Happy Birthday for me (dable)

Oui, aujourd’hui, je prenais un an de plus… et aussi des livres en plus ! Non, je ne veux pas dire par là que j’ai pris du poids, je ne suis pas en train de vous parler d’une unité de mesure, mais bien de littérature !

Chouchou, dans sa grande bonté m’achète des livres pour mes fêtes (il sait jamais quoi m’offrir), suivant scrupuleusement la liste que j’établis et que je laisse traîner de manière discrète sur la table.

Le pauvre n’étant pas un amateur de littérature, se trouvait fort dépourvu dans l’univers formidable des polars de la FN**. Problème résolu puisque je lui liste des titres de bédé que je ne possède pas, imprimant même la couverture pour lui faciliter la tâche.

Cette année, j’avais ajouté quelques romans policiers, poches ou belles éditions, afin d’avoir une surprise plus grande. Je ne le crus pas lorsqu’il me dit que la FN** n’avait aucun des romans listé.

Connaissant l’animal, je soupçonnais une ruse de sa part. Et bien non ! Aucun des romans listés n’était présent dans le rayonnage de la FN**, employé modèle aidant mon pauvre chou à s’en sortir. Tout sur commande, rien d’autre.

Ah, si, un s’y trouvait tout de même… Mais je vais faire durer le suspense et vous parler des bédés reçues !

InterspaceELFES : 5 races dans un même monde, 5 scénaristes & 5 dessinateurs pour 5 histoires ! 

Série découverte dans le « Lanfeust Mag » avec le nouveau tome, le 5, pas encore sorti. J’ai donc décidé de découvrir toute la série.

1. Le Crystal des elfes bleus
2. L’Honneur des Elfes sylvains
3. Elfes Blanc, Cœur noir
4. L’Élu des semi-elfes
5. La dynastie des elfes noirs (Pas encore paru)

Interspace

Les Naufragés d’Ythaq, Tome 11 : L’Haleine de l’Ogre

« Dans un univers où les êtres humains ont appris à voyager dans l’espace et ont colonisé de nombreux mondes, le Brume-de-Comète, un luxueux vaisseau spatial de croisière de la compagnie SilverStar Lines, subit une mystérieuse avarie causée par une force inconnue et s’écrase sur une planète non répertoriée des cartes spatiales. »

Ils sont revenus, mais d’autres convoitent la fameuse clé de ce monde qui n’existe sur aucune carte et sur lequel ils s’étaient crashés. J’ai toujours plaisir à retrouver les personnages et l’humour d’Arleston.

Interspace

Les forêts d’Opale – Tome 8 : Les hordes de la nuit
Darko est l’élu de la prophétie, celui qui doit libérer le monde de l’emprise maléfique des prêtres de la lumière et du nécromant Kamphre D’Yrkhone.

Il devait retrouver les titans, mais ceux-ci sont morts et son ancêtre Cohars a basculé, victime de la puissance d’une pierre noire. Pourtant, Sleilo semble parvenir à contrôler la puissance de cette pierre.

Ici, il affronte les cercles des enfers…

Interspace« Des boutres de Port Pourpre au grand désert du Delpont, la route est longue pour les guerrières Lynche et Raya, mercenaires au service d’une caravane humanitaire. Leur objectif : sauver des malheureux de la famine. Si Raya, la rousse au coeur d’artichaut suit avec une dévotion sans faille le charismatique Yquem, il n’en est pas de même pour l’intransigeante Lynche.

Quel lien y a-t’il entre les signes qu’elle porte sur le corps et les maîtres de l’expédition ? Les deux guerrières sont bientôt rejointes par Yssam, une troisième mercenaire à la personnalité troublante. Sur les routes de Troy, une aventure qui les mènera loin de leurs combats habituels à la découverte d’une abomination insoupçonnée. »


Les guerrières de Troy
1. Yquem le généreux
2. L’or des profondeurs

Avec Dany au dessin, il était évident qu’entre tous les mercenaires qui sévissent sur le monde de Troy, Arleston choisirait de suivre le chemin de donzelles court vêtues plutôt que de mâles pouilleux. Lu dans « Lanfeust Mag » : drôle et léger.

InterspaceEt le seul roman qui se trouvait à la FN** était… je vous le donne en mille ! « Yeruldelgger » de Ian Manook.

« Cinq ans plus tôt, Kushi, la fille de l’inspecteur Yeruldelgger a été enlevée et assassinée pour l’obliger à abandonner une enquête sur la corruption liée au rachat des terres de la steppe mongole.

La découverte du cadavre d’une autre fillette va le replonger dans les mêmes tourments.

Dans un pays à l’histoire et aux paysages sauvages, une guerre sale d’argent et de pouvoir s’est déclarée autour d’une des richesses minières les plus rares et les plus convoitées de la planète.

Pour lutter contre les puissances qui veulent s’accaparer son pays, Yeruldelgger va puiser ses forces dans les traditions héritées des guerriers de Gengis Khan, dans les techniques modernes d’investigation, et dans la force de ses poings.

Parce qu’un homme qui a tout perdu ne peut rien perdre de plus. Il ne peut que tout reconquérir. Peu à peu, sans pitié ni pardon…

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Serena : Ron Rash

Titre : Serena

Auteur : Ron Rash
Édition : Livre de Poche

Résumé :
Situé dans les Smoky Mountains de Caroline du Nord, Serena allie, selon l’auteur, « drame élisabéthain, problèmes environnementaux et richesse de la langue ».

L’héroïne, sorte de Lady Macbeth des années 1930, est l’épouse de George Pemberton, riche et puissant exploitant forestier. Ces deux-là sont des prédateurs, prêts à tout pour faire fructifier leur entreprise dont l’objectif est de couper tous les arbres à portée de leur main.

Une ambition que vient menacer le projet d’aménagement d’un parc national, pour lequel l’État convoite leurs terres. Pemberton met sa fortune à contribution pour soudoyer tous les banquiers et politiciens qu’il faut, et Serena n’hésite pas à manier fusil et couteau pour éliminer les obstacles humains.

Belle, ambitieuse et intrépide, Serena fascine son mari et ses employés, pour lesquels elle n’éprouve aucune compassion. Et pourtant chaque jour apporte son lot de blessés, voire de morts, tant le métier de bûcheron est dangereux en soi et la nature alentour hostile, quoique magnifique.

Le roman prend des allures de thriller lorsqu’elle poursuit de sa haine implacable le fils naturel que Pemberton a engendré avant son mariage et qu’il semble vouloir protéger. Sa fureur vengeresse ira très loin…

Critique : 
♫ Se-re-naaa, ton univers impi-toy-aaaa-ble ♪… Oui, Serena est pire que le très célèbre J.R !

Plantons le décor : nous sommes en plein cœur des Appalaches, en Caroline du Nord, peu après la grande dépression de 1929, au milieu d’une exploitation forestière. Presque «sur» exploitation parce qu’après leur passage, il ne restera plus un arbre debout, hormis les croix du cimetière.

Lorsque le noyer d’Amérique de trente pieds succomba à la scie va-et-vient de Ross et Henryson, la vallée et les crêtes ressemblaient à la chair écorchée d’un gigantesque animal.

L’exploitation appartient à la société de monsieur Pemberton qui la gère avec deux associés. Tiens, d’ailleurs le voici, Pemberton, avec son épouse. Son épouse ? Oui, messieurs les ouvriers, votre boss vient de se marier lors de son séjour à Boston et, croyez-moi, vaudrait mieux pas chercher des crosses à sa femme.

Non, pas en raison de la haute stature de votre patron… Juste en raison du caractère intraitable de sa femme ! Un ouvrier en fera les frais : non seulement il perdra son pari contre elle (2 semaines de travail sans salaire), mais en plus, madame le fera renvoyer ensuite, pour en faire un exemple.

Serena, c’est le genre de femme qu’on n’a pas envie de croiser sur son chemin, surtout si on à l’intention de lui mettre des bâtons dans les roues. Elle ne se laisse pas faire et elle a de la répartie… Sa langue est comme un fouet, elle claque. Ou comme la langue d’un serpent qui siffle avant de mordre.

– De par sa nature même, le beau sexe ne possède pas les qualités analytiques du sexe fort, mais dans ce cas précis, vous êtes parvenue, je ne sais comment, à pallier cette faiblesse.
– Mon mari m’a dit que vous étiez originaire de ces montagnes, d’un lieu qu’on appelle Wild Hog Gap, dit-elle à Cheney. Nul doute que votre opinion du sexe féminin a été formée en observant les souillons auprès desquels vous avez grandi, mais je puis vous assurer que les natures féminines sont plus variées que ne veut bien le reconnaître votre expérience limitée.

En comparaison, les autres femmes du roman font pâle figure, hormis la petite Rachel, 17 ans – qui s’était faite monter par monsieur Pemberton avant qu’il ne parte à Boston et revienne marié et qui est grosse de ses oeuvres… La pauvre gamine perdra son père lorsqu’il défia Pemberton au poignard.

Lorsque Pemberton regagna les montagnes de Caroline du Nord, […], parmi les personnes qui attendaient son train, sur le quai de la gare, se trouvait une jeune femme enceinte de ses œuvres. Elle avait auprès d’elle son père qui, sous sa redingote défraîchie, était armé d’un couteau de chasse affûté le matin même avec beaucoup de soin, de façon à pouvoir l’enfoncer aussi loin que possible dans le cœur de l’arrivant.

Elle a du courage, cette brave Rachel, mais elle aura intérêt à raser les murs parce que Serena l’a mauvaise à cause du fait qu’elle ne saura pas donner un enfant à son mari. Heu, tout compte fait, Rachel ferait mieux de fuir !

Serena… On ne sait pas si elle crève d’ambition ou si elle a soif d’une revanche sur la vie. Notre dame a les cheveux courts, porte des pantalons, monte à cheval comme les hommes et parcourt, sur son cheval arabe blanc, son fief boisé, au cœur des Smoky Mountains, un aigle perché sur le bras droit.

Serena… Plus diabolique que romantique. À beaucoup, elle inspire la peur, le respect, le désir, la haine. Biffez la mention inutile.

Pemberton, elle l’a vu et elle l’a voulu, s’offrant à lui le premier soir. Ce qu’elle veut, elle l’obtient, par tout les moyens.

Que voilà un personnage antipathique à 200%, la Serena. Surtout lorsqu’elle se met à régler tout ses problèmes à coups de cadavres, alors que son mari, lui, utilise sa fortune pour soudoyer les banquiers et politiciens, afin de tirer un maximum de ses terres avant de les laisser au futur Parc National. Totalement exsangue, bien entendu.

Ne vous y trompez pas : le mari a beau être fasciné par son épouse, ce sont tout les deux des prédateurs. Par contre, seule Serena a un cœur de pierre. Elle est bien plus dangereuse que lui, aussi.

Au fil des pages, elle devient de plus en plus froide, implacable, meurtrière, calculatrice, éliminant tout ceux qui sont dans son chemin, comme on abat un arbre. Aussi froide et impitoyable que les hivers rigoureux et mortels des Smoky Mountains. Aussi sèche que le sable des déserts brûlants.

Mais Serena ne tue pas elle-même… Non, tout comme elle utilise un aigle pour chasser les serpents, elle a un homme de main. Ses mains restent propres.

Roman noir, sur fond de misère sociale, de chômage et de crève-la-faim qui sont prêt à tout pour avoir un travail, même dans le milieu des bûcherons où on ne fait pas de vieux os. Ici, l’écologie est considérée comme un gros mot.

Quant aux droits des travailleurs… Les droits de qui ? Ce sont des esclaves, rien de moins. Un meurt ? Ils sont des dizaines à vouloir sa place.

Ce que j’ai aimé, en plus du contexte social, c’est que le roman ne soit pas centré uniquement sur la vie du couple Pemberton. Il nous parle aussi des ouvriers, de leur travail, nous fait partager leurs pensées philosophique, le cimetière qui se remplit des leurs, des concessions nouvelles qu’il faut négocier, sur ce parc National que certains veulent faire là où se trouve l’exploitation forestière. Bref, pas un moment de répit. Un roman profond.

Une écriture simple, mais pas simpliste, limite venimeuse comme Serena. Un récit lent, mais pas ennuyant, grâce au récit de la vie des Pemberton entrecoupé des récits des bûcherons, de la vie de Rachel qui élève seule son fils, des négociations pour d’autres terrains, des manigances de Serena et des bons mots qui parsèment le récit.

– J’ai assez de gadoue collée au cul pour y faire pousser un picotin de maïs, déclara-t-il d’un ton lugubre.
– Et moi j’en ai assez rien que dans mes cheveux pour boucher toutes les fentes d’une cabane en rondins, renchérit Henryson.

Argent, corruption, pas de justice – hormis celle du plus fort (ou de celui qui tue le premier) – un shérif qui fait tout ce qu’il peut pour lutter contre la puissance des Pemberton. Ce shérif, il en a dans le caleçon. C’est le seul a ne pas baisser les yeux et son froc devant eux.

Un personnage que j’ai apprécié, avec la petite Rachel. Deux personnages auxquels on s’attache, on tremble pour eux, on souffre avec la jeune maman qui fait ce qu’elle peut pour élever son gamin, sachant très bien qu’elle ne doit rien attendre du père biologique.

Un roman fort sombre, aux personnages travaillés, torturés, dont les quelques bûcherons dont nous suivons le parcours et leurs réflexions sur la femme du patron, le monde,…

Du venin dans les dialogues, dans les descriptions des hommes au travail et dans les paysages saccagés, sans parler du venin dans les pensées et les gestes de Serena et de ses sbires.

La fin m’a scié… Mais j’aurais dû m’en douter, avec Serena !

♫ Oh Serena, ton coeur est trop dur ♪

Livre particiapant au challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulture et  Le « Challenge US » chez Noctembule.