Comment vivent les morts : Robin Cook

Titre : Comment vivent les morts                     big_3

Auteur : Robin Cook
Édition : Gallimard (2003)

Résumé :
Où donc est-elle allée, la belle Marianne qui réjouissait par ses chansons la bonne société de ce patelin de la campagne anglaise ?

Et pourquoi reste-t-il invisible, ce chef de la police locale ? Et quel jeu joue-t-il, ce chef d’entreprise des pompes funèbres ? Serait-ce que, dans les petites villes, les malfrats valent largement ceux des grandes métropoles ?

Une étrange et romantique histoire d’amour fou.

Critique : 
Pour moi, dans mes souvenirs, les années 80 étaient géniales, mais j’étais gosse…  Dans ce roman de Robin Cook, l’Angleterre des années 80 n’est pas très folichonne.

Notre flic sergent sans nom de  l’A14, le service « Décès non élucidés », est toujours aussi cynique et il a embarqué son impertinence pour Thornhill, une petite ville à 140 km de Londres.

Pourquoi ? Parce que « La voix » le lui a demandé : on est sans nouvelles d’une habitante depuis 6 mois ! Ce n’est même pas son mari qui a signalé sa disparition, ni même les flics de la ville. Non, juste les commérages qui sont arrivés aux oreilles du Chief Constable et c’est lui qui a prévenu la Criminelle, passant l’eau du bain au service de notre ours mal luné de sergent enquêteur.

Mais les gens ne sont pas disposés à causer… Personne n’a rien vu, ou si peu, personne ne s’est posé de questions, rien, que dalle. Il faudra toute la ténacité et la brutalité du sergent pour dénouer ce sac de nœud.

— J’ai votre rapport et je l’ai lu. Et c’est un petit document tout riquiqui ; c’est une jupe qui ne couvrirait même pas les cuisses d’un moucheron.

— Non, pourquoi voulez-vous que je le sache ? demanda-t-il. [Inspecteur Kedward de Thornhill]
— Vraiment, vous me renversez. Vous êtes censé vous occuper de cette cambrousse. [Le sergent de l’A14]
— Ça ne signifie pas fourrer mon nez dans les affaires des autres.
— C’est pour ça que le public paie votre traitement, dis-je, c’est ce qu’on me répète à longueur de temps. Bon, passons à autre chose. C’est quel genre d’homme, ce Mardy ?

— Foutaises, dis-je. Vous dites que vous êtes flic. HLM, tours, manoirs, la police peut aller où elle veut quand ça lui chante, comme vous le savez parfaitement.
— La famille Mardy est à Thornhill depuis trois siècles.
— Quand bien même seraient-ils arrivés avec Jules César que je m’en ficherais.

La tournure de l’enquête m’a surprise car j’étais loin de me douter de tout ce que cette disparition pouvait cacher !

Mélange d’histoire d’amour intense, de magouilles et de chantages, ce roman comporte aussi quelques gens « d’en bas », tombés à cause de gens plus véreux qu’eux.  Nous sommes dans la fange de la société, celle des laissés pour compte, celle des derniers parmi les tout derniers.

Ici, les plus véreux ne sont pas toujours ceux que l’on croit et la criminalité tient plus du col blanc que du Marcel taché par des traces graisseuses dont l’origine n’est pas garantie mais douteuse.

Tout est pourri dans ce petit royaume où se retrouve concentré tous les maux d’une société à deux vitesses, ainsi qu’une forte dose de corruption. Chacun la ferme parce qu’il a tout à perdre si il l’ouvre.

Portait noir d’une société pourrissante. Le ton du début est grinçant, le sergent est à prendre avec des pincettes, cherchant la bagarre avec tout le monde provoquant le conflit non stop. Cassant même la figure de certaines personnes.

J’empoignai Sanders et le retournai. Je regrettai à présent d’avoir fait ça et de l’avoir frappé avec le râteau. Je sentis que tous, sans exception, nous commettons un tas d’erreurs, que nous le savons, et que pourtant nous devons vivre malgré tout. Il serait préférable d’être stupide, ou peut-être fou.
C’est la faculté de savoir qui cause le vrai martyre de l’existence : nous serions tous plus honnêtes sans la connaissance, et certaines personnes le sont encore. Oui, à présent, je regrettais vraiment beaucoup ce que j’avais fait à Sanders, et je savais que le coup que je lui avais porté était l’expression de mon propre désespoir.
Cependant, j’étais comme dans une galerie de miroirs : j’avais un travail à faire, et à faire vite dans le temps qui m’était imparti, et j’étais perturbé par les Mardy, aussi perturbé que je pouvais l’être, vu que je suis moi-même éternellement perturbé.
Je m’aperçus que j’avais sur moi trois Kleenex et je m’en servis pour essuyer le sang que j’avais fait couler sur le visage de Sanders.
Je trouvai de l’eau dans un seau pour nettoyer l’énorme ecchymose que je lui avais faite au visage.

La seule chose qu’il a à perdre, c’est son job, tout le reste il l’a déjà perdu… Mais niveau enquêteur, il est le meilleur et il le sait.

Un seul point noir dans le roman : un peu trop de bla-bla inutile, parfois. Malgré tout, cela reste un bon roman noir, mais en-deçà d’un « J’étais Dora Suarez ».

Hormis ce petit point noir vite percé, c’est toujours un plaisir de suivre les enquêtes du sergent sans nom de l’A14.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, à Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Trophée 813 du meilleur roman en 1986) , au « Mois anglais III » chez Titine et Lou et au « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

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14 réflexions au sujet de « Comment vivent les morts : Robin Cook »

    • Oui, elle est biaisée, mais c’est le cas pour tout le monde, mes parents te diront que leurs années 60 étaient magnifiques ! 😉

      Non, commence par « les mois d’avril sont meurtriers », plus soft et enchaine avec « Dora Suarez » plus hard.

      Ensuite, fais celui-ci !

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  1. Je sors d’un polar anglais qui parle de la même époque (Né sous les coups) et qui ne montre pas non plus la face la plus joyeuse des années 80.

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  3. Une déception ce bouquin, pour toi, si j’ai bien lu ta chronique. Peut être que tu as commencé Robin Cook par le meilleur et qu’ensuite est venu le moins bon. Même les meilleurs auteurs ont des bouquins ratés. Ce sont des humains.

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    • Déception ? Non, je ne dirais pas ça du tout ! Mais j’ai moins aimé certains blablas… Sinon, c’est du noir bien serré, le portrait de la société est au vitriol.

      Malgré tout, il est moins bien que « j’étais dora » mais lui, il est indétrônable 😉

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  4. J’aime bien l’extrait que tu as mis de dialogues. Ah, les années 80 avec ses émissions et dessins animés tout mignons pour les enfants, ça a mal vieilli tout de même ! J’ai compris qu’il fallait mieux se lancer dans Dora Suarez, donc vais pas retenir celui-ci.

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    • Oui, Dora est mieux, mais le must, pour découvrir le sergent sans nom, c’est « les mois d’avril » qui est magnifique aussi 😉

      Les dessins animés, dans les années 80, les mangas, Club Dorothée, tout ça, c »était génial, j’adorais cette époque et les mangas qui passaient chez dorothée et je les adorais et les adore encore !

      Merci ! 😉

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