Jack The Ripper – 4. Deuxième victime : Annie Chapman

Comme vu précédemment, le premier meurtre ne déchainera pas « vraiment » les passions chez la maison Poulaga…

Par contre, la presse va commencer à s’enflammer une semaine après le meurtre sauvage de Nichols. Oui, une semaine pour réagir… je sais, je sais !

Nous sommes le 8 septembre 1888, c’est un samedi. Dans ce petit matin blafard et froid, un homme découvrit le corps d’une femme, juste après 6h du matin, dans une petite cour au numéro 29 de Hanbury Street.

Sa robe avait été relevée au-dessus de sa taille et elle avait été éventrée.

Que les âmes sensibles aillent vérifier leurs patates sur le feu, parce que la suite est moins poétique.

La tête de ce qui se révélera être Annie Chapman est presque détachée du tronc. Le meurtrier avait profondément coupé sa gorge de gauche à droite, dans le but de la décapiter.

Son ventre est béant et ses intestins sont placés sur son épaule gauche.

Niveau viscères, il manque à l’appel l’utérus, les deux tiers de la vessie ainsi que la partie supérieure du vagin. Les mutilations abdominales avaient été faites après la mort et une grande quantité de sang avait coulé autour d’elle.

[Fin des descriptions]

À ses pieds, on découvrit quelques pièces de monnaie et une enveloppe en papier portant la date du 28 août. On trouva également un tablier en cuir à côté de détritus.

Toutes personnes ayant des informations de première fraicheur est priée de se présenter au commissariat le plus proche, merci.

Annie Chapman, dite « Dark Annie » avait 47 ans. Née Eliza Ann Smith en septembre 1841 à Londres, mariée à John Chapman en 1869, elle était mère de deux filles et d’un fils invalide.

Annie était une prostituée sans logis, dormant dans les asiles de nuit lorsqu’elle avait assez d’argent. Si pas assez de fric, elle errait dans les rues à la recherche de clients qui lui donneraient quelques pièces pour se nourrir et se loger.

On ne peut pas dire qu’elle était jolie, elle avait un visage peu avenant et des dents pourries.

La nuit de son trépas, vers 2h du matin, un peu éméchée, elle avait été chassée de l’asile de nuit, car elle ne pouvait pas payer son lit. Elle croisa ensuite la route de celui qui lui fit accomplir le grand voyage vers son Créateur.

Annie ne le savait pas, mais elle avait la tuberculose. Elle s’était déjà sentie mal et l’avait signalé à une amie. Malgré tout, elle devait se faire quelques clients pour avoir de l’argent et dormir dans un des asiles de nuit.

Sa dépouille fut incinérée le 14 septembre 1888 à Manor Park.

Quelqu’un a-t-il vu ou entendu quelques chose la nuit de son meurtre ??

Bof, pas vraiment… Un témoin habitant de l’immeuble, affirma avoir entendu une femme crier « Non » à 5h20, mais avoua n’avoir pas eu le courage de regarder par la fenêtre.

Sur ce coup-ci, le tueur a été couillu, prenant un risque énorme en tuant Annie Chapman à cet endroit précis ! Dix-sept personnes habitaient là, dont 5 possédaient des chambres avec vue sur la scène du crime. Et certains avaient laissé leur fenêtre ouverte.

Personne n’avait rien vu ou presque rien d’exploitable. Incroyable, mais vrai.

Le risque de se faire surprendre était grand, avec le marché de Spitalfields qui ouvrait à 5h du matin et beaucoup de gens qui étaient déjà présents avant cette heure afin de préparer leurs étalages.

Pire : les rues autour du marché étaient remplies de véhicules commerciaux qui livraient leurs marchandises au marché.

Toutefois, personne n’avait entendu de bruit suspect, ni de cris, et personne n’avait vu qui que ce soit avec du sang sur ses vêtements ou un couteau à la main. Rien, que dalle !

C’est le Docteur George Bagster Phillips, chirurgien travaillant pour la police, qui fut appelé sur les lieux.

Annie Chapman devait avoir été assassinée deux heures auparavant, vers 4h du matin, selon son estimation.

Le fait qu’aucun résident ne l’ait entendu crier pouvait s’expliquer par le fait qu’elle avait sûrement été étranglée jusqu’à ce qu’elle perde conscience, puis égorgée et mutilée. Les incisions étaient nettes et précises.

Selon Phillips, ces mutilations étaient le travail d’un expert, ou du moins, quelqu’un ayant des connaissances en anatomie ou en examen pathologique. Cela éliminait les équarrisseurs et les bouchers.

Toujours selon le légiste, le tueur savait où trouver ce qu’il voulait comme organes, quelles difficultés il allait devoir contourner et comment il devait utiliser son couteau pour extraire les organes sans les abîmer.

Un tel travail avait dû demander au moins une heure, et en tout cas plus de 15mn (un témoin affirma avoir vu Annie Chapman vivante à 5h30 précise et son corps fut découvert à 6h00). Selon le Coroner Baxter, l’assassin était sans doute  » un habitué des salles d’autopsies« .

Niveau témoignages, le lendemain, une petite fille informa la police qu’elle avait vu, quelques maisons plus loin, une flaque de sang : les policiers déclarèrent qu’il s’agissait probablement d’une trace laissée par le tueur alors qu’il emportait les organes prélevés sur la victime.

Les enquêteurs discutèrent avec les amies et « collègues » d’Annie mais ne trouvèrent aucun suspect ni aucun mobile cohérent.

Quelques jours plus tard, les policiers arrêtèrent un boucher juif du quartier, John Pizer, en se basant sur le fait qu’un morceau de tablier de cuir aurait été retrouvé sur les lieux du crime.

Il fut toutefois rapidement établi que ce morceau de cuir n’avait aucun lien avec le crime : il appartenait à un locataire de l’immeuble, qui l’avait lavé et mis à sécher.

Pizer fut cependant incarcéré pendant deux jours, afin de permettre à la police de le disculper aux yeux de la foule qui voulait le lyncher.

À partir de ce moment, l’assassin fut qualifié de dément fanatique ou de maniaque sexuel, sans aucune connaissance en anatomie.

Niveau indices et témoignages,  Elizabeth Long affirma avoir vu la victime discutant avec un homme portant un chapeau de chasse et un long manteau sombre.

Bien qu’ayant vu l’homme discutant avec Annie Chapman de dos, elle le décrivit comme ayant une quarantaine d’années, pas très grand et semblait être un « étranger ». Il fut dit également qu’il boitait.

Tout comme l’avait fait à l’époque le coroner Baxter, certains ripperologues rejettent l’estimation de l’heure de la mort faite par le Docteur Phillipscar le médecin avait estimé l’heure de la mort NON PAS grâce à la température intérieure du corps (prise dans le rectum ou le foie), mais en touchant le corps et en observant la “rigor mortis”.

Tout qui a vu un épisode des « Experts » ou lu un livre avec la légiste « Kay Scarpetta » sait que plusieurs facteurs peuvent  contribuer à une perte rapide de la chaleur du corps.

Hors, nous le savons, le matin du 8 septembre était froid et la robe d’Annie était relevée pour exposer ses jambes, sans parler de son abdomen qui avait été complètement ouvert à tous les vents. Ajoutons aussi qu’elle avait perdu beaucoup de sang.

Selon ces éléments, Annie aurait été tuée APRÈS et non avant 4h30.

Vous suivez toujours ?? Moi, j’avais déjà englouti deux tubes d’aspirines à ce stade là !!

Un coup de théâtre se produira le 27 septembre avec une lettre qui arrivera à l’agence de presse « News Agency ». Tadâââââmmm !

Dit ainsi, ça à l’air banal, mais sachez que cette lettre était écrite à l’encre rouge (du sang ?), avec une légère inclinaison sur la droite et était signée « Votre dévoué Jack L’Éventreur ».

À suivre…

Black Butler – Tome 4 : Yana Toboso

Titre : Black Butler : Tome 4                                    big_3

Scénariste / Dessinateur : Yana Toboso
Édition : Kana (2010)

Résumé :
A Londres, Ciel Phantomhive et son fidèle majordome, Sebastian, enquêtent sur une affaire qui défraie la chronique et éclabousse la royauté: des bourgeois et des nobles revenant des Indes sont agressés les uns après les autres.

En pleine mission, Ciel et Sebastian rencontrent un jeune Indien, Soma Asman Kadâr, qui affirme être de sang royal… Une rivalité en gants blancs va naître entre Sébastian et l’irréprochable majordome au service du prince !

 

Critique : 
Mais qui s’permet ?? En voilà une autre sale affaire à résoudre à Londres : des bourgeois et des nobles revenant des Indes sont agressés les uns après les autres. Pendus par les pieds, en plus.

Ces agressions défraient la chronique et éclaboussent la royauté (pas éclaboussé au sens premier du terme, tout le monde sait que les pendaisons par les pieds éclaboussent moins qu’un massacre à la tronçonneuse).

« Ciel Phantomhive et Sebastian, cette mission est pour vous, si vous l’acceptez… Ce télégramme s’autodétruira dans 5 secondes ».

Ce tome m’avait étonné lors de ma découverte et il continue à le faire.

Nous voici partis sur une enquête « banale » dans le but de résoudre des agressions suspectes sur des bourgeois anglais ayant été aux Indes…

L’inspecteur Abberline ne s’en sort pas et la reine Victoria envoie son chien de garde, Ciel, s’occuper de l’affaire. Jusque là, rien d’anormal, vous me direz.

C’est ensuite que tout part dans tous les sens puisque nos deux compères croisent la route de Soma Asman Kadâr, qui se dit être un Prince Indien.

Un drôle de type, lui. Assez fantasque et changeant d’avis aussi vite que le vent. Un jeune homme gâté, très superficiel en somme qui pense que tout lui est dû. Il est à la recherche d’une jeune femme…

Là où la rencontre est intéressante, c’est que Sebastian tombe sur Aghni, le serviteur du prince et que ce dernier est aussi fort que lui… alors qu’il est humain ! Cela l’intrigue fortement.

L’enquête sur les pendus par les pieds piétine un peu mais ensuite, tout est à l’arrêt avec l’arrivée impromptue et non souhaitée du prince Soma dans la maison londonienne de Ciel. Cela donnera lieu à des situations cocasses, drôles aussi, mais à la fin, ça devenait lourdingue.

Heureusement que cela repart de plus belle et que nous avons l’explication du pourquoi des pendaisons, ainsi que le nom du coupable et de son complice ! Mhouhahahaha, je ne dirai rien !

Là où ce tome est intéressant, c’est que l’on en apprend plus sur la famille de Ciel et notamment sur ses liens qui l’unit avec la famille royale d’Angleterre : des réponses en plus à mes questions !

Sans parler d’un passage qui ressemble à sa rencontre avec son diable, lorsqu’il était au plus mal. Mais nous n’avons droit qu’à des bribes d’informations.

Le prince indien Soma est un personnage que j’ai peu apprécié, trop surfait, et super chiant, une sorte d’enfant gâté. Un bon point pour lui à la fin du tome, la carapace se fendille un peu.

— Il y a des choses qu’on ne peut jamais retrouver, même en se débattant de toutes ses forces. Il y a aussi des désespoirs dont on ne peut jamais sortir.

Mais il restera toujours un type épuisant et j’ai été contente que Sebastian lui remonte les bretelles.

— Vous vous trouvez ici, en Angleterre, dans la résidence du comte Phantomhive. Vous n’êtes ni dans votre pays, ni dans votre château. Ici, vous n’avez pas le droit de me donner des ordres ! Vous n’êtes qu’un gosse ! Un enfant impuissant qui ne peut rien faire sans Aghni ! Pourtant, même Aghni, votre planche de salut, vous a trahi.
— C’est vrai, je n’ai plus rien, j’ai tout perdu.
— Perdu ? Votre délire de persécution est ahurissant ! Vous n’avez rien perdu car vous ne possédiez rien au départ ! Le rang que vous ont donné vos parents, le château que vous ont donné vos parents, les serviteurs qui vous ont donné vos parents… dès le départ, vous n’avez jamais rien possédé.

Par contre, j’ai bien aimé Aghni, son majordome et bras droit. À se demander ce que cet homme fait au service d’un mégalo et immature comme le prince. On le saura à la fin de ce tome…

Aghni a fortement perturbé Sebastian car il s’est trouvé face à son égal point de vue compétence, mais à la différence que Agnhi est humain, lui ! De plus,  il arrive à tirer quelques chose des bras cassés que sont les trois membres du personnel.

On ressent un plaisir sans nom à voir Sebastian cherchant à deviner d’où l’autre majordome tirait une telle force.

Quelques bons points, mais un peu en deçà des trois premiers tomes. Lors de ma première lecture, j’avais tout de même hâte de voir ce que la suite allait me réserver et je sentais bien qu’on allait nous parler de cuisine avec la confection de curry !

— Vous ne connaissez pas le vrai curry ! Ce sont les épices qui font un vrai curry. Il faut choisir les épices parmi plusieurs centaines de variétés, les doser et les mélanger pour déterminer le goût, le caractère piquant, le parfum du curry… qui varient à l’infini. Le choix est illimité. Préparer le meilleur curry est comme trouver la vérité dans l’immensité de l’univers.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.