La nuit du chasseur : Davis Grubb

Titre : La nuit du chasseur                                  big_5

Auteur : Davis Grubb
Édition : Série Noire Gallimard / Folio

Résumé :
« Pendi, pendu, pendant ! Vois ce qu’a fait celui qui pend. Pendu, pendi, pendant ! Vois le voleur se balançant ! ».

C’était la chanson que chantaient les enfants : tous les enfants du débarcadère de Cresap sauf, bien entendu John et Pearl.

Car leur père qui s’était promis de ne plus voir des gamins mourant de faim a fini au bout d’une corde. Et parce qu’il a planqué un magot, ses orphelins vont croiser la route meurtrière de Prêcheur. Son charme. Sa si belle voix. Sa violence cachée…

John, neuf ans, devra se défendre seul et protéger sa sœur. Il devra résister au charme immonde du Mal, être plus fort que sa naïve mère, que les odieux voisins…

Il devra fuir pour survivre, pour tenir sa promesse…

Critique : 
Il est des livres terrifiants, ceux qui vous font dresser les cheveux et qui vous malmènent le palpitant sans avoir besoin de vous sortir des monstres du placard, des vampires de tombes sinistres ou des cadavres sanguinolents et torturés.

Tout l’art de foutre la trouille se trouve dans l’atmosphère de ce roman : sombre, plombée, angoissante, étouffante, oppressante. Ce combat psychologique entre un homme (un magnifique salaud) et un enfant qui gardera les lèvres scellées…

Que lui veut-il ? Faisons un bref retour en arrière.

La crise de 1929 fut terrible. Tout le monde garde en mémoire ces banquiers se défenestrant ou ces gens jetés sur les routes, ces familles Joad partant en quête d’une hypothétique vie meilleure en Californie.

Les années qui suivirent furent dures pour tous et parce qu’il ne voulait pas voir ses enfants souffrir de la faim et parce qu’il voulait leur offrir une vie meilleure, Ben Harper a braqué la banque, dérobant 10.000$ et tuant les deux caissiers.

Les hommes en bleus (pas des membres de l’UMP) sont venus l’arrêter devant ses enfants mais avant cela, il avait eu le temps de cacher le magot, faisant jurer à John et à la petite Pearl de ne jamais rien dire et de garder le secret.

Ces incommensurables imbécilités qui furent de voler et de faire jurer le silence sur sa planque à deux enfants de 9 et 5 ans seront complétées par la pire autre connerie qu’il pouvait faire…

Attendant sa pendaison, Ben Harper se vantera devant un autre détenu que l’argent existe toujours, un homme qui se présente comme un homme de Dieu et nommé le Prêcheur, Robert Mitchum pour le cinéma.

Les anciens se souviennent que « Love-Love » était le surnom donné à Marlène Jobert par Charles Bronson dans « Le passager de la pluie ».

Ici, nous avons « Love-Hate » : les mains du Prêcheur Harry Powell sont tatouées au niveau des phalanges. Sur la droite, le mot « LOVE » et sur la gauche, celle dont il dit que ce fut la main avec laquelle Caïn tua Abel : « HATE ».

Cette dualité qui habite le Prêcheur a plus tendance à basculer du côté obscur de la Force, heu, de la haine.

Portant le masque de la gentillesse et de l’Amour Divin, Harry Powell est prêt à tout pour mettre la main sur le pactole. Il a du charme, c’est un beau parleur, un bon prêcheur et les femmes l’aiment bien.

Toutes les femmes ? Oui ! Ne reste pour lui résister que le petit John, neuf ans, qui a très bien compris que cet homme ne vise qu’une chose : la magot de son père.

Le petit John sait pourquoi Powell veut s’introduire dans la maison, il sait très bien pourquoi il séduit sa mère… Il sait qu’il doit garder le silence et protéger sa sœur au péril de sa vie, s’il le faut. Le plus mature dans tous les adultes qui l’entourent, c’est John, neuf ans ! Sa mère, elle, est bête à manger du foin.

Les scènes entre le Prêcheur et John sont des moments fort pour le petit cœur fragile du lecteur. Cet homme est d’une cupidité qui fait froid dans le dos, le tout camouflé derrière sa foi intransigeante et ses belles paroles sur le péché, le tout enrobé de paroles doucereuses et mielleuses.

Il sut presque aussitôt que Prêcheur était là où bien avait été là un instant auparavant, car il y avait son odeur dans l’air silencieux et c’était, à ses narines, comme l’odeur de l’épouvante.

Un huis clos qui vous oppressera et un  Méchant qui renverrait presque l’infirmière Annie Wilkes (Misery) au rayon des gentils.

Heureusement que dans tous ces crétins bêlant devant le Prêcheur, il y en aura d’autre pour se dresser devant lui.

Pas de temps mort, une ambiance à vous glacer les sangs, des personnages forts, un style qui frappe et une lecture qui vous laisse groggy, mais heureuse.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, Le « Challenge US » chez Noctembule, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore et Ma PAL « Canigou »… C’est du massif !

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33 réflexions au sujet de « La nuit du chasseur : Davis Grubb »

    • 1953… oui, en fait, c’est un SP de complaisance pour l’auteur qui doit manger ! 😆 Attention, c’est une avant-première, hein, tu le trouveras en commerce que dans quelques mois ! 😀

      Jamais vu le film par contre, mais je compte combler cette lacune. 😉

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        • Oui, un SP post-mortem… 😆 y’a pas que la nouveauté dans la vie, celui qui n’aime pas les nouveaux romans, il lui reste encore à se plonger dans les oldies et on trouve de l’excellent choix !

          Ah, tu vois, toi aussi tu fais dans le SP post moderne ! heu, mortem !

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  1. J’adore le film, il est superbe et l’interprétation de Mitchum et la mise en scène sont grandioses je trouve ! Je savais qu’il existait en livre mais ton avis me donne envie de l’acheter!
    Si tu as aimé Mitchum dans ce rôle de méchant effrayant, tu devrais voir Les nerfs à vif, il fait un nouveau méchant qui fait de la concurrence au pasteur !

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  2. Il faudra que je le lise celui-ci.
    Comme beaucoup, je ne connais que le film que j’ai beaucoup aimé.
    Un film à la mise en scène parfois surprenante mais brillante.

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  3. Je suis éblouie par tant de nouveauté :p Le livre tout comme le film me sont totalement inconnus, il va falloir que j’y remédie surtout si tu me parles de péchés !

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  4. Ping : Bilan Livresque : Juillet 2014 | The Cannibal Lecteur

  5. On avait vu le film en cours d’anglais, au collège ou au lycée. Ca commence à dater mais il m’avait énormément marquée. Tu me donnes terriblement envie de prendre le temps de lire le livre, maintenant.

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  6. La nuit du chasseur, c’est aussi une chanson de 30 seconds to Mars… J’avoue que quand j’ai vu le titre de ton article, c’est a ca que j’ai pense en premier… C’est assez violent aussi, mais ca m’etonnerai qu’ils se soient inspires de ce livre/film (c’etait le commentaire qui ne sert a rien, voire qui est totalement hors sujet 😉 ).

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  7. Ping : Le challenge USA revient | 22h05 rue des Dames

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