Jerry Spring – Tome 1 – Golden creek : Jijé

Titre : Golden Creek                                                       big_3

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé
Édition : Dupuis (1955)

Résumé :
Les éleveurs sont à la recherche d’un groupe de mexicains qui volent le bétail.

Jerry Spring arrive de l’est pour épauler le shérif et arrêter les malfrats. Et si ces derniers n’étaient pas ceux que l’on croit mais une sombre organisation visant à s’approprier les terres en pourchassant des boucs émissaires ?

Une véritable chasse à l’homme est alors lancée dans les grandes étendues de l’ouest américain…

Critique : 
« Caramba, c’est raté » aurait pu dire le mexicain qui tenta de voler le cheval du gringo… Mais Ruby n’est pas un cheval qui se laisse monter par des cavaliers inconnus, lui, il ne tolère que Jerry Spring, son gringo de proprio.

Alors, d’un merveilleux coup de rein, il envoya le mexicain mordre la poussière.

Voilà comment une amitié a commencé entre Jerry Spring et Pancho, le mexicain qui avait fuit son ranch.

Des vaches ont été volées et les ranchman accusent les anciens vaqueros (cow-boy mexicain) d’y être pour quelque chose. Ils leur font la vie dure et les mexicains sont obligés de quitter leurs fermes. Jerry est en route pour aider le shérif.

Cette première aventure est pleine de bons sentiments : les gentils sont sans défauts, intelligents et bons comme le pain, quand aux méchants, ils cumulent les défauts que ça en devient exagéré. Mais c’est l’époque qui voulait ça (1955) et la très puritaine maison Dupuis.

Le dessin n’est pas encore aussi détaillé que dans les albums suivants, mais on sent bien qu’on aura affaire à autre chose qu’une bédé aux « gros nez ».

Malgré les bons sentiments et le happy end, l’auteur glisse tout de même des piques en direction des gens qui n’aiment pas l’autre et qui sont prêt à tout pour le rendre coupable.

Tir à la mitraillette aussi sur ceux qui n’hésitent pas à faire paître leurs troupeaux sur les terres laissées vacantes par les mexicains qui ont fui les représailles et dont les ranchmen pensent déjà à s’approprier. Tiens, donc, un air de déjà-vu !

L’enquête sur les vols de troupeau se résout assez vite (p27), Jerry Spring étant un véritable petit Sherlock Holmes en chaps, le Stetson remplaçant le haut-de-forme. Mais il faut aussi attraper le vilain pas beau !

La poursuite dans le désert m’a fait penser à celle que livra Lucky Luke avec le Docteur Doxey.

C’est aussi dans ce premier album que Jerry Spring rencontrera l’apache « Une seule flèche ».

Un album bourré de bons sentiments tels un fils pardonnant au meurtrier de son père et voulant le livrer à la justice… Sérieusement, moi, je livrerais l’assassin de mon père à la justice, mais après l’avoir découpé en morceaux (vivant) et frit dans des oignons !

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur, « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2014), « Polar Historique » de Sharon et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Jerry Spring est une série de bande dessinée franco-belge créée en 1954 par Jijé dans le n°829 du journal Spirou.

Elle met en scène Jerry Spring un cow-boy qui résout des problèmes dans l’Ouest américain.

Le scénario va être successivement assuré par Maurice Rosy, René Goscinny, Jean Acquaviva, Jacques Lob, Dubois, Philip, Jean Giraud et Festin.

Après le décès de Jijé, le dessin va être assuré par Franz le temps d’une histoire.

1. Synopsis :

La série se déroule à l’époque de l’Ouest américain sauvage.

Elle met en scène Jerry Spring, un cow-boy humaniste qui n’hésite pas à prendre parti pour les plus opprimés comme les Amérindiens ou les Noirs.

2. Historique :

Créée par Jijé en 1954 dans le n°829 du journal Spirou, la série est publiée régulièrement dans Spirou et les scénaristes vont se succéder, Maurice Rosy, René Goscinny, Jean Acquaviva, Jacques Lob, Dubois, Philip et Jean Giraud vont aider Jijé.

À partir de 1955 la série est publiée en albums par les éditions Dupuis. Après la mort de Jijé, la série est reprise en 1990 pour un ultime épisode par Franz au dessin et Festin au scénario.

3. Personnages :

Jerry Spring, le héros de l’histoire. Il possède un cheval rouge nommé Ruby et n’hésite pas à payer de sa personne pour défendre les opprimés.

Pancho, un Mexicain que Jerry Spring rencontre dès ses premières aventures, va devenir dès lors son plus fidèle compagnon. Il aime la sieste et la tequila.

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Yellow Birds : Kevin Powers

Titre : Yellow Birds                                              big_5

Auteur : Kevin Powers
Édition : Stock (2013) / Livre de Poche (2014)

Résumé :
Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays.

Une promesse qu’il ne pourra pas tenir. Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.

Yellow birds nous plonge au cœur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling.

On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.

Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique.

Critique : 
La guerre, c’est une horreur, c’est une saloperie, c’est le genre de chose à ne pas faire.  Tout le monde le sait, mais tout le monde la fait quand même.

 » La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. « 

« La guerre prendrait ce qu’elle pourrait. Elle était patiente. Elle n’avait que faire des objectifs, des frontières. Elle se fichait de savoir si vous étiez aimé ou non. La guerre s’introduisit dans mes rêves cet été-là, et me révéla son seul et unique but : continuer, tout simplement continuer. Et je savais qu’elle irait jusqu’au bout ».

Des hommes politiques nous ont menti pour aller la faire en Irak. Et que reste-t-il ? Des morts, des traumatisés, un pays déchiré et des politiciens souriants, même pas inquiété ou si peu.

Écrit à la première personne, ce roman conte les ravages, physique et psychologique, vécu par un jeune soldat américain de 20 ans, John Bartle, propulsé dans la guerre d’Irak en 2004.

Il s’est engagé pour quitter la maison familiale : mauvaise idée ! On lui aurait bien dit les risques qu’il prenaient, sans parler des traumatismes qui pourraient en découler, mais on aurait perdu notre temps, il ne nous aurait pas écouté, le John.

Son engagement fut sa première erreur. La seconde fut de juger à la mère de son copain de chambrée, Murphy, qu’il prendrait soin de lui et le ramènerait en un seul morceau et vivant…

« Tu fais des putains de promesses maintenant ?«  lui reprochera le sergent Sterling, leur sergent protecteur mais définitivement trop endurci.

Le but du jeu ? Ne pas devenir le millième mort du conflit irakien !

Dès le départ, on sait que Murphy ne reviendra pas vivant du conflit… Durant le récit, on ne peut qu’assister, impuissant, à la lente descente de John Bartle qui va craquer sous le poids de la guerre et sous l’impossible promesse faite à la mère de son pote.

Bartle sait que Murphy ne tiendra pas le coup. La guerre a fait de lui un autre homme, un homme dont l’esprit est déjà de retour en Amérique alors que le corps est toujours en Irak.

— […] Mais si tu rentres aux États-Unis dans ta tête avant que tes fesses soient là-bas aussi, tu es un putain d’homme mort. Je te le dis. Tu ne sais pas où Murph est parti, mais moi je le sais.
— Où, Sergent ?
— Murph est rentré, Bartle. Et il va rentrer, oui, mais avec un drapeau dans le cul, et fissa.

La question est de savoir « comment » il est mort. Là, j’ai été bluffée.

La force du récit est l’alternance et le mélange entre plusieurs époques : le Fort Dix, dans le New Jersey (2003); Richmond, en Virginie, lors de son retour (2005) et Al Tafar, pour la guerre en Irak (2004).

Des époques pas si éloignée que ça en terme d’années… Pourtant, lors de la lecture, on sent bien le fossé énorme qui séparera ces trois années.

De l’insouciance de la préparation militaire à la peur lors de l’affrontement en Irak jusqu’à la reprise impossible d’une vie normale au retour. Bartle n’est plus le même garçon. À 21 ans, on est pas un homme et le fait d’aller au front ne fera pas de lui – ni des autres – des hommes.

L’auteur sait de quoi il parle, ayant combattu en Irak en 2004 et 2005. La différence avec un autre roman sur la guerre, c’est qu’il y a la force poétique en plus.

Malgré tout, tant que l’on a pas été au combat, on ne peut pas savoir et aucun plume, aucune image, n’arrivera à nous expliquer l’effet ressenti. Sans compter qu’il y aura autant de « ressenti » que de personnes qui l’ont faite.

Un journaliste nous avait demandé ce que cela faisait de se battre…
 » C’est comme un accident de voiture. Tu comprends? Cet instant entre le moment où tu sais ce qui va se passer et l’impact lui-même. On se sent assez impuissant à vrai dire. Tu vois, tu roules comme d’habitude, et tout à coup c’est là, devant toi, et tu n’as absolument aucun pouvoir. Et tu le sais. La mort, tu vois, ou autre chose, c’est ce qui t’attend. C’est un peu ça, comme dans ce quart de seconde dans un accident de voiture, sauf qu’ici ça peut carrément durer des jours ».

De la guerre et de ses combats, on en ressort traumatisé, lessivé, perdu, ou alors, on se transforme en être froid, en machine à tuer.

Bartle en est sorti vidé… le lecteur aussi. Superbe.

« Je ne mérite la gratitude de personne, et en vérité les gens devraient me détester à cause de ce que j’ai fait, mais tout le monde m’adore et ça me rend fou ».

 

Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix Littéraire Le Monde), Challenge « Le Mois Américain » chez Titine et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

Lucky Luke – Tome 31 – Tortillas pour les Dalton : Morris & Goscinny

Titre : Tortillas pour les Dalton                                    big_5

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris
Édition : Dupuis (1967 pour la première édition)

Résumé :
Un groupe de gardien de prison est chargé de transférer les Dalton de prison car celle où ils sont est pleine. Leur nouvelle résidence se situe près de la frontière mexicaine.

Lors d`une étape pour la nuit, Emilio Espuelas, le bandit le plus redoutable du Mexique, vole la diligence des gardiens avec à son bord les Dalton.

En remarquant la diligence ne possède que les Dalton, Emilio décide de liquider les quatre frères. Joe convainc Emilio de les laisser en vie en échange de l`expérience en tant que bandit.

À Washington, on demande à Lucky Luke de bien vouloir aller chercher les Dalton au Mexique car sinon se sera la guerre. Lucky Luke se rend au Mexique et après plusieurs périples, il ramènera les Dalton chez eux.

Critique : 
Lors de leur transfert dans une prison près de la frontière mexicaine, les Dalton subissent une attaque de bandits mexicains. Il faut dire qu’ils étaient attirants pour des bandits : une diligence blindée et une escorte, dont le chien le plus intelligent de l’Ouest : Rantanplan !

[Gardien] — Bon. Eh bien, on va dormir… Rantanplan, nous comptons sur toi pour nous alerter en cas de danger…
[Rantanplan] (somnolent) — Bonne nuit à vous aussi…

Pas de chance, au lieu de découvrir de l’or, ce sont les Dalton qui descendent de la diligence blindée. Déçu par son « butin », Don Emilio Espueslas, le chef de la bande, décide de les pendre. Joe lui propose alors de partager avec lui ses trucs de bandit.

Encore un grand moment de bonne humeur pour ce dernier album paru aux Éditions Dupuis.

Goscinny, scénariste de talent, a utilisé le fait que cette aventure se déroule en terre mexicaine pour s’amuser à détourner toutes les différences culturelles, tirant de cela une quantité de gags visuels, textuels et de quiproquos.

Situations cocasses des Dalton qui braquent une banque qui n’a pas de coffre, mais dont le gérant promet d’en acheter un… et de ces habitants qui ne demandent qu’une chose : « faire leur sieste en paix ».

Averell est savoureux, toujours aussi bête, s’essayant à parler mexicain et dévorant tout ce qui passe à sa portée, pendant que Joe essaye d’apprendre quelque chose d’intéressant à Emilio tout en s’énervant lorsqu’il verra apparaître la silhouette de Lucky Luke…

— Voici, amigos ! Des tortillas, des tamales, des frijoles, le tout bien épicé ! (…)
— Scrounch… J’aime bien la cuisine exotique ! Comment s’appelle cette croûte délicieuse autour des frijoles ?
— Ça s’appelle un bol en terre cuite, amigo…

Rantanplan est fidèle à sa bêtise et il faudra un tout petit chien pour lui montrer des tours…

— [Doroteo Prieto] : C’est curieux… chacun des chiens prend une direction opposée… Les Dalton se sont peut être séparés. Nous allons suivre votre chien.
— [Lucky Luke] : Si vous voulez. Moi, je suivrai le vôtre.

Oui, cette petite escapade de l’autre côté du Rio Grande est un grand moment de bonheur pour le lecteur.

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.