L’Affaire Nicolas Le Floch : J-F Parot

Titre : L’Affaire Nicolas Le Floch

Auteur : J-F Parot
Édition: 10-18 (2004)

Résumé :
En ce mois de janvier 1774, Nicolas Le Floch, le célèbre commissaire au Châtelet, est d’humeur sombre.

Sa maîtresse, la belle et capricieuse Julie de Lastérieux, est retrouvée empoisonnée et tous les indices le désignent comme coupable.

Qui cherche à compromettre le protégé du roi et du lieutenant général Sartine ?

Pour prouver son innocence et démêler les écheveaux de cette affaire qui met directement en péril la sûreté de l’Etat, Nicolas doit se cacher.

Au service du Secret du roi, il découvrira les cruelles subtilités des complots de cour.

Avec l’aide du fidèle inspecteur Bourdeau, tandis qu’entre Londres, Versailles et Paris les factions rivales s’affrontent, il devra déjouer bien des pièges.

Après « Le Fantôme de la rue Royale », c’est avec le même plaisir que nous retrouvons l’intrépide et talentueux Nicolas Le Floch dans une aventure sur fond de fin de règne, alors que la colère du peuple commence à gronder.

Critique :

Ouh, il l’a mauvaise, le Nicolas ! Colère noire, même. Jalousie ? Oui, un peu. On lui pardonne, voir sa maîtresse minauder auprès d’une espèce d’éphèbe alors qu’elle l’avait sois disant invité pour un dîner en tête à tête… ça la fou mal. Il claque la porte.

Pour les ignorants du fond de la classe, je parle de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet (Paris – nous sommes en 1774) et pas du lutin dont la femme chante à voix basse !

Ah, mon Nico, tu n’aurais pas dû retourner chez cette pouffiasse en pensant que tu allais te réconcilier… Tu l’as bien vu, elle faisait la fête bien que tu sois parti. Et cette bouteille de vin, cet excellent Tokay, tu aurais mieux fait de l’oublier au lieu d’aller le récupérer dans la cuisine.

Gênant lorsque, à votre réveil, on vous annonce que votre maîtresse est plus raide que la Justice et plus morte que morte. Empoisonnée, la bougresse.

Qui c’est qui est soupçonné ?? Nicolas ! Toutes les preuves convergent (un mot que j’adore) vers lui. Toutes ? Oui, toutes. Un peu louche, non ?

Nicolas sur la sellette, c’était inattendu. Sartine qui l’envoie au vert, encore plus, bien qu’il le soutienne et croit en son innocence. Quant à l’inspecteur Bourdeau, il fait en sorte de grimer Nicolas pour qu’il enquête lui-même sur son affaire.

Je m’attendais à une plus forte cabale contre Nicolas, mais elle ne prend pas beaucoup de pages sur les 393 que compte le livre.

L’enquête avance et puis, bardaf, plus haut, on leur met des bâtons dans les roues pour qu’ils arrêtent d’enquêter. Le pouvoir était aussi corrompu que celui de maintenant, pas d’Internet pour propager les rumeurs, mais malgré tout, la populace gronde de plus en plus contre son roi, le numéro XV.

Là-dessus, l’enquête est mise en veilleuse et le roman prend une autre tournure, Nicolas Le Floch se transformant en James Bond – l’Aston Martin et les gadgets en moins – et le voilà parti jouer l’espion à Londres, chevalier d’Eon et tentatives de meurtres comprises dans le prix.

A ce moment là, je ne comprenais pas très bien où l’auteur voulait en venir… La fin vous l’expliquera.

Les personnages sont fidèles, ils évoluent et on voit que les liens qui les unissent sont plus fort que lors de la première enquête. 14 ans ont passé et Le Floch a prouvé sa valeur en tant que commissaire incorruptible.

Sartine, le lieutenant général m’étonnera toujours. Derrière ses manières bourrues, on sent bien qu’il a de l’estime pour son commissaire. Il lui fera comprendre par petites touches, sans pour autant ôter sa carapace. Je l’aime bien, lui.

Le Paris de l’époque est bien rendu, le langage utilisé est d’époque, subjonctif imparfait usité (dont celui du verbe « recevoir »), tournures de phrase dont nous n’avons pas l’habitude, descriptions de recettes de cuisine, des bons mots, la vie de parisiens – avec ses petites misères – nous est décrite et on a même le droit de rentrer dans le Versailles de cette fin du XVIIIème siècle…

Tout cela vous fait voyager dans le temps plus vrai que nature.

Par contre, un passage que j’ai moins aimé, c’est la lente et looongue agonie de Louis XV, tué par la petite vérole. J’ai zappé quelques lignes et je ne lui ai pas tenu la main (risque de contagion !).

Bon, je veux bien que je suis dans un « polar historique » et que de ce fait, je sais que je vais manger de l’Histoire, mais faudrait pas oublier le côté « polar » ! Je n’ai rien contre le reste, mais l’auteur aurait pu faire agoniser le roi en moins de pages.

Ah ben tiens, l’enquête principale redémarra grâce à la mort du Roi. Surtout à cause du changement de pouvoir, parce que le roi avait Le Floch a la bonne.

Enfin, ça bouge un peu, du côté de nos policiers, ça complote, ça tend des pièges, ça fait des filatures et « fiat lux » !

Quand Nicolas explique tout, on comprend mieux…

Le livre est agréable, historiquement bien foutu, mais il souffre d’un essoufflement au moment du voyage de Nicolas à Londres et lors de la mort du roi.

Comme je vous le disait, au début de ma lecture, je pensais que Nicolas serait mit plus à mal par les accusations d’empoisonnement.

Heureusement que non, parce quand on apprend, durant notre lecture, ce que l’on faisait aux suspects et à quel genre de simulacre de procès ils avaient droit, on en frémit ! On intruisait uniquement à charge…

3 étoiles, 1 de perdue à cause des passages plus lent. Oui, je chicane, mais j’ai hâte de retrouver mon commissaire et sa nouvelle assistante féline, sans parler de son… Je sens que je ne vais pas m’embêter !

Livre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba, « Polar Historique » de Samlor, à l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

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7 réflexions au sujet de « L’Affaire Nicolas Le Floch : J-F Parot »

  1. J’adore ton billet, le ton que tu prends pour nous raconter Nicolas, ça donne envie ! ça tombe bien je vais lire le tome 3 dans quelques jours, j’ai hâte, j’aime tellement notre lieutenant, Bourdeau et même Sartine !

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    • C’est un Nicolas que j’aime bien, Le Floch. Le lieutenant Bourdeau est un amour, et sartine, bien qu’il ne laisse rien transparaître, apprécie Nicolas.

      Bonne lecture, alors !

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  5. Je vous souhaite le bon jour Dame Belette!

    J’ai l’heur de trouver céans ce vieux billet qui me ravit! Je suis les aventures du Marquis de Ranreuil depuis l’époque où il ne l’était encore point! Voilà une série de romans que je recommande chaudement partout à l’entour. Et je suis au comble du contentement en lisant à quel point vous appréciez notre Sieur Nicolas! Mais… Je vous en prie! Que le trépas de Madame de Lasterieux ne vous donne point de faux espoirs! Je l’ai vu la première ! Il est à moi !

    J’ai lu avec excitation le dernier volet de ses aventures en plein procès de l’affaire du collier… La révolution et les sans culottes (ciel auraient-ils
    Les fesses à l’air?) approchent… Je crains pour la survie de mon chéri ! Son ami le bourreau Sansom jouera-il à la pétanque avec sa tête ?

    Quel suspens! J’attends le prochain volume avec impatience… Émigrera-t-il? Au nouveau monde? Chez l’Anglois? En attendant de rejoindre l’équipe de Vidoc une fois l’Empereur au commandes? Cela étant il est comme moi! Il vieillit! Peut être prendra-t-il sa retraite?

    Et alors je me transformerai en une sorte de copie de l’infirmière psychotique du Misery de S.King… Kidnappant l’auteur pour l’obliger à changer le cours de l’histoire, empêcher la révolution et laisser Nicolas déjouer de nouveaux complots de courtisans d’homicidant les uns les autres?

    Aimé par 1 personne

    • Oui, trèèès chèèère, j’ai lu les aventures du cher Nicolas, pas le nain de jardin, mais le Marquis (ouh, le marquis, sade ?). J’eusse aimé que vous me disâtes (néologisme) avant afin que je susse que vous désirâtes le divin Marquis de Ranreuil… Trop tard car encore eut-il fallu(sse) que je le susse. Alors, j’ai omis de vous signaler par devers moi que le marquis m’avais surprise par derrière, le sagouin !

      Les sans culottes, une période que j’aurais aimé vivre, me donnant l’impression de me balader dans un camp de nudistes. Il serait d’ailleurs temps que je me remisse à la lecture des aventures du Nico de Paris ! Mais pour ma défense, j’ai tout les romans !! Pas frapper, pas frapper.

      Nooon, Nicolas ne vieillit pas… tu as tu as toujours de beaux yeux ♫

      Ok, on kidnappera l’auteur et il aura deux infirmières psychotique et sociopathes rien que pour lui !

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