Half Moon Street : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 20]

Titre : Half Moon Street                                                                big_4

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18

Résumé :
En cet automne 1891, Londres semble bien triste au commissaire Thomas Pitt, depuis que sa chère Charlotte est partie se reposer à Paris.

Mais il n’a guère le temps de sombrer dans le spleen, car la découverte du corps d’un homme habillé en femme dans une barque, sur la Tamise, l’entraîne dans une nouvelle aventure pleine de mystère.

Qui était la victime et pourquoi cette mise en scène macabre ? Aidé de l’irascible sergent Tellman, Pitt fouille les consciences et les coeurs de la haute société, arpentant les coulisses des théâtres où se jouent les pièces d’un certain Oscar Wilde.

Gentlemen et ladies irréprochables peuvent parfois cacher de bien dérangeantes vérités…

Critique : 
♫ Depuis que je suis loin de toi, Je suis comme loin de moi, ♪ Et je pense à toi là-bas ♪…

Cette petite chanson aurait pu être fredonnée par le commissaire Thomas Pitt car sa douce moitié, Charlotte, est partie visiter Paris avec sa sœur Emily et son beau-frère. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Contrairement à Thomas, je n’ai pas souffert de l’absence de Charlotte et de sa petite bonne, Gracie.

Attention, j’adore ces personnages, mais vu que le roman était très court (280 pages – lu en une journée), je n’ai pas eu le temps de me languir de leur absence.

Il faut dire que l’auteur ne perd pas son temps, dès la première page, boum, un meurtre assez sordide de par sa mise en scène : un homme, mort, habillé en femme et menotté dans une barque, les jambes écartés comme si… vous voyez ce que je veux dire.

L’enquête devra faire la lumière sur le coupable, le mobile et surtout, trouver l’identité de l’assassiné !

Dans ce roman policier victorien, le sujet traité sera « l’orgasme féminin dans la bonne société victorienne »…

Réanimez les culs-bénis, jetez de l’eau aux lecteurs en rut et restez calme !

Le sujet était tabou à ce siècle mais puisque l’art précède le progrès, c’est une actrice de théâtre qui a décidé de dénoncer le fait que la femme mariée devait rester passive durant l’acte, attendant que monsieur ait terminé sa petite besogne. Ça la fou en rogne que les femmes soient victimes des préjugés des hommes…

— Et quelles idées pensiez-vous faire évoluer avec cette photographie, Miss Antrim ?
— L’idée que la femme se satisfait d’un rôle passif dans l’amour, parce que c’est l’opinion des hommes depuis la nuit des temps ! Être prisonnier de ses propres préjugés est déjà bien triste, mais être prisonnier de ceux des autres est à mes yeux une monstruosité ! Vous ne comprenez donc pas ? s’écria-t-elle avec véhémence, agacée par le silence du policier. Personne, vous m’entendez, personne n’a le droit de décider pour autrui !

Le plaisir féminin ? Quel plaisir féminin ? Ça n’orgasme pas, une femme ! Et d’ailleurs, dans la bonne société, on n’en parle pas, on n’y pense même pas.

— Seuls les mots qui dérangent sont capables de nous faire réfléchir et évoluer. Grandir est souvent douloureux, mais refuser de grandir est le début d’une mort lente…

Le rythme de l’enquête est assez rapide, pas de temps à perdre à déguster des petits fours ou des sandwiches au concombres, bien que l’enquête soit tout de même entrecoupée par des petites scènes de vie quotidienne dans la famille de de Charlotte : en l’occurrence, sa mère et sa grand-mère.

S’il y avait bien un personnage que je détestais, c’était la grand-mère paternelle de Charlotte ! Une vieille dame aigrie, une vieille peau acariâtre et méchante. Bref, ce que je nommerai une frustrée de la vie doublée d’une mal baisée. De plus, cela fait plus de 20 ans qu’elle porte le deuil de son mari. Vous parlez d’un triste !

Et bien, ce tome a le mérite de m’avoir fait revisiter mon jugement sur cette sale bique octogénaire ! La tatie Danielle a des blessures secrètes et l’auteur fera monter le suspense jusqu’aux aveux. J’ai apprécié d’aller m’immiscer là où personne ne va voir.

Cette aventure m’a emmenée dans le Londres victorien des salons de thé et des pubs un peu mal famés, j’ai passé du temps avec des photographes, j’ai discuté un bout de gras avec Oscar Wilde, j’ai fouillé les tiroirs dans des arrières boutiques, mettant la main sur les ancêtres de nos images pornos… Et à cette époque, une jambe dénudée, c’était le summum de l’érotique.

— Une image qui n’est pas dérangeante ne fait pas évoluer les mentalités.

Des cartes postales inhabituelles ??? C’est à ce moment là que je me suis rendue compte que j’avais déjà lu ce roman il y a très longtemps. Diable, j’avais réussi à oublier le traumatisme de la tatie Danielle (pourtant, je n’aurais pas dû oublier, il est costaud) ? Par contre, les cartes postales osées étaient là, bien présentes dans ma mémoire. Mémoire sélective quand tu nous tiens.

Pas grave, de toute façon, j’avais tout oublié et le coupable, je ne l’ai pas vu venir ! Enfin, j’ai cru « le voir venir » mais je me suis plantée.

Un roman court, intense, pas le temps de s’ennuyer, l’auteur nous distille quelques vérités tout en nous proposant un sujet intéressant qui nous apprend un peu plus sur les mœurs de cette époque. Comme à chaque fois.

— J’ai entendu dire que c’était un pays peuplé de sauvages coupeurs de tête, murmura Mrs. Hunter-Jones.
— Des chasseurs de scalps, madame, la corrigea-t-il. Ce sont les Français qui coupent les têtes, si je ne m’abuse. Et sachez que ce sont les Blancs qui ont introduit la coutume du scalp; les indiens n’ont fait que les imiter. Ils étaient d’ailleurs bien plus doués que nous…
Il regarda au loin.
— Nous, nous avions les fusils, le whisky, la rougeole… Nous avons gagné.
Mariah Ellison lui lança un regard noir.
— Je ne comprends pas. Vous avez bien dit « rougeole » ?
— Oui, madame. Les Indiens ne supportaient pas le whisky, et la rougeole les a décimés par milliers. Nous pensons souvent, à tort, que les hommes ont la même constitution.

— […] La corruption ne se cachait pas; d’ailleurs, elle venait d’en haut : le gouvernement, les hommes politiques étaient corrompus. La violence régnait de chaque côté; la police ne valait guère mieux que les malfaiteurs. C’est terrible, n’est-ce pas ?

— Les esprits étroits critiquent toujours ce qu’ils ne comprennent pas, pour faire croire qu’ils dominent le sujet, en masquant leur ignorance, expliqua-t-il avec véhémence. C’est pour moi une perpétuelle source d’étonnement de constater que plus l’homme est stupide, plus il fait étalage de ses imperfections.

Attention, que, à force de partir en croisade, on en oublie les autres, leurs sentiments et le mal qu’on peut leur faire sans le savoir…

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), du Challenge « Polar Historique » de Sharon, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et, last but not leaste, d’une LC chezBianca.

[Série] The Big Bang Theory : Une série qui t’active les neurones et les zygomatiques en même temps !

Pour ceux qui n’auraient pas encore découvert ce sitcom, rappelons qu’il narre l’histoire de deux jeunes hommes surdoués, sorte de petits génies de la physique quantique et des combinaisons moléculaires.

Leur passion pour la théorie de la relativité ou pour la physique quantique n’a d’égale que leur inadaptation aux relations humaines.

Leonard et Sheldon vivent ensemble, en colocation, sur le même palier que Penny (Kaley Cuoco), une jeune fille, sympa et pas bégueule, qui a échoué au bac et travaille comme serveuse.

C’est ma sœur qui regardait cette série, me poussant à la regarder aussi car elle était, selon elle « drôle et marrante ». J’étais plus que sceptique.

Un jour, nous étions chez nos parents et la série passait sur M6 en soirée. Afin de me prouver qu’elle avait raison, ma sœur m’obligea à la visionner, prétextant que l’épisode qui passait était très drôle.

Oui, j’avais souri, mais je n’avais pas été conquise à 100%. Il faut dire aussi que les conditions de visionnages n’étaient pas super : nos deux parents qui parlaient avec nos deux hommes, ça faisait un certain bruit de fond empêchant de bien écouter la série.

Pour lui faire plaisir, je pris la clé USB avec la saison 1, lui promettant de regarder au moins quelques épisodes.

Une fois que j’eus commencé, je n’ai plus su m’arrêter et la saison 1 passa comme pour rire !

J’enquillai ensuite les 6 saisons suivantes et dus me faire soigner pour des crampes aux zygomatiques.

Pourtant, qui aurait cru que j’aurais adoré une autre série après la fin de « Friends » ?? Moi-même je ne l’aurais pas juré. Et bien, ça est arrivé, même si Friends restera toujours number one pour moi.

L’avantage de cette série comique, c’est que les épisodes sont courts, 20 minutes, pas plus, avec des rires préenregistrés aussi.

Je privilégie la V.O à la française…

The Big Bang Theory est une sitcom américaine créée par Chuck Lorre et Bill Prady, diffusée simultanément depuis le 24 septembre 2007 sur CBS et sur le réseau CTV au Canada.

La série suit la vie fictive de deux scientifiques de Caltech à Pasadena en Californie, le physicien expérimental Leonard Hofstadter et le physicien théoricien Sheldon Cooper qui vivent en face d’une jolie serveuse, Penny, dont le rêve est de devenir actrice.

L’effet comique de la série joue beaucoup sur le contraste entre l’intelligence et la « geekitude » de Leonard et Sheldon et le bon sens et l’intelligence sociale de Penny.

Les deux génies sont amis avec Howard Wolowitz, un ingénieur en aérospatiale de confession juive, et Rajesh Koothrappali, un astrophysicien indien, qui sont aussi geeks qu’eux.

En août 2009, la sitcom remporte le prix TCA de la meilleure série comique et Jim Parsons le prix de la meilleure prestation dans une série comique.

En 2010, la série remporte le People’s Choice Awards de la meilleure comédie et Jim Parsons l’Emmy Award du meilleur acteur dans une série comique.

Le 16 janvier 2011, Jim Parsons obtient un Golden Globe du meilleur acteur dans une série télévisée musicale ou comique par la Hollywood Foreign Press Association, une récompense qui lui a été remise par Kaley Cuoco, également actrice dans la série.

1. Synopsis :

Leonard Hofstadter et Sheldon Cooper vivent en colocation à Pasadena, une ville de l’agglomération de Los Angeles.

Ce sont tous deux des physiciens surdoués, « geeks » de surcroît. C’est d’ailleurs autour de cela qu’est axée la majeure partie comique de la série.

Ils partagent quasiment tout leur temps libre avec leurs deux amis Howard Wolowitz et Rajesh Koothrappali pour jouer à des jeux vidéo comme Halo, organiser un marathon des films Superman, jouer à des jeux de société ou de rôles comme le Boggle klingon, Donjons et Dragons, voire discuter de théories scientifiques très complexes.

Leur univers routinier est perturbé lorsqu’une jolie jeune femme, Penny, s’installe dans l’appartement d’en face.

Leonard a immédiatement des vues sur elle, et va tout faire pour la séduire et l’intégrer au groupe et à leur univers auquel elle ne connaît rien.

2. Acteurs principaux :

  • Jim Parsons (V. F. : Fabrice Fara) : Sheldon Cooper
  • Johnny Galecki (V. F. : Fabrice Josso) : Leonard Hofstadter
  • Kaley Cuoco (V. F. : Laura Préjean) : Penny
  • Simon Helberg (V. F. : Yoann Sover) : Howard Wolowitz
  • Kunal Nayyar (V. F. : Jérôme Berthoud) : Rajesh « Raj » Koothrappali
  • Melissa Rauch (V. F. : Sophie Froissard) : Bernadette Maryann Rostenkowski (récurrent saison 3, principal à partir de la saison 4)
  • Mayim Bialik (V. F. : Vanina Pradier) : Amy Farrah Fowler (récurrent saison 3, principal à partir de la saison 4)

3. Générique d’ouverture :

Le générique de début présente la formation de l’univers à partir du Big Bang. Il est donc possible de voir se succéder la naissance de l’univers, l’évolution de l’espèce humaine puis des innovations technologiques qui conduisent jusqu’à l’appartement des jeunes surdoués, où les cinq personnages mangent ensemble (de la cuisine chinoise dans la première saison, une pizza de la deuxième à la quatrième saison, de la cuisine thaï dans la cinquième saison).

À partir de la sixième saison, Bernadette et Amy sont présentes dans le générique.

La bande son s’intitule History of Everything et est interprétée par le groupe canadien Barenaked Ladies. Le 30 octobre 2007, une version longue du morceau (1 minute et 45 secondes) est sortie.

Les prénoms des deux personnages Sheldon et Leonard viennent du producteur Sheldon Leonard, qui a produit des shows télévisés, et dont Bill Prady et Chuck Lorre sont fans.

Leurs noms sont ceux de deux lauréats du Prix Nobel, Leon Cooper et Robert Hofstadter.

Ma critique non objective (ainsi qu’une présentation des personnages :

Non, désolé, mais je ne dirai pas du mal de cette série que j’adore et qui me fait pisser de rire ! Non, les rires préenregistrés ne me hérissent pas le poil, non les personnages ne sont pas chiants, mais riches de tellement de choses que je ne sais par où commencer !

Situations comiques, dialogues à mourir de rire, une touche de science (faut bien apprendre, quand même), situations cocasses, burlesques, personnages bien travaillés et fouillés, on ne s’ennuie pas dans cette série. Les scènes sont courtes, travaillées et efficaces.

Le comique repose sur la collision de deux mondes : celui des surdoués coupés de la réalité et celui d’une petite serveuse qui nourrit l’ambition de faire carrière au cinéma.

Penny ne comprend rien à ce que raconte Sheldon, quant à Leonard, il découvre qu’il existe une vie en marge des équations à dix inconnues.

L’apparence physique des personnages joue elle aussi un rôle important. Sheldon est grand et dégingandé tandis que Leonard est petit et légèrement râblé. Une sorte de Laurel et Hardy, quoi !

Quatre garçons et une fille… Quatre manière de réagir et des scénarios à exploiter à l’envi, des dialogues à mourir de rire et bons à devenir cultes pour ma soeur et moi-même.

Avantage aussi c’est que durant un épisode, les personnages ont chacun leurs petites aventures, leur temps de passage et on suit la continuité durant les 20 minutes de l’épisode. Court, bref, intense, ça bouge dans tous les sens.

De plus, malgré le fait que les scénaristes aient formé un couple entre Leonard et Penny, on n’a pas assisté au syndrome « Clair de lune » (se dit quand une série subit une brusque chute d’audience dès lors que le couple tant attendu par les spectateurs se forme – le patient zéro était la série « Clair de lune »).

Formidable, le fait de les mettre en couple n’a rien enlevé à la série, que du contraire, cela a apporté des rebondissements et du suspense.

Bref, on passe un bon moment de rigolade avec leurs blagues à deux balles et les running gag. Ma foi, ça ne fait pas de tort après une dure journée de travail.

Niveau personnages, ils sont tous très bien travaillés et je vais vous les présenter un peu mieux :

Tout le sel de cette série vient du personnage de Sheldon Cooper… lui, c’est le mec avec lequel on n’aurait pas envie d’être amis, ni de vivre avec lui, encore moins de bosser avec lui.

Bref, il est l‘archétype du gars qu’on flinguerait si on devait passer ne fut-ce que une heure avec lui.

Il est hautain, a une haute opinion de lui-même et une toute petite des autres, il est maniaque à un point qu’on ne peut pas imaginer, invente des règles qui ne le servent que lui, et ressemble plus à un autiste atteint du syndrome d’Asperger qu’à un être humain normal. Il possède aussi un QI de 187…

Ses obsessions sont majoritairement en rapport avec l’ordre et le rangement, ou par le fait qu’il doive s’asseoir à la même place sur le canapé de l’appartement (my spot littéralement, mon endroit).

Quant à avoir une relation avec un être humain du sexe opposé, on y songe même pas, Sheldon n’aime que lui et rien que lui.

Lorsqu’il parle de sexe, il utilise le mot « Coït » avec tout le mépris possible ou le détachement total.

Il n’a que de vagues notions sur la manière de communiquer avec un autre être humain. Il ne comprend pas pourquoi, par exemple, une conversation débute généralement par « Bonjour, comment ça va ? » et interprète d’ailleurs la question dans le sens « Comment je dois me sentir, maintenant ? » au premier degré en proposant des réponses : « Fatigué ? Affamé ? ».

Sheldon prend tout ce qu’on lui dit au premier degré.

Ses repas sont aussi programmés dans des restaurants bien précis. Ainsi, il possède un restaurant pour chaque jour de la semaine, ainsi qu’une table précise dans l’établissement.

Quelques tendances aussi à porter des préjugés culturels des plus mauvais goûts.

Oui, Sheldon est exécrable, oui, on devrait le détester, mais, il est attachant et sans lui, pas de comique de situation.

Il partage son appartement avec Leonard Hofstadter, qui est bien plus équilibré que lui mais qui est aussi le parfait sous-fifre pour Sheldon.

Contrairement à Sheldon qui n’a pas grandi dans une famille de scientifiques, lui oui !

Sa mère est une éminente neuropsychiatre qui l’a élevé avec distance et froideur, son père est anthropologue, sa sœur est une chirurgienne et son frère est professeur et titulaire de la chaire de droit à Harvard.

Il a un tic, lorsqu’il parle, il a toujours les doigts qui se touchent… C’est aussi lui qui comprend « mieux » les relations sociales entre les gens.

Deux autres amis se joignent à eux dans la série :

Howard Wolowitz est ingénieur au département de physique appliquée de Caltech. Sa particularité est d’être Juif et de vivre encore chez sa mère (jusqu’à la sixième saison).

Contrairement à Sheldon, il est obsédé par les femmes et le sexe.

Son style vestimentaire plus qu’excentrique est néanmoins toujours riche en surprise.

En témoignent les nombreuses boucles de ses ceintures toujours plus farfelues les unes que les autres (Batman, Pac Man,…).

Rajesh « Raj » Koothrappali dont la principale caractéristique est son incapacité à s’adresser à une femme ou de parler en présence de femmes autrement qu’en chuchotant à l’oreille de ses amis, sauf lorsqu’il a bu de l’alcool.

Ses vêtements sont toujours mal assortis et ont dû faire le bonheur sur le catalogue printemps-été de l’année 62.

C’est grâce à Leonard que Penny, la jolie voisine de palier blonde, entrera dans le cercle des quatre geeks.

Elle travaille comme serveuse dans la chaîne de restauration The Cheesecake Factory et désire devenir actrice.

Ce personnage un peu écervelé devient de plus en plus proche de ses voisins au fur et à mesure des épisodes.

Face à cette intrusion féminine, nos deux « geeks » vont réagir de manière diamétralement opposée.

Leonard va éprouver des démangeaisons de libido, tandis que Sheldon va se retrancher dans une défiance misogyne.

Pas évident pour Penny de se trouver face à des geeks doublés de scientifiques aux gros Q.I… elle qui ne sait pas grand-chose.

Quoique, pour ce qui est de comprendre le comportement social des autres gens – celui qui échappe à Sheldon – elle, elle est douée.

Durant les épisodes, il n’est pas rare que Sheldon lui rappelle qu’elle n’est qu’une serveuse sans utilité apparente et la qualifie bien souvent de fille facile insinuant qu’elle a eu des rapports avec 36 hommes ou qu’elle est très douée pour échanger des faveurs sexuelles contre des services.

Mention très bien aussi au personnage d’Amy Farrah Fowler !

Pourtant, au départ, je n’aimais pas ce personnage et je ne pensais pas qu’elle allait devenir récurente et qu’elle prendrait une telle place dans la série et dans mon estime.

Amy est neurobiologiste et a dû commander sa garde-robe dans le catalogue de La redoute de l’année 1947.

Comment elle est arrivée là ?? C’est en voulant trouver une fille pour Sheldon via un site que Rajesh et Howard l’ont rencontrée sur un site de rencontre en ligne. Nos deux comères avaient secrètement créé un compte sous le nom de Sheldon.

Sheldon et Amy ont de nombreux traits communs. Une fois qu’elle a rencontré Sheldon, elle devient – comme le dit Sheldon – une fille qui est son amie mais pas sa « petite amie ».

Blueberry – Tome 03 – L’Aigle solitaire : Charlier & Giraud

Titre : Blueberry – Tome 3 – L’Aigle solitaire                 big_3-5

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud
Édition : Dargaud (1967)

Résumé :
Blueberry doit conduire des armes au général Crook à des jours de fort Quitman. Voilà une occasion unique d’arrêter la guerre contre les Apaches.

Critique : 
Le feu couve toujours entre les Indiens et les Tuniques Bleues et ce sera, une fois de plus, le lieutenant Blueberry qui sera l’homme de la situation !

Dans ce troisième album du cycle des premières guerres indiennes, Blueberry est chargé de diriger un convoi de munitions pour livrer le général Crook qui se trouve Camp-Bowie.

Notre lieutenant mal rasé va devoir ruser afin que le convoi ne se fasse pas attaquer par les Indiens, va devoir composer aussi avec l’incompétence de l’intendant O’Reilly, un alcoolo qui n’écoute pas ce que Blueberry lui dit et qui entraînera leur troupe droit dans la gueule du loup.

Véritable petit Sherlock Holmes quand il le veut, Blueberry va mener sa petite enquête afin de trouver QUI est les traitre dans leur convoi. Quanah, leur guide indien, a un comportement louche… Serait-ce lui qui travaillerait à saborder leur mission afin de provoquer la guerre avec les hommes blancs ??

Un album sans temps mort, ou si peu, juste de quoi faire souffler votre monture fatiguée et vous laisser recharger votre colt entre deux attaques des Indiens.

Les gars, va falloir ruser et tirer plus vite que ces damnés Peaux-Rouges si vous voulez conserver votre scalp sur le crâne !

Heureusement, Blueberry est là avec son intelligence pour la mettre au service du convoi de munitions et déjouer les attaques des Indiens.

Les couleurs sont assez moches dans les albums d’origines, mais dans les Intégrales, vous aurez le bonheur de les avoir en version retravaillée, pour votre lus grand bonheur.

Niveau personnages, ils sont bien travaillés, avec du caractère et le Méchant est un grand Méchant.

Notre lieutenant continue donc de mettre son nez cabossé où il ne faut pas, déjouant les pièges, menant ses enquêtes et ne désespérant pas de mettre fin à cette stupide guerre qui a déjà embrasée toute la région.

Avec sa barbe de trois jours et son caractère de cochon, Blueberry est un dur. Un éternel rebelle, indiscipliné, râleur et batailleur. Un vrai mec, quoi !

Allez, les gars, en selle ! Pas de répit pour vos hémorroïdes…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Blueberry – Tome 02 – Tonnerre à l’Ouest : Charlier & Giraud

Titre : Blueberry – Tome 2 – Tonnerre à l’Ouest               big_3-5

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud
Édition : Dargaud (1966)

Résumé :
Les Apaches ont réuni toutes leurs tribus pour décider si oui ou non ils entraient en guerre avec les visages-pâles.

Pendant ce temps Fort Navajo, cerné par plusieurs de ces indiens est coupé du monde. L’angoisse règne à l’intérieur du Fort dans lequel plusieurs grands chefs apaches sont retenus prisonniers.

Après une trahison du Lieutenant Crowe qui semble condamner le Fort, Blueberry décide de partir pour Tucson chercher des renforts et des médicaments pour soigner le Colonel Dickson agonisant.

Va-t-il survivre à cette traversée du désert et si oui reviendra-t-il à temps ?

Les Apaches qui se sont associés à des profiteurs de guerre Mexicains semblent avoir fait fuir toute la région…

Critique : 
Mais que ferait l’armée des États-Unis sans le lieutenant Mike Blueberry ?? Rien !

Le major Bascom pense toujours qu’un bon indien est un indien mort et ses intentions sont toujours de les exterminer tous autant qu’ils sont, à n’importe quel prix.

Le côté buté du major est toujours aussi flagrant, préférant que tout le fort, femmes et enfants compris, se fasse massacrer plutôt que de négocier avec Cochise ou d’échanger ses prisonniers indiens contre les civils détenus par les Apaches.

L’histoire de cet album n’est pas différente de la réalité, de nombreuses guerres sanglantes sont nées suite à des malentendus ou des fausses accusations, lancées par l’un ou l’autre. Si je veux mettre le pays à feu et à sang, rien de tel que de faire accuser d’un massacre les Apaches.

Du côté des Apaches, les esprits s’échauffent aussi, les guerriers n’étant pas des squaws, ils veulent tous se lancer sur le sentier de la guerre, sans même écouter les plus vieux guerriers, ceux qui sont des Sages.

Niveau couleur, c’est pas top, mais il est à noter que dans les rééditions de la collection en Intégrales, ils ont retravaillés les couleurs, pour le plus grand plaisir des yeux du lecteur. Moi, j’ai les éditions quasi d’origine !

Effectivement, les premiers Blueberry avaient été remis en couleurs en 1994, afin de donner une uniformité de ton à la série. Mais comme Giraud ne bénéficiait pas encore de tout son talent dans ses premières années, ces nouvelles couleurs plus sobres soulignaient parfois le manque de perspective, de volume et de profondeur de certaines images.

Dans cette intégrale, le lecteur profite de couleurs plus contrastées, parfois même criardes, qui renforcent l’aspect coloré du western. Par rapport aux couleurs originelles, l’éditeur s’est tout de même permis de les éclaircir, pour éviter qu’elles ne choquent pas trop le lecteur contemporain.

Le dessin s’affine, Blueberry est plus posé et moins « jeune chien fou » dans ce tome qu’il ne l’était dans les premières pages du numéro 1.

Il fait aussi preuve de beaucoup de courage et de ruse lorsqu’il devra traverser les lignes Apaches pour rejoindre la ville de Tucson afin de ramener du renfort et des médocs pour le colonel dans le coma suite à la morsure d’un serpent à sonnette.

De la trahison, de l’injustice, une folle chevauchée, le sac d’une ville, une amitié retrouvée, sans compter une véritable enquête afin de retrouver le jeune Stanton, enlevé par les Mescaleros, le seul qui pourra dire que les Apaches sont innocents et mettre fin à cette guerre stupide et stérile.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Blueberry – Tome 01 – Fort Navajo : Charlier & Giraud

Titre : Blueberry – Tome 1 – Fort Navajo                       big_3-5

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud
Édition : Dargaud (1967)

Résumé :
Blueberry est affecté à Fort Navajo. En cours de chemin il rencontre le Lieutenant Graig et ils tombent sur le ranch des Stanton complètement calcinée et jonchée des cadavres de ses habitants.

Tout porte à croire qu’il s’agit d’un coup des indiens et le Lieutenant Graig décide de suivre leur piste pour délivrer le fils Stanton qui est entre leurs mains.

Blueberry va devoir manœuvrer entre l’inconscience de Graig et la haine des Indiens qui anime le commandant Bascom, bras droit du Colonel Dickson à Fort Navajo.

Quand un rattle-snake entre dans la partie, tout se complique…

Critique : 
L’ambiance était plus au rire et à la détente lorsque les « Tuniques Bleues » du tandem Cauvin et Salvérius affrontaient les Indiens, à Fort Bow… Mais ce n’était pas réaliste.

La série Blueberry est certes plus violente, mais le réalisme est présent.

Ce premier tome est l’occasion de faire connaissane avec Mike T. Blueberry, un ancien Sudiste passé chez les Nordistes durant la guerre de Sécession.

Blueberry, on vient de recevoir un rapport sur vous…

— Ce rapport sur votre compte m’est arrivé. Juste avant vous. Par la diligence qui vous a transporté.
— Hmmm… Je vois… Pas fameux, hein ?
— C’est le moins qu’on puisse dire ! Buveur… Joueur… Tricheur… Indiscipliné… Bagarreur… Une vraie litanie !
— Heu… Vous en oubliez !

Blueberry, vous l’aurez compris, est un personnage aux antipodes des « bons » auxquels nous sommes habitués. Laissez tomber les Lucky Luke, les Jerry Spring, on entre dans un autre univers, ici.

Pour faire court, la famille Stanton a été attaquée, massacrée, le ranch brûlé et Blueberry, en route pour le Fort Navajo en compagnie du lieutenant Craig, découvre une flèche Apache.

Étrange, les Apaches sont en paix avec les Blancs et les Tuniques Bleues depuis des années. Il n’en faut pas plus pour échauffer les esprits.

Mike est une tête brûlée qui tient à son scalp, mais il a du courage, car sans lui, le tout frais lieutenant Craig ne serait plus de ce monde.

Le racisme est omniprésent dans ce tome, le major Bascom du fort Navajo voulant à tout prix se venger pour les mort chez les Stanton et décidant de s’attaquer à une paisible tribu Apache qui changeait de camp.

Le sang pour le sang… Le non respect de la parole donné par l’officier en chef du fort, le colonel Dickson, qui, suite à une morsure de serpent, devra passer le commandement au major Bascom. Et lui, les indiens, il veut les voir tous morts.

C’est ainsi qu’on commet des erreurs dont le prix sera lourd à payer.

Violence, racisme, riposte aveugle et disproportionnée… On sent poindre chez certains le côté belliqueux de l’Oncle Sam qui, si on lui prend des vies, riposte en en exécutant dix fois plus, tuant sans distinction les innocents.

Le trait du dessin est encore un peu hésitant, Blueberry ressemble à Belmondo (ce qui était voulu) pour s’en éloigner au fil des albums. Les couleurs ne sont pas super, mais tout cela s’arrangera ensuite.

Une série que j’ai toujours aimée, bien que je l’ai découverte assez tard.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Dans le grand cercle du monde : Joseph Boyden [NUM]

Titre : Dans le grand cercle du monde                              big_4

Auteur : Joseph Boyden
Édition : Albin Michel (2014)

Résumé :
Un jeune jésuite français venu en Nouvelle-France pour évangéliser les Indiens est abandonné par ses guides et capturé par les Hurons en même temps qu’une jeune Iroquoise.

Petit Plus : Après « Le Chemin des âmes » et « Les Saisons de la solitude » qui l’ont imposé parmi les grands écrivains canadiens contemporains, Joseph Boyden poursuit une œuvre ambitieuse.

Situé dans les espaces sauvages du Canada du XVIIe siècle, ce roman épique, empreint tout à la fois de beauté et de violence, est d’ores et déjà considéré comme un chef-d’œuvre.

Trois voix tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron, et d’une captive iroquoise.

Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance.

Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour s’allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre.

Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.

Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d’une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l’absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d’une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent ».

Critique : 
Maître Corbeau, sur sa chaire perchée, tenait dans son bec ce langage : « Convertissez-vous et vous entrerez au Royaume des Cieux ».

Les Sauvages, par ce bagou peu alléchés, lui tinrent à peu près ce langage : « Casse-toi, pauv’ con ! ».

Cette entrée en matière humoristique – bien que résumant les grandes lignes ce superbe roman – omet la manière bien plus subtile dont se déroulera cette évangélisation du peuple des Hurons.

L’auteur fait dans le sérieux, moi pas. Mais la lecture (faite entièrement sur liseuse) fut enrichissante et enivrante…

Le récit m’a emporté en Nouvelle-France, au 17ème siècle, dans une tribu Wendat (Hurons) où le père Christophe vient de débarquer, ne doutant pas qu’il arrivera à évangéliser ceux qu’il nomme « les Sauvages ». Lui sera surnommé « Corbeau » par les gens de la tribu.

« Avant l’arrivée des Corbeaux, vos prêtres, nous avions la magie. Avant la construction de vos grands villages que vous avez si grossièrement sculptés sur les rivages de la mer intérieure de notre monde en leur donnant des noms arrachés à nos langues – Chicago, Toronto, Milwaukee, Ottawa -, nous avions aussi nos grands villages sur ces rivages-là. Et nous comprenions notre magie. Nous savions ce que l’orenda impliquait ».

Nous sommes face à un roman à 3 voix : 3 voix aussi dissemblables qu’elles sont indissociables…

Premier narrateur, le père Christophe, notre jésuite. En second, une jeune iroquoise prénommée « Chutes-de-Neige » dont la famille vient d’être massacrée par le troisième narrateur « Oiseau », un chef Huron qui va l’adopter comme sa fille. Oui, il massacre la famille mais il adopte…

Ce changement de narrateur à chaque chapitre donne un autre souffle au roman, nous faisant entrer dans la peau et les pensées de trois personnes différentes, avec une culture différente (de par le sexe du personnage, sa place dans la société ou son origine ethnique) et un mode de vie diamétralement opposé (prêtre et guerrier chasseur).

Si j’ai eu envie de baffer bien souvent le jésuite, il est tout de même remonté dans mon estime à la fin, en faisant preuve d’un courage que je n’aurais jamais eu.

Oiseau, grand guerrier, à eu le cœur brisé par le massacre de sa famille. Alors, en juste vengeur qu’il est, il massacre lui aussi des gens de la tribu responsable de la mort des siens et adopte la fille des gens dont il vient de défoncer la tête…

Chutes-de-Neige est habitée par la vengeance envers Oiseau, mais on sent le personnage mûrir, jusqu’à devenir une femme. Son évolution est présente au fil des pages, la gamine changeant au fil des saisons qui passe dans le récit.

Tout le récit est baigné par de l’incompréhension et de la méfiance de part et d’autre des protagonistes (prêtre, Wendats et Chute-de-Neige). Comme des chiens qui se reniflent, les Wendats observent avec des sourires ce Corbeau qui fait d’étranges signes et notre jésuite implore Dieu de leur pardonner parce qu’ils sont des sauvages.

Pourtant, je ne les ai pas trouvé si « sauvages » que ça, moi, ces Hurons ! Ils vivaient juste de manière différente, c’est tout. Cela en fait-il des barbares pour autant ? Non.

« La laine n’est pas le plus mauvais des textiles dans ce pays. Elle fascine les Sauvages qui m’interrogent tout le temps pour savoir de quel animal elle provient. J’essaie alors d’expliquer ce que sont les moutons, la domestication et l’élevage, et je réussis uniquement à dire que là d’où je viens, nous parquons pour notre consommation de grands troupeaux d’animaux qu’ils ne peuvent même pas imaginer. Dieu le veut ainsi. L’idée qu’on puisse avoir des troupeaux de gentils chevreuils ou d’orignaux qui vont gaiement au massacre quand les hommes désirent manger de la viande déclenche leur hilarité. Certains doutent franchement qu’il soit bon de mener une vie aussi facile. La question me passionne ».

Ce roman magistral est une immersion dans la culture des différentes peuplades qui composaient la « Nouvelle France » pendant la colonisation et l’évangélisation. Impuissant, on assistera à un changement radical chez ces gens avec la découverte des armes à feu par la tribu « ennemie ».

Oui, l’homme Blanc a tendance à faire pourrir les fruits intacts qu’il touche… Il lui impose sa pensée, veut imposer son mode de vie, son Dieu. Oui, nous avons corrompu des tas de gens qui ne nous demandaient rien. Juste parce que nous estimions que c’était « pour leur bien ». L’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est bien connu.

Attention, les Hurons n’étaient pas des tendres non plus et se livraient entre eux à des guerres sans merci, mais ils le faisaient avec leurs propres armes, des arcs, des lances et pas avec des mousquets !

Nous ap­par­te­nons à cette terre. Nous par­lons des langues si­mi­laires, nous culti­vons les mêmes plantes et nous chas­sons le même gi­bier. Pour­tant, nous sommes en­ne­mis et nous cher­chons mu­tuel­le­ment à nous dé­truire. Je ne com­prends pas.

Un tout grand roman que j’ai dévoré en peu de temps, malgré les petits temps morts qui parsèment le récit. Les personnages étant tous bien décrits, ils étaient des plus agréable à suivre afin de les voir évoluer dans le bon ou le mauvais sens.

Quant à l’écriture, c’était un petit bijou, tant au niveau des descriptions que des personnages.

Le charbon dans mes entrailles consume les franges de mon profond chagrin. Ses flammes lèchent ma souffrance que je sens devenir aiguisée comme le bord d’une coquille de clam. Je la sens se changer en quelque chose qui a les couleurs du sang et du charbon de bois, et ces couleurs soulagent un tout petit peu ma douleur.

Seul bémol, quelques scènes de tortures qui auraient pu être suggérées et pas décrites. Trop de violences tue la violence et j’aimais mieux la violence sous-jacente du début que celle, brute de décoffrage, qui sévit à la fin.

Quand au titre, j’aurais préféré qu’ils laissent l’original « Orenda » qui non content d’éveiller notre curiosité, trouvait réponse dans le récit.

Pour le reste, un grand roman.

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix Littérature Monde 2014) et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

[Comanche] – Le Corps d’Algernon Brown – Hermann & Greg (Tome 10)

Titre : Le Corps d’Algernon Brown                           big_3

Scénariste : Greg
Dessinateur : Herman
Édition : Le Lombard

Résumé :
Après 20 jours de pluies diluviennes, Comanche et les siens constatent les dégâts dans leur cheptel. Au pied d’un talus, Red Dust découvre le cadavre d’un homme abattu de deux balles dans le ventre. Les papiers découverts sur ce dernier révèlent son identité, Algernon Brown.

De retour avec leur funeste découverte et en attendant la venue du shérif, la patronne du Triple 6 et son bras droit font la connaissance de Colby, le nouveau docteur de Greenstone Falls.

Après examen du défunt, le médecin déclare connaître le dénommé Brown pour l’avoir croisé autrefois à Laramie.

Le dépeignant comme un bandit de grand chemin, ses dires s’opposent à ceux du shérif qui reconnaît en ce cadavre un enquêteur du cabinet Pinkerton.

Mais qui cet Algernon Brown ?

Critique : 
♫ Il pleut, il pleut, cow-boy, ♪ rentre tes brunes Longhorn ♪  Le scénariste aurait pu commencer le récit du 10ème album de Comanche par cette ritournelle parce qu’après 20 jours de pluie diluvienne, les terres sont assez gorgées d’eau que pour y élever des poissons.

Alors que Comanche et les membres du ranch « Triple-Six » comptent les cadavres de vaches qu’ils n’avaient pas rentré et qui se sont noyées, faute de branchies, Red Dust découvre un cadavre.

Algernon Brown n’est pas mort noyé, mais abattu de deux balles. Qui était-il et que foutait-il là ?? Pour le moment, on ne le sait pas, mais il va falloir enquêter, monsieur Red « Sherlock » Dust.

Couleurs assez sombres, comme des lavis de brun, cet album marquera la fin de la collaboration du dessinateur Hermann avec le scénariste Greg car Hermann voulait changer de registre et les idées qu’il avait pour la série « Comanche » n’était pas « catholiques ».

Pourtant, lui, son idée était de faire une série western réaliste, vraiment réaliste… C’était déjà lui avait suggéré que le bandit Dobbs (« Le ciel est rouge sur Laramie ») soit désarmé et en sous-vêtements lorsqu’il se faisait abattre, froidement, par Dust, son cadavre criblé de balles s’écroulant au milieu des détritus.

Cela avait fait scandale à l’époque…

Véritable enquête policière, cet album va faire remonter à Dust une piste fort embrouillée et il aura besoin de toute sa sagacité (et d’un peu d’aide) pour démêler l’écheveau.

L’atmosphère « suspicieuse » étant entretenue par les doutes de Red et les soupçons de Comanche. À la manière d’un puzzle, tout deux vont assembler leurs indices jusqu’à la découverte du tableau final.

La première fois que j’avais lu ce tome 10, j’avais pensé que j’étais victime d’hallucinations en découvrant un touriste japonais prenant une photo à l’aide d’un argentique, dans le décor. Ce qui, à cette époque (fin XIXème), était impossible.

Si le lecteur cherche parfois des erreurs involontaires d’un dessinateur, dans cet album, il sera gâté par la profusion d’anachronismes. Le pire, c’est que ces erreurs furent volontairement glissés par Hermann.

Hermann étant fatigué de cette série et vu qu’il ne pouvait pas intervenir sur le scénario, il décida de faire un pied-de-nez à sa manière.

Comme il avait déjà fait dans « Tonnerre sur Coronado » (la série « Bernard Prince ») où le running gag était que le personnage de Barney Jordan allait garder son oreiller durant une bonne partie de l’aventure, ici, il marqua son ras-le-bol et sa lassitude en dessinant un touriste japonais muni d’un appareil photo, un appareil téléphonique, des prises électriques et une enseigne  « Toyota ».

Greg n’apprécia que modérément la plaisanterie. Ces « frasques » marquèrent la fin de leur collaboration.

Mon seul bémol sera sur le fait que les personnages auraient dû être plus approfondi au fil des albums…

Surtout ceux de Clem « Tenderfoot » et de Toby « Face-Sombre » qui, bien que personnages secondaires, auraient pu avoir plus à dire. À croire que le scénariste ne s’embarrassait pas trop de la psychologie de ses personnages.

Au final, la série « Comanche » tourne plus autour de Red Dust qui, au fil des albums, s’est assagi, discipliné, éduqué… Pire, il sait se saper comme un milord et même se laver. On est loin du cow-boy mal rasé et mal dégrossi du début !

Le progrès a frappé aux portes de la ville de Greenstone Falls, la lumière fut dans les rues, les transports publics aussi et on loin aussi des débuts où l’insécurité régnait et où la loi du plus fort faisait La Loi.

Le temps et la raison l’ont emporté. Du chaos est né l’ordre. Idem pour la ville de Laramie qui a une odeur de propre comparé au bourbier qu’elle était dans l’album 4.

Je me demande si je n’aimais pas mieux l’ambiance des débuts, quand le bordel régnait et que les six-coups parlaient…

Malgré tout, la série vaut que l’on s’attarde sur elle.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

[Comanche] – Et le diable hurla de joie… – Hermann & Greg (Tome 9)

Titre : Et le diable hurla de joie…                                  big_3-5

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann
Édition : Lombard (1981)

Résumé :
Après de longs mois d’absence, Red Dust a regagné Greenstone Falls où les fermes sont incendiées les unes après les autres. Le ranch « Triple Six » n’a pas été épargné !

Dans les décombres fumants, l’assureur De Véga a découvert une flèche incendiaire. Pour lui, il n’y a pas de doute : les coupables sont les Indiens.

Red Dust affirme au contraire, que cette flèche n’a pas pu être tirée par un Peau-Rouge…

Critique : 
♫ Boum, quand votre ranch fait Boum ♪ Les assurances Simoun, viendront vous rembourser… ♪

Bon, d’accord, ce ne sont pas les assurances Simoun… Pourtant, je n’ai pas tout à fait tort car dans la ville de Greenstone Falls, le concept d’assurances vient de débarquer !

Oui, on vient de les « inventer » mais certains sont encore un peu sceptiques (on ne peut pas leur donner tort non plus). Pourtant, ça tombe plutôt bien, l’assurance, car depuis quelques temps, des ranch ont tendance à partir en fumée.

Red Dust, de retour dans la petite ville, regarde d’un air circonspect le jeune vendeur d’assurance, De Véga. Quand le « Triple Six » brûle et que le jeune blanc-bec découvre une flèche Pawnees, Dust a tout compris : mise en scène !

Pas con, vous faites brûler quelques ranch et les autres propriétaires, morts de trouille, signent des contrats ! Hop, l’affaire est dans le sac… « De Véga m’assure, ça me rassure » (pour parodier un vieux slogan bien connu).

Dans un contexte de suspicion bien légitime, le vendeur d’assurance et son adjoint doivent filer ventre à terre afin de ne pas se faire lyncher.

Véritable enquête policière menée par Red Dust et le Cheyenne Tache-de-Lune, qui, lancés sur la piste des fugitifs, vont aller de surprise en surprise.

Le Sherlock Holmes de l’affaire, c’est le Cheyenne, moins impulsif que son ami aux cheveux de feu, et qui va faire marcher ses petites cellules grises afin de résoudre cette affaire qui est bien plus complexe qu’elle ne le laisserait penser au départ.

Red Dust est parti avec un handicap dès le départ : la haine envers De Véga… Enfin, pas vraiment pour l’homme, mais pour ce qu’il représente : la civilisation, celle que Dust ne veut pas.

Une fois de plus, le personnage de Dust prend une autre envergure, celle d’un homme qui peut faire des erreurs et qui, quand il est en colère, a le cerveau un peu trop près du chapeau !

J’ai beau avoir lu l’album 10 fois, j’oublie toujours qui tire les ficelles et c’est toujours une découverte pour moi. Vive Alzheimer…

Niveaux dessins, les tons sombres côtoient les tons plus lumineux, selon que l’histoire se déroule de jour ou de nuit.

Dans l’album « Le doigt du diable », Red Dust avait quitté sa ville car il trouvait qu’elle s’ouvrait un peu trop au progrès à son goût. Au u final, il retrouvera une cité qui a peu changé, ce qui le confortera dans l’idée qu’une partie de son « ouest » peut survivre.

Un des derniers bons albums de Comanche, bien que cette dernière soit peu présente dans cet album.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Le monde à l’endroit : Ron Rash

Titre : Le monde à l’endroit                                            big_4-5

Auteur : Ron Rash
Édition : du Seuil (2012) / Points (2013)

Résumé :
Travis Shelton, 17 ans, découvre un champ de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C’est un jeu d’enfant d’embarquer quelques plants sur son pick-up.

Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétaire, Toomey, qui lui sectionne le tendon d’Achille, histoire de lui donner une leçon.

Mais ce ne sera pas la seule de cet été-là : en conflit ouvert avec son père, cultivateur de tabac intransigeant, Travis trouve refuge dans le mobile home de Leonard, un prof déchu devenu dealer.

L’occasion pour lui de découvrir les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la guerre de Sécession.

Confronté aux ombres troubles du passé, Travis devra également affronter les épreuves du présent.

Le père, Toomey, Leonard, trois figures qui incarnent chacune une forme d’autorité masculine, vont tragiquement façonner son passage à l’âge d’homme.

Petit plus : Ce roman, le troisième de Ron Rash — après Un pied au paradis et Serena — à être traduit en français, confirme par son lyrisme âpre que cet écrivain est avant tout un poète, ardent défenseur de sa terre et de la mémoire de celle-ci.

« Aussi impitoyablement la force écrase, aussi impitoyablement elle enivre quiconque la possède, ou croit la posséder. De toute façon elle change l’homme en pierre… et une âme placée au contact de la force n’y échappe que par une espèce de miracle ». C’est une femme qui s’appelait Simone Weil, qui l’a écrit, à Paris, en 1940. Elle ne faisait pas de théorie. C’était un témoin.

Critique : 
Travis Shelton a 17 ans et au moment où il remonte la rivière, il ne sait pas encore que sa partie de pèche aura des répercussions sur le reste de sa vie… Il ne sait pas encore que ses actes, ses humeurs, son impulsivité, auront des conséquences graves plus tard.

Comme quoi, le battement d’aile d’une cuiller « Panther Martin » en argent au bout d’une canne à pèche peut déclencher un tsunami d’événements.

Il n’avait pas pêché depuis l’automne et ce serait agréable de sentir l’eau palpiter contre ses jambes, encore meilleur de sentir le moment où une truite mordait, cette secousse remontant de son poignet le long de son bras et jusqu’à son cerveau, comme si le courant n’était pas de l’eau mais de l’électricité. À cet instant-là, avant de pouvoir évaluer la charge qui courbait la canne ou le bourdonnement du frein, vous ignoriez si la truite n’était pas plus grande que votre main ou la plus grosse de votre vie.

Travis, tout comme la truite devant qui ont agite un leurre, s’est fait ferrer par un terrible leurre : des plants de cannabis ! Il est si simple d’en chiper quelques uns afin de les vendre et de payer son assurance voiture.

Bingo, tel une truite mouchetée, Travis va céder et mordre dans l’hameçon, prenant même le risque de revenir une deuxième et une troisième fois. Grave erreur ! Toomey, le proprio, n’est pas content du tout et le tendon d’Achille de Travis en subira les conséquences.

— Pour venir une deuxième fois, fallait du courage. Même si j’avais pigé que c’était toi j’aurais laissé couler, rien que pour la crânerie de ce que t’avais fait. Mais venir une troisième fois c’est carrément idiot et cupide. C’est pas comme si tu étais un petit merdeux. T’es assez vieux pour avoir un peu de bon sens.

Le problème de notre Travis, c’est qu’il souffre du manque de reconnaissance de son père, véritable handicapé des sentiments, incapable de féliciter ou de remercier son fils pour le travail abattu…

« Chaque fois que dans sa vie, il avait merdé, personne ne s’était proposé pour partager les reproches, mais maintenant qu’il avait fait quelque chose de bien, on se bousculait au portillon pour s’en attribuer le mérite ».

Vous avez sans doute dans votre entourage des gens qui au lieu de voir ce qui est bien fait, met le doigt sur le petit truc qui n’est pas fait ou pas bien fait.

Commencer à penser qu’on est trop bien pour avoir de la terre sous les ongles. C’était le genre de truc que son père dirait s’il entendait un discours pareil, trouvant à critiquer parce qu’il était impossible à satisfaire.

Le père de Travis est ainsi et il sera « le détonateur » de tout le reste. S’il avait prodigué un peu d’attention à son fils, ce dernier ne se serait pas enfui après son agression par les Toomey – père et fils – pour atterrir chez Leonard Shuler, le revendeur de drogue et d’alcool du coin.

Mes lectures avec Ron Rash sont toujours un découverte : sa plume continue de m’enchanter, ses histoires me font voyager, ses personnages sont toujours d’une grande profondeur et d’une complexité qui me fait les imaginer bien vivant.

Il y a du contraste dans ces personnages. Entre un Carlton Toomey, véritable montagne de muscles d’1,40m, monstre sans pitié qui possède une voix qui, quand il entonne un Gospel, fait chialer l’assistance et un ancien professeur qui, suite à une manipulation, s’est retrouvé accusé de dealer de l’herbe et qui, maintenant, le fait vraiment, le contraste est étonnant.

Pas de lac, mais malgré ça, on continue d’explorer les tréfonds de l’être humain, le tout sur fond de nature sauvage et de guerre de sécession.

Oui, les événements passés agissent encore sur ceux du présent.

Travis va devoir se prendre en main et on va le suivre durant sa remontée de la pente, cherchant toujours cette reconnaissance qui lui manque.

Un roman sombre, noir, même, avec tout juste une lueur d’espoir qu’il faudra protéger du vent afin de ne pas moucher la chandelle.

— J’ai pas peur de vous », dit-il.
Leonard laissa aller son regard plus bas et vers la droite, comme si quelqu’un était assis sur une chaise à côté de Travis. Quelqu’un qui ne prenait pas davantage au sérieux les paroles du gamin.
— Quand le monde se sera occupé de toi pendant quelques années, tu frimeras un peu moins, remarqua-t-il, sans plus sourire. Si tu es toujours vivant.

Ici, on se promène dans l’Amérique profonde, celle des gens un peu rustres qui doivent composer avec la nature qui n’est pas une tendre, par là, et une histoire de massacres durant une sale guerre civile.

« On pourrait croire qu’ils n’auraient pas fait un truc pareil à leurs voisins, remarqua-t-il. L’histoire en témoigne autrement. Bien souvent les gens font pire à ceux qu’ils connaissent qu’à des inconnus. Dans le cas de Staline et d’Hitler, c’est sûr ».

Un roman où s’entremêlent l’Histoire, le premier amour, l’amitié, les drogues, du mystère (les notes d’un médecin en 1850 à la fin de la guerre civile), les conneries d’un adolescent et toutes les conséquences qui peuvent en découler d’une manière stupide… Travis mérite parfois des baffes !

Ah, si tout le monde y avait mis un peu du sien, on n’en serait pas arrivé là ! Mais on serait passé à côté d’un grand roman qui m’a mis la tête à l’envers mais le coeur au bon endroit.

Il y a de la beauté en ce monde, leur avait-il dit, plus de beauté qu’aucun de nous ne peut le concevoir, et jamais nous ne devons l’oublier.

Pendant deux ou trois minutes, il fut incapable de répondre. Il s’était passé trop de choses ce soir-là, et rien ne tenait debout. Tout était déglingué, le monde n’était plus d’aplomb. C’était comme d’être sur un manège à la foire, tout, autour de lui, bruyant, aveuglant et tourbillonnant.

— Bêtise et ignorance, cela n’a rien à voir. On ne peut pas guérir quelqu’un de sa bêtise. Quelqu’un comme toi, qui est simplement ignorant, il se pourrait qu’il y ait de l’espoir.

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

[Comanche] – Les shériffs – Hermann & Greg (Tome 8)

Titre : Les shériffs                                                          big_3

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann
Édition : Lombard (1980)

Résumé :
Suite à l’affrontement d’avec les milices des compagnies d’extraction du cuivre (cf : Le doigt du Diable), Red Dust et ses nouveaux amis remettent en route le ranch de Duncan, mais le passé n’est jamais loin qui se matérialise un jour pour Red Dust sous la forme de 6 shériffs qu’il a bien connu.

Chacun d’eux a dû un jour affronter la bande des Ruhmann, des foux furieux, qui ont mis leur ville à feux et à sang. Aujourd’hui cette même bande organise le siège d’une ville et les shériffs ont décidé d’agir, mais pour ce faire, ils ont besoin de l’aide de Red Dust qui plongera dès qu’il apprendra que Comanche est coincée dans cette ville…

Critique : 
Si Red Dust comptait se la couler douce à la ferme des Duncan, il en est pour ses frais.

Le passé n’est jamais bien loin et le voilà qu’il se matérialise sous les traits d’un curieux cavalier mexicain qui débarque à la ferme. Un mexicain basané qui sait manier les armes…

Éclaireur d’une troupe de fines gâchettes, ils sont venu demander l’aide de Red Dust afin d’éliminer la famille Ruhmann qui terrorise partout où elle passe, semant des cadavres sur son chemin. Là, ils assiègent la ville de Summerfield.

Si Red refuse tout d’abord, il acceptera en apprenant que Comanche fait partie des gens retranchés dans la ville. Cela fait déjà six jours qu’ils se défendent… Et on se doute que le cœur de Dust bat plus fort quand il voit la belle Comanche.

Comanche… celle à cause de qui il avait quitté Greenstone Falls car la belle flirtait un peu trop avec les jolies robes et un jeune futur gouverneur.

Ici les héros ne sont pas des preux chevaliers. Tous des anciens shérifs, mais pas vraiment des hommes purs, hormis peut-être l’ancien shérif de Greenstone, celui qui avait aidé Red Dust.

Nos hommes sont fatigués, les Ruhmann leur ont pris des êtres chers, ils sont brisés, cherchant avant tout une sorte de  rédemption à travers un ultime exploit car ils savent que c’est leur dernière chance de se battre pour une cause noble.

Il y a des « 7 mercenaires » dans ces 6 shérifs accompagné de Red Dust.

Le scénario est travaillé, les couleurs oscillent dans des tons ocres et rouges, le rythme est trépidant des les dernières pages et même avant car leur voyage ne sera pas de tout repos.

Heureusement, ils pourront compter sur un allié de poids.

J’ai bien aimé l’utilisation du procédé de la « voix off » dans certains passages pour illustrer les pensées de Red. Cela renforçait encore plus le côté désespéré de cette chevauchée « de la dernière chance ».

Les dialogues sont aussi parfois incisifs.

[Wabash découvrant que le Cheyenne s’est peint le visage]
— Des peintures de guerre ! Y a pas à dire, les gars, mais quand on aura fini de flinguer les désagréables, elles auront du boulot, les maîtresses d’école, pour que ce sacré pays devienne civilisé ! Ha ! Ha ! Ha !
— Il viendra sans doute un jour, en effet, où les indiens ne se peindront plus. Ils s’accrocheront, comme nous, de petites breloques en argent pour signifier exactement la même chose. Et le monde aura fait un gigantesque pas en avant. Grâce à des civilisateurs comme toi, Wabash… [lui réplique celui que l’on surnomme « Le Rabbin »]

Au moins, Comanche aura compris que la vie est un bien précieux et changera de tout au tout, remisant ses jolies robes et son service à thé au placard.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.