Bilan livresque : Décembre 2012

Alors, ce bilan de décembre ?? Ai-je bien lu ? C’est ce que nous allons découvrir.

J’ai ajouté aussi les bandes dessinées que j’avais reçues pour mon anniversaire (fin novembre) et que j’ai lues en décembre. Elles ne seront pas comptabilisées dans le mois, c’est juste à titre d’info.

J’en profiterai pour faire le décompte de tous les livres durant l’année.

Oserai-je calculer le nombre de livres que j’ai acheté en 2012 ??

Hem… 230 livres achetés en 2012. Là, j’ai tout fait péter. Ce n’est pas de ma faute, mais celle des challenges auxquels je participe… Ben quoi, fallait bien acheter les livres, non ??

En 2013, j’ai dévoré 94 romans. Pouvais faire mieux !

J’ai commencé le mois avec un achat de l’année : « Bloc 11 » de Piero Degli Antoni. Un huis-clos oppressant entre quelques prisonniers, dans un camp de concentration. Un coup de cœur et un coup au cœur !

Là, j’aurais mieux fait de lire Picsou, ma lecture aurait été plus calme que celle du premier tome de la Saga Maorie : « Haka » du français Caryl Férey, titre concourant pour le challenge « Thrillers et Polars » de Liliba.

Intrigue prenante, violence, flic atypique, écriture avec un style plus incisif qu’un scalpel ! Sonnée à la fin de ma lecture, comme si l’équipe des All-Blacks m’avait plaquée au sol après avoir exécuté leur Haka. Ce bouquin détonne par sa noirceur et son agressivité !

Non, après une telle lecture, il me fallait vraiment du calme et un petit meurtre en famille, avec huis-clos. Alors, j’ai lu « Cyanure » de Camilla Lackberg qui pouvait aussi concourait pour le challenge « Thrillers et Polars » de notre consœur blogueuse Liliba.

Rien à voir avec les ambiances de la Reine du Crime (Agatha Christie) mais c’était un petit polar agréable à lire. Sans plus.

Ce mois-ci, j’ai fait la part belle au challenge« Thrillers et Polars » puisque j’ai poursuivi la Saga Maorie avec le second tome : « Utu ». Aussi bien que le premier, aussi oppressant, bref, un nouveau coup de pied au cul.

Vite, lisons une bande dessinée afin de me remettre de mes émotions et vu que c’est un cadeau d’anniversaire, double plaisir avec  « Le Scorpion – Tome 10 – Au nom du fils » de Marini et Desberg.

Qui est le Scorpion ? « Une force de la nature, un ouragan de passions et d’appétit de vivre qui trimballe sa carcasse d’athlète et sa fine barbiche de séducteur dans la Rome du XVIIIe siècle. Quand il n’écoule pas de superbes reliques récupérées dans les sous-sols de la ville, le Scorpion virevolte sur les toits et fait chavirer les cœurs de tout ce que Rome compte de jolies filles. Mais le Scorpion a quelques soucis ».

C’est dans ce tome 10 que nous apprenons enfin qui est le véritable père du Scorpion. Superbes dessins et scénarios prenant, je recommande cette bédé.

Pourquoi quitter Rome ? Prenons juste la machine à remonter le temps et partons pour l’époque de l’empereur Claude, du futur Néron, tout jeune et de sa mère, Agrippine, avec l’excellente bande dessinée « Murena » de Jean Dufaux.

J’ai reçu 4 tomes pour mon anniv et je possédais déjà les deux premiers. Hop, on lit le tout !  Pourquoi ? Parce que « Murena », ce n’est pas n’importe quoi : c’est l’histoire de Rome telle qu’on nous la raconte dans les manuels scolaires, à ceci près qu’elle prend ici un relief surprenant : sanglante et crapuleuse, elle n’est que superstitions, trahisons, terreur et violence.

Toujours dans les bédés reçues, notons l’excellent série de chez Delcourt « La Licorne » de Mathieu Gabella. Mon chéri m’ayant offert les 4 tomes, je me suis régalée.

Nous sommes en 1565, au temps de la Renaissance. Un homme tente de faire triompher la raison sur l’obscurantisme, mais se trouve confronté à de mystérieuses et fabuleuses créatures. C’est Ambroise Paré, un ancien barbier devenu chirurgien royal et qui sera à l’origine du savoir médical moderne.

Graphisme flamboyant, qui nous plonge au cœur de l’histoire passionnante de la médecine et qui navigue entre thriller, fantastique et ésotérisme.

« City Hall » est un manga des français Guillaume Lapeyre et Rémi Guérin. J’ai lu le tome 1 pour découvrir. Et dès que je trouverai le tome deux, je me ruerai dessus.

Nous sommes plongé dans Londres, 1902, dans un univers dépourvu de papier, l’écriture manuscrite étant interdite depuis des siècles et n’étant même plus enseignée. Pourquoi ? Tout ce que vous écrivez prend vie.

1902 mais nous sommes plongé dans un environnement mécanique et possédant déjà internet et des écrans LCD. Un ennemi qui possède du papier et deux héros pour le contrer : Jules Verne et Conan Doyle.

Un autre manga que je voulais découvrir, avec beaucoup d’appréhension, c’était « The Sherlock Holmes Story » de Kyo-Jeong Kwon. Pas moyen de mettre la main sur le tome 1, j’ai donc commencé par le tome 2.

Intéressant parce que c’est Sherlock Holmes en manga, mais me faisant peur en raison de son petit côté yaoiste caché. En le lisant, on comprend que le mariage de Watson perturbe énormément Holmes et que ce dernier aurait peut-être des sentiments amoureux pour son ancien colocataire et ami. Pas trop ma tasse de thé, même si j’ai lu des yaoi, ils ne seront jamais mes préférés. Ici, petit plus, la rencontre Holmes/Watson et l’arrivée du roi de Bohême… sans oublier Irène Adler.

Toujours dans les mangas, la suite d’une série que j’apprécie fortement, c’est celle de « Black Butler » de Yana Toboso. Ici, c’est le Tome 11 qui a concouru pour le challenge de Liliba : « Thrillers et Polars ».

Le dernier volet de l’enquête qui avait commencée au tome 9 avec Conan Doyle dans les invités. Un univers un peu satanique et très victorien. J’adore !

« Meurtre sur la voie Appia » de Steven Saylor avait le triple avantage de participer au challenge « Polar Historique » de Samlor, avait son mot à dire pour le challenge « Thrillers et Polars »  sans oublier celui de la PAL Noire à Zéro !

Ici, nous sommes presque dans la réalité, dans une partie de l’Histoire de Rome. Les personnages de fiction côtoient les personnages ayant réellement existé. Notre enquêteur, Gordien, va devoir élucider un meurtre qui a eu lieu sur la voie Appia.

Quelques moments d’Histoire un peu lourd, j’ai failli passer des pages mais je ne l’ai pas fait. J’ai eu bien raison. Un chouette polar historique.

Un achat du dernier Swolfs : « Légende – Tome 6 : Le secret des Eïles »  qui entrait en ligne de compte pour le challenge « Totem » de Lili Galipette, catégorie « Loups ». Un tome en de-ça de toute la série, une sorte de nouveau cycle mais qui n’est pas prenant. A croire que le scénariste voulait faire son beurre sur le dos de ses lecteurs…

Pour ne pas être en reste avec Métaphore et son challenge « Romans Cultes » j’ai entamé « Des souris et des hommes »de Steinbeck. Sitôt entamé et déjà terminé, les yeux embués. Grâce au challenge de Métaphore, je découvre des trésors de littérature, moi !!

Last but not least, j’ai commencé ce 31 au matin « L’île au trésor » de Robert Louis Stevenson. En voilà un qui aura le privilège de finir 2012 tout en entamant 2013 ! Là-dessus, il ne sera pas compté dans le bilan de décembre.

Joyeuses fêtes !!

Bilan livresque de Décembre : 6 romans dont 5 participaient à des challenges, sans compter un tome de moins dans ma PAL Noire. 12 bédés et 3 mangas

 

  1. Bloc 11 : Piero Degli Antoni
  2. Haka – Saga Maorie : Caryl Férey (« Thrillers et Polars »)
  3. Cyanure : Camilla Lackberg (« Thrillers et Polars »)
  4. Utu – Saga Maorie : Caryl Férey (« Thrillers et Polars »)
  5. Le Scorpion – Tome 10 – Au nom du fils (Bédé)
  6. Murena : 6 tomes (Bédé)
  7. La Licorne : 4 tomes (Bédé)
  8. City Hall – Tome 1 (Manga)
  9. The Sherlock Holmes Story – Tome 2 (Manga)
  10. Black Butler – Tome 11 (Manga) (« Thrillers et Polars »)
  11. Meurtre sur la voie Appia : Saylor (« Thrillers et Polars »PAL Noire)
  12. Légende – Tome 6 : Le secret des Eïles (Bédé) (« Totem »)
  13. Des souris et des hommes : Steinbeck (« Romans Cultes »)

Bloc 11Haka - Férey - NONCyanure - LäckbergUtu - Saga MaorieSCORPION 10 - Au nom du fils   Murena 03Murena 04Murena 05Murena 06    `ionð*jð*jthsion Ì_` Licorne 01Licorne 02Licorne 03Licorne 04  City Hall 01 Sherlock Holmes strory 2Black Butler 11Legende 6 - SecretDes souris et des hommes - Steinbeck

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Utu : Caryl Férey [Saga Maorie 2]

Titre : Utu                                                                big_4

Auteur : Caryl Férey
Édition : Folio Policier

Résumé :
Exilé en Australie, Paul Osbone apprend le suicide de son ami Fitzgerald : le chef de la police d’Auckland aurait abattu un chaman maori soupçonné de meurtres atroces, avant de se donner la mort.

Or, non seulement le cadavre du chaman n’a jamais été retrouvé, mais Fitzgerald n’était pas du genre à se suicider. Spécialiste de la question maorie, ancien bras droit de Fitzgerald, Osborne est chargé de remonter la piste.

Dans un climat social et politique explosif, épaulé par une jeune légiste fraîchement débarquée en Nouvelle-Zélande, Osborne devra affronter le spectre de Hanna, son amour d’enfance, mais surtout le utu des ancêtres du « pays aux longs nuages blancs ».

Critique :

Ne devrait-on pas poursuivre l’auteur pour les actes de barbarie et de tortures qu’il commet envers ses personnages  ? Parce que là, je dépose plainte, moi !

Déjà que dans le roman précédent « Haka », Fitzgerald, le flic alcolo et un peu drogué en avait pris plein son matricule (et les autres aussi), mais là, le suivant, Paul Osborne, en a ramassé encore plus (et les autres avec lui).

D’ailleurs, dans les deux romans de Férey que je viens de lire, tout le monde en a pris plein sa gueule !

Certes, bon nombre d’entre eux avaient des choses pas très nettes à se reprocher – hormis le labrador qui lui n’avait que des arrosages de réverbères sur la conscience – mais tout de même, c’est violent.

« Utu » veut dire vengeance en maori et cela ne concerne pas une petit vengeance minable du genre « saler le café de l’autre ». A ce jeu là, certains jouent gros, très, très gros.

Dans cette « suite », nous avons Paul Osborne, flic encore plus atypique que son supérieur Fitzgerald. Il était son second avant de démissionner. Là, on vient de le rappeler au travail et ça ne fait pas plaisir à tout le monde.

Si le premier était déjà alcoolo, torturé, un peu drogué, l’autre, c’est le même mais puissance 10 ! Fitzgerald n’était pas un tendre, Osborne le dépasse et fait bien pire que lui.

Plus salopard et dépravé que lui, faut se lever tôt pour le trouver, ou alors, ce genre de type est du côté des Méchants, pas des Gentils.

Afin d’éviter tout débordement, un flic nommé Culhane est chargé de le baby-sitter. Comme si on pouvait surveiller et gérer la bombe à retardement qu’est Osborne ! Il est hanté par un ancien amour, torturé, malaxé et c’est cette touche qui fait que, malgré tout, on apprécie ce « foutu salopard ». Bien que sur certains faits, je l’ai détesté, avant de me dire que, tout compte fait… si un salopard tombe sur plus salopard que lui…

Comme pour « Haka » dont on pourrait dire que « Utu » est la presque suite, sans l’être vraiment, l’auteur nous parle de la minorité opprimée que sont les maoris.

Bien au courant de la chose, il nous plonge dans leurs revendications, dans toutes les exactions commises par l’Homme Blanc, il nous parle de leurs traditions anciennes et la révolte qui gronde car le maori doit s’intégrer ou crever.

Férey nous dépeint avec acidité une jeunesse dorée qui est pourrie jusqu’au trognon, nous montre des notables véreux prêt à tout pour le fric et une communauté maorie sacrifiée sur l’autel de la modernité, de l’argent sale, du business…

Sans oublier quelques scènes « crues » dans un bar pour échangistes… fréquenté par les Huiles de la ville, of course.

Ici, le récit est plus fractionné que dans le précédent puisque nous avons une partie de l’enfance et de la jeunesse de Osborne ainsi que quelques scènes de vie de son « baby-sitter », Culhane, qui prendront tout leur sens ensuite.

Devenu un flic ripoux parmi des plus pourris que lui, son enfance nous permet de comprendre sa quête de justice (selon sa définition à lui) et de vengeance.

Et une fois de plus, l’auteur en m’a pas déçu dans son final. J’ai ouvert grand mes yeux pour certaines explications auxquelles je n’avais pas pensées.

Vous l’aurez sans doute compris, avec « Utu », je viens de me prendre un second coup de pied dans le cul, une claque magistrale, comme administrée par l’intégralité des All-Blacks.

Si vous aimez les Bisounours et les poneys roses, je vous en conjure, passez votre chemin ! La tendresse est inexistante dans ce roman.

Les cadavres, tout comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle. En deux romans, Férey a commis un génocide de personnages.

Ma seule critique sera pour la fin que je trouve trop ouverte. J’aurais aimé que l’auteur nous en donne un peu plus, ne fut-ce que pour savoir si Osborne allait enfin liquider ses vieux démons ou non… et puis, je suis fâchée parce que Férey a zigouillé une personne que j’aimais beaucoup.

Bon, je vais lire « Picsou Magazine » afin de remettre mes idées en place et d’avoir un peu de douceur après cette saga Maorie. Là, c’est sûr, je vais décommander mes futures vacances en Nouvelle-Zélande… M’est avis que l’Office du Tourisme a moyennement apprécié les deux romans.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

Meurtre sur la voie Appia : Steven Saylor [Les Mystères de Rome 5]

Titre : Meurtre sur la voie Appia

Auteur : Steven Saylor

Édition : 10-18 (2002)

Résumé :

Janvier 52 avant notre ère. Rome tremble, Rome gronde. La Ville Lumière tressaille du Forum aux quartiers populaires.

Par bandes et partisans interposés, le populiste Publius Clodius et son ennemi juré, le patricien Titus Milon, se disputent le contrôle des élections populaires.

Et lorsque ce 18 janvier Clodius et son escorte croisent Milon et la sienne, sur la voie Appia, les glaives ne tardent pas à sortir du fourreau. Embuscade ? Attaque préméditée ?

Une seule certitude : au soir de ce funeste jour, Clodius rejoint les mânes de ses ancêtres. Dès l’annonce de sa mort, Rome s’enflamme.

Des bâtiments sont incendiés, rasés, même le sacro-saint siège du sénat. La Ville n’est plus que désolation, rumeur, accusations, meurtres, massacres. Pompée le Grand se voit bien en sauveur providentiel. Mais il faut répondre à une question : que s’est-il passé sur la voie Appienne ?

Quelles furent les véritables circonstances de la mort de Clodius ? Et son meurtrier doit-il être réprouvé comme un maudit ou honoré comme un sauveur de la République ?

Au milieu de cette tourmente, un seul homme à Rome saura rester droit, intègre, l’esprit vif : Gordien. C’est lui que le général charge de l’enquête sur la mort de Clodius.

Entre Cicéron qui vole au secours de Milon et les partisans de Clodius qui veulent sa peau, Gordien va, une fois de plus, se risquer dans les bas-fonds de la Ville, où tout n’est que faux-semblants, faux amis, vrais ennemis.

Et, cette fois, même la maison, la famille du détective ne seront pas épargnées par l’ouragan.

Critique :

Nous sommes en 52 avant notre ère… En 52 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ?

OUI, toute ! Dans ce roman, pas de village peuplé d’irréductibles Gaulois qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Ici, nous sommes presque dans la réalité, dans une partie de l’Histoire de Rome. Les personnages de fiction côtoient les personnages ayant réellement existé.

Au départ, je pensais que le meurtre de Publius Clodius était de la fiction, mais non : Clodius, partisan de César, a bien été tué sur cette Via Appia !!

Assassinat, oui, mais comment ? Une embuscade ? Une attaque préméditée ? Titus Milon, son adversaire aux élections, est-il coupable ?

C’est ce que Gordien, dit « Le Limier » devra découvrir à partir de la page 143… à la demande du Grand Pompée.

Une seule certitude dans toutes les rumeurs discordantes : Clodius est mort et à rejoint les mânes de ses ancêtres.

Si l’assassinat de François-Ferdinand en 1914 à Sarajevo enflamma l’Europe avec les conséquences que nous savons, l’assassinat de Clodius enflamme Rome.

Dès l’annonce de sa mort, ses partisans se rassemblent, des bâtiments sont incendiés, rasés, même le sacro-saint siège du sénat !

La Ville n’est plus que désolation. Tout n’est que rumeur, accusations, meurtres, massacres. Les partisans de Clodius, appelés les clodiens (et pas les Claudettes), veulent voir la tête de Milon, son adversaire et probablement assassin, orner une pique.

Rome tremble, Rome gronde. Rome outragée ! Rome incendiée ! Rome martyrisée !

Gordien aura fort à faire pour démêler ce sac de nœud, pour sortir le vrai du faux, extirper la vérité du mensonge, de la rumeur ou du « tout et n’importe quoi ».

Personnage sympathique, Gordien, pour notre première rencontre, m’a bien plu.

Le côté Histoire aussi, même si parfois, il prend plus de place que l’enquête à proprement dit.

Pas besoin de se mettre à quatre pattes ou de faire marcher ses petites cellules grises, Gordien n’a qu’à interroger les différents témoins, même si on lui mettra des bâtons dans les roues. Pas d’enquête trépidante ou de course poursuite en char sur la Voie Appia à la manière de Ben-Hur dans le cirque.

L’histoire va à son rythme et on plonge vraiment dans la Rome de l’époque de César, Pompée, Marc Antoine, Cicéron…

Je que j’ai apprécié aussi, c’est qu’alors que je pensais l’affaire pliée, l’auteur nous fait un « coucou, me revoilou » et un « t’avais pas pensé à ça, hein, avoue ? ».

Surprise !

Bien que j’aie failli à un moment donné sauter des pages, je me suis retenue et j’ai eu bien raison.

Titre participant aux challenges « Polar Historique » proposé par Samlor, « Thrillers et Polars » chez Liliba, « Pal Noire à zéro » chez George ainsi que « Vingt mille lieues sous mes étagères« , chez The Cannibal Lecteur.

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Légende – Tome 6 – Le secret des Eïles : Yves Swolfs

 

Titre : Légende – Tome 6 : Le secret des Eïles

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Édition: Soleil (2012)

Résumé :

Après avoir reconquis son trône et passé quelques mois à remettre les choses en bon ordre, le chevalier Tristan s’aperçoit qu’il n’est pas fait pour régenter une cour. Il l’abandonne alors, choisissant une vie plus proche de la Nature qui l’a vu grandir…

Mais ses nuits sont hantées par les Eïles, créatures envoûtantes qui essaient de lui voler son âme pendant son sommeil…

Une crainte étrange s’éveille alors en lui, plus inquiétante encore que tous les combats périlleux menés jusqu’alors…

Tristan de Halsbourg se rend dans la forêt la plus proche pour retrouver son père afin d’obtenir des conseils et se ressourcer dans le milieu de sa jeunesse.

Il met quelques temps avant de trouver son père avec sa meute de loups qui l’accompagnent toujours.

Le soir venu autour d’un feu, Tristan se confie sur les étranges cauchemars qu’il fait au sujet de fées mal attentionnées.

Alors qu’il s’assoupit après le repas, les cauchemars prennent place. Tristan évolue dans des décors connus et il doit affronter de nouveau son pire adversaire dans un combat se déroulant sur un pont qui s’effondre.

 

Critique :

Palsambleu ! Moi qui était toute en joie de découvrir un sixième tome de « Légende », je reste avec un léger goût amer de « me prendrait-on pour un cochon payeur ? ».

J’vous explique :

Le premier cycle de la saga « Légende » (5 tomes) qui nous présentait Tristan de Halsbourg dans son combat pour regagner son trône contre le terrible Shaggan m’avait transportée et j’avais vraiment adoré l’univers et les dessins de Swolfs (qui était loin d’être un inconnu pour moi, ayant suivi « Durango » et « Le prince de la nuit »).

Dessins au top et scénario très agréable, mêlant le réel et le fantastique, les légendes et les loups, le tout agrémenté de complots, de trahisons et nous contant la lutte de Tristan pour récupérer la place de Seigneur qu’un autre avait usurpé…

Mais là… j’ai l’impression d’avoir lu un tome pour rien.

Certes, ce tome 6 démarre un second cycle, malgré tout, ça ressemble furieusement à du délire de l’auteur, rien n’étant trop cohérent dans le récit, mêlant, cette fois, les rêves et les cauchemars sans que l’on sache où l’auteur va nous emmener. Le voyage était fadasse.

En bref, pour un début de nouveau cycle, on ne peut pas dire que l’auteur m’ait aguiché ou mis l’eau à la bouche dans la perspective des autres tomes à venir.

Que du contraire ! Durant toute ma lecture, j’attendais, en vain, qu’il se passe quelque chose de cohérent.

Lorsque je l’eus refermée, je me suis sentie comme un loup affamé à qui on aurait proposé un morceau de bois pour calmer sa faim.

Le départ était correct, pourtant…

La bédé commençait avec notre héros qui est lassé par les occupations liées à la gestion de son royaume et par la cour qui l’entoure.

Avoir fait tout ça pour, au final, se faire chier sur son trône, et bien, elle est forte, celle là !

En plus, il cauchemarde sec, notre Tristan.

Il décide donc de retourner auprès de celui qui l’a élevé dans la nature sauvage (l’homme qui vit avec les loups) pour essayer de résoudre son problème de cauchemar.

Chaque nuit, les Eïles viennent hanter ses rêves en cherchant à capturer son âme.

J’aurais bien qualifié ce tome 6 de one-shot que l’auteur aurait fait pour se faire plaisir ou arnaquer son lectorat, mais  en faisant des recherches que j’ai appris que c’était le départ d’un autre cycle. L’arnaque est là tout de même…

Scénario déstabilisant, univers onirique avec de nombreux évènements qui s’enchaînent sans liens entre eux et une grosse tendance freudienne, limite oedipienne et même pire, mais je spoilierais (moi, je me suis faite spolier du prix de cette bédé !).

La seule chose qui sauve cette bédé, ce sont les dessins d’Yves Swolf qui sont toujours de qualités et qui restent fidèle à l’ensemble de la série.

Rien que les dessins, hein !

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette, catégorie « Loup ».

Pardonnez nos offenses : Romain Sardou

 
 Titre : Pardonnez nos offenses

Auteur : Romain Sardou
Édition:  XO éditions (2002) / Pocket  (2003)

Résumé :
1284 : Les « froidures du diable » isole Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, du reste du monde. Romée de Haquin, son évêque devant le spectacle de la statue de la Vierge brisée par le froid, n’est pas loin de penser qu’une malédiction s’abat sur ses paroisses. Tout a commencé lorsque deux fillettes ont découvert les restes de corps suppliciés dans la rivière …

L’assassinat sauvage de Haquin laisse le village en proie aux peurs les plus irraisonnées. C’est alors qu’un mystérieux prêtre Henno Gui, y fait son entrée. Accompagné d’un jeune garçon et d’un homme à l’aspect monstrueux …

Une vision du Moyen Age attrayante et érudite, une mise en scène du Moyen Age qui permet au lecteur de vivre ces temps tourmentés.

Des héros portés par leur foi . la ferveur et l’intelligence aiguë de Henno Gui, la foi et la fidélité du vicaire Chuquet, la rouerie et le goût du complot des envoyés de Rome …

Critique :
Un vent de Sibérie souffle sur la Bohème… Les femmes sont en colère aux portes des moulins… STOP !

Veuillez excuser ma pitoyable erreur, je viens de confondre le père avec le fils… Michel Sardou, chanteur et son fils, Romain, auteur de ce polar historique. Au temps pour moi !

Nous sommes donc en l’an de grâce 1284… il doit y avoir un vent sibérien parce qu’il fait un froid de canard, appelé plus poétiquement : « froidures du diable ».

Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, est isolé du reste du monde. Oui, en ce temps là, pas de GSM ou de connexion Internet et Michel Sardou n’a pas encore rempli les salles de concerts.

Il fait tellement glacial que la statue de la Vierge s’est brisée par le froid. Cela aurait pu faire le buzz sur Internet, mais comme je vous le disait, pas d’Internet en ce temps là.

Romée de Haquin, l’évêque de ce petit trou du cul du monde pense qu’une malédiction s’est abattue sur ses paroisses.

Surtout que deux fillettes ont découvert les restes de corps suppliciés dans la rivière…

Quand Haquin se fait dégommer, il laisse le village en proie aux peurs les plus irraisonnées.

Tââdââmmm ! Non, Zorro n’est pas arrivé, juste un mystérieux prêtre répondant au nom de Henno Gui qui fait son entrée dans ce trou du cul du monde.

Ensuite, j’ai tourné les pages jusqu’au bout, dévorant ce polar « historique », les yeux pétillants.

« Une vision du Moyen Age attrayante et érudite, une mise en scène du Moyen Age qui permet au lecteur de vivre ces temps tourmentés » disait le quatrième de couverture.

Bon, lors de ma lecture, je n’ai pas écumé les sites Historiques pour démêler le vrai du faux en matière de respect de l’Histoire. J’ai lu ce roman pour ce qu’il était : un roman, point barre. De la fiction, quoi. Rien de plus.

Heureusement, parce qu’il se murmure que l’Histoire aurait été un peu arrangée, bafouée, non respectée, le langage non adapté, les fautes nombreuses et les incohérences de même.

Ne possédant pas un doctorat en Histoire ou des connaissances érudites sur l’époque concernée, je ne me suis pas posée de questions et j’ai profité de l’atmosphère du roman : sombre, avec ses croyances de l’époque, les complots sont légion et l’aura de mystère m’a passionnée jusqu’au bout.

Au final, je ne lui demandait rien de plus que de me distraire, ce qu’il a fait.

Conseillé pour passer un bon moment de lecture avec des mystères et des complots à foison et une fin qui m’a fait pousser un « Oh, punaise » (bon, ce n’était pas vraiment ce mot là…).

A déconseiller, donc, aux historiens et autres passionnés de l’Histoire, de vérité Historique ou, du moins, de sa bonne utilisation dans un roman, ils risqueraient d’avaler leur chique et je peux les comprendre.

Titre participant au challenge « Polar Historique » proposé par Samlor.

Black Butler – Tome 11 : Yana Toboso

Black Butler 11

Titre : Black Butler : Tome 11
 
Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana

Résumé :
« Je vous servirai avec dévouement »…

Aurora, une société secrète, proclame avoir rendu possible la résurrection de morts.
Afin d’en apprendre plus, le majordome Sebastian s’invite dans une réunion se tenant à bord d’un paquebot de luxe.

Le grand océan d’azur rugit, tandis que vogue sur ses flots un groupe hétéroclite dont les membres se reconnaissent à ce cri de ralliement: « Phénix ».

Savourez ce manga terriblement horrifiant…

BLACK BUTLER - 06.wir.skyrock.netCritique :

Dans le tome précédent, nous avions laissé Conan Doyle abasourdi lorsqu’il avait compris que le pasteur Jeremy Rathborne était en fait Sebastian, le majordome censé être mort.

Les dernières images étant Jeremy qui enlevait son masque pour lui prouver qu’il était bien Sebastian…

L’heure des explications avait enfin sonnée !

Parce que, les lecteurs ont beau savoir ce qu’est « réellement » le majordome Sebastian,  pour le reste, nous ne savions pas comment s’était déroulé les petits arrangements en coulisse !

Sebastian se fait donc un plaisir de raconter à Conan Doyle et aux lecteurs TOUS les rouages de l’enquête qui avait débutée au tome 9, ainsi que toutes les acrobaties de folie qu’il avait dû effectuer pour jouer, à la fois, le rôle du pasteur Jeremy ainsi que son propre rôle (un cadavre, excuses du peu !).

Là, je vous avoue qu’ils m’ont bluffés ! Certes, je me doutais des « petits arrangements » du majordome, mais pas à ce niveau là ! Une claque de plus pour moi. A ce niveau, vu le nombre de claques reçues ces derniers temps (durant mes lectures), je pense que je suis au niveau « maso ».

Conan Doyle n’en est pas revenu, moi non plus. Faut suivre toutes leurs péripéties et je relirai les trois tomes ensemble, histoire de mieux voir maintenant que je sais certaines choses.

Ok, durant la moitié du manga, l’histoire n’avance pas beaucoup puisque Ciel et Sebastian nous racontent ce qu’il s’est réellement, passé, malgré tout, l’éclairage était nécessaire.

De plus, j’ai bien aimé comment l’auteur sous-entend que les révélations sur les crimes qui avaient eu lieu au manoir de Phantomhive ont forgé Conan Doyle dans ces futurs récits et ses croyances.

Bémol ? Apprendre que la scène où Ciel trouve Sebastian mort est une mise en scène !!  Merde, moi aussi j’avais été émue par cette scène, bien que je ne pense pas qu’il y ait une quelconque relation amoureuse « Ciel-Sebastian », comme certains le pensent (entre nous, ils pensent ce qu’ils veulent, je m’en fiche, ils sont libres), voyant plus la scène comme la peine que ressentirait un enfant qui, ayant déjà perdu ses parents et constatant que, maintenant que son majordome est décédé, il n’a plus personne pour veiller sur lui.

Sebastian mort, je ne le croyais pas une seule seconde, mais je pensais que Ciel était sincère, pensant lui, que Sebastian ne reviendrait pas… Oui, je sais, vous allez me dire que puisque, aussi bien moi que Ciel connaissions la particularité de Sebastian, je ne pouvais pas croire que sa réaction n’était que mise en scène. Mais Ciel pouvait savoir des choses sur son majordome que nous ne savions pas…

Mais au fait, comment allait-il ressusciter, notre diable de majordome ?? Ben oui, tout le monde n’est pas au courant de sa petite particularité…

Ciel et Sebastian ont tout intérêt à trouver un stratagème valable pour qu’il puisse revenir parmi les vivants, et ce, sans attirer les soupçons sur sa « véritable » nature.

Heu, là, je trouve la méthode un peu trop « facile ». Si les autres membres du personnels n’étaient pas aussi « insouciants » et bien, ça ne marcherait jamais ! Trop gros.

En tout cas, cette première partie du tome 11 nous a montré un Ciel machiavélique, perfide, rusé, menteur, manipulateur,… le côté obscur de la Force ? A surveiller !

« Et la seconde partie du tome ? », me demanderez-vous. Une nouvelle aventure se profile à l’horizon et nos amis vont voguer sur un paquebot, direction le continent d’en face, l’Amérique et la ville de New-York.

Aurora, une société secrète, proclame avoir rendu possible la résurrection de morts ! Tiens, tiens, intéressant… et les voici embarqués sur le paquebot, sans le personnel un peu fou du manoir, mais avec un nouveau personnage.

La fin du tome nous laisse présager de bonnes choses, avec des « résurrectionnés » qui ont de drôle de mœurs… Ils mordent !

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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Le Scorpion – Tome 10 – Au nom du fils : Stephen Desberg & Enrico Marini

SCORPION 10 - Au nom du fils

Titre : Le Scorpion : Au nom du fils (Tome 10)

Auteur : Desberg

Dessinateur : Marini

Édition : DARGAUD (9 novembre 2012)

Résumé :

Dans ce dixième tome, Stephen Desberg et Enrico Marini ne reculent devant rien pour mener le Scorpion au plus près de la vérité.

Les intrigues entre les Latal et les Trebaldi s’intensifient, le pape est de plus en plus isolé et le Scorpion n’a qu’un seul but : rendre justice à sa mère.

Le Scorpion saura-t-il enfin qui est son père ? Flash-back et révélations au cœur même du pouvoir, à Saint-Pierre…

le-scorpion-bd-volume-9-reedition-10e-anniversaire-9316Critique :

Cette bédé se trouvait sur ma liste « anniversaire » et j’ai commencé la lecture de ma pile par celle-ci. Enfin j’allais savoir QUI était le père du Scorpion !

Commencée au tome 1, presque à sa sortie, j’ai toujours un gros faible pour le Scorpion, son univers, son ami le Hussard (toujours à nous sortir un bon mot), la gitane Mejaï et son chat noir, sans oublier les intrigues familiales, les coups bas, les trahisons, les bassesses, la « folie » du pape Trébaldi (qui ferait mieux de voir un psy pour ses problèmes avec son père), et la religion qui n’est pas toujours en odeur de sainteté.

Lorsque je compris QUI était son géniteur – bien avant qu’il ne soit nommé dans l’album – j’ai posé mon front sur la table et je me suis demandée si j’allais me taper la tête dessus ou attendre un peu…

Mais comment j’avais pu passer à côté, moi ?? Plus ça crève les yeux et moins on voit.

A ma décharge, je dirai que l’inconvénient des séries bédés, c’est que je les lis de manière décousue, au fur et à mesure de leur sortie. Là, si j’avais fait un peu plus attention, si j’avais mieux observé certains dessins (toujours très beaux), j’aurais vu !

Là, je suis en train de relire toute la série et je remarque certains détails dans le dessin que je n’avais point vu.

Bon, au moins, ça m’a laissé de la surprise. Oui, je sais, les excuses sont faites pour s’en servir.

Vivement la suite des aventures du Scorpion !

Haka : Caryl Férey [Saga Maorie 2]

Titre : Haka                                                            big_5

Auteur : Caryl Férey

Édition : Folio Policier

Résumé :

D’origine maorie, Jack Fitzgerald est devenu flic à Auckland avec l’espoir de retrouver sa femme et sa fille, mystérieusement disparues.

Secondé par une jeune criminologue tout aussi acharnée, il trouvera sur sa route une effroyable série de cadavres liés – ou non ? – à des rites ancestraux, mais surtout la vérité sur les fantômes qui le hantent…

Critique :

On peut dire que le flic Jack Fitzgerald est à la Nouvelle-Zélande ce que le commissaire Erlendur Sveinsson est à l’Islande…

Le parallèle est facile face à deux flics non-conventionnels, ayant souffert tous deux d’une disparition, n’hésitant pas à tutoyer la dive bouteille et menant leurs enquêtes d’une manière un peu particulière et bien à eux.

La différence étant que Jack, métis maori, est aussi un cocaïnomane (et il ne se contente pas d’une solution à 7%, lui !) et que, pour calmer ses rages, il utilise ses poings pour cogner la racaille et autres truands qui lui tombent sous la main. Les interrogatoire, avec lui, c’est sans l’avocat mais avec le tabassage compris dans le prix ! Bon, il a la carrure qui le lui permet aussi.

C’est vous dire que le cas de Fitzgerald est grave et tout à fait désespéré ! Pourtant, j’ai bien aimé ce flic torturé qui n’hésite pas à alpaguer les malfrats par le collet. Quand il fait de même avec des témoins potentiels, ça l’fait moins…

Et voilà que pour lui changer les idées, nous avons une jeune fille retrouvée sur la plage avec – âmes sensibles, veuillez m’excuser – le pubis tranché et le petit triangle rose jeté négligemment plus loin… Gloups !

L’enquête policière de Fitzgerald est remplie de violence et dedans se greffera le passé culturel de la Nouvelle-Zélande, omniprésent dans le roman, nous livrant quelques informations intéressantes, mais avec parcimonie.

Les Maoris ne sont jamais loin et certaines de leurs anciennes coutumes ont de quoi vous couper l’appétit.

Ce roman est sombre, glauque, noir, oppressant, sordide, lugubre,… avec quelques métaphores dans un style d’écriture qui m’a fait penser à Frédéric Dard, mais la comparaison s’arrêtera là.

Moi qui aime, lors de mes lectures de policier, recevoir une bonne claque – pas une claquounette du genre « Fifty shades » avec les formules de politesse – voire un bon coup de pied au cul, je vous avoue que je viens d’être servie au-delà de mes espérances !

J’en suis encore toute retournée ! Encore un peu, le livre m’en tombait des mains.

Les révélations du final sont délirantes, mais pas fantaisistes et j’avais la mâchoire qui béait durant la lecture des dernières pages.

Je dois vous avouer que mon esprit un peu sadique avait émis une théorie sur la disparition un peu trop brutale de la femme et de la fille de Jack et que ma perversité m’avait fait glousser un « tiens, ce serait drôle si… » et puis l’idée un peu folle m’était sortie de la tête et j’avais poursuivi ma lecture.

A un moment, dans ma lecture, j’ai même pensé que je m’étais trompée de personne.

Que nenni ! Mon esprit pervers était bien sur la même longueur d’onde que celui de l’auteur et, bien que j’y ai pensé au début de ma lecture, le fait de lire noir sur blanc, et bien, les bras m’en sont tombés.

Je croyais en avoir fini avec les rebondissements mauvais pour le coeur, vu ce que je venais de me prendre dans la face, mais l’auteur n’en avait pas fini avec moi.

– P***** de b***** de D*** ! me suis exclamée, le souffle court et les yeux hagards (du Nord).

Ce roman, « C’est extraaaa » comme le chantait Léo Ferré, qui n’est pas le cousin de Caryl Ferey ni celui de la gaufrette croustillante à laquelle, dès son appel, on vient au galop.

En tout cas, ce livre porte bien son nom : « Haka » qui veut dire « la danse de la mort »…

Ben, il ne restait pas grand monde pour exécuter quelques pas de danse…

Tiens, « exécuter », que voilà un jeu de mot foireux pour ce roman hallucinant.

A noter que dans ce double roman, il y a un chapitre inédit, uniquement disponible pour cette édition, sous forme de prologue à « Haka » et faisant le lien avec les deux romans.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

Cyanure : Camilla Läckberg [Saga Erica Falck et Patrik Hedström 11]

Cyanure - Läckberg

Titre : Cyanure
 

Auteur : Camilla Läckberg

Édition : Actes Sud (2012)

Résumé :

Quelques jours avant Noël, sa petite amie, Lisette Liljecrona, invite Martin Molin (collègue de Patrick Hedström) à venir passer le week-end avec sa famille sur la petite île de Välo en Suède.

L’idée ne l’enthousiasme guère et c’est à contrecœur qu’il accepte de l’accompagner. Ses appréhensions se voient confirmées lorsqu’il fait la connaissance des Liljecrona.

Avec plus ou moins d’élégance, tous s’acharnent à obtenir les faveurs du patriarche dont la fortune s’élève à plusieurs milliards de couronnes.

Cette course à l’héritage tourne court lorsque, le soir même, Ruben, déçu et furieux contre les membres de sa famille, affirme les avoir déshérités.

Gagné par son emportement, le vieil homme meurt soudainement, vraisemblablement victime d’un malaise cardiaque.

Une tempête de neige fait rage dans la région et les hôtes sont dans l’impossibilité de regagner le continent. Martin prend alors la situation en main et constate que Ruben a été empoisonné.

Personne n’a pénétré dans la maison, le meurtrier est donc forcément parmi les convives. En les interrogeant, le jeune policier tente avec peine de démêler les vieilles rancœurs familiales des pistes plus sérieuses. Seul Matte, l’un des petits-enfants de Ruben, semble sincèrement affecté par sa mort.

Comme tous les moyens de communication avec l’extérieur sont coupés, Martin se retrouve livré à lui-même face à sept suspects.

Bientôt, un nouveau meurtre est commis.

Mêlant heureusement les influences de Conan Doyle et d’Agatha Christie, Camilla Läckberg nous offre dans ce spin-off une variation réjouissante et glaçante sur le roman policier classique.

POLAR - CyanureCritique :

Ayant un grand besoin de « lecture calme » après celle de « Haka » et ne voulant pas commencer « Utu » de suite, je me suis dit qu’un petit crime familial en huis-clos était tout ce qu’il me fallait…

Les ambiances feutrées devant la cheminée, la maison isolée et bloquée à cause de la neige, du thé chaud en quantité, un enquêteur sur place, bref, y’a comme un parfum d’Agatha Christie qui flotte dans l’air…

Je m’en frottais les mains à l’avance, sans mettre la barre trop haut vu que mes dernières lectures m’avaient déjà comblée au niveau « policier » et « huis-clos » (Haka/Bloc 11). Il était statistiquement impossible de tomber sur un troisième « waw » mais au moins, j’allais pouvoir suspecter tout le monde et n’importe qui.

Ce que j’en ai pensé ?

Le roman se lit facilement, sur une après-midi, étant donné qu’il n’est « guerre et paix »… heu, je veux dire qu’il n’est « guère épais ».

Et c’est là que le bât blesse…

Niveau huis-clos, j’aurais aimé que l’auteur aborde plus en détail le fait de se retrouver coincé dans une maison, isolés sur une île à cause de la neige qui tombe en paquet de cinquante centimètres, sans communication téléphonique, avec papy riche et mort, empoisonné, tout en se disant que le coupable est parmi nous.

Bien que les personnages aient des squelettes dans les placards et un mort plus frais dans la chambre froide, nous n’assisterons pas vraiment à la foire d’empoigne que j’aurais aimé lire. Pourtant, il y avait là manière à écrire et à approfondir. L’auteur aurait pu faire plus.

C’est l’inconvénient des livres peu épais…

De plus, on ne peut pas dire que le personnage du flic soit sympathique. Je vous dirai même qu’il est un peu crétin et pas du genre de Columbo qui faisait semblant d’être idiot alors qu’il ne l’était pas.

Là c’est parfois à la limite du « m’en foutisme » notre enquêteur ! Bon dieu, j’avais compris ce qu’il s’était passé pour le second meurtre, moi. L’avantage de connaître les aventures de Sherlock Holmes et de repérer l’indice qu’il avait lui même détecté dans une de ses enquêtes…

Le rapport ? Le papy refroidi au cyanure était un grand fan de Sherlock Holmes et le nom du détective reviendra souvent. Un bon point pour papy, même s’il fut un père médiocre, bourré de fric mais incapable d’aimer ses deux fils correctement.

Les références à deux Grands se trouvaient dans le roman (Holmes et la mère Agatha pour l’ambiance) mais ce n’était pas suffisant, leur parfum était trop léger.

Bref, vous l’aurez compris, bien que le livre soit plaisant, il avait la couleur d’un huis-clos à la Agatha Christie mais pas la saveur. Les personnages nous apprennent un peu trop vite la teneur de leurs squelettes dans leurs placards sans qu’il soit nécessaire de les presser comme des citrons.

Quant à la solution, le saint-esprit nommé Sherlock Holmes illuminera notre enquêteur à la fin… comme par hasard ! Crétin de flic, va !

D’accord, je ne m’attendais pas à ça pour le premier meurtre, je fus surprise, même, mais la manière d’y arriver est un peu trop facile à mon goût et les ficelles sont trop voyantes. Dommage parce que le roman avait du potentiel.

Entre nous, que papy, fan de Holmes, nous sorte un « élémentaire, mon cher Watson, comme l’aurait dit Sherlock Holmes » m’a fait bondir. Rien que pour cela j’aurais bien mis le cyanure dans son verre !

Au final, un roman agréable, sans plus, des personnages peu attachants, un flic pas terrible, pas très fute-fute, un huis-clos « peu mieux faire », un arrière-goût factice de la Reine du Crime et la méthode de Sherlock Holmes distillée en solution à 0,001%.

Le genre de roman à lire lorsqu’on sort d’un roman « super coup de pied au cul » et que l’on veut passer à du plus calme. En cela, il a parfaitement joué son rôle de tampon en m’offrant une lecture calme et reposante.

Mais de quoi je me plains, moi ??

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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Le sosie du banquier : Sherlock’s Story 3

Titre : Le sosie du banquier

Auteur : Non communiqué
Édition: Sherlock’s Diffusion SA

Résumé :

Comment Arthur Titchburn, le fils du banquier qui a laissé à sa mort une fortune confortable, a-t-il pu ainsi changer pendant les années passées en Amérique où il s’était exilé à la suite d’une dispute avec son père ?

Dans quelles circonstances a-t-il perdu la première phalange d’un doigt de la main gauche ? Et pourquoi dissimule-t-il sa légère infirmité ?

Qui est ce moribond que l’on découvre dans une chambre de l’Hôtel des Émigrants à Whitechapel ?

Que va faire Sherlock Holmes dans la salle à boire de cette sordide maison et dans quelle intention a-t-il pris pour y pénétrer le déguisement d’un clochard ?

Réédition du fascicule n°12 de la série française « Les Dossiers secrets du roi des détectives » (1907), lui-même issu du fascicule n°? de la série allemande de 230 aventures : « Detective Sherlock Holmes und seine weltberühmten abenteuer » puis « Aus den Geheimakten des Welt-Detektivs » qui deviendra Harry Dickson dans les éditions ultérieures.

Critique :

 L’inconvénient de ce livre, c’est tout d’abord son titre ! D’emblée, même sans être trop malin, on a tout compris. Et je ne vous parlerai même pas du résumé qui est bien trop bavard à mon goût.

Avantage ? On retrouve Holmes dans une enquête, même si c’est un roman apocryphe.

Oui, mais…

Sans un concours de circonstance et des pistes aussi grosses que la tour Eiffel et Big Ben réunis, Holmes n’aurait pas réussi grand-chose ! Il a déjà failli rater le départ (ok, ce n’est pas nouveau qu’il juge une histoire inintéressante avant de se rétracter)…

De prime abord, nous avons l’arrivée d’Arthur Titchburn qui s’en revient de l’Amérique après neuf ans d’absence. Papa avec qui il avait une grosse dispute est mort et fiston hérite de la banque ! Il est des retour moins réjouissant, non ?

Pourtant, il se passe une chose importante qui m’a mis un troupeau de puces à l’oreille. En fait, c’est comme « L’incident curieux du chien pendant cette nuit-là » dans l’aventure « Silver Blaze ».

– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !

– C’est justement là que c’est curieux ».

Je vous en reparlerai plus bas…

Oui, l’histoire aurait pu être meilleure sans toutes ces grosses ficelles qui pendaient un peu partout.

Exemple ?

Chapitre suivant, nous avons miss Nelly, la jeune et jolie secrétaire de Holmes (oh, calmez-vous) qui, alors qu’elle tape sous la dictée de Holmes, à l’air toute triste.

Holmes lui tire les vers hors du nez et elle lui explique que son fiancé, Arthur Titchburn (tiens donc !), qui après une dispute avec son père avait dû partir en Amérique pour faire fortune afin de pouvoir l’épouser, est revenu. Nous précisons que miss Nelly, à l’époque, était la fille du jardinier du père d’Arthur.

Nelly l’a croisé, l’a appelé et le bougre ne la pas vue ! C’est comme si elle était invisible. Que voilà donc un curieux incident…comme le chien dans « Silver Blaze » qui n’avait rien fait dont je vous parlais plus haut.

Holmes met tout sur le compte de la passion qui est partie alors que moi, j’avais déjà tout compris. La raillerie de Holmes sur les sentiments amoureux le perd, sur ce coup là !

Ensuite, c’est une femme qui vient signaler à Holmes que le responsable de la faillite et de la mort de son mari (ainsi que de sa déchéance à elle) est de retour à Londres, qu’une connaissance à elle l’a reconnu à la gare de Liverpool grâce à un petit détail physique…

Attendez, j’ai déjà tout capté moi et Holmes pas encore ! C’est là que le bât blesse : Holmes a l’air un peu « à côté de ses pompes » niveau enquête.

Ensuite, il se reprend, additionne deux et deux et comprend lui aussi…

Heureusement parce que chapitre suivant, c’est l’Arthur qui vient trouver Holmes pour le charger de retrouver son ancienne fiancée, miss Nelly, afin qu’il puisse lui donner une somme d’argent dans le but de lui signifier que tout est terminé entre eux deux. Vous comprenez, ce n’était qu’une passade.

Heureusement que Holmes s’était réveillé et qu’il a pu jouer un joli tour à Arthur, prouvant par là qu’il n’était peut-être pas celui qu’il disait être…

Même plus de suspense pour le lecteur qui a déjà tout compris depuis le titre.

De plus, niveau grosses ficelles, on a encore mieux : quelle chance de se trouver dans la même pièce que les bandits quand ceux-ci exposent TOUT leur plan… Un peu gros.

Pas de Watson dans le livre, mais Harry Taxon, son jeune assistant. S’il avait été un peu plus étoffé, cela aurait été dû plus bel effet ce jeune assistant du détective qui est presque un fils pour lui. Là, il manque d’épaisseur.

C’est parce que au début du vingtième siècle, le succès de Sherlock Holmes était tellement grand (n’en déplaise à son créateur, Conan Doyle) qu’un éditeur allemand s’était décidé à s’emparer du détective pour en faire le héros d’une série de fascicules, écrits sous la plume d’obscurs écrivains.

Le livre est assez court (comme tout ceux de la collection), ce qui évite de traîner en longueur et, de plus, vu que c’est la réédition d’un livre publié début du 20ème siècle (1907), le langage du détective est presque contemporain de son époque.

A réserver aux holmésiens ou aux collectionneur de tout poils dans mon genre. C’est pas un mauvais livre, mais on pouvait mieux faire. Je verrai si les autres que je possède volent plus haut.

De plus, vu leur rareté (10.000 exemplaires) cela nous donne la vieille règle économique « un bien rare est cher ». Et la collection en compte 9.

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » de Liliba.