Reflex : Maud Mayeras

Titre : Reflex                                                                     big_5

Auteur : Maud Mayeras
Édition : Anne Carrière (2013)

Résumé :
« Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes. De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle. »

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes.

Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre.

La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Critique : 
Put*** de bor*** de mer** !!! J’ai commencé « Reflex » lundi matin et je n’ai plus su le poser, le terminant au soir, lisant sans interruption de 18h à 22h30… Voilà pourquoi je n’étais pas sur le Net lundi 27 janvier soir, je bouffais, je dévorais, je m’empiffrais de ce livre qui m’a transporté ailleurs…

Monsieur Ernotte et son « C’est dans la boîte » m’avait déjà ébahie et collé un coup de pied dans les fesses, me laissant sans voix (un exploit), mais madame Mayeras vient de faire encore pire…

Âmes sensibles, attention ! Reflex n’est pas qu’un simple thriller, c’est aussi un roman noir. Un roman au-dessus de la moyenne et qui se lit d’une seule traite, la peur vous nouant le ventre. Certains passages, d’une rare violence, pourraient mettre les lecteurs les plus sensibles très mal à l’aise. Les plus aguerris aussi.

Le personnage principal, Iris Baudry, est photographe à l’Identité Judiciaire. La mort fait partie de sa vie quotidienne puisque son travail consiste à photographier les scènes de crimes avec ce qu’elles comportent de cadavres ensanglantés ou à l’état de putréfaction.

Notre Iris est une espèce de marginale, une frêle jeune femme qui chevauche une SuperDuke (moto), le petit bijou de chez KTM. Une pure machine à rouler sans aucun compromis, un naked bike de dingue, un moteur V2 débordant de puissance parfaitement maîtrisée ! La SuperDuke, c’est la terreur des Superbikes avec un châssis aussi maniable que précis. Pardon, je me laisse aller…

Dans son domaine photographique, Iris est une vraie « pro ». On l’appelle et elle arrive sur son destrier au moteur ronflant. Bizarre comme vie, non, de ne pas avoir vraiment de vie ? Si Iris flashouille les cadavres avec autant de verve, c’est sans doute pour oublier la mort brutale de son fils Swan, assassiné il y a 11 ans par un dingo qui purge depuis une longue peine.

Et voilà notre Iris de retour non loin de sa ville natale, celle qu’elle a fui et où elle aurait aimé ne jamais revenir à cause des mauvais souvenirs. C’est à sa terrible mère, un espèce de croque-mitaine maléfique, qu’elle doit un bégaiement.

Mais voilà, le croque-mitaine est à l’asile, plus légume qu’autre chose. Ce ne serait-il pas le bon moment pour lever enfin tous ces secrets ??

Bien que le début du livre soit assez « lent », impossible de s’ennuyer, on suit l’histoire, on suit les déboires d’Iris, on échafaude des théories, on tente de comprendre ce qui a bien pu se passer dans le passé.

Mon esprit étant pervers, je pensais dur comme fer avoir trouvé la solution et c’était toute contente de ma trouvaille que j’avais poursuivi la lecture, me disant que « savoir » ne faisait que renforcer le sentiment d’oppression présent dans le livre et je crispais mes mains de plus en plus fort sur les pages.

Constamment renouvelé le suspense augmente au rythme des courts chapitres – 3 ou 4 pages – dont de nombreux commencent par la même formule « je n’aime pas » souvent annonciatrice d’un nouveau drame.

J’ai été de surprise en surprise avec les chapitres intitulés « Silence », débutant en 1919 avec l’histoire de Julie, de son viol, de sa sa mise au ban de la société suite aux rumeurs, de sa grossesse, de son arrivée dans un orphelinat tenu par des peau de vaches de soeur, et la naissance de Lucie et sa vie dans l’orphelinat… On se demande où l’auteur va nous entraîner et ce fut captivant de passer d’époque en époque et de suivre les personnages.

Niveau personnages, ils sont tous travaillés à la serpe, possèdent une part d’ombre et l’habit ne fait pas toujours le moine…

Dans ce roman, chaque rebondissement nous égare un peu plus… Oubliez vos théories, vous ne trouverez pas. Mon raisonnement était pervers, mais l’auteure l’était encore plus que moi. Je pensais avoir « déduit »… Tu parles, Charles ! Tiens, prends-toi ça dans les dents !

Lorsque j’ai découvert toutes les révélations subtilement dosées dans les dernières pages, j’en suis restée muette durant quelques minutes, bouche ouverte, dans un « oh putain » muet. Comme si mes jambes avaient été taclées d’un coup. Sur le cul, j’étais. Sonnée, groggy, soufflée, taclée brutalement, K.O.

D’ailleurs, je ne me suis pas encore remise du livre. En plus d’avoir été « sonnée » violemment, faut encore atteindre la dernière page, quasiment la dernière ligne pour comprendre tout le fin mot de l’histoire.

En tout cas, bravo à l’auteure, parce que c’était de la balle, son roman !

Pourtant, avec une narration au présent (ce que je déteste par-dessus tout), des phrases très courtes, commençant souvent par « je » (ce qui aurait pu être casse-gueule sans un certain talent d’écriture) et sans trop d’action au départ (ce qui aurait pu m’endormir), le pari était risqué…

Malgré ces petits détails qui dans d’autres livres m’énervent prodigieusement, ici, rien de tout cela ! J’ai été aspirée directement dans le livre. Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas des formules magiques dans les pages qui vous envoûtent et vous empêchent de le refermer… Une sorte d’Alien qui sort ses tentacules pour rentrer en vous…

Ce livre, c’est fort, ça percute et ça t’uppercutte (celle-là, je mets un copyright).

Une tuerie, ce livre !! Une putain de saloperie de tuerie… un truc de fou, un coup de cœur doublé de je ne sais combien de coups de pieds au cul et de décharge de chevrotines dans mes tripes…

Maintenant que je l’ai dit, je me sens mieux…

Là, pour faire plus calme, j’ai entamé « L’enfant des cimetières » de Sire Cédric : Bisounours et petits poneys garantis !!

Belette Retournée

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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29 réflexions au sujet de « Reflex : Maud Mayeras »

  1. « Une sorte d’Alien qui sort ses tentacules pour rentrer en vous »
    C’est tout à fait exact, et j’ai le malheur de devoir t’annoncer, qu’à la différence de la plupart des romans, cet alien là va continuer à grandir en toi, encore et encore. Tu passeras à autre chose mais c’est vain, ce roman restera présent dans tes tripes et ton cœur, je le sais, je le vis depuis que j’ai fini cette lecture 😉
    Tu te demandais comment commencer ta chronique ? mais pourquoi donc ? Elle est juste parfaite comme ça ! 😉 Elle  » t’uppercutte’ bien comme il faut (c) 😉

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    • Ah, c’est ça le truc qui gigote dans mon ventre, alors ?? 😀

      Ouf, c’est un Alien, j’ai eu peur, je pensais que c’était un polichinelle dans mon tiroir. 🙄

      En fait, ce genre de roman, à un moment, ils sortent de notre tête, mais ils y sont toujours, si tu vois ce que je veux dire…

      J’ai surmonté mon traumatisme du film « Mad Max » mais il est toujours présent dans mon esprit. J’ai surmonté mon traumatisme de « Mon ami Frédéric » mais je suis encore capable de « ressentir » les sensations qui étaient née dans mon esprit en lisant ce que c’était un « pogrom ». J’ai surmonté, mais un rien les fait remonter, ils sont ancrés en moi. D’autres livres le sont aussi… Reflex s’y est ajouté.

      Je le digère toujours, je vais le mettre dans un coin et ensuite, il vivra avec moi dans ma tête remplie d’un tas de trucs !

      Oui, je savais pas comment commencer, je ne retrouvais plus mon ton du mail que je t’avais envoyé, et puis, tu m’as donné l’idée de l’utiliser, ce que j’ai fait et tu avais bien raison !!

      J’ai juste effacé les spoilers !!! 😉 Merci pour cette lecture !!

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    • Marquée, oui, je le dis bien haut et fort. C’est Yvan et Foumette qui m’avaient donné envie de le lire et j’ai eu raison de les suivre 😉

      Apprête-toi à avoir un alien qui s’agrippe à toi, parce que ce livre, il te prend et te relâche plus ! 😀

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    • Plus qu’efficace !! Qui a dit que les thrillers étaient mort et qu’ils suivaient tous les mêmes trames ??

      Non, non, non, le genre n’est pas mort, il a encore de beaux jours devant lui et des tas d’auteurs me le prouvent souvent. 😉

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  2. Bon ben voilà, moi qui hésitais … je le passe dans la catégorie achat urgent et lecture sans plus attendre ! Une question : je suis une ame sensible et n’aime pas les scènes sanguinolentes. C’est la seule raison pour laquelle j’ai tant attendu. Alors, dis moi : y a-t-il du sang ? BIZ

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    • Mhouhahahaha, me voici dans la position de la tentatrice !! Ça fait du bien, une fois de temps en temps, moi qui ait tant acheté à cause de toi :mrgreen:

      Alors, niveau sang, c’est correct… les seules effusions de sang que je ne supporte pas, ce sont celles des prises de sang ou une scène avec des doigts dans les yeux…

      Ici, pas de sang ou de boyaux qui sortent des pages, peu de sang, mais tu fais tout dans ta tête, ce qui est pire 😀 Juste un tueur en série qui prélève des morceaux de peau, mais c’est lisible, je t’assure, ma petite âme sensible.

      Niveau psychologique, le roman est fort, c’est là toute sa noirceur. Et puis, là où il est terrible, c’est dans les réactions de certaines personnes face à certains faits, là, ça glace les sangs !!! Et puis, les bonnes soeurs, ici, c’est des charognes !! 👿

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  3. T’as l’air de t’y connaitre en moto ! Si j’en avais une, je t’aurais demandé de m’astiquer la harley…

    Dis… Tu me vends, stp, le copyright de « ça percute et ça t’uppercutte ». ça me plait bien et je pourrais la replacer facilement cette phrase…

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    • J’ai lu tous les numéros de « Motos et motards » et oui, j’en connaissais un rayon, mais j’ai plus le temps de lire ces magasines et à la fin, on en oublie un peu… J’aime bien les motos, sentir les vibrations dans le creux de mes reins (et plus bas). 🙄

      Harley, bof, très peu pour moi… J’aime les sportives, si tu en avais une, j’enfilerais mon short pour te l’astiquer. La moto, bien sûr ! 😀

      Je loue le copyright à condition qu’on cite mon pseudo dans une parenthèse pour la maternité de la phrase… 😉

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  4. J’ai acheté ce livre dont j’ai entendu dire beaucoup de bien. Ta belle chronique confirme que c’est bien. Je vais donc m’y attaquer quand les autres auront fini d’en parler, dans quelques mois. Partout, et ici aussi, j’ai lu que c’est un roman choc, ce qui ne fait qu’attiser ma curiosité et mon envie de le lire. Tu contribues à ça de belle façon.

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    • Merci, ma poulette ! 😉 Oui, c’est un livre choc, j’en avais eu envie après les chroniques d’Yvan, plus les coups de coeur de Foumette et Collectif, alors, j’ai franchi le pas, une nouveauté de temps en temps, ça ne fait pas de mal 😉

      Bonne lecture quand tu passeras à la casserole 😀

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