3. Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants – The Dancing Men

Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants  – The Dancing Men

SAISON 1 – ÉPISODE 2

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : Anthony Skene
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 5ème épisode tourné
  • Série 1 : 2/7
  • 1ère diffusion : 1 Mai 1984 – ITV Network (Angleterre) (2ème épisode diffusé); 28 Mars 1985 – WGBH (Etats Unis); 22 janvier 1989 – FR3 (France) (5ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min
  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Tenniel Evans …  Hilton Cubitt
Betsy Brantley …  Elsie Cubitt
David Ross …  Inspector Martin
Eugene Lipinski …  Abe Slaney
Lorraine Peters …  Mrs. King
Wendy Jane Walker …  Saunders
Paul Jaynes …  Walker

Le pitch ? Mr Hilton Cubitt montre à Sherlock Holmes une série de pictogrammes représentant des petits hommes dansants, trouvés dessinés à la craie en différents endroits de sa propriété du Norfolk.

Sa jeune épouse américaine Elsie, qui lui a demandé de ne pas l’interroger sur son passé, semble en savoir davantage sur ce code énigmatique. Hilton Cubitt est persuadé que ces dessins qui terrorisent Elsie, signifient un grave danger et le mutisme obstiné de son épouse le conforte dans cette idée.

Holmes parvient à déchiffrer cette écriture secrète et, alarmé, il se rend chez les Cubitt. Trop tard pour empêcher un drame !

Comme d’habitude, les premières minutes après le générique montrent les événements qui arrivent à ce qui sera un futur client pour Holmes.

Ici, scènes bucoliques de la campagne, une dame qui se promène dans son jardin.

Et puis, soudain, son regard fixe quelque chose que le téléspectateur ne voit pas, sa respiration s’accélère, elle angoisse, lâche son panier et court à la maison, laissant étonné ce qui semble être son mari, pour s’enfermer dans sa chambre, fermant toutes les tentures et en proie à une peur indescriptible.

Le public est déjà conscient que cet épisode ne sera pas une simple enquête banale, vu comment la femme se cache dans un coin sombre de la chambre.

Le réalisateur nous montre enfin ce que Elsie a vu et qui lui a fait peur : des petits dessins de bonshommes sur un mur. Mais pourquoi avoir peur de ces petits dessins ?

La magie de la télé nous fait ensuite basculer vers le salon du 211b Baker Street. Watson lit et Holmes joue avec son microscope.

Le silence est roi jusqu’à ce que Holmes apostrophe Watson sur le fait qu’il n’investira pas dans les valeurs Sud Africaine, ce qui troue le cul de Watson que l’on puisse entrer ainsi dans sa tête. Il est ébahi.

Holmes aurait-il un pouvoir de « divination » ? Non, il a le pouvoir de déduction, ce qui n’est pas la même chose.

Là où ça devient drôle, c’est que Holmes lui dit qu’il devrait lui faire signer un papier attestant du fait que Watson est totalement interloqué parce qu’il sait que dans 5 minutes, après les explications, son colocataire dira que c’était d’une simplicité absurde.

Watson jure qu’il n’en fera rien et Holmes lui explique le chemin de ses déductions, parlant que c’est le pouce de la main gauche de Watson qui l’a renseigné sur le fait qu’il ne voulait pas investir.

En effet, il y avait de la trace de craie qui atteste qu’il a joué au billard avec Thurston et qu’il lui avait parlé, il y a quelques temps, de ce que cet ami possédait une option sur une propriété en Afrique du Sud pour laquelle il voulait l’y associer.

Puisque le chéquier de Watson est dans le tiroir fermé à clé de Holmes et que le docteur n’a pas demandé la clé, c’est qu’il ne veut pas investir son argent là dedans !

Watson se marre et ajoute que c’était d’une simplicité absurde, ce à quoi Holmes répond avec agacement, qu’un problème une fois expliqué paraît toujours simple, avant de faire « Pom, pom, pom » ce qui ne manque pas d’intriguer Watson.

(L’intégrale du dialogue, en VO).

En effet, il n’a pas d’enquête… et il ne s’est pas tourné vers sa bouteille de cocaïne !  Holmes lui répète que une fois de plus, il voit mais n’observe pas… Watson en déduit qu’il a une enquête !

REDH tumblr_lxb2h0FUMB1qzyfwqUne nouvelle scène de plus assez drôle quand Holmes sort un papier de sa poche et le colle devant son front en faisant « PAF ! »

Voici les deux images que j’ai pu obtenir… L’animée et la statique. Il faut bien entendu supprimer le texte de la seconde.

En effet, Sherlock Holmes vient de recevoir une lettre de Monsieur Hilton Cubitt, du Derbyshire…

Il ne sera pas dit que je ne vous ferai pas voyager dans toute l’Angleterre durant le mois anglais, moi !

Peu de temps après, monsieur Cubitt arrive. C’est un homme assez réservé, amical, et amoureux de sa femme, plus jeune que lui, qu’il a rencontré lors d’un voyage. Il se sont vu, ils se sont plu et se sont pendus en se mariant.

Là, Hilton Cubitt est bien embêté avec ce qui arrive à sa Elsie chérie.

L’homme montre alors à Sherlock Holmes une série de pictogrammes représentant des petits hommes dansants, trouvés dessinés à la craie en différents endroits de sa propriété.

Elsie, sa jeune épouse américaine, lui a demandé avant qu’ils ne disent « oui » de ne jamais l’interroger sur son passé. Son futur mari a accepté et ils furent heureux, bien qu’ils n’eussent pas d’enfants.

Vu le comportement apeuré de son épouse, elle semble en savoir davantage sur ce code plus qu’énigmatique.

Hilton Cubitt est persuadé que ces dessins qui terrorisent Elsie, signifient un grave danger et le mutisme obstiné de son épouse le conforte dans cette idée.

Un tableau noir est installé dans le salon de Baker Street et Sherlock commence à tenter de craquer le code.

À chaque message inscrit dans la propriété, Hilton Cubitt les envoie à Holmes, ce qui lui permet d’avoir matière pour casser le code et déchiffrer le message selon sa technique personnelle.

Petite anecdote : Brett était gaucher et Holmes droitier. Jeremy dû donc « apprendre » à écrire au tableau de la main droite.

Bien que l’acteur fit beaucoup d’effort pour essayer d’écrire avec sa main droite, il n’y arriva jamais…

Finalement, il se résolu à se faire doubler quand on voyait Holmes écrire en gros plan.

Cette enquête est plus tournée vers le mystère avec les messages bizarres laissés un peu partout dans la propriété et l’épouse de Hilton Cubitt qui vit retranchée dans sa chambre.

Épouse qui, rappelons-le pour ceux du dernier rang, vient d’Amérique et qui lui a demandé, le jour de leur mariage, de ne jamais lui poser des questions sur sa vie antérieure.

Souvent chez Conan Doyle, on trouve les thèmes récurrents de l’opposition entre l’Angleterre et l’Amérique, l’Ancien Monde et le Nouveau, la délicatesse et la violence, etc… Cette nouvelle en fait partie.

Malgré ce danger que l’on sent poindre, nous avons droit tout de même à quelques moments exubérants quand Holmes/Brett saute en recevant un nouveau message qui lui permettra d’avancer dans son travail de décodage.

Pour finir, Holmes parvient à déchiffrer cette écriture secrète, et alarmé, se rend chez les Cubitt.

Trop tard, il n’a pu empêcher le drame.

Cubitt a été tué et sa femme, grièvement blessée à tenter de se suicider. Mais il remarque qu’une troisième balle a été tirée.

Alors puisque Sherlock Holmes, bien qu’ayant décodé les messages des « Hommes dansants » à partir de son esprit de déduction, n’a pu empêcher un drame et subit un échec avec la mort de Cubitt, il va aider la police à mettre la main sur le coupable.

Le détective va enquêter, fouiller, observer les traces de pas, interroger le personnel et trouver la réponse afin de faire en sorte que madame Cubitt puisse vivre en veuve et en paix de son passé.

Une fois de plus, Brett donne toutes ses lettres de noblesse à Holmes (mais je ne suis pas partiale).

Bon sang, plus je le regarde, plus je me dis « C’est lui, Holmes » et ceci, je ne l’ai vécu qu’avec Brett !

Lorsqu’il cherche des traces sur le sol, c’est de manière aérienne, il sait aussi jouer avec son regard, celui qui est un peu exaspéré lorsque Watson lui chuchote qu’il devrait proposer à la bonne, Mrs King, de s’asseoir pendant qu’il l’interroge sur les faits, la nuit du meurtre.

Mais Holmes comprend aussi qu’il en apprendra que mieux si la dame est plus à l’aise et il l’invitera à s’asseoir.

La boucle sera bouclée avec le piège tendu au moyen d’un message réalisé dans le code des « hommes dansants » par Holmes pour appréhender la coupable.

On finit avec le clin d’œil de la fin, quand Holmes donne à Watson le message qu’il avait fait envoyer au meurtrier en lui demandant de le lire.

« COME-HERE-AT-ONCE » déchiffre Watson avant de sourire : « Venez ici de suite » fait-il en souriant.

« How absurdly simple » lui répliquera un Holmes sérieux, faisant sourire Watson qui se souvenait du début de l’épisode, heu, de l’aventure.

Anecdotes sur la série :
S’il n’y avait pas eu de l’amitié dans la vie entre Jeremy et David Burke, ça se serait ressentit à l’écran et nous n’aurions pas eu droit à cette relation complice entre Holmes et Watson, ce qui donne un plus à la série, leur connivence permettant des échanges pleins d’humour.

Le dialogue d’intro sur le fait que Holmes balance à Watson qu’il ne va pas investir dans les valeurs Sud Africaines est très drôle et il correspond, à peu de choses près aux premières pages de la nouvelle de Conan Doyle.

Jeremy aimait beaucoup ce passage et c’est à lui qu’on lui doit la scène car l’équipe n’en voulait pas. L’acteur a donc appris son texte durant la pause déjeuner le dernier jour du tournage.

David Burke et lui jouèrent la scène en une seule prise, dans une atmosphère tendue, et réussirent à convaincre le réalisateur. Ouf, on l’a inclue ! On aurait perdu beaucoup sans cette scène.

Jeremy estimait avec Michael Cox que cet épisode était l’un des meilleurs de la saison. La nouvelle était d’ailleurs l’une des préférées de Conan Doyle lui même.

Jeremy Brett et David Burke sont aussi à l’origine de la scène où Watson consulte en cachette la monographie de Holmes et celle où Sherlock Holmes lui laisse la prérogative d’expliquer à sa place, le secret du décodage des hommes dansants.

Jeremy, qui était entretemps devenu un spécialiste « es holmésologie » tenait absolument au respect de l’œuvre doylienne.

Cela le conduisit parfois à des conflits avec les scénaristes et les producteurs quand ils prenaient trop de liberté avec les textes…

À suivre avec « La ligue des rouquins »…

Ci-dessous, une vidéo très marrante regroupant une partie des moments les plus « fun » de la série (faite par Elyon, une vieille connaissance).

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