La reine des pommes : Chester Himes

Titre : La reine des pommes                                      big_4

Auteur : Chester Himes
Édition : Gallimard (1987)

Résumé :
Jackson est le gars le plus candide de Harlem, pour ne pas dire demeuré. Et dans le coin, il y a un tas de dégourdis qui commencent par lui étouffer son pognon.

Sa petit amie, Imabelle, une fille superbe à la peau couleur banane, l’entube comme c’est pas permis.

Enfin, son frère, qui bonne sour dans le civil, cherche aussi à le posséder. Seulement Jackson, lui c’est un bon chrétien.

Y a que la foi qui sauve et il a tout à fait raison de croire aux miracles.

Critique : 
En fait de « la reine des pommes », on pourrait dire aussi « le roi des naïfs » parce que Jackson est plus naïf qu’une souris grasse passant devant un chat affamé, en pensant que puisque c’est Carême, il se retiendra !

Déjà assez naïf pour croire que l’on peut transformer un billet de 10$ en un billet de 100$, comme ça, avec un cylindre et des produits chimiques ! Assez naïf pour penser que sa bonne femme mérite le bon Dieu sans confession et que non, jamais de sa vie elle ne l’entubera !

Je ne déflorerai rien au niveau intrigue de ce polar noir, pas pour vous épargner, mais parce que les rebondissements sont si nombreux que je dépasserais mon quota de mots pour la critique.

Tout ce que je peux dire, c’est que c’est un truc de fou !

Le style d’écriture est incisif, les pages se tournent toutes seules, dévoilant de-ci, de-là des mots d’argot.

Les personnages ? Hauts en couleur !

Entre notre neuneu Jackson; la sœur Gabriel qui a des bijoux de famille et qui est son frère, déguisé en bonne sœur pour arnaquer les gens; les deux flics, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones qui feraient parler les pierres; trois truands à la grande semaine; la belle Imabelle, femme de Jackson qui aime tondre non neuneu chéri; une malle remplie de ce que je ne divulguerai pas; un pasteur qui entendra l’histoire la plus rock’en rollesque de toute sa carrière; un patron des pompes funèbres sacrément radin et sacrément calculateur, croyez-moi, on ne s’ennuie pas une seconde ! Un vrai polar noir.

Par contre, si vous cherchez un polar « habituel » avec un flic enquêteur ou un privé, un/des cadavres et une enquête policière, passez votre chemin ! Ici, on a des cadavres, des flics véreux non politiquement correct, mais pour ce qui est de l’enquête classique, brossez-vous ! Ici, une fausse sœur enquête pour retrouver une poule et sa malle verte remplie de… Pour ce qui est des méchants, ce sont de vrais truands.

Bref, on est loin des polars dits « classiques » !

« La reine des pommes », ou comment décrire la violence, la misère et la condition noire de Harlem de l’époque tout en l’enrobant de burlesque sans jamais sombrer dans le « trop ».

Attention, polar noir comme le café et aussi fort !

PS : le livre a été adapté au cinéma sous le titre de « Rage in Harlem » avec Forest Whitaker dans le rôle de Jackson.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et  « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

Publicités

La Rivière de sang : Jim Tenuto

Titre : La Rivière de sang                                      big_3-5

Auteur : Jim Tenuto
Édition : Gallmeister

Résumé :
Ex-star de football universitaire et vétéran de la guerre du Golfe, Dahlgren Wallace n’aspire qu’à poser ses valises.

Aussi, lorsque le magnat des médias Fred Lather lui propose de devenir guide de pêche dans sa propriété du Montana, l’occasion est trop belle. Jusqu’au jour où l’un des invités se fait assassiner à quelques pas de lui.

Accusé du meurtre, Wallace est contraint de mener sa propre enquête. La liste des suspects ne tarde pas à s’allonger, tandis que la violence se déchaîne : milices néo-nazis, éco-terroristes défenseurs des droits des animaux, ranchers véreux sont prêts à tout pour mettre la main sur le ranch de Lather.

Les étendues sauvages du Montana constituent le décor somptueux et menaçant d’une enquête riche en rebondissements.

Portrait acide d’une Amérique déglinguée, « La Rivière de sang » est la première aventure de Dahlgren Wallace.

Critique : 
Dahlgren Wallace est un personnage comme on pourrait en croiser des tas dans les romans américains : ex-star de football universitaire, vétéran de la guerre du Golfe, un caractère soupe au lait et les poings qui savent parler. Vu sous cet angle, ça pue le cliché.

Oui, mais… Le cliché étant bien écrit, il passe comme une lettre à la poste.

Bon, je ne vous cacherai pas que le roman coule lentement comme une rivière et que l’auteur profite que son personnage soit guide de pêche pour nous instruire sur la pêche à la mouche.

Ami de la vitesse, va voir ailleurs, ici, c’est pas la vitesse des chutes du Niagara.

On pourrait penser que la vie pour Dalhgren Wallace allait couler comme la rivière, lui qui était devenu guide de pêche pour le magnat des médias Fred Lather… Ce type qui possède un gros ranch entouré de prairies, de gibier, de bisons et au milieu de tout cela coule une rivière.

Jusqu’au jour où l’un des invités se fait assassiner à quelques pas de Dalhgren. Oui, c’est dangereux la pêche à la mouche !

Vu que le gus refroidit était seul dans le bras de la rivière et que c’est notre ami qui l’y avait emmené, les options sont peu nombreuses quand à l’identité d’un présumé coupable…

Hormis un coup d’une truite tueuse, qui d’autre aurait pu tuer l’homme ? Pas sa veuve, elle était restée dans l’autre bras de la rivière.

Accusé du meurtre, embarqué en hélico par le FBI et l’agent Sully (et non pas SCully), Wallace devra répondre à des questions mais sera relâché. Le voici bien décidé à mener sa propre enquête, en digne émule de Sherlock Holmes qu’il devient.

Le Montana a p’têt des décors somptueux, mais la ville est remplie de barjots (pas frigides en plus) : entre les milices de néo-nazis dont le chien se nomme Himmler, entre des éco-terroristes sois-disant défenseurs des droits des animaux, on a aussi des ranchers véreux qui sont prêts à tout pour mettre la main sur le ranch de Lather ou lui faire cesser son élevage de bisons futés.

Bon, si l’enquête possède quelques rebondissements en tout genre, elle prend son temps et j’avoue que cela ne m’a pas dérangé. Wallace a ses défauts, mais je l’aime bien. Il sait réfléchir, prendre des risques, rendre les coups et mener son enquête à l’insu (pas toujours) de l’agent Sully ou du shérif de la ville.

Le roman se lit de manière agréable, parsemé de répliques humoristiques ou de bons mots. On s’instruit sur la pêche à la mouche, sur les Mormons, sur d’autres communautés religieuse de l’Amérique et le temps de lecture file comme l’eau de la rivière.

Petit bémol : que Dalhgren se fasse enlever/menacer par les nazillons de service, ça passe. Mais qu’ensuite ce soit les écolos limite « coco et sadico » qui s’en prennent à lui, ça fait beaucoup pour un roman !

Ma seule remarque… Quant au final, il était… J’ai adoré l’initiative de cette tête brûlée de Dalhgren ! Il a bien mené son enquête et sa persévérance a payée.

« La Rivière de sang » ou le portrait acide de l’Amérique qui part en couille… Première aventure de Dahlgren Wallace que je suis et je compte bien garder un oeil sur lui !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - DEstination la PALCHALLENGE - Faire fondre la PAL

Alexandre – Tome 1 : Le feu du ciel : Mary Renault

Titre : Alexandre – Tome 1 : Le feu du ciel      big_2

Auteur : Mary Renault
Édition : Le Livre de Poche (2004)

Résumé :
À la cour du roi Philippe de Macédoine, le petit Alexandre grandit, idolâtré par son père et sa mère, la reine Olympias, parmi les soldats et les serviteurs.

Beau, sensible, attentif, l’enfant révèle bien vite une intelligence exceptionnelle et un indomptable désir de dominer.

À douze ans, il tue un homme ; à treize, il dompte le fameux cheval Bucéphale ; à seize ans, il gouverne en l’absence de son père et prend le commandement d’une armée. Le roi meurt lorsqu’il a vingt ans, le laissant seul face au puissant ennemi perse…

L’étendue et la rigueur des connaissances historiques, une intuition rare des êtres et des sentiments, une exceptionnelle richesse imaginative, telles sont les qualités qui ont permis à Mary Renault (1905-1983) de nous donner un récit romanesque qui s’impose à l’égal des meilleures biographies.

Critique : 
Le petit Alexandre est un sacré gamin ! Le petit Nicolas ne lui arrive même pas à l’ongle du doigt de pied… Son ascendance, déjà, n’est pas triste : fils du roi Philippe II de Macédoine et de maman Olympias, qui n’est autre que la fille de Néoptolème, roi d’Épire (de la tribu des Molosses) et la nièce de Léonidas – pas le marchand de pralines, ni celui qui lutta aux Thermopyles…

Afin qu’il garde les pieds sur terre  (hem !), sa mère le convainc qu’il est le descendant de Zeus par son père (de par Héraclès, le fils de Zeus) et d’Achille par elle-même. Pas « Achille Brad Pitt », mais le vrai héros légendaire de la guerre de Troie. Ensuite, elle laissera sous-entendre que son père n’est pas son père mais qu’elle l’aurait conçu avec Zeus, himself.

Le petit Alexandre cumule un tas de qualités : beau, sensible, attentif, possédant une intelligence exceptionnelle, il parle aux Dieux, connait le définition du mot « stratégie » sans compter cet indomptable désir de dominer qu’il mettra en pratique plus tard… Sur les champs de bataille…

Notre gamin possède un tempérament passionné, ses colères terribles sont assez violentes (il tient ça de sa mère), suivies de prompts repentirs. Capable d’élans généreux aussi, ce qui lui vaut des fidélités sans failles. Ses convictions religieuses ? Entachées de superstitions.

Le trait de caractère dominant chez Alexandre, c’est sa volonté de fer, qui peut aller jusqu’à l’obstination et l’entêtement.

Vous jouiez aux Légos quand vous étiez petits garçons ? Lui non. À douze ans, il tue un homme de sang-froid, à treize, il dompte le fameux cheval Bouképhalas. Son précepteur ? L’illustre Aristote, qui l’initiera à la culture grecque. Les héros de l’Iliade ? Il rêve de leur ressembler…

À seize ans, il gouverne en l’absence de son père et prend le commandement d’une armée. Le CV est impressionnant.

À vingt ans, papounet Philippe II trépasse et le laisse seul face aux Perses qui ont des intentions belliqueuses… Et aux Perses, on ne répond pas « cassez-vous, pov’cons ! ». Mais la suite, c’est pour le deuxième roman.

Tiens, au fait, les mœurs sexuelles d’Alexandre… Homo or not homo ?  L’auteur reste en retrait de cette polémique, la question ne se posant pas dans une société qui acceptait la bisexualité comme la norme. Alors, si Alexandros a joué avec le kiki d’Héphaistion, je m’en br**** ! Rien n’est prouvé. Par contre, une amitié pareille, c’est exceptionnel…

Je ne me prononcerai donc pas sur la rigueur des connaissances historiques de l’auteur : sûr, elle en sait plus que moi ! Et ça se remarque dans le roman qu’elle sait de quoi elle parle. Érudition quand tu nous tiens…

Certes, nous n’avons pas de témoin vivants sous la main pour les vérifications d’usage, mais on peut dire que le récit historique, bien que romancé, s’approche de la vérité. Les notes de l’auteur en fin de roman nous le signalent.

L’auteur peut aussi se targuer d’une exceptionnelle richesse imaginative et s’il est dit que « son roman est l’égal des meilleures biographies », je me dois de tempérer mon enthousiasme premier par un soupir…

Le problème du récit, c’est que ça n’avance pas très vite… Nous terminons cette première partie à la page 600 et le roi Philippe vient de mourir assassiné. Le roi Philippe II de Macédoine, pas notre nouveau roi à nous, les Belges !

Autant je n’avais pas vu le temps passer en lisant l’histoire romancée de Gengis Khan par Conn Iggulden, autant j’ai baillé souvent sur la biographie romancée de Alexandre le Grand. Un comble pour moi qui voulait en savoir un peu plus sur ce personnage !

Autre point noir, mais qui ne concerne pas l’auteur, c’est d’avoir vu – à ma grande honte – quelques extraits du film avec Collin Farrell en blonde et Angelina Jolie dans le rôle de sa maman. Ça vous fou en l’air les premières pages car je voyais les images horribles de ces acteurs mal castés ou mal castrés, au choix !

Le roman est long, laborieux, j’ai ramé pour arriver à la fin et c’est bien dommage, je m’attendais à mieux. Je pense que je ne chercherai pas à acquérir les deux suivants…

Ma foi, je vais aller voir si Valerio Manfredi fait dans le moins soporifique sur Alexandre Le Grand…

Le « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées, Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL