La chambre des morts : Thilliez

Titre : La chambre des morts

Auteur : Franck Thilliez

Édition : Presse Pocket (2006)
Résumé :

Imaginez…
Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.
Devant vous, champ d’éoliennes désert.
Soudain le choc, d’une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. A ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d’euros, à portée de main.
Que feriez-vous ?
Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.
L’amitié a parfois le goût du sang : désormais le pire de leur cauchemar a un nom… La Bête.

Critique :

Laissez-moi… reprendre… mon souffle… après une… lecture pareille…angoissante… oppressante… sombre… qui m’a laissée… inerte…

Là, j’ai envie de me refaire l’intégrale du « Petit Spirou » ou des « Sales Blagues à Toto » pour me changer les idées !

Non, non, pas que le livre m’a déçu, que nenni ! J’ai même été entraînée dans cette atmosphère d’avant Noël sans aucun problème. Il faisait froid et Thilliez nous décrit si bien le Nord de la France que je m’y serais crue. Pour peu, j’attraperais bien un rhume…

Mais l’ambiance et le climat du livre sont lourdes, glauques, sombres et on descend dans les tréfonds de la perversité humaine.

De ce roman, on pourrait tirer deux enseignements : « Bien mal acquis ne profite jamais » et « L’argent ne fait pas le bonheur »…

De Thilliez, j’avais déjà lu « Syndrome [E] et [Gataca], mais là… J’en ai perdu mon souffle par moment.

Plusieurs fois ma glotte est montée et descendue à tout vitesse et mes mains se sont crispées sur la couverture du livre. Diable, pour l’angoisse, c’est réussi.

Par contre, je soupçonne fortement les éditions Presse Pocket d’avoir enduit leur bords de page d’une substance du style « Glue 3 » parce qu’il m’était impossible de lâcher l’ouvrage.

Les 150 premières pages se sont tournées d’une traite, le regard fixé sur les tas de petites lettres que l’éditeur avait tamponné comme un fou. Désolée pour ma vie sociale, mais je n’étais plus là.

Au passage, je tiens à remercier mon homme de m’avoir signalé, vendredi, que le métro était presque arrivé à notre station, sans cela, je me serais retrouvée au terminus, oubliant de descendre pour rentrer à la maison…

Ce que j’ai aimé ? Le style de l’auteur efficace, l’action qui est plus que trépidante et le suspens qui m’a fait haleter comme un chien sous la canicule.

Surtout que l’auteur utile, à un moment, une scène qui se trouve aussi dans le film « Le silence des agneaux », quand Jodie Foster sonne à une porte et que l’on découvre Hannibal Lecter dans sa cave, entendant aussi la sonnette. Mais elle ne sonnait pas chez lui…

Ici, l’auteur utilisera le même procédé et il m’a fait flipper un instant. Ce ne sera pas le seul twist qu’il utilisera non plus et j’aime bien quand on me fait peur dans un livre.

J’ai adoré aussi les quelques métaphores utilisées par l’auteur, tel que « Il régnait dans l’antre de chlorophylle une atmosphère de film à carnage » ainsi que l’utilisation de mots moins courants, ce qui est toujours bons pour la culture générale.

Sans oublier le fait qu’un événement aussi banal qu’un licenciement collectif débouche sur une horreur et un carnage pareil (sorry, je ne cautionne pas le dégraissage en entreprise, mais de nos jours, vu que c’est à tour de bras qu’on vire, ça en devient presque « banal »).

Si vous voulez savoir comment de « chômeur tout frais » on devient « tagueur » puis « assassin » pour terminer « serial-killer », lisez le livre.

Faites juste bien attention au  prologue, il décrit une scène assez pénible du mois d’août 1987 mais cela donnera tout son sens à la suite du récit, 17 ans plus tard. Rien qu’à lui tout seul, c’est déjà une entrée en la matière de ce que vous allez découvrir.

Et que se passe-t-il dans ce roman ? Une bagatelle, pour commencer. Le taguage vengeur exécuté par deux informaticiens de l’entreprise qui les a licencié. C’est le battement d’aile du papillon au Japon qui produira le raz-de-marrée aux Etats-Unis, comme le dit le dicton…

Sur le chemin du retour, grisé par ce coup de main réussi, encore chargé d’adrénaline, l’un d’eux décide de faire un détour par un champ d’éoliennes afin de pousser un peu sa voiture, tous feux éteints, sur une longue ligne droite déserte.

Bardaf, c’est l’accident. Les deux amis viennent de faucher un homme seul. Près du corps, une mallette contenant deux millions d’euros.

Une véritable manne tombée du ciel alors que les difficultés financières s’accumulent pour Vigo comme pour Sylvain. Le cadavre est promptement embarqué, les preuves escamotées et hop, le macchabée engloutit dans la flotte !

Sauf que rien n’est jamais simple : l’homme mort apportait une rançon aux ravisseurs de sa fille. L’enfant est assassinée et la pomme de la discorde solidement installée entre Vigo et Sylvain.

Surtout, le meurtrier entend bien récupérer son argent et les enlèvements continuent.

J’ai apprécié aussi que les personnages ne soient pas des caricatures d’eux mêmes. Même notre fliquette, Lucie Henebelle, jeune maman, n’est pas un super héros, juste une femme qui aimerait enfin trouver l’affaire qui la fera monter en grade. De plus, la traque du serial killer, c’est sa drogue, elle aime ça!

J’avais découvert Lucie dans « Syndrome E » et « Gataca » et j’ai pris du plaisir à la voir enquêter dans une grosse affaire pour la première fois. Surtout que le livre m’a bien scotché.

Quelle plongée dans la perversion humaine, le tout pour de l’argent. La palme du salopard revient à Vigo. « Bien mal acquis ne profite jamais » et en plus, il vous fera commettre des horreurs.

Comment une personne saine d’esprit peut-elle en arriver à commettre des actes pareils pour de l’argent ? A se demander si son comportement n’est pas encore plus dérangeant que celui du meurtrier d’enfant.

Quand au coupable (je ne dis rien de plus), pas de gros clichés qui lui collent à la peau. Un méchant bien réussi, même.

Une fois de plus, c’est une enquête qui va s’orienter vers la science (celle de la taxidermie) et mener Lucie sur les traces des Écorchés de Fragonard et qui lui fera mettre les pieds, non pas dans le plat, mais dans le gore.

Ce caractère oppressant du livre se fera ressentir de plus en plus, au fur et à mesure que je tournais les pages (toujours enduites de Glue 3) et sur la fin, on atteint le Neuvième Cercle de l’Enfer.

L’horreur est tellement bien décrite, tellement bien suggérée, que je ne pouvais pas m’empêcher de « voir » et je vous jure que ce n’était pas beau !

L’épilogue m’a fait sourire, par contre. Peut-être pas très « réaliste », mais tellement bon, après tout ses horreurs. C’est là que « Bien mal acquis ne profite jamais » prend une fois de plus tout son sens

Dans l’ensemble, le roman est plutôt déconseillé aux âmes sensibles…

Lu dans le cadre du challenge « thrillers et polars » de Liliba.

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