Vendredi 06 septembre : J-1 !

Oui, Indiana Jones était juste ce qu’il fallait pour vous rappeler que demain, chez Gruz, j’enlève le bas et que je me livre à un strip-tease (dans le sens noble du terme).

Un effeuillage blogesque, une mise « pas tout à fait à nu », mais tout de même, je me livre sans retenue.

Oubliez les Tags, avec Gruz, c’est Hannibal Lecter interviewé par Clarice Starling et je vous jure que c’est lui qui joue Clarice, moi, je ne suis qu’Animal Lecteur. Ou Cannibal Lecteur, au choix. Le dévoreur de livres, le sérial killer des bouquineries, c’est moi !

Il se pourrait même que je vous parle de mon obsession pour un homme de papier… Un homme que je traquerais jusqu’au bout du monde… Un homme qui remplit des étagères dans ma biblio…

♪ Attention, mesdames et messieurs, demain soir, ça va commencer, installez-vous ♪ gentiment devant vos écrans de PC… ♫

Oui, le 6 septembre, j’enlève le bas !

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Vendredi 06 septembre : J-2

Plus que deux jours… Nan, les Mayas n’ont pas annoncé une nouvelle fin du monde, je vous rassure de suite, juste « plus que deux jours avant la publication de… » chez mon collègue blogueur et babelien : GRUZ !

Et vous ne savez toujours pas ce qu’il va être publié ce vendredi 06 septembre… Comme un Tag, mais en différent. Suspense, suspense.

« Il était une fois, chez la *******… en avant-première ! Et oui, j’aime trop cette musique et le western.

Moi,  le 6 septembre que j’enlève le bas !

Vendredi 06 septembre 2013 : J-3

Roulement de tambour ou musique des dents de la mer !

Vendredi… Le jour du poisson, le dernier jour de la semaine de travail. Que pourrait-il bien se passer vendredi 06 ? Une semaine avant le vendredi 13, en plus.

Non, rien à voir avec une quelconque cagnotte de l’Euro Millions, nous ne sommes pas à la bonne date.

Alors, quoi ??

Je laisserai monter le suspense, tout ce que je peux vous dire, c’est que cela se passera chez Gruz du blog EmOtionS. À ne pas rater !!

Une journée d’Ivan Denissovitch : Alexandre Soljenitsyne

Titre : Une journée d’Ivan Denissovitch          big_5

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Édition : Presse Pocket (2007) / 10/18

Résumé :
En 1962, pour qu’Une journée d’Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original.

Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait maintenant partie du patrimoine mondial de la culture.

Vingt ans ont passé depuis qu’il a vu le jour. Des œuvres monumentales ont succédé à ce joyau : le Premier Cercle, le Pavillon des cancéreux, Août Quatorze et ce requiem colossal qu’est l’Archipel du Goulag ; pourtant, c’est toujours Ivan Denissovitch qui revient le premier à la mémoire dès qu’on nomme Soljenitsyne.

Récit, dans sa version intégrale, de la douloureuse expérience du maçon Denissovitch dans le camp Solovetski. Cette description crue du goulag a fait sensation dès sa parution.

Autre quatrième de couverture :
Une journée d’Ivan Denissovitch , c’est celle du bagnard Ivan Denissovitch Choukhov, condamné à dix ans de camp de travail pour avoir été fait prisonnier au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le récit nous montre sa journée depuis le coup sur le rail suspendu dans la cour qui marque le lever, jusqu’au court répit du soir et au coucher, en passant par les longues procédures de comptage, la peur des fouilles, les bousculades au réfectoire, les travaux de maçonnerie par un froid terrible dans l’hiver kazakhe, les menues chances et malchances de la journée.

Archétype du paysan russe moyen, Choukhov, homme humble et débrouillard en qui le bien fait encore son oeuvre, a su se libérer intérieurement et même vaincre la dépersonnalisation que ses maîtres auraient voulu lui imposer en lui donnant son matricule.

Le talent propre à Soljénitsyne, son don de vision interne des hommes apparaissent ici d’emblée dans une complète réussite : ce chef-d’œuvre à la structure classique restera dans toutes les anthologies du vingtième siècle comme le symbole littéraire de l’après-Staline.

Critique : 
« Une journée d’Ivan Denissovitch », c’est du café fort, du café fort noir, bien qu’en apparence, il n’en ait pas l’air. À vue de nez, le café a l’air fort clair, pour peu, on apercevrait le clocher de l’église dans le fond de la tasse, mais lorsqu’on le goûte, sa force se fait ressentir dans la bouche et elle vous prend à la gorge.

Étrange pourtant, puisque ce récit d’une journée dans un goulag, en plein hiver, ne comporte pas de scènes violentes, ni de scènes de tortures. Pour peu, on lirait bien cette histoire avec le sourire… jusqu’à ce que la dure réalité se fasse ressentir : hé, on est au goulag !

Voilà toute la force du roman de Soljénitsyne : faire du roman fort, nous prendre par les tripes, nous faire ressentir la faim d’Ivan et des autres, nous faire ressentir le froid mordant, la peur, la résignation, la violence des gardiens, l’inhumanité des lieux, le travail titanesque qu’on leur demande d’accomplir, le tout sans épanchements, sans forcer le trait, en restant sobre… Tout en nous donnant un récit d’une forte intensité.

Ben oui, c’est quoi une journée dans toute une vie ? Rien… Mais pourtant, si importante. Surtout qu’au goulag, il faut rester en vie.

Il ne se passe pas de choses exceptionnelles dans le roman, pourtant, l’ennui est impossible et j’ai suivi cette journée d’Ivan avec passion, mes les tripes nouées tout de même.

Ivan, il est un homme simple, avec de l’enthousiasme. Ce n’est pas un tire-au-flanc ou un salaud, mais pour survivre au goulag, il doit ruser afin que son morceau de pain qu’il a caché ne soit pas dérobé durant son absence, ne pas se faire donner par un autre qui aurait à gagner un petit avantage, bref, éviter de se faire remarquer et d’aller au cachot qui signifierait la presque mort.

Ici, les gars, la loi… c’est la taïga. Mais, même ici, on vit. Ceux qui ne font pas de vieux os, au camp, c’est les lèche-gamelles, c’est ceux qui comptent sur l’infirmerie, c’est ceux qui vont frapper à la porte du grand patron.

Mieux qu’un Spartiate, le prisonnier CH-854 de la brigade 104 a mis au point tout un tas de petites combines afin d’améliorer quelque peu sa détention inhumaine : ne pas dévorer toute sa miche de pain le matin pour la faire durer;  magouiller afin d’avoir une soupe en plus; rendre des services à ceux qui reçoivent des colis; faire correctement son travail pour ne pas mettre leur brigadier dans la merde; cacher quelque lames dans son uniforme et faire en sorte de ne pas se faire attraper…

Denissovitch se permet même le luxe, à la fin, d’être optimiste et de se dire qu’une journée de plus était passée, sans seulement un nuage, presque un bonheur…

Un récit minimaliste qui donne naissance à une œuvre puissante, fallait le faire et le génie de l’auteur l’a fait. Poignant.

Et si le lecteur se donne la peine de réfléchir à l’envers du décor, cela lui donnera la vision d’un système totalitaire qui nie l’individu, qui lui enlève tout espoir et toute possibilité de réintégrer la vie normale. Ils savent tous qu’ils ne sortiront jamais de là…

On peut comprendre qu’à l’époque où le roman fut publié dans le « Novy Mir » il fallu couper quelques passages pour la publication (pourtant, ils n’étaient pas excessifs, ces passages) et que cela péta comme une bombe dans l’opinion russe puisque c’était la première fois qu’un écrivain parlait des goulags, lui qui y avait été.

Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.
Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.
Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.

Un grand roman à découvrir !

Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu

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L’affaire Lerouge : Emile Gaboriau

Titre : L’affaire Lerouge                                                     big_2-5

Auteur : Emile Gaboriau
Édition : France loisirs

Résumé :
Une femme d’une cinquantaine d’années, la veuve Lerouge, est retrouvée sauvagement assassinée dans sa maison. Tous les indices conduisent à un jeune homme de bonne famille : les preuves matérielles sont accablantes.

L’assassin paraît tout désigné et l’affaire bouclée, quand le doute s’immisce dans l’esprit de l’un des enquêteurs, le père Tabaret. Certains faits le poussent à envisager le meurtre sous un autre angle, et ses découvertes réserveront bien des surprises aux lecteurs.

Inspirée d’une affaire criminelle qui défraya la chronique, L’Affaire Lerouge est le premier roman « judiciaire » français.

Son auteur, Émile Gaboriau, élabore une intrigue policière à la construction astucieuse, doublée d’une histoire amoureuse.

Arthur Conan Doyle, autre père du roman policier, était un grand lecteur et admirateur de Gaboriau. Il reconnaîtra d’ailleurs volontiers l’influence de Tabaret et de Lecoq sur la création de son héros mythique, Sherlock Holmes.

Critique :
Conan Doyle faisait dire à Sherlock Holmes, dans « Une étude en rouge » : « Lecoq n’était qu’une misérable savate ! Son unique mérite était de posséder une énergie indomptable. […] Il s’agissait d’identifier un prisonnier inconnu. Je l’aurais fait, moi, en vingt-quatre heures. Lecoq y a mis un mois ou presque. Cet ouvrage pourrait constituer à l’usage des détectives un livre élémentaire destiné à leur apprendre ce qu’il faut éviter ».

Ayant lu le livre, je ne peux pas dire qu’il avait tort… Lecoq est en effet plus énergique qu’un cycliste du Tour en train de monter le Ventoux à plein gaz. Mais Lecoq, ancien repris de justice, suit souvent des fausses pistes !

D’ailleurs, dès le départ, lors de la découverte du corps, certains protagonistes de l’enquête se lancent des suppositions un peu vaseuses !

Le corps ? Mais de quel corps je parle ? À Bougival, au hameau de La Jonchère, Célestine Lerouge, veuve, est retrouvée égorgée avec une sauvagerie effroyable.

Si ce roman est tiré d’une histoire vraie, le véritable assassin ne fut inquiété car jamais découvert.

Gaboriau tira un roman de ce crime non résolu et, puisque conseillé par le vieux policier de la sûreté chargé de l’affaire, l’inspecteur Terabat (surnommé Tirauclair), il a brodé sur la réalité pour nous offrir ce qui fut le premier roman policier, Gaboriau étant considéré avec Poe et Conan Doyle comme les pères du policier.

Roman policier qui prenait la poussière depuis des lustres sur mes étagères. Son prix étant en euros, je dirais que cela fait 10 ans qu’il m’attend, au moins.

Que dire si ce n’est que je me suis un peu ennuyée, lors de ma lecture, suite à de nombreuses digressions au niveau des pensées de certains personnages qui deviennent lourdes.

D’accord, elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place. Il est un fait certain que Daburon, le juge d’instruction, ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Cela ralentit fortement l’action du roman et j’ai failli le reposer sur l’étagère qui l’avait conservé durant toutes ces années.

Malgré tout, j’ai persévéré et continué à suivre tout ce petit monde : Gévrol, le chef de la sécurité; Lecoq, son aide de camp  qui le méprise et voue une admiration extatique au père Tabaret, dit Tirauclair.

Tirauclair, qui est une sorte de précurseur à un Sherlock Holmes version « vieil homme riche » a une marotte inavouable en société : résoudre les énigmes les plus embrouillées grâce à sa méthode infaillible, à savoir partir du connu vers l’inconnu. Ce qu’il fit de manière brillante lors de l’analyse de la scène de crime chez la veuve Lerouge. Diable, on aurait dit Holmes dans ses déductions, donnant même la marque du cigare fumé.

– Est-ce le cigare qui vous confond ? Voici un bout du trabucos que j’ai recueilli dans les cendres. L’extrémité est-elle mordillée, a-t-elle été mouillée par la salive ? Non. Donc celui qui fumait se servait d’un porte-cigare.

Lorsque celui qu’ils pensent être le coupable est arrêté, à priori, il n’y a pas de doute : les preuves sont retrouvées chez lui.

C’est une fois l’arrestation faite que le reste va avancer un peu plus vite jusqu’au dénouement… après moult rebondissements. Lecoq ne fut pas le seul à se lancer sur des fausses-pistes, Tabaret aussi a fait des erreurs, mais il les a réparées. Lui qui se plaignait de ne plus voir de baux crimes…

– […] Les beaux crimes deviennent rares. La race force des scélérats sans peur fait place à la tourbe de nos filous vulgaires. Les quelques coquins qui font parler d’eux de loin en loin sont aussi bêtes que lâches. Ils signent leur crime et on soin de laisser traîner leur carte de visite. Il n’y a nul mérite à les pincer. Le coup constaté, on n’a qu’à aller les arrêter tout droit.

La fin du roman a rattrapé son départ laborieux avec un retournement de situation auquel je ne m’attendais point.

Le roman possède aussi quelques belles phrases toujours d’actualité :

– Retenez bien ceci, vicomte : la puissance a été, est et sera toujours à qui possède la fortune, à plus forte raison à qui détient le sol. Les hommes de 93 ont bien compris cela (1793). En ruinant la noblesse, ils ont détruit son prestige bien plus sûrement qu’en abolissant les titres. Un prince à pied et sans laquais est un homme comme un autre. Le ministre de Juillet qui a dit aux bourgeois « Enrichissez-vous » n’était point un sot. Il leur donnait la formule magique du pouvoir. Les bourgeois ne l’ont pas compris, ils ont voulu aller trop vite, ils se sont lancés dans la spéculation. Ils sont riches aujourd’hui, mais de quoi ? de valeurs de Bourse, de titres de portefeuilles, de papiers, de chiffons enfin.

La justice, malheureusement, ne peut jamais réparer complètement ses erreurs. Sa main posée injustement sur un homme laisse une empreinte qui ne s’efface plus. Elle reconnaît qu’elle s’est trompée, elle l’avoue hautement, elle le proclame… en vain. L’opinion, absurde, idiote, ne pardonne pas à un homme d’avoir pu être soupçonné.

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et de « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

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