La Clé de verre : Dashiell Hammett

Titre : La Clé de verre                                       big_3

Auteur : Dashiell Hammett
Édition : Folio Policier (2009)

Traducteurs : Nathalie beeunat & Pierre Bondil (Nouvelle traduction intégrale)

Résumé :
Le sénateur Ralph Henry est candidat à la mairie. À la veille des élections, son fils est découvert assassiné dans la rue. Des lettres anonymes, puis la presse, accusent l’influent politicien Paul Madvig, principal soutien du sénateur dont il doit épouser la fille Janet.

Alors que la guerre reprend entre les gangs pour s’assurer le contrôle de la ville, Ned Beaumont, collaborateur de Madvig, s’efforce d’innocenter son ami.

Avec des méthodes souvent brutales, il s’improvise détective pour démêler le vrai du faux dans une ville rongée par la corruption.

Roman noir par excellence, « La clé de verre » décrit l’obscénité de la manipulation, et son corolaire, la trahison.

Critique : 
Un autre roman noir de lu, un de plus… Cette addiction est sévère et mon médecin m’en a prescrit beaucoup pour le bien de ma santé mentale. En « traduction intégrale », pour bien faire, ce que je fis avec ce roman nouvellement traduit correctement !

Dashiell Hammett, je le connaissais de par « Moisson Rouge », alors je me suis lancée sur cet autre roman noir qui se passe dans le milieu politique et ses quelques magouilles…

Qui a tué le fils du sénateur Henry ? Nul ne le sait, pas même Ned Beaumont qui l’a trouvé gisant raide mort dans une ruelle sombre.

Pourtant, tous les regards se tournent vers Paul Madvig, le politicien qui tire les ficelles de la ville et principal soutien du sénateur dont il doit épouser la fille Janet.

Ned, bras droit (et gauche) de Madvig n’y crois pas trop et il décide d’enquêter à sa manière, qui est loin d’être très catholique…

Oubliez les enquêteurs classiques et traditionnels, munis d’une loupe et de petites cellules grises. Nous sommes dans un roman noir et l’enquêteur est aussi véreux que son politicien d’employeur.

L’atmosphère de cette Amérique des années 30 est sombre, remplie de magouilles, de guerre des gangs pour avoir la main mise sur la ville. On patauge dans les jeux politiques, toujours ambigus, on nage dans la corruption, on côtoie les gangsters, on s’amuse dans les tripots avec des jeux de hasard… On boit de l’alcool et on se prend quelques coups dans la tronche.

L’auteur ne nous épargne rien dans son récit : si Ned boit un verre ou dévore une omelette au bacon, on le saura. Idem s’il mâchouille un cigare.

Les protagonistes, nombreux, seront découverts au fur et à mesure, lorsqu’on suivra l’enquête de Ned Beaumont. Ils sont tous sombres et il n’y en pas un pour relever l’autre.

Nous sommes dans une sorte d’intrigue policière mâtinées de joutes politiques pour le pouvoir, où tous les coups, surtout les bas, sont permis. Niveau castagne, ça bastonne à fond, le tout sur fond d’histoires d’amour compliquées et de trahisons en tous genres.

Une écriture au cordeau, sans fioritures, brute de décoffrage et pour la première fois dans sa traduction intégrale. Avec un final assez « étrange », mais inattendu.

Pour ma part, j’ai préféré « Moisson Rouge »… mais ceci n’est que mon avis. En tout cas, si vous voulez découvrir le fameux « hard boiled », ce livre en fait partie.

Moi, je compte bien découvrir aussi « Le faucon Maltais » du même auteur.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre et Le « Challenge US » chez Noctembule.

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Les Quatre de Baker Street – T2 – Le dossier Raboukine : Djian,Legrand & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 2 : Le dossier Raboukine

Scénaristes : Jean-Blaise Djian et Legrand Olivier
Dessinateur : Etien David
Édition:  Vents d’Ouest

Résumé :
Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié.

Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes.

Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar…

Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand.

On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

Critique :
C’est toujours un plaisir pour moi que de relire la collection des « Quatre de Baker Street » et puisque j’ai acheté le tome 5, je me suis dit que ce serait une excellente idée que de les relire tous d’un coup.

Mon avis reste le même au fil des relecture : ma première impression avait été bonne tant l’album, les dessins, l’aventure, le scénario et l’ambiance de la bande dessinée m’ont plu. Il ne change pas au fil des années.

Dans ces albums dédiés au Francs-tireurs de Baker Street, pas de Wiggins en chef de bande composée d’une dizaine d’enfants déguenillés, non, juste trois gamins et… un chat. Nous suivons donc l’aventure qui est arrivée à Billy (William Fletcher), Charlie (vous découvrirez son petit secret) et l’Irlandais Black Tom (le monte-enl’air), sans oublier le chat, prénommé Watson.

Au menu du tome 2 : des complots politiques, mélangés à des crimes sordides copiés sur ceux de l’éventreur de Whitechapel (nous l’appellerons « Jack »), agents doubles ou traîtres à leur cause pour protéger leurs familles, manipulations de preuves, haines des russes,…

Tous les ingrédients « habituels » (ou récurrents) sont réunis dans ce deuxième tome, mais contrairement aux albums d’une autre série dont j’ai déjà publié les critiques sur mon site (ceux de Bédétectives), ici, la sauce prend et on se plaît à suivre leurs aventures pour aider la jolie demoiselle à innocenter son ami russe, qui, de par ses « meetings politiques » aurait voulu faire changer les choses de son pays à partir de l’Angleterre.

L’avantage de la bédé, c’est que l’on découvre Londres à cette époque, ses rues chics, ses ruelles mal famées, sa misère, sa richesse et toutes les petites choses du peuple que l’on ne voyait jamais dans les livres d’Arthur Conan Doyle. Ici, le tome est plus axé sur la politique, la future révolution russe et l’Angleterre qui était une terre d’accueil pour les immigrants qui avaient fui la Sainte Mère Russie.

Sans oublier aussi le côté « racistes » des gens qui aimaient bien mettre leurs malheurs sur le dos d’une populace, étrangère, bien entendu. Les auteurs ont bien rendu ce travers des gens qui ont toujours trouvé plus commode d’accuser l’Autre plutôt que de se dire que la faute en incombe au Gouvernement ou à nous-même.

Les gamins sont attachants, surtout Billy qui aimerait par-dessus tout ressembler à Holmes (absent de Londres, en déplacement à Vienne pour une affaire concernant un stradivarius volé) et même le chat a son utilité. Ils ont tous leur talent propre et Tom est un virtuose du cambriolage et des promenades sur les toits.

Bref, on ne s’ennuie pas en lisant, c’est plein de péripéties, de bas-fonds londoniens, de méchants qui sont de vrais salopards, de coups fourrés, le langage des gamins est adapté à leur provenance et c’est amusant de voir Billy traduire le langage « correct » en langage des « rues » pour ses copains.

Ils sont malins ces gosses, roublards et s’en sortent très bien, même s’ils ont frôlé la mort. Avec eux, c’est « un pour tous et tous pour un », comme les Mousquetaires qui étaient du même nombre (faut pas oublier le chat, hein !). Ils sont attachés l’un à l’autre et ne doivent leur survie que parce qu’ils se serrent les coudes.

Holmes a raison quand il dira que les agents de l’Okhrana auraient dû se méfier, car on ne badine pas avec ses Francs-tireurs de Baker Street. Les gamins sont heureux de l’écouter, devant un plateau de petits gâteaux de madame Hudson (elle aussi n’est pas une caricature).

Bien entendu, puisque c’est les aventures des « Quatre de Baker Street », on verra très peu de Holmes ou de Watson, sauf à la fin. Le peu que j’ai vu de Watson m’a fait plaisir car il est mince, bien dessiné et n’est pas une caricature.

Pour Holmes, cela reste un mystère car on ne voit pas son visage. Soit sa main est devant, soit il est dans l’ombre. Une chose est sûre, il est très mince…

C’était le hasard et la curiosité qui m’avaient fait attraper cette bédé dans le rayon. Je l’avais achetée pour la découvrir et je n’ai jamais regretté mon choix ! Toujours un très bon moment de lecture. Conquise j’étais, conquise je reste.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.