Bilan Livresque : Juillet 2014

Et en juillet, quoi de neuf niveau bilan ?? 13 livres dévorés et 1 manga, je suis contente de moi surtout qu’il y en avait des bien dodus dans ma sélection livresque.

Un grand cru aussi car j’ai eu quelques Coup de coeur (7) ! Sans oublier deux tomes en moins dans ma PAL Noire (grâce aux LC de Bianca).

Le mois a commencé avec la LC pour Bianca : « Ashworth Hall » de Anne Perry (commencé le 30 juin au soir) et qui me fait diminuer ma PAL Noire d’un titre ! (ICI) Un huis-clos hors de Londres et sans « tea time », ça nous change !

Commencé en juin, pas ajouté sur le bilan de juin puisque mit en pause le temps de lire le roman d’Anne Perry de la LC, j’avais omis de notre « Un intérêt particulier pour les morts » de Ann Granger (ICI) ! Très agréable, Londres antérieur à Sherlock Holmes, mais il y avait comme un parfum des enquêtes de Charlotte et Pitt !

Un emprunt avec ce court roman de Jérémie Guez « Paris la nuit » que j’ai adoré mais dont je n’ai pas tiré de chronique. Si la descente aux enfers de deux jeunes après un braquage vous tente, commencez avec ce roman court mais percutant.

Depuis quelques temps, il m’attendait bien sagement le « Donnybrook » de Franck Bill (ICI). Un véritable coup de coeur que ce roman noir dont je ne m’attendais pas à une telle tournure. Superbe.

Puisque j’étais bien installée dans les romans noirs et coups de coeur, j’ai poursuivi avec le très sombre « Mais c’est à toi que je pense » de Braunbeck (ICI). Ceci n’est pas un livre pour les âmes sensibles, même si l’auteur a réussi à mettre de la tendresse dans son récit.

La lecture, c’est ma drogue… mais elle fait moins de dégâts que celle fumée, injectée, sniffé dans « La faux soyeuse » d’Éric Maravélias (ICI). Si une personne de votre entourage vous dit qu’il pourrait prendre de la drogue et gérer le tout, fichez-lui ce livre dans les mains ! Un coup de pied au cul et un autre coup de cœur. Le troisième et c’est pas terminé.

Ayant lu « 1275 âmes » de Jim Thompson, sachant que le titre original était « Pop. 1280 » et qu’il manquait donc 5 âmes, je me suis penchée – dès que je l’ai trouvé – sur « 1280 âmes » de Jean-Bernard Pouy (ICI) qui a créé le détective Pierre de Gondol qui va enquêter sur les 5 âmes disparues du roman lors de sa traduction. Génial ! Humour et enquête littéraire.

J’avais fait une petite incursion sur le continent Américain dans le roman précédent, alors j’ai décidé de sortir de ma PAL d’exception le prometteur « Trois mille chevaux vapeurs » d’Antonin Varenne (ICI). Le voyage fut parfois violent, mais je ne le regrette pas, malgré les chevauchées dans les montagnes qui ont mis mes fesses à vif. Mon quatrième coup de cœur.

Niveau manga, c’est le tome 16 de Black Butler (ICI) que j’ai lu ce mois-ci. L’enquête de Ciel et Sebastian continue au Weston College et ne prendra pas fin dans ce tome.

Ne reniant jamais mon vice, j’ai attrapé le premier tome de la « Jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Prélude 1 » de Pardheillan (ICI) qui a inventé une jeunesse à mon détective préféré. Plus un roman initiatique sur la future méthode holmésienne qu’un roman policier avec des enquêtes. Les enquêtes sont justes là pour agrémenter le tout.

Mon cinquième coup de cœur fut pour le « Dossier 64 » (ICI) de Jussi Adler-Olsen qui décidément, ne me lasse pas avec son « Département V ». La manière dont le récit est agencé éveille notre curiosité et lui permet de nous coller son pied au cul.

Avec un peu d’avance parce que je pensais que je n’aurais plus le temps de lire autre chose ensuite, je me suis dépêchée de sortir « Brunswick Gardens » d’Anne Perry (ICI) pour la LC du mois d’août chez Bianca. Un tome un peu endormant… mais un second titre en mois sur la PAL Noire.

Mitchum, vous connaissez ? Et bien, c’était lui qui jouait le rôle du méchant dans « La nuit du chasseur » réalisé par Charles Laughton (1957) et tiré du roman de Davis Grubb qui fut publié en 1953 (ICI). Un duel magnifique entre un petit garçon de 9 ans et un prêcheur qui veut lui faire dire où son père a enterré le magot volé à la banque. Sixième coup de coeur !

Mon septième et dernier coup de cœur du mois est pour « Une terre d’ombre » de Ron Rash (ICI). Un récit émouvant, envoutant, passionnant sur les dommages collatéraux de la Grande Guerre, même au-delà de l’océan.

Bilan Livresque Juillet : 13 romans + 1 manga

  1. Ashworth Hall : Anne Perry (commencé le 30 juin au soir) (PAL Noire)
  2. Un intérêt particulier pour les morts : Ann Granger
  3. Paris la nuit : Jérémie Guez
  4. Donnybrook : Franck Bill (Coup de coeur)
  5. Mais c’est à toi que je pense : Braunbeck (Coup de coeur)
  6. La faux soyeuse : Éric Maravélias (Coup de coeur)
  7. 1280 âmes : Jean-Bernard Pouy
  8. Trois mille chevaux vapeurs : Antonin Varenne (Coup de coeur)
  9. Jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Prélude 1 : Pardheillan
  10. Black Butler – Tome 16 : Yana Toboso
  11. Dossier 64 : Jussi Adler-Olsen (Coup de coeur)
  12. Brunswick Gardens : Anne Perry (PAL Noire)
  13. La nuit du chasseur : Davis Grubb (Coup de coeur)
  14. Une terre d’ombre : Ron Rash (Coup de coeur)
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Une terre d’ombre : Ron Rash

Titre : Une terre d’ombre                                          big_5

Auteur : Ron Rash
Édition : du Seuil (2014)

Résumé :
Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit : rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent.

Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière.

Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d’une flûte en argent.

L’action va inexorablement glisser de l’émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l’ignorance et à la peur d’une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.

La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l’intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.

Petit plus : Après « Le Monde à l’endroit » (Seuil, 2012), « Une terre d’ombre » prolonge une réflexion engagée par l’auteur sur la folie guerrière des hommes, tout en développant pour la première fois dans son œuvre romanesque une histoire d’amour tragique qui donne à ce récit poignant sa dimension universelle.

Critique : 
Il est des livres que l’on dévore, voulant à tout prix découvrir l’entièreté de l’histoire, respirant à peine… tout en se disant que lorsqu’il sera terminé, on en sera peinée.

Ce fut le cas ici. Dévoré en un jour, incapable de le lâcher, mais triste de l’avoir terminé, triste de quitter certains personnages tout en ayant envie d’en passer d’autre à la broche à rôti.

États-Unis, 1918. Sur le Vieux Continent, celle que l’on nomme déjà la Der des Der bat toujours son plein, remplissant les fosses communes, dressant les hommes l’un contre l’autre, éveillant des haines contre l’ennemi : le boche, le casque à pointe, le teuton…

Laurel Shelton et son frère Hank vivent dans une petite ferme isolée au fond d’un vallon tellement encaissé que le soleil ne luit que quelques heures en été. Rien ne pousse, ou si peu. Pour eux, la vie n’est pas facile, surtout que Hank a laissé une main dans les tranchées en France.

Pour les habitants de Mars Hill, cette terre est maudite et ceux qui y vivent aussi. Surtout que Laurel porte une tache de naissance un peu disgracieuse et que tous la croient sorcière et se signent presque à son passage. Bref, le frère et la sœur sont des bannis, des exclus, des parias et on verse du sel à l’entrée de leur domaine.

Bienvenue à « Préjugés Hill » où les habitants de la ville ont des esprits aussi étroits que le chas d’une aiguille et la plupart sont rempli d’amertume.

Entre le sergent recruteur qui se fait regarder de travers parce qu’il n’est pas allé casser du boche, ceux qui se gaussent de lui mais n’ont pas eu les couilles de traverser l’océan pour mater les casques à pointes, ceux qui en sont revenus et déclarent que ce n’est qu’une vaste boucherie pour gagner quelques arpents de boues et cette haine de l’Allemand qui tout doucement s’installe.

La vie misérable de Laurel avait l’air toute tracée jusqu’à ce qu’elle croise Walter, un jeune homme mal en point, muet et jouant de la flûte comme un dieu. Entre eux va se développer quelques chose de fort, de beau…

Ami du trépidant, va t’amuser dans un thriller ou revisionne l’intégrale de « 24h chrono » parce que ici, l’action est peu présente, mais ce n’est pas ce que l’on cherche dans un roman de Ron Rash.

Nous sommes face à un récit râpeux comme un vieux vin, long en bouche et avec des senteurs douces et sucrées de miel. Oui, dans toute cette misère, l’auteur nous construit une histoire d’amour qui ne tournera pas à la guimauve, évitant la mièvrerie et émerveillant son lecteur.

Amis du tragique, bonjour. N’étant pas dans un Harlequin, vous vous doutez que la tragédie nous guette.

L’imbécilité de l’homme qui craint ce qu’il ne connait pas, qui a besoin d’un bouc émissaire pour expurger ses propres fautes, qui veut jouer au dur parce qu’il veut montrer qu’il en a dans le froc et se faire un boche, puisqu’il n’est pas allé le faire sur le front en Europe.

Vous me direz que nous sommes un siècle plus tôt, dans un coin des Appalaches en Caroline-du-Sud, qu’il est donc normal d’avoir l’esprit plus étroit que le cul d’une pucelle qui subirait les assauts d’un troll… (étroit pour le troll, bien entendu !)

Oui, mais le problème est que l’être humain traine cette tare depuis la nuit des temps et que si un conflit revenait sur notre continent, beaucoup se comporteraient comme les habitants aussi bêtes que méchants de la ville de Mars « Préjugés » Hill.

On traquerait l’ennemi, se moquant bien qu’il soit vieux et inoffensif puisqu’il est moins dangereux de s’attaquer à lui qu’à un bataillon de militaires armés ! Oui, l’homme est un peu couard…

Un roman tout en finesse, sans mièvrerie, une écriture qui claque comme un coup de fusil dans la nuit et une manière de dénoncer les dommages collatéraux d’une guerre qui se déroule pourtant de l’autre côté de l’océan, sur l’accueil haineux des étrangers sur le sol du pays, sur la folie des hommes et les superstitions bêtes (qui survivent toujours en 2014 !).

Un roman aussi sombre que le vallon qu’il décrit, aussi dur et sans pitié que lui mais traversé aussi par des rayons de soleil avant que l’obscurité ne reprenne ses droits.

La nuit est tombée sur le vallon et on referme le livre avec une étrange sensation dans la gorge, comme si un nœud s’y était installé.

Merci Laurel, Hank, Walter et Slidell…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015),Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.