Ric Hochet – Tome 15 – Le monstre de Noireville : A-P Duchateau & Tibet

Titre : Ric Hochet – Tome 15 : Le monstre de Noireville       big_5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1972) 

Résumé :
Ric Hochet et le Commissaire Bourdon arpentent les rues et alentours de Noireville dans l’espoir de glaner des renseignements sur l’assassinat singulier d’un touriste, mordu par un individu souffrant de lycanthropie.

Les habitants n’étant pas trop coopératifs, l’enquête avance petitement malgré l’intervention de Diane, la fille du Comte, et le Père Rémy, jusqu’à qu’un deuxième meurtre d’un autre touriste soit commis.

Ric décide, alors, de réunir la population et de proposer au coupable un rendez-vous sans témoin. La rencontre a lieu le soir même à l’issue de laquelle Ric sauve sa peau in extremis.

Malheureusement, elle ne permet pas au reporter de saisir les motivations de ces assassinats.

Que peut bien cacher cette lugubre affaire qui semble faire appel à des faits survenus cinq ans plus tôt ?

POLAR - RH NoirevilleCritique :
Ceci est mon album de Ric Hochet préféré ! Ma madeleine de Proust « frissons »… En effet, j’avais découvert, quand j’étais gamine, dans tout le stock des journaux « Spirou » de mon père, quelques journaux « Tintin » et l’un d’eux m’avait fichu une frousse bleue !

La couverture représentait un loup-garou gueule ouverte, poil blanchâtre et deux mains qui se levaient devant un visage pour cacher cette vision d’horreur (image sur mon blog).

Malgré mon palpitant battant à tout rompre, j’avais ouvert le magazine en tremblant de peur et lu les quelques pages de cette aventure de Ric Hochet, qui, à cette époque, je ne connaissais ni d’Ève, ni d’Adam.

N’ayant pas les magazines précédents, je dus commencer l’histoire en plein milieu de récit, je vis néanmoins la présence du loup-garou et la publication se terminait sur un cliffhanger… Et je n’avais pas le numéro suivant pour assouvir ma curiosité  !

Cela me frustra : une belle peur, des frissons et pas la suite ! Vous pensez bien, que bien des années plus tard, je comblai cette attente !

Oui, un loup-garou sévit bien dans la région d’une petite Commune ardennaise sinistre qui porte bien son nom de « Noireville ».

Le climat y est capricieux, plus que détestable et c’est sous la pluie, avec des couleurs « sable délavé » que le récit commence par Ric Hochet qui fait semblant de ne pas connaître Bourdon afin de cacher aux habitants qu’ils enquêtent ensemble.

Noireville, quelques âmes, la mort étrange d’un étranger et un café nommé « Au beau soleil » où les notables du village refont le monde en buvant plus que nécessaire et sans l’ami « modération ».

Noireville, on dirait un village en léthargie, plus mort que vivant… Les faits sanglants se déroulent dans l’indifférence générale puisque les morts étaient des étrangers à la commune. Ils ont de petit esprit, à Noireville, ou alors, ils savent des choses que Ric et le commissaire ne savent pas !

En attendant, Ric croise le chemin du loup-garou… Dans les premières cases, mais le dessinateur ne nous montre pas tout d’entrée de jeu. On la verra mieux ensuite, cette créature qui vous mord à la gorge.

Bon, j’avais déjà vu « la bête » dans le Tintin, mais si vous commencez la lecture sans rien savoir, l’apparition d’une ombre plus velue que Demis Roussos, la présence de griffes, le tout dans des lieux isolés, sous la pluie ou baigné par la pleine lune, croyez-moi, le trouillomètre est à zéro !

L’enquête a l’air de piétiner, un second meurtre, puis un troisième a lieu…

Ces trois hommes morts, vivant à l’étranger et étant venu mourir dans un village qui n’est même pas sur les guides touristiques, font penser à Ric que…

Une intrigue captivante, angoissante, un brin de fantastique, mais sans que les explications finales vous valent un mal de crâne. Non, ce n’est pas encore l’ère des explications capillotracté.

Le scénariste mène tout ses personnages de manière habile, subtile et, cerise sur la truffe du lycanthrope, il vous surprend dans un final remarquable et inattendu.

Les dessins de Tibet sont sobre, sans trop de couleur et rendent l’album encore plus inquiétant. Les scènes nocturnes sont bien réalisées et la faible luminosité donne des ombres inquiétantes. Brrrr !

Beaucoup de détails aussi dans les plans extérieurs.

Dans ce quinzième tome de Ric Hochet, nous nous trouvons face à une enquête policière mâtinée d’un zeste de fantastique. Assurément, elle m’avait donné froid dans le dos. Assurément, elle est ma préférée (avec « Le fantôme de l’alchimiste » et « Mystère à Porquerolles »).

Normal, Tibet et Duchateau étaient deux monstres de la bande dessinée… Quoi de mieux pour vous croquer, vous et les galettes de beurre destinées à votre mère-grand ?

Ici, leur talent est comme la Tour de Noireville : fort haut… Dommage que dans certains albums à venir, la dégringolade aura lieu…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et Challenge « Totem » de Lili Galipette.

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)LOGO LOUP GAROU - Copie

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Ric Hochet – Tome 8 – Face au serpent : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 8 - Face au serpent

Titre : Ric Hochet – Tome 8 : Face au serpent                big_2-5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1969) 

Résumé :
A Paris, Lyon et Liverpool, des usines importantes font l’objet de sabotages criminels perpétrés par un groupe terroriste dont les membres arborent un tatouage à l’effigie d’un serpent.

Ric Hochet est en contact avec l’un d’eux après avoir été missionné par un consortium hollandais pour découvrir celui qui est à la tête de cette organisation du crime.

Après un quatrième attentat, Ric est capturé, séquestré et conditionné par les responsables qui le poussent contre son gré à collaborer à un nouveau sabotage.

Critique :
Après avoir combattu un Caméléon, Ric Hochet s’attaque à plus fort : à un serpent ! Un Cobra ? Non, je dirais plus un serpent à sonnette sournois.

Ok, il doit juste s’opposer au syndicat du crime organisé qui veut déstabiliser les marchés boursiers européens en effectuant des attentats afin de racketter les hauts dirigeants de grosses sociétés.

A Paris, Lyon et Liverpool, des usines importantes ont déjà fait l’objet de sabotages criminels…Le deal est clair : si tu veux pas que je fasse sauteur ton usine où que j’y mette le feu, refile-moi des actions !

Les membres de ce groupe terroriste (paf, je suis fichée à la NSA !) arborent un tatouage à l’effigie d’un serpent.

Ni une, ni deux, un consortium hollandais, qui ne s’occupe ni de tulipes ni de fromage, mandate Ric d’une bien curieuse manière afin qu’il découvre celui qui est à la tête de cette organisation du crime.

Au quatrième attentat, Ric est capturé et séquestré… et je ne vous raconte pas la suite pour ne pas vous gâcher l’affaire !

Dans cette enquête policière, Ric Hochet est omniprésent et le Commissaire Bourdon joue les seconds rôles (comme d’habitude, presque).

L’intrigue est correcte et suspense entretenu jusqu’à la fin par des rebondissements qui ne sont, certes, pas très « plausibles », mais puisque nous sommes dans la bédé, tout est possible. Ça nous donne des scènes d’action à gogo et du punch au récit.

On se croirait dans un film de Bébél : les plans s’enchaînent très vite, cadrage total de l’action et sans répétition parce qu’il faut varier le plaisir du lecteur en lui proposant des plongées et contre plongées, des panoramas, des zooms,..

Ric donnera peut-être des coups mais recevra aussi le retour monnaie sur son billet parce qu’il va se manger des mandales en veux-tu-en-voilà !

Tibet nous la joue « ligne claire » et nous offre un travail de qualité. Les décors sont détaillés et donnent de la vie aux cases.

Pas son meilleur (à mon avis), mais un album correct !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)