Jack The Ripper – 1. Petite histoire de l’East End

Jack l’Éventreur (en anglais, Jack the Ripper) est un tueur en série qui vécut à Londres à la fin du XIXe siècle, dont l’identité n’a jamais pu être établie.

Il assassina au moins cinq prostituées du quartier pauvre de Whitechapel, à Londres en 1888.

Pour une raison inconnue, j’ai toujours été fasciné par l’histoire de Jack l’Éventreur.

La grosse part de mystère qui l’entoure y est sans doute pour quelque chose. Son identité n’ayant jamais été dévoilée, la porte est ouverte à nombre infini de suppositions.

De plus, il est le « premier » serial killer… bon, pas le tout premier, premier, mais celui dont on a le plus parlé en tout cas !

Sans oublier que cette affaire se déroula en Angleterre, durant l’époque victorienne qui m’est chère et qui, tout en voulant se donner une apparence de stricte moralité, laissait se dégrader des quartiers entiers et crever dans la misère la plus noire toute une partie de sa populace…

Londres… 1888 fut l’année de la terreur que fit régner celui qu’on considère comme le premier serial-killer des temps modernes. Durant deux mois, 5 prostituées furent tuées de manière assez violente par un inconnu dont on ne sait pas grand-chose, hormis qu’il a disparu vers la mi-novembre sans laisser de trace…

Il les a égorgées et mutilées avec une violence rare, et s’est réellement déchaîné sur sa dernière victime, qu’il a mise en charpie.

♫ Son nom, il le signe à la pointe de son couteau… ♪

Oups, je me trompe de générique !

Son nom ? Jack l’Éventreur…

Malgré le long travail de la police, il n’a jamais été arrêté. Les théories les plus folles courent encore sur son identité, et passionnent des centaines de « Ripperologues ».

D’innombrables livres et films ont été produits à son sujet, offrant chacun « la » solution de l’énigme… qui ne sera sans doute jamais connue.

Sûr et certain que si l’Éventreur avait commis ses crimes plus tard, on l’aurait sans doute appréhendé, mais en 1888, la science criminelle est balbutiante, imprécise, impuissante…

On est loin des techniques modernes de nos jours ou des séries policières qui vous sortent des résultats ADN plus vite que la machine de Georges ne vous verse un café.

Les empreintes digitales ne sont pas utilisées et certains pensent que l’image du tueur est fixé dans la rétine du mort. Oui, oui, ils étaient sérieux ceux qui disaient que sous le coup de la violence, la rétine imprimait les dernières images tel le film sensible d’une pellicule photographique.

D’ailleurs, le docteur Auguste Gabriel Maxime, médecin français, recommandait de photographier l’œil dégagé de son orbite et débarrassé son cristallin.

En 1901, Jack aurait eu du mal à s’en sortir s’il avait laissé l’empreinte d’un de ses doigts parce que le premier département d’études des empreintes digitales s’est installé à Scotland Yard cette année là.

Mais commençons par le commencement…

La population de Londres était déjà de 5 million d’habitants à cette époque là.

Londres connait un essor industriel et la ville s’est considérablement agrandie, le tout au détriment des quartiers pauvres, tel l’East End et Whitechapel où croupit dans la misère, l’alcool et la prostitution ce que Jack London appellera « Le peuple de l’abîme » (il tirera de cet enfer un reportage qui fera date, d’ailleurs).

Whitechapel, c’est la pauvreté crasse, profonde. Des maisons dont les murs s’écroulent, des taudis où tout le monde s’entasse.

Il y a 900 000 personnes qui vivent dans des taudis infâmes… C’est de l’ordre de 30 à 40.000 personnes au km2.

La mortalité infantile est sévère dans ces quartiers, 55% des enfants ne dépassent pas l’âge de cinq ans.

Les femmes étaient souvent exploitées, mal payées et obligées de faire des heures supplémentaires. Beaucoup de femmes (seules ou avec des enfants), pour subvenir à leurs besoins ou tout simplement survivre, sont obligées de vendre leur corps pour la modique somme de 2 pences.

À l’époque, un pain coûtait 4 pences. Oui, messieurs, c’est comme si maintenant, aller chez les putes ne coutait pas plus cher qu’1€ !

Je dois aussi vous signaler que j’ai entendu un autre tarif avec un qui parlait de l’expression utilisée pour ces passes « Les trembleurs de genoux à 6 pences »… En tout cas, elles auraient gagné bien plus d’argent dans les maisons de passe de l’Ouest !

Anybref… Ces quelques sous récoltés permettaient surtout de gagner en une nuit l’équivalent d’une semaine de salaire d’une simple ouvrière et de s’en sortir.

Les prostituées travaillaient directement dans la rue, sombraient très souvent dans l’alcoolisme et ne devaient qu’à la chance d’éviter les maladies vénériennes (la syphilis, notamment).

Malgré de nombreux efforts de renouvellement urbain et l’amélioration des conditions de vie entraînées par l’immigration juive, Whitechapel était toujours un quartier pauvre et criminel.

Dans la misère des habitations surpeuplées, dans les ruelles sombres et étroites, le meurtrier de Whitechapel avait trouvé l’endroit parfait pour tuer car les putes sont des proies faciles. Du fait de leur métier, elles se laissent facilement approcher.

Une prostipute avait 18 fois plus de chance d’être victime d’un homicide…

Elles n’ont pas de logement et même si certaines s’offrent parfois un lit, la majorité exerce sur les trottoirs. Des proies faciles, donc.

À suivre…

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17 réflexions au sujet de « Jack The Ripper – 1. Petite histoire de l’East End »

  1. Ping : Petit monologue sur demande | Des Saisons en Séries

  2. On voit que tu as bien potassé ton sujet. J’ai lui beaucoup sur ce brave Jack (The Ripper pas Daniel’s) dans ma jeunesse (enfin pas trop jeune non plus sinon j’vais passer pour un psychopathe en puissance). Merci pour ce rafraichissement de mes neurones défaillants 🙂

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    • et je précise que je n’ai pas potassé mon Jack en buvant du Daniel’s ! 😀

      Nous sommes tous des psychopathes en puissance ! Mais personne ne s’en est encore rendu compte dans notre entourage ! 😉

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  3. Ping : Billet récapitulatif du mois anglais 2014 | Plaisirs à cultiver

  4. Un article très intéressant. Je pense que le fait que l’affaire n’ait jamais été résolue l’entoure d’un mystère qui « fascine » un peu, les Landru et autres ne sont pas tombés dans l’oubli mais l’affaire est close et avec l’intérêt général.
    Londres est une ville qui fascine aussi je pense et cela ne doit pas y être étranger.

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  5. Ping : Le Mois Anglais is back the 1er juin : check-list et liste définitive ! | The Cannibal Lecteur

  6. Ton article est très intéressant, on voit que tu connais bien ton sujet. Comme toi, je trouve ce Jack assez fascinant d’un point de vue historique, ses meurtres en disent long sur l’époque

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    • Il a résisté à tout : flics, comités de vigilance, experts, aux chiens, aux journalistes, aux témoignages des voisins… à tout, même à deux chiens 😀

      De plus, nous étions dans une Londres binaire (comme était le monde) : les splendeurs pour les uns et le caniveau pour les autres.

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  7. Ping : Billet récapitulatif I love London | Plaisirs à cultiver

  8. Ping : Le "Mois Anglais 2014" : Bilan de mes publications | The Cannibal Lecteur

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