Dernier jour sur terre : David Vann

Titre : Dernier jour sur terre [NUM]                                               big_3-5

Auteur : David Vann
Édition : Gallmeister

Résumé :
Le 14 février 2008, Steve Kazmierczak, 27 ans, se rend armé à son université. Entre 15h04 et 15h07, il tue cinq personnes et en blesse dix-huit avant de se donner la mort.

À l’âge de treize ans, David Vann reçoit en héritage les armes de son père, qui vient de mettre fin à ses jours d’un coup de revolver.

Quel itinéraire a suivi Steve Kazmierczak avant de se faire l’auteur de ce massacre ? Quel parcours l’écrivain David Vann devra-t-il emprunter pour se libérer de son héritage ?

L’auteur retrace ici l’histoire de ce meurtrier, paria solitaire, comme tant d’autres. Comme lui par exemple, qui enfant se consolait en imaginant supprimer ses voisins au Magnum.

Dans une mise en regard fascinante, l’auteur plonge dans la vie et l’esprit d’un tueur pour éclairer son propre passé, illuminant les coins obscurs de l’Amérique d’aujourd’hui où l’on se protège de toutes ses faiblesses une arme à la main.

Critique : 
Autopsie d’un meurtre de masse…

Comment un type qui a reçu le « Dean’s award » en 2006, attribué par son université, la Northern Illinois University, peut-il, deux ans plus tard, entrer dans un amphi et abattre 5 personnes, en blesser 18, avant de se donner la mort ?

Que s’est-il passé dans le cerveau de Steve Kazmierczak, 27 ans, pour en arriver à une extrémité pareille ? Quel dommage a-t-il subi dans son enfance, son adolescence, pour basculer de telle manière ?

C’est ce que David Vann va essayer de comprendre en étudiant et en passant au crible la vie de cet étudiant solitaire et paria.

L’écrivain aussi aurait pu tourner aussi mal que Steve Kazmierczak. Du moins, leurs parcours sont parfois étrangement parallèles.

Pourtant, d’après les rares amis de Steve, ce n’était pas un méchant garçon… Alors quoi ?

Ceci n’est pas vraiment un roman, mais plus une étude sociologique que l’on aurait pu intituler « autopsie de l’esprit d’un meurtrier ». Ou « Comment passe-t-on de gentil garçon un peu étrange mais gentil à tueur de masse ».

Lors de la tuerie et après, les médias et les journalistes, charognards patentés, ont écrit tout et n’importe quoi sur le tueur… Ici, l’auteur nous dresse un portrait bien plus juste, sans fioritures, sans atermoiements, un portrait brut du tueur et de cette Amérique qui pense que tout le monde a le droit de se promener armé pour se protéger.

Si certains passages du roman sont un peu limités niveau construction de la phrase (Sujet + verbe + complément), le reste passe tout seul et les parallèles mis en place entre l’enfance de l’auteur et celle de Steven sont très instructives. Surtout que l’un a basculé de l’autre côté et pas l’autre, bien que tout deux, étant jeune, ne rêvaient que de dézinguer quelques voisins à coup de révolver…

Chapitres et phrases courtes, récit rythmé, enquête fouillée : ça claque et c’est lapidaire.

Steve est certes coupable d’avoir acheté des armes et de les avoir utilisées contre des innocents, mais il ne devrait pas être seul dans le box des accusés posthumes : l’Amérique, sa société, les lobbies des armes à feu, la couverture de santé et tout le système qui devrait être sur le banc des accusés pour être ensuite revu afin de se prémunir contre ce genre de meurtres de masse.

Un récit détaillé, fouillé et qui a pour but de remettre les pendules à l’heure, tout en vous laissant choisir votre coupable, bien que ce roman soit un véritable réquisitoire à charge contre l’Oncle Sam.

L’auteur a beau enrober le venin de ses phrases afin d’éviter une diatribe, on le sent quand même bien passer. Mais bon, cette Amérique là, elle ne les pas volé, ces petites piques.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1) CHALLENGE - US

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