American Psycho : Bret Easton Ellis

Titre : American Psycho

Auteur : Bret Easton Ellis
Édition : 10-18 (2005)

Résumé :
« Je suis créatif, je suis jeune, […] extrêmement motivé et extrêmement performant. Autrement dit, je suis foncièrement indispensable a la société ».

Avec son sourire carnassier et ses costumes chics, Patrick Bateman correspond au profil type du jeune Yuppie des années Trump.

Comme ses associés de la Chemical Bank, il est d’une ambition sans scrupules. Comme ses amis, de il rythme ses soirées-cocktails pauses cocaïne.

À la seule différence que Patrick Bateman viole, torture et tue. La nuit, il dévoile sa double personnalité en agressant de simples passants, des clochards, voire un ami. Mais il ne ressent jamais rien. Juste une légère contrariété lorsque ses scénarios ne se déroulent pas exactement comme prévu…

Critique :

ABANDON !! Oui et je vous jure que ça me fait bien râler (pour rester un tant soit peu polie) parce que ce roman, je voulais à tout prix le découvrir, surtout en lisant toutes les critiques positives sur Babelio..

Et oui, je savais ce qui m’attendait, du moins en ce qui concerne les scènes gores.

En fait, ce n’est pas ça qui m’a fait décrocher, mais les quantités de ce que je nommerai des élucubrations (celles d’Antoine me faisaient rire, pas celles des personnages du roman).

Déjà, dès les premières pages, j’ai soupiré en découvrant la scène du taxi et les dialogues sans queue ni tête. Surréaliste…

Et ce ne fut qu’une longue suite de soupirs en tournant les pages et en tombant sur des pavés indigestes de bla-bla, de liste de marques pire que si je me trouvais sur une chaîne consacrée aux pubs.

Ok, c’est bien que l’auteur insiste sur le fait que l’argent a fait d’eux des esclaves, que le dieu fric est leur maître et que ces gens ont perdu toute notion de ce qu’est la réalité. Mais de là à nous décrire, jusqu’à l’indigestion, les détails de leurs repas et toutes leurs vaines distractions… Soupirs, soupirs.

Heureusement que ces divagations endormantes étaient entrecoupées de scènes plus sanglantes pour me réveiller.

Patrick Bateman, notre personnage principal est psychopathe à ses heures perdues et il dézingue des SDF. On passe son temps comme on peu, non ?

Golden boy friqué, il est élégant, ne porte que des costumes qui valent votre mois de salaire, il est plus brillant qu’un sapin de Noël illuminé et nous pouvons dire que c’est une espèce de bôgosse. Bôgosse infernal et infect, oui !

Le pire, c’est que nous entrons à un moment dans l’ère du surréalisme poussé à pleine puissance puisque personne ne s’émeut des traces de sang sur les draps, le sol, les journaux imbibés de fluide vital que la femme de ménage dépose tout simplement dans la poubelle.

Il l’a vraiment fait ou pas ? Il a rêvé, fumé, disjoncté tout seul ?

Je n’en sais rien parce qu’au final, j’ai zappé des centaines de pages, les tournant en grimaçant pour finir par lancer le livre sur la table, de rage.

Même le sang qui giclait m’énervait à cause de tout le reste.

Le plus râlant ? Au boulot, tout était terminé, plié, encodé, clôturé, bref, j’avais le droit de m’affaler dans mon fauteuil de bureau, de mettre les pieds sur la table et de lire durant 4h…

Non, je n’avais rien d’autre à lire avec moi… et là, ce fut un long cri de douleur. Mes collègues ont cru que le PC avait planté, serveur y compris et que toutes les données étaient perdues. Z’ont eu peur.

Non, c’était juste ma frustration de lecture après quelques chef-d’œuvre littéraires. American Psycho ne sera pas mon coup de cœur et ma critique ira dans le sens contraire des autres.

Le livre qui a ébranlé l’Amérique ne m’a pas ébranlé, moi…

P’têt que le film avec Christian Bale sauvera les meubles ?

Titre participant aux Challenges « Romans Classiques » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

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26 réflexions au sujet de « American Psycho : Bret Easton Ellis »

  1. Je l’ai lu au moment de la sortie du film. J’avais adoré le film et découvert un grand acteur en la personne de Christian Bale.
    J’ai adoré le bouquin et découvert un grand auteur contemporain en la personne de Bret Easton Ellis. Je ne le classerai pas en roman culte, justement parce qu’il prête à débat : on aime ou on déteste. Pas de demi-mesure.

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    • Oui, comme quoi, les goûts et les couleurs…

      Il est classé en roman culte dans le challenge de Métaphore, je suppose que c’est parce que c’est un roman connu.

      Je vois que pas de demi mesure, en effet, ou on crie « au génie » ou on le brûle.

      Chez moi, ça n’est pas passé du tout. Dommage

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  9. après lecture de ta chronique, je me rends compte que l’on a les mêmes « réserves » face à ce livre ! et pareil pour le film (et pourtant, Christian Bale, Jared Leto… j’étais à la fête en trouvant le DVD… soupir)

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  13. Re Hello

    Je me disais bien qu’il n’avait certainement pas échappé à ton bon goût… Mais je me rends compte qu’il ne t’a pas plu du tout…

    C’est peut être parce qu’il te met en immersion dans l’esprit dérangé d’un sujet psychotique qui se défend comme il le peut de l’effondrement psychique qui le menace. Et c’est une manière de penser qui est très différente de celle d’un esprit sain. et c’est en effet à la longue très lassant.

    Lorsqu’il dévide en boucle le texte de publicité (le passage où il te fait la pub de TOUS les produits qu’il va utiliser d’un coup, même si c’est l’un après l’autre, sous la douche, ce qui montre tout de même que quelque chose ne tourne pas rond), lorsqu’il te décrit dans le détail ce que lui et les autres ont dans leur assiette, et ce que les autres portent sur le dos, en allant jusqu’à te rappeler l’année de la collection à laquelle tel costard appartient, ce sont des routines psychiques qu’on retrouve chez certain sujets psychotiques et qui leur permettent de s’accrocher aux éléments factuels de la réalité pour rester en prise avec elle parce qu’ils sentent intuitivement à quel point ils risquent souvent de perdre pied.

    C’est vrai que ça peut parfois avoir quelque chose d’un peu lassant sur des centaines de pages, mais ce côté répétitif souligne à quel point ces routine sont autant de branches auxquelles Bateman tente de se raccrocher pour ne pas sombrer. Note au passage le nombre délirant de cachetons qu’il avale et qui pourraient assommer un éléphant!

    C’est là tout l’art déployé par l’auteur : montrer en vue immersive le fonctionnement psychique d’un serial killer de façon crédible… cela n’a rien d’exaltant n’est-ce pas? Comme je te le disais dans un autre commentaire, vu comme ça le serial killer devient moins fascinant car plus du côté de la folie, et moins du côté d’un agir diaboliquement réfléchi ou construit. C’est le diabolisme qui leur est attribué qui vient titiller notre fascination pour le mal et nous intéresse aux serial killers… Là il n’est pas diabolique… Il est juste taré et on te montre comme il est : plus un esprit qui lutte désespérément pour ne pas sombrer… qu’un esprit éprouvant une jouissance sans limite à faire le Mal.

    En fait (ça y est, je fais ma philosophe 😀 ), c’est intéressant de voir que le serial killer tel qu’il est vraiment (c’est à dire comme un fou enchaînant les passages à l’acte pour ne pas sombrer) ne nous intéresse pas autant que lorsqu’on peut voir en lui une sorte de représentant de Satan sur terre! Le Mal fascine (parce que c’est important pour chacune d’entre nous de pouvoir faire la différence entre le Bien et le Mal, et de se rassurer sur le fait que nous restons du côté du Bien tandis que l’autre peut être du côté du Mal? Je ne sais pas… je m’interroge… Je te dis… je fais ma philosophe là… 😉 ), tandis que la folie nous rebute (peut être parce que l’acte fou n’a aucune explication, aucun motif intelligible… parfois aux yeux du « fou » lui même?). Et là… c’est un livre sur la folie. Pas sur le mal.

    Aimé par 1 personne

    • Ben voilà, tu as remarqué, j’ai pas aimé. Certes, il décrit la folie dans laquelle sombre Bateman (ne pas oublier le « e » au milieu) mais à la fin, ça devenait lourd et c’est moi qui allait devenir foldingue.

      Plus il luttait pour ne pas sombrer et plus moi je m’enfonçais dans l’ennui de fou.

      Le Mal a toujours fasciné, plus que le Bien, c’est ainsi. On le condamne mais parfois, on l’envie aussi et c’est ça qui fait peur. Les animaux ont plus facile, ils ne connaissent pas la différence entre le Bien et le Mal, sauf si tu lui apprend que pisser dans la maison, ça se fait pas, mais il comprend pas que c’est Mâle !

      Voilà donc un livre que nous avons lu et qui ne nous a pas fait le même effet du tout.

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