21. Challenge « Un hiver en Suède »

Winter on the island IIChuuut, ne dites rien à Yvan, il ne doit pas savoir que ma maladie a frappé une nouvelle fois et que j’ai une inscription de plus dans un challenge…

Je pensais que ce serait un tout petit challenge puisque je n’avais que deux titres, mais c’était sans compter mes trésors cachés dans mon obscure bibliothèque car j’ai retrouvé des auteurs suédois bien cachés (merci à la base de donnée de Babelio). Au lieu des deux titres du début, j’en ai 6 ! Pas dit que je lirai tout… 😉

– Le lapin borgne : Carlsson (ICI)
– La princesse de glace : Läckberg (ICI)
– Du sang sur la Baltique : Viveca Stein (ICI)
– Le sang des pierres : Johan Theorin (ICI)
– Hanna était seule à la maison : Carin Gerhardsen (ICI)
– Hiver/Été : Mons Kallentoft (PAS LU !)

Je tente un forcing pour faire admettre « Le catalogue Ikéa », section « Bibliothèque » 😀

Alors, sortons nos doudounes, buvons du thé chaud, enfilons nos gants et sortons les raquettes.

Alors, durant le trimestre, quelques jours, je serai ailleurs… Si on me cherche, je serai ici et je ne comptais pas louper de pareils paysages ou de pareilles rencontres !

Quand ma PAL est atteinte de fièvre acheteuse… Ça monte, ça monte !

BILAN - tumblr_m4jfp2Q4sU1qgblnaComme vous le savez tous et toutes, j’ai une tendance compulsive à l’achat. Pas de chaussures, non, mais plutôt des livres.

Ils sont mes vices (je n’ai pas qu’eux, vous verriez ma collection de tasses ou de boites métalliques… et encore, je pourrais en avoir plus, mais Chouchou tente de me réfréner).

Ces derniers temps, suite à des pulsions primitives déclenchées par certains blogueurs ou blogueuses (j’ai leur nom sur une liste, mais ce sont les hommes les pires, dans la poussée vers la tentation), je me suis fait plaisir toute seule ! Non, la conversation ne va pas dévier sur l’onanisme, s’il vous plait, un peu de tenue, queue diable !

Moi quand je vois des livres…

Non, c’est juste que j’ai été gâtée pour Noël puisque Chouchou m’a fait la surprise de l’offrir les livres que j’avais commandé dans une librairie et que ayant reçu des étrennes de la marraine de ma mère (oui, elle nous gâte encore), et bien, je les ai dépensées (pour une fois) en achetant des livres dans lesquels j’ai soigneusement que c’était « de sa part » afin de ne jamais oublier (je suis sentimentale, sous mes airs de dure).

Ayant aussi sous la main un chèque cadeau « Suprême Award » d’une valeur de 50€, je ne me suis pas gênée !

Bref, pour ceux et celles qui veulent voir l’ampleur des dégâts… Ou subir les foudres de la tentation… Attention, il y a des poids lourd dans cette liste, des « recommandés » par des éleveurs de champions (autrement dit, des « blogueurs tentateurs »).

Attention, tous ne sont pas des neufs ! J’ai aussi fait quelques razzias en bouquinerie… Bref, ma PAL a pris du poids, de l’ampleur, de la démesure, du Viagra…

Achats neufs offert par Chouchou à Noël 2013 (voir « Petit papa Nowel est passé en retard« ) -> 9 :

  1. C’est dans la boîte : Frédéric Ernotte
  2. L’apparence de la chair : Gilles Caillot
  3. Lignes de sang : Gilles Caillot
  4. Né sous les coups : Waites
  5. Smoky : Will James
  6. Et si Notre-Dame la nuit… : Catherine Bessonat
  7. Sherlock Holmes et le chien des Baskerville : Unglik
  8. Nu dans le jardin d’Éden : Harry Crews
  9. Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone : Colomino (scénario) – Palomé (dessins)

Apparence de la chair - Caillot C'est dans la boîte - Ernotte Et si Notre-Dame la nuit - Bessonart Lignes de sang - Caillot Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone - Colomino Sherlock Holmes et le chien des Baskerville - Unglik

Dans ceux que je me suis offerts avec les étrennes et le chèque en janvier 2014. Il y a un mélange de livres neufs (N) et d’occases (O) -> 10 :

  1. Animaux solitaires : Holbert (O)
  2. Après la fin : Abel
  3. Demain j’arrête : Legardinier (O)
  4. Écorchée (l’) : Carisi
  5. Je serai toujours là : Savin
  6. Impliqués (les) : Miloszewski
  7. Reflex : Mayeras
  8. Sur ta tombe : Bruen
  9. Témoin de la nuit : Desaï
  10. Un long moment de silence : Colize (O)

Animaux solitaires - Holbert Après la fin - Abel Demain j'arrête - Legardinier Écorchée - Carisi Impliqués - Miloszewski Je serai toujours là - Savin Reflex - Mayeras Sur ta tombe - Bruen Témoin de la nuit - Desaï Un long moment de silence - Colize

Les razzias dans les bouquineries pour le mois de décembre 2013 ->20 :

  1. Au lieu dit Noir-Étang : Thomas H Cook
  2. Baiser d’adieu : Gurthie
  3. Ce qui restent en forêt : Neil
  4. Chevauchée avec le diable : Woodrell
  5. Clé de verre (la) : Dashiel Hammett
  6. Cramé (le) : Bosco
  7. Diable, tout le temps (le) : Pollock
  8. Été, tous les chats s’ennuient (l’) : Georget
  9. Général Enfer (le) : Covin
  10. Instinct Maternel : Abel
  11. Je sais qui tu es : Sigurdadotir
  12. Lapin borgne (le) : Carlsson
  13. Miserere : Grangé
  14. Murs de sang (les) : Camut & Hug
  15. Proies du lac (les) : Watterson
  16. Psycho Killer : Anonyme
  17. Purgatoire des innocents : Giébel
  18. Quête (la) : Lyndon
  19. Qui ? : Expert
  20. Un pied au paradis : Ron Rash

Un Pied au paradis - Ron Rash Qui - Expert Quête (la) - Lyndon Miserere - Grangé Murs de sang - Camut & Hug Proies du lac - Watterson Psycho Killer - Anonyme Purgatoire des innocents - Giébel Lapin borgne - Carlsson Je sais qui tu es - Sigurdardottir Instinct Maternel - Abel Général enfer - Covin - Plon Clé de verre - Hammet Mise en page 1 Diable tout le temps - Pollock Été tous chats s'ennuient - Georget - PP Chevauchée avec le diable - Woodrell Ce qui reste en forêt - Niel 9782702434079.indd Au lieu dit Noir Étang - Thomas H Cook

Bilan Livresque Mensuel : Décembre 2013

BILAN - SH - sherlockholmes407731On peut dire que le bilan de Décembre est une catastrophe du point de vue du nombre de livres lus : 3 (un 4ème est en cours de lecture) et 10 bandes dessinées.

La faute à pas assez de temps et trop de travail. Ces quelques mauvais rendements dans la lecture de mes romans portent mon Bilan Annuel à 116 livres lus (hors bédés !).

Par contre, il faut souligner que les 3 romans étaient assez épais et qu’ils furent tous les trois des coups de cœur !

Le mois a commencé avec un livre qui m’a ému aux larmes, après m’avoir fait rire : « Et soudain, tout change » de Gilles Legardinier (ICI). Mon premier coup de cœur du mois. Pourtant, je vous jure que jamais je n’aurais choisi pareil roman en librairie si ce n’était que Yvan l’avait lu et m’en avait dit le plus grand bien. J’ai eu raison de suivre son conseil avisé.

Ce roman traînait dans ma PAL depuis 1 an… Mais j’aurais déjà bien voulu le lire lorsque j’étais jeune et que je découvrais les œuvres de Stephen King : « Shining » me faisait peur avant même que je ne l’ouvre et j’avais toujours reporté sa lecture aux calendes grecques (ICI).

Deuxième coup de cœur, dans un registre tout à fait différent : de comédie on passe à un récit qui fait froid dans le dos, un huis-clos dantesque dans un hôtel perché au sommet d’un col, bloqué par des quantités de neige.

L’avantage de l’avoir lu si tard, c’est que j’ai appris quelques informations sur Stephen King qui m’ont aidé à mieux comprendre le roman, mieux percevoir le message qu’il a fait passer.

Pourquoi avoir soudain décidé de lire cette œuvre majeure du King ? Tout simplement parce que 36 ans après sa publication, il a décidé de nous offrir une suite avec « Docteur Sleep » qui est mon troisième coup de cœur (ICI) .

Bien que différend en tout points de « Shining », il est sa suite. J’ai retrouvé tout de suite le petit Dany Torrance, en proie avec les démons de l’Overlook et notre ami Dick va lui donner la solution pour enfermer ses démons.

Ensuite, nous retrouvons Dany adulte, en proie aux démons alcoolisés… Un roman fort, des personnages admirables et un scénario excellent.

Le quatrième livre qui est en cours et qui  risque fort d’être un coup de cœur (sauf si l’auteur bâcle la fin), c’est « Back Up » de Paul Colize.

Berlin, 1967. Quatre musiciens anglais faisant partie d’un groupe de rock trouvent la mort dans des conditions et des lieux différents. Bruxelles, 2010. Un SDF est renversé par une voiture, transporté dans un état grave à la clinique où l’on diagnostique un coma particulier, le Locked In Syndrom. Quel est le rapport entre les deux ? Je le saurai en terminant le livre !

Rayon bédé, deux holmésiennes avec « Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone » de Colomino (ICI). Scénario excellent, trame historique intéressante mais un Holmes transparent et peu présent. On est loin du détective qui résout ses enquêtes avec brio et panache. Malgré tout, c’était une belle découverte.

Un cinquième coup de coeur avec « Sherlock Holmes et le chien des Baskerville » de Unglick (ICI) qui nous propose le récit en mettant en scène des Playmobil. Un travail d’artiste, une mise en scène époustouflante, des décors dignes de la lande lugubre ou du Londres victorien… Bref, une réussite !

Les bédés, ce sont celles qui m’avaient été offertes pour mon anniversaire, bien que je ne les ai pas chroniquées…

Bilan Livresque Décembre 2013 : 3 livres et 10 bédés

  1. Et soudain, tout change : Gilles Legardinier
  2. Shining : Stephen King
  3. Docteur Sleep : Stephen King
  4. Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone : Colomino
  5. Sherlock Holmes et le chien des Baskerville : Unglick
  6. Les Forêts d’Opale – T8 – Les Hordes de la nuit : Arleston
  7. Les Naufragés d’Ythaq – T11 – L’Haleine de l’Ogre : Arleston
  8. Elfes – T1 : Le Crystal des Elfes bleus : Istin (ICI)
  9. Elfes – T2 : L’Honneur des Elfes sylvains : Jarry
  10. Elfes – T3 – Elfe blanc, coeur noir : Corbeyran
  11. Elfes – T4 – L’Élu des semi-Elfes : Peru
  12. Les guerrières de Troy – T1 : Yquem le généreux : Arleston
  13. Les Guerrières de Troy – T2 : L’Or des profondeurs : Arleston

Mes challenges auxquels j’ai envoyé des fifiches sont : le Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le  Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « I Love London » de Maggie et Titine, le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel, le Challenge « Victorien » chez Arieste, le Challenge « US » chez Noctembule, le Challenge « I Love London 2 » de Maggie et Titine et le Challenge « XIXè siècle » chez Netherfieldpark.

Sherlock Holmes et le chien des Baskerville (Playmobil) : Richard Unglik

Titre : Sherlock Holmes et le chien des Baskerville (Playmobil)   big_5

Scénario Origninal : Arthur Conan Doyle
Auteur : Richard Unglik

Édition : Casterman (2013)

Résumé :
Photographe de talent, Richard Unglik est l’inventeur d’un concept unique et hors-norme : la reconstitution d’univers entiers à l’aide de figurines et d’éléments Playmobil.

Les véritables tableaux qu’il compose de cette manière sont photographiés un à un, et organisés de manière à raconter une histoire.

Outre leur précision et l’ampleur du travail qu’elles requièrent, ces images truffées de clins d’œil complices sont également remarquables par leur drôlerie.

Après avoir publié avec succès trois titres d’inspiration plutôt documentaire, Richard Unglik s’est décidé pour la première fois à se lancer dans une fiction, librement inspirée de l’un des plus grands classiques de la littérature policière : « Le Chien des Baskerville », probablement la plus célèbre enquête du non moins célèbre personnage de détective inventé par Conan Doyle, Sherlock Holmes.

Jouant à la fois du réalisme, du fantastique et bien sûr de l’humour, il propose une version de l’enquête de Sherlock Holmes autant à voir qu’à lire, en phase avec les modes de lecture du jeune public.

Comme toutes les créations précédentes de Richard Unglik, un bel album ludique qui séduira autant les jeunes lecteurs, que les adultes un peu nostalgiques, sensibles à sa sophistication et à son regard décalé.

 

Critique : 
Le Chien des Baskerville aura toujours une saveur particulière pour moi…

En effet, c’est avec ce roman, acheté juste parce qu’il portait la mention « chien » dans son titre, que je suis entrée de plein pied dans le monde des romans policiers, des romans d’adulte et celui de Sherlock Holmes. J’avais 13 ans.

Alors, si mon roman fétiche est reconstitué à l’aide des scènes et décors entièrement réalisés en Playmobil, les jouets de mon enfance, ce ne pouvait qu’être une bonne idée de me le faire offrir.

Premières impressions ? Bonnes, très bonnes… Merveilleux, même. Dès la première page, l’auteur, photographe de profession, nous présente les protagonistes de cette aventure dans une mise en page des plus soignée et foisonnante d’accessoires.

SH - Le-chien-des-Baskerville-Playmobile-5Aucun détail n’est laissé de côté et l’auteur nous propose un mélange entre des personnages Playmobil et d’autres accessoires plus réalistes, tel une plume pour écrire, un sceau, des notes manuscrites, des photos, le dossier « confidential » de Holmes que Scotland Yard possède sur lui…

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Juste une chose m’a titillé : l’auteur, dans la fiche de Holmes, note qu’il a les yeux « bruns » tout comme ses cheveux. Heu ? Holmes a les yeux gris et les cheveux noirs…

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Nous sommes dans l’univers des Playmobil, ils ont tous la même couleur d’yeux. Par contre, Holmes ne jouait pas aux échecs… C’était juste un point de détail que je soulèverai.

Rien à redire sur la mise en scène des personnages et des intérieurs ; génial ! Sans oublier un plan de Londres sur lequel j’ai passé mon temps à relever tous les petits détails, dont 4 types qui traversent un passage pour piétons à Abbey Road.

La mise en scène est parfaitement réalisée et photographiée, la reconstitution de l’aventure est parfaite, mêlant des scènes de vie à Baker Street, de la rue, de l’enquête sur la lande, avec des scènes qui nous donneront des frissons !

Puisque rien n’est laissé au hasard et que le travail est soigné, l’auteur nous offre en prime quelques doubles-pages que l’on peut admirer les scènes playmobilesque durant un temps indéfini, cherchant toutes les petites choses insérées.

SH - Le-chien-des-Baskerville-Playmobile-2Il a même poussé le sens de la mise en scène en incluant l’article relatant la mort de Sir Charles Baskerville au milieu d’autres coupures de presse du journal. Nous avons un article sur la mort de deux prostituées de Whitechapel, sur l’essor des grands magasins et j’ai appris que Harrods avait brûlé en 1883.

Qui dit « adaptation » de la très célèbre affaire du chien des Baskerville dit « petits changements ».

Je ne les relèverai pas ici, ils sont nombreux, mais c’est naturel, il en fut de même à chaque adaptation du roman pour le théâtre, la télé ou le cinéma. Ces petits changements étaient nécessaire pour alléger le récit.

Cet album, en plus de me ravir de par sa formidable adaptation, m’a refait plonger dans une partie de mon enfance puisque Baskerville Hall a été reconstitué avec des pièces du château-fort que je possédais, enfant. J’ai même reconnu la charrette dans la ferme de Merripit.

Bref, l’extase totale. Un travail de titan, un résultat à la hauteur de mes espérances, un magnifique rendu sur papier des décors avec les petits bonshommes,  un soucis du détail poussé à l’extrême, tout ça nous donnant un album époustouflant qui est là pour plaire aux jeunes et à leurs parents, qu’ils soient holmésiens ou pas.

« En avant les histoires » est le slogan de Playmobil, ma foi, on s’amuserait bien encore un peu avec…

SH - Le-chien-des-Baskerville-Playmobile-4Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone : Colomino & Palomé

Titre : Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone     big_2-5

Scénariste : Sergio Colomino
Dessinateur : Jordi Palomé

Édition : Marabout (2013)

Résumé :
Une classe bourgeoise vit un âge d’or et dirige la vie politique de la ville. Mais la classe ouvrière réclame des droits, allant jusqu’à commettre certains actes terroristes. Jaume Maspoch, jeune imprimeur, entend parler d’un groupe de terroristes qui se fait appeler « Mestral ».

Sa vie est menacée lorsque son meilleur ami est assassiné par ce groupe et un seul homme mystérieux peut le protéger. Il se fait appeler Sherlock Holmes.

Il est sur une mission à Barcelone et ses investigations l’ont mené au groupe Mestral qui préparerait une attaque terroriste contre le plus célèbre théâtre de la ville, le Liceu.

Les deux hommes vont ainsi s’allier contre le groupe terroriste dont le leader poussera Sherlock à affronter certains événements de son passé…

Petit Plus : Il y a un trou dans la biographie de Sherlock Holmes entre 1891 et 1894. Il disparaît après son affrontement avec le professeur Moriarty dans les chutes du Reichenbach, et ne réapparaîtra ensuite qu’au moment où Conan Doyle le « réssuscitera » dans « The Empty House ».

Durant cette période, appelée « Grand Hiatus », Conan Doyle lui fait dire qu’il a voyagé sous la fausse identité d’un explorateur norvégien.

Le récit de cette BD revient sur les années 1891 et 1892, de plus, des tableaux chronologiques comparatifs sur la situation politique en Espagne, l’agitation anarchiste à Barcelone et la vie du détective anglais sont proposés entre 1868 et 1898 (deux dates capitales pour l’évolution de l’Espagne).

Critique : 
Sherlock Holmes a un fameux trou dans sa biographie, entre 1891 et 1894. À cause ? Parce que que son créateur l’a fait disparaître dans les chutes de Reichenbach, après son affrontement avec le professeur Moriarty.

Conan Doyle lui fera dire, lors de son « retour », qu’il a voyagé sous la fausse identité d’un explorateur norvégien, Sigerson. Qu’a bien pu faire Holmes pendant ces 3 années  ?

Il n’en faut pas plus aux scénaristes de tous poils pour se glisser dans cette faille et nous inventer 1001 merveilleuses aventures.

Ici, pas de brouillard londonien, mais les ruelles sombres et humides de Barcelone. Nous sommes en 1893. Toute la classe ouvrière plie sous le joug des bourgeois qui l’exploite. Toute ? Non, une poignée d’ouvriers résiste encore et toujours… Et ils sont bien décidés à bouleverser tout cela.

Dans une de ces fameuses ruelles sombre et humide, trois hommes tentent de faire la peau à un dénommé Sigerson. Ce dernier excelle dans l’art du combat et il envoie ses assaillants au tapis, avec juste sa canne et ses pieds. Avant de partir, les trois malfrats lui promettent de revenir avec toute la « Confrérie », car le « Colonel » veut sa peau.

On se doute bien que ce n’est pas au Colonel Moutarde de la Confrérie du Caramel Mou qu’on va avoir affaire, mais que ça pue la sordide machination.

Le dessin est aussi sombre que la ruelle et on discerne mal les visages. C’est un des léger reproches que je ferai à cette bédé : des tons très sombres, gris foncé, pas de chaleur dans les couleurs.

D’accord, l’aventure se déroule essentiellement la nuit, sous la pluie, les tons sombres renforcent l’atmosphère, mais cela empêche parfois de bien distinguer les différents visages… Celui de Holmes n’est pas émacié, d’ailleurs.

Pendant que je suis en train de me plaindre des couleurs de l’album, dans une petite imprimerie, Jaume Maspoch fait des heures supplémentaires, non pas pour son patron, mais pour lui-même puisqu’il imprime des pamphlets anarchistes afin que Felipe et Josep les distribuent.

La bourgeoisie se fait construire de somptueuses demeures sur  le dos du peuple, grâce à la sueur de ces petites gens. Le joug devient trop lourd, ils espèrent en un avenir meilleur et certains y travaillent.

C’est là que le lecteur apprend que le Felipe va passer à la vitesse supérieure en rejoignant un groupe activiste appelé « Mestral », dirigé par un mystérieux étranger : le  » Colonel ». Tiens, tiens…

Ce groupuscule est adepte d’actions violentes et retentissantes.

– Les bourgeois ont bâti leur société à la sueur de nos fronts, avec notre sang. Il est temps de conquérir notre liberté, de faire la révolution. Et il n’y a pas de révolution sans violence.

Le scénariste a basé son histoire sur un fait réel : l’attentat retentissant (20 morts) perpétré par des activistes anarchistes en 1893 au Grand Théâtre du Liceu (Liceo), à Barcelone.

Une bonne idée de base que de plonger Holmes dans l’Histoire de la Catalogne et de lui faire tenter d’infiltrer un groupuscule terroriste.

Pourtant, durant ma lecture, j’ai eu l’impression que l’album était plus consacré à l’activiste Jaume Maspoch plutôt qu’à Sherlock Holmes…

Mon détective préféré manque de charisme et à plus l’air d’être là de passage, en homme providentiel qui sauve les miches de Jaume, nous sortant quelques déductions de-ci, de-là. Je n’ai pas retrouvé l’homme d’action et de terrain de ses aventures canoniques.

Même dans son enquête, il n’a pas beaucoup d’expressions et il m’a fait l’effet d’être lymphatique, résolvant l’affaire sans trop de brio, avec parfois de trop longs monologues.

Ce qui est dommage, parce que le récit me fait l’effet d’avoir été bien documenté. On en apprend un peu plus sur ces pages sombres de l’histoire de la Catalogne, la bédé est remplie d’anarchistes, de nihilistes de tout poils, de conspirateurs, l’ombre de Moriarty semble planer sur la ville, mais l’intrigue manque à certains moments de sel.

D’autant plus dommageable qu’on avait là un contexte historique génial et plus que méconnu, une possibilité de s’amuser avec la période du Grand Hiatus, des personnages bien foutus, surtout celui de Maspoch.

Même le Grand Méchant avait des moyens (sous-marin), un mobile, on avait des complots, des Grands Mensonges, quelques dialogues bien fichus… Bref, tous les ingrédients pour avoir une super aventure puisque le scénario était diablement intéressant.

Nous autres, anarchistes, ne cherchons pas le chaos, mais une véritable entente. Qui ne tient pas à la volonté d’un seul, ni à l’égoïsme des puissants… mais au besoin commun. Dans une société d’égaux, il ne saurait y avoir d’autorité qui dirige, ni Dieu, ni roi, ni état. Nous ne voulons pas détruire la société, mais la reconstruire. Briser les chaînes imposées par ceux qui vivent du fruit de notre travail… ceux qui veulent que nous restions esclaves.

N’aura manqué qu’un chouia d’étincelle au grand détective. Ce sera mon plus grand reproche.

Le dessin proposé par Jordi Palomé est dans les tons sombres, les traits pour les visages et décors sont précis, réalistes, détaillés. Quelques tons clairs n’auraient pas fait de tort, afin de mieux discerner le tout, mais bon, cette « noirceur » collait parfaitement à l’atmosphère du récit.

On finira l’histoire à Londres, quand Holmes fait son grand retour… Trafalgar Square, des exilés politiques, Holmes, Watson et des tons plus lumineux. Le grand retour du détective est enclenché.

Le format de l’album en 18 sur 27 est agréable et la mise en page est bonne. J’ai bien aimé cette idée de diviser l’histoire en plusieurs actes, chacun portant le nom des protagonistes principaux.

Malgré mes quelques reproches, j’ai tout de même passé un bon moment, même si je m’attendais à mieux.

Et puis, ce n’est pas parce que j’ai quelques reproches que l’album ne pourrait ravir les autres amateurs du Grand Détective de Baker Street ou ceux qui le connaissent moins, le contexte historique étant riche.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.