Harry Bosch – Tome 6 – L’envol des anges : Michael Connelly

Titre : L’envol des anges

Auteur : Michael Connelly
Édition: Livre de Poche (2012)

Résumé :

Harry Bosch est chargé d’une enquête délicate. Dans une cabine du funiculaire d’Angel Flight, le gardien a découvert le cadavre d’Howard Elias, avocat noir, célèbre pour avoir fait condamner de nombreux policiers de la ville pour non respect des droits civiques.

Si ce crime n’est pas élucidé rapidement, des émeutes raciales pourraient éclater à tout moment : Elias allait plaider l’affaire « Black Warrior » dans laquelle un Noir, accusé à tort d’avoir tué une fillette, avait été torturé. Harry, avec sa fidèle équipe, commence ses investigations qui débutent mal.

Il se rend compte que des preuves ont été modifiées et comme un malheur n’arrive jamais seul, on lui adjoint une autre équipe dirigée par Chastain, son ennemi juré.

Malgré sa femme qui le quitte, ses supérieurs à la recherche d’un bouc émissaire et les traîtres qui s’agitent autour de lui, Harry parviendra-t-il à aller jusqu’au bout de sa quête ?

Critique :

L’envol des anges… En ce qui concerne les deux cent premières pages, je dirais que :

Les anges s’étant empiffrés tout l’été,

Se trouvèrent fort dépourvus,

Lorsqu’ils fallu faire décoller

Leurs gros culs !

Ce roman de Connelly – bien que je lui ai accordé quatre étoiles – je me dois de rester honnête et de vous signaler que j’ai failli commettre le péché de passer des pages.

Comme je vous le disais, l’envol des deux cent premières pages ressemblaient plus au décollage d’un gros B-52 avec deux réacteurs hors-service et les deux autres poussifs.

Bien que, ensuite, le vieux coucou arriva à une belle vitesse de croisière vers la page 260 et se changea ensuite en jet (pas en fabuleux X-43, mais en un bon MIG 31).

Mais avant d’arriver à Mach 3, il se traîne un peu dans les deux cent premiers miles, l’hélice crachotant un peu et la tentation me titilla de prendre de la hauteur et de survoler une grosse centaine de pages dans le but d’atterrir vers la page 350 et de voir le plan de vol évoluer.

D’ailleurs, je le fis (oui, j’avoue), avant de me rendre compte que je n’y comprenais plus rien et de me dire que je ferais mieux de revenir à la zone de turbulences concernées.

C’est vraiment vers la page trois cent que cela bouge et je ne regrette pas d’avoir persévéré dans mon vol.

Une fois la vitesse de croisière atteinte, on se demande si les coupables ne seraient pas innocents et les innocents, coupables. Ou bien un peu des deux ? Ou pas du tout ?

Les fausses pistes sont semées et l’enquête est pleine d’embûches, le tout sur fond de mutinerie civile, de racisme, de traficotage de preuves et de haine. Magistral final.

Je termine tout de même ce roman avec un goût métallique en bouche…

Si, dans les romans d’Agatha Christie, nous finissons avec le majordome coupable, démasqué, arrêté et condamné (bref, une fiction), ici il n’en est rien.

Connelly nous décrit une réalité réelle (pléonasme sciemment voulu) incommodante, dérangeante et suffocante.

Cette réalité, si je ne l’avais pas su (cette réalité), elle ne m’aurait pas dérangée, puisque « pas au courant ». Mais à partir du moment où l’auteur vous la livre, vous ne pouvez que vous sentir mal.

« Ceci n’est peut-être pas une fiction »…

Voilà ce qui pourrait résumer les quelques pages qui m’ont mises mal à l’aise. Ce genre d’entourloupe de la vérité, des tas de politiciens, flics, ou tout homme de pouvoir, ont dû nous la faire, sans que nous nous en rendions compte.

Les mensonges qui contentent tout le monde, afin d’éviter que la vérité ne soit divulguée, ça me donne envie de vomir. Même si la vérité est plus atroce encore que le mensonge, elle vaut mieux que de sacrifier un innocent  sur l’autel du « c’est mieux ainsi pour tout le monde ».

Et dans la réalité réelle (toujours un pléonasme délibérément choisi), il n’y a pas toujours un Harry Bosch pour gratter la lie du bidet, jusqu’à la faïence, afin de trouver toutes les réponses.

Pour ses supérieurs, la vérité était bien plus dangereuse que le mensonge… alors, il fallait la fermer.

J’ai ressenti un vrai malaise et des sueurs froides lorsque la vérité commença à apparaître, tout doucement mais fermement. On entrevoit ce qui pourrait être et on frissonne.

Le sordide fera surface et je ne l’avais pas vu venir ! La seule évidence que j’avais repérée, Harry ne l’avait pas comprise. Moi oui. Pour une fois. Mais ce fut la seule que je vis.

Par contre, lors de la découverte du nom du coupable, c’est une baffe en pleine figure que j’ai reçue.

Digne d’un atterrissage dans un champs avec le « cheval de bois » assuré.

A lire, sans passer de pages et en cravachant un peu pour le début. Tenez bien le manche à balai et attendez que les moteurs poussifs se mettent bien en route.

Ensuite, vérifiez bien votre harnais de sécurité… Les accélérations peuvent être brutales.

Critique publiée sur Babelio le 25 août 2012 et dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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