L’enfant des cimetières : Sire Cédric

Titre : L’enfant des cimetières                            big_3-5

Auteur : Sire Cédric
Éditions : Le Pré aux Clercs (2009) / France Loisirs (2009) / Pocket (2011)

Résumé :
Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort.

Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…

Petit Plus : Thriller gothique époustouflant, L’Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l’horreur. Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher!

Critique : 
Amis du Fantastique et de l’Irrationnel, bonjour ! Amis ayant les pieds sur terre et allergiques aux romans qui flirtent avec le fantastique, « Passez votre chemin de ce livre »… Mais pas de ma critique.

Si je n’ai rien contre les polars ou les thrillers aux effluves « fantastique » c’est parce que bien souvent, derrière ce qui nous semble démoniaque de prime abord, se cache du concret, comme dans « Le chien des Baskerville » où aucun chien de l’Enfer ne rôde vraiment sur la lande.

Dans ce roman, il n’en est rien ! Les faits étranges que je pensais être expliqué par du concret sentent en fait le souffre. Le vrai souffre… Ici, si on était sur la lande, on éviterait réellement de se promener à l’heure à laquelle les forces démoniaques s’exaltent  ! Mhouhahaha.

Bon, vu que le fantastique mélangé à notre monde ne m’a jamais dérangé et que j’aime ça, le roman est passé tout seul, avalé en deux traites assez rapide parce que c’est ce qu’on peut appeler un « page turner ».

Tout commence avec une légende urbaine sur « L’enfant des cimetières » :

« Cette histoire entre dans la catégorie des légendes urbaines, aussi appelées légendes contemporaines. On raconte qu’il arrive, lorsqu’on se promène dans l’enceinte d’un cimetière ou bien le long de sa clôture, d’apercevoir un étrange garçon, dont la seule vision vous met très mal à l’aise ».

Mon seul point négatif est que j’ai trouvé le personnage principal, David, manquait un peu d’étoffe au départ alors que sur la fin, il devenait presque un surhomme. Malgré tout, j’ai eu peur pour lui, surtout à la fin, quand l’adrénaline et le suspense sont à leur comble.

Pour ce qui est su personnage du flic Alexandre Vauvert, je l’ai apprécié et j’ai hâte de lire la suite de ses aventures.

Malgré ce petit défaut avec un personnage – qui n’en est pas vraiment un – j’ai passé un bon moment de lecture et dévoré les 580 pages en deux jours.

Une écriture qui pulse, des démons qui s’échappent des pages, des cadavres pas toujours en un seul morceau, de la cervelle qui adhère aux murs, des ombres qui vous grignotent par petits morceaux, des signes cabalistiques tracés au sol, c’était la recette qu’il me fallait pour m’évader dans un autre monde.

Les personnages, que se soit David aidé d’Aurore ou de Vauvert, le flic, ont tous bien remonté la piste du tueur, croisant les données, et bien que Vauvert soit un homme avec les pieds sur terre, il a quand même compris, tel un Fox Mulder, que « nous n’étions pas seuls ».

Un roman qui nous transporte ailleurs, une enquête bien rodée, un meurtrier bien vicieux et un joli petit coup de pied au cul sur la fin.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix Masterton 2010 du roman francophone).

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Reflex : Maud Mayeras

Titre : Reflex                                                                     big_5

Auteur : Maud Mayeras
Édition : Anne Carrière (2013)

Résumé :
« Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes. De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle. »

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes.

Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre.

La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Critique : 
Put*** de bor*** de mer** !!! J’ai commencé « Reflex » lundi matin et je n’ai plus su le poser, le terminant au soir, lisant sans interruption de 18h à 22h30… Voilà pourquoi je n’étais pas sur le Net lundi 27 janvier soir, je bouffais, je dévorais, je m’empiffrais de ce livre qui m’a transporté ailleurs…

Monsieur Ernotte et son « C’est dans la boîte » m’avait déjà ébahie et collé un coup de pied dans les fesses, me laissant sans voix (un exploit), mais madame Mayeras vient de faire encore pire…

Âmes sensibles, attention ! Reflex n’est pas qu’un simple thriller, c’est aussi un roman noir. Un roman au-dessus de la moyenne et qui se lit d’une seule traite, la peur vous nouant le ventre. Certains passages, d’une rare violence, pourraient mettre les lecteurs les plus sensibles très mal à l’aise. Les plus aguerris aussi.

Le personnage principal, Iris Baudry, est photographe à l’Identité Judiciaire. La mort fait partie de sa vie quotidienne puisque son travail consiste à photographier les scènes de crimes avec ce qu’elles comportent de cadavres ensanglantés ou à l’état de putréfaction.

Notre Iris est une espèce de marginale, une frêle jeune femme qui chevauche une SuperDuke (moto), le petit bijou de chez KTM. Une pure machine à rouler sans aucun compromis, un naked bike de dingue, un moteur V2 débordant de puissance parfaitement maîtrisée ! La SuperDuke, c’est la terreur des Superbikes avec un châssis aussi maniable que précis. Pardon, je me laisse aller…

Dans son domaine photographique, Iris est une vraie « pro ». On l’appelle et elle arrive sur son destrier au moteur ronflant. Bizarre comme vie, non, de ne pas avoir vraiment de vie ? Si Iris flashouille les cadavres avec autant de verve, c’est sans doute pour oublier la mort brutale de son fils Swan, assassiné il y a 11 ans par un dingo qui purge depuis une longue peine.

Et voilà notre Iris de retour non loin de sa ville natale, celle qu’elle a fui et où elle aurait aimé ne jamais revenir à cause des mauvais souvenirs. C’est à sa terrible mère, un espèce de croque-mitaine maléfique, qu’elle doit un bégaiement.

Mais voilà, le croque-mitaine est à l’asile, plus légume qu’autre chose. Ce ne serait-il pas le bon moment pour lever enfin tous ces secrets ??

Bien que le début du livre soit assez « lent », impossible de s’ennuyer, on suit l’histoire, on suit les déboires d’Iris, on échafaude des théories, on tente de comprendre ce qui a bien pu se passer dans le passé.

Mon esprit étant pervers, je pensais dur comme fer avoir trouvé la solution et c’était toute contente de ma trouvaille que j’avais poursuivi la lecture, me disant que « savoir » ne faisait que renforcer le sentiment d’oppression présent dans le livre et je crispais mes mains de plus en plus fort sur les pages.

Constamment renouvelé le suspense augmente au rythme des courts chapitres – 3 ou 4 pages – dont de nombreux commencent par la même formule « je n’aime pas » souvent annonciatrice d’un nouveau drame.

J’ai été de surprise en surprise avec les chapitres intitulés « Silence », débutant en 1919 avec l’histoire de Julie, de son viol, de sa sa mise au ban de la société suite aux rumeurs, de sa grossesse, de son arrivée dans un orphelinat tenu par des peau de vaches de soeur, et la naissance de Lucie et sa vie dans l’orphelinat… On se demande où l’auteur va nous entraîner et ce fut captivant de passer d’époque en époque et de suivre les personnages.

Niveau personnages, ils sont tous travaillés à la serpe, possèdent une part d’ombre et l’habit ne fait pas toujours le moine…

Dans ce roman, chaque rebondissement nous égare un peu plus… Oubliez vos théories, vous ne trouverez pas. Mon raisonnement était pervers, mais l’auteure l’était encore plus que moi. Je pensais avoir « déduit »… Tu parles, Charles ! Tiens, prends-toi ça dans les dents !

Lorsque j’ai découvert toutes les révélations subtilement dosées dans les dernières pages, j’en suis restée muette durant quelques minutes, bouche ouverte, dans un « oh putain » muet. Comme si mes jambes avaient été taclées d’un coup. Sur le cul, j’étais. Sonnée, groggy, soufflée, taclée brutalement, K.O.

D’ailleurs, je ne me suis pas encore remise du livre. En plus d’avoir été « sonnée » violemment, faut encore atteindre la dernière page, quasiment la dernière ligne pour comprendre tout le fin mot de l’histoire.

En tout cas, bravo à l’auteure, parce que c’était de la balle, son roman !

Pourtant, avec une narration au présent (ce que je déteste par-dessus tout), des phrases très courtes, commençant souvent par « je » (ce qui aurait pu être casse-gueule sans un certain talent d’écriture) et sans trop d’action au départ (ce qui aurait pu m’endormir), le pari était risqué…

Malgré ces petits détails qui dans d’autres livres m’énervent prodigieusement, ici, rien de tout cela ! J’ai été aspirée directement dans le livre. Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas des formules magiques dans les pages qui vous envoûtent et vous empêchent de le refermer… Une sorte d’Alien qui sort ses tentacules pour rentrer en vous…

Ce livre, c’est fort, ça percute et ça t’uppercutte (celle-là, je mets un copyright).

Une tuerie, ce livre !! Une putain de saloperie de tuerie… un truc de fou, un coup de cœur doublé de je ne sais combien de coups de pieds au cul et de décharge de chevrotines dans mes tripes…

Maintenant que je l’ai dit, je me sens mieux…

Là, pour faire plus calme, j’ai entamé « L’enfant des cimetières » de Sire Cédric : Bisounours et petits poneys garantis !!

Belette Retournée

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).