Le Lapin Borgne : Christoffer Carlsson

Lapin Borgne - CarlssonTitre : Le Lapin Borgne                                               big_0

Auteur : Christoffer Carlsson
Édition : Balland (2013)

Résumé :
À quelques kilomètres du village de Dalen, il existe une maison abandonnée dissimulée par une forêt épaisse et sombre. Lorsque David, étudiant à Stockholm, rentre de l’Université pour les vacances, ses amis d’enfance le convainquent de s’y installer.

Ils passent de longues journées d’été à bronzer, faire l’amour et improviser des barbecues. En quête d’argent facile, le plus marginal d’entre eux cambriole les maisons voisines dans le but de revendre sur des brocantes.

Mais la disparition soudaine d’Emmanuel, homme seul et âgé, attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic de la bande de jeunes.

Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut en théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe.

POLAR - paysage-de-suede-nature-paysages-2cee40T650Critique : 
Le lapin sur la couverture du livre, bien que borgne à cause de son bandeau de pirate, me faisait de l’œil… Il avait une bonne bouille. C’est donc toute contente de mon achat que j’étais sortir de la bouquinerie.

Pensez donc, avec un quatrième de couverture qui me parlait de « la disparition soudaine d’un homme seul et âgé qui attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic d’une bande de jeunes. Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut en théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe ».

Cela ne présageait que du bon, une sorte d’Overlook miniature.

Ma joie dura jusqu’à ce que je commence la lecture ! Si le premier chapitre a réussi à éveiller ma curiosité et à me mettre l’eau à la bouche, le reste ne m’a pas rassasié et je suis restée sur ma faim avec une impression d’indigestion monumentale car entre le menu promis et ce que j’ai eu dans mon assiette, ce n’était pas la même chose !

Quatrième de couverture trompeur… Je cherche toujours désespérément ce qui m’avait été promis et que ne fut qu’effleuré de loin !

Ajoutons à cela un rythme de narration lent ET ennuyant, endormant même, pour ne pas dire chiant.

Les dialogues, rédigés à la première personne, sont d’un ennui profond et les phrases d’une platitude absolue, comme écrite pas un gamin qui se prendrait pour un auteur ou par un auteur qui se ficherait de son lectorat comme je me fiche de ma première paire de chaussette.

Pourtant, il est dit qu’il a déjà publié, qu’il a du succès et qu’il est criminologue… C’est criminel de proposer pareil roman sous l’appellation de « thriller », oui ! « Somnifère » serait plus juste.

En plus d’être ennuyants, les dialogues sont déroutants car les actions que font les personnages sont décrites dans les conversations, sans qu’il y ait de guillemets pour signaler la fin de la discussion, rendant le tout encore plus lourd. Je vous donne un exemple ici :

– Si vous échouez, je reprends les 200.000 que je vous ai déjà donné. Jack commence à chercher quelque chose dans sa veste. Ah, te voilà. Il sort un révolver noir de l’une de ses grandes poches. J’aime l’avoir à portée de main, commente-t-il en le rengainant.

Ah oui, j’oubliais de vous dire aussi que le narrateur était un des jeunes (David) et que la narration s’effectuait au présent, chose que je n’apprécie pas beaucoup, ayant un préférence pour le passé simple.

Passant des pages, j’ai eu l’impression – trompeuse –  que l’action allait enfin démarrer vers la page 130… Que nenni ! C’était juste un soubresaut !

Allez, un peu de trépidation sur la fin, mais la platitude des dialogues et de la narration ont rendu le tout insipide et retiré tout caractère de suspense ou d’angoisse. Quant aux dernières pages, elles sont à bailler d’ennui. Limite à se flinguer.

Quand aux personnages, aucune empathie ou attachement pour eux (hormis pour Kasper, un jeune garçon et son lapin, eux, ils sont bien).

Dommage, parce qu’il y avait de bonnes idées dans le livre : des ados qui commettent des cambriolages et qui tuent un vieil homme (même si un n’y prend pas part, ce qui le rend un peu dangereux pour les autres), la nécessité de tenir cela secret, un enterrement du corps dans le jardin de la maison abandonnée, deux témoins du meurtre, dont un jeune gamin avec son lapin borgne… (lapin borgne qui, bien que donnant le titre au roman a un tout petit rôle, alors qu’il aurait pu être mieux exploité).

Et puis surtout, il y avait la vieille maison dont l’état de conservation changeait selon les yeux qui la regardaient, des chuchotements entendus par certains, comme si elle était habitée par des esprits… Une maison cachée de tous qui semblait faire ressortir le meilleur ou le pire de chacun. Mais le tout fut sous-exploité ou  juste touché de loin, ce qui donne une sorte de bouillon insipide et nauséeux.

Un Overlook Jr ?? Tu parles ! De l’ersatz, oui !! Je lui accorde le titre de « roman à chier de l’année ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le challenge « Un hiver en Suède » de Mes chroniques Littéraires.

Winter on the island IICHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

31 réflexions au sujet de « Le Lapin Borgne : Christoffer Carlsson »

  1. et sinon, tu as aimé ? J’ai pas bien compris 😉
    Bon, voilà une affaire rondement menée, claire comme de l’eau de roche. Et dire que j’ai failli l’acheter ! Tu viens de faire une bonne action

    J'aime

    • Oh oui, j’ai adoré !!! 🙄 D’ailleurs, je vais demande sa nomination au prix du « roman à chier de l’année ».

      On devrait faire les Gérard des livres qu’on a pas aimé… 👿

      Tu vois, ma gentillesse : je te fais réaliser des économies, toi, tu me fais dépenser toutes mes économies…

      Je sors !!! 😀

      J'aime

  2. Fichtre, voilà un article totalement à l’opposé du mien. Alors je me dis que tous les gouts sont dans la nature ou alors je me suis emballé trop vite ? ceci dit, ce que tu dis dans ton billet est vrai mais je continuerai à défendre ce roman. Là où tu y vois des défauts j’y vois des qualités, et oui, le rythme est lent, et oui je me suis laissé embarquer. J’adore finalement quand on n’est pas d’accord !

    J'aime

    • Ok ! Je vais aller lire ton billet que je n’ai pas encore lu (publié, au moins ?? 😀 ).

      Oui, tous les goûts sont dans la nature et parfois, on peut ressentir l’opposé de ce que l’autre a ressenti. Moi je m’y suis faite ch*** et toi, tu as été embarqué. Le quatrième est trompeur et je m’attendais à tout autre chose, vois-tu, plus de profondeur, plus de changements dans les personnages, plus de trucs avec la maison ou le lapin, plus aussi avec les gens qui se demandent où est passé Emmanuel et plus de tensions entre les jeunes après le meurtre.

      Bref, la barre trop haute, sans doute… 😦

      Au moins, tu as aimé, c’est déjà ça 😀

      J'aime

  3. C’est vraiment dommage. L’idée de cette maison paraissait très bien pourtant. Est-ce qu’il n’y aurait pas peut-être un problème de traduction? J’ai souvent remarqué cela dans les traductions des textes scandinaves: des traductions qui, par fidélité à la syntaxe de la phrase norvégienne, danoise ou suédoise, aplatissent un peu le texte. Or comme ces littératures privilégient souvent le sous-entendu ou l’intuition… En tout cas, il me faisait de l’oeil ce lapin – enfin, celui qui lui reste!

    J'aime

    • Moi aussi il me faisait de l’oeil, ce lapin borgne qui m’en a posé un sacré, de lapin, puisque rien n’était au rendez-vous.

      J’avais pensé que cette maison allait leur obscurcir l’esprit, un peu à la manière de l’Overlook dans « Shinning » et que l’auteur allait travailler là-dessus, mais tout est effleuré de loin, on ne ressent même pas le fameux « théâtre des vanités » ou alors, tellement sous-entendu qu’on passe à côté. 😀

      Les traducteurs peuvent fichent en l’air un texte, je le sais, il y a des précédents de grande empleur (quand Le Masque a publié le canon holmésien avec des put**** de traductions à la noix).

      Pour ce livre, je ne puis répondre, mais je suis passé tellement à côté que je devais être aveugle et pas borgne. 😉

      J'aime

  4. Et Hop, voilà un livre que je ne mets pas dans ma Pal.
    Pour une fois, tu fais une bonne action ! C’est assez rare pour le souligner.
    Je lève mon verre en ton honneur ! Une Chouffe ?

    J'aime

    • 😀 Moi, j’aurais bien aimé que le menu soit le même que ce qui me fut servi dans mon assiette, merde, il me paraissait bien, ce livre ! Je l’avais noté lorsque Pierre en avait parlé sur son blog (Black Novel), dans les nouveautés. J’étais toute contente, moi !!

      Pas d’orgasme littéraire… 😀

      J'aime

  5. la narration au présent ! ce n’est pas que je n’aime pas, c’est que je déteste… j’ai l’impression que c’est la solution de facilité, et il faut donc l’utiliser avec parcimonie ou alors avoir une très très bonne histoire (et une bonne plume) qui justifie la chose…
    les histoires d’ado meurtriers, ça me traumatise (je crois que c’est à cause des années passées dans l’enseignement… je sais de quoi ils sont capables :/ ).
    Une lecture que j’éviterai…

    J'aime

    • Je déteste aussi, mais parfois, ça passe, mais faut une histoire béton et une excellente narration (« Le festin du serpent » l’avait, lui !!).

      En fait, lorsque je lis des narrations au présent, mon cerveau a tendance à corriger et à mettre les phrases au passé simple, je dois me contrôler, sinon, ça mettra deux fois plus de temps à le lire.

      Des ados meurtriers, oui, pour du fric facile, on cambriole, c’est marrant, mais ils ne savaient pas que leur pote qui les avait entraîné là dedans devait juste rembourser ses dettes de drogue.

      Tiens, un message, dans ce livre « les dettes mèneront à ta perte »… mais ce n’est pas neuf, le plus vieux livre du monde nous met déjà en garde contre les dettes ! (la Bible !) 😉

      C’était une chronique qui fera éviter des dépenses inutiles à certains/aines, bien que Pierre (du blog Black Novel) ait super bien aimé le livre…

      J'aime

  6. Ping : 21. Challenge "Un hiver en Suède" | The Cannibal Lecteur

    • J’avais adoré la cover, moi !! 😀

      De temps en temps, je fais preuve de bonté et je vous chronique des livres que j’ai pas aimé afin de soulager votre portefeuille, moi !

      Je peux donner les noms des blogueurs qui ne postent que leurs coups de coeur et là, ça fait un coup au portefeuille !

      J'aime

    • Je viens de lire « A.O.C Assassinat d’origine Contrôlée », lui aussi en « présent », avec des phrases courtes et j’ai pas aimé la narration ainsi.

      Le livre a perdu beaucoup, il est lent mais la fin est super. Dommage que tout le reste… 😦

      J'aime

  7. Merciiiiiiiiiiiiii…..pour cette chronique trop marrante qui me fait faire une sacrée économie!
    Si tu le trouves déjà lent….que vais-je devoir dire??? Trèèèèèèèèèèèèèès lent! hihihihi

    J'aime

  8. Ping : Hiver suédois, le billet récap | Chroniques litteraires

  9. Ping : Bilan Livresque : Janvier 2014 | The Cannibal Lecteur

C'est à votre tour d'écrire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.