La Voix : Arnaldur Indridason

Titre : La Voix                                                              big_4

Auteur : Arnaldur Indridason
Édition : Points (2008)

Résumé :
Mauvaise publicité pour l’hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d’enfants.

La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur ne l’entend pas de cette oreille.

Déprimé, assailli par des souvenirs d’enfance douloureux, il s’installe dans l’hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins…

 

Critique :
♫ Petit Papa Noël ♪ Toi qui as descendu ton pantalon ♫ Pour te faire câliner ton joujou ♫ Tu n’as pas oublié ton p’tit caoutchouc ♫ Mais avant de jouir, ton torse s’est fait occire ♫ Planté par un couteau… ♫ Ça a fait r’tomber ton poireau ♫ Ton p’tit imper anglais… ♪ S’est mis à flotter sur ta hampe ♫

Un sacré gros coup d’mou qu’il a eu le Père Nowel ! Dans tous les sens du terme… Alors qu’il était occupé  à se faire tutoyer la clarinette, il s’est fait trucider d’un coup de surin.

C’est avec le pantalon sur les chevilles, les couleurs en berne et la capote pendouillant sur son membre tout aussi raplapla qu’il fut trouvé par une des nettoyeuses de l’hôtel.

Son pantalon était baissé. Un préservatif pendouillait sur son membre.
— Quand tu descendras du ciel, avec tes… chantonna Sigurdur Oli en regardant le cadavre.

Lorsque le commissaire Erlendur Sveinsson et son équipe arrive, c’est dans cette attitude un peu grotesque qu’il découvre Gudlaugur, l’homme à tout faire d’un hôtel de luxe de Reikjavik, et qui jouait aussi au Père Nowel pour les enfants.

Un homme qui vivait seul, logeait dans un cagibi de l’hôtel et avait peu d’amis, pour ne pas dire « aucun » et apparemment pas de famille. Alors, pourquoi s’est-il fait tuer ? Et par qui ?? Par la dame qui officiait à genoux ? Monica Lewinsky serait-elle suspecte ?

L’enquête est assez lente, comme dans tous les romans de l’auteur et on s’attache ici beaucoup plus au commissaire Erlendur qu’aux autres membres de l’équipe – Elinborg et Sigurdur Oli – qui eux, ne pensent qu’aux fêtes de Noël.

[Note pour moi-même : éviter de lire des romans « période de Noël » lorsqu’on est en vacances sous le soleil, ça l’fait moins, niveau climat !]

On en apprendra plus aussi sur la disparition du petit frère du commissaire ainsi que sur sa fille Eva Lind, sur leurs difficultés relationnelles et les questions que sa fille se pose sur ce père trop taiseux.

« La femme en vert » avait des chapitres alternés, nous faisant découvrir la vie d’une famille, pareil pour « La cité des jarres » qui nous parlait de la guerre froide… Ne voyant rien venir ici, j’avais pensé que ce roman n’aurait pas cette profondeur qui m’avait plu dans les autres.

Et bien, je me trompais, il y avait de la profondeur et beaucoup de tristesse dans le personnage de Gudlaugur, dans son enfance et sa vie. Je regrette de n’avoir connu ce personnage qu’au travers de sa mort.

— Non, plus personne ne se rappelle qui était Gudlaugur, regretta Erlendur.

Claustrophobe, attention, ce roman est un huis-clos entre les murs de l’hôtel… Erlendur, n’en ayant rien à faire des fêtes de Noël, va se louer un chambre dans cet hôtel qui se veut luxueux mais dont le chauffage est défectueux et où le personnel n’est pas toujours aussi clean que ses chambres.

Roman glauque aussi de par ses sujets abordés : meurtres, prostitution, pédophilie, drogues, jalousies, et coups bas chez les têtes blondes.

Les fausses pistes sont au menu aussi, et j’ai adoré me faire mener en bateau.

Ce roman m’a aussi surpris par son coupable, habituée que j’étais à ressentir de l’empathie pour les meurtriers des romans d’Indridasson.

Et puis, événement international, il y a quelques touches d’humour qui m’ont bien fait sourire…

— Pour l’amour de Dieu, supplia le directeur en serrant son mouchoir et en adressant à Erlendur un regard implorant. Il s’agit seulement du portier.
Erlendur se fit la réflexion que dans cet hôtel-là, Marie et Joseph n’auraient jamais obtenue de chambre.

— Je n’ai pas les idées aussi mal placées que toi, répondit Sigurdur Oli en jetant un regard à Erlendur.
— Les idées mal placées ! Est-ce que le Père Noël avec le pantalon baissé et une capote sur la quéquette serait sorti de mon imagination ?

Erlendur faisait de son mieux pour faire abstraction de sa poitrine mais avait bien du mal à s’empêcher de la regarder. Il n’avait jamais vu des seins aussi gros sur un corps aussi fin et fluet.

Erlendur ne put pas s’empêcher de poser la question :
— Vous avez vraiment besoin de toute cette poitrine ?
— Vous ne trouvez pas qu’ils sont beaux ? répondit-elle en les remontant pour les exposer avec toutefois une grimace. Ces coutures me font souffrir le martyre, soupira-t-elle.
— Si, et en plus ils sont… gros, la consola Erlendur.
— Et flambants neufs ! renchérit Stina toute fière.

Ainsi que de nombreux moments qui m’ont plus touchés.

Pas aussi merveilleux que « La femme en vert », mais ce roman possède des qualités qui font de lui un très grand roman fort sombre.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand Prix de la Littérature Policière 2007), Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

Publicités

30 réflexions au sujet de « La Voix : Arnaldur Indridason »

  1. Allez, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas te suivre sur ce coup là 😉
    Autant j’avais adoré La femme en vert, autant avec celui-ci je me suis ennuyé à mourir…

    J'aime

  2. Personnellement j’avais également beaucoup apprécié La femme en vert, dont la construction était très maîtrisée. Je me souviens avoir apprécié La voix, mais à vrai dire, son souvenir s’est pas mal estompé dans ma mémoire… Peut-être pas un incontournable !

    J'aime

    • La femme en vert est assez haut dans le niveau, je l’ai adoré à mort ! Sans doute que « la voix » est un cran en-dessous du fait qu’il n’y a pas cette alternance de chapitres. Malgré tout, je l’ai adoré aussi 😉

      Pour la mémoire, Alzheimer fait des ravages… ;D

      J'aime

  3. 1/ ça me fait penser qu’il faut que je reprenne mon défi nordique !
    2/: lire des thrillers nordiques : ça rafraîchit l’été !!! (ok, sans Noël) (d’ailleurs, j’en ai pris des tas pour ma PAL à emporter en vacances)

    J'aime

    • 1. Je me devais de bosser un peu pour le challenge nordique aussi 😀
      2. ça ne rafraichit pas autant qu’une pastèque ou un plongeon dans la piscine 😀

      Mais ça fait du bien, un Indridasson pendant les vacances 😉

      J'aime

  4. La vraie mort, la réelle, au moment de la « petite mort », c’est vraiment très cruel ! Il y a des assassins vraiment sadiques ! Mon collègue québécois a moins apprécié que toi ce bouquin. Alors comme je tiens compte de son avis et du tien, je suis très indécis.

    J'aime

    • La mort est belle, au moment de la jouissance, non ?? Comme ce ministre mort alors que sa maîtresse lui pompait la clarinette. On la surnomma « La pompe funèbre » 😆

      Il faudrait savoir les choses qu’il a le moins appréciées et que je te dise ce que moi j’ai aimé, ainsi, tu auras des précisions en plus 😉

      Sinon, tenter le coup toi-même afin de te faire ton propre petit n’avis !

      J'aime

  5. J’avais beaucoup aimé le femme en vert et ce petit est dans ma pal….j’imagine qu’il se fera bientôt entendre avec un titre pareil!!ahahahha

    J'aime

  6. J’ai failli le prendre hier en librairie mais je voulais commencer par le début, c’est-à-dire  » La femme en vert », donc étant déjà bien chargée, ce sera pour une prochaine fois (ha oui : ils n’avaient plus la femme en vert)…
    Dis-moi ! : là tu m’embrouilles, je viens de noter La femme en vert pour le challenge « A tous prix » mais c’est le lien de La Voix, je suis perdue, je fais quoi ??? Groumpf !!! 😆

    J'aime

    • Non, non, non, ma fiche est sur « La voix » qui a eu le prix indiqué !! Lorsque j’ai lu et publié « la femme en vert », je n’étais pas inscrite à ton challenge ! 😀

      Note « la voix » et chante mes louanges ! 😉 Je faisais juste un rappel avec son autre livre que j’avais adoré !

      J'aime

      • OK, OK, ne t’énerve pas, je sens que tu me fais une poussée de tension là !!! Le drôle de l’histoire est que tu m’as écrit : LA FEMME EN VERT dans ton comm, c’est pour ça que je demande !!!! Hé ho, y’a pas que moi qui bloblote du caberlot !!! 😆 Je vais changer, no soucyyyy !!! 😆

        J'aime

  7. C’est le premier de la série que j’avais lu (et le seul d’ailleurs).
    Pareil que toi, j’étais en train de crever de chaud en attendant le début d’un festival.

    Je me souviens que j’avais beaucoup aimé mais je me rappelle peu de l’histoire, faudrait que je remette la main dessus mais j’aimerais bien commencer par le début du coup 🙂

    J'aime

  8. Bonsoir, pas mon préféré d’Indridason mais très bien quand même. Personnellement, j’ai beaucoup aimé Etranges rivages où l’on retrouve Erlendur après deux romans d’absence. Bonne soirée.

    J'aime

C'est à votre tour d'écrire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s