Ric Hochet – Tome 8 – Face au serpent : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 8 - Face au serpent

Titre : Ric Hochet – Tome 8 : Face au serpent                big_2-5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1969) 

Résumé :
A Paris, Lyon et Liverpool, des usines importantes font l’objet de sabotages criminels perpétrés par un groupe terroriste dont les membres arborent un tatouage à l’effigie d’un serpent.

Ric Hochet est en contact avec l’un d’eux après avoir été missionné par un consortium hollandais pour découvrir celui qui est à la tête de cette organisation du crime.

Après un quatrième attentat, Ric est capturé, séquestré et conditionné par les responsables qui le poussent contre son gré à collaborer à un nouveau sabotage.

Critique :
Après avoir combattu un Caméléon, Ric Hochet s’attaque à plus fort : à un serpent ! Un Cobra ? Non, je dirais plus un serpent à sonnette sournois.

Ok, il doit juste s’opposer au syndicat du crime organisé qui veut déstabiliser les marchés boursiers européens en effectuant des attentats afin de racketter les hauts dirigeants de grosses sociétés.

A Paris, Lyon et Liverpool, des usines importantes ont déjà fait l’objet de sabotages criminels…Le deal est clair : si tu veux pas que je fasse sauteur ton usine où que j’y mette le feu, refile-moi des actions !

Les membres de ce groupe terroriste (paf, je suis fichée à la NSA !) arborent un tatouage à l’effigie d’un serpent.

Ni une, ni deux, un consortium hollandais, qui ne s’occupe ni de tulipes ni de fromage, mandate Ric d’une bien curieuse manière afin qu’il découvre celui qui est à la tête de cette organisation du crime.

Au quatrième attentat, Ric est capturé et séquestré… et je ne vous raconte pas la suite pour ne pas vous gâcher l’affaire !

Dans cette enquête policière, Ric Hochet est omniprésent et le Commissaire Bourdon joue les seconds rôles (comme d’habitude, presque).

L’intrigue est correcte et suspense entretenu jusqu’à la fin par des rebondissements qui ne sont, certes, pas très « plausibles », mais puisque nous sommes dans la bédé, tout est possible. Ça nous donne des scènes d’action à gogo et du punch au récit.

On se croirait dans un film de Bébél : les plans s’enchaînent très vite, cadrage total de l’action et sans répétition parce qu’il faut varier le plaisir du lecteur en lui proposant des plongées et contre plongées, des panoramas, des zooms,..

Ric donnera peut-être des coups mais recevra aussi le retour monnaie sur son billet parce qu’il va se manger des mandales en veux-tu-en-voilà !

Tibet nous la joue « ligne claire » et nous offre un travail de qualité. Les décors sont détaillés et donnent de la vie aux cases.

Pas son meilleur (à mon avis), mais un album correct !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)

Ric Hochet – Tome 7 – Suspense à la télévision : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 7 - Suspence à la télévision

Titre : Ric Hochet – Tome 7 : Suspense à la télévision     big_3

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1968) 

Résumé :
Ric Hochet et le commissaire Bourdon rencontrent, dans le train qui les ramène de Bruxelles à Paris, le chanteur Lionel, le nouveau millionnaire du disque.

Celui-ci a été agressé par un mystérieux barbu qui semble vouloir lui extorquer une forte somme d’argent. Rapidement, il apparaît que la rançon n’est qu’un prétexte et que l’on cherche à lui nuire…

POLAR - Ric Hochet suspense_television 93JPGCritique :
Ça y est ! Le gang des barbus à encore une fois de plus frappé… sur la personne d’un jeune chanteur mignon, l’idole des midinettes qui hurlent à la mort chaque fois qu’elles le voient arriver. Pourtant, les chansons du bô gosse sont nulles à chier ! Alors ?

C’est dans le train qui fait Bruxelles/Paris que Ric Hochet et le commissaire Bourdon rencontrent le chanteur dont je vous parle plus haut. Je vous rassure de suite, il ne s’agit pas de Bieber(on) qui n’était pas encore né à cette époque (ils en avaient de la chance), mais de Lionel, le nouveau millionnaire du disque.

Celui-ci a été agressé par un mystérieux barbu qui semble vouloir lui extorquer une forte somme d’argent. Rapidement, il apparaît que la rançon n’est qu’un prétexte et que l’on cherche à lui nuire… Pourquoi ? Vous le saurez en lisant le septième album de Ric Hochet !

Un jeune artiste en vogue, minouche, sympa, humble, un maître chanteur qui veut le faire chanter d’une autre manière et notre journaliste détective, Ric Hochet, sans peur et sans reproche… De l’humour, du suspense, Bourdon qui regarde d’un mauvais œil la présence de Jo, l’ancien braqueur et un cambriolage « pour la bonne cause » (comme Holmes et Watson dans « Charles Auguste Milverton ») commis par Ric Hochet et cet ancien voleur qu’il a lui-même arrêté. Si ça c’est pas du vice ! Un mec qu’il a fait mettre à l’écrou ! 🙂

Cet album me comble toujours de plaisir à chaque relecture. Ric Hochet court partout pour tenter de démaquer l’homme masqué qui est plus difficile à saisir qu’une anguille bien huilée.

Le journaliste échouera quelques fois, mais il est plus tenace qu’un bouledogue qui tient un os et son ingéniosité sera plus qu’utile pour contrecarrer les plans machiavéliques du rançonneur sachant rançonner.

Dans cet album, le scénariste André-Paul Duchateau n’hésite pas à se mettre en scène avec humour puisqu’il se retrouve producteur de chanson sous le pseudo A.P. Ducastel : en effet, c’est le nom de celui qui a écrit les paroles de la chanson « des chiffres » de Lionel.

Je vous rassure de suite, les grands paroliers peuvent dormir tranquille ! Les paroles un peu niaises de la chanson « Les chiffres » sont sans aucun doute l’illustration par l’absurde des cartons de l’époque dont les paroles volaient aussi haut que le derrière d’un basset et que tout le monde plébiscitait ! Et non, non, rien n’a changé depuis lors.

L’enquête dans le milieu de la télévision est jouissive car dépassée à l’heure actuelle mais ce côté suranné à une saveur incomparable et jouissive aussi parce que le dessinateur Tibet nous offre le portrait d’un bon nombre de personnages illustres de l’ORTF des années 70.

Pour les citer, on pourra retrouver Johnny qui intervient en tant qu’artiste subissant l’ombre de Lionel, Sacha Distel, Guy Lux et Léon Zitrone.

Quant au poste de télé, à cette époque, c’est du luxe d’en posséder un.

Une scène mythique de cet album, c’est celle de la course poursuite en chris-craft sur la Seine digne de James Bond, les gadgets en moins.

Un final qui vous scotchera sur votre siège, la main dans le plat de pop-corn. Sûr, vous avez suspecté tout le monde et vous ne vous attendiez pas à ça !

La télé réalité poubelle vous fait chier ? Achetez cet album (ou faites vous-le offrir) et partez à la découverte d’un monde que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître : la télé comme vous ne la verrez plus jamais (sauf dans les séquences nostalgie) et regardez, heu, lisez cette émission spéciale animée par Ric dans laquelle les masques vont tomber comme des midinettes quand elles voient Lionel.

Ne pas zapper car sans coupure pubs !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

POLAR - RH Suspense télé

1984 : George Orwell

Titre : 1984                                                         big_4

Auteur : George Orwell
Édition: Folio (1972)

Résumé :
L’origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son « Big Brother », figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l’URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.

Mais Orwell n’oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures…

Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c’est la richesse des personnages, qu’il s’agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir…

C’est aussi cette « novlangue », affadie et trompeuse, destinée aux « proles », et ces formules de propagande (« L’ignorance, c’est la force ») scandées par des foules fanatisées et manipulées. 1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

Critique :
Que dire de nouveau après 203 critiques sur Babelio ? Que depuis l’incident avec la grosse curieuse NSA, les ventes du livre ont augmenté de… 7000% ? Comme quoi, tout le monde veut en savoir plus sur Big Brother…

Big Brother n’est pas vraiment un système de surveillance, c’est surtout le portrait d’un homme avec des grosses moustaches qui fait curieusement penser à Staline.  Sa tronche est présente partout en Océania.

Océania ? Nouveau Club Med ? Non ! Un Régime Totalitaire dans toute sa splendeur qui nivelle à mort par le fond. Même la télé réalité n’arriverait pas à faire aussi bien qu’eux parce que nous possédons encore le libre arbitre de la regarder ou pas.

Sûr que ce livre m’a fait dresser les cheveux sur la tête ! Quand je vous dis que c’est un régime « totalitaire », vous pouvez me croire, on frôle même la perfection, la machine est bien huilée, style rouleau compresseur et vu d’ici, la mécanique me semble sans faille.

Observons là de plus près…. L’espion qui espionne les espions, c’est nous. En cas de problème, le terminal de l’aéroport en Russie nous servira de Terre Promise !

A Océania, on surveille tout le monde derrière des écrans et pour votre intimité, vous repasserez ! Une sorte d’écran de PC ou de télé au mur qui voit tout.

A Océania, l’ennemi d’hier devient le super pote du lendemain et on efface des « journaux » le fait qu’on ait été en guerre avec lui durant quelques années. La population ne doit pas savoir, elle doit oublier.

Oh, pardon, les journaux ne sont pas en vente libre dans le kiosque du coin, mais disponibles aux archives et constamment remis à jour.

Winston, notre « z’héros », est chargé, avec d’autre, de changer les infos des journaux que la population n’a jamais eu l’occasion de lire. Le tout pour le bien de l’Histoire.

Quand je dis que l’on nivelle par le bas, on y va à fond et même Nabilla a plus de mot de vocabulaire que leurs dicos. Fini les synonymes et les antonymes, on utilisera « bon » ou « inbon » et « plusbon »… Les dictées de Pivot seront insipides… pardon, en Novlangue, c’est « inbon ».

Le sexe ? Bientôt comme chez les animaux d’élevage : pour assurer la pérennité de la race, quand au plaisir… Quel plaisir ?? « Orgasme » ne se trouve pas dans leurs dictionnaire.

Vous faites un pas de travers ? On peut vous dénoncer, surtout votre famille, vos enfants… déjà bien conditionné, les moutards ! Pffffttt, vous serez vaporisés et votre nom disparaîtra aussi. Existence zéro.

A Océania, à 7h du mat’, on vous réveille grâce à l’écran et c’est parti pour une séance de gym tonique  style « Véronique et Davina » mais sans elles, sans les jolies poitrines qui dansent, sans le sourire, mais avec la sueur et les injonctions : « Élève Winston, touchez vos pieds avec vos mains, mieux que ça ! ».

Tout est manipulé et la population gobe tout comme des oies au gavage… Les mensonges sont répétés et deviennent Vérité Historique. Sont gravés, quasi.

C’est pas le cas dans notre société ? Non ? Z’êtes bien sûrs ? Je suis tracée avec mon GSM, mon abonnement aux transports en commun, le PC du boulot, mon PC personnel aussi car Obama lit mes critiques que la NSA surveille de près, je dois être sur la liste rouge parce que tout à l’heure, j’ai dit à mon collègue que… Hé, non, je ne vais pas l’écrire, sinon, je vais monter en grade à la NSA !

Pharmacie ? Idem avec la carte SIS (Vitale en France), si vous avez une carte « GB-Carrefour », ils savent même ce que contient votre panier de ménagère de moins de 50 piges !

Caméras par-ci, caméras par-là… Les JT ne nous disent pas tout, on ne sait rien, les gouvernements nous mentent, les banques et assurances aussi, les lobbys contrôlent tout et certains osent même affirmer que la croissance va remonter… Une bonne nouvelle pour faire plaisir à la masse, comme dans le livre ??

Si le roman est assez long à lire et à certain moment « lourd », il faut s’accrocher afin d’arriver jusqu’au bout. Je l’ai lu par petites doses.

Dans « L’épée de vérité », Richard Rahl était le caillou dans la mare. Winston sera-t-il ici le grain de sable qui vient gripper la grosse machine bien huilée ou se fera-t-il prier d’aller voir sur la plage s’il n’y a pas de pavé en dessous ?

À l’heure ou nos gouvernements stockent nos données, nos messages, nos conversations téléphoniques dans un but « sécuritaire » (mon cul !), à l’heure ou Oncle Sam regarde par-dessus notre épaule, entassant un max de données qu’il ne saura jamais traiter, qu’avons-nous fait de notre indignation ?

Diantre, Frigide Barjot n’était pas là pour s’offusquer de l’œil de Washington ? D’ailleurs, les manifestants des derniers temps ne sont pas là pour crier que les bornes ont des limites ??

Le mariage joyeux, non, l’espionnage à grande échelle, oui !

Orwell, relève-toi, on se laisse faire comme des moutons à l’abattage !

Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Ric Hochet – Tome 6 – Rapt sur le France : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 6 - Rapt sur le France

Titre : Ric Hochet – Tome 6 : Rapt sur le France             big_4

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1968) 

Résumé :
Alors qu’il se prépare à partir en congés, Sigismond Bourdon, Commissaire de Police Judiciaire, reçoit l’ordre d’escorter un éminent scientifique, le professeur Hermelin, pour un voyage aux États-Unis.

Réticent sur la mission, il accepte bien volontiers lorsque le moyen de locomotion lui est précisé : ça sera en bateau, à bord du France. Ric Hochet est mandaté par « La Rafale » pour couvrir l’évènement.

Au grand désespoir de Bourdon, la croisière de rêve se transforme vite en cauchemar dès lors qu’une bande de malfrats tente de s’emparer du professeur.

POLAR - Rapt FranceCritique :
♪ »J´étais un bateau gigantesque, Capable de croiser mille ans, ♫ J´étais un géant, j´étais presque, ♪ Presque aussi fort que l´océan […] Ne m’appelez plus jamais France, la France elle m’a laissé tomber »♫

Qui n’a jamais rêvé de traverser l’océan Pacifique à bord du géant des mers : « Le France » ? Le commissaire Bourdon en rêve aussi, même si le prix de la traversée ne lui est pas accessible.

Pourtant, on lui offre une possibilité d’embarquer à bord du France pour pas un rond. Que doit-il faire pour cela ? Juste assurer la protection du professeur Hermelin, un savant ultra-savant… Il embarque avec Ric, persuadé de partir en vacances tellement la mission à l’air facile.

Et bien, je vous le jure, la mission est loin d’être reposante quand le professeur est dans les parages ! Autant partir avec un chargement de serpents à sonnettes ou autres bêtes nuisibles.

En effet, le professeur, nouveau personnage, est haut en couleur et jouer les gardes du corps avec un tel énergumène n’est pas chose aisée, surtout que le bateau est gigantesque et que Bourdon se perd à chaque fois, offrant au lecteur des sourires.

Oui, arriver à suivre à la trace un type qui a tout d’un égocentrique caractériel relève de l’impossible, hormis pour Ric qui s’en sort mieux que le commissaire.

Hermelin a beau être un scientifique renommé, c’est surtout un individu antipathique, ronchon, dédaigneux, qui n’hésite pas à donner du « jeune homme » lorsqu’il s’adresse à son protecteur.

Les réparties entre le professeur et le Commissaire sont croustillantes, surtout qu’il est contraint à le protéger contre une bande de malfrats pas forcément bien organisée. Et pendant que Bourdon se paume dans les coursives, Ric se bat et met les méchants hors d’état de nuire, ce qui fait que le professeur en ajoute une couche sur l’incompétence du commissaire.

Tout baigne ? On dirait… Oh, mon dieu, le professeur a été enlevé en pleine mer ! Ah non, ouf, on vient de le retrouver bien caché… Mais, attendez un peu… Ça ressemble au professeur, ça vocifère comme lui, mais ses cheveux ne sont pas vrais ! Oh, on a mis une copie du prof Hermelin ! Et le vrai, il est caché où ?

Humour, situations cocasses, méchants pas très malins, un ennemi invisible, un prof chiant, un bateau, vase clos parfait et du suspense jusqu’au dénouement final ! Cet album fait partie de mes préférés et le coup de pied au cul que j’avais eu à l’épilogue était magnifique !

J’ai apprécié aussi que l’auteur profite des aventures de son journaliste pour exposer les principales qualités de ce transatlantique et nous en donner un plan.

Les dessins du paquebot sont réalistes, les expressions des visages plus que convaincantes, comme si le dessinateur avait atteint une qualité proche de la perfection dans le style qui lui est propre.

Allez, c’est votre dernière chance d’embarquer pour une traversée sur Le France ! Et vogue la galère !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

Ric Hochet – Tome 5 – Piège pour Ric Hochet : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 5 - Piège pour Ric Hochet

Titre : Ric Hochet – Tome 5 : Piège pour Ric Hochet        big_2-5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1967) 

Résumé :
A la suite d’une émission télévisée, le journaliste Ric Hochet se rend dans un petit village de la Marne à l' »Auberge des 3 Clefs » pour rejoindre son ami le commissaire Bourdon en convalescence.

Au moment de pénétrer dans la bourgade, il est témoin de l’accrochage par un chauffard de Christian, le petit-neveu du policier. Gravement blessé, Ric l’emmène à la clinique.

Excédé par le comportement non responsable du conducteur, il décide de relever avec l’aide de Bourdon, sa nièce Nadine et la police locale, les indices qui permettront de confondre le ou les coupables.

Son enquête qui au départ s’annonçait anodine va révéler une intrigue plus alambiquée qu’il n’y parait.

POLAR - Piège pour RHCritique :
Ric Hochet devient de plus en plus connu, la preuve, il participe à une émission de télévision pour évoquer ses différentes enquêtes !

Tout baigne ? Non. C’est en rejoignant le commissaire Bourdon dans un petit village de la Marne, à « l’Auberge des trois clefs », où son ami passe quelques jours de convalescence, que le drame a eu lieu.

Sur la route, il assiste, impuissant, à un accident : le petit-neveu de Bourdon est renversé par une voiture qui prend immédiatement la fuite. Le jeune garçon ne peut malheureusement pas identifier le chauffard…

Notre journaliste est bien décidé de trouver le chauffard et sera aidé du commissaire et de sa petite-nièce Nadine. Et oui, voici l’entrée en jeu de la jolie Nadine, qui, au départ, était moins nunuche. La jeune fille est perspicace, n’a pas froid aux yeux et va ajouter un brin de féminité à l’histoire. Ensuite, dans les derniers albums, elle a plus un rôle d’une ravissante idiote…

L’enquête, qui, au départ, s’annonçait anodine va révéler une intrigue plus alambiquée qu’il n’y parait car Ric va identifier trois propriétaires de la voiture américaine qui a renversé le neveu ! Lequel est-ce ? Aurait-on inversé des plaques pour accuser l’un et innocenter l’autre qui a la tête de l’emploi ?

Scénario au poil, suspense qui va monter au fil des pages avec les bâtons glissés dans les roues de l’enquête, ambiances oppressantes dans le parc du docteur qui élève des fauves et cerise sur le gâteau, on nous sert toute une palette de personnages à suspecter !

Le coupable sera vite connu, mais on n’a aucune idée du mobile, ni comment Ric va arriver à prouver la culpabilité.

Les grandes explications seront pour la fin et elles sont claires. Dans les premiers albums, il ne faut pas encore les aspirines pour comprendre.

Les dessins sont excellents, une ligne claire et des dessins réalistes en ce qui concerne les mouvements. Les décors, qui sont de Mitteï, sont excellents eux aussi. Bref, les vieux Ric Hochet ont plus de charme que les neufs.

Petit truc marrant : dans les premières pages de l’album, le commissaire vouvoie sa sœur et vice-versa. Ensuite, ils se tutoient. Les auteurs ont-ils oublié qu’ils avaient commencé avec du « vous » ou bien ont-ils décidé que cela vieux jeu et passé au tutoiement ?

« Piège pour Ric Hochet » est captivant et le docteur a une sale tête de docteur Mengele !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

POLAR - Piège pour RH PanthèreCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)

Ric Hochet – Tome 4 – L’ombre de Caméléon : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 4 - Ombre Caméléon

Titre : Ric Hochet – Tome 4 : L’ombre de Caméléon      big_3

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet

Édition : Le Lombard (1966) 

Résumé :
Le journaliste détective Ric Hochet a décidé de réaliser un reportage sur les conditions de détention des condamnés. Pour ce faire, il s’immerge dans le milieu carcéral sous le contrôle de son ami le Commissaire Bourdon. Mais Ric est reconnu et doit participer de force à l’évasion de plusieurs détenus dont Pierrot Volcan alias l’inspecteur Manière alias le Caméléon.

Ayant abandonné le journaliste, les évadés s’évaporent dans la nature après avoir, par l’intermédiaire du Caméléon, défié les forces de l’ordre.

Commence alors une chasse à l’homme éprouvante dans laquelle les malfrats ont semble-t-il une longueur d’avance sur les enquêteurs. Pour sûr, cette situation ne peut perdurer puisque Ric en fait une affaire personnelle.

POLAR - RH Ombre caméléonCritique :
Ric Hochet en prison ?? Non ? Impossible ! Rhââ, dommage que le scénariste n’ait pas joué avec nos nerfs en nous le faisant croire vraiment… Il aurait pu insérer le passage où Ric Hochet demande au directeur à se faire enfermer en prison, en flash-back. Dommage, il a raté l’occasion de nous donner plus de sueurs froides.

En taule pour rédiger son article, tel un bon journaliste, Ric a un peu de mal à se faire accepter par ses deux collègues de cellule. Ils ne lui font pas confiance, normal, ils vont se la jouer comme les frères Dalton : évasion !

Ric se fait mettre au parfum – après quelques tests destiné à vérifier si son signe astrologique n’est pas « Balance ascendant Mouchard » – et notre ami s’évade avec eux…

Aie, aie, aie, le voici face à un ancien détracteur qu’il a côtoyé lors d’une affaire de détournement de dossiers secrets ! Et son ennemi, alias le Caméléon, semble à nouveau prêt à en découdre avec la police en cherchant à la ridiculiser sur des forfaits que le malfaiteur aura annoncés en public préalablement. Le matricule de Ric va chauffer !

Dans ce tome 4, bien que le Commissaire Bourdon tienne sa place de policier, il se fait berner et mener en bateau trop souvent.

La résolution de l’affaire  lui filera une fois de plus des doigts ! Notre journaliste détective est au top et comprendra les tenant et aboutissant de ces cambriolages grand guignolesques dont le Caméléon vient de réaliser à la manière d’un Arsène Lupin.

Duchâteau, le scénariste, s’amuse avec son lecteur en lui proposant une énigme où les pistes sont multiples et où tous les intervenants sont des bandits potentiels.

Le scénario est audacieux et il vaut mieux lire les albums dans l’ordre afin de ne pas obtenir l’identité du méchant vu dans le tome 1.

La première fois que je l’avais lu, j’avais été bluffée par l’histoire et, tel Bourdon et tous les autres, je m’étais fait prendre au piège.

Course-poursuites, foutage de gueule envers la police, cambriolages de haut-vol et sensations fortes avec  des cascades non doublées, dignes d’un Bébél dans ses jeunes années.

Les dessins sont clairs, de très bonne qualité, énergiques, Ric Hochet y est plus mieux que dans les plus récents.

Explications claires et précises, pas de folie comme dans certains tomes. Bref, un bon album.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

Ric Hochet – Tome 2 – Mystère à Porquerolles : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 2 - Mystère à PorquerollesTitre : Ric Hochet – Tome 2 : Mystère à Porquerolles       big_5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet

Édition : Le Lombard (1964) 

Résumé :
Ce matin-là, Ric Hochet apprend que son ami Bob Drumont, en reportage à Porquerolles, a disparu depuis deux jours. Inquiet, le journaliste décide d’aller là-bas pour tirer cette affaire au clair.

Sur place, la disparition de Bob demeure fort mystérieuse et Ric a bien du mal à obtenir des informations…

A Toulon, il a découvert dans une boutique le bijou fétiche de son ami.

A Porquerolles, à l’hôtel de la Marine, la chambre réservée par Bob a subi une fouille sévère. Tout porte à croire que ce dernier a été victime d’un enlèvement surtout lorsque Ric reçoit un message codé de Drumond l’incitant à rester sur l’île et à se méfier d’un certain « B ». Serait-ce le Baron de Gusbin, le mécène de Porquerolles ?

POLAR - RC PorquerollesCritique :
Les bédés sorties il y a longtemps auront toujours un avantage indéniable sur les contemporaines : 62 planches au lieu des minables 46. On en avait pour son argent.

Le scénariste peut prendre son temps et ne doit pas résoudre le tout à la hussarde, dans la dernière case de la dernière page.

Voilà pourquoi avec ses 60 pages d’aventures (on commence à la page 3) et son excellent scénario, couplé à de bons dessins, « Mystère à Porquerolles » est une des meilleures aventures de Ric.

Déjà, l’endroit idyllique qu’est l’île de Porquerolles est dépaysant lorsqu’il pleut comme vache qui pisse dehors.

De plus, le mystère est là : Bob Drumont, en reportage sur l’île, a disparu. Ric y est envoyé et directement, il se passe des choses étranges et on ne veut pas que certaines personnes parlent.

Bon, page 14 on apprend déjà qui est un des « méchants », mais le lecteur est loin de se douter de toutes les complicités. Bien qu’en en découvrant une de plus, il reste toujours le cerveau de tout, celui dont on ne voit quasi rien.

Ric va devoir se méfier s’il ne veut pas que sa deuxième aventure soit aussi la dernière. Heureusement, bien qu’on essaye cent fois de le tuer, il passe au travers de tout.

Aventures, rebondissements, soleil, mystère, trappe souterraine, écoute de chambre, déguisements et ce n’est que sur la fin qu’on apprend qui était le cerveau.

Lors de ma première lecture, je n’avais pas trouvé, maintenant, j’ai beau le savoir, relire cette aventure – qui fait partie de mes préférées – est toujours un plaisir agréable.

Duchâteau maîtrisait ses scénarios et savait nous cacher des indices importants sans que l’on fasse le rapprochement et sans utiliser des artifices partant dans tous les sens comme il fera souvent ensuite.

Bref, c’était du Ric Hochet grand cru, celui-là. Après, on a eu de la piquette.

Ric Hochet – Tome 1 – Traquenard au Havre : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 1 - Traquenard au Havre

Titre : Ric Hochet – Tome 1 : Traquenard au Havre      big_3-5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1963) 

Résumé :
Cet album comporte deux histoires :
« Signé Caméléon » – Un soir comme les autres, Ric Hochet raccompagne son vieil ami, le commissaire Bourdon… Devant la porte de son domicile, le commissaire se fait renverser par une voiture. Heureusement sain et sauf, il regagne son appartement pour découvrir qu’il a été cambriolé et qu’un dossier top secret a été dérobé !

« Traquenard au Havre » – Dans les rues du Havre, Ric est percuté par une autre voiture. L’autre conducteur, un riche armateur, visiblement très inquiet et très pressé, lui confie que son fils a été enlevé…

Critique :
C’était au temps où Ric Hochet était un vrai enquêteur… C’était au temps où les scénarios étaient excellent et bien pensés.

A mon humble avis, les premiers albums de Ric Hochet sont les meilleurs en ce sens que les aventures du journaliste détective sont de « vraies » enquêtes policières et que ces albums là ne sont pas pourris par des éléments « fantastiques » (même si le fantastique n’est jamais que apparent puisque toujours de main humaine) et que les explications de « fin » sont logiques et pas capillotractée comme dans certaines aventures.
Si vous êtes sages, je vous en parlerai.

Deux aventures dans ce premier album :
« Signé Caméléon » – le commissaire Bourdon a été cambriolé et un dossier top secret a été dérobé ! Sur une bouteille, une empreinte d’un truand reconnaissable entre toutes…

Un soupçon d’espionnage mêlé d’enquête policière. Heureusement que Ric est là, parce que sans lui, je ne sais pas comment ferait le commissaire Bourdon.

Bien que les preuves qui accusent les coupables soient plus grosses qu’une montagne, Bourdon fonce comme un taureau.

L’aventure est bien faite et je n’avais pas soupçonné le coupable la première fois, bien que je me sois demandé pourquoi le dessinateur avait fait un aussi gros plan d’une certaine chose. Il nous mettait sur la voie en quelque sorte, après avoir essayé de nous embrouiller avec un comportement bizarre d’un inspecteur de police.

Bon, après 36 lectures, on perd le plaisir de la découverte, on ne suspecte plus un autre, mais j’aime toujours relire les premières enquêtes de Ric et je le trouve mieux dessiné que maintenant.

« Traquenard au Havre » ensuite. Un industriel croise la route de Ric et lui confie que fils a été enlevé…

Ce qui est un peu gros, c’est que l’homme en question face confiance à Ric au point de lui confier la rançon.

Nous on sait qu’il ne la volera pas, mais pas l’homme. Hormis ce détail, l’histoire est bien faite, pas de temps mort et happy end.

Les explications sont logiques et pas tirées au forceps.

Ric Hochet – Tome 3 – Défi à Ric Hochet : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 3 - Défi à RH

Titre : Ric Hochet – Tome 3 : Défi à Ric Hochet

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet
Édition : Le Lombard (1965) 

Résumé :
Rémy Valloire, un industriel spécialisé dans la construction de moteurs d’avions, est l’objet d’un accident aéronautique. Ric, qui pilotait un autre aéroplane vient lui porter secours.

Le rescapé lui fait part des ses soupçons quant au sabotage de son appareil. De plus, depuis quelques jours, il reçoit des appels téléphoniques anonymes le menaçant de mort.

Qui, dans l’entourage professionnel ou dans son cercle d’amis, a intérêt à vouloir faire disparaître l’industriel ?

Ne serait-ce pas plutôt un coup monté de toute pièce sachant que Valloire semble cacher quelque chose ?

POLAR - RicHochet1Critique :
Voilà Ric Hochet embarqué dans une drôle d’histoire… En invitant le commissaire Bourdon faire son baptême de l’air (qui, malgré son nom, a peur de s’envoler) et en le taquinant sur sa peur des avions, il était loin de se douter que ce vol pourrait être le dernier !

C’est vraiment de justesse qu’il évite un autre avion qui s’écrase au sol quelques instants après. Ric, superhéros, réussit à sauver son pilote, l’industriel Rémi Valloire (une connaissance à lui). Ce dernier lui apprend qu’il reçoit des menaces depuis quelque temps et qu’il s’agit sûrement d’un sabotage…

Le chevalier Ric décide donc de démasquer le vilain qui envoie des menaces à son ami en menant son enquête directement dans la villa de Valloire, faisant connaissance par là même avec ses proches.

J’ai l’air de me moquer, mais au moins, ici, nous sommes face une enquête policière traditionnelle, bien que le scénariste saupoudre déjà de quelques éléments qui reviendront trop souvent la série, à savoir que la victime passe, aux yeux des autres, pour un simulateur.

Ben oui, vu comme ça, tout accuse Valloire ! A croire qu’il a lui-même mis en scène toute cette pantomime. Le seul qui est prêt à croire Valloire, c’est Ric Hochet (et le fils de Valloire), comme d’habitude !

Dans cette intrigue, le journaliste occupe la place d’enquêteur à lui tout seul, le commissaire Bourdon étant reléguée au second rang.

Album à l’ancienne, c’est durant 60 pages que les rebondissements seront légion. L’atmosphère est inquiétante, les soupçons dirigés sur Valloire sont nombreux car il cherche un peu trop à justifier les agressions dont il est l’objet.

C’est dans les vieux albums que j’apprécie plus Ric Hochet : pas d’éléments fantastiques ou d’explication alambiquées, le journaliste enquêteur est plus réaliste, plus mature, les décors sont agréables, le petit côté rétro ajoutant du charme.

De plus, cette histoire – hormis son défaut rédhibitoire d’avoir une victime que personne ne croit – est remplie de quiproquos et le scénariste manipule les personnages de façon à les conduire souvent dans la mauvaise direction, le lecteur étant embarqué avec, cela va sans dire !

Une pure réussite et un coup de pied au fesses parce que je ne m’attendais pas au coupable… la première fois, après 36 relectures, on ne l’oublie plus. Et malgré que je sais qui c’est, j’ai toujours plaisir à la relire.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

La Femme en vert : Arnaldur Indriðason [Erlendur Sveinsson 2]

Titre : La Femme en vert

Auteur : Indridason
Édition : Points (2007)

Résumé :
Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange… Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d’indices au commissaire Erlendur.

L’enquête remonte jusqu’à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d’une Islande sombre et fantomatique…

Critique :
Les gosses sont quand même drôles : offrez-leur un super jouet et ils s’amuseront avec la caisse en carton… Pareil pour les bébés : il existe un tas de jouet à mâchouiller quand ils font leurs dents, mais ici, la petite ne trouve rien de mieux que de fourrer une côte dans sa bouche. Non, non, pas une côte de porc, mais une côte humaine ! A ce stade, nous ne savons pas si elle appartenait à Adam ou Ève…

À Erlendur de résoudre l’affaire du corps enterré depuis 50 ans dans une maison en construction. Un squelette qui, à peu de choses près, pourrait être offert à l’école du coin pour servir de « Oscar » aux cours de biologie. Bon, une fois qu’on l’aura extrait de la terre qui le recouvre, le tout délicatement.

Ami(e) lecteur(trice), si tu cherche un roman policier dont l’enquête se déroule à vitesse « Fast and Furious », laisse tomber ce roman, ou plutôt, range-le délicatement dans l’étagère de la librairie.

Le commissaire Erlendur prend son temps… Son auteur prenant un malin plaisir à jouer avec son lecteur, faisant monter l’affaire en douceur tout en lui mettant la tête dans la misère humaine et dans une certaine fange.

Par contre, si vous aimez la lenteur (qui n’est pas ennuyante) et plonger plus profond que l’enquête elle-même, ouvrez-le livre et dévorez-le ! Mais attention, c’est sombre… Violent, sans concession.

Ce que j’aime chez Indridason, c’est l’Histoire dans l’histoire : pendant que Erlendur cherche QUI est le squelette (tout en tentant de sauver sa fille, miss cocaïnowoman), nous suivons l’histoire d’une femme qui a fait l’erreur d’épouser un homme brutal.

Durant tout le roman, les deux récits sont en alternance, le suspense de l’enquête montant crescendo tandis que nous suivons la « via dolorosa » de cette femme et de ses trois enfants obligés de subir les coups, les humiliations, l’abaissement plus bas que terre, sans que personne ne lève le petit doigt.

Petite note : une envie folle m’a prise d’entrer dans le roman, armée d’une carabine au canon scié pour faire la peau de cette ordure. Oui, je suis comme ça moi quand je m’énerve : aux quatre coins de Reykjavik on l’aurait retrouvé, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile!

Dans les romans que j’ai lu d’Indridason, j’ai eu une propension à aimer les coupables de meurtre et à cracher sur les victimes, qui l’ont souvent bien méritée… Serait-ce pareil ici ? Parce que, toute fière que j’étais, je ricanais dans ma cape, sachant bien QUI se trouvait enterré-là et pourquoi. Mhouahahaha !

Ah, ma douleur fut cuisante, j’ai souffert dans les cinquante dernières pages, implorant l’auteur de faire preuve d’un peu de compassion pour ses pauvres personnages.

Par contre, il n’a eu aucune compassion pour moi : le coup de pied au cul que je me suis prise ! « Je sais, je sais… » Tu parles que je savais ! Je sais qu’on ne sait rien, oui ! Tiens, un autre coup de pied pour m’apprendre à ne pas ricaner que « je sais » alors que je ne sais rien.

Une fois terminé, j’ai posé le roman sur la table et je me suis dit qu’un kleenex ne serait pas du luxe…

C’était beau, c’était grand, c’était magistral, c’était dur, émouvant, terrible… C’était Indridason, tout simplement.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2) CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL