Jack The Ripper : Téléfilm (1988)

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Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un téléfilm britanno-américain en deux parties, diffusé pour la première fois le 21 octobre 1988.

Il met en vedette Michael Caine et Jane Seymour.

Cette fiction est basée sur l’enquête de l’inspecteur Frederick Abberline sur les meurtres de Jack l’éventreur à l’automne 1888.

À l’occasion du centenaire de l’affaire, les scénaristes ont pu avoir accès aux dossier de Scotland Yard.

Ce téléfilm a été nominé trois fois aux Emmy Awards et au Golden Globes.

1. Synopsis :

À l’automne 1888, un mystérieux tueur en série terrorise l’East End de Londres en y assassinant plusieurs prostituées. Les victimes sont retrouvées égorgées et éventrées en pleine rue.

L’inspecteur Frederick Abberline est chargé de mener l’enquête avec son adjoint, le sergent George Godley (Lewis Collins).

L’investigation s’annonce difficile, aucun témoin ne semble vouloir parler, les pistes sont nombreuses et la presse extrapole les faits pour vendre ses feuilles de choux.

Guidé par un médium, Abberline se met sur la piste d’un homme aux multiples identités, comme le principal interprète de la pièce de théâtre Dr Jekyll et M. Hyde.

Mais de nouveaux éléments viennent s’ajouter à l’enquête, comme des lettres de menaces signées Jack l’Éventreur et une inscription antisémite sur un mur « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » (Les juifs sont ceux qui ne seront pas blâmés en vain).

Abberline et Godley se rendent compte que les meurtres de Whitechapel cachent quelque chose de bien plus sordide…

2. Fiche technique :

  • Titre : Jack l’éventreur
  • Titre original : Jack The Ripper
  • Réalisation : David Wickes
  • Scénario : Derek Marlowe et David Wickes
  • Production: David Wickes
  • Montage : Keith Palmer
  • Photographie : Alan Hume
  • Musique : John Cameron
  • Décors : John Blezard
  • Son : Chris Munro
  • Sociétés de production : Euston Films, Lorimar Television et Thames Television
  • Pays :  Royaume-Uni États-Unis
  • Date de sortie : 21 octobre 1988
  • Durée : 182 minutes
  • Format : Couleur
  • Langue : Anglais

3. Distribution :

  • Michael Caine : Inspecteur Frederick Abberline
  • Armand Assante : Richard Mansfield
  • Ray McAnally : William Gull
  • Lewis Collins : Sergent George Godley
  • Ken Bones : Robert James Lees
  • Jane Seymour : Emma Prentiss
  • Susan George : Katie Eddowes
  • Lysette Anthony : Mary Jane Kelly
  • Michael Gothard : George Lusk
  • Edward Judd : Tom Arnold
  • Hugh Fraser : Charles Warren
  • John Laurimore : Inspecteur John Spratling
  • Peter Armitage : sergent Kirby
  • Gary Love : Derek
  • Gary Shail : Billy White
  • Richard Morant : docteur Theodore Acland
  • Michael Hughes : Docteur Llewellyn
  • Harry Andrews : Coroner Wynne Baxter
  • Jonathan Moore : Benjamin Bates
  • George Sweeney : John Netley
  • Angela Crowe : Liz Stride
  • T.P. McKenna : O’Connor
  • Kelly Cryer : Annette
  • Sheridan Forbes : Millie
  • Roger Ashton Griffiths : Rodman
  • Ann Castle : Lady Gull

Michael Caine en inspecteur Abberline

4. Ce que j’en pense :

Avant même la musique du générique,  il est dit, en début de téléfilm, qu’ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, que l’histoire est basée sur des faits réels et qu’ils ont travaillé avec des criminologues… On va voir, alors !

Je serai directe : il y a du pour et du contre…

Niveau « pour », je parlerai de la reconstitution du Londres de 1888, des petites ruelles sombres de Whitechapel qui, pour l’époque où fut tourné le film, n’est déjà pas si mal (Ripper Street a de plus belles reconstitutions, mais nous ne sommes pas en 2014).

Michael Caine, ancien Sherlock Holmes, s’en sort bien avec son rôle de l’inspecteur Aberline et son adjoint Georges a tout d’un Watson, moustache comprise.

Tous les personnages sont là, les historiques, et rien à redire sur eux à ce niveau (il y aura des critiques pour certaines, mais plus bas).

Niveau « presse » de 1888, les scénaristes ont choisi le fameux journal « The Star », journal radical, et ont mis en avant le journaliste Bates (dont certains disent qu’il serait l’auteur d’une ou plusieurs missives envoyées aux policiers et signée « Jack The Ripper »).

Si au départ les journalistes ont eu le mérite de décrire les conditions de vie épouvantables des quartiers de l’East End, ensuite, ça ressemblera plus à le d’acharnement sur la police et sur Sir Charles Warren qu’autre chose…

Cette « dualité » est présente aussi dans le téléfilm, ainsi que les raison qui ont fait que Warren n’était plus en odeur de sainteté pour la populace.

La musique grandiloquente du générique fait plus penser à un film avec « Sissi » ou à la musique avant un discours de la reine d’Angleterre à Noël qu’à celle d’un téléfilm consacré au tueur de Whitechapel, mais bon, c’est secondaire.

Le rythme n’est pas trépidant mais l’histoire se déroule sans que l’on baille pour autant.

Les meurtres ont lieu comme de bien entendu, les flics pataugent, ils interrogent, distribuent des tracts, ne savent plus à quels saints se vouer, et ils ont la crainte que tout Whitechapel ne s’embrase.

Sa piétine, on réclame la démission de Warren et les gens ont peur. Tout ça, c’est correct.

Oui mais, il est où le bât qui blesse ?? On y arrive…

Put*** ! Les incohérences historiques !

Détail qui a tout de même son importance : le corps de Mary Ann Nichols avait été lavé avant son autopsie ! Ici, ils ont oublié de le faire.

Notre détective Abberline qui s’exclame, en parlant des prostituées occasionnelles de Whitechapel que « ce sont des filles à 4 shillings ».

Heu, je ne sais si c’est dû au zèle des traducteurs, mais ces pauvres filles étaient loin de gagner cette somme dans la rue. Une passe coutait dans les 2 pences, j’ai parfois entendu 6 pences.

Le shilling étant shilling est une pièce en argent valant 12 pence (1/20 de livre). En 6 « passes », elles avaient 1 shilling. Il en fallait 24 pour obtenir les fameux 4 shillings. Ça devait les tirailler en bas, si elles avaient fait 24 passes ! Bref…

J’avoue que j’ai tiqué lorsque le complot royal avec le duc de Clarence fut évoqué, mais j’ai passé outre puisqu’à l’époque, les gens avaient dit tout et n’importe quoi, dont des protections en haut lieu…

Vous me direz qu’en 1888, c’était un peu normal, la populace n’était pas aussi instruite que nous. Certes, mais accuser le pouvoir royal est habituel dans ce genre d’affaire : je me souviens des théories toutes aussi folles lors de nos sordides affaires de pédophilie en 1996. Le monde change, mais pas tant que ça.

Que les scénaristes, pour les besoin de leur histoire, jouent avec la réalité et décident de faire comme si les victimes se connaissaient avant, passe encore, c’est de bonne guerre.

Mais qu’ils vêtent les prostituées comme des dames, là, je m’insurge !

Les prostituées (et toutes les autres habitantes de Whitechapel) vivaient misérablement. Toutes leurs possessions, c’est-à-dire peu de choses, se trouvaient sur elle.

J’ai lu les rapport de la police sur le contenue des poches des victimes et croyez-moi, ce qu’elles possédaient était très chiche… Elles n’auraient jamais eu les moyens d’être si bien habillées.

Mauvais point aussi pour les dents de ces femmes qui étaient une véritable vitrine pour le dentifrice Pepsodent Whitening Blancheur Extra.

Bon sang, les gars, il leur manquaient des dents, d’autres étaient toutes noires… Pareil pour les gens de l’East End : tout ceux que l’on croise ont des dents à mettre les dentistes au chômage direct. Ils auraient pu faire attention et nous copier les dents sur Jacquouille.

Autre grosse erreur : lors de la découverte du cadavre de Liz Stride. Il est dit qu’elle a été mutilé comme les autres femmes. FAUX, elle n’a eu QUE la gorge tranchée. On pense que l’assassin a pris peur lors de l’arrivée d’un passant.

William Gull, médecin de la reine et tête de liste dans les complots : il est censé avoir plus de 70 ans et souffre d’une paralysie de tout le côté gauche suite à un infarctus…

Dans le téléfilm, il est un fringuant homme d’une soixantaine d’années et il va bien.

Autre point qui me fait tiquer : d’après les scénaristes, les meurtres auraient eu lieu dans un fiacre…

Parlons-en de la voiture ! Une magnifique voiture, avec les armoiries de la reine, tiré par deux magnifiques frisons, cocher tellement masqué que ça attire encore plus l’attention !

À chaque sortie de cette fameuse voiture, on a droit à une musique angoissante de circonstance et des bruits de respiration qui ferait penser à un Dark Vador souffrant d’asthme.

Les prostituées tuées dans une voiture, ainsi le tueur a le temps de les dépecer et personne ne verra rien et aucun flic n’osera arrêter une voiture avec les armes royales…

Vous avez fumé quoi, messieurs les scénaristes ?

Impossible, si on réfléchit deux secondes : un fiacre aurait attiré l’attention, beaucoup trop ! Surtout dans ces quartiers. À Mitre Square, ce aurait manqué de discrétion et n’oublions pas que personne n’avait rien vu ni rien entendu !

De plus, impossible de bien découper ou de mutiler le corps à cause des cahots de la voiture et de plus, il a été prouvé que les victimes n’avaient pas été transportées, mais tuées sur place.

Je vous passerai le petit effet qui fait comme si le sang s’échappait de l’arrière du fiacre… Grotesque !

Pourtant, je vous rappelle qu’il est dit en début de téléfilm qu’ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, que l’histoire est basée sur des faits réels et qu’ils ont travaillé avec des criminologues…

Autre horreur : Sir William Gull n’a jamais examiné le rein qui a été envoyé par courrier à George Lusk. C’est le docteur Thomas Openshaw qui a eu cette tâche.

Gull authentifie le rein comme appartenant à une femme de 45 ans souffrant d’alcoolisme et de la maladie de Bright (néphrite). Tout comme les divers médecins l’avaient constaté – du moins, c’est ce que plusieurs articles de presse relataient.

STOP, à cette époque, il était impossible de dire en auscultant un rein, s’il provenait d’un homme ou d’une femme. Il faut pour cela les techniques modernes. Sans compter que la consommation de Gin ne laisse pas de traces dans les reins ! Au moins, les scénaristes ont respecté les « conclusions » erronées de l’époque, mais pas le bon docteur.

Une dernière incohérence pour la route : l’inscription à la craie « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » retrouvée dans Mitre Square le 30 septembre, après le meurtre de Catherine Eddowes était bien trop neuve, alors que dans la réalité, l’inscription y était déjà bien avant le meurtre, les deux n’ayant aucun rapport, en principe.

Par contre, bien qu’ils aient commencé avec un complot royal, les scénaristes se sont ensuite dirigés vers un tout autre coupable, et je dis « merci », bien que ce coupable soit aussi réaliste que s’ils nous avaient sorti un Sherlock Holmes en tant que tueur de Whitechapel !

Pour la petite histoire, quatre fins différentes avaient été tournées afin de conserver le suspense pour le lancement du film. Un peu comme dans « L’empire contre-attaque » et la phrase célèbre de Dark Vador.

Si j’avais vu ce téléfilm AVANT de bosser en amateur sur le dossier « Éventreur », je n’aurais jamais décelé toutes les incohérences et le téléfilm serait passé comme une fleur, hormis pour le complot royal, les habits des prostituées et le nom du coupable.

Mon problème est que j’en savais plus sur les meurtres de 1888 depuis début juin qu’avant et cela m’a aidé à voir les incohérences, me faisant pester et me gâchant une partie de mon visionnage.

Mais si on fait abstraction de tout cela, les reconstitutions sont bien faites niveau « décors », les personnages agréables et le tout a une certaine cohérence dans le mobile et même le coupable, si, historiquement parlant, cette personne avait eu la capacité de les commettre.

Mais pas en fiacre, s’il vous plait ! Là, ils sont allé trop loin et ce qui se voulait « terrifiant » est devenu grotesque, un peu comme lorsque l’on nous monte un chien des Baskerville qui a tout d’un chien version « Muppet Show ».

Ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, c’est vrai…

L’histoire est bien basée sur des faits réels, même s’ils ont pris certaines grosses libertés avec la réalité pour nous faire du show.

Ils ont travaillé avec des criminologues…. Hem, et les criminologues ont validés leurs théories du fiacre ?

Il leur fallait sans doute un truc de plus « fort » que la banale réalité des choses…

Dommage…

Le petit crieur de journaux était doublé par ce qui me faisait penser à la voix française du jeune Sangoku (Dragon Ball) !

5. Autour du film :

Cent ans après les meurtres, les scénaristes ont pu avoir accès aux archives de Scotland Yard.

Ils découvrent ainsi que le double meurtre de la nuit du 30 septembre ont été commis en un temps très court, ce qui laisse à penser que l’assassin a utilisé un véhicule hippomobile.

Les rapports d’autopsie insistent sur la netteté des plaies, comme si le meurtrier connaissait parfaitement l’anatomie.

Les enquêteurs se mettent sur la piste d’un chirurgien et découvrent que Sir William Gull, l’un des médecins de la famille royale, est mort peu après le dernier meurtre.

Son acte de décès est signé par son gendre et confrère, ce qui est contraire à la déontologie. Sir Gull bénéficiait de plus d’une berline aux insignes royaux, lui évitant ainsi d’être stoppée par la police.

Les scénaristes en concluent que Sir Gull fut probablement celui qui se faisait appeler Jack l’Éventreur.

L’hypothèse a déjà été évoquée dans un livre de Stephen Knight, douze ans auparavant, et sera reprise dans de nombreuses fictions comme la bande dessinée « From Hell » et son adaptation cinématographique.

  • Les scènes intérieures ont été tournées aux Studios Pinewood à Iver Heath dans le Buckinghamshire.
  • Les scènes extérieures ont été tournées à Belper dans le Derbyshire.
  • Hugh Fraser porte les vêtements que l’ancien chef de Scotland Yard, Charles Warren, a réellement portés.
  • Quatre fins différentes ont été tournées afin de conserver le suspense pour le lancement du film.

6. Récompenses et Nominations :

  • Emmy Awards 1989 : Meilleurs maquillages dans une mini-série
  • Golden Globes Awards 1989 : Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm (Michael Caine)
  • Emmy Awards 1989 : Meilleur acteur de soutien dans une mini-série (Armand Assante)
  • Golden Globes Awards 1989 : Meilleure performance pour un acteur dans une minisérie ou téléfilm (Michael Caine)
  • Golden Globes 1989 : Meilleur acteur de soutien dans une mini-série ou téléfilm (Armand Assante)

 

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11 réflexions au sujet de « Jack The Ripper : Téléfilm (1988) »

  1. Mazette! Je découvre ton blog depuis celui de Syl. Coup de foudre car me voilà dans un univers hyper documenté, passionné et passionnant donc. Pourquoi t’es tu renseignée autant sur Jack l’éventreur? Tu l’as sans doute dit ailleurs mais le temps que je retrouve…
    J’aime beaucoup M Caine, malgré les erreurs ,peut etre vais je me lancer à voir ce film , malgré l’anglais que je ne maitrise pas bien du tout.Ce qui va sans doute s’améliorer puisque je vais rendre visite à ma fille en Angleterre l’an prochain .
    je m’inscris ,of course,à ta news

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    • Alors, tout d’abord : merci de me suivre et de lire mes bafouilles 😉

      Merci pour les compliments, ça fait toujours plaisir après avoir sué sang et eau dans des dossiers pour une affaire où rien n’est certain.

      Pourquoi Jack ? Une envie depuis longtemps… j’avais déjà lu des faits sur différents sites et imprimé le tout pour mon amusement personnel.

      Le mois anglais se présentant à la porte du mois de juin, je me suis dit que c’était l’occasion où jamais de consacrer des articles à deux figues importantes de Londres : Jack et Sherlock.

      Le criminel et le détective, le réel et le fictif, le mal et le bien, la brute et le bon… 😀

      Je comptais faire des petits articles de rien du tout mais une fois que j’eus mis le doigt dans l’engrenage, plus moyen de m’arrêter et de faire dans le « survol »… et encore, je me suis auto-surveillée et j’ai supprimé des tas de choses dans les petits détails, sinon, je faisais un roman ! 😀

      J’ai vu le film en VF… pas moyen de trouver la VOstfr…

      Caine est super, il n’est pas responsable des erreurs des scénaristes qui ont pris les théories folles de Knight !

      Bon voyage dans un an à Londres 😉 Bisous aux londoniens de ma part 😉

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    • Sophie Herfort, qui a écrit « Jack l’éventreur démasqué » a découvert Jack par le biais de ce téléfilm aussi.

      Dommage que le final soit si « n’importe quoi » 😉

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  2. Ping : Billet récapitulatif du mois anglais 2014 | Plaisirs à cultiver

    • Merci ! Il y a tellement de petites choses, de petits détails, dans les meurtres de 1888 que parfois, je ne savais plus où donner de la tête ! 😀

      Et comme je devais faire le tri dans toutes les infos pour ne pas écrire un roman… pas facile !

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