Je suis une légende : Richard Matheson

Titre : Je suis une légende

Auteur : Richard Matheson
Édition: Folio SF (2001)

Résumé :
Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil…

Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Critique :
Que dire sur ce livre qui n’a pas encore été dit ici ?? Pas évident. Vous dire que, comme bon nombre, j’ai découvert le film bien avant le roman original et que j’ai vite mis de côté les souvenirs que j’avais de Will Smith sillonnant un New-York vide avec son berger allemand ?

Et bien oui, pour ceux qui débarqueraient de la planète mars (John Carter, si tu me lis…), les deux oeuvres ont des points communs mais ne se ressemblent guère.

Déjà, l’époque (1976 pour le livre), la non-présence de Rex chien flic, si ce n’est un pauvre clébard famélique, et surtout que Robert Neville est blond… et encore des tas d’autres détails. Dont la fin qui est loin d’être Holywoodienne.

Ce fut donc une belle découverte ce roman que j’ai commencé ce matin et fini ce soir (mais pourquoi j’ai évité comme la peste les romans de Classiques SF, moi ?).

Le pitch (Black ?) : Robert Neville est le dernier survivant d’une pandémie. Cette épidémie fut causée par un bacille qui transforma les gens en espèces de vampires (loin des Bisounours de la mère Meyer) qui, heureusement pour lui, ne survivent pas à la lumière du soleil.

Robert tient tête, depuis trois ans, à ces vampires, parmi lesquels se retrouvent ses anciens amis et voisins devenus des vampires.

Vivant dans une maison barricadée et fortifiée afin de résister aux attaques nocturnes de ces noctambules hémoglobinovore, il ne sort que pendant la journée afin de se ravitailler.

Je me plains parfois du climat Belge, mais notre pauvre « last men » vit dans un climat d’horreur, étouffé par la solitude et les remords. Je me suis attachée à lui.

Bien qu’il y ait des cadavres à la pelle dans le livre, il n’y a pas de temps mort dans la lecture. Attention, pas de scène de bastons grandiloquentes, pas d’action pure et dure et pourtant, on ne s’emmerde pas en le lisant. Loin de là, le rythme est trépidant et les pages tournent toutes seules.

C’est un huis-clos puisque, à quelques exceptions près (les souvenirs et les morts-vivants), Neville est seul avec ses pensées qui le hantent.

Et pour ce qui est des dialogues, les vampires ne sont pas très prolixes !

Puisque je vous cause des vampires, j’ai aimé l’approche que Richard Matheson fait sur ce mythe. Point de mystère ou de fantastique, mais de la science ! Cela change tout.

Avec l’ami Will Smith, le film tournait autour d’un combat à mort de l’homme (le gentil) contre les vampires (les méchants). Manichéen à mort et très « simpliste ».

Diable, nous étions bien loin des subtilités que le roman nous offre et que les studios d’Hollywood ont laissé de côté. Le roman de Matheson est bien plus ambivalent.

« C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés ». Et tout est dit.

Lu dans le cadre des challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

 

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