Ric Hochet – Tome 4 – L’ombre de Caméléon : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 4 - Ombre Caméléon

Titre : Ric Hochet – Tome 4 : L’ombre de Caméléon      big_3

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet

Édition : Le Lombard (1966) 

Résumé :
Le journaliste détective Ric Hochet a décidé de réaliser un reportage sur les conditions de détention des condamnés. Pour ce faire, il s’immerge dans le milieu carcéral sous le contrôle de son ami le Commissaire Bourdon. Mais Ric est reconnu et doit participer de force à l’évasion de plusieurs détenus dont Pierrot Volcan alias l’inspecteur Manière alias le Caméléon.

Ayant abandonné le journaliste, les évadés s’évaporent dans la nature après avoir, par l’intermédiaire du Caméléon, défié les forces de l’ordre.

Commence alors une chasse à l’homme éprouvante dans laquelle les malfrats ont semble-t-il une longueur d’avance sur les enquêteurs. Pour sûr, cette situation ne peut perdurer puisque Ric en fait une affaire personnelle.

POLAR - RH Ombre caméléonCritique :
Ric Hochet en prison ?? Non ? Impossible ! Rhââ, dommage que le scénariste n’ait pas joué avec nos nerfs en nous le faisant croire vraiment… Il aurait pu insérer le passage où Ric Hochet demande au directeur à se faire enfermer en prison, en flash-back. Dommage, il a raté l’occasion de nous donner plus de sueurs froides.

En taule pour rédiger son article, tel un bon journaliste, Ric a un peu de mal à se faire accepter par ses deux collègues de cellule. Ils ne lui font pas confiance, normal, ils vont se la jouer comme les frères Dalton : évasion !

Ric se fait mettre au parfum – après quelques tests destiné à vérifier si son signe astrologique n’est pas « Balance ascendant Mouchard » – et notre ami s’évade avec eux…

Aie, aie, aie, le voici face à un ancien détracteur qu’il a côtoyé lors d’une affaire de détournement de dossiers secrets ! Et son ennemi, alias le Caméléon, semble à nouveau prêt à en découdre avec la police en cherchant à la ridiculiser sur des forfaits que le malfaiteur aura annoncés en public préalablement. Le matricule de Ric va chauffer !

Dans ce tome 4, bien que le Commissaire Bourdon tienne sa place de policier, il se fait berner et mener en bateau trop souvent.

La résolution de l’affaire  lui filera une fois de plus des doigts ! Notre journaliste détective est au top et comprendra les tenant et aboutissant de ces cambriolages grand guignolesques dont le Caméléon vient de réaliser à la manière d’un Arsène Lupin.

Duchâteau, le scénariste, s’amuse avec son lecteur en lui proposant une énigme où les pistes sont multiples et où tous les intervenants sont des bandits potentiels.

Le scénario est audacieux et il vaut mieux lire les albums dans l’ordre afin de ne pas obtenir l’identité du méchant vu dans le tome 1.

La première fois que je l’avais lu, j’avais été bluffée par l’histoire et, tel Bourdon et tous les autres, je m’étais fait prendre au piège.

Course-poursuites, foutage de gueule envers la police, cambriolages de haut-vol et sensations fortes avec  des cascades non doublées, dignes d’un Bébél dans ses jeunes années.

Les dessins sont clairs, de très bonne qualité, énergiques, Ric Hochet y est plus mieux que dans les plus récents.

Explications claires et précises, pas de folie comme dans certains tomes. Bref, un bon album.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

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Ric Hochet – Tome 2 – Mystère à Porquerolles : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 2 - Mystère à PorquerollesTitre : Ric Hochet – Tome 2 : Mystère à Porquerolles       big_5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet

Édition : Le Lombard (1964) 

Résumé :
Ce matin-là, Ric Hochet apprend que son ami Bob Drumont, en reportage à Porquerolles, a disparu depuis deux jours. Inquiet, le journaliste décide d’aller là-bas pour tirer cette affaire au clair.

Sur place, la disparition de Bob demeure fort mystérieuse et Ric a bien du mal à obtenir des informations…

A Toulon, il a découvert dans une boutique le bijou fétiche de son ami.

A Porquerolles, à l’hôtel de la Marine, la chambre réservée par Bob a subi une fouille sévère. Tout porte à croire que ce dernier a été victime d’un enlèvement surtout lorsque Ric reçoit un message codé de Drumond l’incitant à rester sur l’île et à se méfier d’un certain « B ». Serait-ce le Baron de Gusbin, le mécène de Porquerolles ?

POLAR - RC PorquerollesCritique :
Les bédés sorties il y a longtemps auront toujours un avantage indéniable sur les contemporaines : 62 planches au lieu des minables 46. On en avait pour son argent.

Le scénariste peut prendre son temps et ne doit pas résoudre le tout à la hussarde, dans la dernière case de la dernière page.

Voilà pourquoi avec ses 60 pages d’aventures (on commence à la page 3) et son excellent scénario, couplé à de bons dessins, « Mystère à Porquerolles » est une des meilleures aventures de Ric.

Déjà, l’endroit idyllique qu’est l’île de Porquerolles est dépaysant lorsqu’il pleut comme vache qui pisse dehors.

De plus, le mystère est là : Bob Drumont, en reportage sur l’île, a disparu. Ric y est envoyé et directement, il se passe des choses étranges et on ne veut pas que certaines personnes parlent.

Bon, page 14 on apprend déjà qui est un des « méchants », mais le lecteur est loin de se douter de toutes les complicités. Bien qu’en en découvrant une de plus, il reste toujours le cerveau de tout, celui dont on ne voit quasi rien.

Ric va devoir se méfier s’il ne veut pas que sa deuxième aventure soit aussi la dernière. Heureusement, bien qu’on essaye cent fois de le tuer, il passe au travers de tout.

Aventures, rebondissements, soleil, mystère, trappe souterraine, écoute de chambre, déguisements et ce n’est que sur la fin qu’on apprend qui était le cerveau.

Lors de ma première lecture, je n’avais pas trouvé, maintenant, j’ai beau le savoir, relire cette aventure – qui fait partie de mes préférées – est toujours un plaisir agréable.

Duchâteau maîtrisait ses scénarios et savait nous cacher des indices importants sans que l’on fasse le rapprochement et sans utiliser des artifices partant dans tous les sens comme il fera souvent ensuite.

Bref, c’était du Ric Hochet grand cru, celui-là. Après, on a eu de la piquette.

Ric Hochet – Tome 1 – Traquenard au Havre : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 1 - Traquenard au Havre

Titre : Ric Hochet – Tome 1 : Traquenard au Havre      big_3-5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1963) 

Résumé :
Cet album comporte deux histoires :
« Signé Caméléon » – Un soir comme les autres, Ric Hochet raccompagne son vieil ami, le commissaire Bourdon… Devant la porte de son domicile, le commissaire se fait renverser par une voiture. Heureusement sain et sauf, il regagne son appartement pour découvrir qu’il a été cambriolé et qu’un dossier top secret a été dérobé !

« Traquenard au Havre » – Dans les rues du Havre, Ric est percuté par une autre voiture. L’autre conducteur, un riche armateur, visiblement très inquiet et très pressé, lui confie que son fils a été enlevé…

Critique :
C’était au temps où Ric Hochet était un vrai enquêteur… C’était au temps où les scénarios étaient excellent et bien pensés.

A mon humble avis, les premiers albums de Ric Hochet sont les meilleurs en ce sens que les aventures du journaliste détective sont de « vraies » enquêtes policières et que ces albums là ne sont pas pourris par des éléments « fantastiques » (même si le fantastique n’est jamais que apparent puisque toujours de main humaine) et que les explications de « fin » sont logiques et pas capillotractée comme dans certaines aventures.
Si vous êtes sages, je vous en parlerai.

Deux aventures dans ce premier album :
« Signé Caméléon » – le commissaire Bourdon a été cambriolé et un dossier top secret a été dérobé ! Sur une bouteille, une empreinte d’un truand reconnaissable entre toutes…

Un soupçon d’espionnage mêlé d’enquête policière. Heureusement que Ric est là, parce que sans lui, je ne sais pas comment ferait le commissaire Bourdon.

Bien que les preuves qui accusent les coupables soient plus grosses qu’une montagne, Bourdon fonce comme un taureau.

L’aventure est bien faite et je n’avais pas soupçonné le coupable la première fois, bien que je me sois demandé pourquoi le dessinateur avait fait un aussi gros plan d’une certaine chose. Il nous mettait sur la voie en quelque sorte, après avoir essayé de nous embrouiller avec un comportement bizarre d’un inspecteur de police.

Bon, après 36 lectures, on perd le plaisir de la découverte, on ne suspecte plus un autre, mais j’aime toujours relire les premières enquêtes de Ric et je le trouve mieux dessiné que maintenant.

« Traquenard au Havre » ensuite. Un industriel croise la route de Ric et lui confie que fils a été enlevé…

Ce qui est un peu gros, c’est que l’homme en question face confiance à Ric au point de lui confier la rançon.

Nous on sait qu’il ne la volera pas, mais pas l’homme. Hormis ce détail, l’histoire est bien faite, pas de temps mort et happy end.

Les explications sont logiques et pas tirées au forceps.

Ric Hochet – Tome 3 – Défi à Ric Hochet : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 3 - Défi à RH

Titre : Ric Hochet – Tome 3 : Défi à Ric Hochet

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1965) 

Résumé :
Rémy Valloire, un industriel spécialisé dans la construction de moteurs d’avions, est l’objet d’un accident aéronautique. Ric, qui pilotait un autre aéroplane vient lui porter secours.

Le rescapé lui fait part des ses soupçons quant au sabotage de son appareil. De plus, depuis quelques jours, il reçoit des appels téléphoniques anonymes le menaçant de mort.

Qui, dans l’entourage professionnel ou dans son cercle d’amis, a intérêt à vouloir faire disparaître l’industriel ?

Ne serait-ce pas plutôt un coup monté de toute pièce sachant que Valloire semble cacher quelque chose ?

POLAR - RicHochet1Critique :
Voilà Ric Hochet embarqué dans une drôle d’histoire… En invitant le commissaire Bourdon faire son baptême de l’air (qui, malgré son nom, a peur de s’envoler) et en le taquinant sur sa peur des avions, il était loin de se douter que ce vol pourrait être le dernier !

C’est vraiment de justesse qu’il évite un autre avion qui s’écrase au sol quelques instants après. Ric, superhéros, réussit à sauver son pilote, l’industriel Rémi Valloire (une connaissance à lui). Ce dernier lui apprend qu’il reçoit des menaces depuis quelque temps et qu’il s’agit sûrement d’un sabotage…

Le chevalier Ric décide donc de démasquer le vilain qui envoie des menaces à son ami en menant son enquête directement dans la villa de Valloire, faisant connaissance par là même avec ses proches.

J’ai l’air de me moquer, mais au moins, ici, nous sommes face une enquête policière traditionnelle, bien que le scénariste saupoudre déjà de quelques éléments qui reviendront trop souvent la série, à savoir que la victime passe, aux yeux des autres, pour un simulateur.

Ben oui, vu comme ça, tout accuse Valloire ! A croire qu’il a lui-même mis en scène toute cette pantomime. Le seul qui est prêt à croire Valloire, c’est Ric Hochet (et le fils de Valloire), comme d’habitude !

Dans cette intrigue, le journaliste occupe la place d’enquêteur à lui tout seul, le commissaire Bourdon étant reléguée au second rang.

Album à l’ancienne, c’est durant 60 pages que les rebondissements seront légion. L’atmosphère est inquiétante, les soupçons dirigés sur Valloire sont nombreux car il cherche un peu trop à justifier les agressions dont il est l’objet.

C’est dans les vieux albums que j’apprécie plus Ric Hochet : pas d’éléments fantastiques ou d’explication alambiquées, le journaliste enquêteur est plus réaliste, plus mature, les décors sont agréables, le petit côté rétro ajoutant du charme.

De plus, cette histoire – hormis son défaut rédhibitoire d’avoir une victime que personne ne croit – est remplie de quiproquos et le scénariste manipule les personnages de façon à les conduire souvent dans la mauvaise direction, le lecteur étant embarqué avec, cela va sans dire !

Une pure réussite et un coup de pied au fesses parce que je ne m’attendais pas au coupable… la première fois, après 36 relectures, on ne l’oublie plus. Et malgré que je sais qui c’est, j’ai toujours plaisir à la relire.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

La Femme en vert : Arnaldur Indriðason [Erlendur Sveinsson 2]

Titre : La Femme en vert

Auteur : Indridason
Édition : Points (2007)

Résumé :
Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange… Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d’indices au commissaire Erlendur.

L’enquête remonte jusqu’à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d’une Islande sombre et fantomatique…

Critique :
Les gosses sont quand même drôles : offrez-leur un super jouet et ils s’amuseront avec la caisse en carton… Pareil pour les bébés : il existe un tas de jouet à mâchouiller quand ils font leurs dents, mais ici, la petite ne trouve rien de mieux que de fourrer une côte dans sa bouche. Non, non, pas une côte de porc, mais une côte humaine ! A ce stade, nous ne savons pas si elle appartenait à Adam ou Ève…

À Erlendur de résoudre l’affaire du corps enterré depuis 50 ans dans une maison en construction. Un squelette qui, à peu de choses près, pourrait être offert à l’école du coin pour servir de « Oscar » aux cours de biologie. Bon, une fois qu’on l’aura extrait de la terre qui le recouvre, le tout délicatement.

Ami(e) lecteur(trice), si tu cherche un roman policier dont l’enquête se déroule à vitesse « Fast and Furious », laisse tomber ce roman, ou plutôt, range-le délicatement dans l’étagère de la librairie.

Le commissaire Erlendur prend son temps… Son auteur prenant un malin plaisir à jouer avec son lecteur, faisant monter l’affaire en douceur tout en lui mettant la tête dans la misère humaine et dans une certaine fange.

Par contre, si vous aimez la lenteur (qui n’est pas ennuyante) et plonger plus profond que l’enquête elle-même, ouvrez-le livre et dévorez-le ! Mais attention, c’est sombre… Violent, sans concession.

Ce que j’aime chez Indridason, c’est l’Histoire dans l’histoire : pendant que Erlendur cherche QUI est le squelette (tout en tentant de sauver sa fille, miss cocaïnowoman), nous suivons l’histoire d’une femme qui a fait l’erreur d’épouser un homme brutal.

Durant tout le roman, les deux récits sont en alternance, le suspense de l’enquête montant crescendo tandis que nous suivons la « via dolorosa » de cette femme et de ses trois enfants obligés de subir les coups, les humiliations, l’abaissement plus bas que terre, sans que personne ne lève le petit doigt.

Petite note : une envie folle m’a prise d’entrer dans le roman, armée d’une carabine au canon scié pour faire la peau de cette ordure. Oui, je suis comme ça moi quand je m’énerve : aux quatre coins de Reykjavik on l’aurait retrouvé, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile!

Dans les romans que j’ai lu d’Indridason, j’ai eu une propension à aimer les coupables de meurtre et à cracher sur les victimes, qui l’ont souvent bien méritée… Serait-ce pareil ici ? Parce que, toute fière que j’étais, je ricanais dans ma cape, sachant bien QUI se trouvait enterré-là et pourquoi. Mhouahahaha !

Ah, ma douleur fut cuisante, j’ai souffert dans les cinquante dernières pages, implorant l’auteur de faire preuve d’un peu de compassion pour ses pauvres personnages.

Par contre, il n’a eu aucune compassion pour moi : le coup de pied au cul que je me suis prise ! « Je sais, je sais… » Tu parles que je savais ! Je sais qu’on ne sait rien, oui ! Tiens, un autre coup de pied pour m’apprendre à ne pas ricaner que « je sais » alors que je ne sais rien.

Une fois terminé, j’ai posé le roman sur la table et je me suis dit qu’un kleenex ne serait pas du luxe…

C’était beau, c’était grand, c’était magistral, c’était dur, émouvant, terrible… C’était Indridason, tout simplement.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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