Ténèbres prenez-moi la main : Dennis Lehane

Titre : Ténèbres prenez-moi la main            big_5

Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2002)

Résumé :
Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu’elle croit lié à l’une de ses patientes.

Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans mention de l’expéditeur, elle prend peur et demande de l’aide à Patrick Kenzie et Angela Gennaro.

C’est pour les deux détectives le début d’une affaire bouleversante qui va les confronter à l’inacceptable, jusqu’à l’imprévisible dénouement.

Critique :
C’est avec fébrilité que j’ai enfilé ma tenue de détective privé et que je me suis attachée à suivre les pas de Patrick Kenzie et Angela Genaro, bien déterminée à découvrir ce qui se tramait dans ce livre qui, d’après un certain Babelien, était tellement bien qu’il en a fait son avatar.

P. Kenzie : Vous êtes bien sûre de vouloir nous suivre, madame la Belette ?

Moi : Bien sûr ! Je vais mettre en application les principes du Maître à tous, Sherlock Holmes, et résoudre votre affaire.

Kenzie : Heu, vous savez, nous ne sommes pas chez un quelconque auteur de polar à deux balles, ici. Nous sommes chez Lehan, tout de même.

Moi : Et alors ? Je vais suivre toutes les pistes et mettre le doigt sur LE détail qui me fera résoudre cette affaire fissa.

Kenzie : Et vous êtes assez naïve pour penser que le Grand Lehane va laisser traîner un détail énorme, une piste tellement facile à suivre que Rantanplan y arriverait ou une affaire tellement bête et téléphonée que même Nabilla arriverait à la résoudre ? Non, mais allo, quoi ? Suivez-nous, mais ne croyez pas que vous allez solutionner aussi vite et facilement les méandres de notre créateur…

Moi (toute fière) : Hé, j’avais compris bien avant vous à quoi avait pu servir le fa… (No spoil !)

Kenzie : Chut ! Ok, sur ce coup là, vous marquez des points, mais pour le nom du coupable, vous repasserez !

Moi (bougonne) : Gruummmblll. Vous y avez pensé, vous ? Hein ? Non.

Voilà, c’est armée de ma loupe que j’ai suivi les pas de nos deux détectives qui ont repris le collier et se sont retrouvé « engagés » par une certaine Diandra Warren car elle a été menacée par téléphone et a reçu une photo de son fils Jason par courrier.

Et c’est partit pour une filature ! Là, j’ai jouée les voyeuse en compagnie d’Angie, Jason étant un chaud lapin affligé d’un sexe de la taille d’un python… et ses trois petites amies aiment lui tutoyer la clarinette pythonesque.

Quelques temps après ces filatures et ces fellations, le meurtre d’une connaissance à nos détectives va les impliquer directement dans une enquête des plus sordides.

Y’auraiti pas un sérial killer qui officierait dans le coin ? La jouant à la Jésus-Christ en raison de quelques crucifixions…

Toujours plus complexe qu’il n’y paraît, Lehane sait vous dérouter, vous surprendre et vous faire rire avec les réparties de Kenzie et l’humour trash de Bubba.

Et si oui, j’ai bien découvert une chose avant eux, pour le reste, je me suis ramassée !

Non, on ne devine pas chez Lehane ! J’avais mon suspect, j’y croyais dur comme fer et bien, j’ai repris mes billes et j’ai opté pour un autre, qui s’est révélé un tout aussi mauvais choix. Raté ! Lehane aime surprendre.

Les moments entre Kenzie et un prisonnier font froid dans le dos, pareil avec le final, manquait plus que la musique d’Ennio Morricone.

Bien que l’on entrevoit une partie de tout l’iceberg bien avant le mot « Fin », on en a pour son argent parce que le final est long, rempli de suspense, de questions, de rebondissements, de balles dans tous les sens.

Bref, comme les produits Durex©, Lehane fait durer le plaisir et le multiplie, nous collant quelques torgnoles au passage, pour se terminer dans un orgasme littéraire.

Voilà pourquoi, entre autre, j’aime cet auteur. Pour les surprises qu’il réserve à ses lecteurs, pour les enquêtes qui nous mènent là où on ne s’y attend pas, pour les frissons, pour la profondeur de ses personnages, pour les questions qu’il soulève dans notre tête, pour le climat du livre (Boston, on est en plein dedans, et pas les beaux quartiers), pour son style d’écriture des plus agréable à lire, pour l’humour qu’il mélange à son noir, ou son noir mélangé d’humour.

Si le livre était un café, il serait noir de chez noir, additionné de sucre (humour). Mais croyez-moi, on ne verrait pas le clocher de l’église au fond de sa tasse ! (1) Même pas les célèbres piques de l’Hôtel de Ville de Bruxelles ! Non, il faisait très sombre…

Lehane, une valeur sûre dans le polar bien noir, un auteur qui gagne à être lu et connu. Ce livre était magistral et m’a donné bien du plaisir. Merci Jeranjou !

(1) « Voir le clocher de l’église Untel dans le fond de sa tasse » est valable pour les cafés trop léger dont on voit le fond de la tasse.

(1) A contrario, si on dit qu’on ne verrait pas le clocher de l’église Untel dans le fond de sa tasse, c’est que le café est tellement noir que même le sucre n’ose pas aller dedans.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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