1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens : Roland Marx

Titre : 1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens

Auteur : Roland Marx
Édition : Éditions Complexes (1987)

Résumé :
« Jack l’Éventreur » : un des plus célèbres criminels de l’histoire, d’autant plus connu peut-être que le mystère de son identité n’a jamais été percé et que les hypothèses les plus folles, y compris la mise en cause de proches parents de la reine Victoria, ont été avancées à ce sujet et continuent de se nourrir de « révélations » successives.

Cette « affaire » sert de point de départ à une enquête sur les mentalités victoriennes qui, seules, peuvent expliquer l’étrange écho provoqué par cette série de meurtres sordides.

On s’aperçoit bien vite que les Victoriens vivaient en proie à quelques grandes peurs : la maladie et la mort, le sexe, l’espace urbain qui, dans la « moderne Babylone « londonienne, recelait des bas-fonds terrifiants et des menaces aussi diffuses que redoutées.

En 1888, les grandes barrières contre le mal, la famille, la propriété, la religion, apparaissent branlantes dans un royaume gouverné par une souveraine exemplaire, mais vieillissante.

Les grandes valeurs morales, l’ordre social et politique fléchissent, la « peur du rouge » se développe, on vit sur une croûte de civilisation qu’un grand cataclysme menace d’engloutir dans les laves révolutionnaires. Les crimes de Jack réveillent ou révèlent des fantasmes inavoués ou inavouables.

Dans les brumes épaisses de novembre 1888, d’aucuns ne savent plus trop s’ils vivent l’avènement de la grande perversion sexuelle ou si les ombres fantomatiques de la Révolution sociale ne revêtent pas l’apparence du meurtre sordide comme signe annonciateur de la subversion finale.

Critique : 

Que peut-il y avoir de si fascinant dans un tueur en série, assassinant des prostituées, les découpant, les mutilant, repeignant même la chambre de Mary Kelly avec son sang ?

Parce que ses meurtres furent monstrueux ?

Il a tout de même assassiné sauvagement cinq prostituées (au minimum, plus si affinités) dans le quartier pauvre de Whitechapel, à Londres, en 1888.

Est-ce parce que son identité ne fut jamais trouvée et qu’on suspecta bien des gens, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir ?

Une chose est sûre : il fascine depuis toujours et peu de tueur peuvent se venter d’avoir fait couler plus d’encre que de sang, d’avoir suscité autant de mystère, d’avoir eu leur nom sur des affiches de cinéma, dans des livres, d’avoir été mis à toutes les sauces et d’avoir TOUJOURS leurs noms au Panthéon des meurtriers, plus de cent ans après leurs méfaits. Tout en suscitant toujours les questions et les théories les plus folles !

Oui, je l’avoue, ce tueur me fascine. Pourtant, il a peu de meurtres à son actif, d’autres ont fait pire et bien plus de victime que lui. Mais sur Jack, il planera toujours une aura de mystère quand à son identité.

Qui était-il ? Nul le sait…

Tout le monde y passa : le petit-fils de la reine Victoria, le prince Albert Victor, duc de Clarence; le peintre Walter Sickert; John Druitt, l’avocat retrouvé noyé dans la Tamise; le chirurgien de la reine, Sir William Gull; ; George Chapman, barbier polonais; Sherlock Holmes (oui, dans un pastiche ! Mais étant un personnage de fiction – sacrilège que de l’avouer – il ne peut être tenu pour coupable),…

Pourtant, « Jack l’éventreur » ne fut sans doute pas le surnom qu’il se donna lui-même, mais pourrait provenir d’un journaliste… Une chose est sûre, le surnom provient d’une lettre envoyée à l’agence de presse London Central News Agency par une personne déclarant être le meurtrier.

Lorsque j’ai acheté ce livre, je savais que je n’aurais pas de réponse à mes questions. Ce n’est pas pour cela que j’ai acheté ce livre mais pour me plonger dans la société victorienne comme j’aime le faire…

Le début du livre est consacré – en grandes lignes – au serial-killer Number One mais il ne sert que de base pour un tout autre but : nous éclairer sur le « comment de telles choses ont pu arriver », faire la lumière sur les paramètres sociaux qui ont permis aux actions de Jack de prendre une telle proportion.

Ensuite l’auteur pourra nous parler, plus en profondeur, de la société victorienne, de ses tabous, de ses mœurs, de religion, de la place de la femme (aux fourneaux, oui),…

La première partie qui détaille les us et coutumes ainsi que la politique est agréable à lire et les pages tournent facilement.

C’est ensuite que ça à coincé et que ce fut plus laborieux, là où j’ai sauté des pages…

La seconde partie est brute de décoffrage, hyper pointue et nauséeuse quand l’auteur aborde des sujets tels que l’économique, la politique,…

A réserver pour les passionnés de l’époque !

Note : Il faut savoir aussi que si certaines rues furent éclairées, ce fut tout de même grâce aux meurtres de Jack… No comment.

Lu dans le cadre du challenge « I Love London » de Maggie et Titine, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au challenge « Victorien 2013 » chez Arieste.

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