Ric Hochet – Tome 7 – Suspense à la télévision : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 7 - Suspence à la télévision

Titre : Ric Hochet – Tome 7 : Suspense à la télévision     big_3

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1968) 

Résumé :
Ric Hochet et le commissaire Bourdon rencontrent, dans le train qui les ramène de Bruxelles à Paris, le chanteur Lionel, le nouveau millionnaire du disque.

Celui-ci a été agressé par un mystérieux barbu qui semble vouloir lui extorquer une forte somme d’argent. Rapidement, il apparaît que la rançon n’est qu’un prétexte et que l’on cherche à lui nuire…

POLAR - Ric Hochet suspense_television 93JPGCritique :
Ça y est ! Le gang des barbus à encore une fois de plus frappé… sur la personne d’un jeune chanteur mignon, l’idole des midinettes qui hurlent à la mort chaque fois qu’elles le voient arriver. Pourtant, les chansons du bô gosse sont nulles à chier ! Alors ?

C’est dans le train qui fait Bruxelles/Paris que Ric Hochet et le commissaire Bourdon rencontrent le chanteur dont je vous parle plus haut. Je vous rassure de suite, il ne s’agit pas de Bieber(on) qui n’était pas encore né à cette époque (ils en avaient de la chance), mais de Lionel, le nouveau millionnaire du disque.

Celui-ci a été agressé par un mystérieux barbu qui semble vouloir lui extorquer une forte somme d’argent. Rapidement, il apparaît que la rançon n’est qu’un prétexte et que l’on cherche à lui nuire… Pourquoi ? Vous le saurez en lisant le septième album de Ric Hochet !

Un jeune artiste en vogue, minouche, sympa, humble, un maître chanteur qui veut le faire chanter d’une autre manière et notre journaliste détective, Ric Hochet, sans peur et sans reproche… De l’humour, du suspense, Bourdon qui regarde d’un mauvais œil la présence de Jo, l’ancien braqueur et un cambriolage « pour la bonne cause » (comme Holmes et Watson dans « Charles Auguste Milverton ») commis par Ric Hochet et cet ancien voleur qu’il a lui-même arrêté. Si ça c’est pas du vice ! Un mec qu’il a fait mettre à l’écrou ! 🙂

Cet album me comble toujours de plaisir à chaque relecture. Ric Hochet court partout pour tenter de démaquer l’homme masqué qui est plus difficile à saisir qu’une anguille bien huilée.

Le journaliste échouera quelques fois, mais il est plus tenace qu’un bouledogue qui tient un os et son ingéniosité sera plus qu’utile pour contrecarrer les plans machiavéliques du rançonneur sachant rançonner.

Dans cet album, le scénariste André-Paul Duchateau n’hésite pas à se mettre en scène avec humour puisqu’il se retrouve producteur de chanson sous le pseudo A.P. Ducastel : en effet, c’est le nom de celui qui a écrit les paroles de la chanson « des chiffres » de Lionel.

Je vous rassure de suite, les grands paroliers peuvent dormir tranquille ! Les paroles un peu niaises de la chanson « Les chiffres » sont sans aucun doute l’illustration par l’absurde des cartons de l’époque dont les paroles volaient aussi haut que le derrière d’un basset et que tout le monde plébiscitait ! Et non, non, rien n’a changé depuis lors.

L’enquête dans le milieu de la télévision est jouissive car dépassée à l’heure actuelle mais ce côté suranné à une saveur incomparable et jouissive aussi parce que le dessinateur Tibet nous offre le portrait d’un bon nombre de personnages illustres de l’ORTF des années 70.

Pour les citer, on pourra retrouver Johnny qui intervient en tant qu’artiste subissant l’ombre de Lionel, Sacha Distel, Guy Lux et Léon Zitrone.

Quant au poste de télé, à cette époque, c’est du luxe d’en posséder un.

Une scène mythique de cet album, c’est celle de la course poursuite en chris-craft sur la Seine digne de James Bond, les gadgets en moins.

Un final qui vous scotchera sur votre siège, la main dans le plat de pop-corn. Sûr, vous avez suspecté tout le monde et vous ne vous attendiez pas à ça !

La télé réalité poubelle vous fait chier ? Achetez cet album (ou faites vous-le offrir) et partez à la découverte d’un monde que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître : la télé comme vous ne la verrez plus jamais (sauf dans les séquences nostalgie) et regardez, heu, lisez cette émission spéciale animée par Ric dans laquelle les masques vont tomber comme des midinettes quand elles voient Lionel.

Ne pas zapper car sans coupure pubs !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

POLAR - RH Suspense télé

Publicités

1984 : George Orwell

Titre : 1984                                                         big_4

Auteur : George Orwell
Édition: Folio (1972)

Résumé :
L’origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son « Big Brother », figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l’URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.

Mais Orwell n’oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures…

Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c’est la richesse des personnages, qu’il s’agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir…

C’est aussi cette « novlangue », affadie et trompeuse, destinée aux « proles », et ces formules de propagande (« L’ignorance, c’est la force ») scandées par des foules fanatisées et manipulées. 1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

Critique :
Que dire de nouveau après 203 critiques sur Babelio ? Que depuis l’incident avec la grosse curieuse NSA, les ventes du livre ont augmenté de… 7000% ? Comme quoi, tout le monde veut en savoir plus sur Big Brother…

Big Brother n’est pas vraiment un système de surveillance, c’est surtout le portrait d’un homme avec des grosses moustaches qui fait curieusement penser à Staline.  Sa tronche est présente partout en Océania.

Océania ? Nouveau Club Med ? Non ! Un Régime Totalitaire dans toute sa splendeur qui nivelle à mort par le fond. Même la télé réalité n’arriverait pas à faire aussi bien qu’eux parce que nous possédons encore le libre arbitre de la regarder ou pas.

Sûr que ce livre m’a fait dresser les cheveux sur la tête ! Quand je vous dis que c’est un régime « totalitaire », vous pouvez me croire, on frôle même la perfection, la machine est bien huilée, style rouleau compresseur et vu d’ici, la mécanique me semble sans faille.

Observons là de plus près…. L’espion qui espionne les espions, c’est nous. En cas de problème, le terminal de l’aéroport en Russie nous servira de Terre Promise !

A Océania, on surveille tout le monde derrière des écrans et pour votre intimité, vous repasserez ! Une sorte d’écran de PC ou de télé au mur qui voit tout.

A Océania, l’ennemi d’hier devient le super pote du lendemain et on efface des « journaux » le fait qu’on ait été en guerre avec lui durant quelques années. La population ne doit pas savoir, elle doit oublier.

Oh, pardon, les journaux ne sont pas en vente libre dans le kiosque du coin, mais disponibles aux archives et constamment remis à jour.

Winston, notre « z’héros », est chargé, avec d’autre, de changer les infos des journaux que la population n’a jamais eu l’occasion de lire. Le tout pour le bien de l’Histoire.

Quand je dis que l’on nivelle par le bas, on y va à fond et même Nabilla a plus de mot de vocabulaire que leurs dicos. Fini les synonymes et les antonymes, on utilisera « bon » ou « inbon » et « plusbon »… Les dictées de Pivot seront insipides… pardon, en Novlangue, c’est « inbon ».

Le sexe ? Bientôt comme chez les animaux d’élevage : pour assurer la pérennité de la race, quand au plaisir… Quel plaisir ?? « Orgasme » ne se trouve pas dans leurs dictionnaire.

Vous faites un pas de travers ? On peut vous dénoncer, surtout votre famille, vos enfants… déjà bien conditionné, les moutards ! Pffffttt, vous serez vaporisés et votre nom disparaîtra aussi. Existence zéro.

A Océania, à 7h du mat’, on vous réveille grâce à l’écran et c’est parti pour une séance de gym tonique  style « Véronique et Davina » mais sans elles, sans les jolies poitrines qui dansent, sans le sourire, mais avec la sueur et les injonctions : « Élève Winston, touchez vos pieds avec vos mains, mieux que ça ! ».

Tout est manipulé et la population gobe tout comme des oies au gavage… Les mensonges sont répétés et deviennent Vérité Historique. Sont gravés, quasi.

C’est pas le cas dans notre société ? Non ? Z’êtes bien sûrs ? Je suis tracée avec mon GSM, mon abonnement aux transports en commun, le PC du boulot, mon PC personnel aussi car Obama lit mes critiques que la NSA surveille de près, je dois être sur la liste rouge parce que tout à l’heure, j’ai dit à mon collègue que… Hé, non, je ne vais pas l’écrire, sinon, je vais monter en grade à la NSA !

Pharmacie ? Idem avec la carte SIS (Vitale en France), si vous avez une carte « GB-Carrefour », ils savent même ce que contient votre panier de ménagère de moins de 50 piges !

Caméras par-ci, caméras par-là… Les JT ne nous disent pas tout, on ne sait rien, les gouvernements nous mentent, les banques et assurances aussi, les lobbys contrôlent tout et certains osent même affirmer que la croissance va remonter… Une bonne nouvelle pour faire plaisir à la masse, comme dans le livre ??

Si le roman est assez long à lire et à certain moment « lourd », il faut s’accrocher afin d’arriver jusqu’au bout. Je l’ai lu par petites doses.

Dans « L’épée de vérité », Richard Rahl était le caillou dans la mare. Winston sera-t-il ici le grain de sable qui vient gripper la grosse machine bien huilée ou se fera-t-il prier d’aller voir sur la plage s’il n’y a pas de pavé en dessous ?

À l’heure ou nos gouvernements stockent nos données, nos messages, nos conversations téléphoniques dans un but « sécuritaire » (mon cul !), à l’heure ou Oncle Sam regarde par-dessus notre épaule, entassant un max de données qu’il ne saura jamais traiter, qu’avons-nous fait de notre indignation ?

Diantre, Frigide Barjot n’était pas là pour s’offusquer de l’œil de Washington ? D’ailleurs, les manifestants des derniers temps ne sont pas là pour crier que les bornes ont des limites ??

Le mariage joyeux, non, l’espionnage à grande échelle, oui !

Orwell, relève-toi, on se laisse faire comme des moutons à l’abattage !

Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

challenge-romans-cultes2dfb37-challengelalitt25c325a9raturefaitsoncin25c325a9ma2013-252822529jpgCHALLENGE - Faire fondre la PAL CHALLENGE - DEstination la PAL