Le Mystère du Hansom Cab : Fergus Hume

Titre : Le Mystère du Hansom Cab                                 big_3-5

Auteur : Fergus Hume
Édition : Payot et Rivages (2006)

Résumé :
Un soir, Malcolm Royston, conducteur de fiacre à Melbourne, découvre qu’il transporte le corps d’un homme qui a manifestement été assassiné.

Hormis un étui à cigarettes en cuir de Russie et le mouchoir de soie qui a servi a à chloroformer la victime, aucun papier ni signe distinctif ne permettent de l’identifier.

Samuel Gorby, détective de la police de Melbourne, va mener une enquête pleine de surprises, qui l’entrainera dans les beaux quartiers de la ville comme dans ses bas fonds les plus sordides.

Publié en 1886, « Le mystère du Hansom cab » est l’une des œuvres les plus célèbres de la littérature policière. Premier roman criminel à accéder au statut de best-seller, il surpassa en ventes les aventures de Sherlock Holmes.

« Le mystère du Hansom cab », derrière d’apparentes facilités, est avant tout le roman des tensions sociales contemporaines et l’on sera surpris ici du dénouement d’une incroyable immoralité.

Critique :
« Le Mystère du Hansom Cab » est considéré comme l’un des premiers classiques du roman policier, son auteur l’ayant publié en 1886, sa rédaction tenant plus du hasard que d’autre chose…

En effet, Hume s’était enquis auprès d’un libraire de Melbourne sur le type d’ouvrages qui se vendaient le plus : « Les romans judiciaires de Gaboriau se vendent fort bien », lui fut-il répondu et Hume fit l’acquisition de toutes ses œuvres (11) qu’il lu avec attention.

Je ne pouvais donc pas lire un autre roman après « L’affaire Lerouge » de Gaboriau… Je voulais comprendre aussi comment cette œuvre était devenue la plus célèbre de la littérature policière, avait accédé au statut de best-seller et avait surpassé en ventes « Les aventures de Sherlock Holmes » ! (d’après le quatrième)

Amis lecteurs, si vous êtes à la recherche d’un policier trépidant, oubliez celui-ci !

En effet, bien que le meurtre ait lieu de suite (après quelques lignes), l’auteur prend le temps de décrire l’atmosphère de l’époque et d’entretenir le suspense, il se permet des tas de digressions en nous introduisant dans la vie des divers protagonistes, introduit deux logeuses hautes en couleur dont une est à flinguer, nous sort une jeune fille amoureuse qui fait confiance aveuglément à son fiancé accusé,…

Mais malgré tout cela, l’intrigue suit son cours et le tout est savamment dosé pour entretenir le suspense et nous mener sur des fausses-pistes (ou pas).

Le pitch ? La nuit, dans le fiacre de Melbourne, le client transporté est retrouvé chloroformé par le cocher et n’ayant pas de papiers sur lui, impossible de dire qui il est…

Le détective Gorby va devoir mettre toute sa science en œuvre afin de trouver l’identité de ce gus qui, avant d’être mort, était ivre et qu’un gentleman soutenait tout en appelant un fiacre.

Tout à coup, celui qui le soutenait le laisse choir en criant « C’est vous ? » et se casse, laissant le cocher fort dépourvu. Ce gentleman fera ensuite demi-tour pour monter dans le fiacre – avec le futur mort – pour en descendre ensuite, sans préciser que le voyageur ivre a déjà mangé son extrait de naissance.

Voilà tout ce que le cocher peut dire, mais il arrive tout de même à décrire vestimentairement l’homme ainsi qu’à indiquer qu’il porte une moustache blonde.

Tout ça à l’air bien simple, mais en réalité, ça ne l’est pas et rien, je dis bien « rien » ne sera évident dans cette enquête.

La logeuse du défunt s’inquiétant de la disparition de son locataire, cela permettra au détective Gorby de trouver son identité et ensuite de chercher celui qui aurait pu le rayer de la carte des vivants…

Une fois le coupable arrêté, on pourrait penser que tout est terminé… Étrange alors que la moitié du livre n’est pas encore lue.

Comme par hasard, le jeune homme arrêté clame son innocence mais refuse de dire où il se trouvait au moment du meurtre. Une femme serait-elle cachée là-dessous ?

– Quelles drôles de créatures que les femmes ! Je suis de l’avis de Balzac : comment l’homme comprendrait-il la femme puisque Dieu, qui l’a créée, ne la comprend pas lui-même ?

Il voudrait que sa fiancée ne l’apprenne pas ? Protecteur ? Ou bête, très bête !

Là, c’est son avocat qui va jouer au Perry Mason et enquêter avec la ténacité d’un bouledogue ne voulant pas lâcher son os. Aidé dans son enquête par un autre détective, Kilsip. Le procès aura lieu et je ne donnerai pas le résultat de la délibération des jurés.

L’avocat Calton et le détective Kilsip… Un sacré duo ! Des milieux huppés aux bas-fonds sordides de Melbourne, plongeant dans la misère ou en côtoyant les bourgeois riches, ce sont eux qui vont réussir à remonter le fil de la soirée et à résoudre le mystère de la mort dans le Hansom Cab.

Scotchée durant le roman, m’étant attachée à certains personnages, j’étais sûre d’avoir trouvé le coupable, mais peste soit de l’auteur, il m’a bien eu et je me suis retrouvée à la fin, la bouche ouverte, devant le nom du coupable.

En effet, le dénouement est d’une immoralité crasse.

L’ancêtre du roman policier s’est révélé une bonne lecture, une sorte de roman noir avant l’heure, mais je lui préférerai toujours Sherlock Holmes (ok, je ne suis pas impartiale !).

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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Les Annales de la Compagnie Noire – Tome 1 – La compagnie noire : Glen Cook

Titre : Les Annales de la Compagnie Noire – T1 – La compagnie noire 

Auteur : Glen Cook                                                          big_2
Édition : J’ai Lu (2004)

Résumé :
Depuis des siècles, les traditions et souvenirs de la compagnie noire sont consignés dans les présentes annales.

Depuis des siècles, la troupe se loue au plus offrant et les batailles qu’elle a livrées on déjà rempli maints volumes. Jamais pourtant elle n’aura traversé de période aussi trouble.

Entrée au service de la dame et de ses sorciers maléfiques, la compagnie participe à l’une des plus sanglantes campagnes de son histoire.

Les combats incessants, la magie noire qui empuantit l’air, bientôt les hommes tombent comme des mouches, et ceux qui restent debout commencent à se demander s’ils ont choisi le bon camp.

Ce sont des mercenaires, ils sont dépravés, violents et ignares, sans foi ni loi, mais même eux peuvent avoir peur, très peur…

La compagnie noire, troupe de mercenaire, a traversé les époques et les batailles. Son histoire est consigné dans les Annales de la troupe. Ses hommes respectent une tradition séculaire et honorent toujours leurs contrats, quelque soit leur employeur. Mais, Toubib, l’annaliste, va être témoin d’un bouleversement qui amènera la compagnie au service de la Dame et de ses Asservis, le « mal » absolu. Mais bon, après tout, un contrat reste un contrat…

Critique :
« La compagnie noire » traînait sur mes étagères depuis des lustres et je me suis dit qu’il était plus que temps que je me mette à lire ce cycle de Dark Fantasy !

Faudrait mieux ne pas trop laisser traîner sur les étagères les aventures de cette bande de mercenaires qui a plusieurs siècles d’existence… Cette troupe hétéroclite, composée de sorciers et d’anciens soldats qui sont parfois de véritables ordures. Personne ne s’est choisi et la compagnie est devenue leur famille.

Le passé est le passé et leurs existences, bien souvent ravagées ou sombres, n’ont aucun sens hors du bataillon. Dans la compagnie, on accepte chaque homme, même dans ses pires bassesses.

Les soldats de la compagnie noire se battent pour le fric. La politique, l’éthique, la morale, ils s’en foutent comme de leur première paire de chaussettes.

Ici, pas de preux chevalier juché sur son palefroi blanc immaculé et qui s’en va défendre la pucelle innocente et vierge… La compagnie est un corps d’armée, ils se battent, ils tuent, ils pillent…

Contrairement à d’autres cycles (Épée de Vérité), le Mal n’est pas incarné par un être dont la bassesse et l’infamie sont exagérés. Ici, le Mal, ce n’est qu’une question de point de vue. Le méchant, c’est celui qui est en face, point barre. Le (ou les) Méchants ont de l’humanité aussi.

J’étais donc plus qu’intéressée de découvrir l’histoire de cette troupe de mercenaires, de la suivre dans ses voyages, dans ses contrats, dans ses déboires et dans ses victoires (comme promis par la perspective des 13 romans).

Quoi de mieux que de lire leurs annales, tenues par Toubib, dont le nom révèle la fonction dans la troupe. D’ailleurs, il en est de même pour tous les personnages qui possèdent des noms tels que Tam-Tam, Miséricorde, Corbeau, Qu’un-Oeil, Silence, Bisounours (éliminez le mauvais surnom).

Et bien je suis au regret de vous dire que je n’ai PAS accroché et que la lecture des cent premières pages fut longue et laborieuse en raison du style de l’auteur qui écrit de manière fort basique en utilisant des phrases trop courtes : sujet + verbe + complément (parfois le complément est en option et on a juste le sujet et le verbe et point final).

Autant je suis contre les grandes phrases qui ne nous laissent pas respirer, autant je maudis les trop courtes qui me donnent l’impression d’être arrêtée tout le temps. Ces phrases courtes ont rendu le fil du récit décousu, embrouillé et bordélique et ne sont pas digne d’un auteur (juste bon pour les Harlequin, et encore !).

À la limite, je peux comprendre que l’histoire mette du temps à se mettre en place puisque l’auteur nous présente plusieurs membres de la compagnie, leurs relations entre eux, leurs grades, leurs fonctions. On apprend qui sera leurs futurs commanditaires, leurs ennemis, leurs alliés, comment ils ont rompu leurs engagements envers leur ancien commanditaire.

J’ai apprécié les voir prendre vie devant moi, découvrir leurs qualités et leurs défauts car ce ne sont pas des enfants de cœur.

Oui je râle de ne pas avoir accroché à cause du style d’écriture lapidaire et d’avoir été obligée de laisser tomber la lecture parce que, merde, j’avais vraiment envie de découvrir ce cycle de Dark Fantasy avec ses combats, ses duels, ses sièges, ses sombres manipulations politiques, ses créatures magiques, ses sorciers,… Tout mes ingrédients préférés s’y trouvaient.

Les personnages étaient hauts en couleur, certains attachants, d’autres détestables et même, parfois, les deux. Personne n’est tout blanc et les méchants ne sont pas tout noirs.

Enrageant, parce que j’avais apprécié ce léger humour caustique, ce cynisme dont font preuve les membres de la troupe. Ils se charrient, sont ironiques, et, bien que la vie ait été chienne avec eux, cela ne les empêchait pas d’en rire entre eux.

Le salut de ces hommes se trouvent peut-être dans l’écriture de ces annales car écrire l’histoire de ces mercenaires leur offrira un morceau d’éternité, mais mon salut à moi ne se trouvera pas dans la poursuite de leurs aventures…

Je laisse tomber et ça me fait râler parce que j’espérais passer un foutu bon moment avec ces rudes gaillards ! Surtout au regard des critiques dithyrambiques…

« Nul ne chantera des chansons en notre mémoire. Nous sommes la dernière compagnie franche de Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans les présentes Annales. Nous sommes les seuls à porter notre deuil. C’est la Compagnie noire contre le monde entier. Il en a été et il en sera toujours ainsi. »

Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.