Les loups de Fenryder : Alec Covin [Trilogie des Loups 1]

Titre : Les loups de Fenryder

Auteur :  Alec Covin
Édition : J’ai Lu (2006)

Résumé :

Tu n’aurais pas dû. Oh non ! Tu n’aurais pas dû faire ce que tu as fait. La voix hante Stanley Holder, l’auteur d’innombrables best-sellers, réduit à l’état d’épave depuis le meurtre de sa fille.

Cette mort atroce, il en est responsable. Il sait qu’en accordant cette interview à Newsweek, il a ouvert les portes de l’enfer. Il avait pourtant juré de ne jamais révéler leur existence, mais il n’a pu s’empêcher de raconter au journaliste le monstrueux carnage auquel ils se sont livrés en 1933.

Et ils se sont réveillés. Par sa faute. Ils ? Les loups de Fenryder.

Critique : 

Bienvenue dans l’enfer des Loups de Fenryder ! Bienvenue dans ce livre qui ne vous laissera aucun répit, ou si peu…

Entrez dans la danse et faites connaissance avec des personnages profonds, couverts de cicatrice. Très dense…

Mettez les pieds en plein dans l’horreur, elle côtoie un joli cottage « Bed and breakfast » et on a l’impression que l’Apocalypse s’est invitée dans la petite bourgade de Tusitala, le Diable donnant son grand bal dans la villa, ancien domaine de la famille Mc Neice (avant qu’ils ne soient tous exterminés par un gigantesque barbecue, heu, autodafé, en 1933).

Plongez dans la piscine de l’effroi et découvrez les attractions variées offerte par la ville. On organise, au cimetière du coin, un truc super  : « Violation de sépulture », ou encore : « Offrez donc un crâne ! ».

Attention amis lecteurs, si vous êtes allergique au fantastique, si les sueurs froides que vous tolérez sont uniquement celles due à la grippe, si vous êtes hostile à l’effroi version Stephen King, si vous êtes cartésien jusqu’au bout des ongles, si vous aimez les récits rationnels avec de la logique à tous les étages, si « Fox Mulder » évoque pour vous une vague ressemblance avec un Navigateur Internet, si « Dana Scully » vous fait penser à un nom dans un catalogue de meuble d’un géant suédois et si vous avez vaguement entendu un « La vérité est tailleur » et que vous ne l’avez pas compris, bande d’ignares, alors ce livre n’est pas fait pour vous !

Parce que oui, la vérité est ailleurs !

Amis du fantastique et non cartésiens, bonjour !

En passant, je voudrais remercier Gruz de m’avoir conseillé ce suspense teinté d’angoisse où l’auteur, au lieu de nous distiller du whisky pur malt, a préféré nous distiller de l’effroi mélangé à quelques scènes horribles dans une piscine (oui, plus horrible que celle avec Loana de Loft Story 1), le tout sans verser dans l’excès parce qu’un alcool tel que celui-là, se déguste lentement.

Ajoutons deux doigts de scène macabres, on the rock, telles que pouvait nous écrire le grand Stephen King dans ses meilleures années.

D’ailleurs, au début, j’ai même pensé que King avait écrit ce livre sous un nouveau pseudo, suite à un exil fiscal dans l’Hexagone, chez les Money-Gasques. Mais non, ce n’est pas lui.

L’atmosphère et le style de ce livre ressemblent au King, Ça à la couleur du King, mais ce n’est pas le King (en référence à l’entité maléfique connue sous le nom de « Ça » qui prenait la forme de vos peurs les plus profondes).

Entre nous, bien que ce livre soit un « thriller fantastique » et bien qu’il m’ait donné envie de regarder sous mon lit (on n’est jamais trop prudent), ce n’est pas pour autant qu’il faut le cataloguer dans les romans d’épouvante ou d’horreur pure.

Non, non, pas de monstre tout vert sortant des marais (ou d’une usine de chewing-gum « Le Yankke »). Oh non, c’est bien plus subtil que ça.

Attendez, je vous parle de pur malt, moi, pas de piquette à 2°C qu’on oublie une fois qu’on l’a pi**ée.

Pour tout vous dire, la peur s’infiltrera même dans votre corps comme si elle était en baxter, l’aiguille fichée dans votre bras et Ça coule goutte à goutte. Oui, Ça vous pénètre par tous les pores de la peau, Ça vous fiche l’angoisse, les sueurs froides.

Et cette peur, on se la crée sois-même à cause de l’atmosphère oppressante qui est tapie dans tous les coins sombres du roman, dans le lac, dans la forêt, dans les secrets de Rose ou d’Arthur, prête à vous sauter dessus, tel un loup sur un petit agneau que vous êtes. On lit et on imagine la chose tapie derrière un arbre.

Mais gaffe, comme le whisky,  faut savoir doser « la peur » car trop de peur tuerait la peur du lecteur. On n’y croirait plus.

Le barman Covin nous a mitonné ce cocktail comme un pro, alternant les couches d’alcool, mêlant le tout avec de l’humour grinçant.

Là, pour l’humour, c’est de la vodka martini, médium dry, au shaker et non à la cuillère (comme celle de James Bond). C’est fort et pour le petit parasol, vous repasserez. Ce n’est pas un bar pour les Bisounours, ici. On ne sert que des alcools forts. Et pas avec le dos de la cuillère.

Moi, j’ai tout bu et je vais me resservir un verre !

Allez, un dernier verre… ?

PS : Une mention spéciale au deux flics de la DEA, Teigneux et Super Teigneux, qui bouffent du Freud au petit-déj et vous le ressortent à tout bout de champ. Hilarant.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

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La carte du pendu : Jeffery Deaver [Lincoln Rhyme 6]

Titre : La carte du pendu

Auteur : Jeffery Deaver
Édition : Le Livre de Poche (2008)

Résumé :

L’inspecteur Lincoln Rhyme et sa partenaire, Amelia Sachs, mènent pendant 48 heures une véritable course contre la montre à travers les rues de Manhattan pour neutraliser le tueur à gages qui a tenté d’assassiner Geneva Settle, une adolescente de Harlem.

Ils doivent remonter le temps et fouiller dans la vie de Charles Singleton – l’ancêtre de Geneva -, un esclave affranchi, militant actif du mouvement des droits civiques. Que s’est-il réellement passé ce soir de juillet 1868 où il a été arrêté ?

De rebondissements en révélations, Jeffery Deaver nous livre un récit au rythme effréné.

Critique : 

Pour ma 600ème critique sur Babelio, il me fallait du lourd ! J’avais bien pensé à une critique d’un roman de Barbara Cartland, mais là, cela aurait été trop lourd…

Si ma route devait croiser celle de Deaver (l’auteur), je lui dirais : « Mon vieux, t’es un beau salaud parce qu’avec ton roman, tu m’as mené en bateau comme un vrai loup de mer, sans le faire chavirer ou le déserter avec précipitation en cas de voie d’eau ».

Vous l’aurez compris, j’ai adoré le livre !

Lincoln Rhyme est personnage récurent chez l’auteur (je l’avais découvert dans le film « The bone collector ») et, en lisant, l’ancien enquêteur avait les traits de l’acteur qui l’avait joué : Denzel Washington.

Lincoln, ancien policier scientifique, paraplégique, a un caractère de cochon ! Impatient et irascible, bien souvent.

Cloué dans son fauteuil, c’est sa partenaire, Amelia Sachs, qui est ses jambes, ses yeux… bref, tandem de choc !

Le livre commence comme un Columbo : nous allons assister à l’agression d’une jeune fille et, peu de temps après (je ne vous dirai pas si elle parvient à échapper ou pas), nous avons déjà le nom du coupable !

Oui, mais si nous le savons, les flics et Lincoln, eux, ne le savent pas et toute l’astuce sera de découvrir « QUI » avec les maigres indices dont ils disposent…

Sacré course contre la montre car le coupable n’est pas un débutant, mais une vraie anguille !

Le méchant, c’est le sang-froid d’Horatio Caine (l’expert Miami aux lunettes noires) face à la ténacité et à la science criminelle de Lincoln Rhyme, version paralysée de Gil Grissom (expert Las Vegas).

Ce qui m’a bien plu, c’est que l’auteur m’a surprise plusieurs fois quand je ne m’y attendais vraiment pas.

Un peu comme un Kiss-Cool, « le bonbon a double effet », en puissance plus forte parce qu’il ne se contente pas de vous surprendre deux fois, mais vous file quelques coups de pied au fondement !

Tiens, si Jeranjou (que je salue) n’avait pas utilisé dans ses critiques une comparaison entre les romans et le chocolat, j’aurais pu vous dire que ce livre était comme une morceau de chocolat qui possèderait plusieurs couches et que l’on va de surprise en surprise lorsqu’il fond dans notre bouche. Praliné, caramel, crème blanche, noisettes,… le tout dans la même praline (belgicisme, prenez votre dico).

En fait, ce roman, c’est un peu comme si vous regardiez un strip-teaseur (oui, un homme !) s’effeuiller et, au moment où l’homme se trouve en string, la main  prête à l’ôter sous les hurlements des femmes en chaleur criant « le slip, le slip »…

CRAC, en arrachant le string, c’est toute sa peau qui semble se retirer et, surprise, vous voyez apparaître un autre pantalon… et là, vous comprenez que les jambes nues étaient un trompe l’oeil, un pantalon déguisé en jambes… « Nom de Dieu », vous dites-vous.

Le strip-tease n’est pas terminé et vous comprenez pourquoi le mec est presque à poil alors que nous sommes à quarante minutes de la fin du spectacle : en fait, ce n’est pas fini et il va encore vous faire vibrer quelques fois en vous faisant croire que cette fois-ci, c’est la bonne et que vous allez voir l’objet de la convoitise.

Oui, le roman est ainsi… On se demande pourquoi telle révélation arrive alors qu’on est encore loin de la fin et en fait, on n’en a pas fini avec les coups fourrés de l’auteur.

Tiens, jusqu’à la dernière page, même !

Rien à dire, il s’est bien fichu de moi, m’a baladé comme on promène un chien et j’ai sursauté quelques fois.

Ah mon salaud, tu t’es bien joué de moi, pauvre lectrice, qui a passé un bon moment à te regarder effeuiller ton histoire.

Si les 4,5 étoiles étaient permises sur le site, je le lui aurais accordé. Si j’ai mis 5, c’est parce que 4, c’était trop peu.

Là, je devrais presque le relire, maintenant que je sais tout, afin de mieux voir où je me suis faite pigeonner.

Merci, monsieur Deaver !

Au fait, bien que vous m’avez tout montré… ne vous rhabillez pas trop vite. Vous avez bien autre chose à me faire voir ? Parce que j’aime ça…

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

Descente en bouquinerie pour ma Saint-Valentin

BILAN - BOUQUINERIE hatchards-sign

Et oui, mon homme doit être un peu fou sur les bords… Ne sachant pas quoi m’acheter comme livres pour cette fête commerciale, il a pris le risque de me donner carte blanche dans deux bouquineries pour acheter des romans…

Bilan ? 22 livres ! Ce n’est pas ce genre de boulimie qui fera diminuer ma PAL ! M’en contrefiche, tiens !

Bonne surprise, j’ai trouvé assez bien de ma wishlist, même certains dont je n’aurais pas parié ma chemise.

Au final, beaucoup de thrillers et polars pour faire péter le challenge de Liliba et quelques pastiches « holmésiens » (sans Sherlock Holmes, mais inspiration).

  1. Vaïner : Corde et la pierre
  2. Scarrow : Effet Domino
  3. Egeland : Gardien de l’alliance
  4. Vandenbreg : Huitième péché
  5. Hume : Mystère Hansom Cab
  6. Mariani : Secret de l’alchimiste
  7. Dexter : Souilleur de femmes d’Oxford
  8. Expert : Théorie des Six
  9. Chesney : Bas-fonds de Londres
  10. Keyes : Chevalier de sang – Royaumes 3
  11. Sire Cédric : De fièvre et de sang
  12. Cleave : Employé modèle
  13. Giacometti : In Nomine
  14. Covin : Loups de Fenryder
  15. Giebel : Meurtres pour rédemption
  16. Sylvain : Nuit de Geronimo
  17. Eastland : Rouge Sibérie
  18. Keyes : Royaume épines et os – 3
  19. Nesbo : Rue Sans-Soucis
  20. Dantec : Sirène rouge
  21. Setterfield : Treizième conte
  22. Lehane : Un dernier verre avant la guerre

Bas fonds de Londres Crimes prostitution - Chesney Corde et la pierre - Vaïner De fièvre et de sang - Sire cédric Dernier verre avant la guerre - Lehane Effet Domino - Scarrow Employé modèle - Cleave Gardiens de l'alliance - Egeland - City Huitième péché - Vandenberg - City In nomine - Giacometti - PP Loups de Fenryder Covin - J'ai Lu Meurtres pour rédemption -Giebel - PP Mystère du Hansom Cab - Hume - Rivages Noir Nuit de Geronimo - Sylvain Quatrième Secret - Thornborn - Autre Cover Rouge Sibérie - Eastland Royaumes Epines 3 - Chevalier de sang - PP Rue sans soucis - Nesbo -Folio Secret Alchimiste - Mariani - City Edition Sirène rouge - Dantec Souilleur de femmes d'Oxford - Dexter - Le Dilletante Théorie des six - Expert Treizieme Conte - Setterfield - PP

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 – Aux portes de l’enfer : Andrew Lane

Titre : Premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 : Aux portes de l’enfer

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion

Résumé :

Tout en enquêtant sur les manigances de l’infecte gouvernante du manoir Holmes, Sherlock doit faire face à la soudaine disparition de Crowe et Virginia.

Pour les retrouver, il parcourt les grandes plaines hostiles d’Écosse, à la merci de ses habitants les plus terrifiants.

Critique : 

« Chouette » me suis-je dit en apprenant la sortie de ce quatrième tome des premières aventures de mon futur détective préféré.

C’est donc avec plaisir que je me suis plongée directement dans la suite de ses aventures, en espérant que l’on verrait un peu plus la jolie Virginia et de son père, mentor et professeur de Sherlock, monsieur Crowe.

Ah, une bonne nouvelle : on sait ENFIN ce que cette fichue gouvernante (et je reste polie) manigançait à Holmes Manor.

C’est Sherlock qui résoudra l’affaire qui a un léger goût de l’affaire canonique de Charles Auguste Milverton.

Belle réussite, mais je m’étonne toujours de ces truands qui racontent leur vie, leurs buts, leurs projets à voix haute, discutant avec leur complice comme nous parlerions de la pluie et du beau temps.

Dans mon imagination fertile, je m’attendais à une autre « raison » que celle donnée par l’oncle de Sherlock sur le pouvoir de la gouvernante sinistre.

Mais en y repensant à tête reposée et en remplaçant le tout dans l’époque et son contexte, je comprends que cela lui ait fichu les chocottes, à tonton Holmes.

Comme dans un roman précédent, il n’y a pas qu’une seule aventure dans le roman et c’est la disparition de monsieur Crowe et de sa fille Virginia qui va entraîner Sherlock et Matthew dans les plaines hostiles de l’Écosse à la merci de ses habitants les plus terrifiants… Et à côté d’eux, Heathcliff fait petit joueur.

Sherlock se retrouve une fois de plus « seul » pour résoudre le problème de la fuite de son mentor, aidé juste par son ami Matthew puisque Stone a disparu lui aussi.

Il s’affirme, peaufine sa future méthode, apprend un peu plus sur la société et sur le manque de logique des gens.

Son sentiment pour Virginia s’affirme aussi, le rendant un peu jaloux, lui faisant découvrir des émotions et des sensations qu’il ne connaissait pas, lui faisant peur aussi parce quand on aime, on est dépendant de cette personne.

Il y a même une scène pour laquelle j’aurais vendu père et mère au diable pour la lire (mon âme ne vaut pas grand-chose) ! La belle américaine n’a pas froid aux yeux et j’avais un sourire béat en lisant le passage (non, pas de sexe ! Mais vous ne pensez qu’à ça !).

Sherlock n’étant pas infaillible, il fera des erreurs assez énorme durant son périple qui lui seront reprochées par son mentor et pour un amoureux de la logique, notre Sherlock fera aussi preuve d’un manque total de discernement…

Je m’explique : lorsqu’on a des truands aux fesses et qu’on est dans les bois, on se terre dans un terrier de lapin (oups, pardon madame Lapine) ou de renard (mes excuses, monsieur Fox) si on veut plus de place, mais en aucun cas on ne va se cacher dans une petite maison abandonnée dans les bois et on ne fait encore moins du feu !

Désolé, là, c’est digne d’un garçon sans cervelle !

On me rétorquera que s’ils s’étaient planqués tous les deux dans un terrier, l’aventure n’aurait pas pu poursuivre son cours avec ses rebondissements…

Bref, Sherlock est en période d’essai, fait des erreurs, analyse la société et l’auteur se donne la peine de nous écrire les pistes qui nous donnerons le détective que nous connaissons dans les écrits de Sir Arthur Conan Doyle.

Ce qui me chagrine un peu, c’est qu’il se sorte si vite des situations les plus difficiles. L’auteur prend parfois des raccourcis faciles. Faire durer la difficulté n’aurait pas été plus mal, cela aurait fait plus sérieux.

Mon coup de gueule ?

Le premier est une scène de torture sur mon pauvre futur détective.

Le second est pour avoir fait une fin à la « cliffhanger » qui me donne envie de fouetter l’auteur ! Et le cinquième tome va emmener Sherlock sur une certaine Gloria Scott…

Ceux qui trouvaient que les aventures de Sherlock s’enchainaient très (trop ?) vite auront une autre pierre à mettre à leur édifice !

Titre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.

Iacobus : Mathilde Asensi

Titre : Iacobus

Auteur : Mathilde Asensi
Édition : Folio Policier (2005)

Résumé :

C’est l’un des secrets les mieux gardés de la chrétienté ; un trésor fabuleux disparu à la dissolution du plus fascinant des ordres de moines-soldats : les Templiers.

Des histoires folles entourent cette société secrète, détentrice des plus grands mystères de l’humanité. Pour eux sont déjà morts le roi de France Philippe le Bel et le pape Clément V.

Pour eux les puissants se déchirent. Celui qui va traverser l’Europe de la Galice à Paris pour tenter de les découvrir se nomme Galceran de Born. Il est médecin et chevalier. Nous sommes en 1319.

 

Critique :

1317, le moine soldat Galceran de Born, médecin de l’ordre des Hospitaliers est aussi surnommé « Perquisitore » (rien à voir avec le Perquolateur ou le Peritoine) en raison de ses dispositions à résoudre des énigmes et à enquêter.

S’il pensait se la couler douce en étudiant les manuscrits du monastère mauricien de Ponç de Riba tout en instruisant un des novices dont il sait qu’il est son fils, et bien, c’est loupé.

Oui, monsieur le moine-soldat a un jour trempé son hostie dans le calice et à eu un enfant illégitime avec la jeune fille qu’il aimait mais qui fut enfermée au couvent ensuite (pas bien !). Je ne spolie pas, c’est direct dans le premier chapitre, pas de mystère dévoilé.

Mais pas de bol, il est convoqué à Avignon, chez le pape Jean XXII ! Parjurant et mentant comme un arracheur de dent au prieur, il arrive à emmener son fiston qui ne sait pas encore que le moine Hospitalier est son père. Non, le fils ne se prénomme pas Luke, mais Garcia, surnommé Jonas.

Sa mission ? (s’il accepte, mais il est obligé) Tirer au clair l’histoire de la mort de Philippe Le Bel et du pape Clément V : morts divines ou assassinés par le spectre de Jacques de Molay ? Autrement dit, « assassinés par les Templiers » oui ou non ?

L’aventure et l’enquête commencent, nous faisant voyager, mener des interrogatoires, trouver les témoins, bref, pas d’ennui en perspective, sauf pour ceux qui ont quelque chose à cacher au moine-soldat.

Galceran, notre perquisitore, est un bon enquêteur et son fils (qui ne sait toujours rien) le seconde comme il peut. Pourtant, notre moine, bien qu’intelligent, peut parfois se montrer un peu stupide et une jolie dame le lui fera remarquer. Paf !

L’avantage du livre ? Il y a deux enquêtes : il ne faut pas croire qu’une fois déterminé qui, de la main de Dieu ou humaine, est responsable dans les morts du roi et du pape, que Galceran pourra retourner chez lui, à Rhodes.

Seconde mission ? Trouver le trésor des Templiers puisqu’il a obtenu une piste. Là, son fiston lui a donné un sacré coup de main.

Et on embarque pour un second voyage, mouvementé, sur le chemin de Compostelle. Galceran va devoir user de toute sa science pour déchiffrer ce que d’autres ont codé.

La découverte du Moyen-Age est toujours aussi déroutante, surtout avec leurs croyances et la toute puissance de l’Eglise. A cette époque, ils pensent encore que la terre est plate parce que l’Eglise l’a dit. Galceran, lui, a voyagé dans les pays arabes et il sait plus de choses que les autres. Il ne lui reste plus qu’à essayer d’inculquer tout cela au gamin.

Son fils, qui est en pleine crise d’adolescence, passera du stade « je suis capable de réfléchir » à celui de « je n’ai pas de cervelle et je fais chier mon monde ». Malgré tout, il est comme son père, orgueilleux et celui-ci a souvent envie de le baffer.

Galceran m’a fait passer un bon moment en me racontant son histoire d’enquête sur ces deux mort Historique et sur la recherche du trésor des Templiers, qui restent « plausibles » toutes les deux.

Roman ésotérique, vous croiserez des Templiers, l’ordre des chevaliers Hospitaliers, sans oublier une magicienne, quelques passages secrets et des trésors aussi bien cachés et gardés que les mystères.

Nous découvrirons aussi l’avidité de certains et la sale manie de l’Eglise Catholique de faire des Saints quand ça les arrangent.

Un bon polar ésotérico-moyen-âgeux pour ceux qui aiment le sujet, bien écrit, l’auteur ayant fait ses recherches avant et le récit n’est pas « simpliste » dans son écriture.

Rythme de l’histoire pas trop rapide, mais pas trop lent non plus. Agréable.

Pour l’origine du titre, vous comprendrez à la fin.

Titre participant aux challenges « Polar historique » de Samlor, « Thrillers et polars » de Liliba et « Objectif PAL Noire à zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Etagères » by The Cannibal Lecteur.

Sherlock Holmes Crime Alleys – Tome 1 – Le premier problème : Cordurié & Nespolino

Titre : Sherlock Holmes Crime Alleys – Tome 1 : Le premier problème

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Alessandro Nespolino

Édition: Soleil (2013)

Résumé :

Mai 1876…

Le Royaume-Uni connaît une vague de disparitions inquiétantes. Les communautés intellectuelles et scientifiques en sont les premières victimes. Nulle rançon n’est demandée et les autorités n’ont pas l’ombre d’une piste sur les motivations des ravisseurs.

S’il arrive à Sherlock Holmes de prêter concours à Scotland Yard, il n’a pas encore choisi sa voie. Il se partage entre ses passions et mène une vie de bohème aux côtés d’un jeune musicien autrichien, violoniste virtuose promis à une grande carrière.

L’enlèvement de ce dernier conduira Holmes à se confronter au crime organisé à l’insoupçonnable noirceur, l’amènera à devenir détective et à combattre les plus grands esprits criminels de son temps dont les Moriarty, père et fils….

 

Critique :

On devrait punir de cent coups de fouet les auteurs qui terminent leurs albums par un tel cliffhanger qui m’a laissé avec le palpitant en compote et l’envie de secouer la bédé afin de m’assurer que quelques pages cachées n’allaient pas en sortir.

Peau de balle ! J’en suis quitte à me ronger les ongles avant de pouvoir découvrir la suite de cette excellente bédé qui nous conte la jeunesse du détective qui n’est pas encore au 221b et donc, sans Watson, of course.

Sherlock Holmes jeune, c’est tendance, ces derniers temps… tant mieux.

C’est avec le plaisir d’un gosse devant un paquet de bonbons que j’ai accueilli cette nouvelle ponte de Cordurié : cet oeuf est le quatrième diptyque pour la collection « 1800 », après deux tomes de « Sherlock Holmes et les vampires de Londres » et un de « Sherlock Holmes et le Nécronomicon ».

Si j’avais fait la moue avec les dessins de Laci pour les 3 précédents tomes de la collection, j’ai apprécié ceux de Nespolino.

A première vue, en feuilletant en vitesse, Holmes, bien que jeune, n’a pas une tête de gamin.

Quand aux couleurs et aux décors (même s’ils ne sont pas « de Roger Harth » et malgré le fait que les costumes ne soient pas « de Donald Cardwell ») le tout est admirable.

En profondeur, rien à redire : les planches sont de qualité, les différents personnages sont bien campés et les ambiances… Magnifico ! Une fois de plus, j’étais dans Londres.

Et qu’est-ce qu’il se passe à Londres ? Des choses graves, sans aucun doute, comme le laissent penser les premières cases de la bédé en nous plantant le décor. Et hop, je suis appâtée et intriguée. Encore des bons points.

La rencontre avec Sherlock Holmes a lieu juste après ces 5 pages d’intro intrigantes et notre futur-et-pas-encore-détective assiste au concert d’adieu d’un de ses amis, violoniste virtuose et qui se trouve être son colocataire.

Holmes a un style « jeune dandy »et ses réparties sont teintées d’ironie ou de sarcasme et cela m’a donné quelques éclats de rire tout au long de ma lecture.

« Détective » n’est pas encore un métier pour lui,  juste une activité parmi tant d’autres et bien qu’il s’adonne à des investigations policières, c’est juste pour le plaisir. Une autre de ses activité est celle qui consiste à découvrir des ouvrages aussi divers que variés.

Dolce vita…

Tout va bien, donc ? Non ! Une vague d’enlèvements laisse la police désemparée, ce qui donnera lieux à quelques railleries bien senties de la part de Holmes.

C’est une chose que j’ai aimé aussi dans cette bédé, la vie de Sherlock, ses rapports avec ses amis, le tout entrecoupé par des règlements de comptes sur les quais et des tensions entre le chef des malfrats et son fils qui ne semble pas partager les méthodes « paternelles ».

Encore un qui aimerait être calife à la place du calife… Point de vue des dessins, ils ne sont pas facile à différencier, le père et le fils.

Alors, comment Holmes va-t-il devenir ce qu’il sera ? Et bien, fallait venir l’emmerder, tiens et c’est la disparition de son ami violoniste qui va l’amener à croiser la route de ces deux chefs d’une bande non fréquentable. M’est avis qu’il aura du fil à retordre avec le fils.

Si vous reprenez le titre de l’album, je pense que vous comprendrez…

Il y a aussi un petit côté « comics » dans l’agencement de certaines cases, surtout dans la dernière page et une manière de dessiner les phylactères inhabituelle, mais que j’ai adoré.

Bref, le dessin est extra, le scénario est bien construit, l’histoire est diablement intéressante et on se demande ce qu’il nous réserve en tome 2 surtout qu’il nous laisse sur ce foutu suspense dont je vous parlais en tête de critique !!

Nondidjû, il atteint un de ces paroxysme avec Sherlock qui se trouve…

Non, vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous le dire ?

Titre participant aux challenges « Thrillers et polars » de Liliba et « Sherlock Holmes » de Lavinia.

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Tag de livres

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Et voilà ! On baisse la garde et bardaf, on est taguée ! Le nom de la coupable ? Liliba, celle chez qui je rempli mon devoir en postant des critiques pour le challenge « Thrillers et polars ».

La peau lisse étant impuissante devant ce crime de lèche-majesté, je suis obligée de répondre sous peine de devoir lire l’intégrale de la collection Harlequin.

Ok, je relève le défi… enfin, là je dois dire que le tag n’est pas piqué des hannetons ! Quand certains concepteurs de tag se lèvent le matin, je ne sais pas à quoi ils carburent, mais c’est de la bonne !

Imaginez que je dois répondre aux questions par des titres de livres : un tag des livres déjà fait…

Et c’est là que le bât blesse ! J’ai beau avoir lu des milliers de livres et avoir presque 600 critiques sur Babelio, il ne me vient rien à l’esprit, mais quand je dis « rien », c’est un véritable vide sidéral !

Y a-t-il un avocat dans la salle ??? Non ? Ok… Ah, attendez, je pense que ça vient… ouiiii,, ça vient !

Là, ça est venu, je suis devenue bavarde et je n’ai pas utilisé deux fois le même titre. Tous les liens renvoient à mon site, la flemme de mettre les liens du blog, surtout que toutes n’y sont pas…

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Décris-toi : 

Je suis l’Otage de Fraulein Doktor et je vis avec Deux garçons bien sous tous rapports.

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Comment te sens-tu ?

Au réveil, je me sens comme un Canard qui se noie, toute Misery.

Après quelques Jeux de vilains avec mon homme, jeux qui nous laissent Mort… ou presque, j’enfile ma Muselière. Là, pour le moment, vu le froid, je me sens comme une Vierge dans la glace.

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Décris où tu vis actuellement : 

Dans une Ville Noire, c’est Un lieu incertain, appelé Pension Vanilos, non loin de la Maison de soie et des Hauts de Hurle-Vent.

Une sorte de Dortoir interdit dans la Cité des Jarres.

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Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu ?!

Sans hésiter je hisserais la grande voile pour aller sur l’Ile au trésor ! Ensuite, j’irai faire un tour dans la Forteresse noire.

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Ton moyen de transport préféré ?! 

Voyager à dos de Dragon, mais j’évite les Dragon Banni !!

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Toi et tes amies vous êtes ?! 

C’est à la limite des Liaisons dangereuses, style qu’avec nos caractères, c’est Orgueil et préjugés à tous les étages.

Jane Eyre est la plus jalouse, elle ne s’est pas encore remise du fait que Je suis une légende et pas elle. Bref, entre nous, c’est Petites embrouilles et pieux mensonges.

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Comment est le temps ? 

Avec cette magnifique Lune Bleue et la neige qui est tombée, il fait Blanc comme la nuit.

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Ton moment préféré de la journée ? 

L’ Heure du loup, sans aucun doute.

C’est quelle heure ça ? Ben, pile à Midnight.

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Qu’est la vie pour toi ?

Après avoir épousé un Secrétaire italien, véritable Apprenti du diable, j’ai poursuivis ma Mortelle Séduction sur ce Bel-Ami.

Je dis toujours que mon homme est un beau ténébreux et dans l’intimité, je le nomme « Mon Chevalier Ténèbre« .

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Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ?

Faites Trois mariages et un divorce et offrez-vous les Vacances d’un serial-killer. Évitez à tout prix le fameux Marche ou crève.

Ne vous laissez pas bouffer par la Part des ténèbres et mangez à votre faim afin de ne pas vous trouver avec la Peau sur les os.

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Ta peur ? 

Pas l’entretien d’embauche, mais l’Entretien avec un vampire dans le village de Sleeepy Hollow, avec une Momie, qui, tel un Monssstre, serait assise sur le Trône de Satan.

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Ta pensée du jour ?!

Tout doit disparaître !

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Comment aimerais-tu mourir ? 

On ne parlera jamais assez des Bienfaits de la mort, alors je choisirai la Mort dans les nuages, afin de m’envoyer en l’air une dernière fois en jouant à des Jeux de vilains.

Mes dernières paroles seront « Bonne nuit, Mr Holmes ». En espérant ne pas devenir Ce mort que nul ne pleure

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La condition actuelle de ton âme ?  

Ancienne Damnées de Whitechapel, c’est comme si mon âme toute entière était la Crucifié de Farrier’s Lane.

Mon âme a Soif de sang !

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Un objet que tu aimes :

Le Squelette sanglant que j’ai au fond de mon placard.

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Une envie ?

Respirer le Parfum de la chatte en noir dans le Jardin des derniers plaisirs. Les Plaisirs Coupables, ça me rend folle.

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Une conclusion ?

Élémentaire, ma chère Sarah (heu, je voulais dire « Alimentaire mon cher Watson« ), ce tag, c’est encore mieux qu’une Fantasia chez les ploucs !

Pourtant, j’avoue que dès le départ, j’ai eu peur que ça ne soit pire que la Grande débâcle 1944-1945 ou que le Jour J du jugement. Ce tag est peut-être Né de l’ombre, mais j’ai pris mon pied en y répondant.

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Mais qui vais-je tagger ??

Je sens que Gruz (Blog « EmOtions ») va y passer, ainsi que Meloë (« Le boudoir de Meloë ») et Liligalipette sera ma dernière victime !

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L’Homme au ventre de plomb : Jean-François Parot [Nicolas Le Floch 2]

Titre : L’homme au ventre de plomb

Auteur : Parot J-F

Édition: 10-18 (2001)

Résumé :

On retrouve Nicolas Le Floch moins d’un an après sa première enquête, « L’Énigme des Blancs-Manteaux ».

Nous sommes toujours dans le Paris de la fin de l’année 1761 et le jeune commissaire de police du Châtelet a pris quelques galons suite à ses réussites antérieures sous l’autorité de M. de Sartine, l’homme des enquêtes spéciales de Louis XV, avec l’aide de son adjoint l’inspecteur Bourdeau.

Au départ de cette aventure, Le Floch est à l’Opéra, où l’on donne Les Paladins de Rameau, quand un couple de courtisans, le comte et la comtesse de Ruissec, apprennent le suicide de leur fils.

Les premières constatations font plutôt pencher Nicolas Le Floch pour la thèse d’un assassinat déguisé.

L’affaire va le mener tout droit à des complots qui pourraient menacer jusqu’à la vie du roi.

Pour la seconde fois, Jean-François Parot explore son XVIIIe siècle parisien.

La recette est fort comparable à la première enquête de Nicolas Le Floch, et tout aussi réussie.

L’érudition historique de l’auteur est manifeste, il rend à merveille l’ambiance galante et extravagante de ce Paris qui se voudrait élégant mais où, en pleine guerre de Sept Ans et en pleine Affaire des jésuites, la politique est une affaire dangereuse.

Critique :

Non, « L’homme au ventre de plomb » n’a rien à voir avec l’estomac chargé de Charles Duchemin (Louis de Funès) après avoir dû manger quantité de plats indigestes (et pas frais) sous la menace d’un restaurateur qu’il avait dégradé dans son guide (« L’aile ou la cuisse »). La scène des boutons… Vous vous souvenez ?

Et bien là, c’est encore pire que ça !

Un an après sa première enquête (L’énigme des Blancs-Manteaux), notre ami Nicolas Le Floch se retrouve avec quelques galons de plus : le voilà promu commissaire !

Paris, fin de l’année 1761, notre Nico national est à l’Opéra quand le comte et la comtesse de Ruissec apprennent le suicide de leur fils. Tant pis pour la soirée, le travail n’attend pas !

Je rappelle à mes lecteurs que dans un pays catho comme la France à cette époque, le suicide, c’est du péché mortel et on a condamné des suicidés parce qu’ils s’étaient « homicidés ». Punition : on a traîné leurs cadavre dans toutes les rues. La honte sur leur famille.

Les premières constatations font plutôt pencher Nicolas Le Floch pour la thèse d’un assassinat déguisé. Le coup du « il est mort en nettoyant son fusil » ne prend pas avec lui. Des tas de petits détails ne sont pas normaux et ça le titille.

L’examen du corps avant autopsie lui confirme déjà qu’il avait vu juste. Par contre, il ne se doutait pas qu’on avait…. Non, je ne dirai rien de plus, mais la mort dut être terrible. Fallait prendre tout au sens propre et pas au figuré.

Les ramifications complexes et multiples de cette affaire va le mener tout droit à des complots qui pourraient menacer jusqu’à… Oui, si haut !

Surtout que son faux suicidé n’est pas le seul à mourir dans cette affaire et que Nicolas aura fort à faire, aidé de son fidèle adjoint, l’inspecteur Bourdeau, pour démêler le vrai du faux.

L’auteur nous ressert la même recette que celle utilisée pour sa première enquête et la sauce prend, cette deuxième enquête étant tout aussi réussie que la précédente.

Même mieux, je dirais, puisque ayant eu droit aux explications sur la jeunesse de Nicolas dans le tome précédent, celui-ci passe plus vite aux choses sérieuses.

Pas de vitesse supersonique, mais un rythme de croisière au pas des chevaux avec quelques galops durant les 310 pages que comptent l’ouvrage.

Rien à redire du point de vue historique, n’étant pas historienne, mais il appert que l’auteur s’y connait pour mettre en scène le Paris du XVIIIème siècle. Sans oublier les personnages ayant réellement existé !

Son érudition est manifeste et c’est un double plaisir pour moi d’avoir une enquête policière historique.

En 310 pages, vous fréquenterez des bourgeois, la haute noblesse en la personne du Roi et de sa maîtresse, la Pompadour, mais aussi une mère maquerelle, des gamins des rues, des moines, des flics, un bourreau, un médecin légiste, des cadavres, de la misère, de la richesse et même si Findus n’existe pas encore pour vous coller de la viande de cheval à la place de celle de boeuf, restez prudent lorsque vous mangez.

Le petit plus ? Pour une amatrice de Sherlock Holmes telle que moi, j’ai souri lorsque je découvris que Nicolas crochetait les serrures et n’hésitait pas à enfreindre la loi quand il le fallait : une visite à domicile de nuit, version « cambrioleur », Holmes le faisait aussi.

Titre participant aux challenges « Polar Historique » proposé par Samlor, « Thrillers et polars » de Liliba, « Objectif PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Etagères » by The Cannibal Lecteur.

Le meneur de loups : Alexandre Dumas

Titre : Le meneur de loups

Auteur : Alexandre Dumas

Édition: Les Belles Lettres (1997)

Résumé :

Un jour précis de l’année, le Diable s’incarne sur terre dans la peau d’un loup noir.

Cette année-là, pourchassé par le seigneur du lieu et sa meute, il doit se réfugier chez un pauvre sabotier à qui il propose un pacte susceptible de faire de lui un seigneur, riche… mais maléfique.

Chef-d’œuvre de la littérature fantastique, « Le meneur de loups » doit au génie inventif et à l’écriture flamboyante du grand romancier romantique un pouvoir de suggestion résolument moderne.

Critique :  

Johnny Hallyday chantait « Qu’on me donne l’envie », mais Thibault le sabotier, personnage principal de ce livre n’a pas besoin de le hurler sur scène, l’envie lui est chevillée au corps comme une moule à son rocher. Et il aurait mieux fait d’avoir envie qu’on lui donne l’envie… si vous me suivez.

Découvert dernièrement, ce livre traînait dans une de mes caisses de mon dernier déménagement (2006) et fait plus que partie intégrante de ce que je nomme ma PAL Noire (les livres qu’on a acheté il y a très longtemps et qu’on a pas encore lu).

Mais vraiment Noire de chez Noir, vu que son étiquette, apposée par la FNAC, a un prix en francs et porte la date de décembre 1998 !

Quatorze ans qu’il attend une lecture, ce pauvre livre oublié dans un coin sombre. C’est de la PAL tellement Noire que si c’était du café, la cuillère et le sucre auraient peur d’entrer dedans.

C’est bête de l’avoir oublié parce qu’il vient de me faire passer un agréable petit moment.

L’introduction est d’Alexandre Dumas lui-même (où d’un de ses nègres) et il nous parle d’un moment de son enfance, avec le garde de son père – Moquet – un type pétrit de superstitions que à ce niveau là, ça ne se soigne plus.

Bien des années plus tard, lorsque Dumas eut quinze ans, il participa à une chasse au loup avec Moquet, l’ancien garde de feu son père. Bien qu’ayant touché le loup, ils retrouvèrent la balle par terre.

C’est alors que Moquet entreprit de raconter à Alexandre l’histoire du loup noir de Thibault le sabotier… Un loup qu’on ne peut tuer qu’à l’aide de balles en argent ou en or.

Dès la page 35, nous entrons donc dans cette histoire fantastique qui nous raconte qu’un jour précis de l’année, le Diable s’incarne sur terre dans un loup noir.

Cette année-là, pourchassé par le seigneur du lieu et sa meute, il se réfugie chez un pauvre sabotier à qui il propose un pacte…

Thibault, c’est le personnage central du livre, un sabotier instruit mais pauvre et qui ne rêve que d’une chose : devenir riche. Il envie les autres, ceux qui sont les seigneurs, qui ont de l’argent. Pourtant, il n’est pas trop mal loti, mais il veut plus et son pacte avec le Diable incarné en loup noir doit y pourvoir.

De ce livre, on peut en tirer de nombreux préceptes de vie, des morales et même quelques commandements bibliques :

1. L’envie, c’est mauvais…

2. La jalousie aussi

3. La colère encore plus

4. Tu ne convoiteras pas les biens d’autrui

5. Tu ne convoiteras pas la femme d’autrui

6. Le Diable ne se roule pas dans la farine

7. Des pactes, tu ne feras pas

8. Tu ne tueras point

9. La vengeance n’apporte que malheur

Un de ces préceptes nous apprend qu’il vaut mieux ne pas pactiser avec le Diable, illustré ici au propre, mais servant aussi au figuré, tel une fable de Lafontaine.

Que celui qui penserait pouvoir pactiser avec une organisation criminelle telle que la Mafia et les rouler dans la farine, se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude et le bloc ciment aux pieds. On ne les roule pas et on sort toujours perdant.

Entre nous, si Thibault n’était pas un être aussi malfaisant, son rôle irait comme un gant à un acteur tel que Pierre Richard tellement ce gars n’a pas de chance : chaque fois qu’il pense détenir quelque chose ou arriver à conclure ce qu’il désire, un grain de sable vient gripper les rouages et tout s’écroule ou se retourne contre lui.

Hélas, ce n’est pas une comédie mais une tragédie.

Durant toute la lecture, Thibault ne cessera de vouloir ce qu’il ne peut avoir et son âme se noircira au fur et à mesure.

Dès qu’il souhaite une chose, il utilise son pacte, qui n’est pas gratuit, mais il oublie une chose importante, on ne peut pas forcer une femme à vous aimer, même si vous faites disparaître l’homme qu’elle aime.

Chassé de toute part suite à sa détestable réputation, il n’aura pour compagnie que sa meute de loups. Son caractère s’aigrit de plus en plus.

Il est orgueilleux, vaniteux, envieux, tricheur, haineux et ne ressent aucun regrets.

Le pire, c’est qu’il ne se rendra jamais compte qu’il est responsable lui-même de ses malheurs ! C’est toujours la faute aux autres, les puissants, les seigneurs et tutti quanti.

Il change d’avis comme de chemise, oublie une femme parce que « pas assez riche » pour lui, mais devient furax le jour où elle se marie, alors que lui, il a convoité d’autres femmes ! Il a toujours une bonne excuse à son inconduite.

Et puisque se sont les autres les coupables, ils doivent payer tous autant qu’ils sont. De l’égoïsme à tomber raide mort.

Alors, avec sa meute de loups, s’engagera un bras de fer avec la meute de chiens du seigneur local, mais les loups, aidés de l’intelligence et du savoir de l’homme, seront les plus fort, tuant et détruisant tout ce qui vit.

Là dessus, je m’insurge ! Utiliser les loups pour se venger et faire le mal, c’est rajouter à la vieille peur ancestrale des loups, dévoreurs d’hommes. Pas une bonne pub pour ces pauvres créatures. Ok, avec des lapins, ça n’aurait pas fait le même effet…

Thibault parviendra-t-il a obtenir sa rédemption ? Pas de spoiler, muette comme une tombe.

Ce qui me fait enrager c’est que j’ai attendu 14 ans avant de lire ce livre ! Bon, le tort est réparé et ce fut une lecture gourmande et savoureuse.

Une belle leçon de morale et de vie sur tout ce qui peut découler des gens qui sont envieux d’autrui alors qu’ils avaient tout pour être heureux.

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette, catégorie « Loup » et aux challenges « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille lieues sous mes étagères ».

Bilan 2013

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Toute la question est de savoir de quoi mon année 2013 sera faite du point de vue « lecture »…

Voir aussi si je vais réussir à remplir tous mes challenges, bien que celui de « La littérature fait son cinéma » soit terminé, que celui de « Thrillers et polars » soit bien rempli. Mais il reste les autres.

Et ma PAL Noire, va-t-elle encore diminuer ?

Le but sera aussi de dépasser 2012 qui avait vu défiler 94 romans point de vue lecture.

Une affaire à suivre, donc !