Jack The Ripper – 6. Troisième victime : Elizabeth Stride

La police augmente ses effectifs ainsi que la fréquence des patrouilles dans Withechapel, car dans le quartier, c’est la panique à bord. Les habitants organisant eux-mêmes des comités de vigilance.

La reine Victoria, au fait de ces événements (elle lit le journal, elle, pas comme les autres dames de la haute qui ne peuvent lire que le courrier mondain), écrit à son Premier Ministre lui demandant de faire quelques chose, proposant même d’installer l’éclairage dans ces quartiers sordides (ce qui sera fait plus tard, merci Jack).

Rien n’y fait…

Le 30 septembre 1888, Jack fait une nouvelle victime à son tableau de chasse.

1h du mat’ (♫ j’ai des frissons, Je claque des dents et je monte le son ♪) et un vendeur ambulant, sans doute fatigué, remise sa carriole dans la cour du Club éducatif des travailleurs étrangers (ça s’invente pas, ça !) quand son canasson fait un écart (pas con la bête, il a senti l’odeur, lui !).

L’homme sort son Zippo… heu, une allumette, tout en jurant sur son animal qui a fait un stupide écart et qui lui a écrasé le pied (là, je « fictionne » un peu, mais à chaque écart d’un de mes chevaux, c’est toujours mon pied qui a trinqué).

Pétrifié qu’il est resté notre brave homme en voyant le cadavre d’une femme.

Quelques minutes plus tard, le policier Henry Lamb arriva avec un collègue. Le visage de la femme était encore tiède, mais elle était morte.

Il semblait qu’elle ne s’était pas battue avec son agresseur et ses vêtements n’étaient pas relevés. Le collègue de Lamb alla chercher un médecin et revint avec le docteur Frederick Blackwell.

Ce dernier remarqua que la femme était allongée sur le côté, les jambes tendues. Son corps était encore tiède, excepté ses mains : elle était morte peu de temps auparavant.

On apprendra plus tard que c’était le cadavre d’Elizabeth Stride, dite « Long Liz » à cause de sa grande taille. Elle était suédoise et avait 45 ans.

Elle vivait avec un ouvrier nommé Michael Kidney depuis 3 ans et était appréciée des gens. Se prostituant rarement, elle gagnait sa vie en faisant de la couture ou des ménages.

Il lui arrivait aussi de se saouler et elle se mettait à crier et à insulter les gens. Elle avait déjà été arrêtée pour ce genre de fait.

« Long Liz » avait quitté son asile de nuit dans la soirée et n’avait dit à personne où elle allait. Si elle allait quelque part, elle n’y arriva jamais.

Le docteur Phillips, médecin de la police, arriva rapidement sur les lieux du crime. Blackwell et lui estimèrent l’heure de la mort entre 00h36 et 00h56…

Le Dr Phillips affirma qu’elle était morte de ses blessures à la gorge. Il n’y avait aucun signe de strangulation, mais le tueur avait pu tirer Liz vers lui par son écharpe, puis lui couper la gorge.

Et oui, madame n’est pas mutilée !! Son cou avait juste été coupé d’un côté à l’autre, profondément.

Pourquoi ne m’a-t-il pas éventrée et mutilée ? Serait-ce un crime accompli par un autre ?

L’assassin aurait-il été dérangé par l’arrivée impromptue de la carriole et du canasson accompagné de son maître ?? C’est fou ça, on n’est jamais tranquille nulle part pour finir sa besogne correctement ! Un comble, pour un serial killer…

Fâché d’avoir été ainsi dérangé, Jack prit ses cliques et ses cloaques et se vengea sur une autre dame de petite vertu.

Oui, m’sieurs dames, ce 30 septembre, il y eu deux cadavres de sa main !

Mitre Square… Cette grande place peu éclairée, située au centre d’un labyrinthe de rues étroites et d’impasses, était bordée de bâtiments commerciaux et d’entrepôts, et peu de gens y habitaient.

La nuit, lorsque tous les chats étaient gris et les commerces fermés, Mitre Square devenait un endroit sombre et isolé. Hou, tremblez pauvres fous ! Fuyez aussi !!

À suivre…

Jack The Ripper – 5. Les Lettres : « Dear Boss » – « From Hell » & « Saucy Jack »

Lettre "Dear Boss"

Lettre « Dear Boss »

 
Des lettres, Scotland Yard en recevra plus de 300 !

Un coup de théâtre se produit le 27 septembre 1888 avec une lettre qui arrive à l’agence de presse « Central News Agency ».

Dit ainsi, ça à l’air banal, mais sachez que cette lettre était écrite à l’encre rouge (du sang ?), avec une légère inclinaison sur la droite et était signée « Yours truly Jack the Ripper » autrement dit : « Votre dévoué Jack L’Éventreur ».

C’est la fameuse lettre « Dear Boss »… celle qui donnera son nom à l’assassin insaisissable !

La lettre s’adresse à un destinataire inconnu, désigné sous le terme de « patron » (« Boss ») qui fera penser à certains que la lettre s’adresse à Sir Charles Warren, préfet de la police (un compte à régler avec lui ??).

Mais elle pourrait tout aussi bien s’adresser au directeur de la « Central News Agency »… Personne ne le sait avec une certitude absolue.

Comme je le mentionnais plus haut, elle était écrite avec une encre rouge.

La lettre comportait aussi de très nombreuses fautes d’orthographe.

Volonté de se faire passer pour un illettré de manière délibérée ou écrite vraiment par un qui n’avait pas été à l’école très longtemps ?

Un post-scriptum avait été rajouté et écrit verticalement, comme vous pouvez le voir sur la photo publiée en haut.

L’éditeur considéra que la lettre était une fausse et ne la transmit pas de suite à la police (il le fera plusieurs jours après).

Cette lettre ne fut pas authentifiée comme étant de la main du tueur ; il est tout à fait possible qu’il s’agisse d’un canular ou une tentative d’accentuer le retentissement de l’affaire.

Les journalistes, surtout ceux de l’époque, n’en était pas à une près pour vendre leurs feuilles de choux et le sujet était diablement vendeur (ce sujet sera développé un peu plus tard, dans un autre article).

Certains disent que le lettre serait l’œuvre d’un journaliste du « Star », nommé Bert, qui souhaitait rendre ses articles plus « croustillants » en donnant un nom au tueur. Le tout est donc à prendre avec des pincettes.

Le pseudonyme « Jack the Ripper » est resté collé au tueur car Scotland Yard reproduisit plus tard cette lettre dans les journaux, espérant que quelqu’un reconnaîtrait l’écriture et permettrait ainsi d’identifier l’assassin.

Le mythe était né. Bien que, comparé à d’autres tueurs en série, Jack L’Éventreur n’a fait que peu de victimes. Cinq lui sont attribuées, et dans l’imaginaire collectif, il reste le « number one ».

Pourquoi ? Ce sera l’objet un prochain épisode ! Ici, nous parlerons des lettres qui furent envoyées à la police, ensuite.

La lettre intitulée « Dear Boss » fait donc partie du corpus de 350 envois postaux attribués – à tort ou à raison – à Mister Jack.

Vu la diversité des écritures et des styles, on peut sans aucun doute les classer toutes au rayon des canulars.

Seule une poignée de ces correspondances sont jugées « authentique ».

La lettre nommé « From Hell » et envoyée le 16 octobre en fera partie. Nous en parlerons un peu plus bas…

Texte de la lettre « Dear Boss » : la lettre comporte le message suivant (les fautes d’orthographe et les passages soulignés sont reproduits) :

« Dear Boss, I keep on hearing the police have caught me but they wont fix me just yet. I have laughed when they look so clever and talk about being on the right track. That joke about Leather Apron gave me real fits. I am down on whores and I shant quit ripping them till I do get buckled. Grand work the last job was. I gave the lady no time to squeal. How can they catch me now. I love my work and want to start again. You will soon hear of me with my funny little games. I saved some of the proper red stuff in a ginger beer bottle over the last job to write with but it went thick like glue and I cant use it. Red ink is fit enough I hope ha. ha. The next job I do I shall clip the ladys ears off and send to the police officers just for jolly wouldn’t you. Keep this letter back till I do a bit more work, then give it out straight. My knife’s so nice and sharp I want to get to work right away if I get a chance. Good Luck.

Yours truly
Jack the Ripper

Dont mind me giving the trade name

[Puis, écrit en vertical :] PS Wasnt good enough to post this before I got all the red ink off my hands curse it No luck yet. They say I’m a doctor now. ha ha »

Et en français, ça donne ça :
« Cher Patron,
J’entends toujours dire que la police m’a attrapé, mais ils ne m’auront pas de sitôt. J’ai bien ri quand ils ont fait leurs intéressants en déclarant être sur la bonne piste. Cette histoire de Tablier de Cuir n’est qu’une vaste blague. J’en ai après les putes et je n’arrêterai pas de les éventrer jusqu’à ce qu’on me boucle. Du beau travail, mon dernier boulot. Je n’ai même pas laissé à la fille le temps de couiner. Comment pourraient-ils m’attraper maintenant ?
J’adore mon travail et je veux recommencer. Vous entendrez bientôt parler de moi et de mes amusants petits jeux. J’ai gardé un peu du liquide rouge dans une bouteille de bière lors de mon dernier boulot afin de pouvoir écrire avec, mais c’est devenu épais comme de la colle et je ne peux pas l’utiliser. L’encre rouge fera l’affaire, je pense. Ha ha. Au prochain travail, je trancherai les oreilles de la dame et les enverrai aux officiers de police, histoire de m’amuser un peu. Gardez cette lettre sous le coude jusqu’à ce que je travaille un peu plus, après sortez-la. Mon couteau est si beau et si bien aiguisé que j’ai envie de l’utiliser tout de suite si l’occasion se présente.
Bonne chance. Cordialement,
Jack l’Éventreur
Ne m’en voulez pas d’utiliser un surnom.
[Puis, écrit en vertical :]
PS : Je n’ai pas réussi à poster ça avant de m’être débarrassé de toute l’encre rouge sur les mains. Vraiment pas de chance. Ils disent que je suis un docteur maintenant. ha ha. »

La traduction en français provient du jeu d’aventure « Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur ».

Autre coup de théâtre le lundi qui suivra le double meurtre du 30 septembre (article de demain, je ne spolie pas, on sait déjà qui est mort) : la « Central News Agency » recevra une autre lettre, postée le 1er octobre, et portant la même écriture…

Ce sera la « Saucy Jack » dont je vous parlerai un peu plus bas… (en-dessous de l’image de la lettre From Hell).

Bon, comme je le disais (et pas que moi, hein), au sujet des missives reçue : on marche sur des œufs et je me garderai bien de proposer une théorie quant à celles qui seraient bien du tueur ou pas.

En tout cas, toutes ces lettres, qu’elles soient vraies ou fausses, sont conservées aux Archives Nationales d’Angleterre.

Sophie Herfort, auteur de « Jack l’éventreur démasqué » les a toutes consultées, par exemple, comme de nombreux « ripperlogues » ou autres chercheurs.

Il est dit que la lettre nommé « From Hell », envoyée le 16 octobre, fait partie de celles que l’on considère de la main du tueur (mais je n’ai aucune preuve, hein !! Et parfois, on lit le contraire).

« From hell

Mr Lusk
Sor
I send you half the Kidne I took from one women prasarved it for you tother piece I fried and ate it was very nise. I may send you the bloody knif that took it out if you only wate a whil longer.

signed
Catch me when you Can Mishter Lusk ».

[TRADUCTION] « Monsieur, je vous envoie une moitié du rein que j’ai pris à une femme que j’ai gardée pour vous l’autre, je l’ai frite et mangée c’était très bon. Je pourrais vous envoyer le couteau ensanglanté qui l’a pris si seulement vous attendez encore un peu.

Signé Attrapez-moi quand vous pouvez monsieur Lusk. »

Cette charmante missive était accompagnée d’une moitié de rein humain lorsqu’elle fut délivrée à George Lusk, président d’un important comité de vigilance civile de Whitechapel.

Donald Rumbelow, ancien enquêteur et expert éventrologue, pense dur comme fer que la lettre est bien du tueur de Whitechapel.

Pourquoi certains le croient ?? Parce que le Dr Brown, lors de l’autopsie de Catherine Eddowes (tuée le 30/09), indiqua que son rein encore présent était « pâle, exsangue, avec une légère congestion à la base des pyramides« , ce qui décrit les symptômes de la maladie de Bright. Eddows en souffrait vraisemblablement.

Il est donc possible que cette lettre appelée « From Hell » ait véritablement été écrite par l’Éventreur et que le rein ait appartenu à Kate Eddows, mais on ne peut absolument pas le prouver de nos jours.

Lettre "From Hell"

Lettre « From Hell »

La lettre nommée « Saucy Jack » et qui fut envoyée à la « Central News Agency » APRÈS le double meurtre du 30 septembre, n’est pas considérée comme « vraie », par certains.

Elle fut postée le 1er octobre 1888, un jour après le double meurtre et était de la même écriture que la « Dear Boss ».

Voilà pourquoi, pour d’autres « ripperologues », elle est tout de même attribuée à Jack l’Éventreur.

J’ai entendu aussi dans un des reportages qu’on parlait de cette lettre comme reçue le 27 septembre, autrement dit trois jours AVANT le double meurtre du 30… Alors, dans ce cas, comment l’auteur pouvait-il savoir que…

Tout est affaire de bonnes informations ! Si postée après, normal qu’il savait, mais si postée avant, alors serait-elle bien de lui ?

Il n’y a que dans le reportage que l’on parle de la date du 27 septembre, partout ailleurs, j’ai lu qu’envoyée après double meurtre.

Sérieusement, dans cette étude, je ne sais plus à quel saint me vouer et je consomme énormément d’aspirines !

Malgré tout, je peux vous donner le texte de la « Saucy Jack » :

« Je n’étais pas lubrique cher vieux patron lorsque je vous ai donné ce tuyau. Vous entendrez parler du travail effronté de Jacky demain double événement cette fois numéro un a crié un peu n’ai pas pu terminer tout de suite. N’ai pas eu le temps de prendre les oreilles pour la police merci d’avoir gardé la dernière lettre jusqu’à ce que je recommence à travailler.
Jack l’Éventreur ».

Par contre, retenez le fait que l’auteur parle de couper les oreilles

Comme tout le monde, je sèche sur cette affaire !!

Était-elle aussi adressée indirectement au préfet Sir Charles Warren et la prévenait-elle des prochains meurtres ?

Dans un reportage, on parle aussi d’une lettre du 10 octobre dans laquelle l’assassin dit que son motif est la haine et le dépit contre les autorités du Yard « depuis que j’ai été renvoyé du Yard ».

Oups… Jack aurait-il pu être un flic ?? Viré ou mis à l’écart par Charles Warren ?? La cible était-elle Warren et pas les putes ? Meurtres pour jeter l’opprobre sur le préfet Warren ? C’est ce que pensera l’auteure Herfort Sophie. Mais tout ceci n’est que théories ! 😀

En attendant, tout à l’heure, je vous conterai le premier du double meurtre du 30 septembre !

À suivre…

Lettre "Saucy Jack"

Lettre « Saucy Jack »

Lettre « Saucy Jack »

Élémentaire Mes Chers Parents – Le Théâtre de Sherlock Holmes : François Pardeilhan

Titre : Élémentaire Mes Chers Parents – Le Théâtre de Sherlock Holmes

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Patient Résidant (2013)

Résumé :
L’arrivée inopinée d’un parent dans la maison des Holmes va amener un grand bouleversement. Enjôleur mais aussi homme d’affaires, ce dernier mûrit un projet audacieux.

Ajoutez à cela l’apparition de vieilles connaissances aux intentions douteuses, dans une petite ville pourtant si paisible, il n’en fallait pas davantage pour déclencher un tourbillon d’événements étranges.

Le commissaire Laborde, malgré sa réticence, vient quérir quelques avis auprès du jeune Sherlock.

Violet et Siger Holmes voient leur salon envahi par une population mondaine et insolite, ne sachant plus à quel saint se vouer sinon à leur phénomène de fils.

Dans une confusion de faits, tout est sous nos yeux. Alors comme disait le maître des détectives : « Vous voyez mais vous n’observez pas ! »

Cet ouvrage renoue avec la tradition chère à Arthur Conan Doyle qui consiste à écrire un texte pour le théâtre avec la richesse de détails d’une nouvelle, comme il le fit avec « Le diamant de la couronne » qui deviendra « La pierre de Mazarin ».

Critique : 
Un Sherlock Holmes en pièce de théâtre, pourquoi pas ? Bien que j’ai eu un peu de mal au départ à lire les dialogues repris sous leur forme théatrale.

Malgré tout, c’est 154 pages pétillantes et savoureuses à lire, surtout grâce aux répliques acides du père de Sherlock envers son beau-frère. Et vous savez tout comme moi que « ♫ on choisit ses copains, mais rarement sa famille ♪ ».

On découvre dans ces pages un Sherlock de 18 ans, en compagnie de ses parents, Sieger et Violet. Il est à noter que canoniquement parlant, nous en savons peu sur les parents de Holmes : ils sont des petits propriétaires terriens et la grand-mère maternelle de Sherlock était la sœur du peintre Vernet.

Les prénoms des parents sont issu du fruit des déductions holmésiennes.

Notre jeune détective en herbe a déjà commencé à enquêter sur des petits mystères et fait le désespoir de ses parents car, à force de dévoiler à voix haute ses déductions sur leurs invités, il les a fait tous fuir.

— La semaine dernière encore, notre ami Lord Barthon se trouva bien embarrassé lorsqu’il dut justifier devant son épouse de la magnifique blague à tabac qu’il arborait fièrement. Ton fils [Sherlock] venait de l’en féliciter en disant qu’elle portait les mêmes armes que la comtesse Astrid avec qui il partage ses chevaux de course. Je pourrais te citer plusieurs cas où depuis la rencontre avec ton fils, nombre de nos connaissances ne sont plus revenues à la maison.

— Depuis maintenant plus de deux ans, c’est devenu une tradition que mon fils se livre systématiquement à une analyse détaillée de chaque visiteurs de cette maison. Je ne te ferai pas la liste de tous ceux que tu as contrariés avec tes remarques mal à propos sur leurs agissements, leurs fréquentations, leur passe-temps et tant d’autres choses.

L’arrivée du frère de madame Holmes bouleverse monsieur Holmes car il n’aime pas cet espèce de pique-assiette, et encore moins depuis que ce dernier a séjourné à la prison de New Gate.

— Oh ! Je suis contente de te voir. Londres ne te réussit pas, tu es bien pâle ! [Violet Holmes à son frère, Barnett]
— C’est ce que j’ai dit à ton frère, c’est vrai que le manque de soleil ajouté à l’humidité des murs de certaines pensions, cela n’arrange pas les choses. [Siger parlant à son épouse et lançant une pique à son beauf’]

— Cher Siger ! Quel plaisir de vous revoir. Je vous trouve une mine superbe. [Barnett, frère de Violet Holmes]
— Je ne dirais pas la même chose de vous !
— C’est vrai que Londres n’est pas conseillé pour son climat et ce n’est pas non plus l’endroit idéal pour prendre de belles couleurs.
— Tout dépend où l’on s’exhibe. L’intérieur de la très célèbre prison de New Gate est moins exposé au soleil que la fontaine de Trafalgar Square.
— Allons chez Siger, vous n’allez pas me reprocher quelques erreurs de jeunesse. Tout cela est du passé, aujourd’hui les choses ont bien changé pour moi.

Si le père de Holmes a la tête sur les épaules, la mère est un peu bêbête en présence de son frère, refusant de le voir tel qu’il est : un escroc doublé d’un coureur de jupons.

Bête au point de faire abstraction du fait que c’est son époux qui a dû éponger la dette de 5.000£ contractée par le frère, en leur nom à eux ! Rien que pour ça, avec moi, il valserait par la fenêtre ou serait accueilli avec du plomb !

Mais le frangin est accueilli par sa sœur et prend ses aises dans la maison des Holmes, soutenu par sa sœur, aveuglée par l’amour fraternel.

— Oh Siger ! Comme me le faisait remarquer mon frère, ce salon de jardin n’allait pas du tout avec notre intérieur, tandis que ce bureau convient parfaitement avec le style que tu as toujours voulu donner à cette maison.
— Bien sûr, cela ne fait que trois mois que M. Barnett est ici et déjà il s’est immiscé dans notre vie à tel point que c’est lui qui décide de ce qui va ou ne va pas dans notre maison.

Le frangin, lui, c’est un charmeur, sans doute à la Arsène Lupin, parce que toutes les dames tombent en pâmoison devient lui, même la bonne ! En sa présence, tout le beau sexe devient bête à manger du foin.

Quant à Sherlock, il a déjà une partie de ses futures manies, mais pas encore cette distance avec les gens. Bref, je l’aime aussi ainsi.

— Il y a d’autres manies qui j’espère lui passeront aussi mais j’en doute. [Siger Holmes]
— À quoi fais-tu allusion ? [Violet Holmes]
— Oh, à pas grand-chose ! À ses promenades solitaires qui le mènent on ne sait où, à ses expériences qu’il poursuit dans sa chambre avec le microscope du Lycée que lui a prêté un professeur. Jeannette a refusé à plusieurs reprises d’aller nettoyer sa chambre à cause des odeurs dues aux objets insolites qu’il examine. Je ne parle pas des articles de journaux, français ou anglais qu’il collectionne sous forme de piles, pas plus que les tenues de toutes sorte dont il s’affuble parfois, prétextant faire une surprise à un ami alors que je ne lui connais pas d’amis.

Le roman est agréable et se lit tout seul. L’enquête est sympathique et j’ai vu venir les escrocs de loin, tout comme Sherlock. Les autres n’avaient rien vu venir.

Sherlock, lui, il observe et il déduit ! Mais il ne « devine » jamais.

— Oh ! Monsieur Sherlock, comment faites-vous pour tout deviner ?
— Je ne devine pas, Jeannette, j’observe et je déduis.
— Mais il ne s’est rien passé et je n’ai encore rien dit.
— Certes Jeannette mais il y a des silences qui en disent d’avantage que des longs discours.

 Et niveau déductions, il était déjà bien rôdé !

— Père, il me semble que tu as égaré ton pince-nez et cela te pose quelques problèmes pour lire ton journal. Humm ! Raisonnons. Tu le poses toujours sur la table basse, là où Jeanette met les journaux. Comme à ton habitude, tu as dû prendre le Times que tu as commencé à lire, puis Jeanette a apporté le courrier que vous vous êtes partagés. Tu as lu le tien, c’est alors que mère t’as sans doute parlé d’un sujet qui t’a interpellé. Après un échange quelque peu tendu, tu t’es levé, toujours ton courrier en main, tu as marché dans la pièce tout en t’agitant, puis sur un geste d’agacement tu as enlevé ton pince-nez, tu es revenu vers le canapé avant de jeter ces lettres sur la table.

Dommage que cela n’ait pas été plus « caché », mais le fait que ce soit une pièce explique peut-être cela : le public est mis dans la confidence, voit tout, mais les protagonistes, eux, ne voient rien.

Comme par hasard, le chef de la police est toujours fourré chez Sherlock pour demander assistance, mais une fois l’affaire résolue et tous les honneurs pris, il rabroue Sherlock comme s’il n’était qu’un gamin, alors que sans lui, son enquête, il ne l’aurait jamais résolue !

Une bouffé d’air frais après un roman fort sombre qu’était mon précédent.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Sharon, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et au « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

J’étais Dora Suarez : Robin Cook

Titre : J’étais Dora Suarez                                big_5

Auteur : Robin Cook
Édition : Payot et Rivages (1991)

Résumé :
Qui était Dora Suarez ? Pourquoi a-t-on massacré à la hache cette jeune prostituée londonienne ? Mais surtout, pourquoi l’inspecteur chargé de l’enquête, torturé par ses démons, promet-il à la défunte réparation et expiation ?

Décidé à terrasser le Mal, le policier narrateur deviendra Dora Suarez; en revivant ses souffrances, il entrera en osmose avec la victime. Toutes ces interrogations le mèneront devant l’un des tueurs les plus fous de la littérature policière, jusqu’à l’affrontement final qui échappe au genre pour entrer dans la métaphysique.

Septième ouvrage de l’Anglais Robin Cook, écrit dans un style sec et brutal, « J’étais Dora Suarez » marque un tournant dans l’histoire du roman noir et l’émergence de ce que l’auteur lui-même appelle le « roman de deuil ».

Critique : 
Un tueur… dans un appart… Vous suivrez, comme si vous y étiez, tous les faits et gestes de cet homme qui, muni d’une hache, voulu décapiter la jeune Dora Suarez, 30 ans.

À cause de l’arrivée inopinée de Betty, 86 ans, il a dû saloper son travail en expédiant la vieille dame dans une pauvre horloge âgée qui ne demandait rien et qui ne nous donnera plus jamais l’heure, vu son état. Betty ne nous donnera plus l’heure non plus, vu comment elle a terminé son chemin de vie, encastrée dans le bois de cette horloge.

Notre joyeux tueur, après profanation « masturabatoire » sur le cadavre de Betty, s’en fut, mécontent : pas su couper la tête de sa victime pour l’emporter en souvenir !

« Il arriva quand même à se masturber sur elle. La douleur qui ravageait sa verge, l’était dans lequel était son membre, ne lui facilitait pas les choses. […] Il avait eu un mal de chien, et il avait dû se plier en deux au-dessus d’elle, se branlant à toute vitesse, mais la douce délivrance était venue, et il n’y avait qu’à voir comment il l’avait littéralement aspergée : bon Dieu, quelle puissance il possédait encore ! »

Alors, pour finir la nuit en beauté, il alla répandre la cervelle d’un proprio de boite de nuit sur les murs, refaisant toute la déco pour pas un balle ! Hormis une balle Dum-dum…

— Tout le haut du crâne éclaté, expliqua Stevenson. Il n’y a plus que la mâchoire inférieure, le reste décore le papier peint, sans supplément de prix.

Ce roman est décrit comme « un roman en deuil » et je ne donnerai pas tort à cette appellation d’origine contrôlée car, si le roman « Les mois d’avril sont meurtriers » était déjà une plongée dans l’abîme qu’est la vie du sergent enquêteur, avec cet opus-ci, on descend encore plus profondément dans les abysses !

Quelle densité dans le récit et quelle écriture ! Littéralement une envolée lyrique qui vous emporte dans le roman et vous fait quitter le monde réel. Le tout, servi avec des dialogues rempli d’humour noir.

— Vous m’avez l’air aussi sinistre que le troisième larbin du diable, la nuit où l’enfer a été inventé.

— Pour parler vulgairement, si son côlon était un mouchoir en papier, ça ne vaudrait même pas la peine d’éternuer dedans.

— Le premier, ajoutai-je, Felix Roatta, n’ai rien trouvé de mieux que d’asperger un mur avec sa cervelle, inventant ainsi une nouvelle sorte de papier peint. Quant à l’autre, Guiseppe Robacci, il est dans nos murs, à l’Usine, où il prend un peu de repos dans la cellule numéro trois.

—  Vous êtes un type épouvantable, dit Jollo. Ce n’est vraiment pas la délicatesse qui vous étouffe. […]
—  C’est parce que je fréquente les morts, Jollo, expliquai-je. Vous devriez faire comme moi, un de ces jours, au lieu de vous déguiser en commissaire et de lécher les culs et des timbres-poste.

Je viens d’en ressortir « bouleversifiée » (néologisme offert pour cette 800ème critique sur Babelio).

Durant ma lecture, j’étais aux côtés du sergent fraichement réintégré à l’A14, me positionnant, tout comme lui, soit dans la peau du Tueur, soit dans la peau de Dora Suarez lorsqu’il lisait son journal intime, la découvrant chanteuse en boîte de nuit et prostituée occasionnelle. On s’y attache, à cette Dora qui était plus qu’une exploratrice.

C’est pour Dora que notre sergent de l’A14 va aller si loin dans sa descente aux enfers, c’est parce que son désir de mettre le grappin sur l’assassin est devenu une véritable obsession pour lui.

D’ailleurs, il entrainera le lecteur avec lui dans son enquête et nous irons, en sa compagnie, dans les tréfonds de l’horreur humaine où tout est bon pour faire du fric. L’être humain est une bête immonde dans ce roman, et encore, je fais insulte aux animaux, là !

Si James Ellroy,  dans « Un tueur sur la route », avait dépeint un tueur froid et implacable, Robin Cook vient de le surclasser avec celui de son roman en ajoutant un palier dans la monstruosité et la folie furieuse.

On dépasse l’entendement, même. En plus, il a un soucis avec son membre viril… ce qui donnera une tournure encore plus dingue à ce tueur !

« L’une des forme que prenait son dérèglement (si seulement cela avait pu ne pas aller plus loin !), c’était la haine absolue, bien qu’inconsciente, qu’il portait à la seule partie de lui-même sur laquelle, bien qu’elle fut relié au reste de son corps, il n’avait aucun pouvoir : son phallus. C’est pour cette raison qu’il avait commencé à le punir alors qu’il était encore très jeune. »

« Son membre lui avait fait faux bon, comme un pneu crevé, la première fois qu’il l’avait mis à l’épreuve à l’âge de quinze ans, à cet instant redoutable, dans la vie d’un jeune homme, où, par son refus obstiné et catégorique de se dresser, une partie de son corps lui avait démontré qu’il n’était pas l’être supérieur que le reste de lui-même croyait être ».

« Avec curiosité, il caressa sa queue, qui lui faisait encore mal après la dernière séance; mais depuis quelques temps, pendant son entrainement, il la meurtrissait plus subtilement – car il ne voulait pas que cet autre lui-même en miniature, cette entité imbue d’elle-même et pleine d’insolence ne lui claque entre les doigts maintenant ».

Incapable de retirer mes yeux des pages, j’ai continué ma lecture, tout en sachant que j’aurais du mal à en revenir indemne.

L’écriture de Robin Cook est un nectar dont la plume a été trempée dans le poison.

Normal, me direz-vous, pour nous présenter une galerie de personnage aussi fabuleuse, leur faire descendre la pente sans qu’ils puissent se plaindre et nous servir une telle enquête ! Enquête, qui, au départ, pourrait sembler un peu « simpliste » mais ce serait faire injure à l’auteur que de le croire une seule seconde.

J’ai serré les dents plusieurs fois lors des sévices  d’autoflagellation que s’inflige le tueur. Bien que non concernée par cette « chose », j’ai eu mal pour lui.

Un grand roman noir, mais un roman en deuil… Mes dents étaient serrées, mais j’ai eu mon coup de coeur !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, le « Mois anglais III » chez Titine et Lou et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

From Hell : Film d’Albert et Allen Hughes (2001)

« From Hell » (ou « Sorti de l’enfer » au Québec) est un film anglo-américano-tchèque d’Albert et Allen Hughes, sorti en 2001.

C’est l’adaptation d’une bande dessinée d’Alan Moore et d’Eddie Campbell, qui a reçu le prix de la critique à Angoulême en 2001.

 

1. Synopsis :

En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Éventreur, rôde. D’une étonnante précision, ce mystérieux personnage éventre, la nuit tombée, des prostituées.

C’est ici qu’entre en scène l’inspecteur Fred Abberline. Cet agent de Scotland Yard comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et supposent un « doigté » d’artiste, un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie.

Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes et parvient à gagner la confiance de Mary Kelly, une jeune prostituée. Celle-ci va l’aider à résoudre cette périlleuse enquête.

2. Anecdote :

Le film est réputé pour la qualité de ses reconstitutions topographiques et esthétiques du Londres de 1888 et des sites liés à l’affaire de Whitechapel.

Toutefois, les spécialistes remarqueront que certains sites du film sont très approximatifs, comme Mitre Square, ou l’entrée du pub The Ten Bells.

Mais on notera surtout que la chambre de Mary Kelly, soigneusement reconstituée, est inversée par rapport au véritable n°13 de Miller’s Court.

3. Fiche technique :

  • Titre : From Hell
  • Réalisation : Albert et Allen Hughes
  • Scénario : Terry Hayes et Rafael Yglesias d’après le roman graphique écrit par Alan Moore et dessiné par Eddie Campbell
  • Décors : Martin Childs
  • Costumes : Kym Barrett
  • Photographie : Peter Deming
  • Montage : George Bowers et Dan Lebental
  • Musique originale : Trevor Jones
  • Budget : 35 millions de $
  • Langue originale : anglais
  • Format : Couleur – son Dolby numérique – 2,35:1 – 35 mm
  • Durée : 1h57
  • Sortie aux États-Unis : 19 octobre 2001
  • Sortie en France : 30 janvier 2002
  • Public : interdit aux moins de 12 ans en France ; Rated R for strong violence/gore, sexuality, language and drug content. pour la MPAA

Le film a connu un succès commercial modéré, rapportant environ 74 558 000 $ au box-office mondial, dont 31 602 000 $ en Amérique du Nord, pour un budget de 35 000 000 $. En France, il a réalisé 824 189 entrées.

Il a été nommé pour le prix Bram Stoker du meilleur scénario, le Satellite Award des meilleurs costumes ainsi que dans 3 catégories lors des Saturn Awards 2002 : meilleur film d’horreur, meilleur acteur (Johnny Depp) et meilleurs costumes.

4. Distribution :

  • Johnny Depp (VF : Bruno Choël) : Inspecteur Fred Abberline
  • Heather Graham (VF : Sylvie Jacob) : Mary Kelly
  • Ian Holm : Sir William Gull
  • Robbie Coltrane (VF : Sylvain Lemarie) : Sergent Peter Godley
  • Ian Richardson : Sir Charles Warren
  • Jason Flemyng : Netley, the Coachman
  • Sophia Myles : Victoria Abberline
  • Annabelle Apsion : Mary Ann « Polly » Nicholls
  • Katrin Cartlidge : Annie « Dark Annie » Chapman
  • Estelle Skornik : Ada
  • Joanna Page (VF : Caroline Victoria) : Ann Crook
  • David Schofield : McQueen
  • Terence Harvey : Benjamin ‘Ben’ Kidney

5. Critique  :

La bande dessinée « From Hell » est un pavé de plus de cinq cent pages. Écrit par Alan Moore, à qui il a fallu une dizaine d’années pour emmagasiner toutes sortes d’informations sur le sujet, et est dessinée par Eddie Campbell qui se sera lui aussi documenté sur le Londres de l’époque Victorienne.

Un énorme succès dessiné qui obtiendra diverses récompenses (Harvey Award, Eisner Award ou le Prix de la Critique à Angoulême en 2001).

Son adaptation cinématographique était donc attendue au tournant par de nombreux fans, qui, selon ce que je me suis laissée dire, étaient plutôt « pas content du tout, du tout » de l’adaptation qu’ils ont trouvée « plate ».

Mais ceci était LEUR avis… Moi, je n’ai jamais lu la bédé et je verrai si ma bonne opinion du film aura changée ensuite.

Oui, ce n’est pas la première fois que je visionne ce film que j’aime regarder une fois tous les deux ans. Avec le « Mois Anglais » et mes articles sur Jack, l’occasion était trop belle !

Malheureusement, pour en revenir brièvement à la bédé, il était impossible de retranscrire à l’écran la densité des pages du « From Hell » d’Alan Moore que j’ai eu l’occasion de feuilleter une fois dans ma vie.

J’ai d’ailleurs lu qu’Allan Moore n’avait même pas essayé de s’imposer durant la création du film, laissant une totale liberté aux frères Hughes.

Si « From Hell » nous mène sur les traces de Jack L’Éventreur, je ne me suis pas basée dessus pour mes articles sur l’égorgeur de Whitechapel, préférant les articles écrits ou le Net.

Pour moi, ce thriller est plutôt réussi dans l’ensemble, même s’il possède quelques petits défauts.

Ce que j’ai apprécié, c’est que l’atmosphère sombre et pesante de Londres au XIXème soit bien retranscrite. On est dans Whitechapel ! Les décors ont l’air d’être tiré de 1888…

Je vous avouerai aussi que je n’ai pas fait une étude poussée des vêtements de l’époque pour vous garantir qu’ils sont bien conformes à ceux portés par les filles de joie, hein ! Mais dans l’ensemble, c’est plutôt bien foutu !

Il a échoué au beau Johnny Depp le rôle de l’Inspecteur Fred Abberline, celui qui enquêta sur les meurtres de 1888.

Pourquoi le beau Pirate des Caraïbes (qui n’avait pas encore tourné ce film) dans le rôle d’Abberline ? Parce que Johnny Depp est, selon des sources bien informées, passionné par le tueur de Whitechapel… et que les frères Hugues, qui s’étaient intéresse au tueur, eux aussi, bien avant de tourner le film, le savaient bien !

Voilà donc pourquoi Johnny est au générique.

Quant à Haggrid, heu, Robbie Coltrane, il sera le Sergent Peter Godley.

Je vous avais parlé des costumes reproduits comme ceux de l’époque et du fait que les frères Hugues étaient passionné eux aussi par l’histoire…

Apparemment, ils ont fait de sérieuses et de méticuleuses recherches sur l’affaire du tueur de Whitechapel… Ils se sont mis  en tête de reproduire les meurtres et les situations de façon fidèle, sans pour autant que ce soit exact, pour que le tout colle avec l’ambiance ainsi qu’avec le livre.

Le quartier de Whitechapel s’est vu reconstruit à Prague par près de 200 artisans tchèques aidés de peintres britanniques pour parfaire la touche anglaise des édifices.

Les vues d’ensemble seront retouchées grâce au numérique. Le souci du détail sera poussé à son comble, pour essayer d’obtenir une certaine véracité. Ça vous en bouche un coin, par vrai ?

Alors, j’en ai pensé quoi ?

Finalement, « From Hell » est d’une facture assez classique puisque l’on suit l’inspecteur en charge de l’enquête sur celui que l’on a baptisé Jack l’Éventreur.

Ruelles sombres, sordides et un grand type portant un haut de forme et une cape noire qui se promène furtivement dans le brouillard londonien pour y trucides quelques prostituées.

Heu, j’ai une grosse impression de déjà vu, là ! Que les ruelles soient sombres et mal famées, je suis d’accord, mais quelle est la preuve que le tueur ait été vêtu de la sorte ?? Habillé comme un milord, il ne serait pas passé inaperçu, sans oublier les risques de se faire agresser, non ? Hors moi, j’imagine plus un tueur qui se fond dans la masse… Bien que je n’en sache rien de plus puisque personne n’a rien vu et que les témoignages de l’époque ne sont sans doute pas la vérité… vu qu’ils se contredisaient, parfois.

Bon, le cliché du tueur restera ainsi…

Le cliché de « l’inspecteur mal dans sa peau » aussi, puisque Abberline a tendance à un peu trop abuser de la « fée verte » (absinthe).

Un inspecteur tourmenté… Rien de bien neuf à l’horizon.

Point de vue esthétique, tout les recherches pour les décors ajoutent un plus au film et ça en jette.

Johnny Depp, Heather Graham (Mary Kelly) et Ian Holm (Sir William Gull) sont convaincants. Bien que parfois, j’ai eu l’impression que Johnny Depp avait l’air de se demander ce qu’il faisait là.

Niveau suspense, on alterne avec des phases plus rythmée et d’autres plus lentes, surtout quand Abberline-Depp se plonge dans son bain et utilise ses « visions ».

Par contre, pour l’enquête, Abberline a tout d’un Sherlock Holmes. Il est compétent, analyse les scènes de crimes, fait des « déductions » et en arrive au fait que le coupable est instruit et s’y connait niveau découpe des corps…

Petite libertés avec Abberline qui tombe amoureux de Mary Kelly, mais je vous avais dit que les réalisateurs avaient pris quelques libertés avec la réalité.

Il est où le bât qui blesse ??

Le gros défaut réside dans la solution du mystère qui ne casse pas trois pattes à un canard, surtout si on a vu « Meurtre par décret » de Bob Clark (un film avec Sherlock Holmes !!) ou la mini-série télévisée, « Jack l’Éventreur » avec un Michael Caine (un ancien Sherlock Holmes !!) en enquêteur sur les meurtres atroces (que je dois visionner aussi pour le « Mois Anglais » – à venir !).

Même Ann Crook est commune aux deux films.

Une fois de plus on en revient à la théorie du complot maçonnique que j’ai trouvée un peu expédiée à la va-vite, ainsi qu’un abus de romanesque…