Le sosie du banquier : Sherlock’s Story 3

Titre : Le sosie du banquier

Auteur : Non communiqué
Édition: Sherlock’s Diffusion SA

Résumé :

Comment Arthur Titchburn, le fils du banquier qui a laissé à sa mort une fortune confortable, a-t-il pu ainsi changer pendant les années passées en Amérique où il s’était exilé à la suite d’une dispute avec son père ?

Dans quelles circonstances a-t-il perdu la première phalange d’un doigt de la main gauche ? Et pourquoi dissimule-t-il sa légère infirmité ?

Qui est ce moribond que l’on découvre dans une chambre de l’Hôtel des Émigrants à Whitechapel ?

Que va faire Sherlock Holmes dans la salle à boire de cette sordide maison et dans quelle intention a-t-il pris pour y pénétrer le déguisement d’un clochard ?

Réédition du fascicule n°12 de la série française « Les Dossiers secrets du roi des détectives » (1907), lui-même issu du fascicule n°? de la série allemande de 230 aventures : « Detective Sherlock Holmes und seine weltberühmten abenteuer » puis « Aus den Geheimakten des Welt-Detektivs » qui deviendra Harry Dickson dans les éditions ultérieures.

Critique :

 L’inconvénient de ce livre, c’est tout d’abord son titre ! D’emblée, même sans être trop malin, on a tout compris. Et je ne vous parlerai même pas du résumé qui est bien trop bavard à mon goût.

Avantage ? On retrouve Holmes dans une enquête, même si c’est un roman apocryphe.

Oui, mais…

Sans un concours de circonstance et des pistes aussi grosses que la tour Eiffel et Big Ben réunis, Holmes n’aurait pas réussi grand-chose ! Il a déjà failli rater le départ (ok, ce n’est pas nouveau qu’il juge une histoire inintéressante avant de se rétracter)…

De prime abord, nous avons l’arrivée d’Arthur Titchburn qui s’en revient de l’Amérique après neuf ans d’absence. Papa avec qui il avait une grosse dispute est mort et fiston hérite de la banque ! Il est des retour moins réjouissant, non ?

Pourtant, il se passe une chose importante qui m’a mis un troupeau de puces à l’oreille. En fait, c’est comme « L’incident curieux du chien pendant cette nuit-là » dans l’aventure « Silver Blaze ».

– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !

– C’est justement là que c’est curieux ».

Je vous en reparlerai plus bas…

Oui, l’histoire aurait pu être meilleure sans toutes ces grosses ficelles qui pendaient un peu partout.

Exemple ?

Chapitre suivant, nous avons miss Nelly, la jeune et jolie secrétaire de Holmes (oh, calmez-vous) qui, alors qu’elle tape sous la dictée de Holmes, à l’air toute triste.

Holmes lui tire les vers hors du nez et elle lui explique que son fiancé, Arthur Titchburn (tiens donc !), qui après une dispute avec son père avait dû partir en Amérique pour faire fortune afin de pouvoir l’épouser, est revenu. Nous précisons que miss Nelly, à l’époque, était la fille du jardinier du père d’Arthur.

Nelly l’a croisé, l’a appelé et le bougre ne la pas vue ! C’est comme si elle était invisible. Que voilà donc un curieux incident…comme le chien dans « Silver Blaze » qui n’avait rien fait dont je vous parlais plus haut.

Holmes met tout sur le compte de la passion qui est partie alors que moi, j’avais déjà tout compris. La raillerie de Holmes sur les sentiments amoureux le perd, sur ce coup là !

Ensuite, c’est une femme qui vient signaler à Holmes que le responsable de la faillite et de la mort de son mari (ainsi que de sa déchéance à elle) est de retour à Londres, qu’une connaissance à elle l’a reconnu à la gare de Liverpool grâce à un petit détail physique…

Attendez, j’ai déjà tout capté moi et Holmes pas encore ! C’est là que le bât blesse : Holmes a l’air un peu « à côté de ses pompes » niveau enquête.

Ensuite, il se reprend, additionne deux et deux et comprend lui aussi…

Heureusement parce que chapitre suivant, c’est l’Arthur qui vient trouver Holmes pour le charger de retrouver son ancienne fiancée, miss Nelly, afin qu’il puisse lui donner une somme d’argent dans le but de lui signifier que tout est terminé entre eux deux. Vous comprenez, ce n’était qu’une passade.

Heureusement que Holmes s’était réveillé et qu’il a pu jouer un joli tour à Arthur, prouvant par là qu’il n’était peut-être pas celui qu’il disait être…

Même plus de suspense pour le lecteur qui a déjà tout compris depuis le titre.

De plus, niveau grosses ficelles, on a encore mieux : quelle chance de se trouver dans la même pièce que les bandits quand ceux-ci exposent TOUT leur plan… Un peu gros.

Pas de Watson dans le livre, mais Harry Taxon, son jeune assistant. S’il avait été un peu plus étoffé, cela aurait été dû plus bel effet ce jeune assistant du détective qui est presque un fils pour lui. Là, il manque d’épaisseur.

C’est parce que au début du vingtième siècle, le succès de Sherlock Holmes était tellement grand (n’en déplaise à son créateur, Conan Doyle) qu’un éditeur allemand s’était décidé à s’emparer du détective pour en faire le héros d’une série de fascicules, écrits sous la plume d’obscurs écrivains.

Le livre est assez court (comme tout ceux de la collection), ce qui évite de traîner en longueur et, de plus, vu que c’est la réédition d’un livre publié début du 20ème siècle (1907), le langage du détective est presque contemporain de son époque.

A réserver aux holmésiens ou aux collectionneur de tout poils dans mon genre. C’est pas un mauvais livre, mais on pouvait mieux faire. Je verrai si les autres que je possède volent plus haut.

De plus, vu leur rareté (10.000 exemplaires) cela nous donne la vieille règle économique « un bien rare est cher ». Et la collection en compte 9.

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

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Le trésor du marchand d’esclaves : Sherlock’s Story 2

Titre : Le trésor du marchand d’esclaves

Auteur : Non communiqué
Édition: Sherlock’s Diffusion SA

Résumé :

Il s’appelait Firmont. Il avait été marchand d’esclaves et avait accumulé d’immenses richesses en pratiquant son triste métier.

Où cachait-il son or et ses bijoux ? Personne ne le savait. Seul son testament révèle son secret.

Son décès suscite convoitises nombreuses et manœuvres ignobles. Enlèvement de sa fille naturelle, vol du testament dans le coffre du notaire.

Et Sherlock se charge de l’enquête. Comment notre héros va-t-il échapper au funeste sort auquel son mortel ennemi semble l’avoir condamné ?

Critique :

« Ma petite entreprise, connaît pas la crise » voilà ce que devait fredonner Firmont, le marchand d’esclaves, tout en comptant son magot.

Oui mais voilà, un jour, la Grande Faucheuse vient vous chercher et comme vous ne pouvez pas emporter votre magot, il devient l’objet de toutes les convoitises.

Et voilà que son notaire déboule chez Sherlock Holmes car cette nuit, on a volé le testament de Firmont, là où se trouvait noté les indications vers le trésor…

« Allez, Jack Sparrow, on lève l’ancre ! »

Ah non, je devrais dire « The game is afoot » puisque nous sommes avec Sherlock Holmes. Toute cette histoire de chasse trésor au trésor m’a perturbée et l’absence de Watson, remplacé par le jeune Harry Taxon n’a fait que me troubler d’avantage.

De nouveau quelques grosses ficelles avec les bandits qui exposent leurs plans quand Holmes les écoute bien caché quelque part… Une sale manie tout de même.

Holmes et son fidèle Harry feront un voyage express à Paris où notre détective, muni d’un pass « Touriste », aura droit à un city trip plus qu’inhabituel…

Voyons voir : une rencontre avec la bande des Apaches, voyous bien connu de l’époque (et bien pire que des voyous), guet dans un cimetière, sans oublier une petite visite des catacombes, celles qui ne possèdent pas de fil d’Ariane ou de fléchage fluorescent brillant dans le noir indiquant « Exit », taggage des murs à la craie, salutations aux habitants des catacombes après la découverte de cercueils et ossements, bref, un séjour de tout repos.

Hormis les grosses ficelles, le récit est agréable à lire pour une passionnée de Sherlock Holmes, il est court, ce qui évite les longueurs inutiles et bien rythmé.

Sans oublier la petite morale de l’histoire que « Bien mal acquit ne profite jamais… »

Petit bémol : réédition d’une historie parue en janvier 1908 et le tirage fut limité à 10.000 exemplaires, ce rend ces petits livres assez rare… Donc, assez cher !

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » de Liliba (lien dans l’image).