Je sais qui tu es : Yrsa Sigurdardottir

Je sais qui tu es - SigurdardottirTitre : Je sais qui tu es                                       big_3-5

Auteur : Yrsa Sigurdardottir
Édition : Points (2013) / Belgique loisirs (2013)

Résumé :
Trois amis s’embarquent pour une drôle d’aventure : retaper en plein hiver une maison abandonnée à Hesteyri, village désert de la région des fjords, à l’ouest de l’Islande, pour le transformer en gîte estival.

Chacun a des motivations très différentes pour s’imposer ce défi : Garðar y voit l’occasion de s’en sortir et de regagner l’admiration de sa femme, Katrín, qui l’accompagne par pure solidarité conjugale. Leur amie Lif les suit, c’est pour elle une chance de faire le deuil de son mari, récemment décédé.

Tous trois ont une chose en commun : ils s’attendaient à être seuls.

De l’autre côté du fjord, la police fait appel à Freyr, un psychiatre brisé par la disparition mystérieuse de son fils, trois ans auparavant, pour éclaircir les circonstances troubles du suicide d’une vieille femme.

Il ne s’attendait pas à ce que cette enquête le ramène à son drame personnel.

POLAR - je sais qui tu esCritique : 
« Lire ce roman seul(e) dans une maison à la campagne est fortement déconseillé » disait l’inscription sur la couverture. Alors, qu’en est-il ? Accroche commerciale or not accroche ?

Si je devais trouver une comparaison avec une autre lecture en huis-clos, qui fiche la trouille et que j’ai lu « adulte », je dirais que « Shining » est bien plus flippant. Mais ceci est mon avis personnel, bien entendu.

Certes, les chapitres consacrés au trio qui s’est embarqué dans un trou perdu pour retaper une maison en plein hiver, alors que le village est désert, sont assez angoissant. J’ai tremblé pour Garðar, Katrín, Lif et le petit chien Putti.

Pas autant eu peur que lors de ma lecture de « Shining », mais bon, je sentais monter la trouille et le sentiment oppressant du huis-clos, m’en délectant à l’avance.

Là où la pression est retombée comme un soufflé, c’est quand on est passé à l’autre histoire du livre : Freyr, un psy brisé auquel les flics ont fait appel pour une classe vandalisée et le suicide d’une vieille dame dans une église.

Pour illustrer le fait que ma tension artérielle soit retombée en flèche dès le chapitre II, je pourrais comparer ça avec un show érotique qui serait soudain coupé par un épisode de l’inspecteur Barnaby. Douchée je fus, mon adrénaline retombant dans les chaussettes, mais j’ai poursuivis ma lecture, ne comprenant pas très bien le rapport.

À force d’alterner les chapitres, j’avais les nerfs en pelote dû aux multiples cliffhanger des trois lascars (et le chien) dans leur trou perdu où ils n’ont pas l’air si seuls qu’ils le pensaient. Des événements troublants s’y déroulent et c’était une déchirure véritable que de les quitter. Encore une auteure sadique !

Après quelques chapitres, j’avais compris que ce qu’il se passait dans la « petite » enquête du psy aurait toute son importance plus tard et je me suis passionnée pour ces mystères, me demandant constamment comment tout cela allait se terminer et être expliqué.

Je me doutais que tous ces faits inexplicables mettraient à jour un truc bien plus terrible et je dévorais ce roman.

Le style d’écriture était agréables, profond comme le sont les écrivains islandais, mais sans s’étendre sur les descriptions de paysages, parlant plus des personnages et de leurs blessures. Les moments « trouilles » montaient en puissance et je sentais monter l’orgasme littéraire poindre. Que du bonheur, quoi.

Là où le bât à blessé, c’est dans les explications finales… Les premières m’avaient comblées de plaisir à cause de leur ingéniosités et de leurs perversités, me donnant quelques coups de pied au cul en passant. Je vous dit, j’approchais du Saint-Graal !

Mais… Il y a un « mais » ! Je ne m’attendais pas du tout à la présence d’un élément qui est venu foutre par terre une partie de mon plaisir. C’était pire que si on m’avait annoncé que le chien des Baskerville était bel bien sorti tout droit des Enfers !

Un peu comme si, messieurs, votre strip-teaseuse sensuelle, après avoir fait monter la tension jusqu’à l’ultime dévoilement, alors qu’elle serait en train de retirer son string avec lenteur, le dos tourné, vous faisant hurler de plaisir… Et au moment où elle se tourne, vous apercevez un énorme membre viril… C’était un Katoï. Et bien, ça fait cet effet là !

Lorsque je lis King ou Sire Cédric, je m’y attend, ça ne me choque pas, mais ici… Il m’a fallu du temps pour avaler cette explication là ! Un peu trop facile, un peu trop capillotractée je trouve.

Malgré ce gros bémol, ce fut tout de même une belle lecture angoissante, mais je grogne sur une partie des explications finales.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et au Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires.

CHALLENGE - Nordique loups_scandinavieCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)

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21 réflexions au sujet de « Je sais qui tu es : Yrsa Sigurdardottir »

  1. Laisse-moi remettre quelques idées en place…
    Tu te douches en chaussettes en rêvant de l’inspecteur Barnaby faisant un show érotique dans ta salle de bains ?
    C’est bien ça… Du sadisme pur !

    PS : j’ai fermé les yeux au moment où la strip-teaseuse allait se retourner…

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    • Oui… et encore, je n’oserai jamais parler de mon fantasme : inspecteur Barnaby en gang bang avec Columbo !

      Les fantasmes féminins sont étranges, je sais… 😆

      Tu as bien fait de fermer les yeux pour la strip-teaseuse, le truc était vraiment énorme. Moi, par contre, j’ai regardé !!

      Mais j’aurais hurlé de rage en cas de strip-tease masculin d’un mec beau et musclé qui en aurait eu une toutti rikiki (et pas maousse kosto) !

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  2. La fin est surprenante mais quand même pas autant que la strip-teaseuse…
    Je ne voyais pas trop comment l’auteure allait se dépêtrer de son histoire sans jouer la carte du fantastique… Par contre elle est un peu abrupte à mon goût.

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    • Je pensais dur comme fer à un truc réaliste, surtout quand j’ai eu une partie des explications sur l’île et je pensais vraiment à un truc « expliqué » mais vrai, pas du fantastique. de plus, ça fait un peu « exagéré » le mobile. Et pour les déprédations ?? Non, non, non, j’ai été déçue par ce que j’ai lu dans la fin.

      Un peu facile, je trouve… et oui, c’est abrupte, on ne sait pas trop ce qu’il va se passer.

      De plus, je reste avec une question : les corps ?? Ils sont où ??

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      • Visiblement les corps disparaissent comme l’ancien proprio. Ca fait une question parmi tant d’autres qui restent sans réponse. Sinon le fantastique je le sentais poindre depuis un moment, peut être pour ça qu’il ne m’a pas vraiment surpris.

        3,5/5 c’est un score honnête. Je ne sais pas si j’aurai été aussi généreux (3 étoiles sur Babelio).

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        • Babelio m’interdit les demi étoiles, donc, il en a eu trois, mais vu le plaisir qu’il m’avait donné au départ, il méritait 3,5, bien que l’orgasme n’ai pas eu lieu. 😆

          Lorsque j’avais lu « le cimetière des hirondelles », je croyais dur comme fer que j’étais dans le fantastique, mais non, tout était expliqué de manière rationnelle, et tant mieux, et ici, je pensais aussi que tout finirait par des explications logiques, drogues ou folie comprise. Je me suis plantée 😉

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    • C’est le final qui m’a déçu, je ne pensais pas avoir affaire au fantastique, mais à du terre à terre, avec explications rationnelles et toussa toussa !

      Pour le reste, c’était dément 😉

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    • indridasson s’en prend des tas, d’étoiles ! J’aurais eu une fin sans l’élément fantastique que je lui aurais collé 4,5 étoiles ! Il est génial, mais dans ma tête, j’étais pas dans du fantastique et je trouve que les explications sont un peu poussées, un peu trop tirée par les cheveux.

      Je voulais que l’auteure continue dans les explications logiques et rationnelles.

      Malgré tout j’ai bien aimé, je ne m’en séparerai pas, et une fois le truc avalé, je pourrai être plus sereine par rapport à la fin. 😉

      Je te fais réaliser des économies… 😛

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    • Juste la fin que j’ai trouvée trop simple parce que je ne m’attendais pas à ça… pour le reste, j’ai eu ma dose d’adrénaline et de questions. Il reste un bon roman, mais la fin est plus « avalable » si on sait à quoi s’attendre 😉

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  3. Pour l’instant je n’accroche pas aux romans scandinaves, je n’ose pas essayer les polars bien que quelques titres me tentent, je verrais si celui-ci est dans ma médiathèque !

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  4. Ping : Bilan Livresque : Avril 2014 | The Cannibal Lecteur

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