Le bourreau de Hyde Park : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 14]

Titre : Le Bourreau de Hyde Park                big_3

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18

Résumé :
La découverte de corps décapités dans Hyde Park fait resurgir une peur que les londoniens n’avaient plus ressentie depuis Jack l’Éventreur. Et si Thomas Pitt, récemment promu commissaire, ne trouve pas très vite le coupable, on ne donne pas cher de sa tête !

Un premier cadavre est retrouvé sur un bateau, puis un second dans un kiosque à musique. Les indices sont bien maigres.

Y a-t-il un point commun entre les victimes, un officier de marine respecté, et un musicien ?

La population, la presse, les politiciens,… tout Londres réclame vengeance. Jamais Pitt n’a été autant aux abois et si curieusement réticent à effectuer une arrestation.

Et au moment où il en aurait le plus besoin, Charlotte, son épouse, semble incapable de l’aider…

Critique : 
Avec certains romans, il est facile de perdre la tête… On peut même dire qu’ici, des têtes vont tomber, au propre comme au figuré et pourtant, nous ne sommes pas à la Révolution française !

Hyde Park. Un endroit où il fait bon se promener, à pied ou à cheval. Sauf si on désire garder la tête sur les épaule !

Parce que dans ce parc, on risque de subir le même sort qu’Anne Boylen… Un homme décapité dans une barque, un autre dans le kiosque à musique.

L’enquête piétine et le fraichement promu commissaire Pitt ne sait plus où donner de la tête, sans compter que s’il ne résout pas ces meurtres, il risque de voir la sienne tomber car dans les rues de Londres, la peur grandit, attisée par la harangue de certains politiciens.

Ce que j’aime le plus, dans les enquêtes de Thomas Pitt, c’est de découvrir des pans entier de la vie londonienne, et pas uniquement ce qui se passe dans les salons lambrissés des dames de la Haute à l’heure du thé…

Non, l’auteure nous fait découvrir toute la vie de l’époque victorienne (1888 et après) : les proxénètes, les prostituées, les ouvrières dans les usines où elles sont exploitées, la politique, les droits des uns, les prérogatives des autres, les non-droits d’une certaine partie de la populace…

Pas besoin de me taper la lecture d’un pavé insipide et indigeste sur la vie à l’époque de Sherlock Holmes, il me suffit d’ouvrir un livre avec Thomas et Charlotte Pitt.

Les femmes ne peuvent pas voter ? Les Lords peuvent siéger à la chambre de par leurs « origines » ? D’autres doivent se faire élire ? Le tout est incrusté dans le roman parce que l’on suivra Jack Radley, le beau-frère de Charlotte, qui se présente aux élections.

Sans oublier les croyances de certains… « Si meurtre il y a eu, ce ne peut être que l’œuvre d’un fou ». « Les femmes ne sont pas capables de penser et encore moins de voter », « Les flics sont incompétents »…

– Ce que veulent les gens, c’est qu’une solution soit trouvée.
– Laquelle ? Ils espèrent qu’il s’agit d’un fou échappé de l’asile de Beldam, que nous pourrions tous condamner, sachant qu’il n’a rien en commun avec nous ! rétorqua-t-elle, en tournant rageusement sa cuillère dans sa compote. Je ne vois pas pourquoi Thomas serait à blâmer.
– Emily, ma chérie, depuis que le monde est monde, les gens ont blâmé le messager pour le contenu du message dont il est porteur. Et ils le feront encore.
– C’est de l’infantilisme.

Toutes les infos sont incluses dans le texte, ce qui fait qu’on s’instruit tout en se divertissant.

L’enquête est un peu plus lente, mais elle est égayée par de multiples cadavres, par le commissaire Pitt qui a du mal dans sa nouvelle fonction et par sa femme qui doit décorer leur nouvelle maison. Bref, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.

Par contre, bien avant Pitt, j’avais compris une chose importante et trouvé un coupable. Mais je n’avais pas vu l’autre astuce…

Lire Anne Perry est toujours un plaisir, du moins, lorsque Thomas Pitt est inspecteur ou commissaire.

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), du Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste et, last but not leaste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

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19 réflexions au sujet de « Le bourreau de Hyde Park : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 14] »

  1. Ping : Le bourreau de Hyde Park | des livres, des livres !

    • Super vite ! 100 pages le vendredi (avec un peu le jeudi soir) et tout le reste samedi (PC éteint).

      J’avais deviné la petite astuce, c’est vieux comme le monde, je l’ai déjà utilisée moi aussi (pas en vrai, hein, mais dans une histoire). Bref, le truc est éculé mais ça marche toujours.

      Oui, l’important est ailleurs, avec les livres de cette auteure. 😉 c’est pour cela que je les lis, aussi.

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  2. Quand on lit beaucoup de romans policiers, je pense qu’on tombe inévitablement de temps en temps sur des astuces utilisées par plusieurs auteurs. Dans cette aventure j’ai préféré la fin, qui m’a semblé plus dynamique, au début et je suis un peu perplexe vis-à-vis de l’un des motifs mais ça reste un bon moment de lecture dans l’ensemble.
    Je ne savais pas que tu écrivais.

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    • Oui, le motif est un peu « léger » mais bon, si tous les assassins avaient des mobiles en béton armé, il ne resterait plus de place à la connerie ou les motifs futiles… Les romans policiers seraient monotones 😆

      La fin est assez dynamique, en effet, mais je ne lis pas les Anne Perry pour leur dynamisme, c’est plus pour apprendre un peu plus sur l’époque de mon détective préféré, Sherlock Holmes 😉

      De toute façon, le monde tourne toujours de la même manière et les hommes restent des hommes (dans le sens d’humains) et leurs motivations restent les mêmes. Rien de neuf sous le soleil. Quand il s’agit de noyer le poisson, c’est intemporel 😆

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  3. Les polars historiques, pas trop ma tasse de thé.
    Du coup, je préfère aller au pub prendre quelques pintes.
    Et puis, j’y trouverais aussi son lot de politiciens malsains, d’ouvrières exploitées, de putes et proxénètes. Finalement, les époques ne changent pas, seuls les pintes s’écoulent.

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    • Non, les époques ne changent pas, on a inventé les syndicats et les droits des travailleurs, mais si le patron veut t’exploiter, il le fera… ne nous reste plus qu’à aller écluser des pintes sans mousse au pub du coin et tailler un bout d’gras avec les pérep… les puéri… les pépérapi… ho merde, avec les putes !

      Hé, mon Bison, pousse-toi un peu, j’ai plus de place pour m’accouder au comptoir ! Allez, faites péter la Guiness !

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  4. J’avais lu L’étrangleur de Cater Street et j’avais bien aimé (sans que ce soit pour autant un coup de cœur !), ta critique me rappelle que je voulais lire les autres et me donne envie de m’y remettre ! :p

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    • Je les ai lu surtout pour en apprendre un peu plus sur l’époque victorienne, époque que j’apprécie mais dont Conan Doyle parle peu dans les Sherlock Holmes.

      Donc, je me suis faite l’intégrale de Perry (quasi tout acheté, mais pas encore tout lu) et je les étale sur les années… lu l’étrangleur en 97-98… ça fait longtemps que je fais durer la chose ! 😀

      Bonnes lectures, alors 😉

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