X : Sébastien Teissier

X - Sébastien Teissier Titre : X                                                              big_4-5

Auteur : Sébastien Teissier
Édition : Nouveau Monde

Résumé :
Banlieue parisienne, 23h15. Lucas Moriani, agent de la police scientifique, se rend sur une scène de crime. Arrivé sur place, il est seul et éprouve une gêne incompréhensible devant la victime égorgée.

Pourquoi cet agent expérimenté ne parvient-il pas à retrouver sa routine ? Pourquoi aucun autre policier ne se trouve sur les lieux ? Son téléphone garde la trace de l’appel de l’inspecteur l’ayant envoyé sur place mais le numéro est masqué. Quel est son nom déjà ?

Rapidement, Lucas Moriani réalisera les raisons de son trouble et prendra la mesure de l’horreur qui l’entoure. Acteur contre son gré d’une grotesque comédie, la vie de l’agent bascule. Ses souvenirs ne correspondent plus à aucune réalité. La démence est-elle la seule explication rationnelle ?

Lucas Moriani va enquêter sur la victime et sur lui-même pour décrypter l’énigme la plus complexe de sa carrière. Mais la vérité aura un prix.

Il trouvera sur sa route l’inspecteur Félix Vizzini. Enquêteur génial et fou, doué d’une mémoire prodigieuse et d’un sens de la déduction logique hors du commun, lui seul comprendra qui est Lucas Moriani, ce qui le lie à la victime.

Lieu seul saura enrayer la folie, déjouer le piège, et le refermer à jamais.

« La confiance ne vaut que si l’autre a une chance de pouvoir mentir et on espère qu’il ne le fera pas ».

POLAR - XXXCritique : 
Une amie avait eu un orgasme en lisant ce livre et je dois avouer que j’ai pris mon pied aussi (mais bon, je n’ai pas hurlé ma joie, les grandes jouissances sont muettes, c’est bien connu).

En tout cas, disons-le sans détours, ce court roman est jouissif (comme quoi, on peut en avoir un pas très long qui est très bon). Son originalité scénaristique y est pour beaucoup. À lui tout seul, ce roman m’a fait passer par plein d’émotions dont la peur, le suspense, l’horreur, les sourires, les palpitations cardiaques, la folie tant j’ai trituré mes méninges…

Mais il va être difficile à chroniquer tant je suis limitée, ayant peur de vous révéler des choses par inadvertance.

23 h 15. Lucas Moriani, agent de la police scientifique, se rend sur une scène de crime. Arrivé sur place, il se retrouve seul et éprouve une gêne incompréhensible devant la victime égorgée. Pourquoi aucun autre policier n’est-il sur les lieux ? Qui lui a demandé de se déplacer ? Son téléphone conserve la trace d’un appel mais le numéro est masqué… Et il tient un scalpel ensanglanté dans les mains.

Dès le départ, ça pue l’embrouille à plein nez et on se demande comment tout cela va se terminer pour le sympathique Lucas. Il doit enquêter seul sur cet étrange meurtre et ce ne sera pas facile.

Écrit à la première personne du singulier, on s’immerge encore plus dans les pensées de Lucas, nous suivons ses interrogations légitimes, on cherche aussi qui aurait pu lui jouer ce tour de cochon et surtout « pourquoi ? ». Tout comme lui, nous allons de surprises en surprises au fil des chapitres.

Le seul qui peut l’aider, c’est l’inspecteur Félix Vizzini. Là, par contre, j’ai eu moins d’affinité avec cet enquêteur doué d’une mémoire prodigieuse et d’un sens de la déduction logique qui ferait pâlir de jalousie Sherlock Holmes lui-même, tellement il est poussé.

Mais voilà, il est sans doute trop poussé et je n’ai pas eu d’affinités avec cet inspecteur aussi génial que fou, bien que, à la fin, j’ai tout de même ressentit des choses pour lui.

C’est sa perception à « voir » les choses dans tout leur ensemble qui m’a un peu déroutée au départ. Bien que sa prodigieuse mémoire soit tout à fait possible, un dénommé Daniel Tammet en est la preuve vivante (1).

« A ses yeux, la nature humaine était fondamentalement et profondément mauvaise. Sa capacité à commettre des horreurs n’avait d’égale que son inventivité pour tenter de les camoufler. Déjouer ces sournoiseries allait lui permettre de faire travailler ses méninges à plein régime… Et donc lui conférer une sorte de sérénité ».

Niveau « méchant », le serial killer a été agrémenté au petits oignons, il est magnifique d’ingéniosité. Super !

« Vous êtes ici pour découvrir la vérité sur cette nuit-là, n’est-ce pas ? Évidemment, vous pensez que je suis le seul à la connaître. Vous allez être déçu, rien de ce que j’ai vu n’a de sens… Rassurez-vous, je n’espère pas vous convaincre. Le piège est parfait. Il a tout prévu ».

« Lutter contre sa nature profonde est communément associé à la bravoure mais c’est justement en cela que réside le mythe. Succomber à ses instincts n’est de la faiblesse que lorsque l’information est rendue publique ».

« Faire condamner un innocent est le meilleur moyen de réussir le meurtre parfait… C’est encore mieux que faire disparaître le corps d’ailleurs ».

Ce polar/thriller m’a tenu en haleine tant le récit était bien construit, ne se dévoilant qu’au fur et à mesure, comme une effeuilleuse qui aurait envie de ne pas tout vous dévoiler du premier coup.

Taclée, uppercutée, KO debout, la bouche ouverte, silencieuse je suis restée en repassant tout le livre dans ma tête, une fois la dernière ligne dévorée.

Bref, l’auteur est un beau salaud (ceci est un compliment, dans ce cas-ci !) car il a joué avec mes nerfs et avec ces petites choses que je ne possède pas puisque je suis une femme. Et j’aime quand les auteurs jouent avec ce que je n’ai pas.

Laissez-vous tenter par cette équation aux multiples inconnues. C’est enlevé, addictif, bien pensé et le final est anthologique.

Dire qu’on laisse dans la nature des auteurs capables d’autant de perversité envers ses pauvres lecteurs…

« L’apparence est ce qui compte. Lorsque nous disparaissons, il ne reste que l’image que nous avons laissée aux autres. C’est elle qui nous définit, pas nos intentions ou nos pensées, ni même nos aspirations secrètes ».

(1) Daniel Tammet : selon les scientifiques qui se seraient penchés sur son cas, cet Anglais de trente-cinq ans aurait développé des facultés extraordinaires – et quasi surhumaines – à la suite d’une crise d’épilepsie survenue à l’âge de quatre ans et qui lui aurait laissé des lésions cérébrales. Atteint des syndromes d’Asperger et de synesthésie depuis, Daniel Tammet est doté d’un QI et d’une mémoire hors normes. Il y a dix ans, il récite les 22 514 décimales de Pi en cinq heures, neuf minutes et vingt-quatre secondes. Un sans-faute – battu depuis et paraît-il – qui lui a permis de devenir l’objet de convoitise de l’ensemble de la communauté scientifique.

Challenge  « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

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