L’étouffe-serviette : Lawrence Block

Titre : L’étouffe-serviette

Auteur : Lawrence Block
Édition : Gallimard (1962)

Résumé :
Dans le hall, j’examinai la liste des locataires. Trois autres personnes habitaient au troisième étage. J’espérai qu’à cette heure tardive elles dormaient toutes paisiblement.

Quant à Sheila Kane, objet de ma visite, je ne risquais guère de la déranger. Elle venait de mourir et j’étais chargé de déménager subrepticement son cadavre…

Critique : 
C’est grâce à un membre de Babelio que j’ai découvert Lawrence Block  et après avoir lu « Huit millions de façon de mourir », je me suis mise à la recherche d’autres romans de l’auteur, bien décidée à poursuivre ma découverte des « Série Noire » des Éditions Gallimard.

Si j’ai aimé ? Affirmatif ! Durant ma lecture, j’ai même eu l’impression de me trouver dans un vieux films de gangsters des années 30 – avec les trench-coat et les chapeaux -, alors que nous sommes dans les années 60.

C’est l’effet Block, sans doute. Une écriture qui n’est pas celle d’un autre et qui a donné une atmosphère de vieux films en noirs et blancs à ma lecture. La couverture de ce vieux roman ne doit pas y être étrangère non plus. 50 piges, tout de même.

Alors, raconte ?

Ed London est un privé qui n’hésite pas à boire, mais pas autant que Matt Scudder, autre personnage de Block (il est impossible de boire plus que Matt, d’ailleurs) et London est plus agréable comme personnage de roman (mon avis en tant que lectrice). Avec lui, j’ai accroché dès le départ.

Le pitch ? Son beauf, Jack Enright, médecin gényco, trompe sa femme (la soeur de London) et pas de bol, sa maîtresse se mange un bastos dans la figure. C’est chez qui qu’il vient demander de l’aide ? Chez Ed, pardi, le seul qui puisse résoudre l’affaire et empêcher la police de remonter jusqu’à Jack (qui payait le loyer de l’appart).

Comment éviter que les flics lui tombent sur le paletot ? En déplaçant le cadavre pour le jeter ailleurs… Ce que Ed fera, dans Central Park.

Là, je dis « honteux » ! Et le tri sélectif, monsieur Ed ? C’est pour les chiens ? Un cadavre, c’est direct dans les poubelles conçues pour les déchets organiques ! Se débarrasser du corps sur l’herbe humide, au mépris de toutes les règles de recyclage, c’est direct une visite des Écolos Bobo.

Voilà pourquoi j’ai un compost, plus facile pour se débarrasser des corps…

Bon, tout avait été comme sur des roulettes quand tout à coup… Primo, ils apprirent par les journaux que Sheila Kane n’était pas connue de la police sous ce nom là et secundo, un coup de fil anonyme passé à London exigea qu’il remette la serviette qu’il avait dérobée…

– Ah non ! J’ai déjà dit que je n’avais pas la serviette, ça suffit maintenant ! Plus qu’assez de la serviette que l’on m’accuse d’avoir et que je n’ai pas.

– Oh, Monsieur London, restons calme, c’est juste une serviette…

– Qu’on ne me parle plus de serviette ! Je vais boire un verre de fine Napoléon pour la faire passer, cette maudite serviette.

– Pourtant, vous l’avez joué finement, monsieur le privé… vous m’avez épatée, étonnée, subjuguée.  Napoléon n’aurait pas fait mieux.

– Certes… D’ailleurs, chère lectrice, vous n’aviez rien vu venir…

– J’avoue que je n’ai pas vu tout venir. Sherlock Holmes avait raison, « une fois l’impossible éliminé, ce qu’il reste, aussi improbable que ce soit est la vérité ».

– Vous auriez dû l’appliquer, ce précepte du Maître !

– Ohlà, attention, je revendique tout de même d’avoir trouvé ce à côté de quoi vous étiez passé dès le début, monsieur London… C’était gros comme une maison, pour moi. Là, j’avais éliminé l’impossible et la réponse évidente s’imposait dans mon esprit.

– Oui, mais vous étiez détachée, vous, moi pas.

– Je le reconnais…  Allez, sans rancune, on passe un coup de torchon ? Ou de serviette ?

– Un verre de fine, Belette ?

– Beurk, non merci !

C’est donc un super petit roman (250 pages) que je viens de terminer cul-sec. Les cadavres se ramassent à la pelle et Ed a dû faire travailler ses petites cellules grises pour tirer cette affaire au clair. Il est fortiche, le privé London.

Bluffée jusqu’au bout je fus, l’auteur m’a donné quelques coups de pieds au cul et son roman aurait même pu s’appeler « magouilles et compagnie » tant tout était bien goupillé. Jusqu’à la dernière goutte, heu, dernière ligne.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1) CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

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13 réflexions au sujet de « L’étouffe-serviette : Lawrence Block »

    • Dernièrement, pour la ville de Bruxelles, ils nous ont inventé les sacs poubelles pour les déchets « organiques ».

      Alors, au boulot, le comique de service m’a sorti « les déchets orgasmiques » et je ne vous écrirai pas comment la conversation a rebondi sur le sexe… ensuite, vu qu’il a de l’humour noir, il a dit que ça pourrait servir au meurtrier pour mettre les cadavres…

      Ambiance délire dès le matin, avant même la première tasse de café.

      J’ai repensé à ses bêtises.

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      • Ne me dis pas que l’on va bientôt devoir mettre notre caca dans des sacs poubelle !!! 😆 Ici, nous avons un nouveau procédé qui nous a légèrement obligé à faire un compost sinon les ramassages supplémentaires de déchets (organiques ou pas) s’ils sont supérieurs à une fois par mois (bonjour l’hygiène) sont considérés comme des amendes !!! On casque bien pour ça !!! Du vol au nom de l’écologie…Sinon je vois que tu as des collègues très sympas !!! 😀

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        • Non, non, de grâce ! Juste les déchets d’origine légumière, viandeux, et autre affaire qui se mange et que l’on jette par les fenêtres !

          Pareil chez nous, ils nous demandent de trier les poubelles pour éviter une taxe et puis, deux trois ans après, grande campagne à Bruxelles « triez les déchets »… mais, on le fait déjà ? Non, avant, pas obligé, là oui. Et une taxe en prime, on s’en moque que vous ayez été sage.

          Les gens déposent leurs gros déchets un peu partout et ceux qui habitent en Flandres, vu que le sac poubelle officiel (tu peux pas en utiliser un autre) est à 1,25€, et bien, ils viennent déposer leurs sacs poubelles devant les maisons des bruxellois.

          Un sacré bordel, les poubelles !

          Compost à la campagne, oui, mes parents ont des poules et des chiens, ça limite les déchets organiques, mais un compost dans la capitale, je sais pas où le mettre !

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  1. Ah NON !
    Tu vas pas me faire tous les Block !
    Déjà que tu m’a mis l’eau à la bouche avec ses huit millions façons de mourir, et maintenant, tu refuses des verres de cognac ! Cul-sec. la prochaine fois, tu le prends, et tu fais tourner le verre. Y’en a que ça peut intéresser ! Je te donnerais bien des coups de pied au cul, mais on ne se connais pas assez… J’attends au moins un rendez-vous et une bière ensemble pour me permettre ce genre de familiarité.

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    • Ben, si, j’ai bien envie de me faire une grande partie des Block… 🙂

      Qu’est-ce qui t’a mis l’eau à la bouche ? La critique du livre ou le verre de fine Napoléon ??? Écoute, le verre de cognac, je te le laisse, de bon coeur, je te jure, c’est ma charité chrétienne qui parle *air innocent*

      Je te propose un rencart, une chope de vraie bière, pas de la bête Pils, mais au moins une trappiste ou une d’abbaye et là, je te laisserai me botter le cul.

      J’apprécie les gens qui savent respecter les règles, les moeurs du premier rendez-vous et que ne se permettrait jamais de botter les fesses avant le premier rencart.

      Bison, tu es un homme bien ! 🙂

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  2. Ping : Bilan Livresque de Juillet 2013 | The Cannibal Lecteur

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