Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros ! : Ced

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros !  big_4-5

Auteur : Ced
Édition : Makaka (2013)

Résumé :
A Baker Street, Sherlock Holmes est en ébullition depuis la nouvelle apportée par Scotland Yard : le grand romancier Ames Douglas a été empoisonné ! Tout semble désigner un suicide, mais une note comportant un message codé persuade le célèbre détective du contraire…

Entrez dans la peau du docteur Watson et menez l’enquête aux côtés de Sherlock Holmes : décidez des pistes à suivre, relevez les indices et découvrez la signification de ce message codé, qui mènera au coupable !

 

Critique :
J’avais complètement zappé cette petite bédé sur Sherlock Holmes, heureusement que le post d’une chronique sur un blog (consultingblogger.fr) m’a rappelé mon erreur. Je me suis mise en chasse immédiatement afin d’acquérir cette bédé dont je serais, ni plus ni moins, que le docteur Watson himself !

Cette technique du lecteur qui joue un rôle dans un roman n’est pas nouvelle sous le soleil, toute jeune déjà, j’avais acheté les livres où le lecteur était le héros (ceux consacrés à Holmes, of course), mais là, il fallait une paire de dés, un carnet de notes et c’était des romans, avec juste quelques illustrations, pas des bédés comme celle que j’ai acheté maintenant.

Ici, pas besoin de dé ou de carnet de notes (une feuille volante suffira), mais l’interactivité y est bien présente. Un vrai plaisir que de résoudre la mort par empoisonnement du romancier Ames Douglas.

L’enquête est bien scénarisée, les pistes sont nombreuses, multiples, même, laissant la possibilité de trouver la solution par d’autres chemins ou de se faire aider un peu par Holmes.

Mes seules critiques seront pour les dessins : Holmes ressemble à une caricature de Benedict Cumberbatch (« Sherlock » à la BBC) et il y a comme des imitations de taches de graisse sur les dessins… ça gâche un peu le tout, mais cela lui donne un cachet comme s’il avait été feuilleté souvent.

Le canon est bien respecté (hormis le hiatus de 5 ans), l’enquête est originale et tellement bien trouvée que j’ai compris – un peu tard – qui était le véritable coupable (là aussi, les fausses pistes sont bien trouvées).

Par contre, ma fougue et mon mépris du danger m’ont desservis puisque je suis morte deux fois (du moins, mon personnage de Watson), je suis responsable de la mort de Holmes et un innocent est mort, dû à un mauvais choix d’action de ma part. Oups ! Game Over…

Le code secret m’a fait suer et heureusement que les indices étaient là, distillé à bon escient par Holmes. Le code étant important pour la suite.

Par contre, je n’ai pas foiré dans mes déguisements, ni dans mes filatures, ayant choisi les bonnes personnes à suivre. Quant aux questions à poser à la veuve et au majordome, j’ai évité les questions qui fâchent.

Bref, je me suis amusée comme une petite folle avec cette bédé aux multiples possibilités.

Pour vous dire, une fois l’enquête terminée, j’ai feuilleté le petit livre afin de voir ce qu’il se serait passé si j’avais suivi telles ou telles pistes, posé telles ou telles question et je compte bien approfondir ma recherche pour ne rien rater de cette bédé.

De plus, une image à la fin laisse sous-entendre que tous les mystères ne sont pas levés et que nous pourrions avoir un autre épisode. En tout cas, il y a encore une enquête à résoudre sur le Net.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

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Sherlock Holmes et les voyageurs du temps T01 – La Trame : Cordurié & Laci

Titre : Sherlock Holmes et les voyageurs du temps T01 – La Trame

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Laci
Édition : Soleil (2014)                                                 big_2-5

Résumé :
Janvier 1894. Un an et demi s’est écoulé depuis la victoire de Sherlock Holmes sur James Moriarty et Taher Emara. Éprouvé par ce combat et ses conséquences, Holmes se fait discret et tient une modeste librairie au coeur de Londres.

Une nouvelle vie qui lui convient parfaitement, mais que la reine Victoria vient étonnamment troubler en lui demandant de se mettre à son service. Aaron McBride, un savant à l’esprit perturbé qui n’avait plus fait parler de lui depuis vingt ans, est de retour. Et tout porte à croire qu’il prépare un attentat dans la capitale.

Commence alors une enquête décisive pour Sherlock Holmes. Une enquête qui changera à jamais sa vision du monde ?

Critique : 
Sherlock Holmes à la sauce fantastique, ça passe ou ça casse… Pour certains, c’est pire qu’une hérésie. Bien que je le préfère dans des enquêtes plus classiques, je n’ai contre de petites incursions dans le milieu fantastique.

Après les diptyques sur les vampires et celui sur le Nécronomicon, nous passons aux voyages dans le temps, sans « Doc » Emmett Brown, sans Marty McFly et sans l’aide de la DeLorean DMC-12, mais avec un étrange bracelet muni de trois cadrans.

Holmes, encore éprouvé par sa dernière aventure, s’est fait discret. Il n’exerce plus la profession de détective, mais celle de bouquiniste, toujours à Londres.

Il lui faudra un ordre de la reine pour lui faire reprendre les affaires, suite au retour, 20 ans après, du savant Aaron McBride, qui est apparu soudainement dans un grand magasin de Londres.

– Malgré vos défauts, tous s’accordent à vous reconnaître un immense talent de limier.
– Si même mes détracteurs en conviennent, il y a sans doute une part de vérité là-dedans.
– La suffisance… Une autre de vos spécialités, j’oubliais.
– Je parlerai plutôt d’un mélange d’assurance et d’impatience. J’admets que la confusion est possible.
– C’est à se demander ce qui les irrite chez vous…
– Vous ne m’avez pas convoqué pour le vérifier par vous-même, je suppose.
– Non, monsieur Holmes.

(Sherlock Holmes convoqué chez la reine Victoria)

Les dessins sont toujours fort sombres et mes reproches n’ont pas changé : Holmes est quasi dépourvu d’expression ! Le dessinateur l’a représenté avec un visage lourd et empâté, ce qui ne correspond guère à l’homme.

John Watson me manque aussi… autant qu’il manque à Holmes, lui qui aurait aimé l’avoir à ses côtés pour partager ses réflexions.

Niveau action, ça bouge bien, c’est correct et on se demande ce qu’il va bien pouvoir se passer et comment toute cette aventure se terminera dans le tome suivant.

Il faut juste espérer que la réalisation de deux tomes ne desservira pas l’histoire, obligeant l’auteur à sabrer dans le déroulement de l’aventure  ou à s’en sortir par une pirouette littéraire de mauvais goût.

À force aussi de mettre Holmes dans des récits fantastiques, ça pourrait devenir lassant…

Une bédé réservée aux amateurs de récits fantastiques.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Les Quatre de Baker Street – Tome 5 – La Succession Moriarty : Legrand, Djian & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 5 : La Succession Moriarty

Scénaristes : Olivier Legrand & Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (2014)

Résumé :
1892. Pour Billy le fin limier, Charlie le garçon manqué et Tom le monte-en-l’air (sans oublier le chat Watson !), une nouvelle vie commence une vie sans leur mentor Sherlock Holmes, disparu tragiquement dans les chutes de Reichenbach avec son ennemi juré, le professeur Moriarty…

Mais une rencontre des plus inattendues va bientôt précipiter nos héros dans une nouvelle aventure pleine d’action, de dangers et de rebondissements : une mystérieuse affaire d’enlèvement, impliquant les anciens lieutenants du diabolique Moriarty.

Les apprentis-détectives parviendront-ils à déjouer les plans des héritiers du Napoléon du crime ? La partie est lancée… et les francs-tireurs de Sherlock Holmes sont sur le coup !

Découvrez la nouvelle aventure menée tambour battant des Quatre de Baker Street !

Critique : 
Dire que j’ai bondi de joie lorsque j’ai vu que le tome 5 était sorti serait un euphémisme !

Depuis que nos trois lascars et le chat s’étaient retrouvé orphelins suite à la fausse mort de Holmes (eux ne savaient pas qu’elle est fausse), je me demandais ce que l’auteur allait apporter comme contribution au Grand Hiatus (mai 1891-1894).

Il m’importait surtout de savoir si l’auteur allait faire revenir Holmes plus vite ou s’il allait laisser les Quatre se débrouiller seuls durant quelques albums. Ma crainte étant de ne pas revoir de sitôt l’ombre du Grand Holmes planer sur les rues de Londres.

Alors ? Mystèèèère…. Je vous rassure, cet opus ne m’a pas déçu et retrouver Sherlock Holmes fut un grand plaisir pour moi, autant que pour les quatre francs-tireurs de Baker Street.

– Monsieur… c’est… c’est vous?
– C’est bien moi, jeune Billy Fletcher, mais je vous serais reconnaissant de ne pas prononcer mon nom à voix haute… Les murs de Londres ont des oreilles.

Londres, 1892… Oui, Holmes se montre beaucoup plus vite que prévu, mais son frère Mycroft l’a informé d’une affaire pressente, qui, si elle arrivait à son terme, permettrait aux successeurs de feu Moriarty de renflouer leurs caisses (les comptes en Suisse, pays du secret bancaire, y’a que ça de vrai !).

Les dessins sont toujours soignés, lumineux, aérés et non surchargés, le Londres de l’époque est bien représenté, avec ses différences entre les classes sociales, bien que le côté politique et social soit moins présent dans ce tome. Par contre, l’humour est toujours présent.

– Ça… ça fait combien de coups de feu, là ?
– Je n’en sais rien… j’ai perdu le compte… Ça s’est arrêté, on dirait.
– Qu’est-ce… qu’est-ce qu’on fait ?
– On rentre au poste… Faut quand même qu’on signale ça, non ?
– T’as raison ! En plus, je cracherais pas sur une bonne tasse de thé, moi… Tu veux que je te dise ? Si ça se trouve, c’était même pas des coups de feu… Et si c’était des pétards ? Y’a pas de chinois dans le coin ?

(Deux policiers très courageux, à Londres, dans l’East End)

Holmes a de multiples expressions, les gamins sont débrouillards, attachants et pas toujours obéissants. On sent qu’ils aiment travailler pour Holmes : il est réglo, paye rubis sur l’ongle et ça pimente leur vie.

Ajoutons à cela que nous avons une affaire délicate, des méchants au petit poil, le colonel Moran, un fusil à vent, des déguisements et un Watson… Ah, ce cher docteur Watson !

Je me demandais si l’auteur allait choisir l’évanouissement et l’absolution totale à la Conan Doyle, ou le coup de poing à la Moffat (BBC). Autre version dans la bédé, mais bien plus en adéquation avec la réaction que le docteur aurait dû avoir lors de la réapparition de Holmes dans les récits canoniques.

Tromperies, trahisons, magouilles, extorsions de fonds, coups de poignard dans le dos, sont aussi à la carte de ce tome 5.

On le sait, lors d’une succession, les coups bas ont toujours lieu. Et puis, le pouvoir, ça ne se partage pas !

Bref, de l’action, une enquête holmésienne, des personnages très attachants : le cocktail parfait à siroter dans son fauteuil, sans modération.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Les Quatre de Baker Street – T4 – Les orphelins de Londres : Legrand, Djian & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 4 : Les orphelins de Londres

Scénaristes : Olivier Legrand et Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition  : Vents d’Ouest (2012)

Résumé :
Les rues de Londres sont en pleine exaltation. Les journaux font leur choux gras sur la mort de Sherlock Holmes dans les Alpes suisses, alors que le détective se battait avec son ennemi de toujours, Moriarty.

Pour les « quatre » de Baker Street, la peine se heurte aux désillusions. Des tensions apparaissent alors entre les enfants.

Billy souhaite poursuivre l’œuvre de celui qu’il considérait comme son maître en la matière ; tandis que Black Tom préfère reprendre ses anciens larcins auprès de son oncle et de ses voleurs de fils. Tous prennent des chemins différents.

Black Tom est accueilli avec joie par son oncle qui voit l’occasion de réaliser des méfaits plus ambitieux.

Charlie est incarcéré dans un pensionnat pour avoir essayé de dérober du pain.

Billy, quant à lui, a moins de chance. Il vient de tomber nez à nez avec Bloody Percy, un criminel qu’ils ont aidé à emprisonner et qui vient tout juste de s’évader.

Avec une telle menace, la bande des quatre de Baker Street parviendra t-elle à se réunir une fois de plus ?

Critique :
Pour ceux et celles qui suivent, je vous avais parlé des trois premiers tomes qui montaient en puissance, de manière crescendo, le suivant étant encore mieux que le précédent avec en apothéose, le numéro trois, tant il était génial au point de vue de son scénario.

Pouvaient-ils faire aussi bien que le troisième ? Ou, du moins, ne pas sombrer, comme d’autres avant eux, dans la médiocrité ?

J’avoue que je les avais attendu au tournant… Heureusement pour eux, il ne m’avaient pas déçus. Le tome 4 tenait la route et je m’étais régalée. Avec le recul, mon opinion n’a pas varié d’un iota : toujours super, cette série !

Pourtant, j’avais eu de la crainte en lisant le résumé qui abordait un hiatus célèbre… Mes petites mains délicates avaient tremblé et mon coeur, une fois de plus, avait cessé de battre.

ARGH ! Sherlock Holmes n’est plus ! Il a disparu lors d’une ultime confrontation avec le diabolique professeur Moriarty et les journaux annoncent que le célèbre détective aurait trouvé la mort dans les Chutes de Reichenbach… Mon Dieu, je meurs !

Nos trois francs-tireurs de Baker Street sont en plein désarroi (moi aussi) : leur pygmalion, Sherlock Holmes, est mort. Le plus atteint est le jeune Billy Fletcher qui considérait le détective un peu comme un père de substitution.

Ce drame crée des tensions entre eux, au point qu’ils se séparent après une bagarre.

Catastrophe, le trio vole en éclats : Billy, Black Tom et Charlie (accompagnée de son fidèle matou) vont suivre chacun un chemin séparé qui va les mener très vite dans de terribles ennuis.

Le salopard de Bloody Percy, incarcéré, va jouer les filles de l’air, bien décidé à retrouver ces maudits gamins qui l’ont fait arrêter…

Et nos trois compères qui se sont séparés ! Suspense… Mon coeur en a eu des palpitations et même maintenant, ça palpite encore et toujours ! Oui, je pleure encore lorsque je relis dans la canon « Le problème final » et je ne peux pas m’en empêcher lors de la lecture de la lettre que Holmes laissait à Watson.

Bref, je trouve que les deux scénaristes ont eu mille fois raison de farfouiller dans les nombreux flous littéraires qui parsèment l’œuvre de Conan Doyle (et des flous, Dieu sait qu’il y en a !!).

Tout en reprenant la référence canonique des Francs-Tireurs de Baker Street et en changeant les noms des personnages, ils nous en ont inventé trois bien sympathiques et ils ont l’art de nous conter les aventures de ces gamins aussi débrouillards qu’attachants.

Dans les tomes précédents, nous avions eu : un enlèvement, une série de meurtres et une mission d’infiltration. Pas mal pour des gamins des rues, non ??

Ici, nos trois détectives en herbe sont confrontés à la dure réalité de la vie. Sherlock Holmes n’est plus !!! 😦

Bon, déjà que l’époque victorienne n’est pas tendre avec les enfants… et les auteurs vont nous en faire découvrir un autre pan de la dure vie avec les larcins qu’il faut commettre pour vivre, la haine viscérale entre Anglais et Irlandais, les « pensionnats » pour jeunes filles, où elles sont exploitées et moins bien considérées que du crottin de cheval écrasé dans la rue.

En tout cas, je tire mon chapeau au dessinateur qui nous retranscrit, d’une manière formidable, l’époque.

Le trait du dessin est toujours aussi pointilleux et les planches de l’album sont, une fois de plus, superbes. Pas de surcharge, un trait clair et de belles couleurs. Des décors aux personnages, rien n’est laissé au hasard.

Quand au scénar, c’est une véritable réussite et je ne me suis pas ennuyée une seule minute.

Il y a du rythme, il est soutenu, l’humour est toujours présent et le fait de suivre les trois – pardon – les quatre parcours de nos amis est un régal. Même le chat Watson a ses cases rien que pour lui.

– « Metafoire »… sérieux Tom où t’es allé pêcher un mot pareil ?
– C’est un ami qui me l’avait appris. Un intello qui savait lire, et tout. Et c’est « métaphore ».
– Et ça veut dire quoi ? On dirait le nom d’une maladie…
– C’est un genre de symbole. Une image… Mais avec des mots. Par exemple…
– Oui ?
– Par exemple si une fille a les yeux verts et que tu dis qu’elle a des émeraudes dans les le regard… C’est un genre de métaphore.

Avec Percy sur les traces de Billy, Charlie dans son pensionnat, plus les flics sur les talons du « satané noiraud d’Irlandais », pas moyen de s’embêter.

Comment vont-ils s’en sortir ? Les trois amis se remettront-ils ensemble ? Non, pas de spoiler, je resterai muette. Mais il y a beaucoup d’émotions à la clé.

Lisez-le, vous le saurez. Et pas besoin d’être un aficionado du détective de Baker Street pour lire ces bédés. Elles sont pour tout le monde. Je vous le dis, je ne m’en lasse pas et à chaque nouvelle sortie, je danse la gigue !

Les 3 : « WATSON !!! »
Watson : « Vous avez appelé votre chat… Watson ? »

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Sélection officielle Jeunesse Angoulême 2012 & Prix du Festival de Blois 2009) et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Les Quatre de Baker Street – T3 – Le Rossignol de Stepney : Legrand, Dijan & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 3 : Le Rossignol de Stepney

Scénaristes : Legrand Olivier et Dijan
Dessinateur : David Etien
Édition :  Vents d’Ouest

Résumé :
Les Quatre de Baker Street sont de retour! Billy, Charlie et Black Tom (sans oublier le chat Watson!) se voient confier une nouvelle mission par leur employeur, le célèbre Sherlock Holmes : veiller discrètement sur Lord Neville Asprey, un jeune aristocrate naïf dont les escapades dans les bas-fonds londoniens inquiètent beaucoup sa richissime famille – et pour cause : le jeune lord est fou amoureux de la jolie Grace, alias le Rossignol de Stepney, chanteuse dans le cabaret paternel…

Mais ce qui devait être une mission de routine va bientôt tourner au cauchemar pour nos détectives en herbe, avec l’entrée en scène du terrifiant Bloody Percy, dandy meurtrier et bras droit d’un des patrons de la pègre locale.

C’est le début d’une aventure aussi mouvementée que dangereuse, qui mènera nos héros des bas-fonds aux beaux quartiers, en passant par le sinistre asile de Bedlam.Voici la nouvelle enquête, menée tambour battant, des détectives les plus attachants de l’Angleterre victorienne !

Critique :
Cette bande dessinée, je l’avais reçu pour Noël, offert par mon homme qui connaît mon vice et qui l’alimente de temps en temps (lorsque je lis, il a la paix).

Et je me lasse jamais de re-lire la série.

Niveau dessins, ils sont agréables pour l’œil et l’album ne possède pas de couleurs criardes.

Le tome 3 reste mon préféré, son scénario étant un très gros cran au-dessus du précédent. Le tome 2 était génial, mais ici, on passe à un autre niveau. Il est supérieur au précédent.

Dans cet album, on découvre enfin le visage de Holmes. Il est grand et maigre. Notre détective est en grande agitation et il nous offre une vision d’un retournement d’appartement digne de Jeremy Brett dans « Le malade à domicile » (PATI). On découvre, pêle-mêle, la peau d’ours (PRIO), la casquette deerstalker, le macfarlane, des expériences chimiques, les encyclopédies et une seringue.

Sherlock Holmes charge notre quatre compères d’une mission car il a beaucoup à faire avec un certain professeur Moriarty et il se plaint de Watson qui a répondu aux sirènes de la félicité domestique en se mariant. On sent bien que le problème final approche et que l’on risque de perdre Holmes pour un temps (depuis que j’ai lu le tome 4 et 5, j’en sais plus, mais lors de ma première lecture, j’étais dans l’expectative).

Excellents dessins des visages étonnés des trois enfants, découvrant le désordre de Holmes, tandis que le chat est amusé.

Les mimiques de ce dernier furent autant de sourires amusés de ma part.

– Je suis actuellement à la poursuite d’un gibier autrement plus intéressant ! Avez-vous entendu parler du professeur Moriarty ?
– Euh… Non, M’sieur…
– C’est le Napoléon du crime, jeune Billy Fletcher ! Un adversaire à ma mesure, enfin! Lui et moi sommes engagés dans une véritable partie d’échecs – avec Londres pour échiquier… et j’ai bien l’intention de le mettre échec et mat !

Les dialogues sont toujours délicieux et la différence de langage encore plus prononcée qu’avant. Cela m’a procuré une nouvelle fois des sourires jusqu’aux oreilles lors des « traductions » par Billy.

Pas de politique ou de révolution russe dans cet album, mais du racket de commerçant, digne de la Mafia, en toile de fond. Comme d’habitude, la police du quartier ne fait rien, car complice. Le pot-de-vin datant de Mathusalem… No comment.

Bref, la simple mission de surveillance que Holmes a confiée aux enfants ne se déroule pas tout à fait comme prévu et les voilà embarqué dans une histoire plus sombre en aidant la jeune fille surnommé « le rossignol de Stepney ». Le méchant, lancé à leur poursuite, est tout de même affublé du délicat surnom de « Bloody Percy » et ce n’est pas un enfant de chœur. Loin de là ! Le méchant est réussi, une fois de plus et ses pantalons sont cocasses.

Les bas-fonds composés de sa pègre de tout poil et de tout âge sont omniprésents et le dessinateur a bien représenté la différence entre le Londres d’en bas et celui des bourgeois, avec le jeune Lord Neville. La tête de sa mère en découvrant les Quatre dans son salon. Un grand moment.

Une sordide plongée dans l’asile de Beldam nous laissera découvrir dans quelles conditions déplorables on traitait les fous et combien il était facile d’y interner des gens sains d’esprit quand la famille (ou votre conjoint) voulait se débarrasser de vous. Je ne parierais pas ma chemise que ce n’est plus ainsi, de nos jours.

Bonne surprise, le docteur Watson aura un rôle un peu plus important que dans le tome précédent. Il est beau, notre docteur. La taille assez mince et pas une boule de graisse comme chez « Bdétectives ».

Enfin un dessinateur qui se soucie un peu de la description canonique.

Nos garnements et leur chat sont toujours aussi débrouillards, toujours prêt à aider la jolie demoiselle, quitte à avoir des ennuis jusqu’au cou. Et oui, le salopard en est vraiment un de la pire espèce et si Holmes utilise les gosses pour retrouver des personnes, rien n’empêche Bloody Percy de faire de même. Nos jeunes amis, la demoiselle y compris, ont des soucis à se faire et Lord Neville aussi.

Après toutes leurs péripéties qui m’avaientt tenues en haleine jusqu’à la fin, je m’étais prise une claque monumentale dans les derniers pages (vous ne saurez rien). Magnifique ! Ensuite, je m’en étais prise une deuxième (je ne vous dirai pas pourquoi) et une troisième tout de suite après en apprenant que le méchant était bien le fils bâtard de… son père (je vous la laisse découvrir).

Non, franchement, là, c’était un feu d’artifice de révélations qui me font classer cette bédé dans les toutes bonnes. Et pas rien que pour cela. Le scénario se tient aussi et il est très, très bon, en plus. Cela vaut la peine de lire cet album. Pas de fantastique ou de choses inexpliquées à la fin et pas besoin d’aspirine pour comprendre la trame. Il est complexe tout en étant simple, haletant et bien torché.

Gros soupir de soulagement devant le dessin de l’inspecteur Lestrade. Notre inspecteur est petit (ou pas très grand), et a un air de ressemblance avec un rat, au lieu d’une grosse figure remplie de bonhomie que lui ont donné certains dessinateurs. Hallelujah !

Relire encore et encore cette série reste un véritable bonheur car aucun des personnages canoniques n’y est caricaturé à l’extrême…

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du Festival de Blois 2009) et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

La Clé de verre : Dashiell Hammett

Titre : La Clé de verre                                       big_3

Auteur : Dashiell Hammett
Édition : Folio Policier (2009)

Traducteurs : Nathalie beeunat & Pierre Bondil (Nouvelle traduction intégrale)

Résumé :
Le sénateur Ralph Henry est candidat à la mairie. À la veille des élections, son fils est découvert assassiné dans la rue. Des lettres anonymes, puis la presse, accusent l’influent politicien Paul Madvig, principal soutien du sénateur dont il doit épouser la fille Janet.

Alors que la guerre reprend entre les gangs pour s’assurer le contrôle de la ville, Ned Beaumont, collaborateur de Madvig, s’efforce d’innocenter son ami.

Avec des méthodes souvent brutales, il s’improvise détective pour démêler le vrai du faux dans une ville rongée par la corruption.

Roman noir par excellence, « La clé de verre » décrit l’obscénité de la manipulation, et son corolaire, la trahison.

Critique : 
Un autre roman noir de lu, un de plus… Cette addiction est sévère et mon médecin m’en a prescrit beaucoup pour le bien de ma santé mentale. En « traduction intégrale », pour bien faire, ce que je fis avec ce roman nouvellement traduit correctement !

Dashiell Hammett, je le connaissais de par « Moisson Rouge », alors je me suis lancée sur cet autre roman noir qui se passe dans le milieu politique et ses quelques magouilles…

Qui a tué le fils du sénateur Henry ? Nul ne le sait, pas même Ned Beaumont qui l’a trouvé gisant raide mort dans une ruelle sombre.

Pourtant, tous les regards se tournent vers Paul Madvig, le politicien qui tire les ficelles de la ville et principal soutien du sénateur dont il doit épouser la fille Janet.

Ned, bras droit (et gauche) de Madvig n’y crois pas trop et il décide d’enquêter à sa manière, qui est loin d’être très catholique…

Oubliez les enquêteurs classiques et traditionnels, munis d’une loupe et de petites cellules grises. Nous sommes dans un roman noir et l’enquêteur est aussi véreux que son politicien d’employeur.

L’atmosphère de cette Amérique des années 30 est sombre, remplie de magouilles, de guerre des gangs pour avoir la main mise sur la ville. On patauge dans les jeux politiques, toujours ambigus, on nage dans la corruption, on côtoie les gangsters, on s’amuse dans les tripots avec des jeux de hasard… On boit de l’alcool et on se prend quelques coups dans la tronche.

L’auteur ne nous épargne rien dans son récit : si Ned boit un verre ou dévore une omelette au bacon, on le saura. Idem s’il mâchouille un cigare.

Les protagonistes, nombreux, seront découverts au fur et à mesure, lorsqu’on suivra l’enquête de Ned Beaumont. Ils sont tous sombres et il n’y en pas un pour relever l’autre.

Nous sommes dans une sorte d’intrigue policière mâtinées de joutes politiques pour le pouvoir, où tous les coups, surtout les bas, sont permis. Niveau castagne, ça bastonne à fond, le tout sur fond d’histoires d’amour compliquées et de trahisons en tous genres.

Une écriture au cordeau, sans fioritures, brute de décoffrage et pour la première fois dans sa traduction intégrale. Avec un final assez « étrange », mais inattendu.

Pour ma part, j’ai préféré « Moisson Rouge »… mais ceci n’est que mon avis. En tout cas, si vous voulez découvrir le fameux « hard boiled », ce livre en fait partie.

Moi, je compte bien découvrir aussi « Le faucon Maltais » du même auteur.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Les Quatre de Baker Street – T2 – Le dossier Raboukine : Djian,Legrand & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 2 : Le dossier Raboukine

Scénaristes : Jean-Blaise Djian et Legrand Olivier
Dessinateur : Etien David
Édition:  Vents d’Ouest

Résumé :
Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié.

Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes.

Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar…

Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand.

On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

Critique :
C’est toujours un plaisir pour moi que de relire la collection des « Quatre de Baker Street » et puisque j’ai acheté le tome 5, je me suis dit que ce serait une excellente idée que de les relire tous d’un coup.

Mon avis reste le même au fil des relecture : ma première impression avait été bonne tant l’album, les dessins, l’aventure, le scénario et l’ambiance de la bande dessinée m’ont plu. Il ne change pas au fil des années.

Dans ces albums dédiés au Francs-tireurs de Baker Street, pas de Wiggins en chef de bande composée d’une dizaine d’enfants déguenillés, non, juste trois gamins et… un chat. Nous suivons donc l’aventure qui est arrivée à Billy (William Fletcher), Charlie (vous découvrirez son petit secret) et l’Irlandais Black Tom (le monte-enl’air), sans oublier le chat, prénommé Watson.

Au menu du tome 2 : des complots politiques, mélangés à des crimes sordides copiés sur ceux de l’éventreur de Whitechapel (nous l’appellerons « Jack »), agents doubles ou traîtres à leur cause pour protéger leurs familles, manipulations de preuves, haines des russes,…

Tous les ingrédients « habituels » (ou récurrents) sont réunis dans ce deuxième tome, mais contrairement aux albums d’une autre série dont j’ai déjà publié les critiques sur mon site (ceux de Bédétectives), ici, la sauce prend et on se plaît à suivre leurs aventures pour aider la jolie demoiselle à innocenter son ami russe, qui, de par ses « meetings politiques » aurait voulu faire changer les choses de son pays à partir de l’Angleterre.

L’avantage de la bédé, c’est que l’on découvre Londres à cette époque, ses rues chics, ses ruelles mal famées, sa misère, sa richesse et toutes les petites choses du peuple que l’on ne voyait jamais dans les livres d’Arthur Conan Doyle. Ici, le tome est plus axé sur la politique, la future révolution russe et l’Angleterre qui était une terre d’accueil pour les immigrants qui avaient fui la Sainte Mère Russie.

Sans oublier aussi le côté « racistes » des gens qui aimaient bien mettre leurs malheurs sur le dos d’une populace, étrangère, bien entendu. Les auteurs ont bien rendu ce travers des gens qui ont toujours trouvé plus commode d’accuser l’Autre plutôt que de se dire que la faute en incombe au Gouvernement ou à nous-même.

Les gamins sont attachants, surtout Billy qui aimerait par-dessus tout ressembler à Holmes (absent de Londres, en déplacement à Vienne pour une affaire concernant un stradivarius volé) et même le chat a son utilité. Ils ont tous leur talent propre et Tom est un virtuose du cambriolage et des promenades sur les toits.

Bref, on ne s’ennuie pas en lisant, c’est plein de péripéties, de bas-fonds londoniens, de méchants qui sont de vrais salopards, de coups fourrés, le langage des gamins est adapté à leur provenance et c’est amusant de voir Billy traduire le langage « correct » en langage des « rues » pour ses copains.

Ils sont malins ces gosses, roublards et s’en sortent très bien, même s’ils ont frôlé la mort. Avec eux, c’est « un pour tous et tous pour un », comme les Mousquetaires qui étaient du même nombre (faut pas oublier le chat, hein !). Ils sont attachés l’un à l’autre et ne doivent leur survie que parce qu’ils se serrent les coudes.

Holmes a raison quand il dira que les agents de l’Okhrana auraient dû se méfier, car on ne badine pas avec ses Francs-tireurs de Baker Street. Les gamins sont heureux de l’écouter, devant un plateau de petits gâteaux de madame Hudson (elle aussi n’est pas une caricature).

Bien entendu, puisque c’est les aventures des « Quatre de Baker Street », on verra très peu de Holmes ou de Watson, sauf à la fin. Le peu que j’ai vu de Watson m’a fait plaisir car il est mince, bien dessiné et n’est pas une caricature.

Pour Holmes, cela reste un mystère car on ne voit pas son visage. Soit sa main est devant, soit il est dans l’ombre. Une chose est sûre, il est très mince…

C’était le hasard et la curiosité qui m’avaient fait attraper cette bédé dans le rayon. Je l’avais achetée pour la découvrir et je n’ai jamais regretté mon choix ! Toujours un très bon moment de lecture. Conquise j’étais, conquise je reste.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Little Bird : Craig Johnson [Walt Longmire 1]

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Titre : Little Bird                                                        big_4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2009)

Résumé :
Après vingt-quatre années au bureau du shérif du comté d’Absaroka, Walt Longmire aspire à terminer sa carrière en paix. Ses espoirs s’envo­lent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve Cheyenne.

Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune Indienne, Melissa Little Bird. Jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que quelqu’un cherche à se venger.

Alors que se prépare un blizzard d’une rare violence, Walt devra parcourir les grands espaces du Wyoming sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.

Petit plus : Avec Little Bird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages pourvus de suffisamment de sens du tragique et d’humour pour remplir les vastes étendues glacées des Hautes Plaines.

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Critique : 
Walt Longmire est tout le contraire de Lucky Luke car il n’a pas la réputation de tirer plus vite que son ombre, bien qu’il sache viser correctement. Non, notre sherif fait plus dans la nonchalance qu’autre chose.

Cela fait 24 ans qu’il est au bureau du shérif du comté d’Absaroka et monsieur apprécierait qu’on lui laisse un peu sa carrière se la couler douce.

Mais méfiez-vous quand même ! « Nonchalance » ne veut pas dire « imbécile » ou « je-m’en-foutisme ». Parce que s’il vous prenait l’envie subite de dézinguer des personnes – même si elles le méritent amplement – il vous traquera afin de résoudre cette affaire.

Alors, qui est mort et pourquoi ? C’est la question que l’on se pose au début du livre : qu’est-ce qui a bien pu pousser ce tireur mystérieux (et d’élite) à descendre Cody Pritchard près de la réserve Cheyenne ?

Certes, ce gars et ses trois copains avaient abusé d’une jeune indienne souffrant d’un retard mental, mais ils sont été appréhendés, jugés et ont purgé une peine d’emprisonnement. Minime, je vous l’accorde bien volontiers, mais pourquoi ce venger deux ans après ??

En tout cas, cela risque de jeter de l’huile sur le feu qui couve entre les deux communautés : les Blancs et les Indiens. Sans compter que le blizzard a des envies folles de s’inviter dans la danse.

Alors Walt va remuer ses 120 kg de masse graisseuse ou sommeille encore un peu de muscle asthmatique et enquêter sur le meurtre. Oh, tiens, encore un cadavre tout froid raide mort, une balle dans le buffet !

Il faudrait se dépêcher, mais Walt ne fait pas partie des enquêteurs rempli d’énergie et qui courent partout, tels que Holmes. De plus, il n’est pas toujours bien accompagné dans sa vie professionnelle (la privée, c’est encore pire) et notre Walt ne sait plus trop à quel sein (saint ?) se vouer car un climat de suspicion s’installe et il se demande s’il peut faire confiance à son ami Indien, Henry Standing Bear.

Ses policiers ne sont pas tous « avec lui » et en plus, tout en enquêtant, il doit aussi penser à sa réélection. Bigre, pour un qui voulait se la couler douce, ça en fait beaucoup !

Les fausses pistes partent dans tous les sens, les suspects sont assez nombreux et impossible de coller les meurtres sur le dos du majordome.

– Ce serait une sacrée merde si le coupable s’avérait être le dentiste ? Je sais que ce n’est pas aussi classe que le majordome, mais les gens seraient drôlement surpris, non ?

Une écriture remplie d’humour et de bons mots, j’ai eu souvent le sourire aux lèvres avec le shérif Longmire.

« Moi, j’dirais que sa connerie n’a pas encore atteint sa pleine mesure, et que la tienne, elle est en train d’enfler à vue d’œil ».

– Billy, tu dis avoir vu un corps ?
– Ouais, c’est vrai
– Il ressemblait à quoi ?
Un silence…
– Ben, à un corps.
J’envisageai de me taper la tête sur mon bureau.

Le shérif Longmire a des soucis dans sa vie, mais elle est un long fleuve tranquille comparé à un Erlendur (de l’auteur Arnaldur Indridasson). Limite rose bonbon… et ça fait du bien de ne pas tomber sur un énième flic alcolo-drogué-désabusé-dépressif-suicidaire.

Les personnages sont bien travaillés, attachants, pas trop désabusés, les paysages sont sauvages et c’est un réel plaisir d’en apprendre un peu plus sur les Indiens d’Amérique (Amérindiens).

Je regardai les traînées de nuages reflétées par la lune. Il avait l’air de faire froid dans la montagne. Nous étions dans la cinquième année d’un cycle de sécheresse et les ranchers se réjouiraient de voir l’humidité s’accumuler là-haut. Au printemps, l’eau porteuse de vie descendrait le long des précipices, faisant pousser l’herbe, nourrissant les vaches, pour qu’on ait des hamburgers et que le shérif soit payé. C’était dans l’ordre naturel des choses, ou du moins, c’était ce que les ranchers me disaient et me répétaient.

– Ce sont les plumes de hibou qui sont signe de mort, les messagères de l’autre monde.La plume d’aigle est un signe de vie, elle renvoie à toutes les activités des vivants: faire la pluie, planter et récolter dans les champs, pêcher en abondance, protéger les maisons et guérir les maladies. Elle est considérée comme le souffle de la vie, incarnant le pouvoir et l’esprit de l’oiseau dont elle était autrefois un élément vivant.

Le rythme est très lent, on rentre doucement dans l’histoire et celui qui cherche du trépidant devra aller voir ailleurs. Malgré la lenteur, je n’ai pas ressenti de l’ennui.

Le final est angoissant et j’ai poussé un cri de surprise.

Un roman noir dans un trou perdu du trou du cul de l’Amérique (c’est vous dire s’il est perdu).

Une belle découverte ! Le récit m’a emmené fort loin de mon pays, pour les plaines sauvages du Wyoming et je compte bien refaire le voyage avec les romans suivants.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Le « Challenge US » chez Noctembule, le challenge« Il était une fois dans l’Ouest » chez Arieste et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix « Le Roman Noir » en 2010 du Nouvel Observateur).

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Le bourreau de Hyde Park : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 14]

Titre : Le Bourreau de Hyde Park                big_3

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18

Résumé :
La découverte de corps décapités dans Hyde Park fait resurgir une peur que les londoniens n’avaient plus ressentie depuis Jack l’Éventreur. Et si Thomas Pitt, récemment promu commissaire, ne trouve pas très vite le coupable, on ne donne pas cher de sa tête !

Un premier cadavre est retrouvé sur un bateau, puis un second dans un kiosque à musique. Les indices sont bien maigres.

Y a-t-il un point commun entre les victimes, un officier de marine respecté, et un musicien ?

La population, la presse, les politiciens,… tout Londres réclame vengeance. Jamais Pitt n’a été autant aux abois et si curieusement réticent à effectuer une arrestation.

Et au moment où il en aurait le plus besoin, Charlotte, son épouse, semble incapable de l’aider…

Critique : 
Avec certains romans, il est facile de perdre la tête… On peut même dire qu’ici, des têtes vont tomber, au propre comme au figuré et pourtant, nous ne sommes pas à la Révolution française !

Hyde Park. Un endroit où il fait bon se promener, à pied ou à cheval. Sauf si on désire garder la tête sur les épaule !

Parce que dans ce parc, on risque de subir le même sort qu’Anne Boylen… Un homme décapité dans une barque, un autre dans le kiosque à musique.

L’enquête piétine et le fraichement promu commissaire Pitt ne sait plus où donner de la tête, sans compter que s’il ne résout pas ces meurtres, il risque de voir la sienne tomber car dans les rues de Londres, la peur grandit, attisée par la harangue de certains politiciens.

Ce que j’aime le plus, dans les enquêtes de Thomas Pitt, c’est de découvrir des pans entier de la vie londonienne, et pas uniquement ce qui se passe dans les salons lambrissés des dames de la Haute à l’heure du thé…

Non, l’auteure nous fait découvrir toute la vie de l’époque victorienne (1888 et après) : les proxénètes, les prostituées, les ouvrières dans les usines où elles sont exploitées, la politique, les droits des uns, les prérogatives des autres, les non-droits d’une certaine partie de la populace…

Pas besoin de me taper la lecture d’un pavé insipide et indigeste sur la vie à l’époque de Sherlock Holmes, il me suffit d’ouvrir un livre avec Thomas et Charlotte Pitt.

Les femmes ne peuvent pas voter ? Les Lords peuvent siéger à la chambre de par leurs « origines » ? D’autres doivent se faire élire ? Le tout est incrusté dans le roman parce que l’on suivra Jack Radley, le beau-frère de Charlotte, qui se présente aux élections.

Sans oublier les croyances de certains… « Si meurtre il y a eu, ce ne peut être que l’œuvre d’un fou ». « Les femmes ne sont pas capables de penser et encore moins de voter », « Les flics sont incompétents »…

– Ce que veulent les gens, c’est qu’une solution soit trouvée.
– Laquelle ? Ils espèrent qu’il s’agit d’un fou échappé de l’asile de Beldam, que nous pourrions tous condamner, sachant qu’il n’a rien en commun avec nous ! rétorqua-t-elle, en tournant rageusement sa cuillère dans sa compote. Je ne vois pas pourquoi Thomas serait à blâmer.
– Emily, ma chérie, depuis que le monde est monde, les gens ont blâmé le messager pour le contenu du message dont il est porteur. Et ils le feront encore.
– C’est de l’infantilisme.

Toutes les infos sont incluses dans le texte, ce qui fait qu’on s’instruit tout en se divertissant.

L’enquête est un peu plus lente, mais elle est égayée par de multiples cadavres, par le commissaire Pitt qui a du mal dans sa nouvelle fonction et par sa femme qui doit décorer leur nouvelle maison. Bref, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.

Par contre, bien avant Pitt, j’avais compris une chose importante et trouvé un coupable. Mais je n’avais pas vu l’autre astuce…

Lire Anne Perry est toujours un plaisir, du moins, lorsque Thomas Pitt est inspecteur ou commissaire.

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), du Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste et, last but not leaste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Nous étions les hommes : Gilles Legardinier

Nous étions les hommes - Legardinier - EmpruntTitre : Nous étions les hommes                                     big_3-5

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
C’est l’une des plus fascinantes énigmes qui soit. Sur notre planète, il existe plus de 1800 espèces de bambous. Chaque fois que l’une d’elles fleurit, tous ses spécimens, où qu’ils se trouvent sur Terre, le font exactement au même moment. Ensuite, l’espèce meurt. Personne ne sait expliquer ce chant du cygne, ni l’empêcher.

Aujourd’hui, l’homme va peut-être connaître le même sort. Arrivé lui aussi à son apogée, il risque de disparaître…

Dans le plus grand hôpital d’Édimbourg, le docteur Scott Kinross travaille sur la maladie d’Alzheimer. Associé à une jeune généticienne, Jenni Cooper, il a découvert une clé de cette maladie qui progresse de plus en plus vite, frappant des sujets toujours plus nombreux, toujours plus jeunes.

Leurs conclusions sont aussi perturbantes qu’effrayantes. Si ce fléau l’emporte, tout ce qui fait de nous des êtres humains disparaîtra. Nous redeviendrons des animaux.

C’est le début d’une guerre silencieuse dont Kinross et Cooper ne sont pas les seuls à entrevoir les enjeux. Partout sur la Terre, face à ceux qui veulent contrôler le monde et les vies, l’ultime course contre la montre a commencé…

« Alzheimer est à l’esprit ce que le cancer fut longtemps au corps ».

SKULL - Game OverCritique : 
Legardinier m’avait fait rire et pleurer avec « Et soudain, tout change » et je me demandais ce qu’il pouvait valoir dans un thriller scientifique. Il ne m’a pas déçu ! Même s’il ne m’a pas fait pisser de rire…

À sa décharge, il faut préciser que le sujet traité ici ne se prêtait pas à des comiques de situations puisqu’il nous parle de la maladie d’Alzheimer…  Et si vous ne savez pas ce que c’est, je vous conseille d’aller consulter de toute urgence !

Heu… de quoi je vous parlais, moi, déjà ? D’un truc qui m’avait bien plus mais je ne me souviens plus trop bien.

Ah oui, un roman sur la maladie d’Aloïs Alzheimer ! Bon, on ne lui décernera sans doute pas le grand prix de littérature, mais le roman était plaisant et j’ai passé un bon moment de lecture. What’else ?

Les personnages principaux étaient agréables, sans prétentions aucunes, ne se prenant pas pour des barbouzes, mais avec lesquels il fait bon passer quelques 300 pages.

Le professeur Scott Kinross et la généticienne Jenni Cooper sont des gens avec qui l’on aurait envie d’aller manger un morceau à Édimbourg, leur ville. Davis Hold aussi, surtout qu’il souffle le chaud et le froid et que ne sait pas toujours de quel côté il penchera : froideur ou chaleur.

L’intrigue est bien mise en scène, on alterne les chapitres avec des protagonistes différents, on se demande comment le tout va se goupiller, le suspense monte à son aise avant que tout ne se rejoigne à un moment donné pour un final explosif.

La description des détails de la maladie qui nous fait régresser à un stade animal ne sont pas indigestes à lire et j’ai pris plaisir à en apprendre un peu plus.

« Quand je vois ces gens qui ont oublié leur nom et qui vous font des divisions à huit chiffres de tête, ou ceux qui ont perdu l’esprit et qui peuvent vous décrire avec une précision photographique un lieu où ils sont allés des années plus tôt… il y a de quoi se poser des questions sur notre cerveau ? »

Sans que l’on soit à un rythme de deux cent à l’heure, les pages se tournent assez vite parce que je n’ai jamais ressenti un ennui quelconque, même dans les phases calmes.

Quelques touches d’humour malgré tout, du suspense, du mystère, des tueries étranges, des méchants qui ont des envie de jouer à Dieu (dans sa version « Grande Faucheuse ») avec leurs théories à la mords-moi-le-zob, comme tous les grands Méchants mégalos… Bref, de multiples ingrédients pour une recette qui marche niveau divertissement.

« La masse grouillante des humains détruit tout dès qu’elle n’est pas occupée à se détruire elle-même. Les peuples pillent la nature, affament ceux qu’ils dominent en attendant de subir le même sort face à de plus puissants qu’eux. Ils veulent tout mais ne savent même plus quoi ».

« Notre espèce ne mérite pas d’être sauvée à tout prix. Maintenir chaque être humain en vie, lui permettre de se reproduire sans limite va nous mener à notre perte. Les gens ont perdu le sens des choses. Pour eux, la vie est un dû et ce monde est leur parc d’attractions. Ils ne se rendent même pas compte de ce qu’ils détruisent ! « 

L’auteur en profite au passage pour nous asséner des vérités et enfoncer quelques clous, le tout servi par une écriture agréable, sans fioritures et sans chichis.

« Un homme que j’admire beaucoup m’a appris que se surestimer est le meilleur moyen de ne rien découvrir d’autre que son propre orgueil ».

« La maladie est un marché économique comme un autre. Les labos ne sont plus là pour soigner, ils sont là pour vendre ».

« À la base, les brevets ont été créés pour favoriser le progrès tout en protégeant les inventeurs. Les États garantissent la paternité de la découverte tout en la rendant obligatoirement publique afin qu’elle puisse profiter au plus grand nombre. Pourtant, cette excellente idée a été pervertie. Avec un cynisme redoutable, tout a été transformé pour faire de l’argent et rien d’autre ».

« On est immanquablement conduit à s’interroger sur ce que les hommes font de ce qu’ils découvrent.Vous pouvez leur donner les plus fabuleuses inventions, ils en font toujours des armes, des outils d’asservissement et de domination ».

Un récit bien dense, une lecture divertissante, des infos sur une maladie dont j’oublie le nom et des faits réels mélangés de fiction. Une réussite.

Par contre, je ne sais plus ce que je fais là, ni qui je suis… Oups !

« Il n’est de prodige que dans l’œil de celui qui ne sait pas ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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