Élémentaire Mes Chers Parents – Le Théâtre de Sherlock Holmes : François Pardeilhan

Titre : Élémentaire Mes Chers Parents – Le Théâtre de Sherlock Holmes big_3

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Patient Résidant (2013)

Résumé :
L’arrivée inopinée d’un parent dans la maison des Holmes va amener un grand bouleversement. Enjôleur mais aussi homme d’affaires, ce dernier mûrit un projet audacieux.

Ajoutez à cela l’apparition de vieilles connaissances aux intentions douteuses, dans une petite ville pourtant si paisible, il n’en fallait pas davantage pour déclencher un tourbillon d’événements étranges.

Le commissaire Laborde, malgré sa réticence, vient quérir quelques avis auprès du jeune Sherlock.

Violet et Siger Holmes voient leur salon envahi par une population mondaine et insolite, ne sachant plus à quel saint se vouer sinon à leur phénomène de fils.

Dans une confusion de faits, tout est sous nos yeux. Alors comme disait le maître des détectives : « Vous voyez mais vous n’observez pas ! »

Cet ouvrage renoue avec la tradition chère à Arthur Conan Doyle qui consiste à écrire un texte pour le théâtre avec la richesse de détails d’une nouvelle, comme il le fit avec « Le diamant de la couronne » qui deviendra « La pierre de Mazarin ».

Critique : 
Un Sherlock Holmes en pièce de théâtre, pourquoi pas ? Bien que j’ai eu un peu de mal au départ à lire les dialogues repris sous leur forme théatrale.

Malgré tout, c’est 154 pages pétillantes et savoureuses à lire, surtout grâce aux répliques acides du père de Sherlock envers son beau-frère. Et vous savez tout comme moi que « ♫ on choisit ses copains, mais rarement sa famille ♪ ».

On découvre dans ces pages un Sherlock de 18 ans, en compagnie de ses parents, Sieger et Violet. Il est à noter que canoniquement parlant, nous en savons peu sur les parents de Holmes : ils sont des petits propriétaires terriens et la grand-mère maternelle de Sherlock était la sœur du peintre Vernet.

Les prénoms des parents sont issu du fruit des déductions holmésiennes.

Notre jeune détective en herbe a déjà commencé à enquêter sur des petits mystères et fait le désespoir de ses parents car, à force de dévoiler à voix haute ses déductions sur leurs invités, il les a fait tous fuir.

— La semaine dernière encore, notre ami Lord Barthon se trouva bien embarrassé lorsqu’il dut justifier devant son épouse de la magnifique blague à tabac qu’il arborait fièrement. Ton fils [Sherlock] venait de l’en féliciter en disant qu’elle portait les mêmes armes que la comtesse Astrid avec qui il partage ses chevaux de course. Je pourrais te citer plusieurs cas où depuis la rencontre avec ton fils, nombre de nos connaissances ne sont plus revenues à la maison.

— Depuis maintenant plus de deux ans, c’est devenu une tradition que mon fils se livre systématiquement à une analyse détaillée de chaque visiteurs de cette maison. Je ne te ferai pas la liste de tous ceux que tu as contrariés avec tes remarques mal à propos sur leurs agissements, leurs fréquentations, leur passe-temps et tant d’autres choses.

L’arrivée du frère de madame Holmes bouleverse monsieur Holmes car il n’aime pas cet espèce de pique-assiette, et encore moins depuis que ce dernier a séjourné à la prison de New Gate.

— Oh ! Je suis contente de te voir. Londres ne te réussit pas, tu es bien pâle ! [Violet Holmes à son frère, Barnett]
— C’est ce que j’ai dit à ton frère, c’est vrai que le manque de soleil ajouté à l’humidité des murs de certaines pensions, cela n’arrange pas les choses. [Siger parlant à son épouse et lançant une pique à son beauf’]

 

— Cher Siger ! Quel plaisir de vous revoir. Je vous trouve une mine superbe. [Barnett, frère de Violet Holmes]
— Je ne dirais pas la même chose de vous !
— C’est vrai que Londres n’est pas conseillé pour son climat et ce n’est pas non plus l’endroit idéal pour prendre de belles couleurs.
— Tout dépend où l’on s’exhibe. L’intérieur de la très célèbre prison de New Gate est moins exposé au soleil que la fontaine de Trafalgar Square.
— Allons chez Siger, vous n’allez pas me reprocher quelques erreurs de jeunesse. Tout cela est du passé, aujourd’hui les choses ont bien changé pour moi.

Si le père de Holmes a la tête sur les épaules, la mère est un peu bêbête en présence de son frère, refusant de le voir tel qu’il est : un escroc doublé d’un coureur de jupons.

Bête au point de faire abstraction du fait que c’est son époux qui a dû éponger la dette de 5.000£ contractée par le frère, en leur nom à eux ! Rien que pour ça, avec moi, il valserait par la fenêtre ou serait accueilli avec du plomb !

Mais le frangin est accueilli par sa sœur et prend ses aises dans la maison des Holmes, soutenu par sa sœur, aveuglée par l’amour fraternel.

— Oh Siger ! Comme me le faisait remarquer mon frère, ce salon de jardin n’allait pas du tout avec notre intérieur, tandis que ce bureau convient parfaitement avec le style que tu as toujours voulu donner à cette maison.
— Bien sûr, cela ne fait que trois mois que M. Barnett est ici et déjà il s’est immiscé dans notre vie à tel point que c’est lui qui décide de ce qui va ou ne va pas dans notre maison.

Le frangin, lui, c’est un charmeur, sans doute à la Arsène Lupin, parce que toutes les dames tombent en pâmoison devient lui, même la bonne ! En sa présence, tout le beau sexe devient bête à manger du foin.

Quant à Sherlock, il a déjà une partie de ses futures manies, mais pas encore cette distance avec les gens. Bref, je l’aime aussi ainsi.

— Il y a d’autres manies qui j’espère lui passeront aussi mais j’en doute. [Siger Holmes]
— À quoi fais-tu allusion ? [Violet Holmes]
— Oh, à pas grand-chose ! À ses promenades solitaires qui le mènent on ne sait où, à ses expériences qu’il poursuit dans sa chambre avec le microscope du Lycée que lui a prêté un professeur. Jeannette a refusé à plusieurs reprises d’aller nettoyer sa chambre à cause des odeurs dues aux objets insolites qu’il examine. Je ne parle pas des articles de journaux, français ou anglais qu’il collectionne sous forme de piles, pas plus que les tenues de toutes sorte dont il s’affuble parfois, prétextant faire une surprise à un ami alors que je ne lui connais pas d’amis.

Le roman est agréable et se lit tout seul. L’enquête est sympathique et j’ai vu venir les escrocs de loin, tout comme Sherlock. Les autres n’avaient rien vu venir.

Sherlock, lui, il observe et il déduit ! Mais il ne « devine » jamais.

— Oh ! Monsieur Sherlock, comment faites-vous pour tout deviner ?
— Je ne devine pas, Jeannette, j’observe et je déduis.
— Mais il ne s’est rien passé et je n’ai encore rien dit.
— Certes Jeannette mais il y a des silences qui en disent d’avantage que des longs discours.

 Et niveau déductions, il était déjà bien rôdé !

— Père, il me semble que tu as égaré ton pince-nez et cela te pose quelques problèmes pour lire ton journal. Humm ! Raisonnons. Tu le poses toujours sur la table basse, là où Jeanette met les journaux. Comme à ton habitude, tu as dû prendre le Times que tu as commencé à lire, puis Jeanette a apporté le courrier que vous vous êtes partagés. Tu as lu le tien, c’est alors que mère t’as sans doute parlé d’un sujet qui t’a interpellé. Après un échange quelque peu tendu, tu t’es levé, toujours ton courrier en main, tu as marché dans la pièce tout en t’agitant, puis sur un geste d’agacement tu as enlevé ton pince-nez, tu es revenu vers le canapé avant de jeter ces lettres sur la table.

Dommage que cela n’ait pas été plus « caché », mais le fait que ce soit une pièce explique peut-être cela : le public est mis dans la confidence, voit tout, mais les protagonistes, eux, ne voient rien.

Comme par hasard, le chef de la police est toujours fourré chez Sherlock pour demander assistance, mais une fois l’affaire résolue et tous les honneurs pris, il rabroue Sherlock comme s’il n’était qu’un gamin, alors que sans lui, son enquête, il ne l’aurait jamais résolue !

Une bouffé d’air frais après un roman fort sombre qu’était mon précédent.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Sharon, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et au « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

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