Nécrologie : Paul Cleave [Theodore Tate 1]

Nécrologie - CleaveTitre : Nécrologie                            big_2

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2013) / Livre de Poche (2014)

Résumé :
À la suite d’un drame personnel, Theodore Tate, un ancien flic, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le fameux Boucher de Christchurch, le serial killer qui terrorise la ville, c’est lui qu’on mandate pour s’occuper d’une banale exhumation, celle du corps d’un directeur de banque dont la veuve est suspectée d’homicide.

Là, un glissement de terrain accidentel révèle la présence de trois cadavres immergés dans le lac qui borde le cimetière. S’agit-il de victimes du Boucher, ou bien un autre tueur en série est-il à l’œuvre ?

Lorsqu’en plus on découvre dans le cercueil, à la place du corps de l’honorable banquier, celui d’une jeune inconnue, c’est le début d’un engrenage infernal pour Theodore qui va devoir découvrir seul la vérité sur cette affaire. Avant que la police ne découvre la vérité sur lui… et sur ses terribles secrets.

Après Un employé modèle, Paul Cleave nous emmène une nouvelle fois arpenter la face obscure de Christchurch, où, en dépit des apparences si tranquilles, même les morts ne sont plus en sécurité. Noir et glaçant.

POLAR - CimetièreCritique : 
M’étant délectée avec « Un employé modèle », c’est tout naturellement que je me suis tournée vers cet autre ouvrage de Paul Cleave.

Force m’est de constater qu’il n’est pas du même niveau que le précité et que je me suis même surprise à m’ennuyer durant ma lecture…

Pourtant, tout avait bien commencé… Pensez, je me trouvais dans un cimetière (une fois de plus) en compagnie du détective privé Théodore Tate, et nous supervisions une exhumation.

Deux ans plus tôt, l’enquête avait été bouclée par Tate, alors flic, mais notre banquier, mort de manière « naturelle » aurait peut-être été empoisonné par sa femme. On était là, tranquille, à regarder les employés faire leur job et déposer le cercueil sur le pont arrière de la camionnette. Tiens, un glissement de terrain près du lac…

Bloup, bloup, à fait l’eau à côté de nous. Tate est allé voir, m’entrainant dans son sillage. Bigre, des corps qui remontent à la surface. À peine le temps de dire « ouf » que voilà le gardien du cimetière qui monte à bord de la camionnette et démarre plein gaz, perdant le cercueil par la même occasion… Oh, tiens donc, que vois-je ?? Le banquier n’as pas de bourses puisque c’est une jeune fille qui occupe le cercueil. Oups !

Si le début était prometteur (les 200 premières pages), à un moment donné, j’ai légèrement décroché. La narration au présent (que je déteste) et la profusion de nombreux « je » m’ont irrité (certains auteurs savent pourtant ne pas m’irriter avec ce style de narration).

Niveau personnages, le détective Tate est torturé, la vie ne l’a pas épargné, malgré tout, je n’ai pas ressenti de grande empathie pour lui. Alors que j’avais adoré le Boucher de Christchurch, je n’ai rien ressenti pour le détective.

Le personnage était travaillé, mais il manquait de sympathie, je trouve. Borderline – il l’est à fond – notre détective à même réussi à m’horrifier quelques fois par son comportement inconséquent et son culot certain, ayant même tendance à adopter certains des comportements qu’il reprochait aux autres (et quand il a un reproche, ma foi, ça dépote).

En tout cas, dans le roman, Tate aura son lot de situations tordues, cocasses et de case « prison ». Le plus drôle c’est qu’il se fera appréhender pour un délit dont il n’est pas coupable.

Divisé en deux parties (l’enquête en premier lieu, la seconde se déroulant un mois après la fin de la première partie avec un Tate qui a l’air de se foutre de tout), c’est un morceau du second récit qui ne m’a pas vraiment emballé.

Le rythme général est assez lent – le roman étant plus psychologique que policier, dans le fond – mais là où d’habitude le polar psychologique ne me pose pas de problème, ici, je baillais profond et j’ai parfois dû m’accrocher ou lire en diagonale…

Malgré tout, la fin est excellent et je ne l’avais pas vu venir. Les ramifications étaient profondes, tordues, bien pensés et m’ont sciées.

Une lecture en demi-teinte… À vous de vous faire votre propre avis.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

31 réflexions au sujet de « Nécrologie : Paul Cleave [Theodore Tate 1] »

    • Si tu veux passer un bon moment, je te conseille « un employé modèle » et tu es avec le boucher de Christchruch, c’est délectable !

      Par contre, l’auteur est joli comme un coeur et à des yeux comme des fjords norvégiens… *se pâme*

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  1. Badaboum, il fallait bien que ça arrive un jour ! Nous qui avons des goûts si similaires, voilà ty pas que nous ne sommes pas d’accord concernant Cleave et sa Nécrologie !
    Pour moi, ce livre est un petit bijou noir, effectivement différent d’Un employé modèle, mais une réussite admirable dans le genre. J’ai adoré ce personnage justement borderline, j’ai été choqué par l’histoire et totalement emporté émotionnellement.
    Comme quoi, on peut réagir très différemment, même en tant que lecteurs de polars 😉

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    • Il fallait bien qu’un jour nous soyons en désaccord ! 😀 Ce n’est pas grave, de toute façon, je n’en suis pas morte !

      En effet; il est sombre, noir, le roman, certains passages sont mêmes une horreur, quand Tate et le père du gardien… limite une horreur ce qu’il lui fait, ce qu’il accompli, alors qu’il est ancien flic. Je te l’accorde, point de vue noirceur, il est super.

      Choquée aussi très souvent, par Tate, surtout, lui qui en voulait aux gens qui roulaient bourré… là, je dis « bravo » pour ce que l’auteur a fait.

      Mais j’ai eu de grands moments de solitude, j’accrochais pas, je décrochais, les lignes sautaient et j’ai eu plus de plaisir avec l’employé. Humour noir, aussi noir que nécrologie, mais avec de l’humour cynique.

      Je n’ai pas été emportée émotionnellement, mais ce n’est pas grave, un autre m’emportera… j’ai déjà tellement été emportée… :mrgreen:

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      • le ton de ce roman est en effet totalement différent de celui d’Un employé modèle, + sombre, moins cynique en effet.
        Je peux comprendre ton ressenti, même si je ne le partage pas 😉

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        • En effet, comme je peux comprendre que tu l’aies aimé ! 😀

          Je pensais avoir un livre dans la même veine et ma déception fut grande en ne retrouvant pas le même ton d’écriture.

          Bon, pour sa décharge, monsieur Blue Eyes sait se renouveler et ne pas manier toujours la plume de la même manière, comme certains auteurs où si tu en as lu un, tu les as lu tous…

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    • C’est cliché mais vu son côté borderline, ça faisait encore plus cliche puisque les derniers flics des romans sont tous à problème, alcoolo, borderline ou autre, limite torturé et sombre.

      Pourtant, on avait bien commencé avec le pitch. Le détective est tellement borderline et le roman tellement sombre que j’ai été horrifiée de son comportement, choquée…

      Mais la sauce n’a pas pris tout à fait 😦

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  2. Ah ben non alors !!!!! Je me suis régalée tout comme toi avec Un employé modèle et c’est donc pourquoi j’ai acheté Nécrologie il y a quelques jours en poche … Espérons que mon avis soit différent du tien ma belette … 😉 Je te dirai …

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  3. Ohh ben….qu’est-ce qui se passe ma Belette?? Popaul ne te séduit plus avec ses magnifiques yeux bleus!!!ahahahahah Je rigoooole hein!!! Perso, j’ai beaucoup aimé ce livre…j’ai accroché à fond mais je n’en garde pas un souvenir impérissable non plus!!! C’était un très bon moment pis c’est tout!!!!

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    • J’aimais mieux l’employé modèle de Popaul aux beaux yeux bleux ! 😀 Je me demande ce que donnera le coup du beau-père ! Je n’ai pas encore acheté, mais bientôt, je me ferai le troisième livre de Paul Cleave !

      L’autre était plus fin, plus humour noir, plus subtil je trouve.

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  4. Nous ne sommes pas souvent d’accord ces derniers temps : Encenser Yeruldelgger et coller un 2 à Nécrologie, moi j’ai plutôt fait l’inverse. Mais je reconnais que c’est ce qui fait la beauté de la lecture : le livre c’est tout autant le lecteur qui le perçoit à sa façon que l’auteur qui l’écrit. Bravo quand même pour ta chronique car c’est toujours plus difficile de critiquer en argumentant que d’encenser. Tu es fâchée en ce moment ? Tu as aussi collé un 2 à La princesse des glaces (que je n’ai pas lu).

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    • Je dois avoir un problème avec les livres ces derniers jours… je colle des 2 à tout le monde 😀

      Nous ne sommes pas toujours d’accord et c’est heureux, sinon, qu’est-ce qu’on se ferait chier sur les blogs !! 😀 Nous, on va dans les sens opposés, mais un jour, on se croisera sans doute sur un livre, ma poulette 😉

      Merci de ton petit mot.

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