histoire dans « Je suis Black Panther ». Ce ne fut pas un soucis de relire l’histoire, cela m’a permis de mieux l’ancrer dans ma mémoire.

Là aussi les dessins sont agréables, les couleurs vives et on n’a pas le temps de s’embêter car ce mariage n’est pas un mariage ordinaire : deux personnages super-héros qui vont convoler ensemble, deux personnages puissants, deux personnages apparentant à des groupes différents, le tout sur fond de pré-Civil War puisque Iron Man est pour le recensement et le Captain, contre. Ça fume déjà entre eux deux !

Anybref, ce recueil est à réserver aux fans de Black Panther, ou à ceux et celles qui voudraient découvrir le personnage sans vouloir se farcir les anthologies.

Pour le prix vendu en magasin (en neuf !), on n’est pas volé sur la marchandise : il y a de quoi lire durant un bon moment et occuper ses longues soirées d’hiver pendant que la pluie tombe dehors.

Bilan Livresque Mensuel : Novembre 2021

Franchement, pour ce Mois de Novembre, je ne pensais avoir lu autant que ça ! Lorsque j’ai établi le brouillon de mon Bilan, je suis tombée des nues : Ah oui, quand même ! 13 romans + 15 bédés + 6 comics = 34 lectures tout de même.

Octobre avait été un gros mois puisque j’avais clôturé plus tôt en septembre et reporté sur Octobre des lectures de Septembre, donnant un score énorme, là-dessus.

D’un autre côté, je ne saurais pas mettre en ordre ma biblio de bédés, comics, mangas ET lire en même temps… J’ai tout de même sauvé les meubles.

Voilà où est disparu mon temps de lecture, en partie, puis dans l’entrainement de ma grosse poule de jument qui devait faire ses dernières randos de l’année avant de pouvoir glandouiller tout l’hiver. J’ai eu mal mon cul, mes jambes, mes muscles et elle, même pas mal !

De plus, je n’ai pas trop à rougir : en 2019, le 31 décembre, j’avais atteint ma 365ème lecture et cette année, c’est le 24 novembre que j’ai atteint ma 365ème lecture…

Je suis donc en avance de plus d’un mois, ce qui me laisse augurer que je pourrais dépasser les 385 lectures du compteur de 2020… On prend les paris pour un 390 ?

À l’heure où je clôture le bilan de Novembre, Babelio me signale que j’en suis à 375 lectures !

La petite puce de nièce continue d’évoluer au fil des jours, ça change assez vite et des nouveaux mots apparaissent. Je dois bannir les gros mots de mon vocabulaire et me contenter d’un « ALLEZ » assez sonore pour faire revenir la chienne.

Maintenant, ce gros animal a droit à deux syllabes de son nom (les dernières) lorsque la petite tente de l’appeler et malgré qu’elle ajoute un « Allez » moins fort que le mien, ça ne fait toujours pas accourir la bête. Là, elle va devoir bosser pour que la chienne lui obéisse !

Son but ultime est toujours de me pourrir la vie lorsque je mange, de chipoter avec mes patates, de voler ma fourchette, de piquer mes tartines de fromage (après avoir enlevé le morceau de la tartine sans fromage), mes biscuits et à dire « Non, non, non non, non, non » lorsqu’on veut lui faire terminer le contenu de son assiette. Elle est à un âge ou le « non » est plus souvent dit que « oui ».

L’autre jour, j’avais notre vieux chat (Puce) dans les bras et j’ai dû la déposer sur la chaise, afin d’aider ma nièce à ne pas se casser la figure dans son essai pour grimper sur une chaise. Puis, désignant le chat de son doigt, je l’entends dire un truc qui ressemblait à « Ent le shat ».

Heureusement que ma mère connaissait et à su traduire « Descend le chat », comme le dit tout le temps ma sœur à leur propre chat qui grimpe partout… La pauvre Puce n’avait donc pas le droit d’être sur une chaise de la cuisine…

Mon propre chat commence lui aussi à grimper sur les meubles de la cuisine et il a eu droit aussi au fameux « Descend le chat ». Non mais ! Déjà que l’autre jour il tentait de grimper sur ma table où se trouvent tous mes aloés et qu’il a réussi à renverser un pot lorsque j’ai crié un peu trop fort…

Toujours fan absolu des câlins, même dans les escaliers, même si j’ai une manne de linge en main !

S’il ne vient plus sur mes genoux au soir (il n’aime sans doute pas la couleur du plaid), il a osé revenir se coucher dessus lorsque je lui fais ses câlins dans sa pièce, parce que, comme il fait plus froid, je pose le plaid bleu (qu’il aime sans doute mieux) sur mes jambes et alors, là, de temps en temps, il vient se coucher dessus, après avoir fait quelques allers-retours sur mes jambes, l’air de ne pas y toucher…

Au soir, lorsque nous sommes seules, il se roule en boule à mes côtés et il scie des bûches. Il doit y être bien, car il ne s’en va pas au bout d’un moment, comme il faisait d’habitude, partant au bout du canapé. Non, il reste à mes côtés et tant que je n’ai pas fermé mon livre ou éteint la télé, il reste !

Ce chat n’arrêtera jamais de m’étonner, de me surprendre et de me faire perdre toute logique ! En même temps, vu d’où je suis partie avec lui… Et vu où nous sommes arrivés, je peux dire que ce chat s’est parfaitement adapté, même s’il reste parfois un gros couillon ;-))

EDIT : il a décidé, ce samedi matin (27/11) de passer outre sa peur et il s’est installé sur mes genoux, alors que j’avais le plaid rouge ! Il a roupillé sur moi durant 30 minutes au moins… Comme quoi, il suffisait de le dire pour qu’il le fasse. Bon, j’aimerais un café, maintenant (on ne sait jamais, il pourrait apprendre à m’en faire).

Le bureau des affaires occultes d’Eric Fouassier [LC avec Bianca] est un bon polar historique, si on met de côté les personnages un peu trop manichéens ou too much (du côté des gentils) et les grosses ficelles utilisées dans certains cas. Hormis ces petits défauts, l’intrigue est bien menée, c’est addictif et le côté historique est bien rendu !

Heureusement que cette saga jeunesse ne prend pas ses jeunes lecteurs pour des cruches. Sherlock, Lupin & Moi – T11 – Le Port des ténèbres de Irene Adler continue sur sa belle lancée : des personnages attachants, des enquêtes intrigantes, menées tambour battant et des petits secrets qui se dévoilent au fil des tomes. Un roman parfait pour lire sous un plaid, avec une tasse de thé et quelques biscuits, car il est réconfortant.

Avec le Goncourt cuvée 2021, je me suis perdue en cours de route et La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr a juste réussi à me faire dormir tant la quête est interminable. La qualité de l’écriture n’est pas en cause, la plus de l’auteur est belle, mais trop verbeuse.

La rivière de Peter Heller n’est pas un long fleuve tranquille… On commence avec un mélange harmonieux entre le « nature writing » et le thriller, entre l’apocalypse et le voyage initiatique, commençant à naviguer gentiment avant de passer en mode « descente de rapides ». Une lecture forte dont on ne ressort pas tout à fait indemne.

Ce polar historique avec une touche de steampunk, je l’ai dévoré, il est addictif, l’écriture est simple, mais Cendres de Johanna Marines [LC avec Bianca] fait passer un bon moment. Bémol du côté du Méchant que l’on voit venir de loin et dont nous n’aurons aucune explications sur le pourquoi du comment il est devenu aussi méchant… Le final est glauque, sans happy end. J’ai apprécié ma lecture, malgré mes bémols.

Avec Manger Bambi de Caroline de Mulder, vous ferez une plongée dans le monde des sugar dating et croyez-moi, c’est glauque, trash, brut de décoffrage, bref, âmes sensibles, passez votre chemin ! C’est un roman noir qui te met mal à l’aise. Je me suis faite bousculer et ça m’a fait du bien.

Après de Stephen King ne fait pas autant de pages que d’habitude, mais dans ce concentré de 320 pages, se trouve un petit bijou d’écriture, de personnages, de fantastique et d’épouvante, sans être aussi épouvante que ce qu’on a déjà connu. Bref, la cuvée 2021 du King est excellente !

Une dystopie écologique, je ne dis pas non. Puisqu’on me disait du bien de Lorsque le dernier arbre de Michael Christie, j’ai sauté dessus. Ce roman tient plus de la fresque familiale que de la fresque écologique, même si les arbres seront au centre du récit, devenant la métaphore de la famille Greenwood. Si j’ai adoré le départ, il arriva un moment où le récit est devenu trop long. Ce fut une lecture mitigée.

Rien de tel, pour se donner du pep’s que Les Détectives du Yorkshire – 06 – Rendez-vous avec la ruse de Julia Chapman [LC avec Bianca] ! Du suspense, des mystères, plusieurs affaires qui semblent être simples, mais qui ne le seront pas et se révèleront plus dangereuse que prévues. Addictif et un final qui vous laissera pantois. Vivement la suite !!

Non, la misère n’est pas moins pénible au soleil. La preuve avec Et d’un seul bras, la sœur balaie sa maison de Cherie Jones qui se déroule à la Barbade. C’est un roman noir, fort sombre. Trois portraits de femmes s’imbriqueront dans d’autres portraits, ceux des protagonistes et le moins que l’on puisse dire, c’est que personne n’a eu une vie idyllique. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, ensuite, ça allait mieux. Un roman noir, dramatique, sans lumière.

Un peu de joyeuseté dans ce paysage de détresse avec Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove. Si l’enquête semble porter sur des éléments fantastique avec la présence du Thurrick Noir (sorte de Zwart Piet ou de Père Fouettard), on comprend très vite que c’est comme le toutou des Baskerville. Une enquête de Holmes/Watson qui tient la route, des personnages assez conformes au Canon, bref, un polar historique qui fait du bien, en plus d’être bien foutu.

Un tueur mystérieux qui laisse les corps comme s’ils étaient de reproduction d’œuvres d’art… Original, au moins ! Pietà de Daniel Cole est addictif. Ce que j’ai apprécié, c’est qu’il parte dans une direction inattendue : pas d’enquêteurs soudés comme dans la série des Experts, pas de super-héros, mais des flics paumés, lâchés par la hiérarchie et une traque menée sur deux plans puisqu’il y aura une pause de 7 ans.

Arriver à parler, sans pathos, du cancer chez les enfants, c’est qu’a réussi à faire Delphine Pessin avec Mon cheval de bataille où elle raconte toutes les phases de la maladie et du traitement d’Arthur, jeune garçon de 10 ans. Un récit tout en finesse, tout en émotions. Magnifique !

Bilan Livresque : 13 Romans

  1. Le bureau des affaires occultes : Eric Fouassier [LC avec Bianca]
  2. Sherlock, Lupin & Moi – 11 – Le Port des ténèbres : Irene Adler
  3. La plus secrète mémoire des hommes : Mohamed Mbougar Sarr [BABELIO]
  4. La rivière : Peter Heller
  5. Cendres : Johanna Marines [LC avec Bianca]
  6. Manger Bambi : Caroline de Mulder
  7. Après : Stephen King
  8. Lorsque le dernier arbre : Michael Christie
  9. Les Détectives du Yorkshire – 06 – Rdv avec la ruse : Julia Chapman [LC avec Bianca]
  10. Et d’un seul bras, la soeur balaie sa maison : Cherie Jones
  11. Sherlock Holmes et le démon de Noël : James Lovegrove
  12. Pietà : Daniel Cole
  13. Mon cheval de bataille : Delphine Pessin

Bilan Livresque : 15 bédés / 6 comics = 21

  1. Astérix – T39 – Astérix et le Griffon : Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
  2. Goldorak (BD) : Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu et Alexis Sentenac
  3. Lonesome – T03 – Les liens du sang : Yves Swolfs
  4. La renaissance des héros Marvel – T02 – Black Panther : Collectif
  5. Deadpool – 01 – La nuit des morts-vivants : Cullen Bunn et Ramon Rosanas
  6. Deadpool – 02 –  Le retour du Deadpool-Vivant : Cullen Bunn et Nik Virella [BABELIO]
  7. Deadpool Killogy – 01 – Deadpool massacre Marvel : Cullen Bunn et Dalibor Talajic [BABELIO]
  8. Thanos – Le Gant de l’Infini : Jim Starlin, George Pérez et Ron Lim [BABELIO]
  9. Calvin et Hobbes – T07 – Que fait la police ? : Bill Watterson [BABELIO]
  10. Le Loup en slip – T03 : Slip hip hip ! : Lupano, Itoïz et Cauuet [BABELIO]
  11. Le Loup en slip – T04 – N’en fiche pas une : Lupano, Itoïz et Cauuet [BABELIO]
  12. Orcs et Gobelins – Tome 15 – Lardeur : Olivier Peru & Ma Yi
  13. Chaque jour Dracula : Loïc Clément et Clément Lefèvre
  14. Jours de sable : Aimée de Jongh
  15. Mages – Tome 06 – Yoni : Nicolas Jarry et Giovanni Lorusso
  16. Féroce – Tome 1 – Taïga de sang : Gregorio Harriet et Alex Macho
  17. #LesMémés – Chroniques des âges farouches : Sylvain Frécon
  18. Tango – Tome 2 – Sable rouge : Philippe Xavier et Matz [BABELIO]
  19. Tango – Tome 3 – À l’ombre du Panama : Philippe Xavier et Matz
  20. Nains – Tome 21 – Ulrog de la forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux
  21. Ira dei – Tome 4 – Mon nom est Tancrède : Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat

 

Et d’un seul bras, la sœur balaie sa maison : Cherie Jones

Titre : Et d’un seul bras, la sœur balaie sa maison

Auteur : Cherie Jones
Édition : Calmann-Lévy (18/08/2021)
Édition Originale : How the one-armed sister sweeps her house (2021)
Traduction : Jessica Shapiro

Résumé :
Lala vit chichement dans un cabanon de plage de la Barbade avec Adan, un mari abusif. Quand un de ses cambriolages dans une villa luxueuse dérape, deux vies de femmes s’effondrent.

Celle de la veuve du propriétaire blanc qu’il tue, une insulaire partie de rien. Et celle de Lala, victime collatérale de la violence croissante d’Adan qui craint de finir en prison.

Comment ces deux femmes que tout oppose, mais que le drame relie, vont-elles pouvoir se reconstruire ?

Critique :
♫ Il me semble que la misère, serait moins pénible au soleil ♪ comme le chantait Charles Aznavour.

Alors, la misère serait-elle moins pénible sous le soleil de la Barbade, petite île des Caraïbes ? NON ! Assurément, non,

Ce roman noir, sombre, sans lumière, contient le portrait de 3 femmes, 3 générations maudite, toute les trois soumises aux hommes, à leur violence. Violence légitime, pour ces messieurs, que ce soit leurs maris, leurs copains, leurs amants…

La grand-mère n’avait rien vu venir, mariée à 14 ans, elle a vite compris ensuite. Sa fille, qu’elle a tenté de protéger, n’a pas écouté et la tragédie est arrivée, quand à Lala, la petite fille, elle aussi aurait dû écouter sa grand-mère et l’histoire de la fille à un bras.

Au départ, j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit, à m’y retrouver. J’ai même posé le roman dans un coin, n’y revenant que plus tard et là, la magie a pris, si j’ose dire.

C’est un roman tragique, rempli de drames, de portraits des différents protagonistes et aucun n’a eu une vie joyeuse et remplie de Bisounours. Certains ont plus mal tourné que d’autres et il ne faut pas croire que les truands sont pires que les policiers : le lieutenant Beckles m’a donné envie de vomir.

L’autrice a réussi à donner de l’étoffe à ses différents personnages, ni tous noirs, ni tous blancs, chacun s’étant pris des coups de beigne par la vie, leurs parents,…

Lala, personnage central, aurait mieux fait de rester célibataire plutôt que de se mettre à la colle avec Adan. Homme violent qui la bat, un drame va se jouer sous les yeux horrifiés du lecteur et à partir de ce moment-là, la violence va monter d’un cran.

On aurait envie de s’énerver sur Lala, incapable de quitter son mari violent, mais l’autrice décrit, avec brio et sensibilité, les mécanismes qui empêche une femme de quitter un homme violent.

Ce roman est sombre, très sombre, sans lumière, le genre de lecture qui vous colle une déprime ensuite tellement cette misère, même sous le soleil de la Barbade, même dans des eaux limpides, vous colle aux doigts.

Les pauvres d’un côté, sans espoir de s’en sortir et les riches de l’autre, dans leurs luxueuses villas… Le tourisme ne profite que très peu aux plus pauvres, sauf à voler les riches.

Afin de ne pas sombrer, j’ai pris un peu de distance avec le récit, sinon, je me serais effondrée avant la fin.

À ne pas lire sur une plage, ceci n’est pas une lecture de vacances, mais une lecture qui laisse des traces.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°93].

#LesMémés – T01 – Chroniques des âges farouches : Sylvain Frécon

Titre : #LesMémés – T01 – Chroniques des âges farouches

Scénariste : Sylvain Frécon
Dessinateur : Sylvain Frécon

Édition : Fluide glacial (03/02/2021)

Résumé :
Ce qui est bien avec l’âge, c’est qu’on n’hésite plus à donner son opinion sur tout. Et c’est ce qui fait tout le charme de ces mémés vives d’esprit, parfois acerbes mais toujours très lucides sur le monde qui les entoure.

Un album vif et truculent où l’absurde et la poésie font bon ménage.

Critique :
L’avantage du grand âge, c’est qu’il permet de dire tout et n’importe quoi ! Le tout en se foutant bien du quand-dira-t-on, de choquer ou pas…

Les mémés qui peuplent ces pages sont caustiques, irrévérencieuses, acides, lucides, elles ont les nichons qui pendouillent, les fesses qui débordent de tous les côtés, le caddie qui les suit et elles m’ont bien fait rire, ces mémés, avec leurs réflexions pas piquées des hannetons.

L’une d’elle m’a même fait péter de rire en utilisant un masque facial d’une toute autre manière que pour se protéger du covid.

Et puis, elles sont branchées, les mémés ! Elles likent, elles pokent, bref, elles sont connectées.

Les dessins sont dans des formes simples. Pas de chichis. Soit l’auteur nous offre nos mémés évoluant dans des décors minimalistes, juste ce qu’il faut, soit nos petites vieilles se retrouvent sur des fonds blancs pour distiller leurs réflexions sur tous les sujets possibles.

Ce minimalisme leur va comme un gant !

Des grands dessins (les vieux pourront lire sans difficulté), des gags sur une page ou deux, une grande police d’écriture, bref, tout est fait pour qu’on puisse les lire jusqu’à 77 ans et plus.

Une bien belle découverte, que ces mémés caustiques qui nous livrent des réflexions pleines de bons sens, d’humour, de causticité, sur notre société, le monde, bref, elles philosophent accoudées au zinc d’un bar et en plus d’être drôles, elles sont bien piquantes !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 96 pages).

Féroce – Tome 1 – Taïga de sang : Gregorio Harriet et Alex Macho

Titre : Féroce – Tome 1 – Taïga de sang

Scénariste : Gregorio Harriet
Dessinateur : Alex Macho

Édition : Glénat (01/09/2021)

Résumé :
Quand la nature se déchaîne, personne n’est à l’abri.

Sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord, un tigre de Sibérie blessé par un braconnier se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim mais plutôt par vengeance, il peint du sang de ses victimes la taïga sibérienne.

Ni les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, ni les agents du Centre du Tigre de l’Amur, ni les groupes environnementaux ne sont en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse.

Inspiré de faits réels, Féroce fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. Un récit puissant, peuplé de personnages forts et plus vrai que nature où le massacre et l’horreur peuvent être enclenchés à tout instant.

Critique :
Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord… Autrement dit, dans le trou du cul du Monde, version glacée ! Là-bas, on coupe des arbres qu’on ne peut pas couper, pour l’exportation.

D’ailleurs, il paraît que l’on déforeste plus en Sibérie qu’en Amazonie et pourtant, on ne parle que l’Amérique du Sud… Les petites branches laissées au sol, après l’abattage (pas une machine) deviendront tellement secs en été que c’est incendie garantit !

Et quand un connard ne trouve rien de mieux que de tirer sur un tigre, les emmerdes commencent car quand tigre fâché, lui toujours manger Homme.

La première chose que j’ai appréciée, c’est le visuel : la couverture frappe bien fort et les dessins sont magnifiques. Très dynamiques aussi.

Le scénario part dans plusieurs directions à la fois et bien avant la fin de ce premier album, on a bien compris les différentes ramifications entre les personnages et ce qui est en train de se produire depuis le tir sur le tigre.

Nous sommes dans un excellent scénario, avec de la profondeur et sans dichotomie entre les bons reporters qui font un reportage sur les tigres de l’Amour et les vilains bûcherons qui coupent à tort à travers. Pas de ça, Lisette, madame la journaliste peut avoir l’écologie à géométrie variable et le jeune bûcheron des états d’âmes.

Le final, petit salopard, laisse le lecteur devant un suspense frustrant, puisqu’il faut attendre pour lire le second tome. Une chose est certaine, je serai au rendez-vous pour la suite !!

Une bédé à découvrir en restant bien au chaud chez soi car les paysages enneigés, s’ils sont magnifiques, donnent tout de même l’impression de froid extrême.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°92], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°94] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Mages – Tome 06 – Yoni : Nicolas Jarry et Giovanni Lorusso

Titre : Mages – Tome 06 – Yoni

Scénaristes : Nicolas Jarry et David Courtois
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil Productions (03/11/2021)

Résumé :
Lors de la guerre des goules, les mages runistes de Dumn sont passés maîtres dans la fabrication de Golem.

Avec la paix, ces colosses ravageurs s’affrontent désormais dans les arènes faisant la fortune de leur maître.

Yoni, 11 ans rêve d’être l’un d’entre eux, mais lors d’une funeste nuit, il devient orphelin. Yoni n’a plus qu’une obsession : réaliser le Golem parfait qui vengera les siens !

Critique :
Yoni est un gamin qui rêve de fabriquer un golem. Tout va bien dans sa vie, jusqu’à ce que tout parte en fumée et qu’un jour, il décide de se venger.

Une histoire classique, en effet. La vengeance est vieille comme le monde, mais pas toujours facile à accomplir, surtout lorsqu’on a le gabarit d’un David et que celui dont on veut se venger a la carrure d’un Goliath !

Enfin, pas la carrure, mais des soldats et la puissance de feu d’un porte-avions de combat…

J’ai apprécié les dessins des décors, moins ceux des personnages qui avaient des petits airs de personnage de manga à certains moments. Bouches grandes ouvertes, se bâfrant comme dans les mangas, grands yeux avec beaucoup de blanc… Les dessins des golems, eux, j’ai apprécié.

Le bât a blessé avec Yoni : je n’ai pas vraiment accroché avec lui. C’est un jeune gamin turbulent, possédant un savoir-faire énorme, un peu fanfaron, voulant que son père fabrique des golems de combat, qu’on le respecte,…

Non, il avait du potentiel, le jeune Yoni, il était travaillé, pourtant, il a semblé lui manquer quelque chose pour que ça colle entre nous, alors que je matche souvent avec les culs-verts de la saga Orcs & Gobelins. Cherchez pas, docteur !

L’histoire, bien que classique, n’est pas dénuée d’intérêt. Une fois de plus, nous nous retrouvons avec un enfant qui a des rêves de gloire, puis qui a tout perdu, qui sera pris en charge par un adulte, une personne qu’il détestera au départ, mais avec laquelle il s’associera pour forger son golem de la vengeance.

Cette personne, comme d’habitude, sera son mentor, celle qui l’aidera à devenir ce qu’il veut être, ce qu’il est vraiment : mais pour cela, il faut passer par la bonne vieille case de l’apprentissage. Le maître n’est jamais content du travail de l’apprenti et ce dernier pense qu’on le fait bosser comme un esclave et que tout ce qu’il fait est magnifaïïïk.

Classique, en effet, mais ça marche toujours.

Toujours aussi classique l’histoire du type qui a du pouvoir et qui n’a pas apprécié qu’on lui dise non et qui, en représailles, n’a aucune morale à effacer tout un village de la carte…

Malgré le bon potentiel de l’histoire, n’ayant jamais eu d’atomes crochus avec Yoni, cela m’a empêché de vibrer avec lui.

Attention, comme je l’ai dit plus haut, ce gamin a du courage, il est prêt à tout, il a du talent, considère son golem comme un être vivant, mais il ne sait pas tenir sa langue (et cela entraîne des conséquences devant les puissants) et prends trop gros risques pour arriver à son but ultime, oubliant qu’il pourrait tout perdre et repartir à zéro.

Couillu, le Yoni, certes, rusé, d’accord, mais cela c’est déjà retourné contre lui, ses fanfaronnades.

Ceci n’est pas un mauvais album, loin de là, mais il ne m’a pas emporté. Dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

Jours de sable : Aimée De Jongh

Titre : Jours de sable

Scénariste : Aimée De Jongh
Dessinateur : Aimée De Jongh
Traduction : Jérôme Wicky

Édition : Dargaud (21/05/2021)

Résumé :
Washington, 1937. John Clark, journaliste photoreporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, l’organisme gouvernemental chargé d’aider les fermiers victimes de la Grande Dépression.

Sa mission : témoigner de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l’Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et les tempêtes de sable plongent les habitants dans la misère.

En Oklahoma, John tente de se faire accepter par la population. Au cours de son séjour, qui prend la forme d’un voyage initiatique, il devient ami avec une jeune femme, Betty. Grâce à elle, il prend conscience du drame humain provoqué par la crise économique. Mais il remet en question son rôle social et son travail de photographe…

Critique :
1937, États-Unis… Le krash boursier de 1929 a eu lieu et une partie de l’Amérique se prend de plein fouet le Dust Bowl.

Pour les ignares du fond de la classe, le Dust Bowl n’est pas la finale du championnat organisé par la ligue américaine de football américain, mais une série de tempêtes de poussière qui s’est abattue sur les plaines des États-Unis !

L’Oklahoma, le Kansas et le Texas, furent touchés, dans les années 30, par la sécheresse et une série de tempêtes de poussière provoquant une catastrophe écologique et agricole.

Si jamais, relisez (ou lisez) « Les raisins de la colère » de Steinbeek…

La première chose que l’on admire, dans ce roman graphique, ce sont les dessins de l’autrice : de belles grandes planches montrant des décors new-yorkais et ensuite de la région de l’Oklahoma (dans le manche de cet état qui ressemble à une poêle à frire).

Si N-Y grouille de vie et misère, dans l’Oklahoma, ça grouille de misère et la vie se cache tant il est difficile de respirer ou de vivre dans cette région touchée de plein fouet par ces nuages de poussières.

Les couleurs sont dans des tons pastels et même sans paroles, ces grandes planches parlent plus qu’un discours. Sans avoir le choc des photos, on a le choc des dessins et pas besoin du poids des mots, les images parlent d’elles-mêmes.

Des grands dessins sur des pleines pages ou sur des doubles pages : l’envie est grande de les enlever de la bédé et de les accrocher au mur, tant ils sont magnifiques.

De plus, le scénario ne manque pas de profondeur avec les réflexions des habitants de l’Oklahoma sur les photos que prend John Clark : c’est de la mise en scène !

Lui-même se posera la question sur son travail de photographe : est-ce qu’il rend justice aux habitants soumis au Dust Bowl ? La mise en scène est nécessaire pour faire une belle photo, certes, mais donne-t-elle vraiment la dimension de leur souffrance, de ce qu’ils endurent depuis des années ?

Moi qui me plaignais ces derniers temps de ne pas ressentir des émotions dans certains romans lus, ici, j’en ai pris plein ma tronche, des émotions !

Pas de pathos, pas de larmoyant, l’autrice n’est pas là pour faire pleurer dans les chaumières, et pourtant, elle est arrivé, de pas ses dessins, ses personnages, les actions de John Clark, par les dialogues, à me donner des frissons et à faire monter l’eau aux yeux, afin d’en ôter la poussière.

Une magnifique bédé qui va s’en aller rejoindre le clan des bédés d’exceptions dans ma biblio.

Lorsque le dernier arbre : Michael Christie

Titre : Lorsque le dernier arbre

Auteur : Michael Christie
Édition : Albin Michel (18/08/2021)
Édition Originale : Greenwood
Traduction : Sarah Gurcel

Résumé :
D’un futur proche aux années 1930, Michael Christie bâtit, à la manière d’un architecte, la généalogie d’une famille au destin assombri par les secrets et intimement lié à celui des forêts.

2038. Les vagues épidémiques du Grand Dépérissement ont décimé tous les arbres et transformé la planète en désert de poussière. L’un des derniers refuges est une île boisée au large de la Colombie-Britannique, qui accueille des touristes fortunés venus admirer l’ultime forêt primaire.

Jacinda y travaille comme de guide, sans véritable espoir d’un avenir meilleur. Jusqu’au jour où un ami lui apprend qu’elle serait la descendante de Harris Greenwood, un magnat du bois à la réputation sulfureuse.

Commence alors un récit foisonnant et protéiforme dont les ramifications insoupçonnées font écho aux événements, aux drames et aux bouleversements qui ont façonné notre monde. Que nous restera-t-il lorsque le dernier arbre aura été abattu ?

Fresque familiale, roman social et écologique, ce livre aussi impressionnant qu’original fait de son auteur l’un des écrivains canadiens les plus talentueux de sa génération.

Critique :
En 2038, toute la Terre à connu le Grand Dépérissement : tous les arbres furent décimés et la planète est devenu un désert où il ne fait pas bon vivre.

Toute la Terre ?? Non, un petit village d’arbres résistent encore et toujours à l’envahisseur « désert » et cet oasis se trouve sur une île boisée au large de la Colombie-Britannique.

Cette dystopie est fort prenante, le début m’a aspiré littéralement dans cet univers où il ne fait absolument pas bon vivre, sauf si vous êtes pété de thunes.

Commençant en 2038, le récit va remonter l’échelle du temps pour nous présenter les ancêtres de Jacinda (dite Jake) Greenwood. Oui, ce sera une fresque familiale assez foisonnante et riche en aventures.

Malgré l’enthousiasme du départ, malgré l’écriture parfaitement calibrée de l’auteur, malgré le récit correctement construit qui remonte le fil du temps en nous éclairant sur le destin de la famille Greenwood, malgré les parallèles entre la famille et les arbres, malgré les personnages travaillés, il m’a manqué un petit quelque chose d’important dans ce récit : les émotions !

Que dalle, rien ressenti durant ma lecture, si ce n’est quelques unes, à certains moments, notamment la colère en voyant ses riches personnages qui viennent se ressourcer dans ce qu’il reste de forêt primaire avant de s’en retourner dans le monde dévasté pour le dévaster un peu plus…

Alors qu’en lisant et entendant les éloges fait à ce roman, je m’attendais à m’embraser tel un vieil arbre sec, et bien, ce ne fut pas le cas. Pourtant, ça avait bien commencé, j’étais happée par le récit et pas la remontée du temps.

À un moment donné, j’ai plutôt survolé certains passages devenus trop longs à mon goût, notamment lors de la cavale d’Everett.

M’attendant à lire un livre porté sur l’écologie ou du moins, sur les arbres, il m’a semblé que ces derniers n’étaient qu’une toile de fond, juste là pour parler des turpitudes de la famille Greenwood, dont les fondateurs ont commencé bien mal dans la vie avant que l’un des deux ne se hisse sur les hautes marches du capitalisme débridé et n’amasse du fric comme un arbre amasse la mousse et les champignons.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture, sans doute parce que je m’attendais à autre chose et vraiment pas à ce que la saga familiale prenne autant dans place dans le récit, que j’aurais aimé être plus centré sur les arbres.

Même si, dans l’histoire, on comprend bien le mal que l’Homme leur fait en coupant à tort et à travers, en coupant à fond, comme s’ils allaient repousser de suite, grâce à une graine magique du druide Panoramix. Si Idefix avait lu ce roman, je pense qu’il aurait hurlé à la mort à chaque arbre tombé, à chaque forêt éradiquée…

Attention, je ne dis pas que ce roman est mauvais, loin de là, juste que nous nous sommes rencontré à un moment donné et qu’ensuite, nous nous sommes perdus de vue, avant de nous revoir et de passer un bon moment ensemble… Et ainsi de suite.

Je ressors donc de cette lecture mitigée, les longueurs l’ayant emporté sur les meilleurs morceaux (dommage). Sans oublier que le manque d’émotions ressenties a contribué à l’échouage de cette lecture, tel un arbre coupé et jeté dans un fleuve pour qu’il arrive à bon port, mais qui se perd en route.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – Écologie.