L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde : Robert Louis Stevenson

Titre : L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

Auteur : Robert Louis Stevenson

Résumé : Un monstre rôde dans les brumes victoriennes de Londres. Il a piétiné une fillette, tué un député et boxé une marchande d’allumettes. C’est un petit homme difforme et mal habillé, qui inspire à tous ceux qui l’ont vu des sentiments mêlés de répulsion, de crainte et de haine.

À quoi, à qui ressemble-t-il ? Pourquoi les témoins oculaires de ses méfaits sont-ils incapables de décrire Mr Hyde ? Pourquoi Mr Utterson, le notaire du Dr Jekyll, est-il hanté par le testament de son client, au point de faire des cauchemars ? Pourquoi se lance-t-il sur la piste de Hyde, dans une partie de cache-cache funeste aux dimensions d’une ville labyrinthe ?

Quel lien, en définitive, unit Dr Jekyll à Mr Hyde ? Issu d’un cauchemar de son auteur, et salué dès sa parution par Henry James comme un « chef-d’oeuvre de concision », ce roman policier en trompe-l’oeil, dont les récits imbriqués débouchent sur un conte fantastique, réserve une surprise de taille au lecteur, et de nombreuses zones d’ombre.

Dès 1886, Stevenson plonge dans les profondeurs déformantes du miroir de l’âme humaine jusqu’aux racines de l’inconscient.

 

 

 

Critique :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » voilà la moralité de ce court roman que je viens de sortir de ma PAL Noire et de dévorer.

On a beau connaître l’histoire, il n’en reste pas moins que la découvrir en texte change toute la donne.

Par contre, pour celui qui aurait passé les cent dernières années sur Jupiter, il est très difficile de deviner que le brave docteur Jekyll est aussi l’horrible Edward Hyde, cet être sans conscience, sans empathie, cet espèce de concentré du Mal Absolu.

L’antithèse de Jekyll, c’est Hyde. Ce que Jekyll, homme bon, pieux (et tout le tralala qui va avec) ne pouvait pas faire, Hyde le réalise.

Si je vous citais d’entrée de jeu que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », c’est parce que le roman dénonce, comme « Frankenstein » que jouer aux apprentis sorciers n’apporte que désolation.

Jekyll a mélangé des substances qui lui ont permises de se transformer, physiquement et moralement, en Hyde, mais le problème surviendra quand son double maléfique prendra les commandes.

Un peu comme si le docteur Bruce Banner devenait Hulk durant son sommeil, sans même devoir se mettre en rogne ! Gênant !

Pourquoi ais-je laissé traîné ce roman dans ma PAL durant autant d’années, moi ?

J’ai aimé découvrir l’histoire au travers de l’enquête de l’avocat, le suivre pas à pas dans sa quête pour dénicher les réponses à ses questions légitimes.

Mais, comme tout le monde le sait, qui fait le malin, tombe dans le ravin…

Bilan livresque : Octobre 2012

Que dire d’octobre 2012 du point de vue des lectures ? Pas mal du tout.

Au début de mois, j’ai entamé une « Thérapie » de Fitzek et elle fut excellente du point de vue du suspense et de la tension qui m’a habitée durant toute ma lecture. Livre lu en une journée… Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et Polars » de Liliba).

Dans le cadre de ma PAL Noire, j’ai entamé des « Liaisons dangereuses » avec le livre de Pierre Choderlos de Laclos dans le cadre du Challenge « Romans Cultes ».

Enfin, je l’ai sortit de ma PAL Noire puisqu’il entre aussi dans le cadre du challenge de Minou « Badinage et libertinage ».

Pas à dire, le roman n’est pas des plus facile à lire et le récit sous forme épistolaire ne me simplifie pas la vie… Pour ce qui en est de la critique, je peux vous dire que Merteuil et Valmont sont des Machiavel en puissance. Commencé à lire le 02/10 et terminé le 29/10. Oui, il m’a fallu autant de temps pour le lire… Bien entendu, durant tout ce temps, j’ai lu d’autres livres !

Une fois n’est pas coutume, c’est de la SF qui m’a sauvé un peu de ma lecture laborieuse des « Liaisons ». Qui fut mon sauveur, ma bouffée d’oxygène ? « Je suis une légende » de Matheson, lu dans le cadre du challenge « Romans Cultes » de Métaphore.

Le livre est au antipodes du film, enfin, c’est le film qui est aux antipodes du livre, bien supérieur à ce que j’avais vu sur grand écran.

Roman profond, huis-clos entre un survivant et des vampires et une théorie totalement différente de ce que nous connaissons sur les buveurs de sang.

Un peu de mystique, un brin de spiritualité et de guerre de religion avec le roman de Barthelemy : « Que ton règne vienne ». Le tout sur fond de la chute de la ville de Constantinople en 1453.

Ce roman, c’est une course-poursuite qui commencera à Constantinople, fera halte à Florence et qui se poursuivra par les Balkans, le tout dans un Moyen-Age déchiré par les affrontements entre Chrétiens et Musulmans.

Si vous êtes réfractaire à l’Histoire, passez votre chemin !

« Le perroquet qui bégayait » d’Alfred Hitchcock est une relecture. Il m’avait bien amusé lorsque j’avais dû le lire pour l’école, en 1988… Un bail !  Il a bien vieilli et j’ai pris plaisir à le relire.

Découverte de la lecture sur un autre support que le papier… Non, pas avec une liseuse, je n’en possède pas, mais avec le PC.

« L’étrange cas du docteur Watson » de Conan Lord fut lu grâce au programme Kindle installé sur mon ordinateur.

Et alors ? Histoire intéressante, un brin de SF et une grosse louche de mes héros préférés. Des interrogations, des questions sur le final, une grosse surprise… Tout pour me plaire, mais trop court, dommage.

Revenons au livre habituel, un bon polar qui entre dans quatre challenges à la fois : « Le cadavre de Bluegate Fields » de Anne Perry.

Grâce à l’enquête de l’inspecteur Pitt, j’ai participé aux challenges « PAL Noire à Zéro » de George, à celui de « Vingt mille lieues sous mes étagères » de moi-même, à celui de Liliba « Thrillers et Polars » et au p’tit dernier « I Love London » de Maggie et Titine.

Ne dérogeant pas à ses habitudes, Anne Perry nous présente, d’entrée de jeu un cadavre : c’est celui d’un jeune homme qu’on a balancé, nu comme un ver, dans les égouts du quartier de Bluegate Fields.

L’auteur aborde ici, un autre fait « noir » de la société victorienne : la prostitution des enfants, version « garçon » et des aristocrates ou bourgeois qui en profitaient largement ! Le Londres de cette époque n’était pas des plus folichon mais c’est toujours un plaisir de découvrir sa noirceur au travers des enquêtes de l’inspecteur Pitt et de son épouse Charlotte.

Si je vous parle d’élections, vous allez partir en courant et je ne vous donnerai pas tort. Mais dans ce cas-ci, je vous parle d’un temps où les femmes ne pouvaient pas voter et où on n’imaginait même pas qu’elles puissent se présenter aux élections !

« Sherlock Holmes et la suffragette amoureuse » est un recueil d’aventures du célèbre détective écrites par un holmésien Bernard Oudin. La partie avec la suffragette est en ouverture et on y parle brièvement du mouvement des femmes pour obtenir le droit de vote.

Le roman se compose de sept aventures et j’avoue qu’elles m’ont bien plus. Conan Doyle est incopiable mais Oudin a réussi à faire presque comme lui et je me sentais comme dans le canon durant ma lecture.

Puisque j’étais bien lancée, j’ai embrayé sur un roman plus court mais que je voulais lire depuis longtemps : « L’étrange cas du docteur Jekyll » de Robert Louis Stevenson (PAL Noire). On a beau connaître l’histoire, la lire, c’est encore mieux. Moralité ? Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Magnifique œuvre sur le dédoublement de la personnalité et la schizophrénie… Avec un notable changement physique. Si Jekyll a l’apparence d’un respectable médecin, Hyde est un petit homme répugnant qui inspire le dégoût, voire le meurtre.

Puisque Stevenson et Conan Doyle se connaissaient et se complimentaient mutuellement sur leurs œuvres tout en s’admiraient mutuellement (faut dire qu’ils étaient tous les deux des écrivains écossais…), je me suis donc tournée vers le Conan Doyle quand il n’écrit pas sur Sherlock Holmes : « La main brune », un petit livre comprenant 5 histoires.

Pour finir en beauté ? Puisque Holmes est une sorte de malange entre Joe Bell et le Dupin de Poe (dixit Doyle dans une lettre qu’il envoya à Stevenson), je me suis tournée vers « Double assassinat dans la rue Morgue » de Edgar Allan Poe (PAL Noire). Encore un classique que je n’avais jamais lu.

Un crime immonde, une chambre presque close, un mystère vite solutionné par Dupin.

Un mauvais point à l’édition Librio qui affiche, sur sa couverture, la solution de l’énigme…

Bilan d’Octobre : 10 livres (dont 4 PAL Noire / 5 PAL / 2 cultes et 5 qui ont participé à un Challenge !)

  1. Thérapie : Fitzek  (« Thrillers et Polars »)
  2. Liaisons dangereuses : Choderlos de Laclos (« Romans Cultes » /PAL Noire)
  3. Je suis une légende : Matheson (Challenge « Romans Cultes »)
  4. Que ton règne vienne : Barthelemy  
  5. Le perroquet qui bégayait : Alfred Hitchcock (relecture)
  6. L’étrange cas du docteur Watson : Conan Lord 
  7. Le cadavre de Bluegate Fields : Anne Perry (« Thrillers et Polars » et PAL Noire)
  8. Sherlock Holmes et la sufragette amoureuse : Oudin (« Thrillers et Polars »)
  9. L’étrange cas du docteur Jekyll : Robert Louis Stevenson (PAL Noire)
  10. La main brune : Conan Doyle (PAL)
  11. Double assassinat dans la rue Morgue :  E A Poe (PAL Noire)

Les Liaisons dangereuses : Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos

Titre : Les Liaisons dangereuses

Auteur : Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos
Édition: Folio Classique
Résumé :

Au petit jeu du libertinage, l’adorable Valmont et la délicieuse Madame de Merteuil se livrent à une compétition amicale et néanmoins acharnée : c’est à celui qui aura le plus de succès galants, et le moins de scrupules.

Peu importent les sentiments, seule la jouissance compte. Les conquêtes se succèdent de part et d’autre, jusqu’à ce que Valmont rencontre la vertu incarnée : la présidente de Tourvel.

Elle est belle, douce, mariée et chaste : en un mot, intouchable. Voilà une proie de choix pour Valmont : saura-t-il relever ce défi sans tomber dans les pièges de l’amour ?

De lettre en lettre, les héros dévoilent leurs aventures, échangent leurs impressions et nous entraînent dans un tourbillon de plaisirs qui semble n’avoir pas de fin.

Petit plus : Ce sulfureux roman a longtemps été censuré, ce qui ne l’a pas empêché de fasciner des générations de lecteurs et, plus près de nous, de captiver bon nombre de cinéastes : « Les Liaisons Dangereuses » de Stephen Frears mais aussi les adaptations de Roger Vadim, et de Milos Forman.

Critique :

Ce roman traînait dans ma PAL depuis tellement longtemps…

Pourtant, j’avais commencé sa lecture, il y a de cela bien longtemps, mais le style épistolaire et la baratin tarabiscoté utilisé à cette époque m’avaient paru tellement fastidieux que je n’avais pas accroché et je l’avais reposé définitivement.

Que je croyais.

Vive les challenges littéraires qui nous motivent à nous pencher sur ces romans perdus dans le fond de nos biblio.

Je laisserai à Valmont le soin de vous déflorer l’histoire, si jamais vous ne la connaissiez pas.

Sinon, je pourrais vous dire que je viens de lire 380 pages de machiavélisme ! A croire que la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont sont les descendants directs de Machiavel.

La vengeance entraînant des dommages collatéraux, vaut mieux pas de trouver dans les parages de la marquise et du vicomte. Surtout si vous êtes un mâle et que la marquise de Merteuil a décidé de s’offrir votre tête pour le petit déj.

Pareil si vous êtes une femme fidèle qui résiste.  Cela poussera Valmont à tous les artifices pour vous attirer dans ses rets.  Une femme qui est parée de toutes les vertus, que à côté, la Vierge Marie fait pâle figure, une femme qui  se refuse, c’est bien plus excitant pour le vicomte que une qui les écarte tout de suite. Le gibier n’en sera que meilleur une fois la chasse terminée.

De même que l’oie blanche en provenance direct du couvent et qui doit marier un vieux mec plein de thunes. C’est si bon… et la puisque la marquise lui demande si gentiment, Valmont peut courir deux lièvres à la fois.

J’ai bien souvent écarquillé les yeux en lisant leur prose et toutes les stratégies retorses qu’ils élaborent pour arriver à leurs fins. Le pire est quand la victime que Valmont décide d’instruire est mineure d’âge (15 ans).

On peut comprendre le scandale que le livre fit à l’époque. Les pires travers de l’aristocratie s’y trouvent.

C’est du joli, tout cela ! Je ne regrette pas de m’y être penché à nouveau sur cet ouvrage.

Attention, je vous avoue tout de même que j’ai commencé la lecture le 2 octobre et que je l’ai terminé le 29 octobre (de la même année, hein, n’exagérons pas).

Entre les coups, j’ai lu d’autres livres tellement celui-ci me prenait du temps.  Les tournures du langage sont bien souvent lourdes et il vaut mieux être attentif pour comprendre de qui Merteuil veut se venger et toutes les petites subtilités de l’histoire.

De plus, mon édition (vendue avec le journal « Le Soir » à l’époque) avait les paragraphes qui commençaient tout en haut de la page, allait tout en bas et bien sur les côtés aussi. Voilà une raison de plus à la longueur de ma lecture.

Moralité de l’histoire ? Les dégâts fait autour de Valmont et Merteuil sont incommensurables; on est puni par là où on a péché; il vaut mieux sortir « couvert »; l’amour rend les femmes complétement débiles (et les jeunes hommes aussi); la vanité et l’orgueil mènent tout droit dans le talus et un jour, tout se paie… Et cash !

Un roman de plus qui m’a marqué, un !

Lu dans le cadre du challenge « Badinage et libertinage » organisé par Minou, dans le cadre du Challenge « Romans Cultes » de Métaphore, dans le cadre du challenge « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel ainsi que dans le cadre de l’Objectif PAL Noire à Zéro en partenariat avec Georges et L’Or et de mon propre challenge « Vingt mille lieues sous mes étagères ».

Descente dans les bouquineries bruxelloise

Ah, ah ! Le genre de sortie qui, si elle ne fait pas trop mal au portefeuille, fait gonfler la PAL un peu plus…

On a beau vouloir les lire de suite, ils devront faire la file comme tous les autres avant eux, ce qui fait que, avec un peu de chance, ils me passeront dans les mains d’ici un an ou deux. Ou plus. Là, ils entreront de plein-pied dans ma PAL Noire !

Si les prix des livres sont plus abordables dans ma capitale que dans celle de mes voisins les français de Paris, le problème surgit dans le fait que, puisque c’est moins cher, on peut en acheter plus.

Vous comprenez ma douleur ?

Alors, qu’est-ce que j’ai acheté de beau ?

L’ayant vu à la FNAC il y a quelques mois, j’avais décidé d’attendre son arrivée en bouquinerie pour l’avoir à moindre prix car les critiques n’étaient pas toutes élogieuses, loin de là. De qui je parle ? De « 7 femmes contre Edimbourg » de Ely M. Liebow.

Quésako ? C’est pour une amatrice de Sherlock Holmes comme moi ! Cela parle de sept jeunes femmes qui rêvent de devenir médecins et qui se donnent la difficile mission d’ouvrir aux femmes l’accès aux études de médecine en Grande-Bretagne. Le roman met en scène (notamment) celui qui inspira le personnage de Sherlock Holmes : le Dr Joe Bell, qui, par ses fabuleux talents d’observation et de déduction, fait l’admiration de tous ceux qui l’entourent, et notamment de son jeune assistant, un certain Arthur Conan Doyle qui fera de lui plus tard une légende, en le peignant sous les traits de son illustre détective.

Un Mary London qui manquait à mon palmarès : « La petite morte de la suite 22 », une enquête de Sir Malcom Ivory, aristocrate britannique très BCBG qui adore les enquêtes.

Cet enquêteur particulier devra enquêter dans l’aristocratie la plus huppée d’Angleterre comme dans la pègre la plus sordide de Londres. Il lui faudra surtout pénétrer dans le jardin secret d’une jeune femme aux prises avec des monstres singuliers.

Tiens, voilà un livre qui pourrait participer au challenge « Totem » de Lali Galipette car il correspond à un animal que j’apprécie beaucoup : le loup ! « Le temps du loup » de Thomas Kanger raconte l’histoire d’un commissaire de police à Västerås en Suède. Elina Wiik est la spécialiste des enquêtes complexes. Quand son mentor lui parle d’une affaire qu’il n’a jamais résolue et qui est menacée de prescription, elle décide de partir en quête du coupable resté impuni.

Vingt-cinq ans plus tôt, le corps d’Ylva Malmberg, mère d’une petite fille de quelques mois, a été retrouvé dans une forêt de Laponie suédoise. L’enfant, quant à elle, a disparu sans laisser la moindre trace.

Deux polars (qui pourraient entrer dans le challenge « Thrillers et polars » de Liliba) de McDermid avec « La fureur dans le sang » et « Sans laisser de trace ».

Puisque nous parlons de challenge « Totem » et de loup… Je viens d’acheter un livre de Michèle Paver « Frère de loup »… sans le faire exprès, en plus ! Littérature jeunesse, mais ce n’est pas grave.

Dans mes bonnes résolutions, je me suis mise aux auteurs « Classiques » et aux livres autres que ceux possédant un cadavre et une enquête policière. Me voici donc toute prête pour lire du Jules Verne et à faire « Le tour du monde en 80 jours » (je connais le dessin animé, pas de suspense à la fin).

Ensuite, je m’attaquerai à Tolstoï et des cavaliers nommés  « Les cosaques » et pour finir saoule, je plongerai avec Bacchus dans « Les raisins de la colère » de Steinbeck.

Un autre thriller avec celui d’Aubenque « Canyon Creek » qui nous signale que dans le désert, personne ne m’entendra hurler. Tout un programme !

ENFIN ! Je n’espérais plus trouver un des tomes de la saga « Rigante » de David Gemmel. Là, après avoir dû louer les deux premiers tomes il y a six ans, désespérant de les trouver un jour tous les quatre afin de compléter ma collection de cet auteur d’heroïc fantasy, j’ai enfin réussi à dénicher le tome quatre en occase !! « Le cavalier de l’orage » vient se positionner sur mes étagères et il attend l’arrivée des trois autres, si je les trouve un jour…

On termine par une touche de légèreté avec « Quatre enterrements et un mariage » de Matthieu Noli. Le titre du film avec Hugh Grant, mais à l’envers. Si c’est aussi drôle et aussi relevé comme dialogues, je vais passer un bon moment !

 

Le cadavre de Bluegate Fields : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 6]

Titre : Le cadavre de Bluegate Fields

Édition:  10/18
Résumé :

Londres, 1886. Le corps d’un jeune aristocrate est retiré des bas-fonds de Bluegate Fields. L’autopsie révèle qu’Arthur Waybourne, seize ans et déjà syphilitique, a été violé puis noyé dans un bain.

Malgré les récriminations du père, un lord soucieux de sauvegarder les apparences, tout indique que le crime a été commis par un familier. Entravé par un supérieur soucieux de ménager la haute société, contrarié par un second qui singe les manières de l’aristocratie, l’inspecteur Thomas Pitt n’aura pas trop de toute sa conscience professionnelle pour ne pas se contenter du coupable idéal.

Voulant sauver un innocent, l’inspecteur continue, au risque de sa carrière, à rechercher le vrai criminel.

Dans l’ombre, son épouse, Charlotte et sa belle-soeur, Emily Asworth, ne restent pas inactives.

Dans cette sixième enquête de l’inspecteur Pitt, Anne Perry réussit, une fois encore, à allier une intrigue haletante à une critique sociale passionnante.

Ce récit historique dégage une révolte digne des romans noirs contemporains.

Critique :

Ne dérogeant pas à ses habitudes, Anne Perry nous présente, d’entrée de jeu un cadavre : c’est celui d’un jeune homme qu’on a balancé, nu comme un ver, dans les égouts du quartier de Bluegate Fields.

Quartier de Londres, qui, sois-dit en passant, n’a rien en commun avec celui de Belgavria. Bref, Bluegate, c’est les bas-fonds londonien.

Après autopsie, le légiste révèle à l’inspecteur Pitt que le jeune homme provenait sans aucun doute d’une bonne famille, qu’il avait seize ans, qu’il est mort noyé, certes, mais pas dans les égouts, mais dans une baignoire et ensuite jeté dans les égouts afin que les rats fassent leur travail.

Ah oui, j’oubliais ! Ce charmant garçon avait la syphilis et fut violé. Ou pire, il était consentant… (oui, à cette époque, c’était plus que mal vu !).

Pitt se lance dans son enquête et découvre l’identité de son cadavre : Arthur Waybourne, un jeune aristocrate.

Voici venu le temps, non pas des rires et des chants, mais d’apprendre au papa que son fiston est mort, noyé, violé et qu’il avait contracté une maladie honteuse (on ne sait jamais dans quelle tasse de café le biscuit a été trempé).

Et c’est là que je me marre car le père, tout imbu de sa Très Haute Respectabilité et Supériorité, se drape dans l’indignation, menace de faire rayer le légiste qui, décidément, ne connait pas son métier et promet de faire examiner le corps de son fils afin de prouver qu’il était sain et que ce légiste bigleux qui a eu son diplôme dans un paquet Bonux a inventé la maladie de sa progéniture.

La chute n’en sera que plus dure… Le légiste connaissait son métier et le médecin de famille ne pourra qu’acquiescer.  Ce qui n’empêchera pas le père d’essayer de noyer le poisson (oups) en s’inventant une histoire qui arrange mieux sa conscience et ce que les autres pourraient en dire.

L’auteur aborde ici, un autre fait « noir » de la société victorienne : la prostitution des enfants, version « garçon » et des aristocrates ou bourgeois qui en profitaient largement !

En ce temps là, louer les service d’une gamine était monnaie courante…

L’homosexualité, par contre, qui était un péché mortel pour la loi de cette époque (loi radiée depuis peu en Angleterre) est aussi abordée puisque ces hommes sont plus pédophiles que homo étant donné que leurs partenaires sont des mineurs.

Une fois de plus, le portrait de l’aristocratie anglaise de l’époque est passée au vitriol et c’est ce que j’adore : en apprendre plus sur la société de l’époque, celle dont certains pensaient qu’elle était exempte de péchés alors qu’une partie était plus que débauchée.

L’enquête de Pitt se déroule à son rythme et on arrête assez vite le coupable, précepteur des garçons, un être froid et arrogant. Un peu trop vite ? C’est ce que pense Pitt et il va se heurter à son chef de l’époque qui lui ne l’entend pas de cette manière.

Puisque cet homme fut jugé coupable par le jury, c’est que c’est lui ! De plus, il ne faut pas déranger les aristos, ils sont blanc comme neige et patati et patata. Bref, un commissaire bien naïf !

Mais vous connaissez l’inspecteur Pitt, plus tenace que Columbo (le manteau froissé en commun) et les incursions de son épouse Charlotte dans ses enquêtes.

Cette dernière fera croisade, aidée de sa sœur, pour tenter d’enrayer les pratiques indignes qui font que les hommes riches assouvissent leurs pulsions avec des gamins qui n’ont même pas de poils au menton.

Les mentalités doivent changer et les épouses doivent être mises au parfum de certaines pratiques qui sont monnaie courante dans la City.

Si le déroulement du procès du précepteur est un peu long, le reste passe très vite et je ne m’étais pas douté du coupable, une fois de plus.

Charlotte est meilleure enquêtrice que moi ! Et Pitt aussi car c’est lui qui comprendra ce qu’il s’est passé dans le final.

Le Londres de cette époque n’était pas des plus folichon mais c’est toujours un plaisir de découvrir sa noirceur au travers des enquêtes de l’inspecteur Pitt et de son épouse Charlotte.

Lu dans le cadre des challenges : « PAL Noire à Zéro » de George, « Vingt mille lieues sous mes étagères » du Cannibal Lecteur (moi), « Thrillers et Polars » de Liliba et « I Love London » de Titine et Maggie (pour les adresses des challenges, voir mon site).

Une étude en rouge / Le signe des quatre : Sir Arthur Conan Doyle

Titre : Une étude en rouge / Le signe des quatre                   big_5

Auteur : Arthur Conan Doyle
Édition : Robert Laffont (1971)

Résumé :

Une étude en rouge : Au n° 3 de Lauriston Gardens près de Londres, dans une maison vide, un homme est trouvé mort. Assassiné ? Aucune blessure apparente ne permet de le dire, en dépit des taches de sang qui maculent la pièce.

Sur le mur, griffonnée à la hâte, une inscription :  » Rache !  » Vengeance !

Vingt ans plus tôt, en 1860, dans les gorges de la Nevada, Jean Ferrier est exécuté par des mormons sanguinaires chargés de faire respecter la loi du prophète.

Sa fille, Lucie, est séquestrée dans le harem du fils de l’Ancien. Quel lien entre ces deux événements aussi insolites que tragiques ?

Un fil ténu, un fil rouge que seul Sherlock Holmes est capable de dérouler.

Une intrigue toute en subtilités où, pour la première fois, Watson découvre le maître..

Le signe des quatre : Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l’armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d’une perle.

Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l’y accompagner…

Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective.

L’Inde des maharajahs, le fort d’Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l’extraordinaire aventure qu’il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise…

Une des plus inoubliables aventures de Sherlock Holmes, publiée pour la première fois en 1889.

 

Critique :
Mon second achat « Sherlock Holmes » et la passion était toujours là, elle ne m’ayant jamais quitté depuis…

J’avais 13 ans et j’ai maintenant… j’ai 30 ans et 60 mois (calculez vous même !).

Ma critique concernera « Une étude en rouge » et « Le signe des quatre » puisque mon édition Laffont, datée de 1956, se compose des ces deux aventures.

Certes, les éditions Laffont ne sont pas réputées pour le sérieux de leurs traductions…

Maintenant, je le sais. Merci qui ? Merci la SSHF (Société Sherlock Holmes de France).

Néanmoins, je ne vais pas cracher dans la soupe. J’étais toute folle, lors de mon achat de ce livre, à l’idée de retrouver Sherlock Holmes dans de nouvelles aventures (mon premier livre concernait « Le Chien des Baskerville »).

Vous avez déduit que j’ai aimé lire les aventures de Holmes, pas besoin de vous le préciser.

Lui et moi, nous nous étions rencontrés dans « Le chien des Baskerville », comme je vous le précisais. Tout de suite, j’avais adoré ce détective qui sortait de l’ordinaire.

Par contre, je m’étais sentie un peu frustrée car on le voyait peu, Sherlock Holmes, dans « Le Chien ».

A cette époque, Internet n’existait pas (évitez de tomber dans les pommes, s’il vous plaît !) et j’étais loin de me douter que Doyle détestait son personnage de Sherlock Holmes.

Doyle s’étant débarrassé de son encombrant détective dans « Le dernier problème » paru en décembre 1893, il l’avait fait revenir en 1901 dans « Le chien des Baskerville » (qui se passe avant « Le dernier problème ») et ce, afin d’avoir à éviter de ressusciter son personnage. Pas con.

Voilà pourquoi j’avais été frustrée de la présence de Holmes dans « Le chien des Baskerville ».

Ici, c’était tout autre ! Dans « Une étude en rouge » nous avons la rencontre entre Holmes et Watson. Rhâââ ! Je précise aussi, avant toute chose, que je ne les ai jamais « vu » en couple.

Revenons à « Une étude en rouge », si vous le voulez bien.

Imaginez la défaillance de mon coeur lorsque je lus, en avant-propos de l’aventure, la liste que Watson avait faite sur son colocataire. Je me souviens que, fébrile, j’avais cherché un carnet pour l’inscrire dedans, comme si elle pouvait s’envoler du livre. Indulgence, j’avais 13 piges !

C’est fou ce que Holmes ne savait pas, comme le fait que la terre tournait autour du soleil. Entre nous, il avait raison, cela ne lui servait à rien dans son métier.

Cette première enquête possède quelques défauts, comme le fait que « le coupable » (pas de spoiler) se laisse piéger grossièrement par Holmes, alors qu’il devait connaître son adresse, ayant envoyé un complice pour récupérer la bague.

Beaucoup lui reproche aussi l’histoire que le coupable raconte et tout le dévelopement qui est fort long. Moi pas, je ne lui reproche pas ce passage. J’avais 13 ans et je découvrait les Mormons.

Bref, l’histoire m’avait transporté, une du genre « tu-n-iras-pas-te-coucher-ce-soir ».

Je me souviens aussi, lorsque je lus, directement à la suite, « Le signe des quatre », que mon coeur avait accéléré dans ma poitrine en lisant que Watson et Mary Morstan se tenaient par la main. Je ne me sentais plus, espérant que mon détective allait, lui aussi, finir par trouver l’amour. Ce dont il se moquait bien.

Je n’ai pas besoin de vous dire ce que ressentis lorsque je lus, dans « Un scandale en Bohème », l’introduction de Watson ?

Excellente histoire aussi que celle du « Signe des quatre », même si, là aussi, nous avons droit à une longue histoire sur le pourquoi du comment.

C’est pourquoi ma véritable critique va s’articuler sur autre chose que vous dire « super, génial ». Mes prédécesseurs l’ont fait de manière brillante et je n’en ajouterai pas.

Une étude en rouge :

La rencontre entre Holmes et Watson est expliquée au lecteur.

L’aventure se passe en 1881 et c’est là que nos deux compères se rencontrent pour la première fois.

Un premier exposé de la méthode du maître est offert mais les traits de caractère du détective ne sont pas encore bien définis.

Pourtant, imaginez mon émoi en découvrant la liste de Watson sur les petites connaissances de Holmes, connaissances qui étaient particulières, Holmes se fichant pas mal que la terre tourne autour du soleil ou le contraire, vu que cela ne lui servait pas dans les enquêtes.

Particularité de ce roman : il comporte une histoire dans l’histoire, avec un crime dont les mobiles nous transportent dans l’univers mormon à Salt Lake City, quelques années auparavant.

Il est aussi le premier roman que Doyle écrivit sur Sherlock Holmes, lui qui ne voulait écrire que des romans historiques…

« Une étude en rouge » qu’il avait pensé intituler « Tangled Skein » (« un écheveau emmêlé » ou « un sac d’embrouilles » – ndt) fut écrite rapidement en mars et avril 1886. Trop rapidement car, ce petit roman – comme le qualifia sa femme – ne comportait que 50.000 mots.

James Payn lui trouva certaines qualités, mais considéra que le texte était trop court pour paraître en feuilleton et trop long pour une nouvelle.

L’humiliation devant ce refus augmenta encore les tentatives infructueuses auprès d’autres éditeurs.

Au bout de six mois, Doyle fini par accepter une offre qui venait d’une maison spécialisée dans « la littérature bon marché à sensation ».

Il accepta et son roman parut dans « Beeton’s Christmas Annual » de 1887. Par la suite, il n’obtint pas un penny de plus.

Les droits d’auteurs qu’il réclamait lui furent refusés, malgré tout, Doyle – qui aurait pu chercher ailleurs de meilleurs conditions – se plia pourtant aux exigences de Ward, Lock & C° car il avait un autre projet en tête : un roman historique.

Il oublia donc Sherlock Holmes pour un temps et se concentra sur la guerre civile anglaise qui lui permettait de combiner la littérature et les scènes d’action et d’aventures, convenant à son esprit jeune et fougueux.

Il oublia donc Sherlock Holmes pour un temps et se concentra sur la guerre civile anglaise qui lui permettait de combiner la littérature et les scènes d’action et d’aventures, convenant à son esprit jeune et fougueux.

Pourtant, lorsque le « Beeton’s Christmas Annual » de 1887 parut à la fin du mois de novembre, il eut l’espoir de voir le succès couronner son roman policier.

Le titre du roman « une étude en rouge », ressortait sur la page de couverture.

C’était une époque où les critiques gardaient un oeil aussi bien sur les magazines que sur les livres. Conan Doyle était sûr que sa « brochure » marcherait.

Si les lecteurs n’en firent pas un succès, plusieurs critiques relevèrent pourtant, brièvement mais avec bienveillance, l’ingéniosité du récit.

Durant l’été 1888, « une étude en rouge » sortit sous forme de livre.

Épuisé, le roman fut réédité la même année dans un volume comportant quatre nouvelles d’autres auteurs.

Les tirages limités de ces deux premières éditions font que les rares exemplaires que l’on trouve aujourd’hui sont fort prisés par les collectionneurs.

Il en est de même pour le « Beeton » de 1887 : même un fac-similé, paru en 1960, est maintenant hors de prix.

Le signe des Quatre :

En entamant la seconde aventure de ce recueil, je cru défaillir (j’avais 13 ans) en découvrant toutes les petites choses sur les deux personnages. J’en avais déjà eu pour mes sous dans « Une étude en rouge » et là, ça continuait.

Notamment sur ses phases d’abattement profond, lorsqu’il n’avait aucune affaire en cours et cette addiction à la cocaïne pour stimuler son esprit, toujours dans le cadre de cette non-activité.

Contraste étonnant, s’il en est, avec ses phases d’une extrême activité, où il pouvait se passer de manger et de dormir.

Oui, il y a deux hommes chez Holmes !

Je découvrait aussi un peu plus son comportement à la limite de la psychose maniaco-dépressive, sans parler de sa sociopathie prononcée pour ses semblables.

C’est dans cette aventure que Watson découvrira sa femme en la personne de Mlle Mary Morstan, cliente de Holmes. Mon coeur de midinette s’était accéléré…

Il s’agit ici la deuxième aventure du couple Sherlock Holmes et Watson.

Pourtant, lors de ma lecture, plusieurs détails me frappèrent.

Premièrement, si l’action du premier roman se situait en 1881, celle du second se situe 1888. Dans l’intervalle ? Rien !

Par contre, en sept ans, la blessure de Watson s’est déplacée de son épaule à sa jambe… à moins bien sûr qu’il n’ait eu une seconde blessure que Doyle n’avait pas mentionnée dans le premier récit.

Je ne parlerai même pas de la quasi impossibilité à dater exactement le récit, tout semblant se brouiller dans les calculs, rien ne correspondant. Le nombre de perles reçues, le nombre d’années du décès de Mary Morstan, la cliente de Holmes.

Jean-Pierre Crauser eu beaucoup de mal à la dater exactement « Le Signe » dans son livre « Quel jour sommes-nous, Watson ? ».

Pourquoi ces discordances ? Là, je vais vous parler de ce qui est ma passion : l’holmésologie, même si je l’applique en diletante, pour m’amuser.

Non, je ne me contente pas de lire les aventures de Holmes, je les étudie aussi et je me nourri des études des autres. Là, je m’appuie sur celle de mon « Irregular » : Wiggins.

Petite histoire :

– « Une étude en rouge » fut publiée la première fois dans le « Beeton’s Christmas Annual » en novembre 1887.

– « Le signe des quatre » fut publié la première fois dans le « Lippincott’s Monthly Magazine » en février 1890.

Que s’est-il passé et pourquoi avons-nos failli ne jamais avoir de suite à « une étude » ?

Doyle avait terminé un roman historique sur l’Angleterre puritaine « Micah Clarke » en février 1888, entre la parution d’Une étude en rouge dans le Beeton’s et sa réédition en livre.

James Payn le lui refuse, le réprimandant, même : « comment peut-on perdre son temps et son talent à écrire des romans historiques ? ».

Au bout de neuf mois de tournée des éditeurs, il fut publié par Andrew Lang.

Recevant de bonnes critiques, il était de plus en plus persuadé que son avenir et sa réussite littéraire se feraient grâce au roman historique.

S’il en avait été ainsi, cela aurait signifié la fin de Holmes et Watson et la légende n’aurait jamais vu le jour.

Mais Payn avait recommandé Doyle à un américain, Joseph Marshall Stoddart (béni soit cet homme !), qui venait d’être nommé directeur du Lippincott’s Monthly Magazine, publié simultanément à Londres et à Philadelphie.

Venu à Londres, au cours de l’été 1889, pour y dénicher de nouveaux talents, Stoddart donna un dîner le 30 août.

Ses hôtes furent Oscar Wilde, qui cherchait à faire son chemin dans le monde littéraire, puisqu’il quittait son poste de rédacteur en chef du magazine Woman’s World, et Arthur Conan Doyle.

Stoddart offrit à Wilde une avance pour écrire le roman qui allait scandaliser le Londres littéraire et mondain : « le portrait de Dorian Gray ».

Conan Doyle se vit réclamer, non pas un roman historique, mais une autre aventure de Sherlock Holmes.

N’étant pas en mesure de refuser puisque la médecine ne lui procurait que de modestes revenus, les ventes de « Micah Clarke » étaient moyenne, de plus, il lui faudrait des mois pour achever son nouveau roman historique et bien plus longtemps encore pour le vendre à quelqu’un…

Il n’eut donc pas le choix ! Déplaçant son centre d’intérêt de cinq siècles, il envoya une nouvelle fois Holmes et Watson résoudre une affaire dans « The sign of the four » (le signe des quatre), comme il l’avait d’abord nommée, avant de préférer un titre moins explicite : The sign of four (le signe de quatre).

Une fois encore, il écrivit avec fougue et impatiente, sans se soucier de vérifier certains détails de « une étude en rouge ».

Doyle n’entendait pas faire du « Signe des quatre » une suite à la première aventure de Holmes.

Ce n’était qu’un texte écrit pour répondre à la demande d’un éditeur et pouvant lui procurer un complément de revenus.

S’il avait espéré plus avec cette publication, il n’aurait pu être que déçu.

La parution dans le Lippincott’s de février 1890 ne retint pas particulièrement l’attention.

Comme je vous le disais, nous retrouvons Holmes en consommateur de drogue.

Comme Watson le désapprouve, il explique qu’il combat ainsi l’ennui engendré par l’inactivité mentale.

Une raison valable en cette ère victorienne finissante, avant la réglementation sur les stupéfiants et bien avant leur emploi abusif.

Pour Doyle, il s’agit simplement de rajouter une manie de plus au comportement de Holmes et d’insister sur son habitude à sombrer dans l’introspection quand il est réduit à l’inaction.

Voilà pour la partie historique, qui, je l’espère, vous aura un peu éclairé sur l’auteur et la naissance du « Signe des quatre ».

C’est aussi dans cette aventure que les « Baker Street Irregulars » démontrent une nouvelle fois leur efficacité. Cette fois-ci, ils sont chargés de surveiller les mouvements de bateaux sur la Tamise.

N’oublions pas Toby, le chien au flair particulièrement développé !

Une super aventure dont certains reprocherons la longueur des explications sur le trésor d’Agra.

Challenge I Love London

 

Critique publiée le 22 juillet 2012 sur Babelio et retravaillée dans son introduction pour le Challenge « Thrillers et Polars » de Liliba ainsi que pour le Challenge « I Love London » organisé par Maggie et Titine.

Descente en bouquineries parisiennes…

Me voici donc revenue de mon petit séjour dans la ville lumière qui était fort bien arrosée par les pluies incessantes et diluviennes.

Comme d’habitude, je fis un saut dans une bouquinerie sur quatre étages, qui vend aussi de neuf, une sorte de grand magasin du livre qui, contrairement aux petites échoppes n’a pas d’âme.

Sans vouloir lui cracher dessus, je lui reprocherai juste cet amour du livre qui doit manquer en ces lieux et le prix prohibitif de certains livres dits « d’occasion ». Comparé aux prix pratiqués à Bruxelles, c’est du simple au double.

Bref, vous l’aurez compris, pas de razzia mais quelques achats dans les prix les plus raisonnables.

J’avais une autre bouquinerie en ligne de mire, une spécialisée dans le polar, rue de Monthonlon, mais malgré que j’avais indiqué les bonnes heures d’ouverture dans mon carnet, ma mémoire a encodé une autre heure.

Résultat ? Je suis arrivée 20 minutes après la fermeture…

Ensuite, direction une autre bouquinerie tenue par un homme charmant qui sait de quoi il parle et qui a une échoppe où il fait bon traîner.

Mes achats pour ces deux jours ? Raisonnables : 10 livres

« Le perroquet qui bégayait » de Hitchock, je le possédais et l’avais lu. Celui-ci est pour remplacer mon édition perdue dans un déménagement. J’en ai profité pour le lire sur le quai en attendant le Thalys du retour. Il n’a pas vieilli et j’ai passé un bon moment en le relisant.

« La mare au diable » de George Sand, c’est pour lire au moins une fois dans ma vie cette auteure ! A force d’aller lire les articles sur le blog de George…

« Totilla Flat » de Steinbeck parce qu’il m’a été recommandé par un ami.

« L’île au trésor » de Stevenson, parce que c’est un classique et que j’ai toujours eu une attirance pour le livre après avoir vu un dessin animé. Un classique que je vais découvrir.

« Une journée d’Ivan Denissovitch » de Soljenitsyne, pour en apprendre un peu plus sur la période des goulags en Russie. « L’archipel du Goulag » était disponible, mais trop cher.

De même pour « L’évangile du bourreau » des frères Vaïner.

« La langue au chat »… Chouette, dans cette bouquinerie tenu par un amoureux du romans noir, policier, bref, un amoureux des livres, j’ai trouvé ce roman de Stanley Gardner qui manquait à ma collection.

« Crimes sur Seine » fait partie de la collection « Scènes de crimes ». Jean-Frédéric Tronche, journaliste chevronné a eu beaucoup de mal à choisir parmi les faits divers innombrables qui ont eu lieu dans la capitale, quelques unes des  » Histoires vraies  » qui l’ont marqué.

« Élémentaire mon cher Holmes » et « Le musée de l’Holmes » parce que je suis et je reste une holmésienne dans l’âme.

L’étrange cas du docteur Watson et de Sherlock Holmes : Conan Loyde

Titre : L’étrange cas du docteur Watson et de Sherlock Holmes

Auteur : Conan Loyde

Édition : format Kindle, édition électronique

Résumé :

« P.S. : si un autre lecteur tombe sur ce manuscrit, cela signifiera que nous avons échoué. Que j’ai échoué. J’espère de tout cœur qu’on ne me tiendra pas rigueur d’avoir été, selon toute vraisemblance, à l’origine de la disparition de mon meilleur ami et compagnon d’aventures, le plus grand détective de tous les temps, Sherlock Holmes. »

Prenez deux héros victoriens, une enquête apparemment sans queue ni tête, un étrange professeur, quelques substances illicites, une pincée de K. Dick et deux gouttes d’Asimov et vous aurez la recette d’une nouvelle évidemment fantastique.

A lire sans modération.

 

Critique :

Ce court pastiche holmésien en version électronique, je ne pensais pas pouvoir le lire puisque je ne possède pas de liseuse et que ce n’est pas mon intention d’en posséder une pour le moment (je précise au cas où certains de mes proches voudraient m’en offrir une à mon anniversaire : c’est NON).

C’est alors que l’auteur m’a expliqué que si je possédais un compte Amazon, je pouvais installer la fonction Kindle sur mon PC, ce que je fis, profitant au passage pour charger quelques livres gratuits, na !

On peut donc dire que ce fut une grande première pour moi que de lire un livre au format électronique. La perte de ma virginité numérique n’est certes, pas totale, puisque lu sur un écran rétroéclairé de PC qui fait mal aux yeux à la fin, mais bon, c’est un début…

« Arrêtes ton char, Ben-Hur et parles-nous un peu de cette petite nouvelle au lieu de nous entretenir sur cette malheureuse virginité littéraire que tu as à moitié perdue ».

Bien, chers lecteurs et chères lectrices… Tout d’abord je vous avoue que je fus plus qu’intriguée et que cette intrigue a tenu bon durant ma lecture de ces quelques trente pages.

Sérieusement, sans déflorer l’aventure, je me demandais où l’auteur allait m’emmener avec son enquête hors norme et déroutante. Pourtant, j’aurais dû le déduire, un indice gros comme une maison se trouvant dans… Non, je ne dirai rien, vous devriez le comprendre.

Une fois ma lecture terminée, j’avais le cerveau à l’envers en tentant de remettre tous les détails emmagasinés en place et j’avoue qu’une seconde lecture est prévue dans le but d’essayer de savoir si Watson avait bien fait ce que le professeur G dit qu’il a fait (sorry, mais je me dois de noyer le poisson). Faut que j’approfondisse ma réflexion, quitte à me faire fumer la cervelle !

Nous sommes dans un récit de »science-fiction » et j’ai parfois du mal avec elle, même si cette nouvelle était bien ficelée et que sa fin est assez brutale.

Rien à dire donc, l’auteur tire bien son épingle du jeu et il a réussi à me perturber avec cette petite histoire épatante et déroutante qui possède tout de même quelques points faibles.

Quels sont-ils ? Oh, quelques « tirets de dialogues » collés au texte, un bref passage qui n’était pas « justifié » (du point de vue « mise en page » du texte) et, à mon avis, un manque de descriptions dans ce que font les personnages lorsqu’ils parlent.

Étant habituée aux personnages de Doyle, je les voyais « bouger » dans l’appartement de Baker Street, mais malgré tout, quelques ajouts auraient été un petit plus.

Malgré tout, vu qu’il y a peu de pages, cette profusion de dialogues au détriment des descriptions ne se fera pas trop ressentir.

Pour ce qui est des personnages de Holmes et de Watson, je leur ai donné, sans même réfléchir, les traits des acteurs Jeremy Brett et David Burke de la série Granada. Ils collaient bien à ceux du livre et je les ai fais bouger dans le récit, les voyant de déplacer, ajoutant des mimiques à Holmes…

Les holmésiens, en lisant la nouvelle, se feront leur cinéma dans leur tête tandis que les autres imagineront ce qu’ils voudront.

Sur la fin, j’ai accéléré la lecture pour « savoir » et je fus dépitée de voir apparaître le mot « fin ». Un goût de trop peu. Il n’y a pas un bonus caché quelque part ?

Ma brève incursion dans le pastiche holmésien version SF était un moment agréable et totalement novateur.

Dommage qu’il fut si bref… Enfin, vous savez ce que l’on dit au sujet de la taille d’un texte (à quoi pensiez vous ?) : il vaut mieux un petit texte bien écrit qu’un grand texte qui se traîne. La petitesse d’un texte n’enlève rien à sa qualité.

Avis aux holmésiens et autres lecteurs.

Challenge « I Love London »

Que vois-je en passant faire un tour sur le blog de George ? Un nouveau challenge auquel elle participe et qui est organisé par Titine et Maggie.

En principe, je n’aurais pas dû moufter, ayant déjà 5 challenges à mon actif et tentant même de ne pas me laisser emporter à cliquer sur « je participe » pour le challenge Petit Bac.

Là où mes yeux sont sortis de leurs orbites, c’est quand j’ai vu l’objet du challenge : LONDRES !!

Est-ce qu’on demande à un chien s’il veut un os ? Non ! Donc, sans même penser à autre chose, je me suis laissée emporter par la fièvre de cette ville que j’aimerais découvrir et me voici embarquée dans un sixième challenge littéraire.

Dans la liste de Titine et Maggie, il y a des livres que je possède, d’autres que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam. Alors, j’ai fait mon choix, cochant des livres que j’ai déjà lu il y a longtemps mais que j’ai envie de relire.

Agatha Chrisitie est une valeur sûre et je l’ai inscrite, même si j’ai lu assez bien de livre de la reine du Crime. Une relecture n’est jamais une corvée.

Vu que Anne Perry a des titres dans ma PAL Noire, elle sera, elle aussi l’objet de mon choix.

Comme je suis un peu zinzin sur les bords, j’ai choisi la catégorie :

Picadilly : 10 livres et plus…

Voici mon programme de lecture : (39/44)

1. F. Bourland : Le fantôme de Baker Street
2. G. Brandeth : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles
3. G. Brandeth : Oscar Wilde et le jeu de la mort
4. A. Conan Doyle : Une étude en rouge (Re-re-lu en 2012)
5. Dickens : De grandes espérances
6. P. Féval : Les mystères de Londres
7. N. Meyer : L’horreur du West End (Lu Avril 2013 – relecture)
8. A. Perry : Le Cadavre de Bluegate Field  (Lu Octobre 2012)
9. O. Wilde : Le portrait de Dorian Gray (Déjà lu mais pas critiqué)
10. A. Christie : Cartes sur table
11.Lee Jackson : Les bienfaits de la mort (Lu Janv 2013)
12. A. Perry : Rutland Place (Lu Avril 2013)
13. A. Perry : Resurection Row (Lu Avril 2013)
14. David Stuart Davies : Un certain docteur Watson (Lu Mai 2013)
15. David Stuart Davies : Le livre des morts (Lu Juin 2013)
16. Conan Doyle : Le chien des Baskerville
17. Nicodème Béatrice : Wiggins chez les Johnnies (Lu Mai 2013)
18.  Nicodème Béatrice : Wiggins et la ligne chocolat (Lu Mai 2013)
19.  Nicodème Béatrice : Wiggins et le perroquet muet (Lu Mai 2013)
20. Nicodème Béatrice : Wiggins et les plans de l’ingénieur (Lu Mai 2013)
21. Mack-Citrin : Sherlock Holmes et associés 1 – Affaire Zalindas :
  (Lu Juin 2013)
22. Sherlock’s Story 4 – Les Dentelles de la reine (Lu Juin 2013)

23. Sherlock’s Story 5 –
Les Faux-monnayeurs de Londres (Lu Juin 2013)
24. Sherlock’ Story 6 – Blackwell, le pirate de la Tamise (Lu Juin 2013)
25. Sherlock’s Story 8 – La maîtresse de l’Attorney (Lu Juin 2013)
26. Ellery Queen : Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur  (re-lu Juin 2013)
27. Garcia Bob : Penny Blood
(Lu Juin 2013)
28. Nicholas Meyer : La solution à 7% (Lu Juin 2013)
29. Arnould : Le secret de la pyramide (Lu Juin 2013)
28. Nicholas Meyer : Le Fantôme de l’opéra (Lu Juin 2013)
29. Cordurié : Sherlock Holmes & le Necronomicon, T1 : L’ennemi intérieur (Juin 2013)
30. Cordurié : Sherlock Holmes & le Necronomicon, T2 : La nuit sur le monde
(Lu Juin 2013)
31. Poupard/Debois : Jack l’éventreur, T2 : Le Protocole Hypnos
(Lu Juin 2013)
32. Marx : 1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens (Lu Juin 2013)
33. Springer Nancy : Enola Holmes 1 – La double disparition
(Lu Juin 2013)
34. Springer Nancy : Enola Holmes 2 – L’affaire Lady Alistair
(Lu Juin 2013)
35. Springer Nancy : Enola Holmes 3 – Le mystère des pavots blancs
(Lu Juin 2013)
36. Springer Nancy : Enola Holmes 4 – Le secret de l’éventail
(Lu Juin 2013)
37. Springer Nancy : Enola Holmes 5 – L’énigme du message perdu
(Lu Juin 2013)
38. Springer Nancy : Enola Holmes 6 – Métro Baker Street
(Lu Juin 2013)
39. Adrian Conan Doyle : Les exploits de Sherlock Holmes
(re-lu Juin 2013)
40. Arthur Conan Doyle : La Vallée de la peur
(re-lu Juin 2013)
41. Arthur Conan Doyle : Les aventures de Sherlock Holmes
(re-lu Juin 2013)
42. Arthur Conan Doyle : Souvenirs de Sherlock Holmes
(re-lu Juin 2013)
43. Arthur Conan Doyle : Résurrection de Sherlock Holmes
(re-lu Juin 2013)
44. Arthur Conan Doyle : Son dernier coup d’archet
(re-lu Juin 2013)
45. Arthur Conan Doyle : Archives de Sherlock Holmes
(re-lu Juin 2013)
42. Nicodème Béatrice : Wiggins et Sherlock contre Napoléon
(Lu Juin 2013)
43. Nicodème Béatrice : Un Rival pour Sherlock Holmes
(Lu Juin 2013)
44. Ripper Street : La série qui vous éviscère ! – série
45. Yana Toboso : Black Butler – Tome 12 (Lu Juin 2013)

Je suis une légende : Richard Matheson

Titre : Je suis une légende

Auteur : Richard Matheson
Édition: Folio SF (2001)

Résumé :
Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil…

Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Critique :
Que dire sur ce livre qui n’a pas encore été dit ici ?? Pas évident. Vous dire que, comme bon nombre, j’ai découvert le film bien avant le roman original et que j’ai vite mis de côté les souvenirs que j’avais de Will Smith sillonnant un New-York vide avec son berger allemand ?

Et bien oui, pour ceux qui débarqueraient de la planète mars (John Carter, si tu me lis…), les deux oeuvres ont des points communs mais ne se ressemblent guère.

Déjà, l’époque (1976 pour le livre), la non-présence de Rex chien flic, si ce n’est un pauvre clébard famélique, et surtout que Robert Neville est blond… et encore des tas d’autres détails. Dont la fin qui est loin d’être Holywoodienne.

Ce fut donc une belle découverte ce roman que j’ai commencé ce matin et fini ce soir (mais pourquoi j’ai évité comme la peste les romans de Classiques SF, moi ?).

Le pitch (Black ?) : Robert Neville est le dernier survivant d’une pandémie. Cette épidémie fut causée par un bacille qui transforma les gens en espèces de vampires (loin des Bisounours de la mère Meyer) qui, heureusement pour lui, ne survivent pas à la lumière du soleil.

Robert tient tête, depuis trois ans, à ces vampires, parmi lesquels se retrouvent ses anciens amis et voisins devenus des vampires.

Vivant dans une maison barricadée et fortifiée afin de résister aux attaques nocturnes de ces noctambules hémoglobinovore, il ne sort que pendant la journée afin de se ravitailler.

Je me plains parfois du climat Belge, mais notre pauvre « last men » vit dans un climat d’horreur, étouffé par la solitude et les remords. Je me suis attachée à lui.

Bien qu’il y ait des cadavres à la pelle dans le livre, il n’y a pas de temps mort dans la lecture. Attention, pas de scène de bastons grandiloquentes, pas d’action pure et dure et pourtant, on ne s’emmerde pas en le lisant. Loin de là, le rythme est trépidant et les pages tournent toutes seules.

C’est un huis-clos puisque, à quelques exceptions près (les souvenirs et les morts-vivants), Neville est seul avec ses pensées qui le hantent.

Et pour ce qui est des dialogues, les vampires ne sont pas très prolixes !

Puisque je vous cause des vampires, j’ai aimé l’approche que Richard Matheson fait sur ce mythe. Point de mystère ou de fantastique, mais de la science ! Cela change tout.

Avec l’ami Will Smith, le film tournait autour d’un combat à mort de l’homme (le gentil) contre les vampires (les méchants). Manichéen à mort et très « simpliste ».

Diable, nous étions bien loin des subtilités que le roman nous offre et que les studios d’Hollywood ont laissé de côté. Le roman de Matheson est bien plus ambivalent.

« C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés ». Et tout est dit.

Lu dans le cadre des challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.