Le mois américain : Septembre 2014

Mon mois anglais en juin avait été consacré à deux grandes figures de l’Angleterre victorienne : Sherlock Holmes pour le côté « justice » et « littérature » et Jack l’Éventreur pour le côté « mauvais » mais « réel ».

Une grosse partie des auteurs présents dans mon écurie Palesque sont en majorité des yankees. J’aurais pu en sortir quelques uns, mais j’ai préféré faire tout autre chose.

C’est pourquoi j’ai décidé, durant le mois américain, de me consacrer à ce qui fait aussi l’Amérique : le western !

Réanimez cette pauvre Titine, je n’ai nullement l’intention de d’enquiller tous les westerns spaghettis et de la submerger avec 69 fiches, mais juste de présenter quelques bandes dessinées consacrées au western, far west, cow-boys, et d’un genre toutes différentes.

Au lieu de me consacrer à une seule collection, comme j’aurais pu le faire en relisant toute mes bédés de « Comanche », j’ai préféré diversifier les choses et faire quelques fiches sur un panel allant de bédés « humoristique », « gentillet » à « violentes » et « pas pour les enfants ».

Voilà pourquoi je commenterai mes « Lucky Luke » préférés pour le côté humour et familial, que je vous parlerai des premiers tomes de la série « Comanche » pour le côté « violent parfois », que le côté « gentillet » sera réservé à quelques titres de la série « Jerry Spring » et la partie « pas pour les enfants » sera réservée à « Durango ».

En plus j’ai un marathon lecture qui vient de s’ajouter pour le week-end du 5 au 7 septembre ! Réanimez Titine, je vous prie ! 😆

Malheureusement, je n’aurai sans doute pas le temps de vous causer de la série « écolo réaliste » qu’est « Buddy Longway » ni de la très réaliste et sans fin qu’est la très célèbre série « Blueberry ». Lire des bédés, ça va vite chez moi, mais ça met plus de temps pour rédiger les chroniques…

Niveau séries, quelques unes que j’adore ou que j’ai découvert alors que je n’aurais pas misé un kopeck dessus.

« Esprits criminels » fait partie de mes séries policières préférées, j’adore ces mentalist du comportement humain, les personnages, l’ambiance, trash parfois, et même si je n’ai plus trop suivi les dernières saisons pour manque de temps, elle reste une de mes préférées.

« Elementary », au départ, bof, je n’en attendais pas grand-chose, surtout après avoir vu « Sherlock BBC » mais je dois dire que j’ai apprécié la suivre et que sans casser trois pattes à un unijambiste, elle se laisse voir avec plaisir, mais Jonny Lee Miller ne sera jamais un Holmes pour moi.

« Deadwood » était  une super série western, très trash, puant le purin, le pot de chambre et les sous-vêtements pas frais (jaunes devant et brun derrière) mais qui a vu sa réalisation s’arrêter après 3 saisons car peu suivie par les spectateurs. Je resterai sur ma fin, merci les gars !

Avec « The Big Bang Theory » j’étais mitigée… ma sœur m’avait fait visionner un épisode qui passait sur M6 mais je n’avais pas accroché. Il faut dire que j’étais crevée et que puisque nous étions 6 avec mes parents, la séance télé n’était pas dans ses meilleures conditions.

Une fois seule à la maison (Chouchou est un silencieux) j’ai repris la série à son premier épisode et là, je vous avoue que j’ai pissé de rire !

Séries dont je voudrais réaliser une fiche :

  • The Big Bang Theory
  • Elementary
  • Deadwood
  • Esprits criminels

Articles :

  • Le roman noir américain et sa traduction à la « mord-moi l’fion »

Romans :

  • La malédiction du gitan : Harry Crews

Bilan Livresque : Août 2014

Le mois daoût peut regarder le mois de juillet sans rougir !

Son score est le même : 13 livres lus et 1 manga, même si toutes les chroniques ne sont pas terminées.

Tout d’abord, j’ai commencé le mois par une réconciliation avec l’inspecteur norvégien Harry Hole qui m’avait fortement déçu lors de la lecture du premier tome.  Il n’en fut pas de même pour le deuxième « Les Cafards » de Jo Nesbø (ICI). Harry arrête la boisson et enquête un peu plus sérieusement sur l’affaire qui l’a envoyé en Thaïlande.

J’ai encore mieux aimé le second tome lu des aventures du shérif Walt Longmire ! Un très grand moment de lecture passé avec « Le Camp des morts » de Craig Johnson (ICI). Un récit qui vous entraîne dans le Wyoming profond, au fin fond du trou du cul de l’Amérique, dans une ville où j’ai plaisir à poser mes valises pour suivre les pérégrinations de Walt.

Il m’avait été recommandé chaudement par Yvan qui m’avait signalé, en live, que je ne devinerais jamais la fin. Il avait raison, j’ai pris un coup de pied au cul avec « Un long moment de silence » de mon concitoyen Paul Colize (ICI). « Double effet Kisscool » garantit.

« Baiser d’adieu » de Gurthie (ICI) m’a transporté à Édimbourg. Là, si on a besoin d’emprunter de l’argent, on va trouver Cooper. Et si on ne rembourse pas à temps, on reçoit la visite de Joe Hope et de sa batte de base-ball.

Mitigée avec « Et ne cherche pas à savoir » de Marc Behm. Il y a du très bon, dans ce livre, mais certains passages m’ont un peu dérangé (ICI).

Coup de coeur avec « Né sous les coups » de Martyn Waites (ICI). Ce roman jongle avec deux périodes, celle de 1984 et 2001,nous faisant changer d’époque mais avec les mêmes personnages, sans savoir ce qui s’est passé pour eux pendant ces 17 ans (on le saura à la fin). Un roman aussi noir que l’anthracite mais au bout du tunnel, il y a souvent de la lumière…

Dommage que la traduction des Série Noire n’ait jamais été exécutée de manière correcte et que les textes originaux étaient coupés ou réécrit… Cela a dû enlever une partie de l’écriture de Peter Cheney dans son roman « Cet homme est dangereux », publié en 1946 chez Gallimard (ICI). Malgré tout, un bon moment passé avec tout ce petit monde de la truanderie, chacun s’amusant à planter le couteau dans le dos de l’autre. Les bons mots sont légion et les métaphores bien tournées (de l’auteur ? de la traduction ?).

C’est parce qu’on me l’avait prêté que j’ai lu de suite « Quatre racines blanches » de Jacques Saussey (ICI). Allez, un petit voyage au Québec, sous la neige qui commence à tomber. Roman policier « classique » additionné de la triste réalité des bandes urbaines, des gangs, des yakusa, le tout sur fond de réserve indienne, véritable zone de non-droit, ce roman est un récit détonnant qui se lit très vite et facilement.

Autre coup de coeur avec « Smoky » de Will James (ICI). Une merveilleuse histoire d’amour entre un homme et un cheval, Smoky est aussi un incomparable témoignage des traditions de l’Ouest américain. Une belle lecture qui me laisse avec une grande douleur dans la mâchoire…

Petit piochage dans la PAL Noire grâce aux lectures communes chez Bianca. Hop, on exhume « Bedford square » de Anne Perry (ICI). L’honneur, la réputation… vaste programme pour ce roman ! Roman court, sans temps mort, qui fait la part belle à des personnages que j’apprécie beaucoup et où on se creuse les méninges en se demandant qui est le « blackmailer » et pourquoi il fait chanter 6 hommes haut placés qui n’ont pas l’air d’avoir de rapports entre eux.

Une page sombre de l’histoire de l’Irlande catho est évoquée dans « Le martyre des Magdalènes – Une enquête de Jack Taylor » de Ken Bruen (ICI).  Jack Taylor est un ancien flic viré pour abus de la boisson et qui n’a qu’une envie, c’est qu’on lui foute la paix. Mais le voilà chargé de retrouver « L’Ange des Magdalènes », ces institutions qui s’occupaient des filles-mères. Un roman noir qui m’a fait découvrir un autre univers, celui de l’Irlande.

Puisqu’en étais aux bonnes résolutions qui me poussent à découvrir des auteurs méconnus (mais possédés dans ma PAL), je me suis attaquée à un autre auteur de romans noirs, Ed McBain, avec son « Branle-bas au 87 » (ICI). Dans le genre déroutant, on ne fait pas mieux ! Alors que vous suivez l’enquête, bardaf, vous avez le coupable qui passe à table et vous raconte tout, étalé sur plusieurs chapitres ! Un truc de fou mais ça passe.

Commencé ce 31 août mais pas encore fini, j’ai sorti de ma « Pedigree PAL » ce roman d’Harry Crews, auteur que j’avais déjà découvert dans « Nu dans le jardin d’Eden ». Ici, c’est un autre roman mettant en scène des « monstres » avec « La malédiction du gitan » (EN COURS).

Il était temps que j’achète le tome 5 de City Hall afin de savoir. Je vous en dirai plus le mois prochain.

Bilan Livresque Août : 13 livres et un manga

  1. Les Cafards : Jo Nesbo
  2. Camp des morts (le) : Craig Johnson
  3. Un long moment de silence : Paul Colize
  4. Baiser d’adieu : Gurthie
  5. Et ne cherche pas à savoir : Marc Behm
  6. Né sous les coups : Martyn Waites
  7. Cet homme est dangereux : Peter Cheney
  8. Quatre racines blanches : Jacques Saussey
  9. Smoky : Will James
  10. Bedford square : Anne Perry (PAL Noire)
  11. Le martyre des Magdalènes – Une enquête de Jack Taylor : Ken Bruen
  12. Branle-bas au 87 : Ed McBain
  13. La malédiction du gitan : Harry Crews (EN COURS)
  14. City Hall 5 : Lapeyre et Guerin

Le martyre des Magdalènes – Une enquête de Jack Taylor : Ken Bruen

Titre : Le martyre des Magdalènes : Une enquête de Jack Taylor

Auteur : Ken Bruen                                                                              big_3-5
Édition : Gallimard (2008)

Résumé :
Lessivé, rincé par sa dernière enquête, Jack Taylor tente d’en faire passer le goût amer en éclusant des pintes de Guinness au comptoir de son pub préféré. Alors qu’il répète à qui veut bien l’entendre qu’on ne l’y reprendra plus, Jack est sommé par un caïd local de retrouver « l’ange des Magdalènes ».

Contraint et forcé d’accepter afin de s’acquitter d’une dette d’honneur, Jack se retrouve au cœur d’un fait divers des années 1960, et croise bientôt les fantômes des « Magdalènes », des filles-mères reniées par leurs familles, exploitées dans des couvents catholiques où elles lavaient leurs péchés en travaillant comme blanchisseuses.

Hanté par ses échecs passés, poursuivi par une police locale qui lui cherche constamment des crosses, Jack va tenter de retrouver cet « ange », une mystérieuse femme qui serait venue en aide à ces pauvres filles mises au ban de la société.

Cependant, comme l’alcool, la vérité est bien souvent trompeuse. Gare au retour de flamme. Ce qui s’annonçait comme une mission rédemptrice va vite se transformer en chemin de croix.

Le martyre de Jack Taylor ne fait que commencer…

Critique : 
Si vous trouvez que le commissaire Erlendur est trop hanté par ses souvenirs, si vous pensiez qu’un flic ne pouvait pas être plus imbibé que l’inspecteur Harry Hole ou le privé Matt Scudder et qu’on ne pouvait pas faire plus torturé que le sergent sans nom qui enquêtait sur la mort de Dora Suarez, et bien, c’est que vous n’avez pas encore fait connaissance avec Jack Taylor…

Ancien guarda (flic), Jack Taylor s’est fait virer pour abus de substances illicites, dont l’alcool et la Guiness. Le savoir-faire des brasseurs n’était pas dégusté avec sagesse. Sans parler d’une petite « snifette » de temps à autre. Là, il vit dans un petit hôtel.

« Les alcooliques sont presque toujours des gens charmants. Ils sont bien obligés car ils doivent se faire de nouveaux amis en permanence. Ils consument les précédents ».

Alors qu’il fait briquer le zinc d’un pub avec ses manches (comprenez qu’il y est accoudé), un truand lui demande d’éponger sa dette en retrouvant « l’ange des Magdalènes », celle qui aurai sauvé des jeunes filles, dont la mère du truand.

Magdalènes ? Quoi t’est-ce ?? Pour ceux qui ne le sauraient pas, dans l’Irlande catho, les « Maisons des Magdalènes » étaient des charmantes institutions, tout ce qui a de plus légales, où des charmantes bonnes sœurs avaient la mission de purifier les filles mères ou toutes autres pécheresses. Amen.

Afin d’expliquer à ces gamines que ce qu’elles avaient fait était « mal », on leur donnait comme mission de s’occuper de la lessive, le tout dans des conditions de travail qui ferait défaillir le plus zen des syndicaliste. L’église – bénie soit-elle – se faisant bien entendu rétribuer pour ce service, les clients occultant les sévices reçus par ces filles.

Comme on se fichait pas mal de la cause qui avait planté un polichinelle dans le tiroir de ses jeunes filles – viol familial ou autre – on leur faisait payer leur ignominie afin de laver plus blanc que blanc leurs péchés imaginaires. La dernière de ces maisons a fermé dans les années 1990. Ite missa est… Circulez, y’a plus rien à voir !

Sérieusement, si ces bonnes sœurs méritent le peloton d’exécution et la damnation éternelle dans les flammes de l’Enfer, Jack Taylor aussi. Parce que niveau « enquête », il est à fouetter ! Je dirais même qu’il n’en a rien à branler, malgré le fait que son truand psychotique de client ait failli lui coller des traces de freinage dans le slip en lui donnant des frayeurs à coups de roulette russe. Non, ça le fera pas se remuer plus que ça…

De plus, Jack s’est vu confier une autre enquête sur une veuve qui aurait tué son mari. L’enquête étant demandée par le beau-fils. Là aussi, rien à battre, il continue de s’imbiber grave et décide que la veuve est innocente.

Il est dit dans une critique qu’on ne suit pas Jack pour ses enquêtes et c’est bien vrai. Non, on suit ses aventures dans les brumes de l’alcool et du brouillard de poudre blanche pour tout autre chose. Les ambiances… les mots d’irlandais, sa nonchalance, ses pensées, ses bons mots, son je-m’en-foutisme, sa manière de se mettre la terre entière sur le dos, son manque de morale absolue.

— Je vous emmerde, Jack Taylor. Vous êtes un individu méprisable.

La quête du savoir est semblable à un joli petit cul dont vous savez pertinemment que vous ne devriez pas essayer de vous le faire, à la fin, vous essayez quand même.

Comment enjoint-on à un homme de partir, en termes vulgaires ? Dégage, tire-toi, fous le camp, taille la route etc. Tous très efficaces. Mais rien ne vaut l’expression classique utilisée pour de vrai par Spike o’Donnell ( l’un des frères O’Donnell, de Chicago, la seule petite bande qui ait dit aux gangsters de Capone d’aller se faire voir et qui en ait réchappé). Ce qu’il a dit, c’était : fais toi rare.

Je m’attendais à avoir plus de passages sur les Magdalènes, mais l’auteur n’a inclus que quelques courts chapitres, sans trop développer, tout en arrivant à vous coller des sueurs froides. Écriture sobre, mais percutante, pour ces passages.

On frémit devant quelques sévices admonestés par ces femmes frustrées, qui n’avaient pas choisi les voies de Dieu par vocation ou alors, n’avaient rien compris au message initial. Et puis, le pouvoir, ça grise et ça fait jouir !

Si j’ai eu un peu de mal au départ en découvrant Jack, il a réussi à m’étonner sur la fin. Bon, il a fallu qu’il lâche un peu la bouteille et se bourre de médocs qui lui auraient fait gagner le Tour de France, s’il avait décidé de le courir.

Par contre, j’ai bien aimé le fait que Jack Taylor, grand lecteur, nous livre ses opinions et ses coups de cœur sur tel ou tel auteur. Mieux, le roman est truffé de citations, de clins d’œil ou de pensées sur ses auteurs favoris qui sont tout de même : Robin Cook, David Peace, James Ellroy ou Edward Bunker. Du lourd.

Au travers des bouteilles sombres de Guiness, la réalité est souvent trouble, Jack va s’en rendre compte. De plus, toutes les vérités ne sont pas bonnes à être exhumées.

Une enquête qui doit presque se résoudre sans l’aide de Jack, mais une fois que son euro est tombé, là, il y va à fond la caisse et la morale, il vous la fourre où je pense !

Un roman noir qui m’a fait découvrir un autre univers, celui de l’Irlande. Voilà un auteur que je vais suivre de très près.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015) et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.