Je suis une bavarde ET conviviale… et alors ? Ça m’empêchera pas de dormir…

Il parait que je parle beaucoup sur les blogs… Du moins, c’est ce que disent Asphodèle et Yvan… Statistiques WP à l’appui ! Z’ont rien compris : c’est pas moi qui parle beaucoup, ce sont les autres qui ne disent presque rien !

Alors, puisque Natiora m’a taguée et que Aspho m’a mise au défi de faire un billet en 100 mots pas plus, je m’y suis attelée !

Oui, derrière mon PC, je papote, mais dans la vie de tous les jours, quand je ne connais pas bien la personne, ben, j’ai parfois tendance à rester silencieuse.

Sur le Net, je me permets de dire des bêtises et de me laisser entraîner dans des tas de petits papotages sans but. Donc, vous risquez de me retrouver souvent en train de causer chez vous 😉 (115 mots !)

1. Lorsque tu apprendras que tu as été désigné, te réjouir tu devras. Danser la gigue et arborer le logo de ce tag sur ton blog tu feras. C’est fait ! Bon, pas dansé trop fort, mon homme se serait posé des questions sur ma santé mentale 😀

2. Pour remercier celui qui t’a désigné, un petit texte tu rédigeras. C’est fait aussi, en 115 mots, pas un de plus, je ne compte pas ces lignes-ci, évidemment !

3. Puis, les 10 internautes les plus bavards sur ton blog tu nommeras. Yvan (98), Noctembule (45), Foumette (32), Dorothée (29), Asphodèle (27), Bianca (25), et… MOI !

4. Les prévenir (sur leur blog) de ton méfait tu devras. Ils sont tous abonnés à ma news letter ou alors, au « fraichement pressé » de WP !

5. Faire ce tag UNE SEULE FOIS tu pourras. Yes !!

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Yeruldelgger : Ian Manook [Yeruldelgger 1]

Titre : Yeruldelgger                                                     big_4-5

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (2013)

Résumé :
Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille.

Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité.

Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Petit plus : Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator.

Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Écosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

Critique : 
De prime abord, ce roman paie tellement peut de mine qu’on hésiterait à le retourner afin de lire son résumé… Voyez vous-même sa couverture : un auteur inconnu, un personnage « hachuré » de noir, un titre imprononçable dont on ne sait trop à quel genre littéraire il pourrait appartenir…

Bref, à se demander si les gars du marketing avait une dent contre le roman ou s’ils n’étaient pas tout simplement pas partis en vacances ce jour là !

Grave erreur que cela aurait été de passer à côté !! Si à première vue sa couverture ne casse pas 5 pattes à une marmotte, une fois ouvert, ce polar noir est un véritable plaisir à lire.

Une copine de blog, Dominique, l’avait comparé à une yourte mongole : pas terrible de l’extérieur, mais magnifique à l’intérieur. L’image était bien trouvée !

Un polar noir et une action qui se déroule en Mongolie : j’étais bien servie, moi qui suis fascinée depuis toujours par ce pays.

Tout commence par un corps d’enfant enseveli sur son petit vélo, dans la steppe, juste après la découverte des trois cadavres de chinois, dans un entrepôt. Particularité ? On leur a coupé les testicules et leur membre viril aussi. Ensuite, nous aurons deux putes pendues…

Oyun cherchait les testicules du Chinois. Les testicules et le reste. Tout son bazar en fait. Pour les besoin de l’enquête, bien sûr, parce que la seule certitude à ce stade des investigations, c’était que le Chinois n’aurait plus jamais besoin de son bazar.

Point commun ? Aucun. Du moins, en apparence. Ce sera au commissaire Yeruldelgger de faire toute la lumière sur ses sinistres crimes, ce qui risque de ne pas être facile vu tous les bâtons qu’on lui glissera dans les pattes !

S’il ne m’avait pas été chaudement recommandé, je serais donc passée à côté de ce roman… J’aurais commis une grosse erreur parce que je viens de prendre mon pied durant ces quelques 540 pages. Comme quoi, on peut avoir une couverture peu attirante et être bien foutu ! (le contraire marche aussi : belle cover et contenu médiocre).

Lecture jouissive à plus d’un titre car l’auteur ne se contente pas de nous faire suivre l’enquête, non, il nous fait entrer dans les yourtes, nous abreuve de thé au beurre salé, nous plonge dans l’Histoire et les coutumes de ce pays qui a le cul entre deux chaises, écartelé que les habitants sont entre le modernisme et le respect des traditions qui se perd.

Elle tenait à hauteur des yeux une petite coupelle qu’il savait rempli de lait de la dernière traite et, d’un geste croyant et respectueux, du bout des doigts, elle en aspergeait les quatre points cardinaux. […] Yeruldelgger ressentit une sorte de bonheur à appartenir à ce pays où on bénissait les voyageurs aux quatre vents et où on nommait les cercueils du même mot que les berceaux. Une sorte de bonheur…

La Mongolie a une Histoire riche, des voisins pas toujours « fréquentables » (Chine, Japon, Corée, Russie) qui lorgnent sur ses richesses enfouies et l’auteur nous la fait découvrir plus en profondeur. On ne survole pas, on rentre dedans !

Le commissaire Yeruldelgger est un homme torturé depuis la mort de sa petite fille, enlevée et assassinée ensuite. Sa femme s’est murée dans son monde, sa fille aînée a tourné casaque (ou « cosaque », vu le pays) et nous sommes face à un homme qui n’a plus rien perdre, ayant déjà tout perdu.

Yeruldelgger fait partie des richesses de ce roman, mais il n’est pas le seul, il est entouré d’une multitude de personnages secondaires assez fort, eux aussi. Il a beau être le pivot central du roman, sans les autres, Yeruldelgger n’est rien.

C’est aussi un homme fort, un homme qui est imprégné de la tradition, qui veut la protéger, un policier qui se bat pour son pays, malgré ses propres blessures, ses fêlures, ses démons. Un homme qui ne renonce jamais.

Un roman au scénario travaillé, servi par un écriture très agréable à lire, ni trop complexe, ni trop simpliste. On vit l’enquête et on ressent les coups durs avec les personnages, certaines scènes étant plus violentes que d’autres (âmes sensibles…). Le tout parsemé de quelques petites touches d’humour.

Chuluum se pencha sur le cadavre, à hauteur de son entrejambe, et s’approcha autant que l’horreur et la puanteur le lui permirent pour essayer de deviner ce qu’avait observé le commissaire avec tant d’attention.
– Pas la peine de lui tailler une pipe, Chuluum ! cria Yeruldelgger sans se retourner. Ça ne peut plus le ranimer et ça ne te rapportera rien !

J’ai eu un gros coup de cœur pour Gantulga, un petit garçon fort débrouillard (normal pour un gamin des rues). À lui tout seul, il vaut bien les Irregulars de Baker Street !

Mon seul bémol sera pour les « méchants » : j’ai vite compris qui était le traitre et qui tirait les ficelles. Ce qui n’a pas entamé mon ardeur à le lire, toute contente que j’étais d’avoir une longueur d’avance.

Un roman noir qui nous dépayse, qui en profite aussi pour glisser quelques réflexions sur la Mongolie, sur ses rapports avec l’Occident, sur les massacres des mongols et sur le fait que la Seconde Guerre Mondiale ne veut rien dire pour eux. La Shoah et d’Hitler non plus, car ils avaient à souffrir des massacres perpétrés par Staline ou Mao.

– Regarde. Après la guerre en France, près de vingt mille femmes ont été tondues pour avoir pactisé avec les Allemands.
– Pactisé ?
– Oui, fréquenté, couché, aimé, si tu préfères !
– Vingt mille ! Je n’avais jamais entendu parler de ça.
– Que veux-tu, philosopha-t-il, dans notre monde c’est souvent « à chacun sa misère ». D’après toi, combien de Français savent que dans les années vingt, notre Baron Fou a fait ébouillanter ou jeter dans les chaudières des locomotives des milliers d’hommes et de femmes ? Les guerres sont sales, et les victoires aussi.

Le tout sur fond d’argent sale, de magouilles, de trafics en tout genre, de crimes et de violence.

Un roman qui m’a ému aussi et entrainé dans l’immensité de la steppe.

Pour un « premier » roman, la réussite est au rendez-vous et elle totale. Mon seul regret est de l’avoir terminé…

Yeruldelgger… Un type que j’aime bien et avec lequel je suis prête à enfourcher un cheval pour repartir dans les steppes mongoles.

Yeruldelgger Khaltar Quichyguinnkhen… Quand vous parviendrez à prononcer correctement son nom, vous aurez un chocolat en récompense !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).