Utu : Caryl Férey [Saga Maorie 2]

Titre : Utu                                                                big_4

Auteur : Caryl Férey
Édition : Folio Policier

Résumé :
Exilé en Australie, Paul Osbone apprend le suicide de son ami Fitzgerald : le chef de la police d’Auckland aurait abattu un chaman maori soupçonné de meurtres atroces, avant de se donner la mort.

Or, non seulement le cadavre du chaman n’a jamais été retrouvé, mais Fitzgerald n’était pas du genre à se suicider. Spécialiste de la question maorie, ancien bras droit de Fitzgerald, Osborne est chargé de remonter la piste.

Dans un climat social et politique explosif, épaulé par une jeune légiste fraîchement débarquée en Nouvelle-Zélande, Osborne devra affronter le spectre de Hanna, son amour d’enfance, mais surtout le utu des ancêtres du « pays aux longs nuages blancs ».

Critique :

Ne devrait-on pas poursuivre l’auteur pour les actes de barbarie et de tortures qu’il commet envers ses personnages  ? Parce que là, je dépose plainte, moi !

Déjà que dans le roman précédent « Haka », Fitzgerald, le flic alcolo et un peu drogué en avait pris plein son matricule (et les autres aussi), mais là, le suivant, Paul Osborne, en a ramassé encore plus (et les autres avec lui).

D’ailleurs, dans les deux romans de Férey que je viens de lire, tout le monde en a pris plein sa gueule !

Certes, bon nombre d’entre eux avaient des choses pas très nettes à se reprocher – hormis le labrador qui lui n’avait que des arrosages de réverbères sur la conscience – mais tout de même, c’est violent.

« Utu » veut dire vengeance en maori et cela ne concerne pas une petit vengeance minable du genre « saler le café de l’autre ». A ce jeu là, certains jouent gros, très, très gros.

Dans cette « suite », nous avons Paul Osborne, flic encore plus atypique que son supérieur Fitzgerald. Il était son second avant de démissionner. Là, on vient de le rappeler au travail et ça ne fait pas plaisir à tout le monde.

Si le premier était déjà alcoolo, torturé, un peu drogué, l’autre, c’est le même mais puissance 10 ! Fitzgerald n’était pas un tendre, Osborne le dépasse et fait bien pire que lui.

Plus salopard et dépravé que lui, faut se lever tôt pour le trouver, ou alors, ce genre de type est du côté des Méchants, pas des Gentils.

Afin d’éviter tout débordement, un flic nommé Culhane est chargé de le baby-sitter. Comme si on pouvait surveiller et gérer la bombe à retardement qu’est Osborne ! Il est hanté par un ancien amour, torturé, malaxé et c’est cette touche qui fait que, malgré tout, on apprécie ce « foutu salopard ». Bien que sur certains faits, je l’ai détesté, avant de me dire que, tout compte fait… si un salopard tombe sur plus salopard que lui…

Comme pour « Haka » dont on pourrait dire que « Utu » est la presque suite, sans l’être vraiment, l’auteur nous parle de la minorité opprimée que sont les maoris.

Bien au courant de la chose, il nous plonge dans leurs revendications, dans toutes les exactions commises par l’Homme Blanc, il nous parle de leurs traditions anciennes et la révolte qui gronde car le maori doit s’intégrer ou crever.

Férey nous dépeint avec acidité une jeunesse dorée qui est pourrie jusqu’au trognon, nous montre des notables véreux prêt à tout pour le fric et une communauté maorie sacrifiée sur l’autel de la modernité, de l’argent sale, du business…

Sans oublier quelques scènes « crues » dans un bar pour échangistes… fréquenté par les Huiles de la ville, of course.

Ici, le récit est plus fractionné que dans le précédent puisque nous avons une partie de l’enfance et de la jeunesse de Osborne ainsi que quelques scènes de vie de son « baby-sitter », Culhane, qui prendront tout leur sens ensuite.

Devenu un flic ripoux parmi des plus pourris que lui, son enfance nous permet de comprendre sa quête de justice (selon sa définition à lui) et de vengeance.

Et une fois de plus, l’auteur en m’a pas déçu dans son final. J’ai ouvert grand mes yeux pour certaines explications auxquelles je n’avais pas pensées.

Vous l’aurez sans doute compris, avec « Utu », je viens de me prendre un second coup de pied dans le cul, une claque magistrale, comme administrée par l’intégralité des All-Blacks.

Si vous aimez les Bisounours et les poneys roses, je vous en conjure, passez votre chemin ! La tendresse est inexistante dans ce roman.

Les cadavres, tout comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle. En deux romans, Férey a commis un génocide de personnages.

Ma seule critique sera pour la fin que je trouve trop ouverte. J’aurais aimé que l’auteur nous en donne un peu plus, ne fut-ce que pour savoir si Osborne allait enfin liquider ses vieux démons ou non… et puis, je suis fâchée parce que Férey a zigouillé une personne que j’aimais beaucoup.

Bon, je vais lire « Picsou Magazine » afin de remettre mes idées en place et d’avoir un peu de douceur après cette saga Maorie. Là, c’est sûr, je vais décommander mes futures vacances en Nouvelle-Zélande… M’est avis que l’Office du Tourisme a moyennement apprécié les deux romans.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

3 réflexions au sujet de « Utu : Caryl Férey [Saga Maorie 2] »

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