La Science de Sherlock Holmes – Les débuts de la science criminelle : E.J. Wagner

Titre : Science de Sherlock Holmes : Les débuts de la science criminelle

Auteur : E.J. Wagner
Édition: Le Pommier

Résumé :
Angleterre, début du XXe siècle : tandis que l’ombre de Jack l’Éventreur plane encore sur Londres, sir Arthur Conan Doyle assiste avec passion à la naissance de la science criminelle.

Le Maître en est persuadé : la science a un rôle crucial à jouer dans le système judiciaire…

Tel est le premier fondement de La science de Sherlock Holmes.

Qu’il se mêle de poison, de cendres de tabac ou de traces de pneus, le célébrissime détective fait en effet preuve d’un véritable esprit scientifique.

L’ouvrage explore cet aspect fascinant de sa carrière, en montrant combien ses enquêtes reposaient sur les dernières découvertes scientifiques de l’époque.
Le livre constitue ainsi une introduction de qualité aux différents domaines de la police scientifique, de la médecine légale à l’expertise des écritures, en passant par la balistique, l’analyse des empreintes digitales ou la toxicologie.

Une postface de Patrick Rouger, coordinateur de Police technique et scientifique, nous présente les outils que la police scientifique actuelle mettrait à la disposition de Sherlock Holmes s’il revenait enquêter au XXIe siècle.

Extrait :

Londres, 1887. Entrelacs d’étroites rues pavées où le fracas des fiacres pressés se mêle au vacarme des pubs enfumés. Hommes arborant barbes, capes et cannes au pommeau d’argent.

Méli-mélo de curiosités offert dans d’immenses musées aux regards de dames voilées, drapées dans des manteaux de fourrure, discrètement parfumées de lavande – des dames dont le maintien rigide suggère qu’elles savent l’étreinte de leur mari rare et révérencieuse, et celle de leur corset ferme et constante.

Filles des rues imbibées de gin, sans toit, malades, avec sur elles tous les vêtements qu’elles possèdent, démangées de vermine, se mouvant d’un pas lourd – vers le pub, l’asile, l’hôpital, le fleuve…

Le fleuve, c’est la bourbeuse Tamise, dont les forts courants remuent la vase des profondeurs, dont les eaux lentes pénètrent la ville, seule force motrice des péniches qui apportent l’indispensable charbon.

Des essaims de gamins des rues farfouillent les berges pour récupérer ce qu’ils peuvent – bois, charbon, pièces de monnaie – et récoltent bien souvent le choléra, charrié par les eaux usées qui se mêlent dans toute leur impureté à celle du fleuve.

La ville grouille de vendeurs des rues, de charretiers, de chevaux, de voleurs à la tire, de ramoneurs et de bonnes d’enfants, précieuses ou miséreuses.

On y trouve des parcs raffinés et des abattoirs bruyants, des logements ouvriers et des demeures majestueuses, tous enveloppés dans des nappes de brouillard épais, illuminés par l’éclairage au gaz.

On y trouve de grands hôpitaux, St Mary’s, Guy’s, St Bart’s, leurs amphithéâtres, leurs laboratoires aussi, où l’on mène parfois de bien macabres recherches, tous stores baissés, à l’abri des regards de la foule.

Dans la première des aventures de Sherlock Holmes, Une étude en rouge, on pénètre derrière ces stores pour voir Stamford, une vieille connaissance de Watson, conduire ce dernier vers le laboratoire où va bientôt se sceller la plus célèbre amitié de la littérature policière.

Critique :

Mon détective préféré et les débuts de la science criminelle… certains auteurs devaient connaître mes goûts pour me pondre une chose pareille, me voyant déjà saliver devant leur ouvrage.

Oui, j’aime Sherlock Holmes et oui, j’aime la science criminelle, ainsi que la médecine légale et la police scientifique (la vraie, pas celle qui à partir d’une mauvaise photo de trois pixels arrive à vous sortir une plaque d’immatriculation lisible ou la forme du plombage de la dernière molaire du suspect…).

Non, parler de cadavres à table ne me répugne pas. Mon entourage, oui…

Bref, même si vous ne connaissez pas Sherlock Holmes, vous savez qu’il était fortiche comme détective et qu’il est connu pour ses qualités de déduction, sa passion pour la chimie ainsi qu’un intérêt plus qu’intéressé pour la science.

Nous en avons la preuve dans « Une étude en rouge » où la rencontre entre Holmes et Watson se déroule dans le laboratoire de l’hôpital Saint Barts’, Holmes tout heureux car il venait de mettre au point un réactif qui n’était précipité que par l’hémoglobine.

Léger inconvénient pour l’holmésien qui voudrait retrouver son détective fétiche dans cet ouvrage, et bien, il est peu présent malgré le fait que l’auteur se soit évertuée à mettre en relation les enquêtes du fameux locataire du 221b avec les avancées scientifiques de son époque (relevant même les quelques fautes dites par Holmes sur certains faits, tel les machines à écrire ou le réactif précipité par l’hémoglobine).

Certes, les références à Holmes sont là et bien là mais n’escomptez pas qu’elles occupent la majorité des pages.

Oh, attention, je ne regrette rien ! Que du contraire, ce genre de livre, c’est du petit lait pour moi.

Les treize chapitres thématiques nous éclairent sur les grands domaines ainsi que les avancées dans la science criminelle. A la fin de chaque grand chapitre, un récapitulatif de « ce qu’il reste » de nos jours.

Non, non, la science criminelle dont on nous parle n’est pas imbuvable !

Le livre est truffé de petites anecdotes, d’expériences ou d’enquêtes criminelles réelles (menées à la fin du 19ème siècle ou au début du 20ème siècle, au Royaume-Uni, en France ou Allemagne) de la manière dont elles furent (ou pas) résolues et de ce qu’il en a découlé comme avancée…

Et tout se déroule dans le temps, hormis quelques unes qui ont eu lieu dans les années 40.

Facile à lire, agréable à découvrir, j’avais les yeux émerveillés, me goinfrant de tous les détails.

Ah, que de progrès ont été réalisés, que ce soit dans la médecine légale (autopsie réalisées dans de meilleures conditions, recours à l’entomologie, à la toxicologie), dans l’étude de la balistique, sans oublier le fameux fichage des criminels (Bertillon et surtout Locard), dans l’étude des scènes de crime, dans le recours aux experts… (qui n’étaient pas de Miami, de Las Vegas ou de Manathan).

Last but not least, le dernier chapitre sera consacré à tout ce qui concerne les croyances et superstitions de l’époque. Un régal !

D’ailleurs, j’en ai appris une bien bonne : dans le but de calmer les spasmes du gros intestin, un médecin préconisait l’usage de la nicotine, sous forme de fumée et introduite… Hé oui !

Zéro pointé aux puristes qui ont pensé que la fumée était introduite par la bouche. Pour soigner le gros intestin, on attaque par le bas et la fumée était introduite dans le rectum, dirigée soit par un entonnoir ou par un soufflet, quand ce n’était pas par l’introduction d’un cigare dans le fondement, bout incandescent fiché en plein dedans… plus facile pour l’introduction de la fumée.

Dingue, non ?

Une autre ? On disait que l’onanisme provoquait, entre autre, la phtisie, le ramollissement du cerveau, la démence, la folie et la dégénérescence précoce…

Rassurez-vous, ce ne sont là que les conneries de la médecine de l’époque et je me dis que, de nos jours, rien n’a changé quand on nous vante les mérites de la carotte pour soigner des cancers.

Bref, pour ceux et celles qui ont envie de découvrir les balbutiements de la science criminelle, sans un expert qui ôte ses lunettes noires toutes les deux minutes, ce livre est fait pour vous.

Ou tout simplement par curiosité…

La postface (rédigée par un expert contemporain, excusez du peu) est consacrée aux outils (en particulier la génétique) dont notre cher Sherlock Holmes disposerait s’il œuvrait de nos jours.

Rien à redire sur l’auteur, on sent qu’elle a mis les main dans le sang et dans les tripes, plongeant dans des archives criminelles comme d’autre plongent dans les eaux turquoises, nous faisant croiser la route de personnages réels tels Vidocq, Bertillon ou Locard.

Ok, Sherlock Holmes est un peu relégué au second plan par rapport à la science criminelle, mais l’auteur ne l’oublie pas et on sent que là aussi, elle connait son sujet.

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce petit livre scientifique PA-SSIO-NNANT !

Pas besoin d’avoir regardé tous les épisodes des experts pour comprendre et dans le pire des cas, il y a un glossaire pour les mots que vous n’auriez pas capté.

Titre participant aux challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia, à « Polar Historique » de Samlor et « Thrillers et polars » de Liliba.

CHALLENGE - Sherlock Holmes

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Le chien des Baskerville : Sir Arthur Conan Doyle

Titre : Le chien des Baskerville                              big_5

Auteur : Sir Arthur Conan Doyle
Edition : Livre de Poche Policier – Robert Laffon (1966)

Résumé :

Sir Charles Baskerville, revenu vivre une paisible retraite dans le manoir de ses ancêtres, au coeur des landes du Devonshire, est retrouvé mort à la lisière des marécages, le visage figé dans une absolue terreur. Autour du cadavre, on relève les empreintes d’un chien gigantesque.

Ami et médecin de la victime, James Mortimer sait que son patient était troublé par une vieille malédiction : un chien viendrait de l’enfer pour réclamer les âmes des descendants des Baskerville.

Il décide de faire appel à Sherlock Holmes pour protéger Henry, l’héritier de la victime. En acceptant, le fameux détective ignore qu’il met en péril sa propre vie.

Paru en 1902, ce roman est la plus célèbre des aventures d’Holmes. Il est baigné d’éléments fantastiques qui amènent le fameux détective à douter de ses pouvoirs de déduction.

Même le docteur Watson a du mal à le suivre ! La résolution du mystère mettra fin à ses interrogations. Cette fois-ci, le maître de la logique s’en tire de justesse.
 

Critique :

Ah, lui, il a une histoire : c’est mon premier roman policier et mon premier Sherlock Holmes !

Le titre m’avait attiré parce que l’on parlait d’un chien et que j’adore les chiens.

Bon, celui-là de chien, je l’aime un peu moins car le fait de le croiser vous fait avaler votre certificat de naissance sur le champ…

Je me revois encore, les yeux rivés sur le texte, découvrant le personnage atypique de Sherlock Holmes et celui du docteur Watson, la lande et son brouillard, ses cris lugubres…

Un chien sortit des Enfers et qui continue sa triste besogne suite à la malédiction de la famille Baskerville… Magnifique mais ça me fichait des frissons.

A 13 ans, on était bien plus impressionnable, que voulez-vous…

Et quelle enquête ! J’avais adoré, même si elle possède quelques points faibles.

Par contre, pas de chance pour moi d’avoir commencé par le roman où Holmes est quasi absent, Doyle ayant même pensé à le faire avec uniquement Watson.

Pourquoi ? Parce que Doyle n’aimait pas son personnage de Holmes, lui, il voulait gagner sa vie avec des romans historiques, pas avec des romans policiers.

Pourtant, il pouvait dire merci à Holmes car son détective avait fait de lui un auteur qui gagnait sa vie avec son œuvre et lui permettait de prendre un fiacre au lieu des transports en communs.

Donc, Doyle ayant fait mourir Holmes dans les chutes de Reichenbach et ayant tenu bon sur le fait de ne pas le faire revenir, et bien, il ne tint pas tout à fait parole… « Gling gling », tiroir caisse ??

S’étant débarrassé de son encombrant détective dans « le dernier problème » paru en décembre 1893, Doyle le fait revenir en 1901 dans « le chien des Baskerville » qui se passe avant le « dernier problème » et ce, afin d’avoir à éviter de ressusciter son personnage. Pas con.

Holmes reviendra pour de bon en 1903, dix ans après que son auteur lui ait donné la mort…

Livre excellent. Même en re-re-relecture, l’émerveillement continue encore et encore.

« Le Chien des Baskerville » (The Hound of the Baskervilles) fut adapté de nombreuses fois au cinéma et à la télé. Une de ses nombreuses versions, fut, entre autre, réalisé par Terence Fisher et sorti en 1959 avec Peter Cushing dans le rôle de Sherlock Holmes et Christopher Lee dans celui de Sir Henry Baskerville.

Re-re-re-lu dans le cadre des challenges « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel, « Sherlock Holmes » de Lavinia et « I Love London » de Titine et Maggie.

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La vie privée de Sherlock Holmes : Michael Hardwick

Titre : La vie privée de Sherlock Holmes

Auteur : Michael Hardwick
Édition: Néo (1985)

Résumé :
A lire les aventures de Sherlock Holmes racontées par son ami le docteur Watson, ne prendrait-on pas l’illustre détective pour une froide machine à penser, tout en cerveau et sans cœur ?

Mais peut-être est-ce parce que Watson a laissé de côté certains épisodes, estimant que la vérité — comme le gibier — gagne parfois à ne pas être consommée sur l’heure.

Partant de cette hypothèse, Michael et Mollie Hardwick ont imaginé, avec l’autorisation des héritiers de Sir Arthur Conan Doyle, les présents textes qui font avec humour justice de cette réputation de froideur, voire de misogynie.

Certes, la singulière affaire de la ballerine russe nous montre un Sherlock Holmes peu enthousiasmé par l’ardeur d’une robuste danseuse, mais du stratagème dont il se sert pour lui échapper mieux vaut ne pas tirer les mêmes conclusions que l’imprésario de la dame si l’on ne veut pas encourir les foudres de l’honnête Watson.

Le cœur de Sherlock Holmes n’a-t-il donc jamais vibré ? Si — et à l’occasion de l’affaire, plus curieuse encore, où la recherche d’un mari disparu conduit les deux amis à la découverte d’un secret d’Etat sur les bords du Loch Ness dans une enquête qui, pour être apocryphe, n’en ravira pas moins les lecteurs fervents de Sir Arthur Conan Doyle.

Critique :
Imaginez ma tête lorsque je tombai sur ce pastiche, dans une bouquinerie, et lorsque mes yeux se posèrent sur la couverture des Éditions Néo avec la femme aux seins nus, aux seins lourds et aux seins blancs (Sardou, sors de ma tête)…

Nous n’étions pas encore en 1990 (si j’me souviens bien), j’étais toujours mineure et je n’avais jamais vu le film de Billy Wilder. (Internet n’existait pas pour le commun des mortels que nous étions, les enfants !). Ma question était : pouvais-je acheter ce livre ? Était-il porno ou juste pour moi ?

Une fois mon achat terminé, je rentrai à la maison toute guillerette – dans un dessin animé, j’aurais sautillé de bonheur et chantonné. Ce fut avec voracité que je me jetai sur le livre afin de découvrir ce que j’imaginais sur mon détective préféré.

Je manquai de m’étrangler quand Holmes avoua que lui et Watson étaient ensemble… juste pour éviter de devoir jouer à l’étalon reproducteur avec la danseuse russe. Déjà à l’époque, cela me crispait pareille relation. Cela énerva Watson aussi. Non mais !

Le livre me laissa tout de même un goût amer, l’auteur s’évertuant à arrêter le récit juste au moment où cela devenait intéressant dans la chambre de Holmes avec Gabrielle… « Tu brûle mon esprit, ton amour étrangle ma vie… » (désolée, Johnny Hallyday chante sa chanson dans ma tête).

J’aurais bien hurlé de frustration, tiens, quand le récit fut coupé, me laissant imaginer tout ce que je voulais, alors que mon plus désir était de lire noir sur blanc ! Je ne saurai jamais s’ils ont fait plus… Le genre de question existentielle qui me pourrit la vie.

Critique aussi pour notre Watson qui avait plus l’air d’un nigaud que d’un homme à l’intelligence normale. Mycroft en sorte de comploteur me fit bien rire, surtout pour les réparties entre l’aîné et le cadet, bien qu’à la fin, je mélange le film et le livre.

La petite révélation sur le mariage avorté de Holmes à cause de sa fiancée qui était morte, lui faisant dire de manière cynique que l’on ne pouvait pas faire confiance aux femmes, me fit hésiter entre le rire jaune et le rire franc.

Vingt ans après, j’hésite toujours et je passe successivement de l’un à l’autre.

La fin de l’enquête me laissa sur la partie charnue de mon anatomie : révélations ! Mince alors, je ne l’avais pas vue venir, celle là. Himmel gott !!

Même si ce n’était pas « mourir d’amour enchaîné », les chaînes des menottes restant dans les poches de Mycroft, cela y ressemblait très fort. Auf wiedersehen, Gabrielle…

La fin me laissa la larme à l’oeil, Watson lisant les nouvelles et Holmes lui demandant son flacon de cocaïne. Snif.

Quelques temps après avoir lu le livre, le film passait à la télévision, me remplissant de bonheur. Le septième ciel, rien de moins ! En y repensant, je me dis que ma folie n’est pas guérie et c’est tant mieux.

Comme je suis accro, j’ai encore regardé l’adaptation cinématographique en février 2012. Watson est toujours aussi nigaud, mais je ne regrette pas d’avoir lu le livre.

La relecture du roman me fruste encore plus parce que je sais… et comme je suis un peu maso, je le relis encore et toujours !

« La Vie privée de Sherlock Holmes » (The Private Life of Sherlock Holmes) est un film britannique réalisé par Billy Wilder en 1970.

Titre participant aux challenges « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel et à celui de « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.

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Miséricorde : Jussi Adler Olsen [Département V – Tome 1]

Titre : Miséricorde

Auteur : Jussi Adler Olsen
Édition : Belgique loisirs (2012) / Albin Michel

Résumé :

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ?

Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encres. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire.

Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne.

Pour eux, pas de cold case …

Petit plus : Couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, de La Clé de Verre aux Golden Laurels des libraires, le thriller de Jussi Adler-Olsen, première enquête de l’inspecteur Mørck, est un véritable phénomène d’édition mondial.

Mais qui est Mørck ? Carl Mørck est inspecteur à la criminelle. Il a survécu à une fusillade qui a tué l’un de ses collègues et grièvement blessé son ami Hardy qui restera sans doute handicapé à vie.

Autant dire qu’il ne va pas très bien, d’autant que du côté de sa vie privée, ce n’est pas non plus le beau fixe. Sa femme l’a quitté en lui laissant son beau-fils qui ne fiche pas grand-chose à l’école.

Pour se débarrasser de lui au travail, on le nomme à la tête du département V, chargé de se pencher sur des affaires non élucidées.

On lui adjoint un syrien, Assad, qui contrairement à Carl prend ce travail très à coeur et va très vite dépasser ses fonctions qui consistent surtout à faire le café et à jouer au chauffeur.

Carl préférerait rester dans ce placard dans lequel on l’a poussé, sans trop en faire mais il va se prendre au jeu, poussé par l’enthousiasme d’Assad et tout deux vont tenter de résoudre le mystère de la disparition de Merete, une politicienne disparue cinq ans auparavant, dont le lecteur apprend très vite qu’elle est en fait retenue prisonnière.

Critique :

En voilà un drôle de zèbre : Carl Mørck, un inspecteur danois. Danois ? Rien à voir avec le chien, bien que Carl ait une sacrée grande gueule et que ses petites saillies verbales (vous pensiez à quoi ?) ne plaisent pas à tout le monde. De vrais coups de dents, parfois, ce qui fait qu’il n’est pas apprécié à sa juste valeur, bien que ce soit un enquêteur hors pair.

Lecteurs et lectrices, je vous signale d’emblée que si vous êtes à la recherche d’un polar au rythme trépidant, laissez tomber ce bouquin, il n’est pas pour vous.

L’auteur prend le temps d’installer son intrigue, mêlant les chapitres qui se déroulent entre les années 2002 et 2007.

Il fait de même avec ses personnages, prenant le temps de développer le mal-être de l’inspecteur Carl Mørck et durant ce moment, l’intrigue se met en place, lentement, mais sûrement, aiguisant notre curiosité.

Puisque c’est dans le flic torturé qu’on fait les meilleures soupes policières, Carl Mørck est un inspecteur à la criminelle qui a survécu à une fusillade où l’un de ses collègues est mort et l’autre grièvement blessé.

Autant dire qu’il ne va pas très bien. Et du côté de sa vie privée ? Guère reluisant, pour ne pas dire que c’est la cata. Sa femme l’a quitté mais continue de le faire chier. Bref, la vita e bella !

Le comble ? Pour se débarrasser de lui au commissariat, on le nomme à la tête du département V, chargé de se pencher sur des affaires non élucidées.

Puisqu’il est relégué dans le placard à balais, il dépose les deux pieds sur la table et basta.

Là, comme nous, lecteurs, avons eu droit à plus d’infos dans les chapitres que lui, on se dit que pour retrouver Merete Lyyngaard, ça va pas être coton avec un flic qui fait des Sudoku.

Ben oui, nous, lecteur, on apprend très vite que Merete, celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark,  est en fait retenue prisonnière dans une espèce de grande cage hermétiquement fermée. Nous avons déjà fait sa connaissance, ainsi que de son frère handicapé, Oluf.

Deux personnages très touchants que j’ai vraiment apprécié.

Pareil pour l’enquêteur, Carl, qui m’a fait sourire, trouvant le personnage bien plus « travaillé » que celui de Steven Dark dans « Level 26 ».

Le must de tout cela, c’est qu’on lui a adjoint un syrien, Hafez el Assad, homme à tout faire (le ménage entre autre) mais qui prend son travail tellement à coeur qu’il va très vite dépasser ses fonctions qui consistent surtout à faire le café et à jouer au chauffeur.

Il est Syrien… heureusement qu’il ne se prénomme pas Bachar ! Regardez son nom de famille et vous comprendrez.

La plus grosse partie des épices du roman se trouve dans ces deux hommes – Carl et Assad – véritable duo cocasse et improbable. Assad a de la matière grise entre les deux oreilles et de l’énergie pour deux, sans parler de sa manière particulière de se mettre les femmes dans la poche.

Par contre, s’il avait regardé la série « Les Experts », il saurait qu’on ne met pas ses mains pleines de doigts sur des pièces à conviction ! Oups.

Dommage qu’une phrase ait éveillé mon cerveau et que j’aie rapidement compris pourquoi Merete avait été enlevée et retenue prisonnière dans cet espèce de sas de compression.

Oui, j’avais compris qui était coupable… Oh, cela n’a rien enlevé de mon plaisir de lecture, savourant chacune des pages, tremblant pour Merete et m’inquiétant pour son frère.

En fait, je voulais absolument découvrir tout le noeud de l’intrigue à mon aise, sans me presser, en suivant les pérégrinations de notre duo amusant et en découvrant au fur et à mesure toute l’enquête et sa résolution.

J’avoue que sur la fin, j’étais aggripée à mon livre… Mais que ça fait du bien.

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

L’assassin du boulevard : René Réouven

Titre : L’assassin du boulevard

Auteur : René Réouven

Édition : Livre de Poche / Denoël (1985)

Résumé :

1893. L’angoisse règne au service des Dons et Legs. Des documents disparaissent, un fonctionnaire est assassiné, un autre échappe à un attentat après avoir écrit, sur les mœurs de la maison, un roman dont le manuscrit lui est aussitôt dérobé.

Le conservateur du musée de Vanne-en-Bresse mène l’enquête. Grâce à sa science des déductions, il dévidera l’énigme, du grotesque jus qu’au tragique, prouvant que les hommes du sinistre Moriarty sont à l’origine des attentats anarchistes qui font trembler Paris.

Singulier conservateur, au demeurant, qui se pique à la cocaïne,, joue du violon en virtuose, et que son meilleur ami, un certain docteur Watson, croit mort depuis deux ans…

 

Critique :  

« I’ll  be back » aurait pu nous gratifier le locataire du 221b lorsque son père littéraire le fit chuter dans les chutes de Reichenbach, se débarassant ainsi de son personnage encombrant… mais personne, même pas lui, ne pouvait déduire qu’il reviendrait, effectivement.

Nous sommes en 1893…

Vous l’aurez compris (sinon, faites semblant), nous nous trouvons en plein Grand Hiatus.

Le livre commence avec la narration d’une dénommée Irène Quibolle, descendante des Vernet… Pour les holmésiens, le nom du peintre Vernet fait directement penser à l’ancêtre de Holmes, le frère de sa grand-mère maternelle.

Donc, notre Irène – qui n’est malheureusement pas Adler – nous parle un peu de sa vie et de l’arrivée d’un cousin prénommé Sherrinford, le fils de Julienne Lecomte, sa tante, et descendant de la famille des peintres Vernet.

On l’aura compris, Sherrinford n’est autre que Sherlock Holmes, voyageant incognito pendant le grand hiatus, en 1893.

Sa petite enquête mènera le grand homme dans la bureaucratie française, au service des Dons et Legs, à Paris.

Si dehors, les attentats anarchistes font rage, dedans, ça sent tout autant l’anarchie et le m’en-foutisme à tous les étages. Oui, à cette époque là, les fonctionnaires ne fonctionnaient pas trop bien…

Vous ne me croyez pas ? Voyez plutôt : des documents qui disparaissent, un fonctionnaire qui est tout simplement assassiné, un autre qui est fou à lier, un autre qui échappe à un attentat après avoir écrit un roman qui parle des mœurs de la maison « fonctionnaire », sans compter qu’on lui a dérobé son manuscrit, et qu’il y a aussi un roman « Trois mois dans la jungle », écrit et dédicacé par un certain Colonel Sebastian Moran, qui a disparu…

Heureusement que le conservateur du musée de Vanne-en-Bresse est là pour mener l’enquête. Vous l’aurez deviné aussi que le conservateur du musée n’est autre que le détective anglais…

Holmes, dans cette enquête, découvrira que ce qui commençait par du grotesque finira jusqu’au tragique, prouvant que… Ah mais non, là je ne peux rien vous dire !

Agréable lecture, véritable plongée dans le Grand Hiatus holmésien où l’auteur égratigne, au passage, quelques explications proférées par Holmes lors de son retour, dans « La maison vide ».

Holmes usera de sa science de la déduction et de celle du déguisement. Sans oublier Paris et ses anarchistes, les « bons » et les dingues. Y’en a même un qui tua votre président de la république, Sadi Carnot…

De plus, hormis les quelques chapitres du départ qui sont de la main de la cousine Irène, le reste est de la main de Holmes, ce qui délectable pour quelqu’un comme moi.

Un défaut ? Comme toujours, c’est bien trop court !

Titre participant aux challenges « Sherlock Holmes » de Lavinia, celui de  « Thrillers et polars » de Liliba et de « Polar Historique » de Samlor.

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 1]

Titre : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

Auteur : Gyles Brandreth

Édition : 10-18 (2009)

Résumé :

En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu’un drame vient bouleverser sa vie.

Tandis qu’il s’apprête à écrire « Le Portrait de Dorian Gray », il découvre dans un meublé le corps d’un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel.

Et en ami fidèle, Oscar Wilde s’est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n’aura pas été faite pour Billy Wood.

Critique :

Tout simplement jouissif de découvrir Oscar Wilde mener l’enquête aux côtés de son Watson : Sherard Robert.

Nous sommes en 1889 et bien que l’enquête ne soit pas « trépidante » au sens premier du terme, je n’ai pas vu le temps passer pendant que je suivais Wilde au cours de ses investigations pour découvrir qui avait bien pu assassiner le jeune et joli Billy Wood.

Il est de ces livres qui, en peu de temps de lecture, nous font arriver à la page cent sans même qu’on le sente. Ici, pas de ça. Le roman se lit plus lentement, on s’imprègne des lieux, des personnages, de la société de l’époque que nous découvrons aux travers des yeux et du récit de Robert Sherard.

Le plat est consistant, rien à voir avec du fast-food déjà prémâché.

Non, pas de course poursuite, même si suivre Wilde est fatiguant tant il est magnifique et très prolixe. Pas à dire, avec un ami pareil, on ne s’ennuie pas.

Ce qui m’a fait jouir dans cette lecture, c’est dû au fait que Conan Doyle soit lui aussi présent. Pas beaucoup, ses apparitions étant trop peu nombreuses à mon goût, mais sa présence se fait surtout sentir parce que Wilde admire son détective…

En 1889, Conan Doyle a déjà publié « Une étude en rouge » (novembre 1887, dans « The Beeton’s Christmas Annual ») et là, il vient de se faire commander une autre aventure de Sherlock Holmes par Stoddart, l’éditeur américain. Oui, Wilde nous parle de ce fameux dîner avec monsieur Stoddart…

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Conan Doyle écrira « Le signe des quatre » (publié en février 1890 dans le « Lippincott’s ») et Wilde, de son côté, nous livrera « Le portrait de Dorian Gray ». Les amateurs de Sherlock Holmes disent merci à qui ? A monsieur Stoddart, of course !

Le récit de la naissance de leurs romans respectifs ne change pas par rapport à ce que j’ai toujours lu : Stoddart leur a commandé à chacun une histoire en insistant sur le fait qu’il voulait du Sherlock Holmes chez Conan Doyle. Le livre reste fidèle à cet épisode auquel j’aurais aimé assister…

Comme je le disais plus haut, l’enquête n’est pas trépidante, il n’y a pas trop d’empressement, Wilde va à son aise, comme Mycroft Holmes le ferait, avec indolence.

Avec indolence, oui, mais s’il donne l’impression d’aller à son aise, Wilde remarque de nombreux détails sans nous en faire part.

En fait, l’ombre de Sherlock et de son fidèle Watson planera tout au long du roman, Wilde étant fan des déductions du détective, nous gratifiant même de certaines déductions que n’aurait pas renié le locataire terrible du 221b.

De plus, les quelques apparitions de Conan Doyle nous donneront quelques dialogues jubilatoires entre lui et Wilde. Instructifs aussi.

D’accord, c’est du roman, mais suivre des personnages ayant réellement existé, c’est très enivrant et très inhabituel pour moi.

L’auteur connaît son sujet, l’a potassé, ce qui fait que tout est réaliste. On a l’impression de lire une partie de l’autobiographie deWilde. Je ne connaissais pas bien Oscar et là, j’ai fait connaissance avec lui de manière très agréable. Ma lecture fut réjouissante tout au long des 374 pages.

Bien que j’aie entrevu assez tôt l’identité du coupable, je n’avais pas aperçu la partie immergée de l’iceberg.

Moi qui me targuait d’avoir trouvé la solution, je n’avais soulevé qu’un coin du voile, ce qui me fit suffoquer lorsque je compris ma légère méprise… Ma terrible méprise et ma grande omission.

Je n’étais pas tout à fait dans le faux, mais j’aurais tout de même fait une grosse faute. Oh le joli coup de pied lorsque je compris…

Heureusement que je n’appartiens pas à la maison poulaga ! Sinon, j’aurais quelques erreurs judiciaires à mon compte…

Lu dans le cadre des challenges « I Love London » de Titine et Maggie, de « Polar Historique » de Samlor et de « Thrillers et polars » de Liliba.

Challenge « My self »

Chez Romanza : Près de la plume… au coin du feu

En reprenant mon idée d’auto-challenge Proust fait il y a quelques temps, il s’agit ici de vous lancer un défi littéraire personnel pour cette année 2013.

C’est vous qui choisissez! C’est votre défi, vous décidez en quoi il consiste.

Il peut s’agir de lire 1 seul roman dans l’année comme une vingtaine … Vous vous auto-challengez. C’est assez libre puisque c’est vous qui établissez les objectifs à atteindre.

Il peut s’agir de :

  • découvrir un auteur que vous n’avez pas encore ouvert
  • lire (enfin) un roman que vous désirez parcourir depuis des années et que vous n’avez jamais pris le temps d’ouvrir (ou que vous craignez d’ouvrir)
  • lire une série ou une saga (ou la terminer)
  • découvrir ou lire davantage un genre littéraire particulier
  • lire des romans sur un thème particulier
  • découvrir la littérature d’un pays
  • se réconcilier avec un auteur
  • …….. et bien d’autres choses.

Quant aux règles, elles sont simples :

Informez-moi de votre participation en commentaire de ce message.

Donnez-moi le lien de votre billet publié sur votre blog annonçant votre participation au Challenge Myself ainsi que votre choix de défi personnel. Ainsi je pourrai mettre le lien de votre billet ici-même et le thème de votre défi.

A chaque avis de lecture en lien avec votre défi, avertissez-moi ici que je tienne à jour un récapitulatif des billets des inscrits.

Le challenge dure toute l’année 2013 (en débordant sur janvier 2014, puisque je suis un peu à la bourre).

Libre à vous de créer, comme je l’avais fait pour Proust, des dérivés à votre Challenge : création d’un marque-page spécial, visite de la maison de l’écrivain que vous découvrez cette année, voyage dans le pays en lien avec votre challenge, découverte des adaptations cinématographiques de vos lectures, etc …

Mais faites-nous vivre ces moments dans des billets!!!

*****

Mon défi personnel ?

 

Lire mes auteurs russes !! Tolstoï, les frères Vaïner, Soljenitsyne et Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski : 1/8

1. Anna Karénine : Tolstoï

2. Les cosaques : Tolstoï

3. Une journée d’Ivan Denissovitch : Soljenitsyne

4. Crime et Châtiment : Dostoïevski

5. Les Frères Karamazov : Dostoïevski

6. L’évangile du bourreau : Vaïner

7. 36, rue Petrovka : Vaïner

8. Une sale histoire : Dostoïevski

 

CHALLENGE - Troika_akron - OK CHALLENGE - troika1 - OK

La Tour Noire : Louis Bayard

Titre : La tour noire

Auteur : Louis Bayard
Édition : Pocket (1 septembre 2011)

Résumé : 1818. Louis XVI et Marie-Antoinette ont été guillotinés, Napoléon a été exilé et les Bourbons sont revenus au pouvoir.

La France, de nouveau, porte la couronne. Mais dans les rues de Paris, trente ans de chaos ont laissé des traces – et c’est un ancien forçat, habitué des bas-fonds, qui dirige la Sûreté : François Vidocq.

Un as de l’investigation auquel le jeune Hector Carpentier, docteur en médecine, emboîte vite le pas : il faut dire qu’il en va de sa vie, mais également de l’avenir des Bourbons, dont l’un des membres, disparu en 1795, pourrait bien revenir d’entre les morts…

Voici donc notre jeune étudiant un peu naïf mais néanmoins perspicace entrainé à la suite de Vidocq dans les méandres de l’histoire et de la royauté.

L’enquête va les mener sur les traces du Dauphin, le petit Louis XVII (serait-il véritablement mort ?) et par la même occasion sur le passé du père d’Hector…

Critique :

Noté, sur la couverture : « Elu meilleur thriller de l’année par le Washington Post ». Rien que cela ? Sceptique (mais pas comme la fosse), je demande à voir par moi-même et pour cela, je dois le lire.

Oulà, mais que lis-je ? L’auteur est journaliste au Washington Post ! Oups, n’y aurait-il pas un manque  d’impartialité ? Pour ne pas dire que le juge était partie… Moi, je trouve que oui.

Pour conclure (et pas dans le foin), nous sommes loin du « meilleur thriller historique » annoncé sur la couverture (ou alors je n’ai pas la même notion de « thriller » que l’éditeur…).

Attention, je n’insinue pas que le roman est de la daube, mais n’ayant pas lu TOUS les thrillers de l’année, je ne puis vous garantir qu’il soit bel et bien « le meilleur de l’année ». En tout cas, il fait partie des « bons thrillers », ça c’est sûr.

Le livre commence par un petit rappel de l’histoire, ce qui est très utile et nous communique l’arbre généalogique de la famille royale française, qui, comme toutes les familles royales, est souvent très complexe. Ici, il est limité aux derniers.

Chapitre premier, consacré à un récit qui se passe en l’an II. Récit sortit tout droit d’un carnet de note d’un homme qui nous décrit les conditions de détentions inhumaines d’un prisonnier.

Ensuite, nous passons à l’histoire proprement dite qui se passe en 1818, durant la période appelée « Restauration ».

Diable, c’est quoi déjà cette période ? Désolé, mais en Belgique, on n’apprend pas l’Histoire de France.

Ah oui, c’est cette période où les français, après avoir viré leur roi Louis XVI, après lui avoir fait perdre la tête (sans mauvais jeu de mot), ont vécu sous la botte d’un Empereur avant de lui demander d’aller se faire voir ailleurs et de reprendre un roi, Louis XVIII.

Varions les plaisirs, comme je dis toujours…

Tiens, mais il est où le Louis numéro XVII ?? C’est ce que le livre va nous expliquer.

Dans ce roman, deux personnages principaux. Tout d’abord, le jeune Hector Carpentier, sorte d’étudiant en médecine qui passe son temps à l’université pour rédiger une monographie et d’autre part, François Vidocq, chef de la Sureté et ancien forçat. Tout les oppose.

Autant le premier est timoré, n’osant rien faire, vivant chez sa môman parce qu’il a dilapidé tout l’héritage paternel pour une pouffiasse.

Autant le second est un personnage truculent, avec de la gouaille à revendre et s’impose face au jeune Hector. Vidoq manie les mots et le verbe, n’a peur de rien, sait user des déguisements avec maestria (une sorte de Holmes en moins bien éduqué, version « bandit et gueux ») et sait comment interroger les gens pour leur tirer les vers hors du nez.

Quel est le rapport entre Hector et le meurtre du sieur Leblanc ? C’est ce que je me suis demandée d’entrée de jeu. Nous le saurons au fil de la lecture.

Voilà nos deux hommes lancés sur une enquête qui va les mener sur la piste du dauphin qui ne serait pas mort dans la prison de la Tour Noire.

Le récit nous est conté par Hector lui-même, entrecoupé de temps en temps par le récit de l’homme qui nous parle de ce mystérieux prisonnier dont je ne doutai pas un instant de son identité. Conditions de détentions atroces, pires que tout.

Ce livre m’a conforté dans deux points : le premier, c’est que les hommes qui ont fait la révolution en dénonçant les conditions atroces ou ignobles dans lesquelles leurs rois traitaient leurs semblables et en hurlant « plus jamais », commettent les mêmes atrocités qu’eux. Et on peut toujours chanter « Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué, hé hé ».

Deuxièmement, c’est que la connerie humaine est comme l’espace, infinie (et encore, on a un doute pour l’espace).

Voilà les Français qui, après avoir viré leur roi et pris un empereur, ont dû supprimer toutes les références à la fleur de Lys des Bourbon, pour passer aux abeilles et à l’aigle de Napo.

Ensuite, rebelote, on supprime les abeilles et l’aigle pour repasser à la fleur de lys. Et le coût de toute cette connerie ? Parce qu’il fallait changer tout le service ! Et gare à celui qui aurait conservé un vestige de l’Ancien régime, quel qu’il soit, quand il ne le fallait pas.

Ça à l’air bête, mais je ne le savais pas, c’est le livre qui me l’a appris. Petite leçon d’histoire…

Imaginez que vous deviez encore faire pareil après chaque changement de président… Après avoir bouffé la soupe à la grimace dans les assiettes à l’effigie du Nain Nerveux, vous deviez tout changer pour un service à la tête de Flamby…

Heureusement, vos dirigeants ne se penchent plus sur vos assiettes. Enfin, quoique… du moins, ils ne se préoccupent pas de la déco de vos assiettes. C’est déjà ça.

Mais je m’égare !

L’enquête de nos deux hommes avance à grands pas et arrive le troisième personnage. Est-il le dauphin ? Vous vous poserez la question, tout comme moi.

Ce personnage est tout en naïveté, tout en innocence. Il m’a touché. Et quand, de retour avec Hector dans la pension de famille que tient sa mère, un des étudiants l’attaquera verbalement, se moquant de lui (personne, hormis Vidocq et Hector ne savent qui il pourrait peut-être être vraiment).

Mais tout naïf qu’il est, ne connaissant pas la méchanceté, il lui répondra de manière candide, lui clouant le bec puisqu’il ne s’énervera pas.

Réussite totale de ce personnage qui parvient à vous toucher sans devenir gnangnan.

Réussite aussi du personnage de Vidocq. Sans jamais avoir vu une seule série télévisée ou un film sur lui, je voyais Gérard Depardieu devant moi. Il avait vraiment le style (je précise que je fais abstraction de l’affaire du passeport Russe et de l’exil fiscal Belge pour cette critique).

Réussite aussi du livre, qui, d’un meurtre, remonte l’Histoire et plonge dans un de ses Mystères. Pas de temps morts, ou si peu. Pas trépidant, mais très plaisant.

J’ai aimé le récit qui alterne entre l’époque d’Hector (la Restauration) et celle de son père (la révolution).

 J’ai bien aimé aussi la découverte, au fil de ma lecture, des nombreux encarts issus du carnets de notes du père d’Hector, médecin de la famille royale. Ces encarts, intrigants et déroutants au début, finiront par donner tout son sel au récit.

De plus, le personnage d’Hector va évoluer au contact de Vidocq pour finir plus apaisé, plus mûr, plus mature. Hector finira par se libérer au contact de Vidocq.

Beaucoup de questions en lisant ce livre et une seule envie : que ce soit lui.

Le final m’a laissé sur le cul !

Lu dans le cadre des challenges « Polar Historique » de Samlor et « Thrillers et polars » de Liliba.

Les bienfaits de la mort : Lee Jackson [Inspecteur Decimus Webb 3]

Titre : Les bienfaits de la mort (Enquête de Decimus Webb)

Auteur : Lee Jackson

Édition: 10/18 (2007)

Résumé :
Deux jeunes prostituées sont retrouvées sauvagement assassinées dans une maison close de Londres.

Dans la main de l’une des victimes, un morceau de papier sur lequel est inscrite une énigmatique citation biblique. Quelques jours plus tard, un cadavre est volé dans un cimetière de la capitale.

L’inspecteur Decimus Webb de Scotland Yard suspecte rapidement un lien entre ces deux macabres affaires.

Si Webb connaît par cœur les dédales crasseux et les maisons cossues de la capitale britannique, il est aussi aguerri aux turpitudes de l’âme humaine.

Ses investigations vont bientôt le mener jusqu’à un honorable homme d’affaires et bon père de famille, Jasper Woodrow.

Au cœur des faux-semblants de la société victorienne, Webb devra user de sa légendaire perspicacité s’il veut empêcher un nouveau meurtre…

L’histoire se déroule en 1874, soit 10 ans après Le cadavre du Métropolitain. C’est le second volet des enquêtes de l’inspecteur Webb.

Critique :

« Quels peuvent être les bienfaits de la mort ? », me demanderez-vous et je vous répondrai que on ne doit plus se lever pour aller gagner sa croute même si on continue, malgré tout, à engraisser une armée de rampants : les vers (ça change de l’armée qui nous gouverne).

Je plaisante, pas de ma faute si le roman porte un titre pareil…

Qu’avons nous au menu du crime ? Deux jeunes prostituées qui sont retrouvées sauvagement assassinées dans une maison close de Londres : une égorgée, l’autre étouffée (avait-elle voulu crier sa joie ?).

L’inspecteur Decimus Webb est sur l’affaire et il découvre, dans la main de l’une des victimes… Je sens que vous êtes subitement plus attentifs, bande de petits cochons…

Non, il a juste découvert, dans la main de l’une, un morceau de papier sur lequel est inscrite une énigmatique citation biblique. Ce n’était pas « Tu ne suceras point », c’est plus mystique, tiré du livre de Zob, heu, de Job.

Quelques jours plus tard, un cadavre est volé dans un cimetière de la capitale. Pas un frais, mais un vieux de 25 ans !

Moi, je n’ai pas vu quel pouvait être le rapprochement avec les meurtres, mais l’inspecteur Webb – étant plus branché que moi – a suspecté rapidement un lien entre ces deux macabres affaires (ou alors, il avait lu le quatrième de couverture, lui aussi).

Ses investigations vont bientôt le mener jusqu’à un honorable homme d’affaires et bon père de famille, Jasper Woodrow, dont nous avons – nous, lecteurs – déjà fait connaissance dès le début du roman, entrant chez lui, découvrant sa manière de vivre, sa vie, sa famille, ses amis, ses emmerdes et son commerce qui a fait sa fortune : les habits de deuil.

Il a tout du « suspect potentiel », le Jasper ! Mais Agatha Christie m’a mise à bonne école et j’ai hésité à le suspecter… Parfois, les auteurs désignent un suspect, on ne le pense pas fautif et au final, il l’est… ou pas ! Prise de tête.

Si vous voulez du trépidant, passez votre chemin, Webb va à son aise et l’auteur nous fait entrer dans la société anglaise victorienne.

Par contre, si vous avez envie de vous plonger dans le thé et les scones, de découvrir les moeurs de la société de cette époque, alors, plongez !

Le seul bémol sera pour le nom de famille d’une des protagoniste, une américaine qui vient rendre visite chez les Woodrow : mademoiselle Krout… Non, mais j’vous jure, quel nom ! Heureusement qu’elle est charmante.

Ce qui m’a fortement intrigué, dans l’histoire, ce sont les quelques interludes où le coupable à l’air de s’adresser à cette miss Krout. Intrigant. L’explication sera pour le fin.

Non, je n’avais pas vu venir le nom du coupable, bien que j’ai compris une chose importante, et assez vite.

Un bon moment passé dans la société victorienne et une résolution d’enquête dont je n’avais pas suspecté toute les ramifications, ce qui me fit une belle surprise.

Titre participant aux challenge « Polar historique » de Samlor, « Thrillers et polars » de Liliba, « I Love London » de Maggie et Titine, à « Objectif PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

The Sherlock Holmes Story – Tome 1 : Kwon Kyo-Jeong

The Sherlock Holmes Story 1

Titre : The Sherlock Holmes Story 1

Auteur : Kwon Kyo-Jeong

Édition : Kwari (2012)

Résumé :

L’histoire du célèbre détective privé anglais Sherlock Holmes, ici revisitée par Kwon Kyo-Jeong, commence par sa rencontre avec Watson, son meilleur ami et assistant.

Étaient-ils de simples amis, ou étaient-ils davantage des amants ? Ainsi, les célèbres protagonistes inventés par Sir Arthur Conan Doyle deviennent petit à petit les héros d’une véritable romance…

en-vrac-1817Critique :

Munie du tome 1, je me suis plongée dans la lecture et le manhwa (manga en provenance de Corée) débute avec Watson qui annonce à Holmes son mariage prochain avec Mary… Moston ?

Premier point soulevé : le nom de famille de Mary Morstan (version canonique) qui devient « Moston ». Heu ?

Dire que Holmes fait une tête de six pied de long quand Watson lui annonce son mariage prochain est assez proche de la vérité. Pourquoi donc a-t-il l’air si « maussade » ?

Jalousie due à des sentiments amoureux qu’il éprouverait pour Watson ? Impossible de le dire à ce niveau de lecture (les deux premiers tomes). Pourtant, je ne sais pas pourquoi mais je sens bien que l’auteur risque de s’engager sur cette voie. Surtout que Watson désire par dessus tout que Holmes garde sa chambre dans le même état… c’est louche, très louche ! Passons.

Watson et Holmes qui se tutoient, je ne m’y ferai jamais. La bouche fermée représentée par un trait noir et gras, non plus.

Dans ce tome 1, nous avons un Watson sans moustache, alors que dans le 2, on le voyait l’arborer fièrement lorsqu’il faisait la rencontre de Holmes (mais plus ensuite). Ce sera Holmes qui nous éclairera sur la perte de cet attribut pileux. Amusant et louche aussi.

Autre petit détail qui m’importune : Holmes a l’air apathique, amorphe du visage, sans beaucoup d’expression.

Entre deux enquêtes, c’est normal qu’il soit une loque, mais là, quand une affaire survient, il manque au dessin du détective de l’énergie, quelque chose qui ferait comprendre au lecteur que Holmes a les yeux qui brillent.

Dans ce premier tome, nous nous plongeons dans la nouvelle canonique intitulée « Un aristocrate célibataire » avec l’épouse de lord Saint-Simon qui fait le coup du crayon juste après la cérémonie du mariage. Le coup du crayon ? Oui, elle s’est taillée !

Voilà Holmes sur l’affaire.

Là où j’ai tiqué, c’est quand Holmes signifie à Watson « Tu n’as rien à envier au moteur de recherche Google quand il s’agit de collecter et de croiser les données »… Heu, nous sommes à l’époque victorienne, là ! Humour, ok, mais plus subtil, s’il vous plaît. A la Goscinny, par exemple.

Au sinon, l’affaire est telle que nous la trouvons dans le canon holmésien. Il est vraiment dommage que le dessin du visage de Holmes manque d’expression durant l’enquête. Même quand il fait de l’ironie avec lord Saint-Simon. Dans le canon, on sentait bien la pointe de sarcasme, ici, que dalle !

Si l’enquête est correcte, plein de petits détails me font pencher pour un manhwa qui va tirer vers le récit yaoiste : Holmes qui donne « la becquée » à Watson, Holmes qui se couche dans le canapé et pose sa tête sur la jambe de Watson, Holmes qui a rasé Watson durant son sommeil, Holmes qui aurait aimé que Mary dise « non » à Watson ou parte avec un autre… Love is in the air !

Allez, un bon point dans cette menace yaoiste : l’auteur nous explique un peu, à la fin du manhwa, qui était Sherlock Holmes, nous parlant aussi des erreurs de Conan Doyle dans les dates et le reste…

Plaisant, agréable, mais le point négatif est qu’il manque un petit quelque chose dans le dessin des expressions. Quoi ? Je l’ai déjà dit ? Oups.

Je suivrai tout de même les autres volumes de ce manhwa, jusqu’au moment où les personnages s’emmancheront dans un scénario qui me plaira moins…

Lu dans le cadre des challenges « Thrillers et polars » de Liliba et « Sherlock Holmes » deLavinia.

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