[SÉRIES] Broadchurch – Saison 2 – La série qui te dira toute la vérité, rien que la vérité ! Même si elle fait mal…

Synopsis

La saison 2 reprend la suite logique de la saison 1, avec le procès de ****** (nom du coupable dans la saison 1).

En parallèle, l’affaire Sandbrook dont le capitaine Alec Hardy avait la charge refait surface.

Ce que j’en ai pensé : 
Une saison 2 ?? Mais qu’est-ce qu’on pouvait bien ajouter à la saison 1 ? Comment était-ce possible de faire mieux que la saison 1 ? On avait arrêté le coupable, il était passé aux aveux, on allait le juger, point final à la ligne, non ?

Et ben non, l’arrestation ne signifie pas condamnation et toute la saison 2 va tourner autour du procès de ****** qui, le salaud, vient de plaider non coupable !

Nan mais ho, il espère vraiment être libéré au procès ??

Le couple Latimer se tourne alors vers l’ancienne conseillère de la Reine Jocelyn Knight, qui refuse jusqu’à ce qu’elle apprenne que l’avocate défendant ******* sera Sharon Bishop, une ancienne protégée aux méthodes radicales.

En effet, elle décide d’exploiter la moindre faille dans le dossier et demande donc l’exhumation de Danny (le gamin assassiné dans la saison 1), qu’elle obtient.

Moi qui aime les procès, j’ai été servie ! Moi qui pensait que l’affaire était pliée, j’ai été servie ! Moi qui avait oublié les fautes de procédures, on me les a resservies !

Si cet enculé avait plaidé coupable, tout aurait été pour le mieux, mais je serais passée à côté d’une saison 2 riche en rebondissements, en adrénaline, en tension et en coups fourrés en tout genre.

Les acteurs sont dans leurs rôles, tous, on croirait suivre un véritable procès en cour d’assise et entre les deux avocates, tout est permis, perruque horrible sur le crâne comprise dans le prix !

On ressent aussi la souffrance des parents de Dany, les peurs de ses  parents dont la mère a accouché il y a peu de temps (comment aimer ce nouvel enfant quand on a perdu l’autre ?), l’emploi du temps du père peu de temps avant la meurtre est suspect, voire louche et on est pas loin de penser que le véritable coupable n’est peut-être pas celui que l’on juge.

Car oui, durant ce procès, il  n’y a pas que l’accusé qui est jugé, mais tout le monde y passe, la moindre de vos failles, faiblesses, erreurs, fautes, est passée au crible, on vous juge, on vous conspue, et si ce jour là vous avez pété de travers, cela vous sera reproché.

D’ailleurs, les parents du petit Dany ne sont pas les seuls à souffrir, le coupable avait une famille lui aussi, elle souffre, son gamin ne sait plus qui il est, il aime son père, ne veut pas le croire coupable, bref, plus personne ne tourne rond, dans cette petite ville, même pas le capitaine Alec Hardy dont son ancienne affaire revient le hanter, ses ennuis de santé et il refuse que le lieutenant Ellie Miller l’aide.

Maintenant, je connais le secret de Alec Hardy et je sais tout sur son ancienne affaire… Pffff, il a eu chaud, lui !

Le final est un grand moment de suspense, on se surprend à croiser les doigts, à sauter dans son divan, à agripper son verre de mojito et à faire sauter les glaçons hors du verre.

Un final magnifique… J’ai putain adoré cette série, autant la saison 1 avec une enquête prenante et remplie de mystères et tout autant la saison 2, différente avec le procès et toutes les failles qui vont toujours au bénéfice de l’accusé.

Pari réussi donc, la suite n’était pas inutile car elle nous montre ce que d’autres séries ne nous montre pas : l’envers du décor, ce qu’il se passe une fois que le coupable est arrêté, ainsi que son procès qui pourrait ne pas se passer comme prévu ou soulever les fautes de la police…

Bon, je me demande ce que me réserve la saison 3 !

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

20. Sherlock Holmes : Les Six Napoléons – The Six Napoleons

SAISON 2 – [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 7

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : John Kane
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 20ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 20 août 1986 – ITV Network (20ème épisode diffusé); États-Unis : 19 mars 1987 – WGHB; France : 7 mai 1989 – FR3 (20ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 30 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … John Watson
    Colin Jeavons … Inspector Lestrade
    Eric Sykes … Horace Harker
    Emil Wolk … Beppo
    Gerald Campion … Morse Hudson
    Vincenzo Nicoli … Pietro
    Steve Plytas … Venucci Snr
    Marina Sirtis … Lucrezia
    Vernon Dobtcheff … Mendelstam
    Nadio Fortune … Beppo’s Cousin
    Jeffrey Gardiner … Mr. Sandeford
    Michael Logan … Josiah Brown

Le pitch ? Alors qu’il semble être simplement venu déguster un whisky soda et fumer un cigare au 221b, l’inspecteur Lestrade, confortablement installé dans un bon fauteuil, se décide à confier l’affaire qui le préoccupe.

Un individu vole puis fracasse des bustes de plâtre à l’effigie de Napoléon aux quatre coins de Londres, sans rien dérober d’autre.

Holmes sourit à la théorie de Lestrade qui s’engage évidemment sur de fausses pistes, et aux explications médicales de Watson sur la monomanie.

Cette affaire loufoque prend alors un tour tragique. Chez le journaliste Horace Harker, où un troisième buste a été détruit sous un lampadaire, un meurtre a été commis. La victime est un italien de la famille Venucci.

Intro : Qui veut la peau de Napoléon Bonaparte ? Du moins, qui peut le détester au point de rechercher tous ses bustes en plâtre pour les fracasser sur le sol ? Certes, je déteste cet homme, mais bon, fracasser ses bustes me semble un peu excessif.

Y’a rien à dire, les épisodes de la Granada sont tous plus réussis l’un que l’autre et cet épisode possède encore beaucoup d’humour grâce à la personne de Lestrade.

Une enquête qui, comme d’autres, paraît ne pas en être une, et qui, au final, se révèlera plus importante qu’il n’y paraissait au début, un peu comme avec « La ligue des rouquins ».

J’adore, d’ailleurs, dans cet épisode, une scène muette où la caméra tourne dans la pièce, passant d’un protagoniste à un autre, captant les regards et les non-dits, en attisant notre curiosité.

Certes, dans cet épisode, Scotland Yard et la police n’en ressortiront pas grandi…

Les épisodes avec Lestrade sont rares et c’est bien dommage qu’il n’apparaisse pas plus dans les récits canoniques, entrainant par là qu’on ne le voit pas souvent dans la série, alors qu’à lui tout seul c’est un personnage assez comique de par ses entêtements.

Dans l’affaire de Napoléon, Lestrade et Watson seront même assez complices, expliquant avec sérieux à Holmes ce qu’est la monomanie, tous deux formant une coalition taquine contre Holmes.

À un autre moment, c’était Holmes et Watson qui s’amusaient de voir Lestrade jetant subrepticement un œil sur les dossiers de Holmes, croyant être seul au 221B.

On fait semblant de rien, Lestrade ?

Malice dans la scène où Holmes, Watson et Lestrade attendent dans le noir que le criminel arrive sur les lieux. L’homme du Yard et le docteur s’ennuient. À cette époque, on ne chassait pas le Pokémon et on ne jouait pas avec son smartphone durant les moments d’attentes.

Alléluia ! Tout fier, Watson nous extrait un sac de bonbons de sa poche et l’offre à ses comparses. Lestrade est heureux, il veut en prendre un.

Pas de bol, voilà que Holmes, le visage tendu et contrarié, déclare d’un ton brusque : « Ce n’est pas le moment pour des berlingots ! ». Watson les remet à leur place, la mine déconfite.

Il n’y aura pas que pour les bonbons que nos deux hommes afficheront une mine déconfite, car nos deux hommes, une fois de plus, ont 36 fiacres de retard sur Holmes, qui lui, a déjà tout compris.

Non seulement Holmes a de la vivacité d’esprit, mais aussi d’action car, possédant sa cane à bout plombé, il peut bondir, tel un chat sur la souris, sur le dos du casseur de buste qui, entre temps, a cassé aussi la tête d’un des propriétaires du buste du nain de jardin conquérant.

Cet épisode possède de l’humour, de l’action, du mystère, du suspense, mais aussi une scène et un dialogue d’anthologie !

LA scène concerne la splendide performance de Holmes-Jeremy Brett dans la révélation finale où Holmes, empoignant la nappe posée sur la table, la tire brutalement et, tel un magicien, laisse vaisselle et couverts en place.

La dextérité et l’adresse sont des traits typiques du détective. Mais les traduire dans la réalité avec cette totale maestria est le fait de Jeremy.

LE dialogue concerne les louanges que Lestrade fait à Holmes (canoniques) :

Inspector Lestrade : We’re not jealous of you, you know, at Scotland Yard. No, sir, we’re proud of you.
[Holmes attend la suite de la phrase]
Inspector Lestrade : And if you come down tomorrow, there’s not a man from the oldest inspector to the youngest constable… who wouldn’t be glad to shake you by the hand.
Sherlock Holmes : Thank you!
[Moment d’humilité et d’émotions]
Sherlock Holmes : Thank you.

Dialogue canonique :
— Eh bien ! dit Lestrade, je vous ai vu entreprendre bien des affaires, monsieur Holmes, mais je n’en ai jamais vu de mieux conduite. Nous ne sommes pas jaloux de vous, à Scotland Yard… Non, monsieur, nous sommes au contraire très fiers de vous, et si vous y veniez demain, il n’y aurait pas un de nous, depuis le doyen des inspecteurs jusqu’au plus jeune de nos agents, qui ne serait heureux de vous serrer la main.
— Merci, dit Holmes, merci ! et tandis qu’il détournait la tête, il me parut plus ému que je ne l’avait jamais vu. Un instant après, il était redevenu le penseur froid et pratique que je connaissais.

Le visage de Holmes est magnifique à voir et durant quelques secondes, on peut apercevoir son trouble car il ne s’attendait pas à des louanges venant de Lestrade, et encore moins des louanges aussi émotionnelles.

L’acteur possédait sa propre sensibilité et elle s’est reflétée dans sa réaction face à Lestrade, les deux se mélangeant car elle aurait pu être celle de Holmes aussi.

La caméra nous offre donc un beau cadré sur le visage de Holmes, captant sans rien rater les changements fugaces de ses émotions.

Là, on peut dire que notre détective préféré perd de sa superbe, qu’il s’est laissé gagner par ses sentiments nous montrant un bref instant que ses yeux sont embués de larmes. Splendide moment !

Tout y est en retenue, bien entendu, et notre détective redeviendra bien vite la machine froide à calculer, la froideur prenant le pas sur la passion.

La scène, où Holmes casse le dernier buste est très bien filmée et e suspense sera à son comble, les deux autres ne sachant toujours pas à quoi s’attendre, Holmes adorant mettre en scène ses résolutions afin de surprendre et d’impressionner son public.

C’est son côté théâtral, on y est habité et on en redemande… On sait que Holmes a un côté cabotin, excentrique et facétieux. Il aime voir son « public » subjugué et l’entendre applaudir et crier bravo. Encore un peu, Holmes se mettrait à le saluer pendant que le rideau rouge du théâtre se baisserait.

J’ai déjà lu que de maintes façons, Jeremy Brett mêlait son caractère à celui du détective.

En agissant ainsi, il a pu à certains instants magnifier son propre enthousiasme naturel et sa sociabilité. Car pendant ce tournage, sa maniaco-dépression était au plus fort et ses collègues remarquaient ses brusques changements d’humeur.

Une fois de plus, une réussite dans la transcription fidèle de la nouvelle canonique, du mystère, du suspense, de l’humour, une enquête relevée et beaucoup de complicité entre les acteurs. Jouissif !!

La saison suivante, ce ne sera plus aussi bien, Brett, de par sa maladie, ne sera plus aussi bon, hélas et je dois avouer qu’après cette saison, je n’ai plus aucun plaisir à regarder les épisodes.

Pour se coucher moins bête ce soir :

  • Napoléon n’a pas été choisi au hasard, sans cet épisode :  à cette époque, en Angleterre, la haine à son égard était encore vive.
  • Les Italiens eux aussi n’avaient pas les faveurs de Conan Doyle et apparaissaient comme un prolétariat et une pègre où s’immisce la Mafia.
  • La productrice June Wyndham Davies a choisi John Kane comme scénariste car elle avait beaucoup apprécié sa pièce de théâtre « Murder, Dear Watson ».
  • Eric Sykes est un acteur connu pour son registre comique. Il a beaucoup apprécié de jouer le rôle du journaliste Horace Harker, totalement désespéré et bouleversé par les événements. Son interrogatoire et son incapacité à rédiger un article sur sa propre mésaventure font une séquence tragi-comique. Le journaliste est finalement très drôle sous sa mine triste et désolée…

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Soul of London : Gaëlle Perrin-Guillet

Titre : Soul of London

Auteur : Gaëlle Perrin-Guillet
Édition :Fleur sauvage éditions (01/04/2016)

Résumé :
Londres, 1892.
Un climat de peur.
Un flic qui boîte et un jeune orphelin.
Tous deux face à un meurtre…
… dont il ne fallait plus parler.

Jouant avec un côté « Sidekick », Soul Of London nous plonge dans une atmosphère londonienne fort bien documentée. Ce nouveau thriller, de Gaëlle Perrin, se révèle être aussi distrayant qu’angoissant.

Critique :
Arpenter les ruelles de Londres de manière littéraire et à l’époque victorienne a toujours été un de mes plaisirs… Si en plus il y a des meurtres, alors, je suis aux anges.

C’est donc le coeur léger que j’ai ouvert ce polar historique se déroulant en 1892 et je dois dire que le voyage était plaisant, même si peu éclairé puisque je me suis baladée dans les tunnels obscurs du métro londonien et que je suis passée dans des lieux fort peu fréquentables.

Le personnage principal qu’est l’inspecteur Henry Wilkes est un policier qui aime son travail, qui aime les gens, qui aimait arpenter les petites rues avant son accident qui le laissa avec une patte folle, l’obligeant à se déplacer à l’aide d’une cane.

Et, contrairement au Dr House, cette claudication est source de moquerie et de mépris dans son poste de police de la Division D… Notre pauvre Henry n’a malheureusement rien de sexy…

Les deux enquêtes ne se veulent pas révolutionner le monde, ni être trop glauque (nous avons des trépanations) ou avec un final abracadabrantesque : elles sont simples, claires et nous réservent leurs lots de surprises, même si j’avais trouvé le nom d’un coupable.

Avec une écriture sans fioritures, simple, l’auteure nous transporte dans le Londres d’après Jack The Ripper, dans le Londres où Sherlock Holmes est un personnage fictif qu’on lit dans le Strand…

Les quartiers mal famés sont bien représentés, même s’ils manquent un peu d’odeurs et d’émanations putrides… Là où certains auteurs arrivent à vous faire ressentir des odeurs en vous décrivant un quartier pouilleux, ici, c’est plus sobre, ça manque d’effluves puant.

À la limite, vu les lieux et les situations sociales décrites, l’auteure est à deux doigts de nous conclure un roman noir puisque nous passons des bas-fonds, aux pubs miteux, on se balade sur les docks où les hommes accomplissent des travaux lourds, on nous parle des quartiers rasés pour faire passer le métro, sans oublier les orphelinats et aux travaux obligatoires qui s’y déroulent (main d’œuvre gratos !), et j’en passe !

Par contre, malgré tout ça, malgré le fait que j’ai passé un bon moment de lecture, que les personnages avec lesquels j’ai arpenté les rues étaient des plus agréables, bien travaillés, que les quartiers et la misère y étaient bien décrite, j’ai trouvé que le roman manquait d’un tout petit peu de pep’s.

Comment vous dire ? C’est comme quand mon mojito manque de rhum ! Ça a le goût du mojito, mais on ressent bien qu’il manque un petit truc pour en faire un mojito du tonnerre.

Et ce petit truc tenait dans les réflexions un peu bateau que certains personnages principaux tenaient, ainsi que dans des descriptions narratives comme la cliente qui était belle à en rester sans voix.

Un petit bémol narratif qui est une affaire de goût, bien entendu, et qui ne remet pas en question le plaisir que j’ai eu de boire ce mojito… oups, pardon, le plaisir que j’ai eu d’arpenter les ruelles de Londres ainsi que ses tunnels de métro avec Henry Wilkes et son jeune Billy.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon,  le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Petits meurtres à Mangle Street : M.R.C. Kasasian

Titre : Petits meurtres à Mangle Street

Auteur : M.R.C. Kasasian
Édition : City Editions (27/05/2015)

Résumé :
Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l’inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres.

D’une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l’homme est d’une efficacité redoutable. Il pense que le « sexe faible » n’a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l’assister dans cette affaire.

L’irrésistible duo mène l’enquête et découvre que le mystérieux meurtre n’était que le premier d’une sinistre série.

Dans un Londres ou planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue…

Critique :
Sidney Grice est un détective privé, oups, pardon, un détective personnel, un peu comme Sherlock Holmes, mais en version imbuvable, chiant et à tuer !

Grice est infatué, orgueilleux, de mauvaise foi, a un sale caractère, est méchant, trop sûr de lui, ne bosse que pour le fric, méprise les pauvres, méprise les femmes, ne baise pas, ne mange pas de viande, ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, et lors d’occasion spéciales, il n’est pas contre une bonne dose de café…

— Je suis parfaitement rationnel, dit mon tuteur en claquant des mains. Injuste, méchant et grossier, je vous l’accorde, mais mes capacités de raisonnement ne m’ont jamais fait défaut.

En effet, son portrait n’est pas flatteur ! Niveau diplomatie, il est encore pire que Agatha Raisin, c’est vous dire ! Et pourtant, Agatha est LÀ référence en la matière de manque de diplomatie et de gros sabots dans le plat…

— J’aimerais que vous ayez un accident digne de votre nom, monsieur Grave. Venez, mademoiselle Middleton.

Certes, Agatha ne se privera pas de vous lancer un « Allez vous faire foutre » bien sentit, tandis que lui, en parfait gentleman, vous balancera une vacherie sans juron puisque « Bon Dieu » est déjà une injure pour lui.

— Si le fait d’assassiner la langue était considéré comme un délit, vous seriez en train de casser des cailloux en ce moment, rétorqua Grice.

— Lorsque Dieu a créé les idiots, il a mis les plus idiots de tous en uniforme et leur a donné des casques pour que les pensées n’entrent pas dans leur tête, déclara Sidney Grice.

Tiens, je me demande ce que ça donnerait si on accouplait Sidney Grice et cette bonne vieille Agatha Raisin… Heu… Quoiqu’il en sorte, ne m’en mettez pas un de côté !!

— Cela doit être extrêmement gratifiant de contribuer à rendre la justice, commentai-je.
Sidney Grice souffla.
— Il est plus satisfaisant de voir les délinquants punis, mais j’aime être sûr que les innocents ne risquent rien. Bien entendu, plus vous vous élevez dans la société, plus cela est important. On peut se permettre quelques petites erreurs avec des prostituées, par exemple, mais vous devez être absolument sûr de votre fait avant de faire pendre un évêque.

Ah pardon, j’oubliais ! Bien sûr que Sidney a un vice, c’est le thé, sans lait car il ne boit pas les sécrétions mammaires des ovins… C’est lui qui le dit ainsi…

Vice énorme car il devient à moitié paniqué s’il n’y a pas une officine servant du thé dans un rayon de 100m ! Pire qu’un Preshaun dans la série « Ekhö monde miroir« .

— Plus intolérable que vous ne le sachiez, expliqua Grice. Son procès a attiré une telle foule que je n’ai pas pu me faire servir une seule tasse de thé pendant deux jours consécutifs et que mon premier flacon à rétention de chaleur fut réduit en miettes dans la panique générale.
— Monsieur Grice était au bord des larmes, précisa l’inspecteur Pound.

— Savez-vous, March, ce que je trouve le plus terrifiant à propos de ce quartier ? Il n’y a pas de salon de thé à moins de cent mètres à la ronde.

Un type imbuvable, ce Sidney, mais bizarrement, on adore son caractère ronchon, ses répliques cinglantes, ses idées bien arrêtée sur la petitesse du cerveau féminin (partagée par une majorité des hommes), notamment sur celui de sa pupille, March Middleton, arrivée depuis peu chez son parrain et tuteur après le décès de son père.

La pauvre ?? Non, non, March ne se laissera pas march-er (mdr) sur les pieds et le duo va faire des étincelles, pour notre plus grand bonheur.

— J’ai une meilleure idée, dis-je. Comme je suis la plus légère, dans la mesure où je ne possède pas un cerveau masculin qui risquerait de peser exagérément, je vais passer devant.

Ajoutons à ce duo atypiques un inspecteur Pound qui n’a pas lui non plus sa langue en poche en matière de préjugés sur les femmes, sur les pauvres, sur tout le monde…

— Ma chère mademoiselle, il vous faut cependant comprendre que les humeurs imprévisibles du cœur féminin ne sauraient rivaliser avec la logique imparable et la perspicacité pénétrante du cerveau masculin.

— Je me demande parfois si je ne travaille pas dans un institut pour les déficients mentaux. Mais ne vous avisez pas de raconter à monsieur Grice que j’ai dit ça !

Avec un style jubilatoire dans les dialogues, avec des répliques qui fusent, avec March, un personnage féminin qui ne se laisse pas faire, qui fume et qui boit, je vous assure que l’on passe un excellent moment de lecture car entre Sidney Grice et March Middleton, ça grince niveau vacheries envoyées tout de go.

— Je vous ai déconseillé la lecture des ouvrages de philosophie, dit Sidney Grice en souriant. Ils vous farcissent la tête d’idées et, chez l’individu de sexe féminin, les idées risquent trop aisément de conduire au déséquilibre mental. Ce n’est pas là mon opinion mais les conclusions d’années de recherches scientifiques menées par les médecins de l’Hôpital royal de Bedlam pour les aliénés. 

— Dînez-vous habituellement seul ? demandai-je.
— Non, répondit Grice, je dîne avec un livre. Mon favori est « Brève étude des vers parasites d’Afrique ». Il comporte de superbes illustrations en couleurs.
— Cela ne vous empêche-t-il pas de savourer votre repas ?
— Pour quelle raison ? Je n’ai pas l’intention de les manger.

De plus, nous avons aussi des petites allusions à un célèbre détective et à son créateur et je n’ai pas pu m’empêcher de glousser en comprenant QUEL médecin soignait le poignet de March.

Mais là, j’émet une protestation sur une incohérence, un anachronisme : nous sommes en 1892 et ce personnage célèbre dans la littérature policière, dont fait allusion son père littéraire, fut publié en décembre 1887…

Sherlock Holmes fit ses premiers pas dans « A Study in Scarlet », publiée dans le Beeton’s Christmas Annual. Histoire qui avait été refusée en mars-avril 1886 !

Donc, Arthur Conan Doyle ne peut pas s’être inspiré de Sidney Grice pour son Sherlock Holmes puisqu’en 1892, il avait déjà publié deux romans avec Holmes (« The Sign of Four » le fut en février 1890). Là, l’auteur a fait une faute en voulant rendre hommage à Doyle et son Holmes !

— Vous écrivez ? demandai-je.
Il haussa modestement les épaules.
— J’essaie et je dois dire que votre œuvre m’a laissé penser qu’un ancien médecin militaire pouvait composer un bon personnage dans l’histoire que je suis en train d’écrire.
— De quel genre de récit s’agit-il ?
Il coupa le bandage et déchira l’extrémité en deux.
— Je ne saurais dire, fit-il en nouant les deux pans, mais votre tuteur constitue un sujet fascinant.

L’enquête est remplie de questionnement sur la culpabilité ou non du coupable, sur la raison des autres meurtres, le tout est rempli de non-dit et de zones d’ombres, bien que j’avais compris bien avant Grice un fait important ! Mais à force de ne pas faire attention aux émotions, on ne voit pas ce qui est flagrant…

L’auteur, durant son roman jouissif, ne se prive pas pour nous expliquer où se trouvait la place de la femme, à cette époque, c’est-à-dire entre l’enfant mineur et le chien, ou plutôt derrière ses casseroles, je dirais.

Bref, j’ai adoré ce roman policier décalé, à l’humour so british, aux personnages bien campés, attachants, rempli d’humour sarcastiques et l’enquête était excellente, et assez sordide. Tout ce que j’aime.

Vivement la suite !!!

— Vous n’avez jamais entendu parler des microbes ? demandai-je.
Parker sourit.
— Oui ! Ben, j’ai aussi entendu parler des fées, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui en avait vu une.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon,  le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

V pour Vendetta – Intégrale : Alan Moore & David Lloyd

Titre : V pour Vendetta – Intégrale

Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : David Lloyd

Édition : Delcourt (25/01/1999)

Résumé :
Londres, fin du XXe siècle : plus personne n’ose résister au « Système ». L’œil et l’oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l’ordre et la terreur.

L’Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu’un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres.

Il est vêtu comme un comédien, masqué d’un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu’il reste de la culture dans son musée des ombres. Un anarchiste s’est glissé au cœur du système.

Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n’a pour nom qu’une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance.

À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça…

Critique :
Comment parler de cette intégrale que j’ai lu en plusieurs jours, tant elle est foisonnante de détails, de dialogues ciselés et dont l’atmosphère était lourde ?

Une uchronie sombre, dure, travaillée, violente, dérangeante, superbe…

Le festival des adjectifs et des superlatifs vient de s’ouvrir ! Qui dit mieux ?

Watchmen était déjà une œuvre aux personnages fouillés et à l’histoire complexe, mais avec celui-ci, on a encore franchi une limite dans le « oufti putain que c’est bon ».

Fin 20ème siècle, années 90. L’Angleterre sous une dictature implacable, qui fait peur et qui a tout de ce qu’auraient été notre vie si les nazis avaient gagné, camps d’internements compris.

Restrictions totale des libertés (le mot « liberté » existe-t-il encore ??), surveillance audio, vidéo (on va éviter de se promener à poil chez soi), contrôle de l’information, culte de la personnalité, arrestations arbitraires avec internement de certaines catégories de personnes dans des camps de concentration, anéantissement de la culture, des livres, du cinéma,… Les gens ne savent même plus ce qui a existé avant.

Si je n’ai pas vraiment accroché aux dessins (qui, je dois l’avouer, collent parfaitement avec l’histoire), le scénario, lui, est de toute beauté dans son réalisme car ce que les auteurs décrivent pourrait très bien nous arriver. Ça nous pend peut-être même déjà au nez.

Pour le lecteur habitué aux mangas, la surprise sera de taille car pas d’onomatopées (aucune !!) glissées ça et là pour bruiter l’action, pas de ballons de pensées non plus, et exit les pavés narratifs aussi, le tout ayant déstabilisé l’amatrice de bédé que je suis.

Entre nous, on s’y habitue vite, le talent des auteurs résidant dans le dessins et la narration qui arrivent à se passer de ses trois artifices, sublimant l’action et la narration, pour nous proposer un monument de la littérature dessinée.

Les personnages sont plus que criants de vérité, et V, celui qui s’insurge, celui qui est seul à se dresser contre l’oppresseur et la tyrannie, le seul à donner de la voix à la multitude silencieuse, il est humain, mystérieux, intrigant, passionnant, possède de l’humour et de la dérision.

Il a des valeurs morales, est prêt à tout pour faire tomber cette dictature abjecte et possède aussi des désirs de vengeance. Mon chouchou dans l’Histoire.

Son personnage s’est fortement inspiré de Guy Fawkes, le terroriste catholique qui est à l’origine de la Conspiration des Poudres qui eu lieu en 1605. Il faisait partie de ceux qui avaient planifié l’assassinat du roi Jacques Ier et de faire péter la Chambre des lords.

Quant au scénario, il y a du 1984 d’Orwell, mélangé à du Fahrenheit 451 de Bradbury avec une touche de Dumas et de son célèbre Edmond Dantès mué en un comte de Monte-Cristo vengeur, s’attaquant à ceux qui furent à l’origine de son emprisonnement.

V pour Vendetta est un joyaux noir, taillé à la juste mesure, éclairé de sombritude (oxymore additionné d’un néologisme, je sais) qui dénonce les régimes autoritaires et tout le cortège de privations qui va avec tout en mettant en garde le lecteur : sois vigilant, mec, ça pourrait revenir sans que tu le sentes venir !

Une putain d’excellente uchronie dessinée !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

 

Nouveau mémorial Sherlock Holmes : Jacques Baudou & Paul Gayot

Titre : Nouveau mémorial Sherlock Holmes – Tome II

Auteurs : Jacques Baudou & Paul Gayot
Édition : Clancier-Guenaud (1983) / Terre de brume (2004)

Résumé :
L’édition de 2004 chez TERRE DE BRUME (coll. Terres mystérieuses n°6 – 2004) est additionné de deux nouvelles par rapport à sa version parue chez Clancier-Guenaud (coll. Facettes du roman policier et du roman noir n° 9 – 1983)

Sherlock Holmes, le roi des détectives, l’amateur boulimique de mystères, acquit du vivant de son créateur, Sir Arthur Conan Doyle, la stature d’un véritable mythe.

De son « vivant », mais surtout depuis sa dernière apparition publique officielle dans « Son dernier coup d’archet », on ne compte plus les textes d’auteurs innombrables qui l’ont mis en scène ou pastiché.

C’est dans la masse de ces écrits holmesolâtres ou holmesoplastes, que nous avons puisé la substance de celle deuxième anthologie tout entière vouée à la célébration de l’hôte du 221 B Baker Street.

Ce recueil de nouvelles et d’articles érudits (dont l’un lente de répondre à l’un des grands mystères sherlockiens ; qui était vraiment Mycroft Holmes ?) complète le premier Mémorial Sherlock Holmes paru dans la même collection en 2003.

Sommaire :
1 – Jean-Paul MOREL, Avant-propos, pages 5 à 6, Introduction
2 – Michel EHRWEIN, Celui que Jupiter veut perdre, pages 9 à 24
3 – Harry MANDERS, Le Problème du Pont du Sort, entre autres (The Problem of the Sore Bridge – Among Others)
4 – Barry PEROWNE, Raffles – L’énigme du bicorne de l’amiral (Raffles : The Enigma of the Admiral’s Hat)
5 – Stuart PALMER, L’Aventure du ver extraordinaire (The Adventure of the Remarkable Worm)
6 – Ellery QUEEN, La Disparition de Mr James Phillimore (The disappearance of Mr James Phillimore)
7 – Arthur PORGES, Un problème insoluble (Another Adventure of Stately Homes)
8 – Arkadi BOUKHOV, La Fin de Sherlock Holmes
9 – Rex STOUT, Watson était une femme (Watson Was a Woman)
10 – Lionel W. BAILEY, L’Énigme de l’énigme jamais mentionnée (The Case of the Un-mentioned Case : A Sherlock Holmes Speculation)
11 – P. G. WODEHOUSE, Le Plus grand triomphe d’Adrian Mulliner (From a Detective’s Notebook), pages 165 à 171, trad. Geneviève LEBAUT
12 – William S. DORN, Mycroft Holmes. Un mystère élucidé (Mycroft Holmes : An Enigma No More)
13 – ANONYME,
Bibliographie, pages 187 à 190

Critique :
Après avoir enfin découvert les nouvelles se trouvant dans « Mémorial Sherlock Holmes », il était élémentaire que je me fasse la « suite » et donc, le nouveau mémorial !

Les premières nouvelles tournent autour d’Untold Stories (aventures citées par Watson mais jamais écrites) dans « L’énigme du pont de Thor » dont la fameuse « […] celle d’Isadora Persano, le journaliste et duelliste bien connu, qui un matin fut trouvé fou devant une boîte d’allumettes contenant un ver mystérieux que la science ignorait ».

Elle a enflammé toutes les imaginations des holmésiens, surtout qu’elle faisait partie, avec deux autres, des échecs de Holmes dont notre brave docteur n’a pas publié !

Je dois dire que les nouvelles portant sur l’explication de ce journaliste retrouvé fou a de quoi faire triquer Fox Mulder car bien entendu, la vérité est ailleurs !

Ça passera ou ça cassera, mais elle m’a fait rire car nous sommes plus dans des nouvelles parodiques que des histoires sérieuses.

Autres Untold Stories qui firent couleur beaucoup d’encre, sont la disparition inexpliquée de Mr James Phillimore qui, rentrant chez lui pour prendre son parapluie, ne reparut plus jamais et le cutter Alicia qui, par une matinée de printemps s’enfonça dans un petit banc de brume d’où il ne ressortit point…

Satané Watson qui nous met l’eau à la bouche avec des titres mystérieux et qui ne les publia jamais !

Anybref, une fois de plus, l’auteur s’engouffrera dans une résolution qui donnerait la gaule à ce bon vieux Fox Mulder !

Mes préférées iront pour « La Fin de Sherlock Holmes » où l’auteur s’amuse avec un détective ne pouvant plus gagner sa vie si tous les criminels se dénoncent et « Watson était une femme » où l’auteur relève quelques phrases du canon, les comprend comme il veut les comprendre et, à l’aide de chiffre, nous donne l’identité réelle de John Watson.

Pour les puristes, je conseillerai la nouvelle version, celle de 2004 éditée chez Terre De Brume car elle contient deux nouvelles en plus.

Pour les autres, les non mordus de Holmes, ou ceux qui sont mordus mais qui apprécie plus les nouvelles policières au sens strict du terme et qui n’aiment pas quand la vérité est ailleurs, je leur dirait de passer leur chemin car ces 9 nouvelles ont beau être très courtes, il n’en reste pas moins qu’elles ont tout de la parodie, sans compter qu’elles transposent nos amis (ou leurs copies non conformes) dans des univers décalés qui tirent plus vers la SF que vers le policier pur et dur.

Moi, j’ai bien aimé. Mieux que le premier tome.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[SÉRIES] Rillington Place : La série qui te place dans La Place !

La chaine britannique nous propose une mini-série, « Rillington Place » qui se penche sur l’histoire du tueur en série John Christie qui a sévi durant les années 1940 et le début des années 1950.

Ce tueur est déjà bien installé dans la culture populaire, avec le film « L’Étrangleur de la place Rillington » sorti en 1970. Il est aussi le personnage principal du roman (et de son adaptation) « Thirteen Steps Down ». Sans oublier qu’une reconstitution concernant Christie est visible dans la Chambre des Horreurs au musée de Madame Tussaud à Londres.

Cette histoire vraie est donc maintenant au cœur de Rillington Place, minisérie en trois épisodes scénarisée par Ed Whitmore et Tracey Malone. Chaque épisode nous relate les faits selon une perspective différente.

Synopsis : Le titre fait référence à l’adresse où a vécu au début des années 40 jusqu’en 1953 John Reginald Christie (Tim Roth), le tristement célèbre tueur en série qui a au moins sept meurtres de femmes à son actif.

Chaque épisode nous offre un point de vue différent : le premier étant celui de son épouse Ethel (Samantha Morton), le second celui de Timothy Evans (Nico Mirallegro), une victime collatérale de Christie, lequel occupe le devant de la scène au troisième épisode.

Ce que j’en ai pensé : Pensez à vous munir d’un chandail épais pour visionner cette série car elle donne froid partout !

John Reginal Christie a tout d’un looser, d’un homme « on l’voit, on l’voit plus »… Il est insignifiant et vous ne vous en méfierez pas.

Vous auriez tort et se sera sans doute la dernière chose que vous ferez de votre vie car le Christie en question n’est pas une salle de vente, ni une auteure à succès de romans policiers, mais un serial killer.

Tim Roth est parfaitement crédible dans le rôle, méconnaissable, son regard est froid, ses manières doucereuses, il marche doucement, les mains derrière le dos, la bouche un peu entrouverte, avec les jambes écartées, comme s’il avait fait un gros paquet dans son slip ou comme s’il possédait une grosse paire de couilles…

Sa femme, la pauvre, est effacée, sous sa coupe, la parfaite femme qui s’occupe de son mari et qui baisse les yeux devant lui. Pourtant, elle l’aime ! Et elle ne se pose pas trop de questions.

Nous sommes fin des années 30, début des années 40 et on continuera après la Seconde Guerre Mondiale à suivre cet homme qui fait froid dans le dos.

L’atmosphère est aussi responsable du froid qui m’a envahi les os : leur rez-de-chaussée est miteux, sombre, avec un papier peint qui cloque, des portes qui grincent, des clinches qui couinent, le jardin en friche, peu de lumières, des meubles dont la déchetterie n’en voudrait pas.

Et notre Christie qui se déplace dans son rez-de-chaussée avec lenteur, comme s’il avait du mal à bouger… Il est effacé ! On le voit, on le voit plus, on ne le remarque pas, ou si peu, on l’oublie vite, ou alors, on lui fait confiance.

Parlons un peu d’Ethel, voulez-vous… Madame Christie. Je ne saurais dire si elle est coupable à 100% car la pauvre avait le cul entre deux chaises : elle croyait son mari et le jour où elle s’est opposée à lui, il a tenté de l’étrangler.

Ok, après être partie, elle est revenue chez lui, la queue entre les jambes. Mais gardons en tête le contexte et l’époque : à ce moment là, l’épouse ne la remmenait pas, elle croyait son mari et quand elle a voulu parler de son mari qui avait un comportement étrange, on lui a suggéré de mieux s’occuper de lui !

Oui, il y avait des indices ou du moins, des trucs vachement mouches, mais Ethel passe à côté, elle n’additionne pas, ou si elle le fait, elle se garde bien d’afficher la réponse de peur de comprendre.

Si la 1ère partie était glaçante à être aussi proche du tueur, la deuxième le sera encore plus car là, on descend encore plus bas dans l’abject et j’ai mis mes mains devant ma bouche pour ne pas hurler lorsqu’on a découvert la petite Geraldine et que l’on a pendu Tim, innocent des crimes dont on l’accuse.

Un innocent pendu… L’horreur absolue !

Par contre, lorsque passera la corde autour du cou de Christie, là, je me suis dis que la mort était trop douce et qu’il aurait fallu le pendre, l’écarteler, le guillotiner, le sodomiser, l’éventrer, le fusiller, l’électrocuter et plus, si affinités.

Lorsque le mot fin apparaît en bas de l’écran, on est sur les genoux. Pas à cause du rythme trépidant, mais à cause des atmosphères rendues dans cette série de 3 épisodes qui prennent aux tripes.

Sans nous la jouer avec des effets dignes des films d’horreur, le réalisateur nous offre quelques heures d’angoisses absolues et une fois terminé, on a envie de regarder « Le monde de Dory » ou tout autre animé joyeux !

Le pire est que c’est tiré d’une histoire vraie… Et que personne n’a rien vu !

Rillington Place est une série dérangeante, hypnotisante à cause de sa putain de mise en scène anxiogène et des trois points de vue proposés. C’est foutrement efficace !

Je ne peux pas lui mettre 5 Sherlock et un coup de cœur car ceci n’était pas une fiction… Ce serait limite morbide. Pourtant, je ne peux que vous la recommander… 

Si vous vous sentez prêts à pénétrer dans une atmosphère glauque et sombre…

Question : Et vous, que préférez-vous ? Un coupable en liberté  ou un innocent au bout d’une corde ? Parce que de mon côté, c’est toujours pour cette raison que je suis contre la peine de mort : on a déjà pendu/électrocuté/… des innocents.

19. Sherlock Holmes : L’école du Prieuré – The Priory School

SAISON 2 – Le retour de Sherlock Holmes – ÉPISODE 6

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : John Madden
  • Scénariste : T. R. Bowen
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 19ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 16 juillet 1986 – ITV Network (19ème épisode diffusé); États-Unis : 12 mars 1987 – WGHB; France : 30 avril 1989 – FR3 (19ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min 10 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Christopher Benjamin … Dr. Huxtable
    Alan Howard … Duke of Holdernesse
    Nicholas Gecks … James Wilder
    Michael Bertenshaw … Mr. Aveling
    Jack Carr … Reuben Hayes
    Brenda Elder … Mrs. Hayes
    Nissar Modi … Lord Arthur Saltire
    William Abney … Rivers

Le pitch ?
Docteur en philosophie et directeur de la prestigieuse école du Prieuré, à Mackleton dans le Nord de l’Angleterre, le Dr Huxtable s’évanouit en pénétrant dans le salon de Sherlock Holmes.

Dans tous ses états, il explique ensuite que le jeune Arthur Saltire, fils unique du duc de Holdernesse, grand et éminent aristocrate, qui était confié à sa garde, a disparu en même temps que son professeur d’allemand.

L’intervention du détective est inévitable devant la complexité et la gravité de l’affaire.

L’épisode concernant une disparition mystérieuse d’un enfant de 9 ans, il est sombre et grave et ils ont tout fait pour que cette gravité apparaisse à l’écran.

Déjà dans le générique on nous montrait subtilement la place vide sur le banc de l’école, les chaussures solitaires, les livres abandonnés… On sentait de suite que nous allions pénétrer dans un climat inquiétant, mais aussi intimiste.

Intro : On voit Watson entrouvrir la porte du 221b pour accepter une carte tendue par madame Hudson, mais il lui dit que pour le moment, Holmes n’est pas disponible. On voit ensuite Watson glisser la carte du visiteur dans la petite poche du gilet de Holmes et celui-ci s’en saisi, pour la ranger dans une autre.

Holmes faisait une sieste… Et Watson protégeait le repos de son ami.

Soudain, du bruit, le visiteur pousse la porte, il a les yeux hagards, la sueur sur le front et tout d’un coup, il s’écroule devant la cheminée de Holmes, sur son tapis (dans la nouvelle, c’est sur la peau d’ours).

Une fois son visiteur revenu à lui, Sherlock Holmes fait ses petites déductions sur cet homme qui est directeur d’un prestigieux établissement pour jeunes garçons de très bonne famille, mais notre détective lui annonce aussi qu’il est débordé de travail, qu’il ne pourra pas suivre  le Dr Huxtable, sauf si c’est vraiment une affaire importante…

Et elle l’est puisque le seul et unique héritier du duc de Holdernesse – Arthur Saltire – a disparu quelques nuits auparavant, et le professeur d’allemand aussi !

De plus, son père, alerté de la disparition de son fils unique, ne demande pas à la police de retourner tout, mais d’enquêter avec discrétion, la plus grande discrétion, car môssieur le duc n’aime pas les ragots ou que les gens parlent sur lui. Fatalement, en enquêtant ainsi, on n’arrive à rien !

Je vous vous parler aujourd’hui d’un épisode sombre, mais très bien réussi, possédant aussi des moments d’humour, qui deviendront de plus en plus rares ensuite, Jeremy Brett commençant sans doute à souffrir de maniaco-depression et le Watson de l’époque – Edward Hardwicke – avait entendu une remarque d’un technicien qui disait « Jeremy n’est pas lui-même aujourd’hui ».

Malgré tout, notre détective est toujours joué tout en finesse, ses petits sourires, ses mimiques discrètes, ses yeux pétillants, son énergie à parcourir la lande à la recherche d’indices…

Anybref, le premier moment d’humour est lorsque Holmes, ayant fait sa valise et étant habillé pour partir, croise dans le couloir une Mrs. Hudson chargée d’un pique-nique qu’elle a pensé à préparer :

— Comment avez-vous su ?
— L’expérience !

Aaaah, es grandes écoles privées réservées à l’élite aristocratique où ne fraye que le haut du tiroir, où l’on forme les élus de demain, les dirigeants, les Grands Hommes…

Les scènes tournées dans ce qui constitue l’école de l’élite est très bien rendue aussi, des tours, des vieilles pierres, des enfants en uniforme, qui se mettent au garde-à-vous lorsque vous entrer dans leur chambrée…

Un clivage entre classes sociales fortement marqué, d’ailleurs, l’arrivée du duc de Holdernesse provoque l’effervescence au Prieuré et le Dr Huxtable se hâte d’aller à sa rencontre pour ne pas le faire attendre.

À partir de ce moment, on va bien nous faire sentir que Holmes se fiche comme d’une guigne des puissants, des nobles, des monseigneur et des Monsignors (Il est l’or). Et il trouve que le duc aime un peu trop ne pas faire de bruit et qu’il ait demandé à la police de rester discrète.

Notre détective ne se comporte pas en carpette devant lui, il soutient ses regards, affiche des petits sourires ironique et lui lance quelques piques que le duc, pourtant issu d’une grand école, ne capte pas… Sa grâce est fâchée, même !

Holmes va lui en péter une belle dans les dents (de tirade, pas de poing) :

— Votre seul enfant a disparu, votre avenir, vos espoirs et même votre noble famille sont menacés d’être détruits. Qu’est-ce que la modestie face à cela ? Face à la vie d’un enfant ?

Non, Holmes n’aime pas les puissants, il ne les craint pas, n’a pas peur d’eux et on sent dans cette tirade tout le mépris qu’il a pour ce père qui ne cherche pas avec plus de fébrilité son seul et unique héritier !

En plus, il doit savoir, tout comme moi, que la fortune de ces puissants ne s’est pas faite parce que leur ancêtre a inventé et déposé le brevet du trombone ou de la fermeture éclair, mais en volant les autres, en pillant, en tuant, en magouillant…

C’est le cas ici puisque les ancêtre du duc de Holdernesse étaient des voleurs de vaches ! Il ferraient aussi les chevaux avec des fers reproduisant les sabots de la vache, masquant ainsi leurs traces dans la lande.

Pour ceux et celles qui ont lu la nouvelle, un détail ne sera pas passé inaperçu : on a modifié le personnage du duc de Holdernesse, le rendant intelligent et sensible !

Et tant mieux parce que le duc de ACD était décrit comme un vieil homme à l’esprit étroit, au physique ridicule avec sa barbe rousse descendant jusqu’à la poitrine et son immense nez.

Sans cette modification importante, nous n’aurions pas eu droit aux dialogues assez mouvementé entre Holmes et sa seigneurie qui ne devait pas avoir l’habitude de se trouver face à des gens qui n’étaient pas intimidé par lui et qui se foutaient pas mal de son rang social.

L’orgueilleux duc s’est senti froissé par l’impertinente ironie de Holmes et se faire tancer par un homme qui, socialement parlant, se trouve plus bas, a dû être horripilant !

Et pourtant… Si le duc est raide coincé au départ, fâché de la présence du détective sur l’enlèvement de son unique héritier, le duc et se montre peu coopératif, allant même jusqu’à s’adresser à lui par l’intermédiaire de son secrétaire, sa grâce ne tardera pas à comprendre que Holmes est un homme courtois, bien élevé, à la diction irréprochable et qu’il a dû fréquenter une très bonne école lui aussi.

De plus, sans même devenir copains comme cochon, le duc va apprécier la discrétion et le sentiment élevé de ses devoirs professionnels qui animent notre détective préféré.

Passons maintenant à l’enquête proprement dite, sur la lande déserte… Que Holmes et Watson vont sillonner à pied, à cheval et à vélo parce que contrairement à ce que pense le Dr Huxtable, Holmes bosse sur l’affaire et est bien décidé à la résoudre !

Et s’il s’est attardé sur les origines sombres de la famille du duc et amassé les ragots sur eux, c’est parce qu’il sait que tout est important. D’ailleurs, il va même expliquer au Dr Huxtable ce qu’il s’est passé la nuit et le mystère de la bicyclette unique disparue.

Le rythme de l’épisode est soutenu jusqu’à la fin, avec un suspense grandissant pour celui qui ne connaîtrait pas la fin…

Même pour celui qui sait tout, c’est toujours un plaisir de revoir cet épisode qui fait partie des très très bons (on mangera notre pain noir après).

L’amitié qu’il y avait entre Jeremy Brett et Edward Hardwicke et entre Holmes et Watson est très bien décrite dans une scène qui n’existe pas dans la nouvelle canonique mais qui se retrouve ici à l’initiative de Jeremy : Holmes et Watson après avoir suivi les traces de la bicyclette du prof d’allemand à travers la lande, se reposent un instant sur un promontoire rocheux.

Watson, ne comprenant pas pourquoi les traces de pneus disparaissent et reviennent se fait balancer un : « Watson, vous êtes brillant pour déceler l’évident »… et se tient coït.

De son côté, notre détective est plongé dans une intense réflexion, il est dans son monde et de ce fait, totalement hermétique à ce qui l’entoure. Notre brave docteur Watson tente vainement de lui faire comprendre qu’il meurt de faim et souhaite se rendre à l’auberge qu’il a repérée sur sa carte.

Las, pas de réponse, rien ne bouge du côté de la figure figée du détective. Notre docteur, n’écoutant que l’appel de son estomac, est même prêt à partir seul.

Miracle, Holmes sort soudainement de son mutisme contemplatif et lui dit :

— Mon cher ami, vous devez mourir de faim. Observez cette carte, vous verrez qu’il y a une auberge à 3 miles dans cette direction.

Mais putain, je viens de te le dire ! Non, Watson est trop bien élevé pour dire pareille chose. Alors que fait-il ? Presque soupirant, il opine de la tête d’un air las et suit son ami qui est déjà parti devant comme une flèche.

Cette idée de Jeremy a été reprise et travaillée par les scénaristes et donne au final un splendide moment d’interprétation, teinté d’humour et de sous entendus lourds de sens.

Tous ces moments d’intimité et de clins d’œil comiques donnent vie aux personnages et les rendent très attachants.

A l’auberge tant convoitée par Watson, Holmes fume une cigarette, tandis que son ami découvre avec dégoût, le plat que lui a servi l’aubergiste. D’un air ironique Holmes imperturbable lui demande si c’est bon… C’est dégueulasse !

Mais grâce à l’estomac de Watson, ils vont louer ensuite les deux chevaux de l’auberge et se rendre chez le duc, et c’est là, en partie, que la lumière va se faire dans le cerveau de Holmes. On dit quoi ? On dit « Merci Watson » !

Si le scénario a fait l’objet de modifications assez nombreuses par rapport à l’œuvre originale de Conan Doyle, le tout reste parfaitement cohérent et nous donne un final spectaculaire où la tension dramatique atteint son paroxysme dû à la mort du coupable qui était simplement renvoyé dans la nouvelle.

Pour moi, il méritait la pendaison, mourir de la sorte l’a soustrait à une comparution devant des juges, mais ça évite aussi un gros scandale !

Quant à notre duc qui ne voulait pas voir Holmes, qui ne voulait pas entendre ce que le détective avait à lui dire, il finira par lui témoigner toute sa confiance en lui signant un chèque de £12.000 alors que la récompense n’était que de 6.000. Preuve s’il en est que ce chèque est un témoignage de sa reconnaissance et non la simple rétribution de ses services.

Holmes ne se privera pas de l’empocher. Leurs regards se croiseront alors d’un air complice et cordial.

Encore un super épisode sans temps mort, où les personnages sont bien dans leurs rôles, où Jérémy n’a pas encore pris de poids à cause de ses médocs et où il jouait merveilleusement bien Holmes.

Je ne m’en lasse jamais de ces épisodes là !

Pour se coucher moins bête : 

      • Jeremy qui chanta comme soliste dans le chœur d’Eton où il fit ses études et qui était passionné de musique, apprécia beaucoup la bande son de Patrick Gowers et la participation du chœur de Winchester Abbey.
      • Cet épisode serait, selon Michael Cox, producteur puis producteur exécutif de la série, la seule adaptation filmée de la nouvelle de Doyle en soixante ans. Celle-ci a cependant fait l’objet d’adaptations radiophoniques.
      • Les tournages en extérieurs eurent lieu dans le Derbyshire qui offre de magnifiques paysages.
      • La propriété qui servit de cadre à l’école est Haddon Hall près de Bakewell et le fastueux château qui devint Holdernesse Hall est celui de Chatsworth, propriété du duc et de la duchesse de Devonshire.
      • Cet épisode est le préféré d’Edward Harwicke : « C’est le meilleur film que nous ayons fait. John Madden était un très bon réalisateur. La mise en scène d’un film doit être organique – le texte, l’action et l’image ne doivent former qu’un élément. Tom Sheppard a conçu le scénario comme une unité à part entière. »

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[SÉRIES] Happy Valley – La série qui te glisse de la drogue dans ton cornet de glace…

Happy Valley est une série télévisée britannique créée et écrite par Sally Wainwright et diffusée depuis le 29 avril 2014 sur BBC One.

En France et en Suisse1, elle est diffusée depuis le 31 août 2015 sur Canal+, et au Québec, à partir du 5 avril 2017 sur Max.

Synopsis :
Dans la région des vallées du Yorkshire, Catherine Cawood, 47 ans, divorcée, deux enfants, occupe la fonction de sergent de police ; elle tente toujours de se remettre du suicide de sa fille survenu huit ans plus tôt.

Alors qu’elle semble finalement reprendre le dessus, elle apprend que Tommy Lee Royce, l’homme qu’elle juge responsable de ce suicide, sort de prison ayant purgé une peine pour d’autres faits.

Elle devient rapidement obsédée par l’idée de se confronter à lui, ignorant qu’il est impliqué dans une organisation criminelle visant à enlever une jeune femme afin d’en obtenir une rançon.

Ce que j’en ai pensé :
Happy Valley est une série anglaise qui prend le temps de s’installer, qui va à son rythme.

Nous sommes face à une série réaliste et intimiste car on rentre dans la vie courante de son personnage principal, Catherine Cawood, 47 ans, flic, et de sa soeur, Clare, ancienne toxico (et ancienne femme de chambre attitrée de Cora Crawley dans Downton Abbey)

Une cigarette entre les lèvres, une tasse de thé serrée dans des mains, nos deux femmes se racontent leur journée.

Leur passé est sombre, rempli de douleur et de perte d’êtres chers et si nos deux femmes vivent ensemble, ce n’est pas pour le plaisir, mais parce qu’elles n’ont pas le choix.

Notre fliquette est divorcée et a eu beaucoup de mal à se remettre du suicide de sa fille, survenu 8 ans plus tôt, la laissant effondrée avec, sur les bras, le petit bébé mis au monde par sa fille qui avait été violée par un salopard qui n’a pas été condamné pour cela, faute de preuves.

Pas vraiment « So happy », en effet, et ça va le devenir encore moins lorsqu’elle va apprendre la remise en liberté du violeur de sa fille (et qui avait été condamné pour trafic de drogue) : Tommy Lee Royce, ou le beau pasteur de « Grantchester » qui ici a un rôle de pute de fils de première.

Si les épisodes durent en moyenne plus de 50 minutes, la saison ne compte que 6 épisodes qui sont assez addictifs, je dois dire, puisque je m’en suis visionné 3 d’un coup à chaque fois.

Parce qu’en plus du travail des flics de cette petite ville du Yorshire, en plus du marasme économique qui paralyse la ville, du trafic de drogue qui s’agrandit, nous avons aussi une double enquête, si je puis dire.

D’un côté, nous avons notre Catherine qui fait son boulot de flic du mieux qu’elle peut, totalement obsédée qu’elle est devenue par Tommy Lee Royce et le cherche partout en ville…

De l’autre côté, nous avons un comptable qui aimerait envoyer sa fille à l’université, qui manque d’argent, qui a monté un plan de tordu pour en avoir et qui maintenant, se retrouve dans la merde totale…

Le tout avec une organisation criminelle impliquée dans l’enlèvement d’une jeune femme afin d’en obtenir une rançon de son père. Si le chef de cette bande a la tête sur les épaules, ses deux aidant l’ont un peu moins…

Comme je vous le disais, cette série policière est intimiste et n’a rien à voir avec les grosses productions américaines aux couleurs chatoyantes, aux flics bien habillés avec du matos policier de première catégorie.

Non, ici, on est dans la misère humaine, pas la toute grande, mais avec des gens qui se dépatouillent comme ils peuvent, qui risquent à tout moment de se voir licencier et qui malgré tout doivent payer leurs factures.

Catherine est un personnage mûr, réaliste, à dimension humaine, avec ses forces et ses faiblesses, consciente de ses limites et qui a fort à faire avec les toxicos un peu barges qui trainent dans sa ville, sans compter les dealer inventifs pour refiler de la drogue aux yeux de tous.

Tommy Lee Royce, joué par le beau James Norton est aux antipodes de son personnage amical qu’il avait dans Grantchester et on a du mal à le voir sous les traits d’un psychopathe sociopathe qui garde son mutisme et ne parle que s’il le faut bien.

Au moins, avec lui, on sait à quoi s’en tenir ! C’est une ordure finie…

Par contre, lorsqu’on découvre un comptable bien sous tout rapports qui magouille un truc de ouf pour obtenir de l’argent de son patron, lorsqu’on le voit se taire alors que la chose est déjà allée trop loin, lorsqu’on voit un honnête loueur être un trafiquant de première, on se pose des questions…

L’habit ne fait pas la moine, on le savait et cette série nous montre que sous certains apparences bien sous tout rapports, on a souvent des petites ordures qui s’ignorent.

Pour ceux qui  ont regardé la série « Whitechapel », ils reconnaitront le consultant et expert sur Jack The Ripper en la personne du comptable un peu effacé.

Une série intimiste, belle, sombre, avec de la lumière, tout de même, une plongée réaliste dans la vie des vrais flics, ceux qui triment et qui suent, le tout dans un climat merdique, humide et sombre du Yorkshire, loin du soleil de Miami…

Série visionnée en VOSTFR, of course (en plus, paraît que la VF est horriblement doublée).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Moi, Sherlock Holmes : William S. Baring-Gould

Titre : Moi, Sherlock Holmes

Auteur : William S. Baring-Gould
Édition : Encrage Éditions / Buchet-Chastel

Résumé :
Des milliers de lecteurs connaissent Sherlock Holmes par les ouvrages du Docteru Watson, mais ce n’est qu’aujourd’hui, Holmes étant mort, que sa biographie peut être révélée.

Ce volume livre pour la première fois, tous les faits, tous les actes qui peuvent être authentifiés, de la vie d’un des hommes les plus extraordinaires de ce siècle.

Il révèle beaucoup plus que ce que l’on savait jusqu’ici.

Après 20 ans de recherches, l’auteur a écrit un livre définitif, où l’on trouve aussi bien l’histoire de sa lutte dont l’infâme professeur Moriarty, ses dangereux contacts avec Jack L’Étrangleur, son amour pour Irene Adler, le mystère de son fils, l’histoire de sa retraite et les circonstances de sa mort.

Critique :
Voici le genre d’étude consacrée à la vie et  à la carrière de Sherlock Holmes réservée exclusivement aux malades, aux fans, aux dingues, aux mordus du détective de Baker Street.

En effet, cette biographie de Sherlock Holmes est à réserver pour les fins connaisseurs du canon holmésien et exclusivement pour eux !

N’allez pas croire que je sois devenue une égoïste pur jus, mais, premièrement, nous sommes face à une édition qui est devenue très rare dû au fait qu’une partie du stock de l’éditeur Buchet-Chastel ait brûlé, et vous savez que ce qui est rare est cher…

La même version éditée chez Encrage ne se trouve pas partout, faut fouiner dans les bouquineries dévouées au genre policier…

Ça, ce n’était que la raison la moins grave pour laquelle je déconseille aux gens de l’acheter ! La seconde raison est, à mon sens, la plus importante et la plus grave…

Là où c’est le pire, c’est que sur cette étude, il faudrait ajouter un bandeau-titre sur la couverture, avec, noté dessus en gras et en rouge « ATTENTION – Ceci n’est en aucun cas une biographie de référence sur Sherlock Holmes » comme pourrait vous le laisser croire le 4ème de couverture ».

Baring-Gould connait son canon holmésien, il a, sans aucun doute, d’excellentes références sur Sherlock Holmes, il l’a étudié en long et en large (et en travers)…

Mais dans cette « biographie » de mes couilles (et je ne m’excuserai pas sur le fait que je ne possède pas de couilles) l’auteur mélange tout, sans distinction : les faits attestés (canoniques), les hypothèses plus ou moins plausibles, sans parler des trucs les plus farfelus péchés ailleurs que dans les écrits de Conan Doyle (généralement dans la multitude de pastiche consacrés à Holmes).

Et quand il y a des blancs, des trous, des non-dits, c’est pas grave, l’auteur bouche les trous, invente des faits, des noms, des écoles fréquentées par Holmes, jouant avec le canon et les hypothèses non avérées qu’il balance comme véridiques et canoniques.

Alors, s’il faut déjà bien tout à l’holmésien du dimanche pour démêler le vrai du faux, un néophyte qui lirait cet ouvrage, se retrouverait avec des connaissances faussées dès le départ.

La faute aussi au 4ème de couverture qui ne nous prévient pas de ce mélange entre la réalité canonique et la fiction, et vous, pauvre lecteur, sans vous douter de la moindre vilénie, vous serez tout content d’apprendre les noms des parents de Sherlock, le nom de son autre frère, l’endroit où il fit ses études…

Bref, TOUT ce qui chez les holmésiens est sujet à suppositions, supputations, déductions (jamais certaines) ou discussions sans fin, se retrouvent, ici, écrit comme si c’était parole d’évangile…

Le lecteur non-averti qui, durant sa lecture, n’aurait pas les récits canoniques sous la main pour vérifier les dires, penserait avoir devant lui la carrière officielle de Sherlock Holmes à partir des écrits de Conan Doyle alors qu’on y mêle, à foison, des éléments non-canoniques, sans vous prévenir que telle ou telle chose provient en fait d’hypothèses hypothétiques, de déductions, mais dont on ne saura jamais le fin fond.

Le danger étant, qu’à la fin, sur le long terme, on considère ce qui est dans cette fausse biographie comme véritable et non pas comme des inventions de l’esprit d’un auteur qui a voulu faire passer toutes les études holmésiennes comme faisant partie de la réalité canonique.

Ce problème est devenu réalité puisque certaines de ces inventions de l’esprit ont fini par être considérées comme appartenant réellement au canon et on les retrouve, noires sur blanc, dans de nombreux pastiches ou études holmésiennes, avec, en prime, leur source notée dans la biographie (Moi, Sherlock Holmes de Baring-Gould). Bravo ! (ironie)

Anybref, vu le prix de l’ouvrage qui est rare, vu que l’on est face à une fausse biographie, vu que le néophyte ne saura pas trier le bon grain de l’ivraie, et vu qu’on remplit des pages et des pages avec des véritables extraits canoniques, je n’ai qu’un mot à vous dire…

PASSEZ VOTRE CHEMIN !!!

Sauf si, comme moi, vous être collectionneuse dans l’âme et à l’affut du moindre ouvrage consacré à votre détective préféré ou si, comme moi aussi, vous voulez juste informer les pauvres lecteurs/lectrices innocents qui seraient prêt à tomber dans les filets racoleurs de cet ouvrage.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.