Bilan livresque : Septembre 2012

Voici venu l’heure du bilan des lectures du mois…

Qu’est-ce que j’ai lu ? Ai-je aimé ? Ou pas…

Septembre 2012 fut assez riche en lecture, ayant lu 9 livres ! J’en ai profité pour entamer l’attaque de ma PAL Noire en lisant 3 livres et en écrivant 5 fiches critiques pour mes différents challenges.

Vu que « Les Hauts de Hurle-Vent » faisait partie aussi du challenge « Romans Cultes » organisé par Métaphore, cela tombait encore mieux.

Quelques coups de coeur durant mes lectures : « Jane Eyre » m’a transporté, bien plus que « Les Hauts de Hurle-Vent » de sa sœur dans lequel je me suis amusée à détester des tas de personnages.

« Des fleurs pour Algernon » aussi m’a emporté et je l’ai terminé avec une boule dans la gorge (challenge « Romans Cultes »)

Point de vue « Thrillers et polars », Anne Perry m’a bien bluffé avec son « Crucifié de Farriers’Lane » (PAL Noire) et Steve Berry m’a emmené dans la Russie contemporaine et celle des Tsars avec « Le Complot Romanov ». D’agréables moments de lecture passés.

Thilliez et sa « Chambre des morts » s’est chargé des frissons. Là, j’ai flippé et dévoré le livre.

Découverte de l’auteur qui venait du Nord, j’ai nommé Jo Nesbo et son atypique inspecteur Harry Hole dans « L’homme chauve-souris ». Je ne dirai pas que j’en suis sortie enchantée, mais j’ai tout de même l’envie de poursuivre ses romans pour voir l’évolution.

Une valeur sûre pour moi : Stanley Gardner, le créateur de Perry Mason, l’avocat. « Le canard qui se noie » se trouvait, lui aussi, dans ma PAL Noire. Voilà encore un de moins et une belle petite claque dans le final. Sans oublier qu’il avait le droit de concourir dans le challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

Déception ? Oui, elle vient en partie de « Énigme dans le temps perdu » de Corbedanne. Ça ressemble à un pastiche holmésien, mais ce n’en est pas un. 30 pages de Sherlock Holmès (avec un accent, en plus, le con !) et un truc un peu fadasse. Pas mauvais à 100%, mais pouvait mieux faire.

Malgré tout, c’est un très bon bilan de lecture !

  1. L’homme chauve-souris : Jo Nesbo (Challenge « Thrillers et Polars »)
  2. Jane Eyre : Charlotte Brontë (challenge « Romans Cultes »)
  3. Des fleurs pour Algeron : Keyes (challenge « Romans Cultes »)
  4. La chambre des morts : Franck Thilliez
  5. Le crucifié de Farriers’Lane : Anne Perry (PAL Noire + Challenge « Thrillers et Polars »)
  6. Énigme dans le temps perdu : Corbedanne
  7. Les Hauts de Hurle-Vent : Emily Brontë (PAL Noire + challenge « Romans Cultes »)
  8. Le complot Romanov : Steve Berry
  9. Le canard qui se noie : Erle Stanley Gardner (PAL Noire)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le canard qui se noie : Erle Stanley Gardner [Perry Mason 20]

Titre : Le canard qui se noie

Édition: Presses de la Cité, Coll. « Un Mystère » n° 191 (1954)
Résumé :

Je m’appelle Witherspoon, John L. Witherspoon et j’aimerais vous consulter… professionnellement.

– Je ne m’occupe que des affaires qui me semblent vraiment attrayantes. La routine ne m’intéresse pas.

– Je crois que celle-ci a de quoi vous plaire… Ma fille Loïs est sur le point d’épouser un jeune homme qui termine ses études. Loïs, a vingt et un ans; lui, quelque six mois de plus. Il s’intéresse beaucoup à la physique et la chimie… C’est un garçon particulièrement intelligent. Mais il ignore qui il est.

– Vous voulez dire qu’il ne connaît pas son père ?

– Ni son père, ni sa mère. La femme que Marvin Adams – c’est son nom – avait toujours considérée comme sa mère, lui a révélé, avant de mourir, qu’il avait été kidnappé à l’âge de trois ans.

– Intéressant, fit Mason en regardant la pointe de ses chaussures. Et qu’en dit votre fille ?
– Elle dit…
– Si tu me laissais le dire moi-même, papa ?…

Critique :

Ce que j’ai toujours apprécié, dans les romans consacré à l’avocat américain Perry Mason, hormis le côté policier mêlé au juridique et aux procès dans les Cours de justice ou les Tribunaux, ce sont les titres marrants.

« Le canard qui se noie » (The Case of the Drowning Duck) ne déroge pas à la règle !

De quoi ça cause ?

Avant toutes choses, je dois vous en préciser une importante : oubliez le vieux monsieur que vous avez peut-être vu à la télévision (dans les années 85-90) et qui était joué par Raymond Burr ! Bien que le même Raymond Burr ait joué le rôle de l’avocat dans une série des années 50 (de 1957 à 1966 – 271 épisodes). Mais c’est celle des années 90 qui nous a marqué.

Donc, Perry Mason, dans les romans d’origine, est loin d’être un vieillard, c’est une jeune avocat d’une trentaine d’années, il est grand, élégant, il est jeune, il est beau et je ne sais pas s’il sent bon le sable chaud… Sûrement.

De même pour sa secrétaire Della Street : elle est jeune, bien roulée, à cent lieue de l’honnête grand-mère qui l’interprétait dans la série. Par contre, oui, elle a un gros faible pour son patron et vice-versa.

Quand au détective, oubliez aussi le détective gaffeur Ken Malanski ! Dans les romans, c’est Paul Drake et il est autrement plus débrouillard que sa copie télévisée.

De plus, nous sommes dans les années de l’après guerre, fin des années quarante ou début des cinquante (en 54 dans ce roman) et à cette époque, on ne prévient pas son détective privé à l’aide d’un texto/SMS, mais on cherche une cabine publique ! Le télégramme est toujours d’application aussi. Cela est plus amusant quand les choses sont moins simples.

Nous sommes prêts ?

John L. Witherspoon, homme richissime, consulte professionnellement Perry alors que celui-ci passe des vacances avec sa secrétaire… Ce dernier est peu emballé par l’affaire du monsieur, de prime abord.

Que lui veut-il, à Perry ? Sa fille Loïs (20 ans, elle est belle et futur riche) est sur le point d’épouser un jeune homme (Marvin Adams) qui termine ses études, adore la chimie, les sciences et les expériences avec des canetons. C’est un garçon particulièrement intelligent. Mais il ignore qui il est.

Vous me direz qu’il n’a qu’à consulter sa carte d’identité… Oui, mais, ce n’est pas si simple !
La femme qu’il a toujours considérée comme sa mère, lui a révélé, avant de mourir, qu’il avait été kidnappé à l’âge de trois ans. Hé, ça change tout, non ?? Qui est papa ? Qui est maman ? That is the question…

Intrigué, le futur beau-père a fureté un peu et qu’a-t-il découvert ? Que le fiston est bien le fils de sa mère (qui avait menti sur son lit de mort, la garce, croyant aider le fiston) et de son père et que ce dernier, loin d’être un milliardaire, était un meurtrier et fut pendu pour le meurtre de son associé (je ne dévoile rien, on l’apprend très vite). Oups, gênant lorsqu’on aime la fille dudit milliardaire, non ?

Pourtant, certains détails dans les minutes du procès dérangent Perry. Là, il est chaud bouillant pour enquêter sur un meurtre vieux de 18ans !

Entretemps, notre Marvin, féru de science, avait démontré devant plusieurs personnes que l’on pouvait noyer un caneton sans le toucher.

Le truc ? Ajouter un produit dans l’eau qui annihile le pouvoir imperméable des plumes du caneton, les faisant alors se gorger d’eau et couler (d’où le titre du roman).

Attention, je précise qu’aucun caneton mignon n’est mort dans l’expérience, Marvin le repêchant à chaque fois !

Comme les emmerdes ne se déplacent jamais qu’en paquet de dix, voilà ti pas qu’on découvre le cadavre d’un détective et que, dans son aquarium, il y avait un caneton qui se noyait !

Quand on sait que ce détective avait été engagé par monsieur Witherspoon-Plein-De-Fric pour enquêter, avant, sur les origines de son futur gendre… Directement tous les regards se portent sur Marvin…

Arme du crime ? Acide chlorhydrique versé dans un pot, avec une pincée de cyanure pour assaisonner le tout. Mortel le gaz !

Et beau-papa, il serait pas coupable aussi ? Qui sait ? Il a peut-être voulu faire accuser son futur gendre, comme il l’avait dit ? Ben le voilà sur le banc des accusés, tout cela à cause du caneton (celui de l’aquarium dans la maison du détective mort, le coin-coin n’est pas mort, lui) dont il a juré qu’il était à lui, alors que rien de ne le distinguait de ses congénères.

A propos d’emmerdes en paquet de dix plus une gratuite : zut, un cadavre de plus dans la maison du milliardaire, tué de la même manière que le détective !  Et là, son épouse pourrait être coupable, non ?

Witherspoon-Plein-de-Fric n’aurait-il pas été donner la canne à pêche au futur refroidi qui avait la jambe dans le plâtre ? Ouille, ça ce corse (comme disait Astérix lors de ses aventures dans la même région).

Tiens, et l’ancienne affaire ? Si ce n’était pas celui qui fut pendu, le coupable, qui c’était alors ?

Nous voici avec une belle brochette de tueurs potentiels !

Perry Mason entrera dans la danse, une fois de plus, n’hésitant pas à maquiller une scène de crime en changeant l’eau du caneton, à en ajouter un autre dans une voiture, et ainsi de suite. Le tout en tirant les fils et en se faisant épauler par l’équipe du détective Drake.

On a beau dire que la trame reste la même : Mason défend toujours un innocent, démonte les témoins à la barre et fait cracher le morceau au(x) coupable(s) en plein tribunal, ou dans le bureau du juge… Ses enquêtes sont palpitantes et à chaque fois on se dit que là, il va pas y arriver.

Perry Mason gagne toujours et c’est jubilatoire, pour ceux qui aiment le milieu du Droit et des Tribunaux, de se lire un petit Erle Stanley Gardner de temps en temps, pour s’offrir une p’tite enquête de derrière les fagots.

De plus, last but not least, je ne m’attendais pas à ce (ces ?) coupable(s) là.

Coin-coin !

Lu dans le cadre des challenges : « PAL Noire à Zéro » de George, « Vingt mille lieues sous mes étagères » du Cannibal Lecteur (moi), « Thrillers et Polars » de Liliba.