Le monde des quatre de Baker Street : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand & David Etien

Titre : Le monde des quatre de Baker Street

Scénaristes : Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien
Édition : Vents d’Ouest (2013)   

Résumé :
Bienvenue dans le Monde des Quatre de Baker Street !

Des bas-fonds de Londres au 221b Baker Street, des plus célèbres affaires de Sherlock Holmes aux secrets du diabolique professeur Moriarty, ce magnifique livre de 64 pages vous plongera au coeur de l’univers de la fameuse équipe d’apprentis détectives de l’époque victorienne.

Avec ses superbes illustrations originales signées David Etien et ses textes écrits par les scénaristes Djian et Legrand, cette véritable encyclopédie vous fera également découvrir, à travers trois courtes nouvelles, le passé de nos héros, ainsi que leur toute première enquête, sous la forme d’une bande dessinée inédite,  « L’Affaire du taxidermiste ».

Un must pour les fans de la série et les connaisseurs de l’univers de Sherlock Holmes !

Critique :
Et bien non, cet album n’est pas à l’usage exclusif des adeptes de cette série et/ou des connaisseurs de l’univers de Sherlock Holmes !

Ma foi, si vous êtes intéressé par quelques petits détails sur la vie londonienne de l’époque victorienne, tels que ses personnages marquants, ses Irlandais, Scotland Yard, l’East End, le 221b Baker Street, les personnages principaux du canon, les Workhouse, et bien, ce livre vous ravira, tout en vous évitant de vous farcir une brique indigeste.

Oh, attention, point de vue infos, ce n’est pas une mine d’or (64 pages), mais une pépite très agréable, surtout en raison des illustrations originales signées David Etien.

Déjà la couverture est une réussite : imitation carnet de cuir usé, les trois Irréguliers, le chat Watson (qui fait le quatrième membre) et Sherlock Holmes en arrière plan, petit sourire sournois aux lèvres. Bon, le macfarlane et le deerstalker sont excessifs, nous ne sommes pas à la campagne, que diable !

Le seul bémol de cette série est Holmes portant cette grande cape et cette casquette de chasse en plein Londres ! Holmes est un gentleman, costume et haut-de-forme sont de rigueur… Hélas, les gens ont plus l’habitude de la caricature.

Hormis ce détail, j’ai terminé ma lecture du « Monde des Quatre de Baker Street » avec ravissement, en ayant appris un peu plus sur ces trois jeunes apprentis Irréguliers de Holmes, tous trouvé par Wiggins, une vieille connaissance canonique.

Cet album contient, en outre, trois courtes nouvelles concernant le passé de nos héros, ainsi que leur toute première enquête, sous la forme d’une bande dessinée inédite :  « L’Affaire du taxidermiste ».

Les  textes sont clairs, précis, non dénué d’humour ou de petites saillies amusantes et avec ce soleil, ce fut un ravissement de plonger au coeur de l’univers de cette fameuse équipe d’apprentis détectives et d’en apprendre un peu plus sur leur passé et la manière dont ils furent engagés.

Une réussite !

Lu dans le cadre du Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « I Love London » de Maggie et Titine et le Challenge « Victorien » chez Arieste.

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Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang : Dobbs & Perger

Titre : Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Perger
Édition : Soleil (2013)

Résumé :
À Londres, les jeunes femmes respirent de nouveau. Elles peuvent enfin sortir sans craindre de rencontrer celui que l’on nommait Carfax : ce tueur fou n’est en effet plus une menace, car il vient d’être mis hors d’état de nuire par les actions conjuguées de Scotland Yard et de la pègre.

Malgré ce succès l’inspecteur Gregson et son équipe savent qu’ils doivent mettre la main sur l’autre monstre qui s’est échappé de la prison de New Gate, et qui se cache toujours dans l’ombre.

Sa traque finale débute alors que l’alliance entre policiers et malfrats montre ses limites.

Renfield, un nouveau cas clinique extrême pour le docteur Seward. Un terrifiant buveur de sang ayant régressé de façon quasi-animale après une enfance traumatisée. Un aliéné qui faisait trembler jusqu’à la plus grosse crapule de la prison. Un chasseur solitaire en quête de la seule chose qui puisse lui rappeler sa part d’humanité : les poupées d’une enfance brisée.

Critique :
♫ Je suis une poupée de cire, ♪ une poupée de sang…♫

♪Mon âme est gravée dans mes poupées, ♫Le sang, j’vais l’faire couler ♪

(Moi aussi je peux massacrer France Gall et ça ne me rapporte pas un balle !).

Avant de me replonger dans ce second tome, j’ai repassé en revue le premier et je me suis rendue compte que Mary Pearcey, la sage-femme que l’on pendait, avait été réellement suspectée d’être Jack l’Éventreur (merci « Science & Vie Hors Série » n°263 pour la confirmation). La relecture, ça a du bon.

Dans le tome 1, nous avions eu la mise hors circuit du malade mental Carfax, mais il reste toujours son acolyte dans la nature : Renfield ! Un sacré sadique malade mental, lui. Oui, il se nomme Renfield, comme le malade mental dans « Dracula » et je viens de recroiser Bram Stoker !

Alors ce tome 2 ?

1854… D’entrée de jeu, on commence par apercevoir un pan de l’enfance du petit Renfield, chez ses deux tantes perverses qui le logeaient dans un placard, le frappaient, l’affamaient,… Son seul divertissement était de jouer avec ses poupées, abîmées elles aussi par ses tantines sadiques. Et puis un jour, il a mis fin au supplice… Couic les tantines !

Renfield, c’est un terrifiant buveur de sang qui a régressé de façon quasi-animale après cette enfance brisée. Cet homme faisait trembler les plus grosse crapule de la prison. C’est vous dire que le méchant est à la hauteur.

Le but de ce chasseur solitaire ? Une quête… La seule chose qui puisse lui rappeler sa part d’humanité : les poupées d’une enfance brisée.

La mission de l’inspecteur Gregson, du docteur Seward et de Faustine Clerval est de l’arrêter à n’importe quel prix… Non, pas de spoiler sur la fin !

Les dessins sont toujours en aquarelles délavées, les cases sont toujours disposées de manière non linéaire, avec quelque fois, comme pour le tome 1, une grande illustration dans le fond et des cases dispersées au milieu de la page, pour mon plus grand plaisir.

Mais il y a un bémol : l’histoire aurait peut-être dû être contée en trois tomes (et non 2) à cause de tout les éléments qu’elle contient, de tous les personnages que l’on croise, qu’ils soient réels ou littéraires, et, ma foi, cette profusion de détails auraient bien mérité un plus long développement.

Autre petit soucis : nous sommes en 1889… et les personnages parlent de Sherlock Holmes au passé, comme s’il avait déjà disparu. Heu, 1889 ? Avec deux ans d’avance sur le canon ?? Bizarre.

Par contre, les personnages sont toujours bien campés, Gregson a mis les poings sur les « i » avec Lestrade (oui, les « poings » et pas les « points ») et ça lui a fait du bien de s’affranchir de sa mauvaise influence.

Wiggins a l’air de se soustraire à la pègre londonienne (bon, en 1889, il aurait dû être un Irréguliers de Holmes et pas de Moran – ce dont il ne fut jamais dans le canon) et Faustine Clerval, notre « ange » a plus d’un tour dans son sac, ou dans la valise.

Les allusions au calvaire qu’a subit Renfield sont coloriées en gris et sont peu nombreuse, à nous de nous imaginer ce que ces deux bigotes tyrannique auraient pu lui faire d’autre comme mal.

Le rythme est soutenu, le final nous donne le point de départ d’un futur célèbre roman mais, comme je l’ai dit, un tome de plus n’aurait pas fait de tort, il y avait matière à exploiter bien plus sur les personnages secondaires nommés mais dont on ne sait rien de plus; sur l’enfance de Renfield et sa vie à la prison de Newgate; sur sa rencontre avec Carfax; sur leurs matériel sadique; sur leur modus operandi;…

Bref, il y a tout un potentiel non exploité qui frustre le lecteur curieux. Si vous mettez votre curiosité de côté, no problem ! Les deux bandes dessinées se lisent avec plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « I Love London » de Maggie et Titine et le Challenge « Victorien » chez Arieste.